‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 106 sur 158 · NOUS · texte numérisé non relu

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proverbes (D) qui étaient en usage parmi les anciens. Quoiqu'il en soit , le royaume d'Alcinoiis était un vrai pays de Cocagne :

on y aimait la bonne chère et les commodités de la vie (E) : ce qui n'empêchait pas que les gens n'y fussent agiles et fort bons hommes de mer (c) , et qu'Alcinoiis ne fût un prince très-juste , comme cela paraît par ces paroles : h'kvlvooz 5tpatv£(ïz£ (îtzaiÔTaTOÇ

(c) Homer. Odyss. , lib. VI, vs. 270 ; lib. VII , i's. 35, 107 ; lib. VIII , i>s. 247, 253, et passim alibi.

(d) Orplieus.

(A) Il était petil-JUs de Neptune et de Péribée. ] Britannicus nous assure qu'Alcinoiis était fils de Phaeax , et que Phœax Tétait de Neptune et de Corcyre (i). Je vois bien dans Etienne de Byzance le dernier de ces deux faits ^ mais non pas que ce fils de Neptune et de Corcyre ait été' le- père d'Alcinous.

(B) C'est par ses jardins qu Alcinnûs a principalement immortalisé sa mémoire. ] Tous les poètes parlent à l'envi de ses jardins^ M. Lloyd en cito plusieurs passages ; contentons - nous de celui de Juvènal :

Illa jubehil

Poma dari , quorum solo pasciîris odore , Qualia perpeuius Phœncum aulummts habebal (2)/

et joignons-y ce témoignage d'un auteur en prose : Antiquilas nihil priits mirata est quam Hesperidum. liortns , ac regum Adonis (3) et ./4lcinnï (4).

M. Lloyd cite Théophile, patriarche d'Antioche, qui a parlé de ces jardins dans son troisième livre ad Autolicum ; mais il avertit que Ton y doit corriger la leçon ./Antinous , et substituer Alcinoûs. Il cite aussi

(1) Rritann. in Juvenal, Satir. V, vs. i5i.

(2) JuTen. Satir. V , vs. i/jq.

(3) Je ne sais si Pline a bien entendu ce qu^il avait lu louchant les jardins d'Adonis. Ils n'étaient pas ce qu'il s'imagine. Voyez Varticle Ado.ms, Remarque (E).

(4) Plinius, Ub. XIX, cap. IV.

ces paroles de saint Grégoire de Nazianze :

. . . 'H Jï TpiTTêfi* )i*i i'XtTêOÇ 'Axxi-

vàoio

TêjSTTVOTjpH (5).

Tua Alcinoi mensa est jucundior korlo.

Je n'ai point remarqué que les poètes aient feint que ce prince filt leeardien des vergers , comme M. More'ri le débite. Chai'les Etienne l'a jeté dans celte erreur^ car on voit dans son Dictionnaire un Alcinoiis difiérent du roi des Phœaques , et caractérisé parla charge de Hortorum custos : ce que l'auteur prouve parle IF- livre des Géorgiques de Virgile , et par des vers d'Ovide et de Stace , où il ne s'agit point de cela , mais uniquement des jardins d' Alcinoiis. Apparemment cette bévue doit sa première origine à la faule de quelque copiste ou de quelque imprimeur, qui aura mis custos au lieu de culior.

(C) // reçut auec beaucoup de ci^'i- /itéf//yssc.] Plusieurs auteurs, comme Ravisius Textor (6), et Decimatoi (7), attribuent cette réception à Nausicaa, fille d'Alcinoiis, sans en faire aucune part au père. Ils ne considèrent pas qu'elle ne donna que des habits et des conseils à Ulysse hors de la ville , et qu'elle avait père et mère, qui firent tous les honneurs de l'accueil et de l'hospitalité. Voyez l'article Nausicaa.

(D j On croit que les contes d' Ulysse chez alcinoiis firent naître quelques proi'erbes. ] Moréri dit qu'Ulysse compta (je copie son orthographe ) la fable des Ciclopes , des Lestrigons et des autres , comme on dit , le coude sur table. Ce qui donna occasion a ce proverbe des anciens, qu'Erasme n'a pas oublié , « La Table d' A Icinoë , n ou, comme l'exprime Platon , « Est-ce >) que je vous dois raconter la fable » d'Alcinoiis ? » Tout cela ne vaut rien : 1°, ce des autres est une expression obscure et tout-à-fait négligée.

En 2^. lieu , le proverbe de la table d'Alcinoiis ne vint point de ces contes d'Ulysse , mais de la bonne chère qu'Alcinoûs faisait ordinairement.

Voyez la remarque suivante. De plus, il n'est pas vrai que Platon s'exprime

(5) GrCRor. Naiianz. Carm. ad Vitalian.

(6) In Epithet.

(7) In Sylva Yocabiil. el in Tbeiîauro Lioguaram.

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