‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 152 sur 158 · AMMIEN-MARCELLIN · texte numérisé non relu

AMMIEN-MARCELLIN

Voyez Marcellix.

AMMONIUS. Plusieurs écrivains ont porté ce nom. Athénée cite deux ouvrages de très-différente nature , composés par un auteur qu'il appelle Ammomus.

L'un traite des autels et des sacrifices (a) ; l'autre traite des courtisanes d'Athènes (A). Il ne dit point jîositivement que ces deux livres soient du même Amraonius ; mais d'autre côté il ne dit rien qui insinue le contraire ; et quant au reste il ne touche rien ni sur la patrie ni sur le siècle de cet auteur. On sait par ime autre voie la patrie de celui qui a composé l'ouvrage des autels et des sacrifices (B). 11 était de Lampria (b). Le Suidas que nous avons aujourd'hui ne parle que d'Ammonius Saccas ; mais il ne faut point douter que le véritable Suidas n'ait fait mention d'un Ammonius différent de celui-là ; car ce qu'on trouve dans sou Dictionnaire nepeut pas avoir été dit d'un seul homme. Il est

(al Atlieu., lib. XI , pag. 476.

(p) C'était une \>illc de VAUique.

impossible que le même Ammonius ait abjuré la foi chrétienne , et qu'il ait succédé à Aristarque dans l'école d'Alexandrie , avant l'empire d'Auguste. Voilà lesdeux choses que l'on trouve dans Suidas sur le chapitre d'Ammonius.

Aurait-il été assez ignorant pour les croire compatibles ? Je n'y vois point d'apparence. Quelqu'un (c) a conjecturé qu'il faut supposer une lacune dans ce passage {d) , et que Suidas pourrait bien avoir parlé de l'Ammonius d'Athénée dans cette lacune. Si celaétaitvéritable,ilfaudraitdire que le Traité des Sacrifices et des Autels , ou celui des Courtisanes d'Athènes , ou tous les deux , ont été écrits par un grammairien qui fut successeur d'Aristarque.

Le second Ammonius dont je veux parler est un philosophe d'Egypte (e). Plutarque , dont il avait été précepteur, fait souvent mention de lui. \ oyez en particulier la page 70 et la SSS*^^ de ses OEuvres morales, à l'édition de Francfort , en 1620. Mais on avance très-faussement dans le Moréri , qu'il en a parlé avec éloge , surtout sur lajin de la Vie d'Aristote (C). M. Moréri n'est pas plus heureux par rapport à Ammonius, fils d'Herméas (D), auquel il donne , entre autres livres , un ouvrage composé sous l'empire de i'^alentinien. Cet Ammonius était fils et frère de philosophe {f). Les savans croient qu'il a

(c) Jousius, de Scriplor. Hist. Philos. , j>ag. 169 , et dans l'Index.

{d) Gesner le cite dans sa Bibliothèque , sans faire paraître (ju^il en ait senti l'absurdité.

((■' Euaapius , Procemio Vitar. Sophist.

(^f) Suidas, in 'Ecfjiiixç. Voyez ci-dcssouS l'aiti.'.:- IlEnjIlAS.

522 AMMO

fleuri sous l'empire d'Anastase , au commencement du VF. siècle , et que c'est lui qui a composé les Commentaires que nous avons sous le nom d'Ammonius sur quelques Traités d'Aristote, et en particulier sur le livre de Jnterpretatione (g). L'auteur de ce dernier Commentaire dit, dès l'entrée , qu'il a été disciple de Pi'oclus. C'est à lui que quelquesuns attribuent cette f^ie d'Aris" tote qui court sous le nom d'Amm^onius (h). C'est lui sans doute qui a été réfuté par Zacharie de Mitylène. Voyez la remarque (H) de l'article suivant. C'est de lui aussi que l'on entend (/) un passage de Photius , oii il est parlé d'un Ammonius qui se plaisait extrêmement à expliquer les vieux poètes et à faire des remarques critiques sur la langue grecque {k). Cela fait croire à quelquesuns qu'il lui faut attribuer le Traité qu'on a de la Différence des mots grecs (Z) : mais M. Ménage le donne à Hérennius Phi- Ion (m). Le même Ammonius duquel Photius a dit ce qu'on vient de rapporter avait un âne d'un goût merveilleux pour la poésie ; car il aimait mieux ne point toucher à la nourriture qu'il avait devant lui, et souffrir la faim , que d'interrompre son attention à la lecture d'un poème {n). Le troisième Ammonius dont je veux

ig) Vossius, de Philosoph. Sectis , pag. 90 et Il3. Labbe , de Script. Ecclesiast. , tom.

{h) Joasius , Hist. Pbilos. , pag. 3oo.

(i) Id. ibicl.

(A-) Pliolii Biblioth., mon. 2,^2, p. io4o.

(/) JoDsius , Hist. Philos. , pag. 3oo.

(m) Menagius in Diogenem Laërtiiim , lib. II , nnm. 5.

(n) Pliolius , Biblioth. , niini. 2^2 , ex Dauiascio , in Vitâ Isidori Pliilosophi.

NIUS.

parler était un poète qui vivait au V^. siècle. Il composa un poème sur la guerre qu'on avait faite à Gainas , roi des Goths ; et l'ayant récité devant l'empereur Théodose le jeune, il en fut fort applaudi (o). Il faut mettre dans des articles séparés , non-seulement quelques luodernes qui ont eu le nom d'Ammonius , mais aussi un ancien philosophe qui lui a donné plus d'éclat que tous les autres.

(0) Socrates, Histor. Ecclesiast., lib. VI , cap. VI, et ex eo INicephorus, lib. XIII, cap»

(A) On a , sous le nom d'un Ammonius , un Traité des courtisanes d Athènes'\ (1). Ceux qui , dans ces derniers temps , ont fait des livres intitules le Putanisme de Rome , ou de quelque autre grande ville , n'ont pas ëte des auteurs originaux. L'antiquité avait vu quantité d'ouvrages de cette nature , qui heureusement sont demeures par les chemins. 11 n'en est parvenu aucun jusqu'à nous.

(B) On sait par une autre foi'e la patrie de celui qui a composé i'oufrage des Autels et des Sacrijices.^ On ne la sait point par la voie d'Harpocration , comme M. Lloyd l'assure 5 mais par la voie de celui qui a composé le livre de Differentiis ^ocmwi. Vossius, et plusieurs autres l'appellent Ammonius.

Si M. Lloyd avait bien copié Vossius , il n'aurait pas dit Ammonius histori-

CUS iV TU TTlfl ^CDfAWV Hetl ât/JTICDV citOtUr

ab Harpocratione in 'A//st(^ôviov , uti et in uoce "EiT-xâ-fo.. Ex quo etiam discimus Lampriensem fuisse , ut Gesnerus falsb Alexandrinum vocet. Voilà de ces fautes d'abréviateur , dont je parle si souvent. Vossius , après avoir dit jusqu'au mot "Ea-X^f!*- t-Ç que je viens de citer de Lloyd , ajoute h TTCcircf) Tsp/ ùua-iùëv ab Ammonio lib. de Di^èr, Voc. in fia>/j.U.Ubi et A*^7rp(sz/ç fuisse dicilur , ut Gesnerus falsb alexandrinum l'oce.t (2). Parce que Lloyd n'a pas voulu rapporter tout le passage de Vossius , et qu'il en a sauté

(1) Atlien., lib. XIII, pag- 5G7.

(2) Vossius, de Histor. Grœcis, pag. 5o2.

AMMONIUS

une ligne , il est tombe dans un grand mensonge j car il n'est pas vrai qu'Harpocration nous apprenne que l'Ammonius qu'il cite fût de Lampria. Si l'on voulait sauter quelque chose , c'est à la dernière ligne que l'on devait s'adresser , dans laquelle Vossius a dit un mensonge. Gesner ne dit pas qu'Ammoniiis , l'auteur du livre des sacrifices , fût Alexandrin. Il y a un

après ^ car, s'il l'avait su, aurait-il dit qii'Aramonius , disciple de Proclus , fit un livre sous l'empire de y^alentinien? Aurait-il été un copiste si fidèle des erreurs du père Rapin (6)? 2°. Quelle manière de marquer les empereurs? Il y en a eu trois de ce nom j et c'est le premier que l'on entend , lorsqu'on dit tout court P'alentinien.

Ce premier Valentinien mourut l'an

troisième passage d'Harpocration (3) 875 : jugez si le disciple de Procliis a ^.\ ««(^Q A,»,™ — ;.,,. „o» ^;f„' .' 4 .,.,,.'„,,, py écrire sous cet empereur. 3". Si

M. lloréri avait entendu l'aUteur dont

où notre Ammonius est cité : 'Ay.y.mvioç iv TiTcLfrij TTift fia)y.oùi yfa.i^n tcluto. j Ammonius libre quarto de aris ista scribit. C'est ainsi que le docte Maussac a corrigé le texte d'Barpocration : il met fiaijuéiv au lieu de K.âiy.001 , personne qu'on sache n'ayant jamais dit que cet auteur ait fait un livre de oppidis l'el pagis. M. de Valois approuve cette correction (4). On aurait pu soupçonner que puisque Ammonius fit tm livre touchant les courtisanes d'Athènes , il en fit un aussi sur les festins de débauche , T^pi kÛ/uchv ; et ainsi il ne serait pas nécessaire de prétendre que , selon la leçon ordi-

il se servait , je veux dire le père Labbe , il aurait appris qu'Ammonius , disciple de Proclus et fils d'Herméas , a fleuri sous l'empereur Anastase , qui ne commença de régner que plus de 35 ans après la mort de Valentinien troisième. 4° Le père Labbe a observé qu'il est souvent fait mention d'un Ammonius dans les Chaîner des pères grecs sur l'Évangile de saint Jean , et sur d'autres livres de l'Ecriture ; et il croit qu'Ammonius , fils d'Herméas est différent de celui-là.

Au lieu de ces choses, M Moréri nous

naire d'Harpocration , le livre d'Am- conte que quelques auteurs attribuent

■ ■■ ' ' ^" à Ammonius , fils d'Herméas , TE'ipli-

cation des pères grecs sur TEvaiigilc de saint-Jean.

monius concernait les bourgs ou les peuples d'Attique : cependant je ne trouve rien de plus vraisemblable que la correction de Maussac. Elle a paru telle à Vossius , qui la débite comme si elle venait de lui. M. de Valois cite un passage du scoliaste d'Hermogène , où l'auteur du livre des Autels est appelé Ammonius Lamprien (5)

(6) Proclus sous Julien; le second Ammonius, son disciple , qui a si bien écrit sur le livre de l'interpre'talion d' ArisloLe , sous Valenlinien. Rapin. Compar. de Plalon et d'Arislole , p. Sgi.

AMMONIUS , surnommé Soc-

(Ç.) On avance très-faussement dans ,^. ^ ,^. y^^ ^^^ .^^ ^^1^.

le mnreri , que Plutarque a parle , ^ /., , , ^ ti

d' Ammonius ai^ec éloge , a la fin de bres philosophes de son temps. Il

la f^ie d'Aristote.'\ Cette Vie d'Aristote est une chimère. Il fallait dire Thémistocle , et non pas A ristote. Or , il est bien vrai que Plutarque , à la lin de la Vie de Thémistocle , fait rnention d'Ammonius ; mais il est trèsfaux qu'il le loue : il n'en dit là ni bien ni mal.

(D) Moréri n'est pas plus heureux par rapport h Ammonius ,fils d'Herméas. ] Il s'y embarrasse dans trois ou quatre grosses fautes pour le moins. 1°. 11 ignore que Proclus a fleuri sous Théodose le jeune, et long -temps

(3) Au mol QoXoç.

(4) Heur. Valesius , Nolis in Notas Maussaci nU Harpocration, pcig. m.

(ô) H. Valcs.us, ^^otis iu Notas Maussaci ad Harpocrat. , pfij. m.

florissait vers le commencement du troisième siècle. Il était d'Alexandrie ; et aj^ant sucé avec le lait la foi chrétienne , il y persévéra jusqu'à la fin , comme ses ouvrages le témoignaient. Eusèbe , rapportant cela , accuse Porphyre d'une fausseté évidente (a), pour avoir dit qu'Amnionius abandonna le christianisme auquel on l'avait élevé , et passa dans la religion publique dèsque l'âge lui permit de philosopher

(a^ Euseb., Hist. Eccles. , lib. VI, cap.

524 AMMONIUS

(B). Ce grand philosophe donna trompé lorsqu'on a dit qu'Am-

merveilleux éclat à l'école d'Alexandrie, et mit sur un pied honorable la science dont il faisait profession. Il la trouva misérablement dépravée par les vaines subtilités des disputeurs. On a vu dans le christianisme ce qu'ils sont capables de faire ; on l'a vu , dis-je, par les controverses des thomistes et des scotistes, des réaux et des nominaux. Ils faisaient tous profession de suivre Aristote , et néanmoins ils multiplièrent les disputes à l'in-

monius enseignait à ses disciples les mystères de l'Évangile sous le sceau du secret (Fj. 11 y a des gens qui ont confondu ses ouvrages de théologie avec ceux de quelques autres auteurs (G) ; mais enfin on a su rendre à chacun le sien. Il eut, entre autres disciples , Plotin et Origène. Il mourut environ l'an 280 [b). Je crois qu'on le doit distinguer du péripatéticien Ammomus (H)qui était, selon Philostrate , le plus savant homme de son siècle, et celui qui

fini. Quelle idée ne doit-on pas avait le plus de lecture.

donc se former des disputes qui J'ai trouvé une grosse faute

régnaient anciennement , lorsque les philosophes , partagés en plusieurs sectes sous difîerens chefs , condamnaient les uns Platon , et les autres Aristote , etc. ?

dans l'un des commentateurs de Eoëce. Il impute à notre Ammonius d'avoir été le principal corrupteur de la doctrine de Platon sur l'éternité du monde (I). Rien

C'était un chaos de chicaneries n'est plus faux que cela qui déshonorait la profession. Le véritable moyen de réhabiliter cette science était de bannir les disputes inutiles et de s'attacher aux dogmes en quoi Platon et son disciple s'étaient accordés. C'étaient sans doute les doctrines les plus certaines , et par conséquent les plus importantes. Voilà pourquoi Ammonius se fit un devoir capital de concilier ces deux chefs de secte (C) , et d'éclaircir le malentendu sur lequel on bâtissait leurs prétendues oppositions ; et l'on ne saurait dire la gloire qvi'il s'acquit par cette manière de philosopher. On lui donna l'éloge d'un inspiré , d'un homme enseigné de Dieu (D) , d'un homme qu'un instinct céleste avait mis dans cette route.

M. Moréri et bien d'autres ont ignoré le fondement de cette louange (E). On ue s'est pas moins

[b] Selon Cave, Histor. Litterar, , p. 72.

(A) Ammonius , iu/rto/w/we Sarcas.] Ammien Marcellin (i) et Suidas (2) témoignent qu'il avait ce surnom. On croit assez commune'ment que de son premier métier il était porteur de sacs, et l'on se fonde sur le même Suidas. Voici les paroles du docte Henri de Valois : Saccas uidelur ex eo dictus Ammonius , quod mercibus ex porta Alexandrino comportandis uictum sibi cjuœsifisset , cujusmodi homines saccarios anliqui wocabant , ut uidere est in codice Th. tit. de Saccariis portûs urhis Roniœ. Suidas, rixan-rvoç, inquit, fAstQytrhç ' Afjijuaiv'iùu toS 7rp£)iv yivo/ji.êvoii a-cLKX.o<pôpau (3).

(B) Porphyre dit faussement qu' Ammonius abandonna le christianisme...

dès qu'il fut en âge de philosopher.'] Voyons les paroles originales : "O te

Ttjl/ (^povaiv KO.) TtiÇ <^lKOiTO<^la.ç M^CtTO , iilbuç TTpOÇ TilV KOLTO. vÔ//Ot/Ç •TTOMTêfCtH

pi-iTiC â.Ki'To (4). Simul atque per œta-

(t) Amm. Marcellin. , lib. XXII , circafin. (2) Suidas in ' P.ftyhnÇ.

Ci Ilenr. Vales. in Ammian. Marcellin. , lib. XX II.

(')) Porph. , Itb. m , advcTSiis Oiristianos,

AMMO^MUS.

iem sûpere potitit, et philosophiœ linien attingere , stallni ad vivendi rationem legibus consent ieritem descii'U.

Porphyre, en disant cela, était animé de l'esprit dont j'ai fait mention dans la remarque (E) de l'article d'AsoL-

PHARAGE.

(C» // 4e Jît un deuoir de concilier Platon et ylristole.'\ Nous apprenons cela d'Hiéroclès , auteur d'un ouvrage sur la Providence , dont on trouve des extraits dans la Bibliothèque de Photius. 11 n'y avait , selon cet auteur, que des gens dominés par l'envie de contredire , par la manie de disputer, ou par la force des préjugés et par les ténèbres de leur esprit, qui trouvassent de la discorde entre les dogmes de Platon et ceux d'Aristote :

Toi/ç /-tsv înovrctç 'ipiS'i koli ot/TOvoiot (r<fxç

CtÛToÙc ;Tp03-StVo(,9sVTStÇ , TOyç «Tê KHI TTfd-

?.n^u mit ày-stÔi'i «TêiTouAajyJvoî/ç (5). -Alios sud sponte contendendi studio nique wesanice sese addicentes , alios prœoccupatd opinione atque iinperitid subactos. De ces deux sortes de disputeurs , la première avait été fort nombreuse avant que les lumières d'Ammonius vinssent éclairer le monde :

Animonii aliquando sapientia orbi illuxit , quem etiam divinitùs edoctum appellari prœdicat. Hune enim ueterum philosophorum opinionibus perpurgatis , et resectis quœ utrimque excrei^erant nugis, in prœcipuis quibusqué et maxime necessariis dogmatlbus concordem esse Platonis et Aristotelis sentenliam demonstrdsse (6).

(D) On lui donna l'éloge d'un inspiré, d'un homme enseigné de Dieu.'} Nous venons de rapporter un passage d'Hiéroclès où se trouvent ces paroles:

CV KSLl BioJiS'a.K'TO}! iTnKXKil^a.^ ÙfÀ.VH ,

quem etiam divinitùs edoctum appellari prœdicat. En voici un autre où ce même auteur raconte que les disciples de Platon et ceux d'Aristote se plaisaient tellement à immortaliser leurs querelles, qu'ils corrompaient le texte de ces deux chefs de parti, afin de montrer plus facilement que l'un était opposé à l'autre Ce désordre dura , poursuit-il , jusqu'au temps d'Ammonius , le disciple du grand Dieu 5 car, enlevé par enthousiasme vers la vérité

avud Euseb. Hist. Ecclesiast. , lib. VI, cap. XI \

(5) Photius, Bibliott. , num. 2i4 , pig- Sijg. ifi) Hierocles apud Photium , ibidem.

philosophique , il pénétra le fond des deux sectes , et les accorda enseml)le, et donna à ses auditeurs un système de philosophie affranchi des brouilleries de la dispute : "Eajç 'Ay//.a)v»ow Tot/ SêotTuTsixToi/* oÙToç yà.f irfÛToç ivBoua-n/,<ra.ç cTf oç to tÎÏç <^)l^clO•o<fl«lç ixnôivàl' ,

KO.! TctÇ TÛJV TrOXXœv éi^CLÇ ÙTTipicet , tÀç TTKitçrjl bvêlJ'oÇ tSjWrtTdi^'nL 'Wf Oa-Tp(f 0//«V4tf,

sîtTê xatxaiç Ta. ê^ctTêpot/ , KO.! Tuviiyityiv

S/ç 'êVO. K^l TOV OLÙtOV VOl/V X.a.1 Àç"5t!7-('stç-OV

T*iv <f iXoff-oi^ia.v TTttpa.iiS'otix.i TstJ-i Torc ctô- Tau yioùftf/.oiç, [/.eLhiça. Si tîuç Àplçoiç tSv O-ÙtSi <7-vyyiy':jvâ'ro6i TlKeeTivai x.a.i 'Viùiyiv«( K.dLi Toiç s^«ç aiTo t'jÔtcov (^). Usque ad difinilùs edoctum Ammonium, nie enim primus œstu quodam raplus ad philosophiœ feritalein , multorumque opiniones, qui magnum dedccus philosophiœ altulerunt , coiitemncns , utramque scctam probe calluit, et in concordiam adduxit , et h conlentionibus liberam philosophiam tradidit omnibus suis auditoribus , et maxime doctissimis œqualibus suis Plotino et Origeni et successoribus.

(Ej Moréri et bien d'autres ont Ignoré le fondement de cette louange.} Ammonius, selon M. Moréri , « s'attacha » plus particulièrement à la divine )) philosophie de Jésus-Christ. 11 y ac- )) quiten effet une telle estime, qu'on » le regarda comme un homme qui » avait été particulièrement instruit M de Dieu , et on lui donna pour cette » raison le nom de Théodidacte. » Il se trompe : je ne veux point contester à Ammonius son savoir théologique :

il en aura tant qu'on voudra ; mais sûrement ce n'est point par cet endroit qu'il acquit l'éloge de Théodidacte. 11 l'acquit par ses leçons de philosophie, qui ne parlaient que de Platon et d'Aristote , et nullement de Jésus-Christ et de l'Evangile. Ses auditeurs étaient partagés j les uns professaient le paganisme , les autres le christianisme : il fallait donc qu'il laissât à part les matières de religion , et principalement celles de piété. Hiéroclès, qui était un philosophe païen, aurait-il parlé comme il a fait si la science de l'Évangile avait procuré à Ammonius l'éloge dont il s'agit? Je croirais sans peine qu'Ammonius ne passait point pour chrétien parmi les païens , et que c'est la raison qui a mu

(9) Ibidem , num. aSi, pag- i3Si.

AMMONIUS

Porphyre à débiterqu'Amraonius était sorti du christianisme dès qu'il avait pu manier la philosophie. 11 était connu pour chrétien parmi ses frères, et il témoigna sa foi par des écrits qui apparemment ne furent guère connus aux païens. Plotin se serait-il attaché pendant si long-temps à la discipline d'Ammonius, s'il l'eût cru ennemi de la religion dominante ? Les chrétiens n'étaient pas encore si considérés.

(F) On s'est trompé en disant qu'il enseii^nait h ses disciples les mystères de l' Evangile sons te sceau du secret.'] J'ai été étonné de trouver ici le père Labbe en flagrant délit. Idem Porphyrius , dit-il (8), in f^itd Plotini , Platonicce sectœ philosophi , narrât Ammonium religionis christianœ arcana discipuUs suis sub silentii religione communicdsse , et Hercnnium , Origenem , atque Plolinum obstrinxisse ; cùmque Herennius primus eam fregisset , nec Origenetn nec Plotinum promissis stetisse. Il y a là deux trèsgrandes fautes : premièrement , il n'est pas vrai qu'Ammonius ait fait jurer ses disciples qu'ils ne communiqueraient à personne ce qu'ils apprendraient de lui. En second lieu, il est faux que Porphyre parle d'autre chose ■ que des dogmes de philosophie. Tout ce qu'il dit se peut réduiie à ceci.

Erennius, Origène et Plotin étaient convenus de ne point rendre publi- »[ues les choses qu'ils avaient ouï dire à Ammonius , et qui leur avaient paru d'un travail exquis et d'un raffinement singulier. Plotin garda sa parole ; mais Erennius, n'ayant pas gardé la sienne , fut bientôt imité par Origène.

Ce n'est pas ici le lieu de montrer que cet Origène n'est pas celui qui a tant écrit et tant allégori«é l'Ecriture ; mais, comme la plupart de mes lecteurs seront hors d'état d'avoir un Plotin à consulter, je rapporte ici ses propres paroles : 'E/iêwiço «Ts no.) 'ilpiyhti

KCll nXCDTfVO) O-UvÔMKÛIV ^ê'VOVt/IWV /unSh]/

iK.KctKt/Tr'Titv Tû)v AfAumviou Soy/ut-oLTrev oi «f» êv Tctiç a.xpciat3-j3-iv ttùroiç à,tiKi>ixBa.p~

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ri/ll'vévitÇ jMêV «KOXO^/Ssi TÇO CfÔsiïrstVTf 'Ef êV-

(8) Labbe, de Script. Ecclesiastie. iom. I

vi'û) (9). Ciim uerb Erennius et Origenés et Plotinus olim inter se constituissenl ne Ammonii dogmata ederent , quœ audila ab eo tanquam in primis purgata prœcipuè coniproba^'erant; Plotinus quidem stetitpromissis, J'amiliariter quidem nonnuLlos excipiens salutantes, instituta uerô Ammonii sécréta inlegraque conseruans .

Erennius aulem primus pacta dissotuit , et Origenes anticipantem Erannium est deindè sequutus. Autre sujet d'étonnement: les deux fautes du père Labbe se trouvent dans Luc d'HoIstein (10).

(G) On a confondu ses ouvrages de théologie ai^ec ceux de quelques autres auteurs.'] Saint Jérôme met Ammonius au nombre des écrivains ecclésiastiques, et lui attribue, entre autres ouvrages, l'invention des canons évangéliques(ii). 11 ajoute qu'Eusèbe s'est servi de ce modèle en faisant un pareil ouvrage. Si cela était vrai , Eusèbe serait un grand fourbe, puisque, dans une lettre (12) où il explique la nature et les usages de ses dix canons sur la concorde des Évangiles, il assure qu'il les a inventés à l'occasion d'un ouvrage d'Ammonius. Cet ouvrage est intitulé Manotessaron , ou Dialessaron. Voici comment il diffère des canons évangéliques. Ces canons ne sont que des indices des endroits des Et^angiles qui sont contenus dans un , deux , trois ou quatre éuangélistes, au lieu que l'Harmonie ou la Concorde d'Ammonius ( c'est la même chose que le Dialessaron, ou Monotessaron) contenait le texte entier des quatre éwangélistes dont Eusèbe s'était serui pour J'aire ses canons , qui se rapportaient à cette Concorde , et qui en étaient comme la table (i3). C'est donc une faute que de dire, comme fait M. Moréri, que les Canons Evangéliques et l'Harmonie de l'Évangile sont la même chose. Victor, évêque

(g) Porphyriiis , ira Vitâ Plotini.

(10) Lucas Holslen. de Vitâ et Scriptis Porphyrii , pag. 28.

(11) Hieronym.de Scriptor. Ecclesiast. , cap.

(12) Ad Carpianuin ■- elle est imprimée avec les dix canons de Consonaaliâ quatuor Evangeliorum, à la télé du Nouveau Testament ^tcc de Foberl Etienne , édition de Paris , en i55o. Voyez lepère Labbe, de Script. Eccles., tom. I . pag. 3o8 , et pag. 58.

(i3) Du Pin, Bibliotfa. des Auteurs Ecclésiast. , tom. /, pag. 120 , édition d'.4mslerd.

AMMONIUS

<ie Capoue -, Zacharic , evcque de Chi ysople; Trithème, et plusieurs modernes, s'appuyant sur l'autorité de saint Jérôme , et ne faisant aucune attention à la lettre d'Eusèbe que j'ai citée , font Am nonius l'inventeur des Canons Evangéliques. Voici une autre confusion. 11 y a dans la Bibliothèque des Pères deux Harmonies des quatre Evangiles. L'une fut attribuée à Tatien par Victor, évêque de Capoue , qui, vers l'an 545, la traduisit en latin (i4), et y joignit une préface (i5). De là est venu que l'autre Harmonie a été donnée à Ammonius. Mais on a fait tout le contraire de ce qu'il fallait.

L'Harmonie , que l'évêque de Capoue a donnée à Tatien ne peut pas être de cet auteur , puisqu'elle contient toutes les généalogies de Jésus-Christ que les évaugélistes ont rapportées j au lieu que Tatien avait oté de son Harmonie tous les passages des Evangiles qui prouvent que Jésus-Christ est issu de David (16). D'autre côté , l'Harmonie qu'on attribue à Ammonius est mutilée de ces passages (17).

Sixte de Sienne , George Ederus et plusieurs autres, ont suivi l'erreur de Victor. Mais il y a plus de cinq cents ans que Zacharie , évèque de Chrysopie, a fait voir qu'Ammonius est l'auteur de cette Harmonie (18). Baroniusa suivi ce sentiment. Remarquons bien une chose dont le père Oudin nous avertit, c'est que l'Harmonie, qui est sous le nom d'Ammonius dans la Bibliothèque des Pères , imprimée l'an 1575, laquelle Harmonie a été traduite en latin par Ottomarus Luscinius, n'est ni d'Ammonius, ni de Tatien (19). On a perdu l'ouvrage d'Ammonius de Consensu Mnsis et Jesu. Si l'on s'en rapporte à Henri de Valois, on a aussi perdu tous les autres : Hujus Animonii , quod sciam , hodiè nihil exstat, dit-il dans son Commentaire sur le dernier chapitre du XXll*. livre d'Amraien Marcellin. Se souvenait-il de l'Harmonie des Évan-

(i4) Bellarmin. de Script. Eccleslast. , pag. 226. Oudin , Supplein. de Scriplor. Ecclesiast. , pag. i5.

(i5) Labbe , de Script. Ecclesiast. , pair- S?-

(16) Eusèbe eC Tbéodoret l'assurent, f^ojez Labbc , de Scriptor. Ecclcs., loin. I , pag. 07.

(17J Cave, Hist. Litlerar. , pag. 72.

(18^ Commentar. in eam Harmoniam apud T^abbe , de Script. Ecclesiast. , pag. r.

(19) Oudin , de Script. Ecclesiast- , pag- i5.

gilcs , insérée dans la Bibliothér[ue des Pères , ou croyait-il qu'elle n'est pas d'Ammonius ? Hadrien de Valois , n'ayant point fait de remarque sur cela dans la seconde édition , a fait assez connaître sa conformité avec son frère.

(H) Je crois qu'on le doit distinguer du peripatciicicn Ammonius.'] Un fort savant homme ne penche pas à l'en distinguer. Hic esse i>idctur , dit-il (20) , Ammonius peripateticus philosophus , queiii Tr'jKuyçcty./ut.-XTÛ'ra.Tov fuisie sœculi sui testatur PhUnstialus in Sophistœ Hipptdromi f^ilâ, quo qui plura legisset neminem se t^idisse.

Mais, s'il avait pris garde aux paroles de Longin , rapportées dans la Vie de Plotin, il n'aurait pas balancé à distinguer ces deux philosophes l'un de l'autre. Longin remarque qu'il y a eu des philosophes qui ont composé des livres ; mais qu'il y en a eu d'autres qui n'ont instruit que de vive voix. 11 en nomme quelques-uns de chacune de ces deux espèces ; les uns sont platoniciens, les autres sont stoïciens ou péripatéticiens. Il met dans la seconde classe Ammonius et Origène , et il les donne pour des sectateurs de Platon.

11 dit qu'il les a connus, et qu'ils ont surpassé en intelligence tous les philosophes de leur siècle : "Oic >iy,iiç to

TrkilçOV TOU /^pOVOÎ/ 7rfÔ5-ê4)0ITJ)5-a,y.5V , cL'I-

«rpis-iv ot/x. akiyce Tûë]/ v-aJi êstfTouç tiç a-uvês-iv <r(êvï").)cot/î-i (21). Ç)uibuscum nos diù uersali sumus , finis projecto inten'allo non pari'o sui sœculi philosoplms intelligentiâ superantibus. Après cela il nomme quelques stoïciens qui ont été aussi de cette seconde classe de philosophes : je veux dire de ceux qui n'ont point écrit ou qui ont peu écrit. Enlin il nomme deux péripatéticiens de la même classe, qui sont Ammonius et Ptolomée. 11 dit qu'en matière de philologie ils ont surpassé tous les savans de leur siècle : il dit cela principalement d'Ammonius :

' A/uy.civioç xa.1 nToX5//a(oç (fiXoXCiyeera.TOt

/JLly Tmv KH-V ix'JToÙç à./X(^(l> yiV<>jUt.iVOl , KAI /U.SiKlç-SL o'Am^oivioç" (jÔ yttp (ÇIV oçn t/iêlVû) y'iyoviv IIÇ TT'iWfJ.oAÙa.^ irxpiLTTKtl-

<noç(22j. Ammonius atque Plolemœus, disciplinarum ambo projecto maxime

(20) Hadr. Vale>iiis in Ammlau Marcellin. , lib. XXII , pag. 344 1 édition m- folio.

(il) Loa^inas , apud Porpbyr. in Vitâ Plolia. (22) Idem , ibidem.

AMMONIUS

omnium suo temporepleni, prœsertim

^mmonius : nullus enim ad disciplinaruui illius copiant propè accessisse fidelur. Voilà donc l'Anamoniiis dont Philoslrate a parlé; il est donc trèsdiffërent de celui qui philosophait à Alexandrie , et qui a été le maître de Plotin et d'Origène. Nous apprenons dans la lettre de Longin que ces péripatéticiens si savans n'ont écrit que des poèmes et des harangues. Ce grand critique suppose qu'ils n'avaient point prétendu que ces ouvrages fussent conservés; car, s'ils avaient eu ce dessein , dit-il , ils auraient écrit avec plus d'exactitude.

(I) On l'a accusé a tort d'être leprin

seraient toujours coe'terneîs. Cet oirvrage de Zacharie a été traduit de grec en latin par Génebrard,et inséré dans la Bibliothèque des Pèrea (24). Possevin remarque que Canisius censure Gesner , d'avoir dit que l'ouvrage de Zacharie de Mundi ceternitate était différent de celui qui a pour titre Ammoniwi (îS). Cette censure , qui serait très-bien fondée à l'égard de Simler, abréviateur de Gesner . est injuste par rapport à Gesner même, qui a déclaré expressément qu'il lui semblait que le Dialogue intitulé Ainmonius ne diitërait point du Traité Je Rerum œlernitale. Je ne passerai point sous silence la surprise où

cipal comipteur de la doctrine; de Pla- j'ai été en remarquant que l'on souffrait au Vl*^. siècle qu'un philosophe païen fût professeur dans Alexandrie, et qu'il dogmatisât hautement sur l'éternité du monde, contre l'opinion des chrétiens. Ilcachaitsipeu sa croyance, qu'il la soutenait publiquement dans ses leçons, et l'on ne pouvait pas ignorer qu'il ne la persuadât à plusieurs de ses disciples. L'un d'eux (26), étant devenu le principal professeur en médecine dans la même ville , disputait avec chaleur pour le même sentiment.

Tout cela paraît par le Traité de Zacharie de ftlitylène.

(24) Il ^sl dans le onzième volume de la Bibliothèque des Pères, pag^, 33i et suiv. de l'édition de Paris ^ en i644-

(20) Possevin. Appar. , lom. Il , pag 552.

C26) Il s'appelait Gessius. Voyez \a Bibliothèque des Pères , lom. XI , pag. 33g.

AMMONIUS ( A\DRÉ ) , natif de Lacques , alla chercher fortune en Angleterre , vers le commencement du XVF. siècle , et s'y serait apparemment avancé , s'il eût vécu plus long-temps (A).

Il cultivait les belles-lettres et la poésie latine. C'est par ses vers latins qu'il mérite principalement d'être mis au rana; des auteurs (B). Il y eut entre Erasme et lui beaucoup d'amitié , et un grand commerce de lettres. Ammonius logea quelque temps chez Thomas Morus (a) , et puis au

[a) Erasmi Epistgl. // lil/ri FUI, p. l^dii.

ton sur l'éternité du monde,] Afin qu'on voie clairement toute la faute , je rapporterai un peu au long les termes du commentateur : lYulla autem Platonis sententia est , quam fœdihs corruperint , et obstinatiùs defenderint t'élèves Platonis interprètes : seu quia eorum alii ita sentirent , seu ut cfiristianamjidem impugnarent. Eorum sii^nifer Amnionius fuit, Jîdus alioquin ac illustris doctrince platonicœ assertor; queni Zacharias dialogo cui Ammonius titulus est , confutni'it. Mox ejus discipuli , Plotinus passïni libris suis ; et quod mirum est , ne à magistro dissentiret , fax illa fidei , (Jrigenes;cujus errorem sanctus Methodius lib. TTift TON "j/ïvHTœv, Ut cst apud Photium, redarguit (23). Vous voyez clairement qu'il parle de l'Ammonius qui a été le précepteur d'Origène. Serait-il tombé dans cette bévue, s'il eût eu recours aux originaux , et s'il n'eût point cité sur la foi d'autrui le Traité de Zacharie ? Car, dés l'entrée de ce Traité, nous apprenons que l'Ammonius , contre qui on le composa, vivait encore, et enseignait dans Alexandrie avec un grand faste, après avoir été à Athènes disciple de Proclus. L'auteur, je veux dire Zacharie , évéque de Mitylène , a vécu au VF.

siècle; car il assista au concile de Constantinople , l'an 536. 11 est donc faux qu'il ait réfuté le précepteur d'Origène. Mais il est vrai que le philosophe Ammonius qu'il réfuta enseignait que Dieu et le monde étaient et

(23) Renatus Vailinus , Nol. ad lib. V. Boètii de Consolât. Philosopb. , pag. 96.

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