‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 31 sur 158 · ERI · texte numérisé non relu

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car il fut battu par Inarus, chef des rebelles , assistés des Athéniens.

ACHERI (Luc d'), bénédictm de la congrégation de Saint- Maur, naquit à Saint-Quentin , en Picardie , l'an 1609. Il s'est rendu célèbre par la publication de plusieurs livres qui n'étaient encore qu'en manuscrit dans l'obscurité des bibliothèques. II commença en 1645 par l'édition de l'épître attribuée à saint Barnabe.

Le père Hugues Ménard , religieux de la même congrégation , avait eu dessein de publier cette épître, et l'avait déjà éclaircie par diverses notes ; mais , la mort l'ayant empêché d'exécuter sa résolution , ce fut le P. Luc d'Acheri qui l'exécuta. On vit donc sortir de dessous la presse, par ses soins , l'épilre de saint Barnabe , en grec et en latin , avec les notes du P. Ménard, en l'année 1645. Au bout de trois ans, dom Luc publia la vie et les OEuvres de Lanfranc , archevêque de Cantorbérj , et la Chronique de VAbbaje du Bec. En i65i , il publia la A ie et les Ouvrage.-^ de Guibert , abbé de Nagent , avec quelques autres Traités.

Ayant ensuite ramassé plusieurs pièces rares et curieuses , et espérant d'en recouvrer un grand nombre de semblables , il forma le dessein d'en publier la plus ample compilation qu'il pourrait, sous le titre modeste de Spicilt'ge. Il fit voir le jour à son premier tome l'an i655. Ce volume a été suivi de douze autres, dont le dernier fut imprimé en l'année 1677 {a). Ce recueil,

{a) Voyes dans le Journal des Savans , rf«

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en treize volumes in-4°. » est fort estimé de ceux qui cherchent à éclaircir dans-un grand détail les matières ecclésiastiques ; mais on n'y trouve guère de traités qui n'aient été composés depuis la décadence de l'empire romain en Occident. Le même auteur a publié la Règle des Solitaires , composée par le prêtre Grimlaïc, et quelques ouvrages ascétiques (A). Ses préfaces et ses petites notes font voir qu'il avait de l'habileté. Il a eu part * au travail critique qui paraît dans les premiers volumes des Actes des saints de l'ordre de saint Benoît , et c'est à lui et au P. Mabillon que le titre de ces actes attribue le travail de les avoir assemblés et publiés. Luc d'Acheri mourut à Paris le 29 avril i685, dans l'abbaye de Saint-Germain-des- Prés , oii il avait été bibliothécaire {b).

2^ de février \&']^ , pourquoi ce Spicilége n'a pas été continué.

* Joly reproche, à Bayle de faire la part du P. d'Acheri trop petite.

(b) Vojez le Journal des Savans du 26 de novembre i685; et M. Baillet, iom, III des Jugem. des Savans, pag. 5l8.

(A) Et quelques ouvrages ascétiques. ] Il ne mit pas son nom au recueil qu'il en publia , *' et dont je m'en vais donner le titre , tel que je le trouve dans la Bibliotheca Bibliothecarum du P. Labbe. Asceticorum , i'utqo spiritualium , Opusculorum , quœ inter Patrum Opéra reperiuntur , indiculus Chrislianœ pietatis cultoribus ab Ascetd Benedlctinn Coni^regationis sancti Mauri digestus. Parisiis, in-\° , 1648. M. Teissier , dans ses additions à cet ouvrage du P. Labbe , dit que Luc d'Acheri publia la f^ie de saint Augustin, *' à Paris , en la même année.

*' Le titre même de l'ouvrage , dit -Joly , prouve que ce n'est point un recueil , mais un catalogue raisonne'.

*'' il fallait, dit .Joly, ajouter raoine et apôtre de la Grande-Bretagne-

LLE

ACHILLE. Il y a eu plusieurs personnes de ce nom. Le premier qui l'ait porté n'avait point d'autre mère que la terre, et rendit un fort bon office à Jupiter ; car , ayant reçu la déesse Junon dans son antre lorsqu'elle fuyait les poursuites amoureuses de ce dieu , il lui tint des discours si persuasifs , qu'elle consentit à consommer le mariage (A). On ne nous a point appris comment elle témoigna sa gratitude à un hôte qui sut lui inspirer une telle docilité ; mais nous savons que Jupiter, en reconnaissance de ce service , promit à Achille que désormais tous ceux qui s'appelleraient comme lui feraient parler d'eux. C'est pour cela que le fils de Thétis a été célèbre. Le précepteur de Chiron se nommait Achille , et de là vint que Chiron imposa le nom à! Achille au fils de Thétis, son disciple. Cela seul suffirait pour renverser toutes ces étymologies froides et forcées du mot Achille , que l'on fait dépendre des qualités personnelles du fils de Thétis (B). L'inventeur de l'ostracisme parmi les Athéniens s'appelait Achille. Un fils de Jupiter et de Lamie porta ce nom. C'était un si bel homme, que, par sentence du dieu Pan , il remporta le prix de beauté qu'on lui disputait.

Vénus , indignée de ce jugement , rendit Pan amoureux d'Écho, et le changea de telle sorte (C) qu'il devint un objet affreux. Un autre Achille , fils de Galate , vint au monde avec des cheveux blancs.

Il y a eu cinquante-quatre autres AcHiLLES très-renommés , deux desquels ne se distinguèrent que par des actions de chien (a). Mous

fn> Tiré du VT". Liorr de Ptolomt'e , fil»

ACHILLE

allons faire un article à part pour celui de tous qui a eu le plus de gloire *.

d'Héphaestion, Novae ad variam Eruditionem Historise, apud Pholium, num. 190, pag.

* Dans la première édition , après ces mots , on lisait :

• Mais avant cela je dois arrêter ici mon lecteur pour un moment . Voici pourquoi :

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