DIUS
débit en France. Quelques-uns tiennent qu'un de ses meilleurs ouvrages est un Trésor de Chronologie, dont il y a plusieurs éditions : d'autres en parlent avec mépris. Yossius n'en dit rien : il se contente de marquer en général V Encjclopédie , et en particulier le Traité de V Arithmétique {d). Il reconnaît que cet auteur avait beaucoup de lecture , et que son érudition était fort diversifiée. Ceux qui jugent de lui avec le moins de flatterie conviennent qu'il y a du bon dans ses Méthodes et dans ses Systèmes (B). Il n'a pas persuadé à beaucoup de gens ce qu'il a tâché d'établir dans son Triumphus Biblicus , qu'il faut chercher dans l'Écriture les matériaux et les principes de toutes les sciences et de tous les arts. Il était impossible qu'il publiât un si grand nombre de livres * , sans se servir du travail d'autrui ; mais il s'en servait trop : il copiait sans scrupule les autres auteurs (^C) , et en prenait à toutes mains.
Jean Himmelius, théologien de la confession d'Augsbourg , et professeur en théologie à lëne , est un de ceux qui ont écrit contre lui (D). M. Moréri n'a point su l'annéedela mortd'Alstedius(E), et il eût mieux fait de n'en rien dire.
Je ne devais pas oublier qu'il fut millénaire. Il publia en 1627 un Traité de mille Annis , oix il débita que les fidèles régneraient avec Jésus-Christsur la terre pendant mille ans , après quoi arriverait la résurrection de tous
{d) Vossius, de Scient. Mathem. , p. 32^. * On en troiwe la liste dans le tome l\ l des Mémoires de Nicérvn,
ALSTEDIUS.
les hommes , et le jugement dernier. 11 prétendit que ce règne commencerait l'an i6g4. Nous savons très -certainement qn' '
«sues; mais il donne les principes » des sciences et des arts , avec beau- » coup d'ordre : il lAche même d'être » uniforme partout , <juoiqu'il y ait » des pièces meilleures les unes que
s'est trompé. Son gendre Bister- «les autres, et qu'il s'en trouve même feldius suivit la même opinion (e). " f'}°'' ^*'^"t rien, comme son Hisr ^ ^ » toire, sa Chronologie , etc.. Il faut
» avouer qu'il s'est souvent trop em- « barrasse , pour avoir voulu se ren- » dre trop clair ■ qu'il est trop charge' » de divisions et de sous-divisions , et >' qu'il affecte une méthode trop gê- » née (3j. » Lorenzo Crasso rapporte
(c) Heidegger! Dissertalio de Cliiliasmo, pag". 652.
(A) Son Encyclope'die iroui'a grdcc devant les callioltques roniftinsjhorenzo Crasso a mis Alstedius eatre les grands hommes dont il a publié l'éloge. C'est de là très -apparemment que M. Moréri a tiré l'encens qu'il donne à Alstedius. Je vois qu'on renvoie les lecteurs à un ouvrage de Sorel (t) , pour apprendre des nouvelles de ce savant Allemand. Il fallait qu'il fût plus connu et plus estimé que bien d'autres parmi les catholiques romains. Le père Lami , de l'Oratoire , juge qu'Alstedius al presque le seul d'entre tous tes faiseurs d' Encyclopédies et de Systèmes de Sciences , qui mérite d'être lu , et de tenir son rang dans une bibliothèque choisie (a).
Voyez la remarque suivante.
(B) On confient qu'il y a du bon dans ses Méthodes et dans ses Systèmes. ] Voici ce que M. Baillet a tiré de l'Allemand anonyme qui a fait la Bibliographia curiosa hiUorico-philologica. <( Alstedius renferme à la vé- » rite beaucoup de bonnes choses j » mais il n'est pas assez exact en plu- » sieurs endroits : néanmoins il n'a j) point laissé d'être reçu du public w avec de grands applaudissemens , î) quand il parut pour la première fois : 3) et il n'est pas inutile à ceux qui » étant d'ailleurs destitués des autres » secours , et n'ayant pas les auteurs, )) veulent acquérir quelque connais- » sauce des termes de chaf|ue profes- » sion et de chaque science. Au reste, » on ne saurait trop louer sa patience » et son travail , le discernement et w le choix des bons auteurs quil a » fait pour en tirer ses abrégés : car M ce ne sont pas de simples lami> beaux et des rapsodies mal cou-
(i) De la Perfection da Cbrétien , pa§. 5gi , cité par Konig , Bibliotheca: veter. et nov.-e , p.
(i) Entret. sur les Sciences , cite par Baillet, Jugemeaâ des Savam , tom. II , nuin. 26g , p, 328. '^
pporie
aue quoiqu il y ait plus de sueur que de géuie dans les ouvrages d'Alstedius, on n'a pas laissé de les estimer, et d'avoir pour ses fatigues une admiration qui le fait entrer au temple de la gloire : Cnn gloria dpi suo nome s'è ammiruta la Jatica falla nulle Slorie, e nella Cronntogia de Tenipi :
le quali cose , quaritunque in Libri dii'ersi di Scrittori illustri sacri g proj'ani truoi'ansi , e t^t concorra in taie raccoghniento pih sudore che ingegno , tuttayia Vordine dato da Giol'anni Errico aile sudette faliche storiche è stalo da gli uomini amatori délia antichita , e dell erudiziuni assai commendato{\).
(C) // copiait suns scrupule les autres auteurs. ] Voici ce que remarque Thomasius (5). Hune m ParalUlis Theologicis quicquid de silentio sacrnrum ajfert (*') , observa propè de t'erbo descripsisse è Casauhone (*') , queni nominari lamen etiam lectoris intererat , ut sciret undè plura siii haurienda forent. F^creor autem ne quercuin eandeni alibi quoque excusserit, ciint in ipso ad lectorem prin" cipio reperiani periodum unani alleramque dedicationis Casaubonianœ.
(Dj Himmelius... est un de ceux qui ont écrit contre lui.\ Son ouvrage est intitulé A nti- Alstedius, sive Examen Theologiœ Polemicœ Joannis Henrici Alstedii. Quand cette remarque ne servirait qu'à marquer le titre d'un des principaux ouvrages d'Alstedius , elle ne serait pas entièrement inutile.
(3) Baillet , Jugemens des Savans , tom. II pag. 328.
(4; Lor. Crasso , Elogii d'Huomini Lelterati , pa^. 2i4-
(5) Dans son Traite' de Plagio Literario, num. 354, pa^. i55.
("') TU. Initial!, pa^. 166, 167, 168.
("^) Exerc. X.P^I ad Baron,, num. 4^1 P- 39g-
(E) Moréri n'a point su Vannée de la mortd'Alstedius.'] Alstedius, dit-il, mourut fers tan i645 ou 46; d'autres disent l'an 1 6/^n , âge de cinquantedeux. Des trois auteurs qu'il cite , il y en a deux (6) qui ne disent rien de cela. Lorenzo Crasso , qui est le troisième, dit seulement qu'Alstedius publia les IV tomes de son Encyclopédie à rage de cinquante-deux ans (7).
(6) Vossius et Zeiller.
(7) LoreDz'i Crasso , Elogii d'Hoomiiii Lellerali , tom. II , pag. 212.
ALTAEMPS (Marc) , fils d'une sœur de Pie IV , fut l'un des cardinaux qui présidèrent au * concile de Trente. Wolfgang Altaemps , son père , était comte de l'empire , au diocèse de Constance. Quelque belle que fût la dignité de légat du pape dans ce concile , ce cardinal ne l'obtint que par les souplesses des gens malintentionnés. Les Borromées, parens du pape au même degré que lui , voulant l'éloigner de la cour , firent en sorte qu'il fût envoyé à Trente {a). II y demeura depuis le mois de janvier 156?. jusque vers le commencement du printemps de i563 (A).
Le pape le rappela pour lever des troupes; car ayant appris que les ducs de Saxe et de Wirtemberg et le landgrave de Hesse en levaient , et que les Allemands avaient envie de saccager Rome , cil ils avaient trouvé un si grand butin l'an iSsy , il ne voulut pas se laisser surprendre {b). La harangue de Pibrac déplut beau-
* Leclerc et Joljr remarquent qu'il fallait dire : aux huit dernières sessions <lu Concile de Trente.
(u) Voyez Atnelot de la Houssaie dans ses Noies marginales de la version de l'Hist. du Concile de Trente de Fra-Paolo , p. 445, où il cite une lettre de M de l Ile an roi , datée du 9 de décembre l56i .
(b] Fra-Paolo, Hist. du Concile de Trente, pag . 648 de la version t/'Araelot.
ALTAEMPS.
coup à ce cardinal. Il fut d'avis qu'on y fit une réponse vigoureuse ; et il dit même , qu il fallait réprimer l'insolence de ce légiste qui n^ avait accoutumé de traiter qu'avec de petites gens (c). Il fut promu à la pourpre l'an i56i ; et, peu avant sa légation , les chanoines de Constance l'avaient choisi pour leur évê— que. Il n'avait ni la science ni l'expérience nécessaires pour présider à un concile ; mais Pie IV, son oncle , n'ignorait pas que les autres présidens suppléeraient ce qui manquerait à celui-ci {d) , et lui apprendraient le manège des conciles œcuméniques. Lorsque ce pape l'envoya nonce auprès de l'empereur Ferdinand , l'année 1 56o , il lui donna pour pédagogue le fameux Cornelio Musso, évêque de Bitonte (e). Altaemps possédait alors l'évêché de Cassane. Cette famille augmenta dans la suite ses dignités ; car novis trouvons un duc d' Altaemps qui mourut l'an \^io{f). Il était savant ; et c'est lui , si je ne me trompe , qui ramassa la bibliothèque qui a été si long-temps célèbre à Rome sous ce nom , et qui n'était pas encore tout-à-fait vendue lorsque dom Mabillon fit son voyage d'Italie {g). Ce duc d' Altaemps se nommait Jean Ange, et a publié la J^ie du pape Anicet. Un autre duc d' Altaemps, nommé Gaudentius , mort l'an j6'^7 , n'a pas été moins curieux de livres , ni moins docte. Il a
(c) Là même , pag. 494-
Id) Pallavic. Hist. Couc. Trident., lib.Xf', cap. Xtll, num. 10.
(e)Ihid.,lib XJV , cap. XIII.
if) Wilte, Diar. Biogr. , tom. IT , p. 2.6.
(g) Eh 1 635 Voyez son Musieum Italicuni, tom. I . uag. 78 , 79.
ALTHAMÉRUS.
publié la Vie de saint Chrj'sostonie , et la Sainteté persécutée triotnjj liante {h).
(h) Wilte , Diar. Biogr. , pag. Il6.
(A) Il demeura à Trente depuis jani'ier \562, jusqu'en i563.] Pallavicin a n-pris le père Paul , d'avoir dit (jue le cardinal Simonette et le cardiual Altaemps , furent nommes le'gats du pape en même temps , pour être ajoutes aux le'^als qui avaient déjà êtê nommes. C'est n'avoir point su que Simonette avait êlê honore' de la légaHon du concile en même temps qu'Osius et Seripande , plusieurs mois avant qu'on leur donnât pour collègue le cardinal Altaemps (ij. Il le censure d'une autre chose : c'est de n'avoir fait mention d'Osius et de Seripande ,' qu'en parlant des choses qui suivirent d'assez loin leur légation. Ces sortes de fautes ne sont pas bien importantes : et néanmoins , on ne peut justement trouver mauvais qu'un censeur les porte en compte; car d est du devoir d'un historien de les éviter.
(i) Pallavic. Hist. Concil. Trid. , lib. XF, cap. X{II ^ num. II.
ALTENSTAIG ( Jean ) , docteur en théologie , a vécu au XVr. siècle. Il était de Mindelheini , en Allemagne , et il composa un Lexicon Tlieologicum , qui est assez bon (A),
(A) Il composa un Lexicon Theologicum, qui est assez bon.'] Il le dédia à l'évêque d'Augsbourg, If i*''. d'octobre iSi^. Konig en a mis la première édition à l'an iSig (i). Je ne l'ai point vue; mais j'ai vu la seconde, qui est d'Anvers, chez Pierre Bellerus, en iS^ô, in-folio , sous ce titre, I^exicon Tlieologicum conlinens f^ocabulorum /Jescriptiones, Deûniliones , et Iiiterpetationes peruliles , Tlieologiœ Studiosis concinnatum.
(i) Konigii Bibliotheca , pag. 2g.
ALTHAMÉRUS (André), ministre luthérien à Nuremberg ,
{a) , publia non-seulement quelques ouvrages de théologie (A) , mais aussi des notes sur le Traité de Tacite de Situ , Moribus et Populis Germaniœ. Elles furent imprimées à Nuremberg , l'an 1629 et Fan i536, in-4° {b) , et à Amberg, l'an 1609, in-8°.
(<?) ; et elles ont été insérées par Simon Schardius , au \" tome des écrivains d'Allemagne. Il fut si ardent à rejeter la doctrine du mérite des œuvres , qu'il s'emporta contre l'apôtre saint Jacques avec la dernière brutalité [d). Cela nous donne l'occasion d'examiner un endroit des disputes de Grotius et d'André Rivet (B). On verra dans cet examen que notre Althamérus assista en iSaS aux conférences de Berne , qui furent le précurseur de la réforme ecclésiastique de ce canton-là.
{à) Micrœlii Hist. Ecclesiast. ,png. •j3i. (6) Gesneri Piljlioth., /o/;o 38, t^erso. (c) Hertzil Bil)lioth. German.
{d) Voyez la remarque (B).
(A) // publia quelques ouvrages de théologie. ] En voici les titres : Concilialiones Locorum Scripturœ , qui specie teniis inter se pugnare uidentur. ylnnotationes in D. Jacobi Epistolam. De Peccato Originis. De Sacramento Altaris. Il fit aussi un dictionnaire des noms propres que l'on trouve dans la Bible , Sjlfa Biblicorum Nominum , etc. Cet ouvrage fut imprimé à Bâle , l'an i535. Les Cnnciliationes Locorum Scripturœ furent imprimées à Nuremberg , la même année , et à Wittemberg , l'an i582. L'Epitorae de Gesner ne marque que ces deux éditions ; mais il est certain qu'elles avaient été précédées d'une autre , qui avait paru avant l'année i528(i).
(B) Nous examinerons un endroit des disputes de Grotius et d'André Jiit^et. ] La première pièce de cette partie de leur procès contient ces
avant le milieu du XVF. siècle (0 Hosploiam Hist Sacram, ;,«,/.//,;,«,..
ALTHAMERUS.
paroles (a) : Gaudeo D. Riuetum non accedere iis qui Jacobi Epislolam rejecerunt , quorum quidam hoc ampliiis dixére : n Menliris Jacobe in caput tuum ; » cVst-à-dire, a Je suis bien 5> aise que M. Rivet ne suive pas ceux » qui rejettent l'Epître de saint Jacj)ques, parmi lescjuels quelques-uns » ont dit de plus, Jacques, tu mens par i> ïaté'îe.)) Voici la secondepièce. Rivet demanda (3) , qui sont ceux qui ont parlé de la sorte? combien sont-ils ?
et i! ajouta qu'ayant cherche dans les e'crits des je'snites, et des autres controversistes, qui recueillent avidement de pareils faits , si Ton avait reprochéaux protestans un blasphème de cette nature, il n'avait rien découvert. La troisième pièce est que Grotius ne nomma personne , lorsqu'il re'pliqua à son adversaire (4) , qui l'avait somme' si expressément et si vivement. Ce silence fît conclure à André Rivet, que Grotius n'avait nul auteur à alléguer. Quôd nutic autores non indicel harum contumeliarum , dit-il (5) , ostendit se nullos habere. La quatrième pièce est que Grotius , l'épliqiianf tout de nouveau, cita les paroles d'André Althamérus : « Is , )) qui Jacobum accusavit mendacii , 3) fuit Andréas Althamérus (6j. Liber » editus est Argentorati , anno ciD » lOxxvu.Verba ejusinter caetera sunt :
}) f^uU nunc probaresuam sentenliam, V sed directe contra Scripturani agit.
» Non possunius hïc dejendere Jaco- ■» bum. Citât enim Scripturas Jalso ; )) et solus , Spiritui Sancto , Legi , ■» Prophelis , Cliristo , ytpnstoliique ■» omnibus, conlradicit. Testimonium 5) ipsius vanum est. Uni ipsi tesli non i) esse credendum, supra annntai^imus, )) prœsertlni cum quo ipse Spiritua I) Sanctus et tôt testes ueritatis dissen- 3) liant. Credendum multiiudini. Paui) lus mullà digniiis sanctiùsque rem j) tractât. Si .Airahamex operihus jus- » tijîcatus , habe.t quod glorietur, sed ■>i non apud Deuni ; quid enim dicit
(2) Grotii Animadvers. in Notas Riveti, pag. 1029 , loin. III Operura Kiveti.
(3) Biveli Kxamen Animadv. Grotii , pag. 1029, tom. III Operum ejus.
(4) Grotii Votum pro Pace Ecclesiasticâ , ibidem , png. 1054.
(5) Riveti Apologet. ibidem, pag. 1100.
(6) Grotii Discussio Apoloset. Kivrtiaiii , p. ^22 Opusculoruni Grotii , editionis Amsiplodaniensis , apud DIaeu , anno 1679 , in-Jvlio,
» Scriptura ? Credidit Abraham Deo^ )) fidelicet promissioni dii'inœ de se- 1) mine ; et reputatum, scilicet quia » credidit, illi ad justitiam. JYon quod )) exJiUi ititmolatione justificalum di- )) cit, rectè mentitus est in caput suuvi. ■» Quindecim enim annos anlè immolait tum IsaachumjustiJicatusfuilAbrai> ham , etiam nondiim nato Isaacho ; )» non ex circumcisione , neque filii n imniolatione, sed ex solâ fide. Dicit " eniin Scriptura , Credidit , etc. ut )) nihil habeat Jacobus ad quod rej'u- " giat. Nos Jidei magiurutn consli- » tuimus ; et jat. suis ip'^issimis wer- » bis scimus , nesn j'issi. quid sitjides. » Et in fine liiiri, ne igilur succenseas "» tiobis , lector, si duriiis et wehcmen- » tiiis calamo qnandbque in autorent » ini'ecti suvius. Meretur enim hoc » odiumet hanc spiritùs uehementiam, )) diinialiam perfectionem atque jusli- )) tiam. à nobis contendit, quam fidei.v La dernière pièce sera que Rivet , voyant enlin une citation formelle , répondit (7) qu'elle ne suffisait pas ^ que Grotius s'était servi du nombre pluriel; et qu'un ne fait pas plusieurs: unus non siint multi. 11 condamna les paroles d'Althamérus ; mais il se plaignit que Grotius n'eût pas déclaré que ce n'était pas un calviniste. Il prouve que c'était un luthérien ; et il lui attribue de s'être chargé aux conférences de Berne de parler pour le parti des papistes, et de soutenir le dogme de la présence réelle : Qui ciun in diputatione Bernensi (8), quam sequuta est Rcformatio anni i528, /ibcra eijacta esset dispuîandi copia, wolens passus est se à parte pontificid deligi , ut oratoris munere in suggcstu Jungeretur, camalenique Christi prœsentiam in cœnd dej'enderet. <( L'in- ;> jure qu'il fait à saint Jacques , con- » dut Rivet , ne nous touche nulle- )) ment. Toute l'ignominie en rejaillit ). sur les Y)apistes , et sur les luthé- )) riens , dont il a plaidé la cause. 3) Sur ces productions , il est aisé de juger : 1°. que Rivet s'engagea sans aucune nécessité dans un incident. Il pouvait laisser passer celte remarque de Grotius, sans faire nul préjudice à
(■;) Riveti Grotianœ Discnssionis AfaXl/iriç , pag. 1201 tomi III Operum ejus.
(8) Il .'e teil, sans le citer , des propres paroles fi'Hospinien, liistoria: S.icramenl.Tr., pari. II , pag. 84.
ALTHUSIUS. 465
sa cause; et il suffisait de lui deman- premières éditions , qu'il était de der le nom de ceux qui avaient eu y^ religion protestante ; qu'après 1 audace de traiter un apôtre SI itidi- S , ^^ „ >^>^«j^ic> gnement. a°. Qu'il se trompa lors- ^^^^ ^^^ professeur en droit à qu'il crut que son adversaire ne pou- Herborn , il eut à Brème la dirait nommer personne. 3°. Qu'à force gnité de syndic , et que les lésuide le presser, Use fit convaincre d'à- t^^ ^^ répondant à l'Anti-Covoir Ignore un point de fait dont la , -^ xiim vju connaissance pouvait faire honneur à ^^^ ' '^ mirent dans le catalogue sa lecture et à sa bibliolhétiue. 4° des protestaus qui ont mal parlé Qu'il se réfugia dans de petites chica- de la puissance royale (B). neries, qui ne servaient qu'à allonger
les disputes, et qu'à multiplier les (A) Quelques jurisconsultes... s'em-
accessoires inutiles. Il est sûr que, portent étrangement contre lui parce
dans l'usage ordinaire, l'on a droit qu'il donne la souveraineté des états
de dire, lorsqu'on sait ou'un écrivain aux peuples. ] Boeder soutient que le
a de'bite' quelque chose, qu'il y a des principe d'Althusius n'est propre qu'à
gens qui l'ont débitée- L'on n'est rompre tous les liens de la société ci-
obHgé à citer plus d'un témoin, que vile ; et que son ouvrage, bien loin de
lorsqu'on a dit que beaucoup de gens, mériter qu'on le recommande aux
que plusieurs personnes, la rappor- étudians, comme font plusieurs est
tent. Mais Grotius n'avait point parlé digne du feu : Omnes reges nihil aliud
ainsi; son expression était vague : esse quammagistratus... A\[.h.ws\o in-
quidani dixêre , il y en a qui ont dit , ter solennia cannina place t ; cuius
ou quelques-uns ont dit. Il se tirait Politica non tradit sanè , qui ciuitalis
pleinement d'affaire , quoique l'au- finis et félicitas et tranquitlilas obti-
teur qu'il citait ne fût pas calviniste, neri debeat , sed quibus viodis omne
mais luthérien ; et c'est vainement l'inculum societatis ac salutis ciuilis
que Rivet allègue ce qui se passa aux dissoif i ac ei'erti possit. Demai^ogica
conférences de Berne. Cela ne prouve appelles merito; et tamen , quia juris-
point qu' Althamérus fût papiste : on consulti nomen prœjert , et quœdam
en peut seulement conclure , qu'il subindè in ostentationem ejus scien-
était si opposé aux Zuingliens , sur tiœ jacit, commendari juventuti aca-
le chapitre de la réalité , qu'il ne fai- demicœ audimus librum orco dam-
sait point scrupule de la soutenir , nandum judicio eorum qui venena a
même en faveur du papisme. SiRivet cibis distinguere didicerunt (i). Voici
a été content de lui-même dans cette le jugement qu'en fait le docte Con-
partiede sa dispute, c'est une marque ringius : Fundamentuni. doctrince suce
que les controversistes ne discernent politicœ collocat in eo quod summa
guèrel'essentield'aveclespointilleries. Beip. cujusi^is jure sit pênes solum
populum : qui errer pestilens est et
ALTHUSIUS (Jean), iuris- ««'-^''«'^o or^^ «^''"f (^)- Un autre