ALES
lait im homme qui avait fait éclater son herësie dans le sermon synodal , et qui méritait cette peine. Il se fiicha tellement de ce que , pendant un voyage qu'il avait fait , on avait mis Aies hors de prison , qu'il voulait à toute force l'y renvoyer, sans lui pei-mettre d'achever une messe commencée. Mais enfin , les prières des chanoines le fléchirent : il attendit jusqu'à la fin de la messe à le ren- Aoyer en prison. Or, comme on savait qu'il le ferait mettre au cachot
dit Thomasius (6) , inler ipsum et alium quendam exorla esset control'ersia de quœstlone , possilne ac debeat magistratus polilicus scortalionem piinire? l'eramque Melancliihonis calcula approbalam (*') , defendente ^lesio, ndiilominùs hujus dUpiitationis decisio juberetur dijjerri : offensas, ut apparet, liâc bonce causœ pi ocraslinatione Alesius, non exspectato Principis adi'entu , discessit {*'). L'indignation ne sied pas mal dans un tel cas à un professeur en théologie qui
dès le lendemain, on conseilla au pri- avait vu la naissance de la réformasonnier de prendre la fuite toute la tion , et qui devait naturellement esnuit, et d'abandonner rÉcosse. 11 crut pérer qu'il ne vivrait pas assez pource conseil , et s'en alla en Allemagne , voir revenir la morale au premier rel'an i532 (5). lâchement. Rien ne pouvait faire plus
(C) // soutint le dogme de George d'honneur à la religion protestante Major touchant la nécessité des bon- que la sévérité des maximes qui se nés oeuvres. ] Le titre de son écrit est: rapportent à la chasteté ; car Tobser- De IVecessitate et Merito bonorum vation de ces maximes est le triomnhe Operum Dispulatio proposita in celé- le plus malaisé à obtenir sur la nature, bri Academid Lipsicâ , ad xxix diem et celui qui peut le mieux témoigner nofeinb. i56o. Cette dispute est la que l'on tient à Dieu par les liaisons cinquième inter Anti - Tapperianas ; réciproques de sa protection et de son et voilà un Antl à ajouter au recueil amour. C'était donc un grand sujet de de M. Baillet. Pour n'en faire pas à scandale que, dès l'an ih^i, un théodeux fois , rapportons ici les titres de logien protestant, quisoutenaitqueles ses principaux ouvrages : Commenta- magistrats peuvent et doivent punir
les fornicateurs , trouvât des oppositions , et y succombât en quelque manière. Aujourd'hui que l'on est tout accoutumé à la tolérance de ce crime, personne presque ne s'en offense. Un fort honnête homme m'a assuré depuis peu, que les magistrats de Strasbourg ont une telle indulgence pour une fille qui s'est laissé faire un enfant ,
rii in Ei^angeliuni Johannis , et in utramque Epistolam ad Tiniotheum ; Expositio in Psalmos Dauidis ; De Justificatinne , contra Osiandrum ; De Sanctd Trinitate , cum Confutatione erroris f^alentini Gentilis ; Responsio ad triginta et duos Articulas Theologorum Louaniensium , etc.
(D) // eut une querelle sur la question si le magistrat peut et doit punir que, pourvu qu'elle leur vienne payer
la paillardise ? ] On entend assez que cette dispute ne roulait point sur l'adultère , mais sur la simple fornication ^ car encore que la punition de l'adultère soit une chose aussi rare que ce crime-là est fréquent , elle passe néanmoins pour légitime entre les docteurs chrétiens. Aies n'avait donc à combattre qu'un antagoniste , qui lui soutint que le magistrat ne peut ni ne doit punir la fornication.
On différa de prononcer sur cette dispute ; et il y a beaucoup d'apparence ({u'Ales, indigné de ce délai , ne voulut plus demeurer parmi des gtnis qui se déclaraient si favorables à l'impunité des fornicateurs. Cum A. iS^a ,
(5} Jaccb. Thomasius , in Orationc de Alesio.
l amende à quoi ces sortes de fautes sont taxées , ils lui donnent la réintégrande , ils la réhabilitent dans sa première réputation , ils établissent des peines contre tous ceux qui oseraient à l'avenir lui faire le moindre reproche. VoUà sans doute un privilège plus singulier que celui de donner des lettres de réhabilitation aux familles qui ont dérogé à leur noblesse; et s'il était permis de rire dans une matière de cette importance , on dirait que les magistrats de Stras-
(6) Ibidem , png. 3i8.
(*'} In Epist. Kesponsoriâ ad Academiam Francofordianam, quatn leges part. I. Consii. Tbeol. PhiL Melanchlhon., pag. 5ii.
;*=) Phil. MeLiDcl.. Fpisl. ?d Camerat., pas.