‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 138 sur 158 · TOME r. 3o · texte numérisé non relu

TOME r. 3o

parlé de la puissance royale.] Voici les paroles de celui qui présenta à la reine mère une réponse apologétique à l'Anti-Coton : « Après Hotoman , dit-il )) (4), adjoustons les enseignemens et » propres paroles de Jean Arthusius » (5), docteur es droits, en sa Politi- 3) que méthodiquement digérée , im- » primée à Herborn , l'an i6o3 , au » chapitre des Ephores, où, pour ne )) rien dire du surplus , il escrit en- )) tre autres choses , qu'il est loisible » (l'oster le tyran de sa charge , le )> prii^er de l'administration qui lui a M esté commise , voire mesme le mettre 3) a mort, si autre remède ne se trouve, ■n et en substituer un autre a sa place. ^> Voici les propres termes d'Althusius (6) : Ejusmodi iyrannum ab ojfficio removere , administratione demandatd privare , imo etiain , si aliter contra uim se defendere non possunt , interficere , et alium in ejus locum substituere possunt.

(4'» Réponse Apologétique à l'Anli-Coton , pas. i85, i86.

(5) Il fallait dire , Althusius.^

(6/ Allhusii Politica melhodicè digesta , cap.

XI y.

ALTIÉRI. On a parlé de deux cardinaux de ce nom dans le Dictionnaire de Moréri. L'un mourut l'an i654; l'autre fut le pape Clément X. On eût pu joindre à ces deux-là le cardinal Altiéri , qui mourut à Rome le 29 de juin 1698.

ALTILIUS (Gabriel), natif du royaume de Naples , a fleuri vers la fin du XV'. siècle (a). Il se fit principalement estimer par ses vers latins , qui montrèrent qu'il cultivait la belle littérature , et qu'il lisait les anciens avec beaucoup de profit. Cela lui fut avantageux pour se pousser à la cour de Ferdinand , roi de Naples , laquelle se ressentait encore du bon goût qu'on avait acquis sous le roi Alphonse. Il fut choisi

ALTILIUS.

pour précepteur du jeune prince Ferdinand (A). Il paraît même qu'il fut employé à des affaires d'état , et qu'il accompagna Jo— vien Pontanus à Rome, pour une négociation de paix entre le roi Ferdinand et le pape Innocent VIII (6). Il eut beaucoup de part à l'amitié et à l'estime du même Pontanus : on en a des marques publiques dans les écrits de ce dernier fc). Sannazar ne lui a pas donné de moindres marques de son estime dans ses poésies {d) :

et ces deux-là ne sont pas les seuls qui l'aient loué (B). L'un des plus beaux poèmes de Gabriel Altilius est celui qu'il composa sur le mariage d'Isabelle d'Aragon (C). On ne croirait pas aisément que des vers latins l'eussent élevé à la prélature ; mais il est sûr qu'ils lui servirent beaucoup à obtenir l'évêché de Policastro. Quelques-uns ont trouvé mauvais que depuis cette élévation , il ait négligé les Muses , qui lui avaient été si utiles (D). Ils ont trouvé de l'ingratitude et de l'impudence (e) dans la manière précipitée dont il les abandonna:

et sa faute leur paraîtrait irréinissible, s'ils n'avaient égard aux excuses qu'il pouvait faire sur ce que l'épiscopat exigeait de lui qu'il s'appliquât promptement à l'étude des saintes lettres. Je tâcherai de rectifier ce qu'on a dit touchant le temps de sa mort [f).

On n'a inséré dans le recueil de

(rt) Et non pas du XIV^.

réi-i.

comme dit Mo-

{b) Pontanus , prœj". Tractatûs de MagnificL'Dtiâ.

(c) Il Jil l'épitaphe (TAllilius , et il lui dédia le ÏVaiïe de Magnificenliâ, f^oyez aussi son Dialogue ^gidius , pag. i47l-

{d) Eleg. A7, vers. XVII et Epigram. VU.

(e) Voyez ci-dessous le commencetnenl de la reinarijtie (Dj.

(y) Voyez la remarque (D) , à la fin.

ALTILIUS.

Gruterus et dans celui de Jean- Matthieu Toscan , que l'épitha— lame d'Isabelle d'Aragon (E). Il y a beaucoup d'apparence que la plupart des autres vers d'Atilius sont péris.

(A) Il fut choisi p'yur précepteur du jeune prince Ferdinand, ] C'est ce qu'a voulu dire Paul Jove, en se servant de cette expression, yiiniom Ferdinandi re^is(i): Ughelli s'en sert aussi (2).LeToppi est d'un autre sentiment:

Fu maestro, dit-il, di Rè Ferdinando I d'Aragona , e P^escoi'o di Policastro, nel \\-ji (3). Je crois qu'il se trompe. Ferdinand F'', mourut l'an i494t âge' de plus de soixante-dix ans : il e'tait donc né environ l'an 1424 j il faudrait donc qu'Altilius eût été son précepteur en^^ron l'an 144"' Le précepteur d'un ûls de roi n'est pas ordinairement fort jeune : il faut qu'il ait eu le temps de faire paraître son érudition : et , sans doute , le roi Alfonse , qui était savant , et environné de savans , n'aurait pas choisi Altilius, sans avoir examiné les preuves de sa noblesse littéraire. On peut donc supposer , qu'en 1 44» , Altilius aurait eu trente ans. Or, à peine étaitil né : il ne vécut qu'un peu plus de soixante ans ;4) > ^t il mourut l'an i5oi (5).

(B) Pontanus et Sannazar ne sont pas les seuls qui l'aient loué. ] Le Giraldi en parle très-avantageusement.

Basile Zanchius a fait plusieurs vers à la louange d' Altilius , qui se trouvent dans les Délices des poètes d'Italie. Jean-Matthieu Toscan dit beaucoup de bien de lui , tant en vers qu'en prose (6; j mais ceux qui voudront voir l'éloge de son esprit et de son cœur en même temps doivent lire Alexander ab Alexandro , qui a décrit assez amplement la manière dont lui et quelques autres furent régalés par Altilius, quand ils le furent féliciter de sa prélature (7). Il leur donna un souper plus conforme à son

(1) Pauli Jovii Elog. , cap. CXXV.

(2) Ughelli Italia sacra , lom. VII , p. 'ifi.

(3) Toppi , Bibliotheca Napoletana . pas. lOi.

(4) Jovius , in Elogiis , cap. CXXV.

(5) Voyez ci-dessous , citation Çj"^).

(6; /n'Peplo llaliae.

(■;) Alex, ab Alex. Génial. Dieram lib. V , rttp. I.

premier état qu'à la dignité episcopale dont il était alors revêtu : il n'avait pas encore répudié les Jluses, ses premières maîtresses (supposé qu'il les ait jamais répudiées) j ainsi l'entretien roula sur quelques vers de Martial , qui avaient été chantés par un jeune musicien.

j>^^} ■F^"' ^^^ P^^^ beaux poèmes d Altilius eu celui qu'il composa sur le mariage d Isabelle d'Aragon. '\Ç.' est par-la , et par ses élégies, qu'il acquit sa réputation : Usque adeo molUterac admirandè in elegis et heroïco carmine excelluit, sicuti ex Epiihalamio Isabellœ Aragomœ pcrspici potest ut Pontani atque Actu testimnnlo aritiquis i'atibus œquaretur (8;. Iules Scaliger a trouvé trop de profusion dans l'épithalame : voici le jugement qu'il en a fait : Gabriel Aliilius epithalamium cecinit longé optimum , excellentissimum verà futurum , si sibi ille temperdsset. Diim enim uult omnia dicere, ajflcit auditorem aliquandàfastidio tanto quanta in aliis ^oluptate.

Est enim nimius , quod uitium illi genti est peculiare. Est enim lotis illis Italiœ tractibus perpétua loque ndi famés (9). Cela n'est guère obligeant pour ceux de Naples (10).

(D) On lui a reproché d'ai^oir négligé les Muses, qui lui avaient été SI utiles. 2 On a de la peine à digérer qu'un évêque soit l'auteur de ce reproche , et qu'il l'ait exprimé en termes si durs : Is virtutis merito Poli, castri ( ea urbs olim Buxentum fuit ) antistes faclus , à Musis perquas pro~ fecerat, celeriter imipddesterque discessit , MAGNo herclè ingrati animi pu- CCLO , nisi ad spem non injustes ueniœ ob id cu/pa tegeretur, quàd ad sacras litteras nequaqu'am ordlnis oblitus tempestifè confugisset (ii)- Voyez sur cela les réflexions judicieuses de M. Baillet (laj.Ces quatre vers de Latomus ne sont pas mauvais :

Audiil Altilius desertis liansfuga Musis , In quarum labulis nobile nomen eral.

Sed quid pecca^il si detnereatur , ut olim Carminibus Phœbum, nunc pietate Deuin ?

(8 Jovius , Elogior. cap. CXXV.

(9) Jul. Cssar. Scalig. Poëtices lib. VI , p.

(10) f'oret la remarque (H) de l'article Alexandek ab Alexasdeo, vers lafin.

(11) Paul JoTius , Elogiorum ta/>- CYX'J''".

(12) Baillai, Jugem. sur les Poètes, lom. 1 , pag. i3S. Fojei aussi lom- III , pag- 82.

Altilius aurait été plus blâmable , si, après avoir obtenu la mitre à force de prêcher, il eût fait comme bien d'autres , qui ne prêchent plus dés qu'ils se voieat au rang d'évêque. Ils savent, qu'afin de conserver cette sorte de domination , il n'est pas besoin d'employer les mêmes expédiens dont on s'est servi pour y parvenir (i3).

Paul Jove n'a guère été plus heureux quant à la question de fait. Il prétend qu' Altilius ne fit plus de vers depuis son élévation à l'épiscopat, et que le plus beau de ses poèmes est i'Épithalame d'Isabelle d'Aragon (i4)- Je ne doute pas que cette Isabelle ne soit celle qui fut accordée le i ". de novembre i^"]^ avec Jean Galeas Sforce , duc de Milan. Je ne saurais donc me persuader qu'Altilius soit coupable de la désertion qu'on lui impute. Il devint évêque l'an 1471 :

le plus beau de ses poèmes fut com-

Épithalame, non pas au temps des fiançailles , mais au temps des noces d'Isabelle d'Aragon, c'est-à-dire, l'an 1489 (i5). Cela se prouve par les premiers vers :

Purpureos jam Icela sinus Tiihonia conjux Extiilerat, roseoque diem paLefeceral orlu, Cceriileum tremulo percurrens lumine pontum. Qui cupido sua vola viro desponsaque dudum Connubia, ovri.ros<ivs. locos et gaudia Jerret.

Par-là , nous convainquons d'une grosse faute l'abbé Ughelli , qui a dit qu'Altilius mourut dans son évêché de Policastro , l'an 1484 (16). On peut prouver qu'il ne mourut qu'environ l'an i5oi ; car Jovien Pontanus observe, en parlant de la nouvelle de sa mort, que Sannazar s'en allait en France avec le roi Frideric (17).

(E) On n'a insère dans les recueils de jGruterus et de J.-M. Toscan , que r Epithalame d'Isabelle d' Aragon. ] J'entends par le recueil de Gruterus l'ouvrage qu'on intitule Deliciœ CC.

Ilalorum PoëLarum , collectore Ra-

(i3) Salluste a dit que , Imperium facile iis arlibiis relinetur , quibus initio partiim est.

(i4)Jovius, Elogiorum cap. CXXV.

{iS) M. de la Monnaie m'a communiqué celle remarque.

(16) Uglielli Ital. Sacra, tom. VII, pag. 796.

(17) Jovian. Pontanus, in Dialogo cui tilulus jÉgidius, pag. 1471, i^^"]. M. delà Mounaie nCa indiqué cela.

IN G

niUio Ghero. Le recueil de Jean-Matthieu Toscan est intitulé , Carmina illustrium Poëtarum Ilalorum, Cet auteur dit dans son Péplum , qu'il n'a lu que I'Epithalame , et quelque peu d'épigrammes d'Altilius. Celui qui a procuré en 1689 ^^^ nouvelle édition des poésies latines de Sannazar (*) , et qui les a ornées de quelques notes, observe qu'il ne se souvient point d'avoir vu d'auti*es pièces imprimées d'Altilius, que I'Épithalame et une épigramme; d'où il infère qu'il s'en est perdu beaucoup, puisque Paul Jove parle des élégies de ce poète, et que Sannazar lui attribue des odes (i8^. Pour réparer en quelque façon cette perte , on nous a donné dans les notes sur Sannazar trois ou quatre pièces d'Altilius , qu'on avait en manuscrit *. Le Toppi fait mention de trois pièces d'Altilius, insérées ne'F'iorl délie Rime de' Poeti illuslri raccolll ed ordinali da Girolamo Ruscelli , stampati in f^enetia , nel 1 558, tn-8". (19). Ces trois pièces sont : Gabrielis uiltilii Lamenlatio , ejusdem Epilhalamium, ejusdem Elegia.

(*) C'est feu M. Broeckhusins. Rem. cru

(18) Notae in Sannaz , pag. 184.

* La Monnaie sur les Jugemens des Savans , n°. 1234, et Leclerc après lui , et Joly après euXj remarquent que ces pièces avaient paru cl la suite des poésies de Bazilius Zanchius , Baie, chei Oporin , i555, in-S°.

(ig) Toppi , Bibliotheca Napoletana , p. 102.

ALTING (Henri) , professeur en théologie à Heidelljerg et à Groningue , naquit à Embden , le l'j de février i583. Sa famille était dejDuis long-temps fort considérable dans la Frise. Dès le berceau , il fut destiné à une charge oii son père s'était signalé ; je veux dire au saint ministère (A). Pour cet effet , on l'envoya de fort bonne heure aux écoles ; et après qu'il eut fait à Groningue ses humanités et son cours de philosophie, on le fit aller en Allemagne , l'an 1602. Il s'arrêta trois ans à Herborn, et y fit de si grands progrès sous le célèbre Piscator, sous Matthias Mar-

ALT IN G. 469 tinius et sous Guillaume Zeppe- eut même l'honneur de parler rus , qu'il obtint la permission avec le roi Jacques. Les noces de d'enseigner la philosophie et la l'électeur et de la princesse d' Anthéologie. Il se préparait à voya- gleterre ayant été célébrées à ger en Suisse et en France , lors- Londres au mois de février 161 3 qu'il fut choisi pour être précep- (b) , Alting prit les devans avec teur de trois jeunes comtes (a]qai ses anciens disciples, et arriva à étudiaient à Sedan avec le prince Heidelberg le i*""". d'avril. Au électoral palatin. Il prit posses- mois d'août suivant, on lui donsion de cet emploi au commen- na la profession des lieux com— cernent de septembre i6o5. L'o- muns de théologie; et, comme il rage qui menaça le duc de Bouil- n'aurait pas pu présider à des Ion de la part de Henri IV, et qui disputes s'il n'eut été docteur en n'eut aucune suite, fut cause que théologie, il fallut qu'au mois le prince électoral sortit de Se— de novembre il reçût le doctorat dan avec ces autres jeunes sei- selon les cérémonies ordinaires, gneurs , en l'année 1606. Alting En i6i6 , on lui conféra une les suivit à Heidelberg , oiiilcon- charge qui n'était jîas peu pénitinua d'instruire les trois jeunes ble : ce fut la direction du sémicomtes. Il fut même admis à naire , s'il m'est permis d'appe- ■donner quelques leçons de géo- 1er ainsi le collège de la Sapiengraphie et d'histoire au prince ce , qui était à Heidelberg. On électoral , et il devint tout-à-fait voulait lui donner la profession son précepteur, l'an 1608. Ou en que la mort de Coppenius rendit peut trouver des preuves dans la vacante l'an 1618 : c'était la se— Bibliothèque Yaticane(B). Ill'ac- conde chaire dans la faculté de compagna à Sedan en cette qua- théologie ; mais il s'en excusa , et lité, et il l'instruisit d'une si bon- fit qu'elle fût donnée à Sculteti ne manière, que ce jeune prince, Il donna des preuves éclatantes après son retour à Heidelberg , de son savoir dans le synode de en 161 o , étant interrogé sur tous Dordrecht , ou il fut envoyé avec les points de la religion devant le deux autres députés du Palati— duc de Deux-Ponts, administra— nat (c). Ce fut alors que l'acadéteur de l'électorat , et devant plu- mie de Leide fut réhabilitée par sieurs autres personnes d'impor- rapport au doctorat qu'elle avait tance , répondit fort pertinem- laissé éteindre. Alting y créa soment , et en latin. Il fut l'une lennellement licencié en théolodes personnes d'élite qui accom- gie le professeur Jean Polyander, pagnèrent en Angleterre le jeune qui ensuite reçut de Scultet le électeur, l'an 161 2. Il y acquit la caractère de docteur, et se vit connaissance de George Abbot , par-là revêtu de l'autorité rearchevêque de Cantorbéri ; celle quise pour conférer le doctorat à de King , évêque de Londres ; et , „

Il 1 1 . TT 11 ' {") Koni" ne lui donne pas un temps con-

celle du docteur Hacquell , pre- ^enablc,en disant, yi^a anno i6i3 : « n'é- Cepteur du prince de Galles. Il tait point encore son état le plus florissant.

(c) Abraham Scultet , et Paul Tossan. Ce

{d] Le comte de Nassau , le comte de Solms dernier fut député du sénat ecclésiusiique y el le comte d'Isenberg. les deux autres, de l'académie.

ses collègues. Alting conçut sans doute bien des espérances peu après son retour à Heidelberg. Les troubles de Bohème valurent une couronne à l'électeur palatin ; mais ces beaux commencemens furent suivis d'une affreuse ruine. Tilli prit d'assaut Heidelberg au mois de septembre 1622, et y laissa commettre tous les désordres qu'on se peut imaginer (C). Alting, échappé comme par miracle à la fureur du soldat (D) , alla trouver sa famille qu'il avait envoyée depuis quelque temps à Heilbron. Il la rejoignit à Schorndorf , et eut de la peine à y pouvoir séjourner durant quelques mois : les ministres luthériens exerçaient contre lui le dogme de l'intolérance (E). Il se retira avec sa famille à Embden , l'an 167.3, et fut d'abord saluer le roi de Bohème à la Haie. Ce prince le retint auprès de lui pour l'instruction de son fils aîné (d) , et ne voulut point consentir qu'il s'engageât à servir l'église d'Embden , qui le demandait pour ministre , ni l'académie de Franeker , qui , en 1625, lui offrit la place de professeur en théologie , que la mort de Sibrant Lubbert avait fait vaquer.

Ce prince consentit avec peine , l'année suivante , qu'il acceptât une profession en théologie à Groningue. Alting en prit possession le 16 de juin 1627 , et ne la quitta qu'avec la vie. Il est vrai qu'il était parfaitement résolu, en i633 , de changer Groningue contre Leide ; mais il s'était réservé cette condition , que les états de Groningue y consen-

{d) Qui périt sur la mer de Hacrlem , le 7 de /finfier 1629,

IN G

tiraient ; or , c'est ce qu'ils ne firent pas. Il est vrai encore qu'il avait prêté l'oreille aux propositions que le prince Louis Philippe (e) lui fit faire en i634, de venir rétablir l'académie d'Heidelberg et les églises du Palatinat ; et qu'il s'était déjà avancé jusqu'à Francfort , au travers de mille périls ; mais la bataille de Norlingen , gagnée par les Impériaux , fit évanouir cette entreprise. Il fallut qu'il s'en retournât à Groningue par des chemins détournés. Il ne paraît dans son histoire aucune autre envie de transmigration. Les dernières années de sa vie furent un temps très-fâcheux ; les chagrins et les maladies le persécutèrent cruellement. Il eut tant de regret de la mort de sa fille aînée, en i63g, qu'il en tomba dans une opiniâtre mélancolie qui lui causa une fièvre quarte , dont il ne guérit qu'avec mille peines , et encore n'en guérit-il qu'imparfaitement; car les restes de la maladie dégénérèrent l'an 164 1 , en une fâcheuse léthargie.

Cent combats livrés par les médecins à ce mal l'avaient à peine chassé , qu'il survint une affliction domestique qui ramena plus que jamais l'infirmité corporelle.

Altingperdit sa femme l'an i643, et en conçut tant de chagrin , qu'il ne fut plus capable de surmonter la mélancolie. Il ne fit presque, depuis cette solitude jusqu'au jour de sa mort , que passer d'infirmité en infirmité.

Il mourut chrétiennement et dé-

Ce) // e'tait adminisiraleur du Palatinal , et il offrit en i633 à Alting une place de professeur en théologie, et de sénateur ecclésiastique.

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