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tes de Charles Y 1, pour la confirmation de cette corporation, ordonnèrent que les nouveaux statuts fussent exécutés dans tout le royaume. On trouve, en effet, plusieurs actes qui prouvent que le rot des ménétriers pouvait autoriser l’exercice de cette profession dans toute la France. La corporation des ménétriers a duré jusqu’à la lin de l’ancienne monarchie. De nouveaux statuts lui furent donnés par Louis XIV en 1658. Le chef de la corporation y est désigné sous le nom de rot des violons . Mais tous les efforts tentés pour soutenir la corporation des ménétriers contre les progrès de l’art et la transformation qu’il subissait à cette époque furent impuissants. Vainement elle voulut s’opposer à l’établissement de V Académie royale de danse fondée par Louis XIV en 1661. Vainement elle prétendit pouvoir seule enseigner la danse comme la musique. Il en résulta un procès au parlement , et la corporation fut vaincue par l’Académie. Elle ne réussit pas davantage dans son opposition contre l’academie royale de musique fondée par Louis XIV en 1672. Dès lors la corporation des ménétriers perdit presque tout son éclat. Un édit de 1691 remplaça les anciens chefs de la corporation par des jurés dont l’office était vénal. A tous ces échecs de la corporation des ménétriers , il faut ajouter l’installation des Pères de la doctrine chrétienne à Saint-Julien des Ménétriers (voy. Julien (Saint-), tandis qu'antérieurement les ménétriers nommaient directement à ce bénéfice.
de longs procès , la corporation ne conserva qu'une partie de ses anciens privilèges. De vains efforts furent tentés en 1747 et 1750 pour la relever ; elle fut enfin supprimée par un édit de 1776.
MENHIRS. — * Pierres druidiques qui sont isolées et s’élèvent comme des pyramides ; on les appelle aussi pierres debout. Voy. Gaulois (Monuments), S 1-
MENINS. — Nobles attachés spécialement au Dauphin. Ce nom avait été emprunté à l’Espagne, oh l’on appelle me ninos de jeunes nobles élevés avec les princes.
MËNIPPËE (Satire). — Satire dirigée contre la Ligue, et publiée, en 1693, par P. Pithou, Rapin, Passerat, Gillot et Florent Chrétien, sous ce titre : Satire ménippée de la vertu du catholicon d’Espagne (voy. Catholicon), ou De la tenue des États à Paris , en 1593, par messieurs de la Sainte-Union . Le nom de ménippée vient de Ménippe, philosophe grec de la secte des cyniques.
MENSE . Ce mot, qu’on écrivait quelquefois manse , désignait la partie du revenu qui était assignée à uu ecclésiastique en particulier sur les biens de l’église dont il était membre. Dans les cathédrales, la mense épiscopale était séparée de celle du chapitre. Les biens des abbayes étaient partagés ordinairement en trois lots ou merises : la première appartenait à l’abbé ; la seconde aux moines ; la troisième, appelée tiers lot , était réservée pour les réparations de l’église et du monastère. Il y avait, dans certains monastères, des menses particulières attachées aux offices claustraux. Selon quelques auteurs, le mot mense dérive de mensa (table); d’autres le tirent de mansus , manse (voy. Manse), qui désignait une certaine étendue de terre.
MENUET. — Danse originaire du Poitou, elle fut appelée menuet (du mot menu) à cause des petits pas que faisaient les danseurs. Le mouvement en était plutôt lent que rapide.
MENUISIERS. — Ce mot dérivé, comme le précédent, de menu , ne date que de 1382. Antérieurement , les menuisiers portaient le nom de huissiers ( fabricants de huis ou portes) et tabletiers.
Voy. Corporation.
MENU-VAIR. - — Espèce de fourrure , désignée aussi sous le nom de petit gris. Pendant longtemps les vêtements des rois, des grands, des membres des parlements furent doublés de menu-vair . Les femmes de qualité en portaient également.
MENUS. — Il y avait, dans l’ancienne monarchie, un trésorier des menus, c’està-dire des menus plaisirs du roi. Il est déjà mentionné sous le règne de Henri III dans l'ouvrage de Froumenteau intitulé Le secret des finances de France (Paris, 1581). On y voit que les menus plaisirs du roi absorbaient à cette époque une somme de soixante et dix millions de livres tournois.
MERCI (Pères de la). — Les pères de la Merci ou de Notre-Dame de la Merci étaient un ordre religieux dont le nom venait de merces (rançon). 11 fut établi à Barcelone, en 1218, par saint Jean de Nolasque, gentilhomme français, natif du Lauraguais. Touché de la cruauté des infidèles à l’égard des chrétiens, qui tombaient entre leurs mains, il vendit tous ses biens pour les consacrer à la rédemption des captifs. Quelques gentilshommes espagnols s’attachèrent à lui, et l’institut des pères de la Merci fut approuvé par le pape Grégoire IV, en 1230. Leurs eonsti-
tutions avaient été rédigées par le dominicain Raymond de Pennafort. Ils portaient un habit blanc avec une croix rouge sur la poitrine. Ils ajoutaient aux trois vœux ordinaires des religieux ie vœu spécial d’aller racheter les captifs et de sacritier à cet effet leurs biens , leur liberté et leur vie. Les pères de la Merci ne s’établirent à Paris qu’au commencement du xvii* siècle. Us avaient, à l’époque de la révolution, dix-huit maisons en France, dont deux à Paris.
MERCIERS. — Les merciers formaient une des corporations les plus importantes du moyen âge. lis vendaient principalement des objets de luxe , comme le prouve un pevit poème intitulé : le Dit des merciers . Il y est question de riches ceintures, de bourses élégantes , d’écrins pour les joyaux, etc., dont trafiquaient les merciers .
MERCIERS (Roi des). — On attribuait à Charlemagne l’institution du roi des Merciers, office qui a existé jusqu'en 1597. Le roi des Merciers avait l’inspection des poids et mesures; il délivrait les brevets d’apprentissage et les lettres de maîtrise ; il surveillait la bonne ou mauvaise qualité des marchandises; il percevait des droits considérables et se faisait représenter dans les provinces par des lieutenants.
La charge de roi des Merciers fut supprimée une première fois par François 1, en 1544. Mais elle fut rétablie l’année suivante, et abolie de nouveau, en 1 58 1 ; mais les troubles empêchèrent l’exécution de l’ordonnance, et ce'^ne fut qu’en 1597 que le roi des Merciers disparut définitivement.
MERCURE DE FRANCE. — Ce journal commença à paraître en 1605 , sous le titre de Mercure françois. Il avait été fondé par Jean Richer qui le dirigea jusqu’en 1635. Théophraste Renaudot le continua de 1636 à 1644. Cette collection en vingt-cinq volumes fournit un curieux répertoire de faits. Après une interruption qui dura jusqu’en 1672 , le Mercure renarut sous le titre de Mercure galant , et fut continué sous ce nom jusqu’en 1710 par Visé. Il passa ensuite en différentes mains sous les titres de Nouveau Mercure , et enfin de Mercure de France qu’il reçut en 1714. La collection des différents Mercures formait onze cents volumes en 1789. La publication du Mercure fût interrompue en 1799, renouvelée en 1800, interrompue de nouveau en 1814, reprise en 1819, suspendue encore en 1820, et après une nouvelle apparition en 1823 définitivement abandonnée en 1825.
MERCURIALES. — Discours prononcés le mercredi pour rappeler aux magistrats les devoirs de leur profession. L’ordonnance de Villers-Cotterets (1539), prescrivit, par son article 130 , que les mercuriales eussent lieu tous les mois. Dans la suite , les mercuriales furent prononcées de six mois en six mois , ordinairement après les vacances de Pâques et à la fête de la Saint-Martin , et enfin seulement une fois par an, à la rentrée des tribunaux. — Comme les mercuriales étaient primitivement accompagnées de remontrances sévères , on appela par extension toute espèce de réprimande une mercuriale. — Le nom de mercuriales a été appliqué aux assemblées des magistrats aussi bien qu’aux discours qui y étaient prononcés. — Enfin on appelle mercuriales les tableaux officiels constatant le prix courant de certaines denrées de première nécessité.
MÈRE-FOLLE. — Association burlesque établie à Dijon au xve siècle. Voy. Folle (Mère).
MERINOS. — Moutons de race espagnole importés en France sous le règne de Louis XVI , et acclimatés par les soins du naturaliste Daubenton , collaborateur de Ruffon. L’industrie en profita pour s’affranchir du tribut qu’elle payait à l’étranger. Voy. Laine.
MÉRITE MILITAIRE (Ordre du ). — Louis XV institua 1 7 or dre du mérite militaire par une ordonnance du mois de juillet 1759., en faveur des officiers étrangers qui servaient dans les armées françaises, et que leur qualité de protestants excluait des autres ordres de chevalerie. L’insigne de l’ordre du mérite militaire était une croix d’or, sur un des côtés de laquelle il y avait une épée en pal avec ces mots : pro virtute bellica (pour récompenser la valeur guerrière). Le revers portait une couronne de laurier avec cette légende : Ludovicus XV instituit 1759 (Louis XV a institué cet ordre en 1759). Celte croix s’attachait à la boutonnière avec un ruban bleu foncé. Une ordonnance de Louis XVlll, rendue en 1824, confirma V ordre du mérite militaire; mais, depuis 1830, il est tombé en désuétude.
MÉROVINGIENS. — On appelle Mérovingiens les rois qui gouvernèrent les Francs, de 428 à 752. Ils tiraient leur nom, selon l’opinion généralement admise, de Mérovée <>u Mérowig, qui fut r oi des Francs Salions de 448 à 45 6. Voie la liste des rois mérovingiens , avec l'explication de leurs noms, telle que Fa donnée M. Aug. Thierry :
CLODIO (illustre), -+-448.
MÉROVÉE, ou MÉROWIG (éminent guerrier), + 458. CI1ILDÉH1C I, ou HILDER1K (fort ou brave au combat), + 481. CLOVIS I, ou CHLODO-WIC. (illustre guerrier), +511.
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Il importe surtout, dans un Dictionnaire des Institutions , de signaler le caractère des institutions mérovingiennes.
Les Mérovingiens n'étaient d'abord que des chefs de guerre que les Francs choisissaient dans une seule famille; iis étaient proclamés avec un appareil tout militaire, placés sur un bouclier ou pavois , et promenés trois fois autour du camp, au milieu des acclamations de leurs compagnons d'armes. Us ne pouvaient prendre du butin que ce que le sort leur donnait , et ils n’avaient pour signe distinctif qu'une longue chevelure qui flottait sur leurs épaules; mais après leur établissement dans les Gaules, sous Clovis, et leur conversion au christianisme, les rois mérovingiens adoptèrent d'autres idées et d'autres mœurs; ils voulurent se rapprocher de l'administration romaine et renouveler jusqu’au cérémonial dont s'entouraient les Césars. Les vêtements serrés des Germains, leurs ancêtres, firent place à. la robe flottante des dignitaires de l’empire. Ils couvrirent leur chevelure d’un diadème semblable à celui des Césars. On les voit sur leurs monnaies, représentés avec la toge consulaire et la tunique ornée de perles , comme les empereurs byzantins. Les bandes de pourpre du laticlave romain remplacèrent les fourrures , d'où les anciens rois francs avaient tiré le nom de reges pelliti .
Comme les consuls romains, ils tinrent dans leurs mains un bâton doré, signe du commandement. Des Gallo-Romains, des abbés et des évêques se pressèrent près de ces chefs barbares et leur formèrent une véritable cour. Ces convives du roi finirent par exercer la plus haute influence dans les conseils des Mérovingiens et ils dominèrent dans le mallum ou assemblée du champ de mars ( voy. Mal). Les Mérovingiens écoutaient avec plaisir les vers que les Gallo-Romains avaient composés en leur honneur et ils s’essayaient eux-mêmes à bégayer cette belle langue qu’ils défiguraient. L'un d'eux , Chilpéric I , voulu t ajouter à l'alphabet trois lettres nouvelles. Childebert II , un des plus sauvages mérovingiens , se fit représenter un livre à. la main au portail de l'église qu'il bâtit en l’honneur du martyr saint Vincent ( aujourd’hui Saint- Germain des Prés). Cette imitation de la civilisation romaine fut souvent grossière et maladroite : mais elle atteste, du moins, l'ardeur des Mérovingiens pour changer un pouvoir tout guerrier en une autorité régulière.
Bien tôt les actes des Mérovingiens prouvèrent que la transformation était presque accomplie. Les décrets de Childe-
bert Il (596) suffiraient pour le prouver, La peine de mort, qui était presque toujours bannie des lois barbares (voy. Lois, § 2) ou qui du moins pouvait être rachetée par une composition ou t oehrgeld, y est multipliée. Le rapt était puni de mort ainsi que l'homicide, et le roi ajoute: Il est juste que celui qui sait tuer apprenne à mourir . Le voleur, s'il est dénoncé par cinq ou sept hommes d'une réputation intacte, doit être puni do mort. Le juge même qui aurait laissé le voleur s’échapper était condamné à mort. La liberté individuelle, que les barbares poussaient jusqu'à la licence , était soumise à de sévères restrictions.
L'Église seconda cette lutte des Mérovingiens contre l'aristocratie barbare. Le pape Grégoire le Grand écrivait à ce même Childebert II : « Autant la dignité royale s'élève au-dessus du reste des hommes , autant la majesté de votre royaume dépasse celle des autres rois de la terre. Èt pourtant la merveille n'est point que vous soyez roi , puisqu’il y en a d’autres ; mais la gloire sans égalé est que seul de tous les rois vous ayez mérité la grâce d’être catholique. Car de même qu'une vaste lampe, allumée soudain au milieu d’une nuit profonde, chasse les ténèbres à l’éclat de sa lumière, ainsi l'éclat de votre foi brille et resplendît au milieu de l'aveuglement et des ténébreuses erreurs des autres nations. Tout ce que les autres rois se flattent de posséder, vous l'avez comme eux ; mais il est un point dans lequel vous l’emportez de beaucoup :
c’est qu’ils ne sont point en possession du bien inappréciable dont vous jouissez. Et, afin que cette supériorité éclate également et dans votre foi et dans votre conduite, que votre excellence se montre toujours clémente envers son peuple; et si elle vient à éprouver quelque sujet de peine, qu’elle cherche à s’éclairer avant de sévir, persuadée qu’elle sera d'autant plus agréable an Roi des rois, c'est-à-dire au Dieu tout-puissant, qu'elle saura mettre des bornes à son pouvoir, et qu’elle croira que sa volonté doit en avoir de plus étroites que sa puissance. »
L’aristocratie des Leudes fvoy. ce mot) résista énergiquement aux Mérovingiens . Dispersée dans de vastes domaines, entourée d'hommes de guerre qui leur étaient tout dévoués , les leudes se rendaient chaque jour plus indépendants et usurpaient dans leurs domaines les droits de souveraineté. La lutte qui s'engagea entre les rois et les leudes dura plus d’un siècle et entraîna la ruine de la dynastie mérovingienne . Dès la fin du vi« siècle l'opposition des leudes se manifeste par
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des conspirations; leGallo-Komain Mummolus s’unit avec Gontram Boson et d’autrès chefs germains pour attaquer la puissance des Mérovingiens . Ils sont vaincus; mais la royauté comprend le péril. Les rois d’Austrasie et de Burgondie s’unissent par le traité d’Andelot (587), font quelques concessions aux leudes et s'efforcent par la réunion des deux royaumes d’organiser une puissance capable de résister à l’aristocratie. L’édit de 615 rendu h la suite d’une assemblée tenue à Paris fut une concession encore plus importante arrachée par l’aristocratie. On y voit que les grands ne se bornaient pas à posséder de vastes domaines; mais que déjà ils y exerçaient les droits de souveraineté et y faisaient rendre la justice en leur nom. Depuis cette époque la royauté mérovingienne fut frappée d'une décadence à'iaquelle les efforts de Dagobert ne purent la soustraire. La Longue série des rois fainéants marque le dernier terme de cette décadence. Pendant plus d’un siècle (638-752) , les rois fainéants occupèrent le trône , mais sans aucune puissance. L’autorité était tout entière entre les mains des maires du palais , dont quelques-uns, et surtout Ébroïn , montrèrent de l’énergie. Enfin la bataille de Textry (687) fit passer la domination à une nouvelle tribu des Francs et prépara l’avénement de la dynastie carlovingienne qui eut lieu en 753. Le dernier mérovingien , Childéric III , fut rasé et enfermé dans un monastère. — Voyez les Essais sur l’histoire de France par M. Guizot, et V Histoire de la civilisation en France par le môme auteur. Les Récits des temps mérovingiens , par M. Aug. Thierry, donnent une idée vive et juste des mœurs et des institutions de cette époque. Oc consultera aussi avec utilité l’ouvrage de M. Lehuërou , intitulé Histoire des institutions mérovingiennes et du gouverne ment des Mérovingiens, Paris, 1842; ainsi que les Etudes sur l’histoire et les institutions de V époque mérovingienne , par M. de Petigny, 3 vol., Paris, 1842-1845. Ces derniers ouvrages ont surtout fait ressortir la persistance des institutions romaines sous la domination des Méro vingiens.
Divisions territoriales sous les Méro vingiens . — On peut distinguer trois espèces de divisions territoriales sous les Mérovingiens : 1° les divisions ethnographiques ou par race; 2° les divisions administratives; 3° les divisions ecclésiastiques. L’empire mérovingien comprenait, en effet , un grand nombre de tribus germaniques ou gallo-romaines ; les principales divisions ethnographiques étaient
la Bavière, la Thuringe ( Saxe actuelle) , l’Alamannie ( Wurtemberg et duché de Bade), l’Austrasie ou royaume oriental de la Meuse à la Thuringe, la Neu strie ou royaume occidental de la Meuse à l’Océan et du Rhin à la Loire , la Bourgogne ou Burgondie (bassin du lthône), l’Aquitaine de la Loire à la Garonne , la Novempopulanie de la Garonne aux Pyrénées , enfin la Septimanie (Aude, Hérault, Pyrénées orientales). Les divisions administratives sont plus difficiles à établir; elles comprenaient des duchés et comtés. Les écrivains contemporains mentionnent spécialement les duchés d’Aquitaine, de Poitiers , de Gascogne , de Marseille, des contrées transjuranes ( Franche-Comté et Suisse), de Champagne, de Tours; les principaux comtés étaient ceux de Bourges , de Clermont , d’Alby, de Cahors, de Limoges, de Vélay, de Bordeaux, de Saintes, d’Aix , de Nîmes, de Carcassonne, de Roussillon , de Vienne, d’Avignon , de Lyon , d’Autun , de Châlonssur-Saône, de Rouen, de Coutances, de Reims , de Vermandois , de Cambrai , de Tournai, d’Amiens , de Laon , de Noyon , d’Auxerre , d’Orléans , de Troyes, de Paris, de Meaux , de Rennes, d’Angers et de Nantes. Les comtés se subdivisaient en pagi(\o y. ce mot). Quant aux circonscriptions ecclésiastiques, elles avaient été empruntées à Pempire romain et reproduisaient dans les diocèses les divisions et subdivisions des provinces romaines. Voy. Clergé et évêchés.
MESMÉRISME. — Système de Mesmer sur le magnétisme animal. Voy. Magnétisme animal.
MESNADIERS, MESNIERS. — On appelait mcsnadiers en Gascogne des hommes de race noble. 11 est probable que leur nom vient de ce qu’ils faisaient primitivement partie de la mesnie ou suite du roi (voy. Mesnie). Les mcsnadiers auraient alors le plus grand rapport avec les antrustions (voy. Antrustions ). Çurita confirme cette opinion , lorsqu’il dit que les mcsnadiers d’Aragon étaient ainsi nommés, parce qu’ils avaient été élevés dans le palais du roi ( quod regia in domo cducati essent ). — Le mot mesniers avait, en Belgique, le sens de serviteurs. Dans un accord fait, en 1287, entre les chanoines et les bourgeois de Liège, on lit ; Tous les esquevins (échevins) jureront , en chapitres de S. Lambert , des forfaits , que li (les) borgois ou li mesniers des borgois , etc. Voy. Mesnie.
MESNAGE. — On appelait autrefois mesnage une maison entourée de terre,-
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Une charte de 1375 citée par du Cange (v° Mesnagium) s’exprime ainsi : Comme Guillaume de haridelles et sa femme eussent acquis une portion de Mesnage assise à Baieux en la rue nommée Bienvenu. — Les mnîires d’hôtel étaient quelquefois nommés mesnagers (voy. du Gange, ibid
MESNIE. — On désignait, au moyen âge. sous le nom de Mesnie , Mesgnie et Meignerie , la suite d’un seigneur.
Ces mots paraissent dérivés d’arimannia. Ce dernier terme est souvent employé dans les lois des barbares pour désigner les Ahrîmans (voy. ce mot; qui accompagnaient un chef de guerre. On redoutait extrêmement cette mesnie des grands qui venait s’abattre sur les terres de leurs vassaux et les livrait au pillage. Humbert, dans les statuts qu’il donna au Dauphiné en 1349 , promet de restreindre le nombre des hommes qui composaient sa mesnie et qu’on appelait dans le latin de cette époque maignerii , « De peur, dit la charte, que leur nombre ne fût à charge aux habitants du Dauphiné ( Ne propter multitudinem ij)S07'um maiqneriorum graventur nimis subditi Delphinatus >. » On trouvait encore, au xvie siècle , des traces de cette mesnie ou clientèle qui entourait les grands et était le fléau des vassaux et des petits propriétaires. Dans le pays de Dombes (Ain \ les paysans appellent leurs domestiques maignets . Voy.
du Cange , v° Magnerius .
MESNIE HELLEQUIN ou HERLEQUIN.
— La Mesnie hellequin ou suite d’Helleqnin était une apparition fantastique dont il est souvent question dans les légendes du moyen âge. Hellequin , d’où est venu arlequin , est le roi des Aulnes ( Erl-kœnig ) dont il est souvent question dans les ballades allemandes. Au milieu des nuits orageuses et des sifflements de la tempête , on croyait entendre passer Hellequin avec son cortège de fantômes. On trouve dans les écrivains du moyen âge le récit de quelques-unes de ces apparitions. Je me bornerai à citer une de ces légendes tirée d’Orderic Vital (livre VIII , chap. xvn ) :
« Je ne veux pas passer sous silence, dit ce chroniqueur, ce qui arriva le icr janvier ( i09i ) à un prêtre de l’évêché de Lisieux, nommé Gosselin, dans la paroisse de Saint-Aubin de Bonneval. 11 avait visite la nuit un de ses paroissiens malade et habitant à l’extrémité de la paroisse. Comme il revenait seul et se trouvait loin de toute demeure, il commença à entendre un grand bruit comme d’une nombreuse armée; il crut que c’é-
tait Robert de Belesme et sa suite qui allaient assiéger Courci. La lune répandait alors une vive lumière et éclairait la route. Le prêtre était jeune , hardi , vigoureux , grand et agile. Cependant il tut saisi de crainte en entendant ce bruit et hésiia s’il prendrait la fuite ou tenterait de résister en cas d’attaque. Enfin il aperçut dans un champ, à quelque distance de la route , quatre aubépines, derrière lesquelles il songeait à se cacher jusqu’à ce que la cavalerie fût passée. Mais un personnage d’une stature gigantesque, armé d’une énorme massue, l’arrêta au moment oii il s’éloignait de la route , et levant la massue sur sa tête : Beste ici , lui dit-ii , ne fais pas un pas de plus . Le prêtre s’arrêta frappé d° terreur, et s’appuyant sur l£ bâton qu’il portait il resta immobile. L’énorme porte-massue se tenait près de lui, et, sans lui faire aucun mal, attendait l’armée. Voici qu’une grande multitude de fantassins passait devant eux ; elle était chargée de diverses espèces d’ustensiles, comme en portent ordinairement les voleurs. Tous se lamentaient et s’exhortaient à hâter la marche. Le prêtre reconnut dans cette troupe plusieurs de ses voisins morts récemment, et les entendit se plaindre à cause des supplices qu’ils enduraient pour leurs crimes. Vint ensuite une troupe de portefaix auxquels se joignit le géant. Us portaient environ cinquante cercueils; il y avait deux portefaix pour chaque cercueil. Des hommes de petite taille, comme les nains, mais avec des têtes énormes , étaient assis sur les cercueils. Deux Égyptiens portaient un corps mutilé, et sur ce tronc était attaché un malheureux livré à de cruels supplices et poussant d’horribles hurlements. Un affreux démon assis sur le même tronc déchirait de ses éperons de fer le dos et les reins de cet infortuné tout couvert de sang. Gosselin reconnut le meurtrier du prêtre Etienne, et le vit livré à d’intolérables tortures en expiation de ce sang innocent qu’il avait versé deux ans auparavant; il était mort sans avoir pu effacer ce crime par la pénitence.
« Venait ensuite une troupe de femmes ui parut innombrable à Gosselin. Elles taient assises à cheval à la manière des femmes, et sur des selles garnies de clous ardents. Elles étaient horriblement brûlées et déchirées et avouaient les crimes qui leur avaient mérité ce châtiment. Le prêtre reconnut dans cette troupe quelques dames nobles et il aperçut les chevaux et les mules de plusieurs autres qui vivaien. encore. Cette vision le pé~
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nétra de terreur. Bientôt arriva une nombreuse troupe de clercs et de moines , d'évêques et d'abbés. Les clercs et les évêques étaient revêtus de cbapes noires. Les moines et les abbés portaient des capuchons noirs, ils gémissaient et se lamentaient. Quelques-uns s'adressèrent à Gosselin et lui rappelant leur ancienne amitié lui demandèrent des prières. Le rêtre raconta qu’il avait vu là plusieurs ommes qui jouissaient d’une grande estime et que l’opinion publique plaçait au nombre des saints. IL vit, entre autres, Hugues, évêque de Lisieux , Mainier, abbé de Saini-Ëvroult et Herbert , abbe de Fontenelle, ainsique beaucoup d'autres que je ne puis rappeler en détail. L'œil des hommes se trompe le plus souvent ; mais celui de Dieu pénètre jusqu'au fond du cœur. Le prêtre restait toujours appuyé sur son bâton, tremblant de cette terrible vision et attendant une apparition encore plus effrayante. Voici qu'arrive une immense troupe de soldats ; leurs armures étaient noires et on apercevait les étincelles du leu qui les dévorait. Montés sur de grands chevaux et revêtus d’une armure complète, ils paraissaient marcher au combat et portaient de noirs étendards. Là parurent Richard et Baudouin, lils du comte Gislebert, morts depuis peu de temps , et beaucoup d’autres que je ne puis énumérer. Parmi eux se trouvait Landry d'Orbec , qui était mort cette année même*, il adressa la parole au prêtre, et, d’une voix horrible, le pria de transmettre à sa femme ce qu'il lui disait. Mais la foule qui suivait et qui précédait interrompait son discours et di>ait au prêtre : Ne crois pas Landry : c'est un menteur . Ce Landry avait été vicomte d'orbec; son esprit et son habileté l’avaient élevé au-dessus du rang que lui assignait sa naissance. Corrompu par les présents , il avait altéré la justice , et obéi à la cupidité plutôt qu'à l’équité. Il méritait les supplices auxquels il était condamné, et ses complices avaient raison de l'appeler menteur. Il n'avait plus d’adulateurs ; personne maintenant ne lui adressait de prière; mais, parce qu'il avait fermé ses oreilles aux cris des pauvres, il était maintenant livré aux tortures comme un homme exécrable et indigne qu’on écoutât ses plaintes. Gosselin , après avoir vu passer cette nombreuse troupe de soldats, se dit en lui même : C'est là : sans doute la Mesnie- Hellequin. J'ai entendu dire autrefois que plusieurs V avaient vue; mais j'ai rejete ces bruits avec incrédulité et je m'en suis moqué. Maintenant je vois réellement les ombres des morts . » Orderic
Vital, auquel nous devons cette curieuse légende, tenait le récit de Gosselin luimême. (Ab ore zpsius audivi .)
Dans certains ouvrages du moyen âge, et, entre autres, dans la chronique de Normandie, le nom de Hellequin a été transformé en Charles-Quint. on y trouve plusieurs légendes sur la Mesnie Charles - Qu'iit qui n'est autre que la Mcsnie-Hellequin . Il est facile de reconnaître dans toutes ces histoires le type des ballades allemandes sur le féroce chasseur qui endant les nuits d’hiver parcourt les ois avec un cortège de fantômes.
MESNIL. — Ce mot qui s’écrivait encore maisnil, désignait une petite terre avec une maison d’habitation. On le fait venir d'un terme de la basse latinité masnile , diminutif de mansionile (du Cange, v° Mansionile ). On lit dans le roman du Renard :
La bonne femme du Mesnil
A ouvert l’huis de son courtil.
Beaucoup de noms de lieux et de personnes sont tirés du mot mesnil.
MESSAGER. — Suppôt de l’ancienne université chargé de transpoi ter à Paris les étudiants et leurs bagages. On distinguait les grands et petits messagers de l’Université. (Voy. Messageries. ) — On appelait aussi messagers des envoyés de la chambre des comptes chargés de porter ses ordres aux sergents des bailliages et sénéchaussées. En 1445 , il y avait dixhuit. messagers qui prêtaient serment à la chambre des comptes. Louis XII confirma leurs charges par lettres patentes du 22 janvier 1 5 1 1 , et or donna que <c tous les rôles, mandements et commissions émanés de la chambre des comptes pour ajourner et faire tons exploits contre les officiers comptables seraient portes par ces dix-huit messagers ès lieux des charges et recettes desdits comptables ou de leurs domiciles, etc." Un autre édit du 12 mars 1 5 1 4 donna aux messagers de la chambre des comptes le droit de faire les exploits comme les huissiers Jusqu’en 1540, ils furent appelés huissiers et ? nessagers , et entin seulement huissiers. ,11s étaient francs et exempts de tous impôts, comme les autres officiers de la chambre des comptes. Voy. Pasquier, Recherches de la France , livre II , ch an. v. — Les parlements avaient aussi leurs messagers . comme le prouvent des lettres patentes de Charles IX (janvier 1573) qui enjoignent aux greffiers de donner tous les sacs des procès civils , criminels, des enquêtes , etc., aux messagers-jurés et reçus par la cour de parlement. Un arfè-
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du 17 juin de la même année ordonne que les sacs des procès seront donnés par les greffiers aux messagers , chacun en leur tour et ordre. Enfin une commission de Henri IIL en date du 11 octobre 1579 ordonne à tous les messagers qui tiennent leurs provisions des parlements et autres tribunaux d’envoyer au conseil leurs lettres de provision (de La Marre, Traité de la police, IV, 608-609).
MESSAGER D’ÉTAT. — Huissiers des assemblées parlementaires charges de porter les messages d’une chambre à, l’autre.
MESSAGERIES. — On appelle messageries les voitures publiques qui se chargent du transport des voyageurs , des bagages et des marchandises. Les messageries ont été établies primitivement par l’université de Paris pour transporter les jeunes gens qui venaient y faire leurs études et faciliter leurs relations avec leurs familles. Les messagers , placés sous la protection de PUniversité et participant à ces privilèges , devaient rendre compte de leur conduite au recteur et aux procureurs des nations. Ils inspiraient une grande confiance et étaient chargés du transport de l’argent, des lettres et des effets de toute nature. Bientôt ce titre de messager de V Université fut ^cherché pour les privilèges et les pro- \ qu’il assurait. On le conféra à des \rgeois notables de Paris, qui ne fai- ^«ffent nullement le service de messagers, mais qui fournissaient aux écoliers l’argent dont ils avaient besoin et représentaient leurs familles. L’Universite s’agrégea ces bourgeois sous le titre de grands messagers ; elle les prit sous sa protection , les appela quelquefois dans ses assemblées , et leur permit d’assister à ses processions. Les grands messagers avaient une confrérie aux Mathurins dès 1478. Il ne devait y en avoir qu’un pour chaque diocèse qui envoyait des étudiants à l’Université. Les véritables messagers , qui transportaient les effets des étudiants s’appelaient petits massagers ou messagers ordinaires de l'Université ; ils sont souvent nommés nuncii volantes dans les anciens registres de l’Université pour indiquer la rapidité qu’ils devaient mettre dans leur service. Par la suite , ces messagers portèrent les lettres et effets des
{particuliers qui n’appartenaient pas à 'Université; ils transportaient aussi les personnes. Plusieurs chartes et ordonnances des rois confirmèrent à l’Université le monopole des messageries . On cite, entre autres, des lettres de Philippe le Bel du 27 février 1297 et de Louis X du
2 juillet 1315. Par les premières, Philippe IV mandait à tous ses officiers de justice et autres que les maîtres, écoliers et officiers de l’Université étaient sous sa protection, et leur ordonnait en conséquence de les défendre contre toutes injures et violences que ses ennemis voudraient leur faire, et spécialement h leurs messagers , en quelque partie de la Flandre qu’ils fussent envoyés pour apporter argent ou autre chose ( du Boulai , Hist . de V Université de Paris , V, 791). Les lettres de Louis X , en confirmant les privilèges accordés par ses prédécesseurs à l’Université, ordonnent que ses messagers pourront vaquer à leurs fonctions sans aucun empêchement (ibid., IV, 171).
Cependant il s’établit dès le xve siècle d’autres messageries à côté de celles de l’Université. Un arrêt du parlement, en date du 7 février 1484, concernant le service du guet, dit que les messagers du roi , ou, durant leur absence, ceux de l’Université, en sont dispensés. Les mêmes dispositions sont reproduites dans une ordonnance de François Ier du mois de janvier 1539.
L’Université délivrait gratuitementdans l’origine , les brevets de grands et petits messagers , sauf un droit peu considérable que prélevaient pour frais d’expédition le recteur et le procureur de la nation à laquelle appartenait le messager . Mais plus tard les procureurs des nations vendirent trop souvent ces offices à leur profit. Dans une assemblée tenue à ce sujet le 16 novembre 1472, on fit entendre des plaintes très-vives contre ces abus et excès. L’assemblée s’en émut et décida qu’à l’avenir on ne recevrait aucun messager qu’en pleine assemblée et sur la foi du serment, et que les procureurs des nations ne pourraient exiger de chaque messager pour le sceau de ses lettres que l’ancien droit de quatre sous parisis. Au xvue siècle (1633), l’Université afferma les messageries et en consacra le produit à l’entretien des professeurs de la faculté des ans ( professeurs de littérature et de grammaire). Cependant , à cette époque même , l’autorité monarchique tentait de substituer son action directe dans tous les services publics à l’influence des corporations du moyen âge. Ainsi , en 1634 , un édit royal créa des offices héréditaires d’intendants et contrôleurs généraux des messagers , voituriers, etc. L’Université y vit un danger pour ses messageries et forma opposition à l’enregistrement. Il en résulta de longues contestations , et l’Université fut obligée de faire confirmer les privilèges de ses messagers par plusieurs arrêts que l'on trouvera dans le
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