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ménageries , et il est souvent question de combats de bêtes féroces auxquels ils assistaient. On connaît, entre autres, l’anecdote qui représente Pépin le Bref séparant un lion et un taureau qui étaient aux prises. Le fait peut être contesté; mais il atteste que rien n’était plus commun que les combats de bêtes féroces.

Sous la dynastie capétienne, les rois en tretenaient aussi une ménagerie. Elle fut placée près de Phôtel Saint-Paul et du palais des Tournelles, bâtis par Charles Y. Les rues des Lions et du Parc-Roy ai rappellent encore le lieu où l’on conservait les bêtes féroces des ménageries royales. De Thou raconte que Henri III, effrayé par un songe où il avait vu des bêtes feroces se jeter sur lui pour le dévorer, fit tuer tomes celles qu’il nourrissait dans sa ménagerie . Avant la révolution , il y avait une ménagerie à Versailles. Elle a été depuis cette époque transférée à Paris et placée dans le Jardin des Plantes; elle renferme une grande quantité d’animaux rares, tirés de toutes les parties du monde et entretenus avec le plus grand soin. Voy. Muséum.

MÉNAGIER* — On donnait ce titre, au moyen âge, à de véritables traités de morale et d’économie domestique. M. Jérôme Pichon a publié, en 1847, pour la société des bibliophiles français le Ménagier de Paris , qui contient un traité complet des devoirs de la femme comme épouse et comme maîtresse de maison. Cet ouvrage, écrit vers 1392 0U 1394, renferme beaucoup de détails sur l'économie domestique, le jardinage, la basse-cour, l'office, la cuisine, etc.

MENDIANTS. — La répression de la mendicité et du vagabondage a été l'objet d’un grand nombre d'ordonnances locales et même d’édits royaux. En 1351, le roi Jean enjoignit à tous les mendiants valides de sortir de Paris sous trois jours ou de renoncer au vagabondage. Ceux qui n’obéiraient pas à l’ordonnance royale devaient être arrêtés et emprisonnés pendant quatre jours ; la récidive était punie du pilori, et pour une troisième faùte ils étaient marqués d'un fer chaud et bannis. Les archers chargés de poursuivre et d'arrêter les vagabonds portaient le nom d’archers de Vécuelle . De pareilles mesures furent plusieurs fois reproduites aux xive et xv« siècles. Elle ne paraissent pas avoir eu une grande efficacité , si l’on en juge par certains passages, où Eustachedes Champs, poète de la lin du xvc siècle , se plaint de l’importuriité et desfourberies des mendiants . il les représente simulant des maladies

dont plusieurs saints guérissaient, tels que saint Maur, saint Ricquier, saint Antoine, employant diverses drogues et herbes pour se donner l’apparence de pauvres estropiés et surprendre la charité publique.

Au xvi° siècle, on eut recours an meilleur moyen pour prévenir la mendicité ; on donna de l’ouvrage aux pauvres valides. François 1er ordonna , en 1545, que les mendiants valides fussent employés à des travaux publics. Quant aux invalides, ils devaient être enfermés dans les hôpitaux ou entretenus par chaque paroisse.

Les guerres civiles qui désolèrent la France dans la seconde moitié du xvie siècle y multiplièrent les mendiants et vagabonds. Leur présence dans les villes devenait dangereuse, et plusieurs arrêts des parlements que cile de La Marre , dans son Traité de la police (t. II, p. 659), avaient pour but de les en éloigner. Deux arrêts du parlement de Paris, en date dn 29 août et du 24 octobre 1596, portaient « injonction très-expresse h tous vagabonds , gens sans maître et sans aveu, et à tous pauvres valides qui n’étaient de Paris , d’en sortir dans vingtquatre heures, â peine d’être pendus et étranglés sans forme ni figure de procès, et*, afin qu’ils fussent reconnus, ils devaient être rasés. Deux archers placés à chacune des portes de la ville élaient chargés de leur en interdire l’entrée. » Ces dispositions furent reproduites à peu de chose près dans un arrêt du parlement de Normandie du 16 novembre 1622.

Au xviie siècle,, on fit de nouveaux efforts pour délivrer les villes des mendiants et vagabonds On décida , dans i’assemblce des notables de 1627, qu’il y aurait dans chaque parlement une commission spéciale nommée pour s’entendre à cet égard avec l’évêque diocésain , et , comrne^ à cette époque on fonda plusieurs colonies , on réussit à employer au dehors un grand nombre de mendiants valides. On ouvrit aussi des ateliers de dépôts de mendicité . En même temps on porta des peines rigoureuses contre les mendiants qui s’obstinaient à mener une vie vagabonde. 11 leur fut enjoint, en 1638 , de « vider Paris avant un délai assez court, sous peine d’être envoyés aux galères. » Louis XIV rendit aussi plusieurs ordonnances qui avaient pour but l’extinction de la mendicité. De La Marre ( Traité de la police , I, 63 ) fait mention, entre autres* d’une ordonnance du 21 décembre 1700 qui prescrivait aux lieutenants généraux de police de faire arrêter les mendiants dans les villes et banlieue de leur ressort et de les faire

conduire dans les hôpitaux. Des ordon nances de 1764 , 1767 et 1777 prononcèrent contre les mendiants valides la peine des galères, et celle de la réclusion à l’égard d.es femmes, des enfants, des Sntirmes et des vieillards.

La législation moderne s’est aussi occupée de réprimer la mendicité , et pour y parvenir elle a ouvert des ateliers de travaux pour les pauvres valides ( décret du 30 mai 1790 ). On a donné dans la suite à ces établissements le nom de dépôts de mendicité . Un décret impérial du 5 juillet 1808 ordonna d’établir un dépôt de mendicité dans chaque département , et cette mesure fut exécutée presque partout avec une grande rapidité; mais ces dépôts n’ont pas toujours été entretenus par les gouvernements qui ont succédé à l’empire. Des peines correctionnelles sont portées dans le Code pénal contre la mendicité. A l’expiration de leur peine, les mendiants sont soumis à la surveillance de la haute police pour cinq ans au moins et dix ans au plus.

MENDIANTS (moines). — Il y avait quatre ordres principaux de moines mendiants, les carmes, les dominicains, les franciscains, et les augustins. On les appelait les quatre mendiants ; ils marchaient en tête de toutes les processions. Les minimes, les récollets et les capucins n’étaient qu’une subdivision des quatre mendiants . Voy. Abbaye.

MENDICITÉ. — Voy. Mendiants.

MENEHIS. — Asiles en Bretagne. Voy.

Minihis.

MÉNESTRELS. — Poètes et musiciens.

Voy. Troubadours et Ménétriers. — Primitivement le même personnage était poète et musicien. Le ménestrel chantait lui-même ses poésies ; mais, dans la suite on distingua le poète du ménétrier qui ne fut plus qu’un musicien. Le premier cessa d’aller chanter ses vers de château en château et le second ne tarda pas à devenir un artiste ambulant, un chanteur et un musicien de carrefour.

MENEURS. — Ce mot se prenait autrefois dans le sens de tuteurs. Dans une charte de Philippe le Bel (1308 ) on lit : « Jehanne, dame du Bois-Arnaut et Itogier du Bois-Arnaut, tuteurs, curateurs, meneurs, etc. » Une lettre de 1410, citée par du Gange (v° Menare ), s’exprime ainsi : « lcelui suppliant ou ses amis pour lui ont fait paix et satisfaction au filz dudit Tutout, qui est soubzagié ( mineur ), ou à ses meneurs ou tuteurs pour lui. »

MÉNÉTRIERS, ~ Les ménétriers ou

musiciens formèrent une corporation au xive siècle. Leur histoire a été écrite par M. Bernhard ( Ecole des chartes , ire série, tome III et suiv.). La plupart des détails que nous donnons sont empruntés à ces articles oh l’on trouve réunis la science et l’intérêt. Les ménétriers , qui s’étaient multipliés au xmc siècle, formèrent une corporation en 1321 . Les statuts de cette époque leur assurent le monopole ou droit exclusif de la science et musique de menestrerie dans la ville oh ils forment une corporation ; mais en même temps ils leur imposent des obligations. Les ménétriers ne peuvent se faire remplacer et sont soumis au roi des ménétriers ou au prévôt de Saint-Julien , et à des prud’hommes qui doivent veiller à l’exécution des règlements* On ne pouvait être admis dans leur corporation qu’après examen subi devant ces prud’hommes. Dans l’origine on trouvait un certain nombre de femmes parmi les ménétriers de Paris.

Cette corporation avait pour but, comme toutes les associations de même nature ( voy. Corporation ), de venir au secours de ceux que la vieillesse ou les infirmités rendaient incapables de travailler.

Deux ménétriers , l’un Italien, l’autre Lorrain, commencèrent, en 1328, la fondation d’un hôpital, à Paris , sous l’invocation de Saint-Julien le Pauvre. La corporation tout entière se joignit à eux pour cette bonne œuvre et contribua à doter le nouvel hôpital (1331); elle y ajouta bientôt une église connue sous le nom de Saint-Julien des Ménétriers et située comme l’hôpital dans la rue Saint- Martin.

Dans l’origine les ménétriers , comme les anciens ménestrels , étaient poètes aussi bien que musiciens. La chronique en vers de Bertrand Duguesclin parle des ménétriers comme de poètes héritiers des anciens troubadours :

Qui veut avoir renom des bons et des vaillans,

Il doit aller souvent à la pluie et au champs,

Et estro en la bataille ainsi que fu Rollans,

Les quatre fils Haimon et Charlon li plus grans , Li dus Lions de Bourges et Guion de Connans, Perceval li Galois, Lancelot et Tristans, Alixandres , Artus, Godefroy li sachans ,

De quoy cils menestriers font les nobles romans.

Dès le xve siècle , les ménétriers se restreignirent à la musique et à la danse , sans que leur corporation perdît de sa puissance. De nouveaux statuts rédigés en 1407 et confirmés par Charles VI prouvent que l'autorité du roi des ménétriers ne se bornait plus à la corporation de Paris; elle s’étendait à tout le royaume, et ce personnage prit le titre de roi des ménestrels du royaume de France . Les lettres païen-

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