‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 144 sur 158 · OISE · texte numérisé non relu

OISE

OEuures de cet Abajelard, ayants été imprimez , ils auraient passé par l'indice expurgatnire de Rome , je crois quelajaulte n'en doïht tant eslre imputée a l'auteur qu'à celui qui aurait fait la préface ; en laquelle , au lieu d'auertir le lecteur d'eslre snbre en la lecture de tels et tels passages d'AbajelaFlD , il se serait ingéré de le uou~ loir deffendre : et de là le désordre. C'est ainsi que parle l'auteur des Anti-

3uités de Melun , avocat au parlement e Paris (9). On ne peut pas dire dans la bonne exactitude qu'il ait fait la Vie de Pierre Abélard (10) : il n'a donné qu'un court l'écit des principales aventures de ce personnage. Ce récit contient un assez bon nombre d'erreurs : ce n'est pas ici le lieu de les critiquer ; mais, sans sortir du véritable sujet de cette remarque , je puis fort bien dire que François d'Amboise n'a pas procuré à Pierre Abélard toute la gloire qu'il croyait lui procurer par l'édition de ses OEuvres. Le public n'a point trouvé dans les écrits de cet auteur cette grande subtilité , cette grande force qui le rendirent si célèbre durant sa vie. Ecoutons encore une fois Sébastien Roulliard :

Quant aux escripts de cet Abajelard , dit-il (i 1) , certainement ils ne m'ont semblé remplir fa capacité ni correspondre à la grandeur des titres et éloges h lui donnez par tant d'insignes autheurs. Et parlant me suis-je persuadé que l'excellence de cet homme gisait en un esprit prœsent, en un discours facond et f'œcond, et en la force d'un génie philosophique qui le rendait redoutable et invincible en toutes sortes de disputes. Comme on ha ueu de nos jours deux ou trois personnages avoir aquis grande estime par aucunes de ces perfections ; et néanmoins ce qu'ils ont fait imprimer de leurs escripts s'est trouvé beaucoup inférieur à ce que chascun en aurait attendu.

(D) // a mis une préface apologétique aux OEuvres d' Abélard de l'édition de l'an 1616. ] La commodité des cliillres a ses incommodités. Lesimpri-

(9) Sebast. Roulliard,;)»^. 35o. Son livre fut imprimu à Paris, Van 1628, in-!\''.

(10) On le dit pourtant dans le Calalugiis Aulorura Calalogoium, etc. de M. Tei.'sier , p.

(11} liist. de Melun, png. 318.

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meurs y font mille fautes que les correcteurs n'aperçoivent pas , et cela multiplie furieusement les êtres sans nécessite. Nous en avons ici un exemj)le. Quelques-uns mettent cette ëdi- «iition d'Abélard en Tannée 1606(12), L't quelques autres en Tan 1626 (i3).

Ne doutez point que cela ne fasse dire à plusieurs auteurs , que les OEuvres d'Abëlard ont ëtë imprimées trois fois dans l'espace de vingt ans; et comme quelques-uns'disent qu'on les imprima in-folio l'an 1616 (i4) , c'est un nouveau moyen de multiplier les éditions sans nécessité.

(E) // a publié une préface sur V Histoire de Grégoire de Tours. ] Je ne doute point que ce ne soit celle dont M. l'abbé de Marolles a parlé ainsi (i5) : Son Histoire des François (il s'agit de Grégoire de Tours) , qui est le plus beau de ses ouurages , fut autrefois traduite par Claude Bonnet , gentilhomme du Dauphiné (16), qui se qualifiait docteur en droit cit'il et canon , sur laquelle M. Hcmery d' Amboise, maistre des requestes , a fait une assez longue Préface adressée à madame Henriette de Balzac , marquise de f^erneuil j et fut imprimée à Paris , in-8°. , chez Claude de la Tour , en 1610 ^.

(F) J'ai une addition a donner touchant l'édition des OEwres de Pierre Abélard , ordinairement attribuée h notre F. d'Amboise. ] Cette remarque n'est point de mon crû , et je la donne dans les propres termes de celui qui me l'a fournie (17). « Il y a des exem- )) plaires des OEuvres d'Abélard qui >j portent à la tête le nom de M. d'Am- » boise ^ mais on en trouve d'autres « où l'onvoit celui d'André duChesne ,

(12) Launoius , Hist. Gymnasii ÎS'avarra; , p.

(i3) Le P. Oudin , Supplemenli de Script. Ecclesiast. , pag. l^\'i.

(i4) Spiielius, Specim. Bibliolli. univers Konig. Bibl. vet. et nova; Christoph. Hendreicli , dans les premières Jeuilles de Pandectar. Bran- Jenburg.

(lâ) Préface sur Grégoire de Tours.

(16) Il n'est point dans la Bibliotbéqae de Dauphiaé du sieur Allard. [ Chalvet , qui a donne' en 1797 une nouvelle édition de ceUe Bibliothèque, n^a consacré que deux lignes à ce Bonnet. ]

Réimprimé , dit Leclerc , sous le titre de Traité ou Discours sur l'Histoire Sacrée de saint Grégoire , 1614.

(17) Mémoire manuscrit, communiqué par M. Laocelot , l'un des sous-bibliothécaires de la bibliothèque Mazarine h Paris.

avec ce titre : Pétri Abœlardi, Sancti Gildasii in Brittannid Abbatis, et Hclo'issœ conjuqis ejus , quœ postmnduTu prima Cœnobii Paruclitensis Abbatissa fuit, opéra, nunc priiniim eruta ex MM^\ Codd et in lucern édita studio ac diligentid Andreœ Quercetani , Tiirone/isis. Parisiis , Nic.Bunn, 1616, in-^°. Il ya beaucoup d'apparence que c'est véritablement à ce célèbre Tourangeau que nous devons cette édition. Dans Fabrégé du privilège qui est au commencement de l'exemplaire qui porte le nom de du Chesne , on n'a pas manqué d'y dire que ces OEuvres étaient imprimées par les soins d'André du Chesne, édita studio Andreœ Quercetani; au lieu que dans l'exemplaire qui a le nom d'Amboise , le privilège ne dit pas un mot de celui qui a pris soin de recueillir ces OEuvres. Ainsi , s'il était permis de conjecturer, on pourrait croire que par quelcjue motif secret et qu'on n'a pas jugé à propos de transmettre à la postérité, du Chesne aurait cédé la gloire de son ouvrage à M. d'Amboise , qui était alors en état de re- ' connaître un sacrifice de cette nature. Quoi qu'il en soit , les deux exemplaires de du Chesne et d'Amboise que j'ai vus ne sont pas semblables en tout : par exemple , celui de du Chesne commence par une épître dédicatoire adressée à M. Benjamin de Brichanteau , évêque de Laon , et abbé de Sainte -Geneviève.

Cette épître manque dans la prétendue édition de M. d'Amboise, aussibien que la Préface que du Chesne ajouta , où , après avoir dit en général qui étaient Abélard et Héloïse, il rend compte de ce qu'il a fait pour rendre l'édition de ce célèbre dialecticien la meilleure qu'il a pu : il parle honorablement de tous ceux qui l'ont aidé de leurs manuscrits , et avoue devoir à M. d'Amboise les lettres et quelques autres petites pièces. Après cette préface , suivent les Tcstimnnia f^eterum de Abœlardo et Helo'issd, qui manquent aussi dans l'exemplaire de M d'Amboise. De son côté , l'édition de ce conseiller d'état a une préface apologétique pour Abélard , qui mantjue dans l'édition de du Chesue. Pour le reste, tout est semblable , et ces deux

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V exemplaires se repondent page pour » page. Il ne sera peut-être pas iuufile >} d'avertir le public de ce double ti- )> tre , de peur qu'un jour il ne soit » cause qu'on augmente encore le « nombre des éditions d'Abélard , » comme on l'a déjà remarqué *. »

* r> Il n'j a peut-être , dit Jolr , aucun fait » littéraire plus difficile à débrouiller que ce- " lui-ci — J'avoue que je ne comprends pas " pourquoi une partie des exemplaires porte le » nom d'Amboise, et l'autre celui de du Chesne. >' Peut-être chacun d'eux se persuadait-il que » TAbélarJ i'errait le jour sous son nom seul,*., » L'e'dition étant prête h paraître , ils ne purent •• apparemment s^ accorder ; et^ au lieu de con- » fenir qu'elle porterait le nom de l'un et de »• l'autre » ils convinrent mal à propos qu'une » partie des exemplaires porterait le nom d^Am- » boise, et l'autre celui de du Chesne. »

AMBOISE (Adrien d') , frère puîné du précédent , ne s'avança pas moins que lui , puisqu'il parvint jusqu'à la prélature. Il «ut part comme lui aux libéralités de Charles IX , qui l'entretint assez long-temps au collège de Navarre. Il trouva la même grâce auprès du roi Henri III.

11 était de la maison de Navarre (a), lorsqu'en iS^g on l'élut recteur de l'université de Paris.

Pendant son rectorat , l'université demanda au roi la confirmation de ses privilèges , et il porta la parole , suivi d'un grand nombre de docteurs. Il reçut ses licences en théologie l'an i552 , et fut préconisé en cette rencontre par Michel Thiriot , qui , entre autres louanges , lui donna celle d'être sorti d'une très-noble famille (A). Il était prédicateur et aumônier du roi , et grand maître du collège de Navarre {b) , lorsqu'en 1694 l'université de Paris prêta serment de fidélité à Henri -le -Grand. Environ ce lemps-là, il obtint la cure de

(a^SociusNavarricus. Launoius, Historiœ Gy"iiia5'> Navarrœ pag . 36o.

\b) Ibid. , pag. 371 , 373.

St. -André à Paris ; et enfin , eu l'année i6o4 , on le fit évêque de Treguier. Il mourut le 28 de juillet 1616, et fut enterré dans sa cathédrale , oii son épithaphe lui donne de grands éloges (B).

Je ne sache point qu'il ait composé d'autres écrits qu'une tragédie française , intitulée Holoferne * , qui fut imprimée l'an i58o (c).

* La Bibliothèque des Théâtres (par Maltpoin ou Maupoint , l jSS , (n-8°., attribue à Adrien les ]Napoli(aiuKs , comédie qui est de François , ainsi que le remarque Joly.

(c) Launoii Hist. Gymnas. Wavarr. , pag-

(A) Thiriot lui a Jonnéla louange d'être soiti d'une très-noble famille.']. Néanmoins cet auteur fait expressément mention de la chirurgie du père dans cet éloge du fils. J'emprunte de M. de Launoi ce néantnoins ; car voici comme il parle : » Attanien Thiriotus ait •» Hadi'ianurafundatissimâetnobilissi- » simâ satum esse familiil. His enini ■» yerbis utitur : Franciscus primùm )) in duorum inferiorum Navarrae so- » dalitiorum disciplinamieceptusest, M et Caroli IX liberalitate ad rhetori- )) cas ac philosophicas institutiones 3) eruditus. Deindè , humaniores litte- » ras ibidem docuit, etc. (i). » Un très-bon moyen de tirer d'affaire ces deux auteurs serait de dire que nobilissimafamilia ne signifie point ce que les Français appellent /àmt//eIrè5-/ioble , famille de gentilhomme ; car si Thiriot avait ainsi entendu son latin, il eût parlé peu exactement : la chirurgie n'est point en France la profession d'un gentilhomme. Si M. de Launoi avait pris la chose en ce même sens il eût apporté des preuves sans nécessité, et ses preuves n'auraient eu aucune force. Il n'est pas nécessaire de prouver que l'on a donné la qualité de gentilhomme à quelqu'un lorsqu'en propres termes on a dit qu'il est né d'une famille très-noble, au sens que les Français entendeiit ce mot ; et si , pour prouver un fait de cette évidence on alléguait la qna-

(i) Launoius, Hist. Gyranasil Navarr. , pag. 7(19, 800.

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lité tie boursier et celle de régent de qu'il ne faudrait pas nier absolument seconde , que ce quelqu'un aurait eue que quelque branche de l'illustre maidans le collège de Navarre , il est sûr

qu'on ne songerait pas à ce qu'on di- °»>'é Hu nom , qu'elle est une branche de l'illus- •t n -Il ,1„ „kl„-,.„ »,« '"'^ maison J'Amboise ; mais on peut assurer

rait. Pareilles preuves ne noblesse ne très-po,iiivemcnt

furent jamais de mise. 11 pourrait 1°. Que Jein d'Amboise, pire de François

donc être que non-seulement Michel d'Amboise, était nalif de la ville de Douai en

Thiriot, mais aussi M. de Launoi , ont Flandre; qu'.l f,,i .ucces.ivemen. chirurgien des

,,. .. ... f ro'5 rrançois l^r. Fienri II , Franroi- ll,Cbar-

\MlsnobltSSimaJamilia, pour une ta- les IX et Henri m ; qu'il tul naturalisé par

mille considérable et qui faisait belle lettres du ag de janvier de l'an i,îfi6, en qualité

figure, et non pas pour une famille de f,'°",'''= ,^«'^' de ch.-imbre et chirurgien .i,, roi

" •-.' ^-. ' . .. „ Charle- lA ; qu il mourut le i3 de décembre de

l'an i584, et qu'il fut enterré dans l'église de Saint-Gervais , à Paris, avec Marie Fromager, sa femme, fille de Jean Fromager, aussi chirurgien juté au châtelctde Paris, et chirurgien du roi.

°. Que François d'Amboise, fils de Jean, de la Chartre-sur-Loire , et seigneur et de Vezeul en Toiiraine, etc.; conpuis préi^ident au parlement de Bretagne; avocat général au grand conseil l'on i58G; maîlrc des requêtes en 1697 ; et conseiller au conseil privé, et eniin conseiller d'état en i6o4; qu'il épousa le i5 de janvier 151)4 Marguerite Cousinel, Clle d'un notaire de la ville de Meaux, vivante encore l'an i6'i^ ; qu'au mois de juillet de l'an 1S89 , le roi Henri III le créa cbevalier, en considération des services que son père avait rendus à quatre des prédécesseurs de ce prince: et voici la copie de ces lettres de cbevalerle.

Lettres de chevalerie , donnr'es par le roi Henri III , an mois de juillet i58[) , à François d'Amboise , président au parlement de Bretagne.

" Henri, par la grâce de Dieu roi de France - et de Pologne, à tons présens et à venir, " salut. Comme il soit chose honnestt- et raison- >' nable que les personnes ornées et décorées de >• vertus soient élevées en titre et degré d'hon- " ncur convenable à leur môvile , afin de donner » courage et désir aux autres de parvenir par •> vertu à telle ou plus grande dignité ou su- >■ blimalion ; savoir faisons que nous, dûment ' acertenés des notables, louables , et vertueuses » œuvres, actions et coraportemens de notre cher « et bien araé M. François d'Amboise , sieur de » Vezeul, notre conseiller et avocat général en i> notre grand eon-eil, et président au parlement " de Bretaigne , remémorant les services que feu •• son père a faits aux quatre rois , nos predéces- » seurs , et à nous, et considérant les grands , >' agréables et fidèles services que le lit d'Am- » boise nous a faits , tant en plusieurs charges » et commissions qu'il a eues en celui notre » royaume, et voyage qu'il a fait lors de notre " élection en Pologne , qu'en l'exercice de ses » doux états en ileux de nos cours souveraines , •> et lesquels services ledit d'Amboise continue •• ordinairement près et alentour oc notre per- »' sonne en plusieurs et maintes manières , et >' tvpérans que de bien en mieux il fera le temps » à venir, voulant aneuiicment l'en récompenser » et extoller au litre et degré d'honneur , comme »' sesdites vertus et oauvres le méritent , afin qu à, " son exemple, tant sa postérité que les autres - personnes d'honneur et vertu soient induites a. » faire le semblable , à nous cl celle couronne; •• icelui pour ces causes et autres a ce nous mou- " vans, avons fait et créé chevalier, et du titre >• d'icelui décoré et décorons en présence ne > plusieurs princes et ^îcigneurs de notre san-- ,

gentilhomme. C'est à quoi il faut pren dre garde dans les éloges latins des hommes de lettres : on se tromperait si l'on prenait pour des gentilshommes tous ceux dont on dit iiobiU ioco , nobili génère , nobili prosapiâ oriundi fut baron *'. Je saisbien que François d'Amboise ^g||fg™*" se qualifie ëcuyer dans l'édition d'Abélard 5 mais cela prouve tout au plus (jue son père ou lui avaient été anoblis, et nullement que son père eût été chirurgien et gentilhomme tout ensemble. 11 me vient une pensée que je donnerai pour ce qu'elle me coûte : c'est que peut-être les prédécesseurs de François d'Amboise ayant dérogé , il obtint la réhabilitation de sa famille. Que sait-on même si, du côté gauche, il ne descendait pas de l'illustre maison d'Amboise ^'^ ? C'est ce qui paraît le plus vraisemblable; car il raconte qu'il alla au couvent du Paraclet pour y ramasser tout ce qu'il pourrait des OEuvres de Pierre Abélai'd , et qu'il y fut très-bien reçu par l'abbesse , Marie de la Rochefoucaut sa parente, donl l'aïeule paternelle , dit-il , Anloiiiette d'ylniboi'se , J'cninie du seigneur de Barbesieux , chei'aHer de l'ordre, était Jille unique de Guy d' Arnboise , et petite-Jille et héritière de Charles, seigneur de Chaumont , r.iaréchal de France : de sorte qu'elle recueillit toute la succession de celte très-ancienne famille, et qu'elle trans- |)orta les biens de la branche aînée dans la maison de la Rochefoucaut :

Totnm l'eluslissimam familiam crenit et primogenita KosxR.i. ad Rupifocaldos iranslulii (2). C'est une chose assez singulière que le fils d'un chirurgien de Charles IX ait parlé ainsi (*). Notez

*' Chevalier , et non e'cuyer , dit Jolr.

*^ Cette conjecture de Bayle semble probable àJoly^ mali^re l'avis du ge'ne'alogiste d^f/ozier.

(ï) Franc. Ambocsius , Pra:falione Apologet. in Opéra Aba?lardi.

(*) La poslérilé de cet homme supivise préseutrment , mais trcs-raussemciit, sur la confcr-

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son d'Amhoise ne soit demeurée ou chirurgien de Charles ÏX était peutne soit tombée dans l'obscurité. Le être de cette branche.

" et antres grands et notables personnages étant " près de nous ; pour par lui jouir et doresnc- " vant user dudit titre de chevalier, en tous " droits de noblesse , honneurs , autorités , pri- '■ viléges , exemptions , prérogatives et préénii- '• nences en toutes et honorables assemblées , » tant en jugement qu'ailleurs, ou besoin sera, " comme au semblable ont accoutumé d'user les " autres clievaliers créés , tant de notre main » que de nos prédécesseurs rois. Si donnons en • mandement à nos amez et féaux les gens tenans »» nos cours de parlement , bailtifs , sénéciiaux, » prévôts , juges ou leurs lieutenans , et à tous « nos amés , justiciers , officiers et sujets , cha- « cun en droit soi , si comme il appartiendra , " que ledit d'Amboise ils fassent , souffrent et »• laissent jouir et user pleinement et paisiblei> ment desdits droits de chevalerie , honneurs , » prérogatives, privilèges, franchises et libertés '> qui y appartiennent ainsi que dessus est dit , et >• qu'en tel cas est accoutumé. Car tel et notre » plaisir. Et afin que notre présent don et octroi » soit et demeure à jamais valable à la décora- '• tion dudit d'Amboise et de ses successeurs , et •■ qu'il en soit mémoire perpétuelle, nous avons >■ fait mettre notre fcel à ces présentes. Donné à ■■ Ponloise, au mois de juillet l'an de grâce iSSg, >• et de notre règne le seizième. Signé Henri , » et sur le repli , par le roi , Potier , et à costé " est écrit , visa conlentor. signé Combauo , et » scellé du grand sceau de cire verte en lacs ■• de soie verte et rouge. "

3°. Qu'Antoine d'Amboise , son fils , baron d'Hémeri, etc , épousa le 20 d'octobre de l'an i632 Anne de la Hilière , fîUe de Jean Gabriel de la Hilière , gouverneur d'Amboise , et de Louise du Gast; et qu'après avoir été lieutenant de l'artillerie en i634 , puis mestre de camp du régiment de Touraine , et gouverneur de la ville et citadelle de Trin en Piedmont, il mourut lieutenant-général des armées du roi.

4°. Que Charles-Joles d'Amboise , son Cls, aussi mestre de camp du régiment de Touraine,

(B) Son épitaphe lui donne de grands éloi^es. ] je ne crois pas que l'on soit fâché de la voir ici. Je la copie sur M. de Launoi :

j4mboesi , paler erudilionum , Argivd et Lalid madens Minerfd, Paulind in Calhedrd diserte prceco , Idemque hcereseos severe censor , Priscorwn nova nonna Episcoporuin , AnUstes pie , pauperum palrone, Cuslos virginiiatii alque ainator , Tu quocimqu'e ieris, sequeiis agnum.

que celui qui reste aujourd'hui le seul de la postérité de François d'Amboise , usurpe les armes pleines de cette puissante maison.

Lorsque feu M Bayle commença à travaillera son Dictionnaire Historique , s'il m'avait consulté , il aurait traité plus exactement et plus sûrement qu'il ne 1 a fait beaucoup de faits généalogiques qu'il a av;;ncésdans son ouvrage, et qu'on n'a pas recliliés depuis , et qui resteront contre la vérité dans toutes les éditions que l'on fera de cet excellent livre. [ Tire d^un Mémoire communique'par M. d'Hozier, en l'jiB. ] Rem. crit.

AMBOISE (Jacques d'), frère cadet du précédent , s'attacha à la profession de son père , et il devint très -habile ; mais après qu'il eut assez fait connaître sa capacité dans la chirurgie , il monta plus haut de quelques degrés : il devint docteur en médecine (A). Cette promotion se fit entre l'an 1682 et l'an 1697 ; car

épousa le 22 septembre de l'an lôra Charlotte PineaU témOlgUe danS UU llVrC du Gast , sa cousine. --

Et 5°. que de ce mariage est sorti Giles-An- TOINE d'Amboisf , vivant et demeurant dans la ville d'Amboise en Touraine, ou il épousa le l'J de janvier 1700 Paule Guichard , fille du maire de ladite ville, de laquelle il a un fils et deux lilles , vivans en 1716.

composé en 'Sgy touchant les marques de virginité , qu'alors Jacques d'Amboise était docteur en médecine ; mais qu'il n'était On .suppose dans un petit livre, intitulé /n- ^.^q maître ès-arts et bachcHer

dex fuiiereus Chirurgorum Parisiensium ab J- . , ,

.irmo iBiSfliidiuiKm 1714, imprimé à Trévoux, en chiTurgie , lorsqu avec Deau-

coup de dextérité , et en présence de plusieurs grands maîtres , il fit la dissection d'une femme qui avait été pendue l'an 1^79, pour avoir tué son fruit (a). î^ious savons d'ailleurs qu'il n'était encore que chirurgien , l'an 1682 (b), et qu'il était licencié en mé-

{n) Vnyez ci-dessoiis la remarque (A).

[b] Mich. Tliirioli Laudat. Hadr. Amliocsii , l532, apud Launoium , Hisloiiie Gyuinasii J^avantc pag. 799.

chez Estienne Ganeaii , en I7i4i ui-12 , que .François, Adrien et Jacques d'Amboise (*') fils de Jean , étaient sortis de l'illustre maison d'Amboise (*^) ; et c'est sur celte fausse supposition ,

{" ) Jacqties d'Amboise , frère de François, vpousa Marie Longis , fille de Joseph Longis, procureur au Parlement , mourut le 5 d'août i6o5 , et fut enterre' dans le cimetière de Saint- Nicolas-des-Champs a Paris. 1 1 fut père d^ Anne d\-imboise, fille unique , mariée avec David de Mondeiir, gouverneur de la Fère en Picardie, puis lieutenant au gouvernement de J'^erdun.

C^) M. JoANNNES d'Amboise , paler, Castellelli Chirurgus Regius , ex Nobdis.'imd Amhoesianorum gente oriundus , 1res kabuttfilios, in suo quisque statu percelebres — Franciscus, .<ci7i(e£, Adriaxus , et Jacobus. Index fiintreus Chiturgovum Paiisiensium , p. 22 , 3o, 22 , etc.

AMBOISE. 493

deciiie et médecin du roi , l'an tju'avec le grand nombre de ses 1 594 , lorsqu'il fut élu recteur

de l'université de Paris (c). Le serment que cette université prêta à Henri-le-Grand, et le procès qu'elle intenta aux jésuites , tombent sous ce rectorat. Ou a deux Harangues latines que Jacques d'Amboise prononça au parlement , en qualité de recteur , le 12 de mai et le 1 3 de juillet iSg^ : elles sont sanglantes contre les jésuites. Il avait été membre du collège de Navarre , avant que d'être recteur {d).

{c\ Launoii Historia Gymnasii Navarrae , pag. 368. Voyez aussi ^'Apologie pour J. Cbastel , pag. ig!\.

\d) Launoius , ibid.

(A) Il i' attacha a la chirurgie, où il dei'int fort habile , et devint docteur en médecine.^ Cela paraît par ces deux passages : l'un est de Thiriot ( i ) : IValu minimus paternam, hoc est ulceribus medendi artemamplexatus , niultis salutarem manum felicissimè prœbet ; et Tautre de Pineau : Jacobus ylnibosianus in artibus magister et in chirurgid baccalaureus {nunc autem in utrdque medicind doctor et medicus regius ) (2). M. de Launoi entend parlà le chirurgien de Charles IX , et se trompe.

(1) Àpud Launoium, Hist. Gymnas. Navarr.,

(2) Pinaas , de Virginit. N'otis , Ub. Il , cap.

AMBOISE (Michel d' ), écuyer

poésies, il ne soit tombé dans les ténèbres de l'oubli. Il ne paraît pas plus que François d'Amboise dans le vaste Recueil de M. Baillet : cependant il y a quelque apparence qu'il espéra que le titre de ses ouvrages entretiendrait long-temps la curiosité des lecteurs. L'un de ses livres , intitulé les Epistres vénériennes , Fanta' s l'es , Complaintes, Épilayhes , trente-quatre Rondeaux et trois Ballades , fut imprimé à Paris en i556. Un autre s'appelle Le Blason de la de/it {b). Les Contre- Epistres (ï Ovide (c), c'est-à-dire, les lettres qu'il composa pour réponse à celles que les béroïnes d'Ovide écrivirent à leurs maris ou à leurs galans , semblaient devoir être un grand attrait ; et néanmoins elles ont subi la destinée des autres poésies de Michel d'Amboise. On ne sait plus ce que c'est. Il se mêla de traduire : il miit en vers français IV satires de Juvénal {d) ; le X". livre des Métamorphoses d'Ovide , les Églogues de Baptiste Mantouan (e) , et le Traité italien d'Antonio Phileremo Fregoso, intitulé Ris de Démocrite et Pleur d'Heraclite (y). Il a écrit en vers héroïques la Défloration de la mort de mes s ire Guillaume du Bellai^

et seigneur de Chevillon *, vivait seigneur de Langey (g) ; et en

prose, le Guidon des gens de

au X\ P. siècle. Il se donna dans ses ouvrages un nom de guerre , ou plutôt un nom poétique (a) , qui ne leur a point servi de grand relief, et qui n'a pas empêché

* Chaufepié , qui a consacré un petit article à Michel d' Imboise , a pris tout ce qu'il en dit de Nicéron. H présume que M. d'Amboise ,/rère naturel de Georges, né en i5ot), Tnourut en 154".

(a) L'Esclave fortuoé.

guerre [h), \oyez la Bibliothèque de du Verdier Vau-Privas.

(i) Imprimé à Lyon , en 1 53^.

(ci Imprimées à Paris , en i5il.

(d) Imprimées à Paris , en iS^S.

(e) Imprimées à Paris, en l53o.

(y") Impr. à Paris , en iS^J-

(^) Impr. à Paris , en i5^3. La Croix du Maine, BiUiolhéque Française, pag.

{h} Imprimé à Paris , en 1 5!^3.

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