NOÉ
cerle dique' successi (t). N'en déplaise à ce cardinal , je ne crois pas qu'en cette rencontre ce fût assez de nier ce que le père Paul affirmait. Quand on a les rieurs contre soi , il faut avoir droit et demi , et accumuler preuve sur preuve , si l'on veut gagner sa cause. Ce cardinal ajoute que le père Alciat composait fort lentement, parce qu'il ne se pardonnait rien qui fût éloigné de la perfection : la vieillesse et les affaires de la Compagnie furent de nouveaux obstacles : Dapoi, la freddezza delV eCa decrepita, la natura perplessa , la penna altrettantn lenta , quanto esquisila , le occupazioni de' nostri goi^erni domestici , hanno cagionato ch'egli sia morto con lasciar solo qualche l'estigio deW opéra conceputa in idea (2). Que ceci nous fasse comprendre qu'il y a des gens qui , à force de travailler à être de bons auteurs , demeurent toujours privés de la qualité d'auteur.
(il Pallavic. Introâuiione alV Hist. del Concilio Trident. , cap. V.
(2) L,'a même.
ALCINOÉ , fille de Polybe le Corinthien , et femme d'Amphilochus, devint folle d'amour pour un certain Xanthus de l'île de Samos, qui était logé chez elle. Ce n'est point là ce qu'il y eut de plus étrange dans son aventure :
le grand sujet de surprise est de voir que ce fut Minerve qui lui inspira cette maladie d'amour , pour la punir de ce qu'elle n'avait pas payé tout ce qu'elle avait promis à une femme qui avait travaillé chez elle. Cette femme pria Minerve de la venger , et voilà comment ses prières furent exaucées. Alcinoé , par les soins de cette déesse, devint si furieusement amoureuse de son hôte , qu'elle abandonna sa maison et ses petits enfans , et s'embarqua avec lui. Mais, pendant le voyage , elle fit des réflexions sur sa conduite ; elle en pleura ; elle se
souvint avec cris et larmes de son jeune mari et de ses enfans ; enfin, toutes les bonnes paroles de Xanthus , qui promettait de l'épouser , étant une trop faible consolation , elle se précipita dans la mer (a). Grand exploit et bien digne de la déesse Minerve ! Voyez la remarque (C) de l'article Égialée, et la remarque (D) de l'article Myrrha.
(«) Parllienius , Erolicorum cap. XXVII.
ALCINOUS, roi des Ph^aques, dans l'île qu'on nomme aujovir- Corfou , était fils de Nausitlioiis {a), et petit-fils de Neptune et de Péribée (A). Il épousa Arête , sa nièce, fille unique de Rhexenor, fils de Nausithoiis , et en eut cinq fils et une fille nommée Nausi— caa , de laquelle Homère dit beaucoup de bien {b). Il loue encore davantage la mère , et il en fait une héroïne. 11 fait aussi de fort longues descriptions du palais et des jardins d'Alcinoiis. A son dire , il y avait les plus excellens fruits du monde dans ces jardins : et cela , sans vicissitude d'hiver et d'été , mais tous les mois de l'année. C'est sans doute par ses jardins qu'Alcinoûs a principalement immortalisé sa mémoire (B). Il reçut avec beaucouji de civilité Ulysse (C) , que la tempête avait jeté sur la côte des Phaeaques : il lui offrit sa fille, et le fit mener à Ithaque, chargé de présens. Or , comme pendant le festin où il l'admit , celui-ci fit cent contes à dormir debout à toute la compagnie , on croit que cela fit naître quelques
(a) Homer. Odyssejc lib. VI et VII. Une faut pas dire Nasiloùs, comme Moréri.
{bj Homer. Odysseœ lib. VI, ci. 62.