ALEXANDER AB ALEXANDRO
fils de Ferdinand P'. (4^ , c'est-à-dire, jusqu'à Tan i5o4i outre qu'il parle de Jovien Pontan , comme d'une personne qui n'est plus (5). Or , Jovien Pontan n'est mort qu'en l'année 1 5o5*' . C'est à quoi n'ont pas pris garde ceux qui ont placé la mort de notre Alexander à l'an i494 ; en quoi M. More'ri leur donne beaucoup plus de témoignages de son approbation , que de son incertitude *'.
(C) P^oici la raison qu'il allègue pourquoi il renonça à la proj'ession d'at^ocat. ] Je crois que pour en montrer toute la force , je suis obligé de la rapporter dans les propres termes de l'auteur. Quce cùm viderem , ditil (6) , palromsque contra t^im potentiorum aut grattant nihil prœsidiiesse , nihil npis , frustra nos in leguni controfersiis et ediscendis tôt casuum i^arietatibus iam pensiculatè editis , tantum laboris et l'igiliarum suscipere , tantoque nos studio fatigari dicebam , cùm ad ignai'issimi inipurissimique cujusque temerilateni , qui juri dicendo prœsideret , queni leges i'irum bonum esse folunt , non cequo jure sed ad gratiani et libidinem judicia Jerri , decretaque legum tanto consilio édita coni^elli et labefactari uiderem. Il fît beaucoup mieux d'abandonner le barreau que d'imiter quelques autres avocats , qui , ayant perdu plusieurs bonnes causes , prennent le parti de se charger des plus mauvaises. Je lisais l'un de ces jours , qu'un avocat des plus fameux de ce siècle *' , à qui ses confrères demandaient pourquoi il se chargeait de méchantes causes , leur répondit en riant , que c'était qu'il en aidait perdu quantité de bonnes. C'est une mauvaise excuse , poursuit l'auteur : un avocat , qui , après avoir examiné une cause , la trouve insoutenable , est obligé de l'abandonner (7). J'ai trouvé un autre endroit dans le livre â^Alexander ab
C4) Alex, ab Alex. Gen. Dier. lib. III, cap. -V^, subjîn. , png. '•j'iQ.
C5) Id. ibid. , lib. I , cap. I.
' Leclerc , d'aprèx Paul Jove , Jtxe au mois d'août i5o3 la mort de ce personnage.
*^ Le Duchat, diaprés la Bibl. latina de Fabricius , dit qu Alexander mourut à Home le 2 octobre i523, à soixante-deux ans.
(6) Id. ibid., Ub. VI, cap. VII.
*' Cet avocat était, dit Leclerc , Bonaventnre Fourcror.
(7) Journal des Savans, 1690, pag. 3oi, édil. ds Hollande.
Alexandro , qui marque la droiture de son cœur (8). Un de ses amis, voyant qu'il ne poussait point sa fortune , lui conseilla de se servir des expédiens qui avaient si bien réussi à tels et à tels qu'il lui nommait ^ c'étaient toutes personnes que la faveur avait élevées aux honneurs et aux prélatures , malgré le mérite de leurs concurrens , et qui étaient parvenues à la faveur par des voies illégitimes.
Notre auteur n'ignorait pas ces exemples , et il en savait de pires. Il avait vu , dans sa jeunesse , un fort honnête homme , savant et en latin et en grec, qui , n'ayant fait que lutter contre une extrême pauvreté pendant qu'il se fiait à sa vertu et à sa science, se résolut de tenter une autre voie :
il se jeta dans un si vilain métier , qu'on n'oserait le nommer j et peu après , le voilà riche et puissant, et pourvu de bons bénéfices : Eb vesaniœ processit , ut coactus inopiâ obsccenis et libero homine indignis artihus vacaret ( quibus verb artihus non libet dicere : itafœdœ et piidendœ sunt, ) confectaque fuit sibi res ex sententid , namque haud multo post et sacerdotio et opibus auctus , ajffluens et heatus tranquillissimè vitamegit(g). Mais ces exemples n'ébranlèrent point notre avocat : il aima mieux se contenter de sa médiocrité , que de risquer sa conscience : Longé igilur niulliimque prœstat , satihsque fuit uti ingénia meo , vacuumque his molestiis modico civilique cultu contentum esse , neque in ambitionem non necessariam incurrere , qu'am bona animi , si qua sibi homo studio et labore paravit , ea turpi quœsiu pessimo exemplo fœdare (lo). Le conseil qu'on lui donnait ressemble fort à celui-ci :
Aude allquid brevibus Gjaris et carcere di~
gnum.
Si vis esse aliquis. Probitas laudalur et al-
get(ii).
Il dédia son livre au duc d'Atri. Ce duc était fort savant, comme nous le dirons sous Aqcaviva.
(Q) Ilnya presque aucun auteur de son temps qui fasse mention de lui. J
(8) Alex, ab Alex. Gen. Dier. lib. FI, cao.
(9) Id. ibid.
(10) Alex. ab. Alex. Gen. Dier. lib- VI , cap,
(11) Juven. Sat. / , vs. ^3.