TOME I
avec la parajihra^e île .M. Varillas. Eiudild et ptreleganti comnienlattone
(8) rr.nrrg. latro'l. in Polit Arist pag.S^Cf, 6Ï9 apud Thomisiuui de PIngio iiltt-rar ptig. iSi.
(ii) Donat. Acciaioli Prœfat. ad Coimum Medic'en Com.nrntar. m Elhicn Ari:,!. ad Nicoinach.
Cioy Gesn. Bibliotb./o/. 3i6, vtrso.
ii4
ACCIAIOLÎ.
nwifniim lumen attulisse judicatur Moralibus Aristotelis, explosis scilicet sophislaruni interpietum ineptiis , quitm F.uiiratii Giœci plncila secutus, certiore ubique uestigio niteretur (n)- Voilà le texte ; et voici la paraphrase. Il ne laissa pas de traduire les florales d' Arislote beaucoup plus exactement que ceux qui l'auaient précédé dans cette sorte de travail, ni de les purger des interprétations ridicules, que les anciens et les sophistes nouveaux leur aidaient données, par un admirable commentaire oti il montra que quiconque s'engage dans ce labyrinthe , sans un autre guide que le fameux Eustachius , ne saurait éi^iter de s'égarer (12). Il n'est pas besoin que j'avertisse que l'auteur des anecdotes va plus loin que son latin , tant à l'égard d'Acciaioli qu'à l'égard d'Eustratius (1 3) ; et qu'au lieu de louer ce dernier, comme il en a l'intention, il le ravale au dernier rang des interprètes; il devait dire «p-ec un autre , et non pas saint Dominique , s'est distingué .v«/««««««re. Que dirait le père Bou- ^^^^ j^^ o^^rages qu'il a donnés
3) fut enterré aux dépens du public; 5j que Christophle Landin fit son oraiw son funèbre (*).Les autres particu- )) larités seraient trop longues à rap-
j) porter Sabellic, dans son Dialo-
■» gue de Reparntione Linguœ latinœ )) (Dialogue, pour le dire en passant, i) qu'on cite ordinairement comme « d'un anonyme)', et Vives, libro f M de Tradendis disciplinés , ont parle )) avec éloge de la Vie de Charlema- » gne par Donat Acciaioli. L'Histoire » Florentine de Léonard d'Arezzo , » traduite du latin en italien par ce » Donat, a été imprimée à Venise, » in folio, en i473, au rapport du )) père Labbe, page 34 1 de son Sup- » plem. Wouce Biblioth. MSS. »
(*) Pocciantius, de Script. Florent, pag- 5i , observe cela.
ACCIAIOLI * (Zénobius) , Florentin et moine de l'ordre de
houis de par un admirable commentaire ? Ces paroles sont si mal placées, qu'elles font penser que les sophistes ont donné des interprétations ridi-
au public. Il fallait qu'il eût de l'érudition, puisque, sous le pape Léon X , il fut bibliothécaire du
mémoire qu'un fort habile homme cinquante-huit ans. Il entendait (i4) m'a communiqué. «Le traité que j^ ^^ l'hébreu, et il a tra-
3) Matthieu Palmieri a laisse de Ion- P '
). gine de la famille des Acciaioli peut duit en latin quelques ouvrages 3) beaucoup servir à rectifier et à rem- des anciens pères : Oljwpiodore 3> plir l'article de Donat AcciaioU. Ce ^.j^,. l'Ecclésiaste, le Traité cV Eu- 3; traité , écrit en latin par Matthieu ^^^^ ^^^^^^^ Hiérodcs , les XII
•» Palmieri, a été traduit en italien 3) par un Donat Acciaioli , chevalier 3) de Rhodes. L'original jusqu'ici n'a 3) point paru ; la traduction seule a 3) été imprimée à Florence, in-4°', l'iin 3) i588, chez Barthélemi Sermarlelli, 3) à la suite de l'Histoire des L'baldini, 3J et de la Vie de Nicolas Acciaioli , 3) grand sénéchal des royaumes de Si- 3) cile et de Jérusalem. Il y est dit que 3) notre Donat naquit en 1428 *; qu'il
(u) Jovius , Klogior. cap. XVI.
(15) V.-irilIa5, Anecilot. de riorcnce.pag. iGg. {l'i) C'est ainsi qu'U faut dire, et non pas , Eustatliius.
04) M de la Monnaie.
* Joly rrpruche à Barle un mécompte. Né
Livres de Théodoret , de Grœcariim ajfectioniim Curatione ; Justin martjr. Comme il était poëte et orateur, il a loué le ciel et la terre , tant en vers qu'en prose. Nous avons de lui àes poèmes et des serinons sur l'Epiphanie , et des vers et des harangues en l'honneur de Léon X. On a publié quelques lettres qu'il avait écrites à Pic de la Miran-
Joly le dit né en 1 462 , d'après Echard
1428, AcaaMi auraù eu plus de irenle-neuf ^t Quelif, et lecroUjUs d'Ange, qui élail caiinns fn i!i'i. J-'oynt Le texte. un de Donat.
ACC
(lolo * ; au Traité de Laudibus iirbis Romœ ; le Panégyrique de la ville de Naples , récité dans le chapitre général de l'ordre ; et la Chronique du couvent de Saint-Marc de Florence II rassembla en un volume les Epigrammes grecques de Politien , et les publia l'an i 49^ {a)-
Ambroise d'Altamura , que j'ai suivi pas à pas dans cet article, s'est apparemment dispensé des lois de l'exactitude ; car voici ce que M. de la Monnaie m'a écrit :
Des ouvrages de Zénobe AcciaioU nous n'avons que la traduction du livre d'Euièbe contre Hiéroclès , celle <^'0!yuipio— dore sur l'Ecctésiaste, et celle de Théodoret , de la Guérison des fausses opinions des Gentils. Les poésies dont parle Gjraldus , soit grecques . soit latines , n'ont jamais été imprimées. Quelquesuns croient qu'il ne mourut qu'en l'j^'^ , parce que Jérôme Aléandre , son successeur diuit la charge de bibliothécaire du Pâli— can, ne commença que la même année à remplir cette place , ainsi que Zénobe l'avait remplie l'an i5i8, après Philippe Beroalde le jeune , mort la même année.
* // n'j en a qu'une , dit Soly , et elle est adressée à Jean François Pic de la Mirando le.
(n Tire «i'iVmLroisc, d'Altamura, Bibhot. Ordin. Priedical. pag. 24'}.
ACCirS (Lucirs), poëte tragique latin , fils d'un affranchi (A; , serait né sous le consulat d'Hostilius Mancinus et d'Atilius Serranus, l'an de Rome 5o-5, si nous en croyions la Cfirouologie de saint Jérôme. Mais nous montrerons ci-dessous qu'il u'y
lus. ii5
a pas trop de lieu de s'y fier (13).
Il se fit connaître avant la mort de Pacuvius ; car on représenta l'une de ses pièces la même année que Pacuvius (C) produisit sur le théâtre une pièce de sa façon. Celui-ci avait alors quatrevingts ans ; l'autre n'en avait que trente. On ne sait point le nom de la pièce qu'Accius fournit cette année-là ; mais on sait celui de plusieurs de ses tragédies par le moyen de quelques auteurs qui les ont citées {a). Il prit les plus grands sujets qui eussent paru sur le théâtre des Athéniens : Andromaque , Andromède . Atrée . Cljlemnestre , Médée ^D), M léagre, Philoctète , la Tliébaïde , Terée , les Troades , etc. Il n'emprunta pas toujours des Grecs la matière de ses pièces : il en fit une dont le sujet fut entièremcTit romain :
elle s'appelait Brutus (E) , et traitait de la destitution de Tarquin.
S'il est vrai qu'il ait fait une pièce intitulée les Noces, et une autre intitulée /e Marchand 'b) , on aurait raison de croire qu'il faisait aussi des comédies fF). Il ne se borna pas à faire des pièces de théâtre : il composa fpielques autres livres , et nommément des Annales, que Macrobe,Priscien , Festus et Nonius Marcellus ont citées. Il eut pour ami et pour patron Décimus Brutus, qui fut consul l'an de Rome b 1 5 , et qui remporta en Espagne plusieurs victoire^ qui lui valurent l'honneur du triomphe quelque temps
(a) Nonim Marcellus , Vairon , Auiu- Gelle etc.
{b Vossius, dePoët. l't. pag. 7 , cite ces deux pièces ; et la dernière sur l'antnrde de. Varron : je n'ai point trouvé cela dans Varron.
,i6 ACCïUS.
après (c). Ce Brutus prit tant de comédien (M) qui n'avait fait qiio plaisir aux vers oli Accius l'avait le nommer sur le théâtre. Nous îoué , qu'il en orna l'entrée des verrons dans les remarques si on temples et des monumens (G) peut lui attribuer ce que Galère qu'il fit construire de la dépouille Maxime raconte d'un poëte Acdes ennemis. On pouvait faire cius qui ne se leva jamais pour cela beaucoup plus par un jjrin- faire honneur à Jules César dans cipe de vanité que par un prin- les assemblées des poètes. Cicécipe d'amitié; et ce pouvait être ron a parlé avec beaucoup de mémoins une preuve qu'on aimât pris d'un Accius qui avait fait une le poëte qu'une preuve qu'on histoire ; et comme le poëte traaimait les louanges : mais, en gique a composé des Annales, il tout cas, cela faisait voir que Dé- y en a qui veulent que ce soit lui cimus Rrutus trouvait beaux les que Cicéron ait maltraité en cet vers d' Accius. Or c'était un hom- endroit-là. D'autres ne le croient me qui pouvait juger d'un ou- point (N). Il y eut en ce même vrage de cette nature (Tl). Je ne temps un assez bon orateur nomtrouve point que Cicéron ait ac— mé Accius, contre lequel Cicécusé Accius d'une rudesse de ron défendit Cluentius. Il était sljle un peu trop affectée; cela de Pisaure, et cela pevit le faire regarde un autre poëte (I) , com- passer pour parent de notre poème M. Moréri l'eût facilement te (0). Il n'est point vrai que Cireconnu, s'il ne s'en fût point céroa parle aussi d'un autre cé~ fié à ses précurseurs. Ce n'est pas lebre orateur de ce nom, surque la dureté de style n'ait été nommé Naviiis . M. Moréri a fait jamais reprochée à Accius , qui là une bévue : il n'a pas considéd'ailleurs a été un jDoëte fort es- ré que cet Accius Navius n'est timé {d). On peut voir dans Au- pas différent du fameux devin (/) lu-Gelle la réilexion de bon sens dont il parle quelques pages après, qu'il opposa à ce reproche (K). dans l'article Actius IS.evius. Il La réponse qu'il fit à ceux qui ne se trompe pas moins lorsqu'il lui demandaient pourquoi il ne distingue du poëte tragique celui plaidait pas , lui qui réussissait qui a fait les Annales citées par si bien sur le théâtre , n'est pas Macrobe. Ce qu'il ajoute, qu'j^wmoins sensée (L). Il était de pe- lu-Guelle parle aussi d' Accius tite taille; cependant il se fit l'historien, distinct du poêle tradresser une très-grande statue gique, auchapiuei.)dulir .livre, dans le temple des Muses (e). La est doublement faux. Cet auteur considération qu'on avait pour ue parle d'aucun Accius en cet lui fut telle, que l'on châtia un endroit-là; et partout ailleurs , ,,,«,„ , p , ^. . lorsqu'il parle d'Accius , c'est le
(C)Z an 02J. ^oye; /«Fastes de Sioonius. •. . • i-\ f
(d Voyez la remarque (IN . poetc tragique qu il laut enten-
(e) Notauim ab aiiciorihm et L. Àccium dre. Il y a cu des gcus qui Se sont
poéiam m Camœnarum lede majcimii forma a,.,^^„À. • l„ -il
statunm s./n posu.sse cùm hre.is adLdum ^M^^^^^ » ^^ raillerie pOUr aVOir fuisset. l'Iinius , , Hisl. !Sat. lib. XXXI r ,
cap. r. Cliarles Elieune dit faussement que ' f) Cicer. , lib. 7. de Divinalione, encontc
Dec. Priitus lut dressa celle statue. Hojcl et l'histoire. M.iren cite lili de i)itia. iu "Verr.
Hofnian ont adopte ctlte/auK. qui est une fausse citation.
A ce
imilé ou admiré le latin de cet Accius (Pj dans les siècles d'une meilleure latinité.
(A) Fils d'un affranchi.'] Plus je considère ces paroles de More'ri , A'Jarcinus et Serrnnus , que l'ancienne Rome aidait i'its cleués a la dignité du consulat, furent sei proches parens , plus je trouve diUicile de deviner une autre cause de ce mensonge que celle-ci.
Il avait lu dans Charles Etienne, natus pnrentibus libertinis , Marcino et Serrano cnnsulibus ; et , ne faisant pas assez d'attention au mot libertinis , ni à celui de parenti/ius , il crut devoir dire que le poète était proche parent de ces deux consuls. Au moins devaitil clianger Marcinus en Mancinus.
Voici comme parle saint Jérôme : Taicius Accius tra^œdiaruni scriptor clams hitbetur , natus , Mancino et Serrano comulibus , parentibus libertinis (i). Le père Briet attribue à Aulu- Gelle deux ou trois choses touchant Accius , qu'il ne fallait attribuer qu'à saint Jérôme (a).
(D) Qu'il n'y a pas trop de lieu de s'y fier.'] Je parle ainsi sans avoir des raisons démonstratives contre cette chi'onologie : je n'ai que des embarras à montrer de part et d'autre. Cicéron avait parlé plusieurs fois avec Accius:
j'en apporte la preuve dans la remarue (H) . Or Cicéron était né l'an 647 e Rome i et il n'y a guère d'apparence qu'avant Và°e de vingt ans il ait pu avoir de fré(juentes conversations avec ce pacte : il faudrait donc qn'Acclus eût été encore en vie l'an 667 de Rome. 11 aurait donc eu alors quatre-vingt-quatre ans, selon la chronique d'Eusèbe. J'avoue qu'il n'y a rien là d'impossible ; mais il faut bien que la vraisemblance n'y soit pas, puisque Gyraldus n'a pu croire que le poète avec lequel Cicéron avait tant de fois parlé fût le même Lucius Accius dont on cite tant de tragédies. 11 croit qu'il y a eu deux poètes nonjmés Accius. Joignez à cela que Corradus , qui n'admet point cette distinction , n'ose faire concourir la vingtième année de Cicéron qu'avec la soixante-dixième d'Accins : tle sorte qu'à cause du passage de Cicéron il
(i)/n Chron. Euiebii , arf«»n. toljmp' 160. (^3 Biietins, i!c Poel. lat. pag. 5.
lus.
place la naissance d'Accius quarante ans plus bas que saint J<-rôme ne Ta placée (3). Mais ce n'est pas le fout : Cicéron, «lans sa 1*" philippiq,,^, n^u, apprend .pie l'on avait représenté une tragédie d'Accius pendant la célébration des ]eux que Brutus devait donner, et auxquels il n'assista point à cause qu'il était sorti de Rome depuis le meurtre de Jides César Cette pièce fut fort applaudie i mais les appiaudissemeus eurent plus de relation à Brutus qu'à Accius. Us seraient revenus de loin sur ce poète, et par un saut de soixante ans : JVisijonè Âccio tîim plaudi , et sexagesimo post annn palmam dari putabalis , non Biuto.
Si vous comptez ces soixante ans depuis la mirt d'Accius (4)i il faudra qu'il soit décédé l'an 65o de Rome, et par conséquent que Cicéron mente quand il raconte qu'il a souvent ouï dire certaines choses à Accius. Si vous les comptez depuis le temps que cette pièce commença de paraître sur le théâtre, vous ferez raisonner l'orateur assez faiblement; car il supposera qu'on n'applaudit qu'aux premières représentations d'une bonne pièce de théâtre, ce qui est très-faux. 11 vaut mieux néanmoins prendre ce parti que de mettre la mort d'Accius à la troisième année de Cicéron. Si donc le passage de la l*"*"*. philippique ne prouve point qu'.\ccius soit mort avant l'an 667 de Rome , prolongeons la vie de ce poète jusque-là : mais, comme nous n'avons pas lieu d'être assurés de l'exactitude de saint Jérôme (5) , ne faisons pas difîiculté de dire qu'Accius pouvait être encore un homme de soixante à S'nxante- dix ans j et que , s'il a vécu autant que Pacuve , rien n'empêche (ja'on n'entende de lui et de César ce que dit Valère Maxime : Is (poèta Accius) Julio Cassari , aniplissimo etjlorentissinin wiro, in collegium poëtarum l'cnienti nunquani assurrexit , non majestatis ejus imnienior , sed quod in coinparatinne comjHunium sludiorum aliquanto superio-
(3) Corrad. ia Prut. Cicer. pag. 198.
(4) P. Maouce, in Philipp. I, 5iib"Cnem, Ii-a comple ainsi , aranl oubli'-' ce que Cicéron a dit de ses conversations avec Accius. î^emarquet en passant que l'opinion rapporte'e dans les Ju!;emens de> Sa^ans sur les Pcetes , tom. // , pa^. i.T , en fausse ; savoir qu Accius mourut Van 618 tiff Rome, en l'olymp. x6i.
(5) Voyei la remarque (O).
ACCîUS.
rem se esse cnnfîâeret. Quapropter insolentiœ rrimine cariiit , quia ibi t^olumi.'tuin , non inirt^inuni ce'-tainina exercebitntnr (6). Cette dfrnière pense'e revient à celle dont l'auteur (7) d'une satire contre l'académie française (8) se servit. J'avoue que ce n'est pas satis quelque difficulté' que l'on peljt étendre la vie du poète Accius lusqu'àla grande prospe'rité de Jules Cësar; et c'est ce qui a obligé Corradus à supposer qu'il s'aj^it de Sextus Julius Ce'sar dans ce passage de Valère Maxime. Mais pourquoi n'entendrait-on point ce Caius César, qui fut tué par les satellites de Matins, et qui, n'ayant été qu'édile , ne laissait pas d'av<iir un si grand crédit, que ses disputes avec le tribun Sulpitius excitèrent la guerre civile (9, ? 11 était un des premiers orateurs de son temps , et bon poète trat^iqne. Quoi qu'il en soit, souvenons-nous que César fut poète de fort bonne iieure Feiunlur et a pueru et ,tb atlofcscentufo quœilam scrivla, ut Laudes Hercuiis, tragœJia OEaipus (10).
(Cj La méfie année que Paruuius ] Cicéron le rapporte sur le témoignage même d'Accius. Ut accius iis<Um (edilibus ait se et Pacuviuin docuisie J'abulant , viim Me octoginla , ipse triginta annos natus esset (11). Il y a dans Cicéron iisJem œdi/ibus; mais quelques - uns ayant mal écrit ou mal lu cela , ont débité que ces deux poètes publièrent leurs ouvrages dans la même maison, in iisdem œdibus, peu d'années l'un après l'autre , paucis quidein annis inlerposi'is (12). Ce qui est visiblement une double falsification. Corradus croit qn'Accius avait écrit cet te circonstance de sa vie
(G) Valer. Maxim, lib. JIT , cap. VII.
(7) Saint - Evrfiiionfl , selon qurlques-uns. Vojez /'Histoire de l'académie française , pa^, 69: mais dant le Chevrîeana , pn^. 'iu-j , on attribue celle satire au comte (i'KlIan^ f Cette coine'iîie est re'ellemenl d" Saint-Ei'remund Jolr reproche à Bayle de laisser le lecteur dans le doute. ]
(8) Intitulée , La Comédie des aradémistcs. ià , Godrau ayant dit à Colletel ,
Colletet , je vous trouve un gentil violon , reçoit cette rr'ponse :
Nous sommes tous égaux, étant fils d'Apollon.
(g) Ascon. Psdian. in Orat. pro M. Scauro. (10; Sucton. in ejus Vilâ, cap. 1,VI.
(iij Cicerii in lîrulo.
(12) 'Tiniins. flcPoèt. lat. cap. Vf Glandorp. Onomast. pag. 3.
dans ses Annales (i3) 5 mais Vossiu-; prétend que ce fut dans lui ouvrage intitulé Dida.'tcalica (i/f) H en donne pour raison qu'Accius traitait de la poésie et des poètes dans cet ouvrage comme on le peut recueillir de ce que Charissius et Aulu-Gelle en ont cité.
Mais cette raison n'est nullement forte : Vossius se réfute lui-même en réfutant Corradus. Celui-ci a recouru aux Annales d'Accius, parce, disait-il, qu'un poète ne parle pas de lui-même dans une pièce de théâire. Les prologues de Térence font voir le conliaire.
Comment Vossius qui s'est servi de cette raison, n'a-t-il pas vu qu'Accius pouvait fort naturellement faire réciter dans im prologue qu'une de ses pièces avait été produite sur !e thé;U tre en même temps qu'une pièce de Pacuvius ? Joignez à ceci qu'outre les Annales et le Didusca'.ica , Accius avait fait des livres qui n'étaient point pièces de théiitre.
(Dj Médte.'] La conjecture du père Lescalopier me paraît fort vraisembial)lc , que les vers cités par Cict-ron au 11*^ livre de la Nature des Dieux, appartenaient à la Médée de noti'e poète (i5). Ces vers décrivent l'étonnement oùl'onsupposait un berger qui, n'ayant jamais vu de vais.seau, découvrit du haut d'une montagne celui qui portait les Argonautes. Le bon Pierre Crinitus , en conséquence de ce passage , se figure que Cicéron avait allégué une tragédie d'Accius, intittdée les Argnnautes (i6j. Quand même ce poète aurait composé une semb'able ti'agédie, Crinitus ne laisserait pas d'être bliîmable, puisqu'il l'aurait assuré sur un très-méchant fondement- L'auteur dont je viens de rapporter la conjecture ne devait pas nous prouver par le témoignage de Crinitus que les grammairiens font mention de la Médée d'Accius : il devait citer tout droit Nonius Marcetlus. .Te viens de voir dans les fiagmens des poètes tragiques , recueillis par Scrivérius , que les vers touchant le vaisseau des Argonautes appartiennent à la tragédie intitulée Mcdée. '
(E) Elle s\q)pelait Brutus.] Manuce
(i3) r.orrad. in Cicer. Brut. pag. 34a. (14) Vo^sins , de Histor. lat. pag. io. (i5) Voyez Lcscilopier, Cnmmentar. in Ci^ c-cr. de Nat. Heorum , pag. 'i&i.
(16) Crirjt. de Putt. lat. hb. I , cap. VU.
ACCIUS
a cru faussement qu'elle fut repré- et des monumens, etc.'] Cicéroa et Vu-
senlee quand ou celtibra les jeux ap- 1ère Maxime nous Tapprcnnent. Deci-
pollinaires, auxquels le frère de Marc- mus quideni Bruius , dit le premier
Antoine présida en la place de Bru- {"i^), summus ille vlr et imperatnr, Ac-
tus, qui s'était absenté de Rome (17) ; cii nnticissimi sui carminibus templo-
mais il est clair, par les lettres de Cicéron, que la tragédie d'Accius , qui fut représentée en cette rencontre , était le Terée (18). Il est surprenant que la plupart des commentateurs de Cicéron aient ignoré cela. Maturantius a cru qu'on représenta l'Atrée : Béroalde et Hégendorphin ont cru qu'on représenta le Brutus.
(F) Qu'il faisait aussides comédies."] Le grammairien Donat ne nous permet pas d'en douter; car il met entre les perfections de Térence de s'être contenté de faire des comédies , sans avoir jamais succombé à la tentation de faire des tragédies : ce qui , ai'ec d'autres choses, ajoute-il, a été au-dessus des forces de Plaute , d' Afranius et d'ylccius , et de presque tous les plus grands poètes comiques. Comme je ne m'attaclie pas servilement à traduire mot à mot, il est bon de rapporter les propres paroles de cet auteur. Jîlœc ciun artijîciosissinia Terentiusjeceril , tiim illud est admirandum, quàd et inorem retinuit ut comœdiani scriberet, et temperafit affectum ne in irngœdiani transiliret, quod cum aliis rébus minime oblentum esse à Plauto, et ab Afranio , et ab Accio , et niultisjerc magnis comicis im'enimus (19).
On pourrait recueillir de là qu'Accius au commencement ne faisait que des comédies; mais, comme les tragédies firent sa grande réputation , je ne sais si Donat a eu toute l'exactitude nécessaire , lorsqu'il l'a ainsi placé parmi les poètes comiques. M. Dacier a très-bien su que c'était un poète
runi ac monuinenlorum aditus exornal'it suorum. Voici ce que dit Valére Maxime. Similiter honnratus animas erga poëlam Accium D. Bruti, suis temporibus clariducis, extitil, cujusfamiliari cultu et promptd laudatinne deleclatus , ejus l'ersibus templorum aditus , quœ ex manubiis consecruferat adomai>it (22). Scrivérius a cité un autre passage en ces propres termes ; Amatus etiamnitrn in tantum Atlius h Decimo Bruto fuisse dicilur, ut Allianis fersibus templorum et monumentorum frontes et adilus exornare consuecerit (20). Il le donne pour les propres paroles de Cicéron in Bruto; mais je suis sûr qu'elles ne s'y trouvent point. Apparemment, quelque auteur moderne l'a trompé de cette façon. Il avait cité Cicéron in Bruto touchant l'îlge de Pacuvius et d'Accius; et puis il avait rapporté ce qui concerne D. Brutus et s'était contenté d'exprimer le sens des paroles de Cicéron , et n'avait pas laissé de citer idem Cicero. Sur cela Scrivérius s'est imaginé qu'on avait ' cité les propres paroles de Cicéron, et qu'on les avait tirées du même livre qui avait été cité auparavant, et il n'a point pris la peine de vérifier. Voilà comment les compilateurs les plus laborieux et les plus habiles aiment à trouver besogne faite. Vossius, trompé sans doute par Scrivérius, cite Cicéron pro Arthiii et in Bruto, touchant cette action de D. Brutus (i}).
L'illusion est peut être plus ancienne que je ne dis : Scrivérius pourrait bien l'avoir pas eu de la première main.
tragique , et il l'a dit expressément Quelque soigneux qu'il ait été de recueillir tout ce qui a été dit d'Accius , 11 n'a point cité le passage de Columella que nous verrons ci-dessous (aS).
(H) Qui pouu ait juger d'un nui^rage de cette nature.'] Paterculiis fait en peu de mots un grand éloge de ce Brutus par rapport à la vertu militaire (26); mais voici comment Cicéron le loue
dans sa remai'que sur ce vers d'Horace :
iVJ comis tragici mutât Lucilius Aitt (20) ?
Néanmoins il a traduit ce vers en cette manière. Lucilius.... ne troiwet-il rien a changer dans les comédies d'Attius ?
(G) // en orna l'entrée des temples
(!•;) Paulus Manutius in Pliillpp. I Cicer. sub fine.
C18) Ciceion. Epist. ad Auic Ub.XVI, Ep. JI et V.
(iq) Donat. de Tragœd. et Comœd.
(20) Horati Sat. X, Ub. I., ys. 53.
(21) Cicero, pro Arcliiâ poptà , cap. XI.
(22) Val. Maxim, ib. VIII, cap. XIV.
(23) Scriver. m Testimon. de Auio.
(24) Vossius , de Poet. lat. pag. 7.
(25) Dans la remarque (??).
(26) Vell. Palercul. llb. II, cap. V.
1 ao A C C
lïii côte de l'eriidition. D. Brulus , M. filius, ut ex j'am'diari ejiis L.
ytccio poëld sum awJire solitus , et diccre non incuftè solebal , et erat ( Um l'uterut iitinii , twii etiam i;rœcis , utteriiporibus illis , salis erurhtus (27). (1) Cel>^ ri^Kurde un autre poëu '] Savoir Attilins , dout Ciceron pai'le non -seulement dans l'un ^ de ses lettres à Attiius, hncenirn Aililius, p^ëta durissimus (38) , mais aussi dans un anti'e endroit. Cet autre passage rae'rlte d'êlre rapporté un peu au long, parce qu'il apprend de quelle manière il faut jui^er l'ie ceux qui me'prisent leur propre laTii^ue, et les auteurs de leur nation. A quibus inniùm dUsentio . ut cùm Sophocfes i'eli ptimè scnpsent Electram, la'nen malè confersnni /Ittilii niilii legendant putem, de quo Lici/iius ;
Ffrreum(ic)) ^cnplorern opinoVy vet'um scrip-
lori-m tainen Vt le^endu.1 sit.
litiJem enirn esse oninino in nostris poèlis . iiut inertis.\irnœ segniliœ est , nul fdslidii dehcnliss'mi. J^Jibi quideni nul a siitis crudiii l'id.- ntur qutbus nnstra ignitfi suni (3o). Suétone fait mention de l'Electra d'Attilins, comme nous le ferons voir dans l'article de ce p lè'le. L'Electra était .sans doute une trage'die : cependant Attilius n'est compte t|u'au nombre des p/)ëtes comi(jues dans le catalogue de Volcatius Sedigitus i^SiJ ; et, selon la remarque de Vossius , les morceaux que Ciceron, Varron et Macrobe (Si) cilentde lui, seatent plus ie comique que le tragique. Qui prétendrait faire de cela une dilBculté serait dans une grande illusion. iMM. Corneille et Raciue ne sonl-ils point des poètes tragiques simplement et absolum-nt? néanmoins ils ont fait Aa comédies. Ei si Molière s'était avisé de composer «pielque tragédie , comme on dit que S<arron s'en voulut enfin mêler , eùl-il cessé d'être tout court un poète comique ?
yl niajori porte suimtur denoininaùn, Vojez la remarque (F). Mais, pourre-
(27) < icero , in Bruto, cap. XXVIII.
(28) Idem, Epist. XX. Ub. XIV, ad Auic. (2g) C'est ainsi que Vossius, de Poët. lat. ,
piig- 7 , raige Us parolr.i de Licinius.
(3oj Cicero, de Finit) lib. T , circa inil.
Çii) Jpud A. GftI. /,/,. XV, cap. XXIV.
(il) Je cruii rfii' Vossiu* , de Poét. latf/rty;. -S , .te trompe louchant Mai-robe.
lus.
venir à la prétendue accusation contre le sTyle d'Accius , je dois dire que Ciceron a cité souvent ce poète, et que dans l'oraison pour Sextius il l'a traité de grand poète : Summi pnetœ tngeniuni n n solkm une sud, sed etiant dolore e.tprhnebat. L'endroit est curieux:
on y voit que le fameux acteur Ésope se servait des vers d'Accius qui avaient quelque rapport à l'exil de Cicéron ; qu'il s'en servait, dis-je, l>our faire sentir au peuple cette injustice. Les Romains étaient fort accoutumé> à faire des applications au temps présent, lorsqu'ils entendaient certaines pensées à la comédie. Voyez Suétone (33; et la ]<^'''=. et la X«. pbiïippique de Cicéron : elles nous apprennent que , pendant qu'on jouait une tragédie d'Accius, le peuple ne cessait de témoigner par ses applaudis ■ semens l'amitié qu'il avait pour Briitus.
(K) La réflexion de bon sens qu'il opposa à ce reproche.] Accius, allant eu Asie, passa par Ta rente , et y vit Pacuye, qui s'y était retiré sur ses vieux jours. H fut le voir la tragédie d'Atrée en poche, et lui en fit la lecture. Telles gens ne séparent guère ces choseslà. Pacuve^' trouva d'un côté beaucoup de grandeur et de cadence^ et de l'autre beaucoup de dureté et de crudité. Accius avoua la dette avec joie, et en tira un bon augure pour ses productions à venir ^ les esprits étant semblables aux pommes, qui ne valent jamais rien, si elles ne sont dures et vertes avant que de mt'irir. Mais il vaut mieux peser les paroles de l'original. Tune Pacuuium dixisse aiunt sonnra quideni esse quœ scripsisset et graiidia , scd uideri ea tameii sibi duriora pauliim et acerbiora. lia est , inquit Accius, uti dicis , nequc id sanè nie pœnilet, mciiora eniinj'ore spero qua' demci-ps scribani. Nam quod in ponds est, itident, inquit, esse aiunt in ingeniis, quœ dwa et acerba nascunltir , post Jiunt mitia et jucunda • sed quœ gigniintur statim viela et moUiii atquc in principio sunt uv'ida-^ non matura niox jiiint, sed putria Relinquendum igilur uisum est in ingénia quod dies alque œlas mitificet (34).
Cela me fait souvenir d'un conseil
(.13) Sucton. I» Cœsar. cap. LXXXIV.
(34; Aulus Geiliu-s , l,h. XIII, cap. II.
Ïue Lij)se donnait aux jeunes gens, u passion énorme quMl avait conçue pour je ne sais quel style concis, qui dég-Ùfe ou qui fait rire la pluparf de ceux qui lisent les lettres de ce grand homme , ne Tempèctia pas de condamner la jeunesse qui aflccte la brièveté'. Il disait que c'était le chemin de la maigreur, et qu'il fallait avoir à cet âge-là plusieurs supertluités que Ton donnât à éraonder aux années suivantes. AiJeà-, dit-il (35, , ^«fe/jtMtcm ad brei'itatem non woco, ut etiam ahsterreain, sive quia Uitn ndnimere i>ix potesl, et hrcfitalis imitatio Jhcilliniè (étaient hanc decipU : sive quia nec utiliter potest , et jut^enili Mo breuitatis studio aridua plerumquè et exsuccus Stylus et^adit, necj'acilè ad laudatnm illani tcniperieiu venilur , nisi initia uberlas qucedam et luxuries sit quant œiai p'iulatim depascat. Balzac était dans le même -entiraent. Amputanda plura sunt effloiescenli iUicetaù quant Inserenda; facileque est reniediuni ubertalis , steriha nullo lubjre superantur {^i6). JMais , pour revenir à Accius, on n'a pas eu tort de dire dans le Dictionnaire de Charl^^s Etienne, et dans ceux qui ont été bâtis sur le même fond, que Quintilicn Ta excuse sur le temps où il vi\ait. Tragœdiœ icripiores .Iccius atque Pucui'ius clarissimi grni'itate senteiitiarum , t'e/b'Tuni pondère, et auctoritate personaruni. CœlerUm nitot\ et summa in excoltndis operibus nianus , niagis l'ideri potest ttniporibus qu'uni ipsis ilefuiise. P^inum tanien Accio plus irihuitur , Pa(Ui'iunL videri doctiorem , qui esse doiti affectant, uoliint (o")- On dirait que Quintilien cojiie ces vers d'Horace :
AinbiguiLur quolic.^ uter iitro sit prîor , nuferl Pacti^iUi docti famam senif, Accim alti (38).
11 y a un passage d'Ovide , qui semble reprocher je ue sais quoi de sauvage et de farouche au style de notre Accius; mais, tont bien compté, j'aimerais mieux entendre i>ar-là les actions cruelles dont il avait fait la description dans ses tragédies. La pensée d'Ovide est que, si Ion jugeait de* mœurs d'un homme par ses écrits , Accius
(35) Lips. in Institut- Epistol.
(36) Balzac. Epist. splecta;.
(3:) Qiiintil. Institut. Orat. hb L. cap. I. (38) Horat. Epist I, lih. Il .i-s. 5o.
ACCIUS. 121
serait féroce; Térence aimerait la bon-
ne cliere ; ceux qui décrivent la guerre seraient braves •
Jcctus es.tel atrox, conviva Terenlius essel, Eisent pugnaces qui fera beUa canunl (Sg).
(L) ^ <^'>'- P/"> nioins sensée.^ C'est Quintilien qui nous a conservé ce petit fait. Aiunt Accium interrogatuni car causas non tgeret , citni apud eum in trui^œdiis taiita uis esset , hanc reddidisse rationem, qitôd illic eu dice~ rentur quœ ip.^e rel'et , mforo dicturi adt^ersani eiseiit quœ minime lellet (4o). <( Dans mes tragédies, répon~ » <Jit-il, je dis tout ce qu'il me plaît; » maisdans le baireau, il me faudrait )) enteadr«ce quejeue voudrais jias. »
Je connais un homme d'esprit qui employa une sembiable raison pour détouruer son (Ils de l'étude de la jurisprudence , et pour l'encourager à l'étude de la théologie. Quoi île plus commode, lui disait il, que de parler dei'ant des gens qui ne wous contredisent pas ? c'est l'avantage des prédicateurs : I'"t quoi de plus incommode que d'être obligé a entendre , dès que uous ai'ez cesse de parler, un homme qui vous rtjute, et qui vous fait rendre compte sans quartier de tout ce que vous avez dit? c'est la condition d'un avocat.
Cela me fait souvenir d'une pensée de .Montaij;ne. « Au don d éloqu.?n- » ce, dii-il^^\), les uus ont la faci- )> lité et la promptitude , et ce qu'on '» dit le boute-iiors si aisé , qu'à cha- » que bout de champ ils sont pi-ests : » les autres , plus tardifs , ne parlent » jamais rien qu élabouré et prémé-
» dite Si j'avois à conseiller de
» mesmesen ces deux dis ers avantages » de l'éloquence, de laquelle il semble " en notre siècle que les prescheurs et » les advocats fassent principalement i> profession , le tardif seroit mieux » prescheur, et l'autre mieux advocat:
') parce que la charge de celuy-là luy w donne autant qu'il lui plaist de loi- " sir pour se préparer ; et puis sa car- » rière se passe d'un ûl et dune suite » sans interruption : là oiiles commo- )) ditez de l'advocat le pressent à toute )' heure de se mettre en lice; et les
(39) Ovi^J. Triit. Uh. II , vs. ?.^9.
(40) Quintil. lost. Orat. hb. V, cap. XIIT. (hi) Fssais de Montaigne, liv. I, chap. X,
(tu coinmciiccinerit , pages 5î , 53.
ACCIUS
y responses imprévues de sa partie j> adverse le rejettent de son branle , '> où il luy faut sur-le-champ prendre » nouveau party... La part de l'advoî) cat , ajoiite-l-il (^-2) , est plus diffi— 5> cile que celle du prescheur : et nous » trouvons, ce me semble, plus de pas- » sables advocats que de prescheurs , » au moins en France. »
(M) Que l'on' châtia un comédien.^ Se voyant traduit devant les juges, en re'paration d'injures, il dit pour sa défense qu'il était permis de nommer un homme qui donnait ses pièces de théâtre à représenter. PubliusMutius, devant qui la cause fut débattue , le condamna. Le poète satirique Lucilius n'eut pas le même succès ; car on renvoya absous le comédien qui l'avait nommément offensé sur le théâtre :
tant il est vrai que les juges ne sont jias tous de la même humeur, ou qu'il y a des gens que l'on considère plus que d'autres. Celui qui nous apprend ces deux procès s'exprime ainsi : 3Iimus qtdrlani nnminathii Acciinn poëtam cnnipellavit in scend : cuni en Accius injuriarum agit : hic iiihil défendit , nisi liceri nominal i eum , cujus
nnmine scripta dentiir agenda (43).
Caius Cœlius judex absoîvit eum injuriarum, qui Lucilium pnëlam in scend nominatum lœsernt : Piiblius Mutius eum , qui L. Accium poëlam nominui'erat , condemnai'il (44)- Glandorp ji'a point su où l'on trouvait cette histoire : il ne la rapporte (45) que sur la foi d'un auteur moderne dont il copie la fausse glose, savoir, que le défendeur fut condamné , parce qu'il avait prononcé tout simplement he nom d'Accius , sans titre d'honneur, ni complimens , sine prcej'atione honoris nominafcrat (46).
(N) D'autres ne te croient point,'\ Si j'avais à prendre parti , je me rangerais au leur; car, outre que Cicéron, qui a tant de fois cité notre Accius, ou avec éloge, ou sans le blâmer, aurait mauvaise grâce de lui venir dire des injures dans le I*^''. livre des Lois, je remarque que ces injures sont tout-à
(42) Là même, pag. 5^.
(43J Aiictor Rlintoric. ad Herenn. lib. I.
(44> IbiJ., l,b. II.
(45) Glandorp. Ouom.ist. png. 3.
(46) CatanîKus , dotiC Glandorp ne cite pas l'enilruU ; mais on le trouve dans le Commentaire in Plin. Ëpist. III , Ub. V , pag. 391.
fait opposées au caractère de celui qui fait le sujet de cet article. L'élévation, la grandeur, la force, étaient le caractère d'Accius, et nous avons ouï (47) le témoignageque Horace et Quintilien lui ont rendu là-dessus. Joignons-y deux vers d'Ovide, et \\\\ arrêt décisif de Paterculus.
Ennius arte carens , animosiqtje Accius oris^ Casurum nullo tempore iioinen habenl (48).
Clara etiam per idem œfi spatiuni j'uêre ingénia , in togalis Afranii , in tragœdiis Pacuuii atqiie Attii usque in Grœcorum contparalionem evecti , magnumque inter hos ipsos Jacientis operi suo Incum ; adeo qnidem ut in illis limœ, in hoc penè plus l'idealur fuisse sANGUiNis (49)- Si le nouveau témoin que je vais produire était de la force des précédens, ce qui suit enchérirait de beaucoup sur tout ce que j'ai déjà rapporté; car Yoici Accius sur la tête du grand Euripide : ylccius poêla junior suo ingenio prœcelluil Euripidtin y qui fuit altus et ingenio sublimis (5o). Un autre nous donne Accius et Virgile pour les deux plus excellens poètes de Rome : An Laliœ musœ non solos adytis suis Accium et f^irgilium recepére , sed eorum et proxiniis , et procul a secundis , sacras cnncessêre sedes (5i)? Quelle apparence qu'un tel homme ait fait une histoire digne de cette censure de Cicéron? JYum quid Accium memorem , cujus loquacitas habel aliquid argutiarum , nec id tamen ex illd eruditd Grœcorum copia, sed ex librarioUs latinisa In orationibus aiitein multus et ineptus , ad summum impudentinm (Sa). Remarquez bien que les Annales du poète tragique Accius étaient en vers, et que Cicéron ne parle là que de ceux qui avaient écrit l'histoire en prose latine; car il ne dit rien d'Ennius. Nos meilleurs critiques pensent que ce passage de Cicéron est corrompu , et qu'il faut lire, non pas Accium , mais Macrum. Ainsi la censure tombera sur l'historien Liciniiis Macer. Vossius embrasse ce sentiment (53). Mais, lorsqu'il apporte en preuve
(47) JJans la remarque (K).
(48) Ovldlus, A.nor. lib. I, elen. Xr, vs. iq. (Ag) Patercul. Itb. Il , cap. IX.
(5o) Acron in Horat. Eplst. I , lib. II. (5i) Columella, de Rc rust. , tib. I, prwj. (.'»2) Cicero, de Legibus, lih. /, inilio. (53) Voss. de Ilist. Ut. lib. I , cap. X.
ACCIUS
ramitie qui était entre Sisenna et ce- Jiii qiK! Cirëron raaltraitu, lors , disje , qii il en couclut que Ciceron n'a poinf parle d'Acrius, il se trompe:
car, ne lui en déplaise, Acciiis et Sisenna ont eu à peu près le même .Ige.
Siseniia était vit ux apics la j^uerre civile de Marins et de Sjlla (54) , cVstà-dire, ^ers Tan 672 i\e lionie, et Accius n'était point mort en G65.
(0) Pasidr pour pjreiU de notre pnèle ] ï»aint Jérôme remarcjue , en pariant du poète Aicius , ipi'il lut mené à Pisaure lorscpie les Romains y envoyèrent une colonie; et qu'il y a\ait auprès de la ville une terre nommée Jumlus Accianus (55). C'éta'.l la })cirtion qui lui échut dans le partage que l'on Ut des terres aux liabitans de cette nouvelle colonie, ^ur cela Scaiigtr obsi-rve que la colonie de Pisaure ne fut établie que ([uatre ans après celle de Boidogne , c'est-àdire, l'an de Rome 568, quinze ans avant la naissance d'Accius (56j. Disons donc que saint Jérôme s'est trompé : Rome était un séjour plus propre qu'uue colonie à un poëte qui était la gloire du théâtre en ce temps-là :
mais ne croyons pas que ce mensoiigf" soit sans aucun t'oudeiuent. Le père d'Accius suivit peut-être ceux qui conduisirent la colonie de Pisaure; et peut-être que le patron auquel il devait sa liberté fut un des principaux commissaires de ce nouvel établissement. En cas qu'il eiU suivi son patron , il aurait pu être partagé de la terre que l'on appela dans la suite Jumlus Accianus, et il aurait pu laisser entre autres enfans le père de l'orateur Accius. Voici comment Ciceron a parlé de cet orateur. T. Acciuiu Pisnurenstiii , cujiis accusaùoni respnndil pr<> A. Cluciitio ^ qui et accu raie ilicebat , et salis lopiniè , eralque picBtereà Joctus Hcnnagoiœ prcecc) tis , quibus elsi 01 namcnta non salis opima dicendi , tamen ut hastce velitibus ainentatœ , sic npla quœdam et parata singulis causartini generilnis argumenta tiudunlur (57). Scaliger ne censure pas saint Jérôme d'avoir mis
(54) Vell. Patercul. , lib. Il, cap. IX.
(55) In Chron. Eiiseb. num. 1876.
(56) Scalig. Anim. in Euseb. ibid. ex Paterculo , lib. I , cap. XV.
(57) Cicero, w: Bruto , eap. 78. Vorei aussi roraison pro Claenlio.
pêle-mêle la grande réputation et la mort de Pacu\ius sous la 3''. année de la iSG"". olympiade (58), et la grande réputation d'Accius sous la i'. année delà ido*^ olympiade. Il ne peut sortir de là que des confusions pour ceux qui savent que Pacuvius avait cinquante ans plus qu'Accius. Car, si l'on supposait que Pacuvius mourut âgé d'environ quatre-vingt-dix ans, en l'année sous laquelle saint Jérôme pa'le de sa mort , il faudrait dire qu'Accius était âgé d'environ f[uarante ans la 3*^. année de la 156"^. olympiade ; et cependant il naquit, seloa saint Jérôme, sous le consulat de Mancinus et de Serran us, qui tombe sur la 2<" année de la iSa*. olympiade. Il faut donc, comme je l'ai dit dans la seconde remarque, se défier ici un peu de ce chronologue.
(P) Le latin de cet Accius,'] Perse et Martial se sont bien moqués de ces gens-là :
Est nunc Brirtsi (09) qnetn venosus liber Àcci, Sunl rjiws Pacuviuique et verrucosa moretiir Anliopa, wnimnis cor lucufcabile fiiUa (60).
Voici ce qu'en dit Martial, dans l'épigrarame XCI du II®, livre.
Allomlusque lefif terrai fnigi ferai ,
Accius et quidquid Facuviusque voiniinl.
Si l'on avait imité ces vieux auteurs, comme nos plus beaux esprits imitent aujourd'hui Marot et les autres poètes du WV. siècle, dans des contes, dans des ballades, dans des odes pindariques , dans des rondeaux , etc. , faits exprès en vieux langage, je ne vois pas que personne eût pu raisonnablement y trouver à mordre j mais apparemment, c'était tout de l.-on , (pi'on employait ce style moisi et suranné : on le prenait pour la parfaite éloquence, soit qu'on le débitât tout pur, soit qu'on le mêlât avec celui de son siècle. Voyez les bons conseils que Phavorin donne à un jeune homme
(58) Pacuvius Brundu.'inus tragadiarum scriptor clarus hahetur , vixilque Romœ quoad picluram exercuil et fabulas vendidit. Deindè Tarentutn transgressas , prop'e nonagenariut diem obiit. Chron. Eu.«eb. num. i863.
(on' Casaubon , slir cet endroit de Perse, conjecture qu'il faut lire Bri»éis , el que c'r'tait le titre d'une tragédie d'Accius. Scriveriu-, m Teslim. (le Altio , a tort de croire que Perse ne parle pas du poêle tragique.
(60) Fers. Sal. I. vs. -fi.
Jece goùt-là (6i). On n'est point su- la vieillesse Tavait eniaidie. Il jet aujourd'hui à cette sorte de mala- ^^^^ j^ chapitre XV du livre VF. die, et Ion trouve beaucoup plus de j /-^ i- 't,i t • gens qui se degolMent trop tôt d'un ^f <-œIius Rhodiginus ; mais oa mot ordinaire , ou qui courent trop n'y trouve rien qui approche de ardemment après les mots nouveaux- cela (a). Le continuateur de Menés, qu'on n'en trouve qui veuillent ^^^j -^^^e que cette femme .se retenir avec trop d aiiectjon (021 les , . ' . , ^ , vieux termes. Si l'on emploie le vieux plcisnit a parler a^ec son image langage, c'est par forme de plaisan- devant un miroir., et que souvent teriejc'est par jeu d'esprit, c'est pour elle faisait semblant de refuser un ouvrage burlesque. Ce n'est qu'en ^^ qu'elle souhvlail fort Plutarlalm qu il se trouve encore des au- ' . . ''., , teurs qui se plaisent à débiter les plus que ajoute .^onrsint-Û, que c est vieilles phrases. 11 y avait sans doute un mol dont les mères se serparmi les anciens Romains une au- vaient pour épouvanter les petits tre espèce de gens lorsque le latin r^^^^ ^^ ^^^ retenir en leur delut venu a sa periection. Ces gens- *^. ti •. 1 v-ittc i- 1 r^ là étaient admirateurs perpétuels des "O'r. Il cite leXVI .livre de Cœvieux poètes , sans se servir, ou sans lius Rhodiginus, et Cice'ron II ad vouloir que l'on se servît de leurs ex- Aiticum. Je ferai ci-dessous la pressions surannées : ils voulaient seu- critique de ce passaee (A). En atiemcnt mortiiier les écrivains de leur , ■^'■ ^ . > ° il t>i t temps, en les mettant au-dessous des tendant, VOiCl ce que dit Rhodlvieux auteurs. Horace avait bien corn- ginus dans un lieu qu'on ne cite pris leur intention : point (A). Acco radotait de telle Sic fauior vetenim, ui tabulas peccarf ve- sorte , quc , lorsqu'eilc se regar—
QuàTbù ^uinque „iri sanxerunl : fœdera ^^^^ ^-^^S le miroir, elle s'cntrC-
"S"-"^ . , , n . tenait avec son image comme si
yel LraOïis, i'el cum rigiais œnuala Sauinis, , ^ , , '-'„
Pontifcum libiof , annom voiu.nina fatum , C cut ete Une autre temme : on
DutUet Jlbano Musas in monte locutas. j^ ^^^^ j^ ^^^^ ^^ g -^,^^3 ^ ^^ ^^j.^.
Jam Saliare Numœ carmen qui laudal , et mCSSeS , de meuaceS , de SOIIFIS ,
Quod mecum ignorât, solus vultscire videri ; Ct de tOUt Ce qiÙ a lieU daUS UUC
Ingénias non Me fa^et, plauditqu.sepuUis, couversatiou . D'autres écrivcnt
jyostra sed impugnal, nos nostraque lividus « 1 • 1 ^ • i>
odu ,63). qu elle tachait quelquefois d en-
C'est encore une maladie dont notre foncer un clou à coups d'épongé,
siècle est exenii.t. On se contente de Comme Si elle eut tenu un mar-
mettre la Grèce et l'ancienne Rome au- teau. PJiodigijius n'en dit pas da-
dessus de notre siècle 5 mais on ne yant.-îge. Pour ce qui est de Plu-
préfère lias les harangues et les poc- , -i j-i. i * ^^
siesdu XV. et duXVÎe. siècle à celles tarque, il dit seulement que Clir.y-
qu'on fait aujourd'hui. sippe lî approuvait point que 1 on
(bi) y4pud ku\. Gell. , hb. /, cap.
nous fit peur delà justice de Dieu
ide eiiam ibid. cap. VU. pour iious detoumcr du pèche
(61) L'orateur Stsenna avait celle affectation. /■ ', „„„ j;^,.,'t ,'1 „ ,^ «„„„„,.,.
Cicer. in Biulo. SMh.sIe enaeieaccn-fe'. Sue.o,,. W ; ^Or, dlSait-lI , On lie manque
in AuR. cap. Lxxxvi , et in vitâ Giainm. , lyas de raisous qui combattent ce
cap Xr; et de l aj/ectation contraire , c'ert-ii- ^ . .. ,* . . /• •
dire, de forger des mou nouveaux. Atil. Gell. qUl SC dit SU/' LcS pUnitlOllS dlVl-
lib. I, iap. XV.
(63)Horat. Epist. I, W. //, w. 23 .... e£ 80. ,sti j i . , >;
^ ' '^ (a) Lloyn ne change rien . si ce n esl qii il
, cite Rhodiginus nu livre XVI , cfiap. If.
ACCO. Charles Etienne débite [h.Lechap. iidn xvii^.n^re. ildurjud
que c'était une vieille femme qui " i" <"«/« ^<^"s /'Épiiome des adages de Tar-
j • . r 11 j 1 • . r.eus et de Didvme.
devint lotie de chagrin en vovant . r,, ■ ^
., • • j II " ■' ^^) Plul. de Sloicorura répugnant, pae.
dans un miroir de quelle manière lo^o B
fies , et qui montrent que ce dis- oui condamner cela par de fort lia'ai-
-^hJ^ :, r'oh.i rl^c A^.i les docteurs. Les anciens Romains cours ressemble u celui aes oon- . . »! i i » i
. , j, j avaient leur .Mandnciis, dont ils me
nesjemmes , qui J ont peur d Ac- nacaienl les enfans, comme je le dirai
co et d'Aljthito aux petits enfans sous ce mot-là. (B), afin d'empêcher qu'ils n'a-
busent de leur loisir. Plutarque fait voir ensuite que Chrysippe se contredisait lui— mèn\e.
( A) L'i critique de ce passage."] i". Su! des trois auteurs qu'on cite n'a dit qu'Acco devint folle pour s'être
ACCORDS (Étien-n-e Tabourot, seigneur des) , avocat au parlement de Dijon , et puis avocat du roi * ' au bailliage et à la cliancellerie de la même ville , naquit l'au I 5^c) (a). Ce fut un homme
vue dans un miroir, et qu'elle faisait d'esprit et d'érudition , mais qui
folie d'Acco , ses illusions touchant luière édition est de Paris, eu
son image et sa dissimulation, on s'es- i 582 (A). Je l'ai cité quelquefois
prime ainsi Phuarquc ajoute. C'est ,^, q^ ^^ f^^ -^^ ^^.^ premier
dire que Plutarque a débite ces trois ;.' ., ^ . » . . 1
faits, et par conséquent c'est trom- l^vre; car il avait fait mipnmer
perle monde, vu que cet auteur dit quelques sonnets *^ (c) : ce que
seulement ce que j'ai cite de lui. 2°. n'ont point su ni la Croix du
Quelle iiésligence n'e,t.ce pas que Maine, ni du Yerdier Vau-Pride citer Cui ron 11 adjiitLcntnr \ eut-
on citer la 11*. lettre, ou bien le II"-', livre ? Faut-il laisser deviner cela aux lecteurs? Fatit-il leur laisser la peine de chercher quelle lettre c'est, quel livre c'est? Ceux qui auront la patience de le chertlm' perdront bien leur [)eine. Ils trouveront dansla XIX*^. lettre du 11*-", livre , Certi sumus penisiS nmnia : t/uuJ eniin dx.x.i^',/j.iisi.. tamdiii? C'est ma lil^. censure. Licéron est cité à faux : il n'a rien dit
vas. L'ouvrage qu'il intitula les "^rouches fut imprimé à Paris , l'an i585 (B). C'est un recueil de poésies ingénieuses , à la vérité , mais la plupart sur des matières obscènes, et qu'il traitait trop librement , selon la mauvaise coutume d'alors. 11 règne un semblable esprit dans ses Bigarrures.
d'Acco. Le mot grec dont il s'est On lui en fit des reproches qui servi, et dont plusieurs autres auteurs l'obligèrent à se justifier fC). On
lui attribue un Dictionnaire des rimes françaises *^ (Dj. Au res-
se servent pour signuier ce ijue nous appelons oateLiner, biaiser, faire le ditiicile sur des choses que Ion souliaite passionnément: ce mot, dis je, qu'Erasme a mis entre ses proverbes (ij, a fait soupçonner qu'Acco avait été un hypocrite ^ mais ce n'est qu'une coujecture, et il ne doit pas être permis de citer Plutarque , ni Cicéron , ni même Cœlius Khodiginus , pour des conjectures que d'autres gens ont avancées.
(li; Qui font peur d'Acco et d'Alphtto ■luar petits enfaiis.] Je ne pense pas qu'il y ait de pays au monde , où l'on n'ait une semblable coutume. J'ai
(1) Voyez Accissare cent. Il , nnm. ç<).
Adagior. chil. Il ,
"It fiait procureur du roi, dit Joly.
(ai On mit autour de sa taille-douce, qu'en tâS^ H avait 3") ans. [ Joly remarqua qu'à ce portrait de 1 58i on laissa l'inscription mise à celui de i Jo2 , iExA. 35 ; de là l'erreur de Bayle. L'epitaphe de Tabnurot apprend qu'il naquit en iS^y , et qu'il mourut en i J90.]
[hj Voyez la lahle des matières , au moi Accords.
*^ Ces sonnets , dU Joly , furent imprimes en 1572.
(cj Voyez le livre IV de ses Bigarrures, édition de Paris , chez Mautroy , en 1 662 , i/1-12. pag. 477.
*' Joiy donne te titre de quelques aulrc^ opuscules.
te , la seigneurie des Accords est lia fief imaginaire qu'il ne fonda que sur la devise de ses aïeux (E).
Remarquez que Guillaume Ta- BOUROT , son père , qui fut avocat
lei^itimes , conceus hors mariage : car
ainsi nonimoit-Ll ses trois premiers li-
Dt sorte que j'ay coiineu arer-
tement que c'tfloit une excuse recherchée, pour nous rniretenir , qui m'a (iccasioné de nicllre en tuniière ce c/ue au parlement de Dijon , conseil- /'f .«^"'^ de copie, hauteur , de son ^- ■ ■ ' - cote, ne manqua pas de prétendre
cause d'ignorance. » Je fus fort eston- )> ne , deciara-t-il (3; , quand je vy j) la première impression de ce livre, n duquel je pensais que la mémoire )) tust esiemte. Mais, le relisant quasi » comme riiose nouvelle , que je u'a- » vois \ eu y uvoit quatorze ans , je » conueu incontinent, et mon génie, » et mon style du temps que je l'avois » basti pour me chastouiilcr rao^-mesi> me , alin de me faire rire le prë- « mier , et puis après les autres : tel- >» le.T.ent que je n'avois observe' autre >> ordre, sinon d'entasser pesh-raesle » les exemples, selon qu ils me ve- >' noient en fantaisie. K'cstant ce li- » we que pièces rapportées , sans au- '> cune curiosité, et fait seulement » \>î.r petits papiers, à diverses fois » adjoustez, desquels je reconneu tou- )) tes fois qu'une grande f artie avoit « esté perdue. TellenienI que, comme » cbuscun e^t amateur de son ouvra- >' ge , je me délihéray lors d'envoyer îe » surplus des adjonctions qui estoient )» crues depuis ce temjis-là, avec cel- » les que l'on avoit omises. » Qnoi qu'il en soit , il avoue et il adopte cette seconde édition. Occasion de quoy , coritinue-t-il (4), j'ay releu ce Jolastre ài'rc , de hnul it autre, ce que jamais aupann'ant je /l'atoisjail ; afin de le reritctire en lumière , aclnn ma vraye conception. Et, pair ce que depuis ce temps'ia quelques petites curiositfz me sont vmues en mémoire , et autres m'ont esté amiablement eni'oyees par un des plus doctes de nos- Ve France , sur le mesnie suject , je les ay adjmistees par Jhrnte d'adjonction l'auteur.
Pasquier ne trouva pas bon que Tabourot eût augmenli- ses Bigarrures.
C'était faire \oir qu'on s'arrêtait trop long-temps à des endroits par où il ne fallait que passer. Il faut les considérer comme des hôlelleries de voya-
(3) À^anl-propos de l'auteur sur le' éditions des Hls;arrnres II eit date' de Vciroijoyj le quinziènif de srptenibr*' i;'i84.
(4; Lit ihc'ine, f<jlio A v.
1er du l'oi et maitre extraordinaire de la chambre des comptes, est fort loué jjar Pierre de Saint- Julien dans le livre de l Origine des Bourguignons (d). Il mourut le 24 de juillet 1691 *, dans sa quarante-sixième année (e).
{d) yoyez la Croix du Maine, pag. l56 (e) yoyez sonépitaphc dans /e^ Bigarrures de sonjils , pag . 325.
* Son épilhaphe dit en iSqo , « /^3 ans.
(A) L'ouvrasse , qu'il intitula Bigarrr.rcs , dont la première cdi'.io/i est de Paris, en i582.] 11 marque cette année-là , dans l'avant-propos de la seconde édition ; et il doit être plus croyable que la Croix du Maine , et que du Verdier Vau-Privas , qui mettent la première édition des Bigairnrcs à l'an i583. Le premier livre de ces Bigarrures est divisé en vingt-deux cbapitres , qui traitent , entre autres choses, des Rébus de Picardie, des Eqidi'oques , des yinli-strophes , des J^ers relrogades, des Allusions , des ylcrosliches , de Y Echo, des f^ers léonins , des autres sortes de f^ers fn- Instrement et ingénieusement practiqucs , des Epitaphes , etc. Tout cela est rempli de facéties et jnyeusetez , comme l'assure la Croix du Maine (i).
L'imprimeur ne manqua pas d'exposer qu'il publiait cet ouvrage sans la permission de l'auteur, qui déclara tout ouvertement , dit - il (2) , que l'dge , le temps et sa profession , lui ai'oient 'fait changer d'humeur , et la folonte , et qu'il lui serait mal-séanl d' ad vouer ce qu'il avoit j ait en ses premiers ans et verdeur de J'olaslre jeunesse , alant a grand' peine accomply dix-huict ans • et qu'après qu'il avoit donne preu\e de sa siijjisance en (juelque brave et docte suhject , il adviseroit de ne point estouj/'er ses petits enj'ans naturels et il-
(i) La Croix du Maine, Bibl. française, p. 80. (3) André Pasquet , Avis au lecteur à la léte ihs iJigarruies.
^eur , et non pas comme son logis. Ce qui n'ont achepté que le premier livre
doivent être des promenades, et non pour gausser tt rire , seront conlraints
pas un séjour lise. La jeunesse peut d'achepler aussi cesluycy, allcchts par
excuser ceux qui donnent quehjues ce qucj'y ayeiUremesle de JoUuitre ,
heures à ces badinages : mais si, quel- comme sont les apophtegmes , aulre-
ques années après , on s'applique à ment propos niais , ou plutost considé-
les retoucher, et à y faire des addi- rations absurdes de M. Gaulard, sur
tions, il semble que l'on ait dessein de le moule duquel on en a voulu figurer
blanchir sous ce harnais , et tanquan quelques autres par la France , comme
ad Sirenum scopulos consenescere. j'ay esté adverly : mais ceux qui le
Voilà le sens que je donne à ces pa- font ont tort doster la gloire a nostre
rôles de la lettre qui fut écrite par Comtois Bourguignon. Et par ainsi
Pasquier au sieur Taboui'ot , l'an i584. je ferai comme la veuve du Castillan,
J'ay leu vos belles Bigarrures, et les ay qui ne voulait vendre son cheval sans
leues de bien bon cœur , non-seulement ion chat.
pour l'amitié que je vous porte , mais Katez que le quatrième livre des Biaussi pour une gentillesse et naïveté garrures est plus sérieux que le pred esprit dont elles sont pleines : ou, mier. 11 est divisé en trois chapitres. pour mieux dire, pour estre bigarrées Le \". contient quelques traits \\\We5 €t diversifiées d'une infinité de beaux pour l'institution des enfans^ le II<^. traits. J'eusse souhaite qu'a la seconde regarde le changement de surnom : et impression on n'y eust rien augmenté, le lll*^. ])iusieurs pariiculières observa- S il m'est loisible de deviner, il me lions sur les vers français. L'ouvrage semble que l'on y a ajouste plusieurs finit par un discours des faux sorciers choses qui ne se ressentent en rien de et de leurs impostures. Tout cela est vostre naïf; et croirois aisément que plein de choses curieuses, et que l'on c'eust esté quelque autre qui vous eust peut lire utilement. Ce caractère parmal h propos preste ceste nouvelle cha- ticulier du quatrième livre est une rite. Ilfauten tels sujets que l'on pense des raisons que l'auteur emploie pour que ce soit un jeu, non un vœu au- se justifier de l'avoir donné ;ui pubhc queljichions toutes nos pensées, f^ous avant le second et le troisî^>me. Ji cognoistrez par l'a que je vous aime et faut que je cite ses paroles. Elles téhonore -.puisque, pour la première fois, moignent qu'il n'avaitpoint abandonne vous parle si librement (5). né ses badinages, depuis la lettre que Je crois que des Accords ne profita Pasquier lui avait écrite; car il s'exguère de cet avis , et qu'il fit encore cuse d"y persévérer. Ce que j'en ai d'aiiti-es additions à ses Bigarrures , faict {%) , à'\i-i\{'Q) , a esté principalequaud on les réimprima. J'ai l'édition ment afin de faire entendre , par les de Paris, en i6i4, où l'on voit, non- discours de ce livre, que j'ai l'esprit seulement , le l/^^. livre des Bigar- disposé a autres choses qu'a des lascirures , mais aussi les Contes facétieux vêtez , pour fermer la bouche à urt tas du sieur Gaulard, gentil-homme de de calomniateurs ignorants, qui me lu Franche-Comté Bourguignote , et l'ont malignement objecté. El, pour les Escratgnes Dijonnoises, recueillies le regard de ceu.x qui trouvent a d'ire par le sieur des Accords. Ce quatriè- qu'un homme de ma profession se mesle me livre n'est précédé ni du second encore de follaslrer , tantost en prose, ni du troisième. L'auteur donne plu- tantost en vers , je les renvoyé à la sieurs raisons pourquoi il le nomme docte epislre liminaire des épistres néanmoins le quatrième (6); et il dit , françoises du scavant Pasquier, qui a entre autres choses, que ce volume 'bien monstre, tant par vives raisons entier ne serait pas bien bigarré, s'il qu'exemples , comme il ne faut pas suivait la façon des ordinaires escri- assubjectir l'esprit a une seule profesvuins. Il avoue que, pour le faire sion si opiniastrement que l'on ne luy mieux vendre, il y a joint les Contes permette s'égayer en la source abonda sieur Gaulard. Ceux , dit il (7) , dante de la vivacité d'iceluy. Je loue
(5) Pasquier , LeUres , liy. VIH, lom. I , (8) CeH-a-dire , en publiant le TV. livre de pages 492 , 493. ^„ Bigarrures avant le II'. et le III'.
(6) Dans sapre'l'acedu iy*.liy. disfit^aTruTts. (9) PrefaccduIV'. Uyre det Iligarrurci, fol
(7) L'a même , fotw A lij. A ij.
i>Es ACCORDS.
certainement ceux qui, à la façon des i>erce à i^ranrl'peinc la peau, et ne peut yiltcmans , se peui^ciit contenir à n'erii' uli'eniKnt r ntanier La c/tair (i3). On brasser qu'une seule profession : mais avertit ailleurs (!4)/['ie touches, scil ne faut pus aussi blasmer ceux qui , Ion l'auteur , est ua mol tire des esavant l'esprit capuhle d'en manier ili- crimeurs qui appelle ni touche le coup verses, les scavent si Lien exener, qu'iU donnent a<^ec leurs rpces rabat-
qti'en chaque espèce Us ne devront rien ou peu de reste à chacun des particuliers qui s'adonnent à une. L'on scuit assez que l' esprit du François est plein de telle vii'aeilé et t'arietè, que c'est
tues , duquel la marque apparnist sur riia/jit de celui <pn est touehf- , h cause de la craie dont on blanchit l'épee , etc. Les Touches dii seigneur des Accords , qui s^iniprimi nt ordi-
vialgré luy si l' on L'attache a unescien- naircment à la suite de ses Bigarrures,
ce seule. Pourquoi donc iroiu^e-t-on maiii^ais que je laisse aller le temps {que les autres jouent) a cette honnesle occupation , qui n'est pas du tout uai-
sorit diJI'érentes de celles dont je viens de parler.
(C) On lui fit des reproches sur ses obscénités qui l'obligèrent h se jusli'
ne et sans fruit , si l'ony regarde de f^r. ] J'ai riié ailleurs (j5) sou a|)olo
près
Voici une autre raison qui marque
gie , et j'ajoute ici que son imprimeur lui a rendu un témoignage qui la poiir-
en particulier qu'il ne pliait que peu- j-git confirmer. « Qui m'a occasionné, dant un temps sous les attaques de ses censeurs , et (ju'il n'avait pas dessein de sup|)rimer le deuxième livre, quoiqu'un peu lascif, ic Au second, dit-il , » (lO;, je lraictcdemesineiespt;r/p/i;v(- )) ses, hyperboles , métonymies , méta- }> phores , synecdoches , etc., avec la 3) plus propre diction Françoise que « i'ay peu choisir, etsi gracieux cxem- » pies qu'on ne les pourroit lire sans )) plaisir. Mais pour ce qu'il y en a » d'aussi lascifs et chatouilleux aux » oreilles de nos veaux critiques que » les premiers , je les laisse pour ime » autre saison , et suis expressément )) sauté au quatricsme de plein vol , » pour contenter les plus sérieux es 3) prits qui auront dequoy mesçavoir » gré d'aucunes inventions non tou- /> chées, que je sçache, par aucuns cy- » devant. »
(B) L'ouvrage qu'il intitula les Touches fut imprimé a Pans , l'an i585. ] Il le divisa en trois livre.s , et dédia le premier à un prélal , à Pontus de Tyard , seigneur de Bissy et évêqne de Ch.llons. 11 se vante (i i ; de les avoir faits en deux mois , à Verdun sur Saône, l'an i585 (12^ , et il dit que ce sont des épit^rammes, à qui le surnom de Touches convient véritablement i car c^est une espèce de légère eseriine où, av'ec l'epee rabattue, je donne simplement une touche qui
(10) Pri'facedujy. livre des Bigarrures, fui. A iij,
(11) Dans l'rpîlre de'ilicaloire.
{12) Ceci con/irme qu'il ne de fe'ra point aux
«l'i.t d'iilienne P.isqiiior.
w dit-il (16; , de mettre l'ii lumière or )) que j'en avois de copié avec !es li- )) bres adjonctions des mots tant sales » et lubriques que vous pourries dire , » pourvcu (pi'ils soient ingénieux^ car i> encore «pie Fauteur ayt voulu avoir » égard aux chastes aureilles, et sciem- )) ment obmettre plusieurs propos, si >' est-ce que luy, ayant oiiy dire à luy- )) mesme que c'étoit ipsum et'ilTie » Priapnm, et qu'il y a voit infinis » beaux traits qui perdoient leur » gr:1ce sans cette liberté ^ j'ay enfin M mieux aymé suivre sa conception M ({ne son conseil. 11 me pardonnera » si je sonde si avant ce qu'il a dans «le cœur, et jtrendray pour ma dé- » fense envers luy ces vers de Ca- :> tulle :
■> Catlum esse drcet pitim poiUtm
" I/isnin ; t'ersicidoi inhil nupsse esl,
» Qui l'uni deniqup hahi-ntsnlem el Ippurein,
■■ Si suiit inoUiCuli el pariiin pudici : *
» Et oseray bien dire (jue tant s'en )) faut que cela oflénse personne ( lior- )) mis (pielques hyppocriles ) , t|u'au » contraire cela servira à la jeunesse » d'advertlssement de ne se pas tant » amuser à ces reciierches curieuses , )> puisqu'elles les verra in toutes » aprestées , et en telle quantité que
(i3) F.phre de'dicatoire des Touches.
(14) Avertissement des Touches imprinires a^'ec lef Bigarrure.';.
(l5, Dans la remarque (M) de Varlicle Mi-
(iG) ADi'ré Pasquet, Av vaut des Bigarniret.
* Carra. XVI, vs. 5.
ait lecteur^ au-dc-
l'abondance leur en engendrera un » dégoût qui les occasionera de met- » tre le nez aux bons livres, et lire )) choses dont ils pourront retirer du )) fruit ; car je suis ferme en celte )) opinion, que la multitude et facilité » grande des livres que nous avons 3) aujourd'huy abastardissent les es- )) prits de rechercher et lire curieuse- )) ment les bons livres , mesme quand ■n ils s'estiment assurez d'avoir des re- » cueils qui leur enseignent où gist le » lièvre , et où sont les viandes tou j) tes maschées prestes à avaler Quant » à la lasciveté , je ne puis penser )) qu'elle les puisse tant offenser que » les priapées de Virgile , épigrammes )i de Catulle, de Martial, amours 3) d'Ovide , comédies de Tcrence , Pé- 3) troniiis Arbiter, et bref tout ce qui 3) est de plus beau et rare en lanti- » quité qu on leur propose comme 3) choses sérieuses et à imiter , devant » les yeux ; au lieu que les lascivetez 3) icy rapportées représentent folastre- 3) ment ce qui y est comme chose lé- 3) gère et de peu d'effect. Du surplus, il 3) n'y a rien que curieux, gentil et in- 3) génieux en ce livre , et ne s'en de- 3) vroit pas Fauteur cacher, sous om- 3) bre qu'il estime le subject si léger. » Cela veut dire que Des Accords se donnait cette licence, non pas pour favoriser les passions du cœur, mais pour amuser l'esprit , et pour n'èter pas à ses vers le sel qui les pouvait rendre plus agréables et plus pif[uans, selon le goût qui régnait depuis plusieurs siècles. 11 n'ignorait pas la maxime que les saletez grossières sont moins dangereuses que les (hlicaîes (17)^ car voici comme il la mit en œuvre pour se disculper.
« Des AmnJis (18).
.. Qn'i voudra voir ces cscrits , " !,e> lise auprès de sa mie , »• Car ils donneront envie » A tous deux d'estre lascifs. "
« D'un lecteur d'Amadls qui blas- 13 nioil les Bigarrures.
» Toi , qui permets les lectures .• D'Amadis, et ne veux pas .. Qu'on li«e les Bigarrures , ■■ Cauteleusement tu as
(1-1 Voyez mon Eclaircissement sur les Objrénités . nttin. XFI.
Ci9) Des Accord» , aux Touclies imprimées n^Tc les Bigarrures, a Paris, chez Maucroy ^ r.n i66î , m-i2 , pag. 8a.
TOilE I.
Apperceu que les mots gras N'entrent vi>en]ent dans l'ame Pour suborner une dame , Comme les mignards appas. ■•
Je me souviens ici d'une pensée de Sorel. Les poêles, dit-il (19), qui composent dis ouvrages sujets à la censure de la justice, et que l'on brûle en place de Grèi^e, sont de grands sots, car ils s'imaginent que ce/a est fort agréable à ceux qui aiment le plaisir des femmes , et cependant Von ne scauroit lire leur Cabinet Satyriquc que ion n'ait envie de quitter le déduit pour long-temps , à cause que cela est si suie et si vilain , que cela fait de iliorreur. Pour ne rien dissimuler, il faut que j'observe qu'il ajoute uu correctif à cela. Mais , quand j'y pense , poui'suit-il (20) , en ce cas l'a l'on me pourrait dire qu'il n en faudrait donc pas défendre la lecture , puisqu'elle fait hayr le vice : mais ceci n'est entendu que par les bons esprits , et ion ne doit pas donner des pénitences qui puissent faire entrer en tentation. IL n'y n que trop de personnes qui se plaisent à vivre dans i ordure.
(D) On lui attribue un Dictionnaire des Rimes françaises. ] La Croi.K du Maine l'avait fait auteur du livre intitulé, des Rythmes françaises (21); mais il se rétracta, et il reconnut (22) qu'il fallait l'attribuer à Jean le Fèvre, natif de Dijon , secrétaire du cardinal de Givri , et chanoine de Laugres.
Cette rétractation est juste; car Des Accords reconnaît que cet ouvrage ne lui appa'"tient point. Voyons ce qu'il dit en finissant son chapitre de la poésie française. Je réserve , dit-il (23) , d'en dire plus amplement mon opinion au recueil que je fais des arts poétiques français , oii Pelletier fort doctement et laborieusement , Ronsard divinement et jort a propos comme toute chose , et le Quintil Censeur assez aentillement , selon son temps, ont desj'a desf riche les espines avec quel-
(19) Sorel , Remarques sur le Berger extravagant, liv. VI, pig. 37g, édition de Rouen , en 1646 , eu 2 l'o/. i>!-8.
(20) La même , pag. 33.
(21) Bibliolliéque Française, pag. i56.
(22) L'a même, pag. 222 ; et notez quit dtl que ce Dictionnaire des Rythmes fr,inçai«es fui imprimé à Paris , chez GaUotdu Pré, l'an i5-/i.
(îS) Des Accords , Bigarrures , livre IV, chapitre III , tout à la fin , page 494 ^^ l'édition déjà citée.
ACCURSE
ques autres ; desquels , avec mention de leur nom et rapport de leur propre texte, je m'aiderai en brief pour faire une suite du Dictionnaire des Rimes fraticoises de nostre oncle monsieur le Fèvre^ que je ferai uoir un de ces joiirs^-
Ce qui me fait croire qu'il a tenu sa parole , est nn passage que je trouve dans la préface du Dictionnaire des Bimes françaises, imprimé Tan iSgG , par les héritiers d'Eustache f^ignon , inoctauo. L'auteur débute de cette façon. J'ai premièrement recueilli, ditil (24) , par manière de passe-temps , celDictionnaire {h peu près tel quilest) pour la quantité des mots , désireux de suln'enir a la défectuosité de ma trompeuse mémoire. Depuis , m'estanl venu en main celuy du seigneur Des Accords , enrichi de plusieurs annotations pour la rime, il m'a pris em'ie de revoir le mien et philosopher aussi un peu sur ce suùject , ce qui n'a point esté sans profit.
(E) La seigneurie des Accords est un fief imaginaire qu'il ne fonda que sur la devise de ses aïeux. ] Laissons-le parler lui-même : « Et pour ce que , » dit-il (aS) , par le discours du chan- « gement de surnom (a6) , je blasme » ceux qui l'entreprennent, et qu'il w semble que pour m'estre appelé sei- 3) gneur des Accords , je me déclare » digne de la peine que je veux estre )) donnée à autruy : je veux bien que « tu saches que je n'ai point tant des- » daigné ces écrits qu'es Lettres ac- » crosticlies (27) des chapitres du pre- H mier livre je n'aye mis mon nom, » et au second tu cognoistras encor M lan et le lieu où il fut fait. Mais M comme le sujet estoit de légère estofl'e, » je n'y mis pas mon nom , mais une «seigneurie prise sur ma devise, le » corps de laquelle est un tambour "(28}, et pour l'esprit j'ai mis ces >' mots : A tous Accords, selon que mes
(24) Pri\face de ce Dictiounaire des Rimes.
(a5) Préface du IV. livre des Bigarrures.
(26) Cest le II'. chapitre du IV'. livre des Bigarrures.
(2-) En ejjel , la première lettre du chapitre I est un E , celle du II'- une S , et ain-.i de suite jusijii"a la prenntre du chapitre Xf^I , qui eslun T, etpar Va toutes ensemble font Estiemne Tabourot. IX autres avaient de'jà fait une telle chpse. Vuyei M. Balllet dans ses Auteurs déguisés , pages 44^ > 44^-
(a8) C'e'tail donc une devise parlante , et une allusion manifeste à son nom Tabaurot.
» père,ayeuletbisayeuiravoientporté » de suite. Tu verras, au chapitre des » particulières remarques sur la poe'- D sie françoise , l'occasion pourquoy » ceste devise fut érigée en seigneu- » rie. » 11 est bon de voir ce qu'il raconte dans le chapitre où il nous renvoie. Il avait envoyé un sonnet à <f une honneste et gracieuse damoi- « selle , fille de feu ce grand et docte » président de Bourgogne, M. Bégat , » lequel , dit-il (29) , me faisoit cet
» honneur de m'aymer Et pour ce,
» continue-t-il , qu'au-dessous du son- » net j'avois mis seulement ma devise, » A tous Accords , ce fut la première » qui en sa réponse me baptisa du » nom du seigneur des Accords, cora- » me aussi son père mi'appela ainsi » plusieurs fois : qui a esté cause qu'en » tous mes discours de ce temps-là j'ay » rhoisy ce surnom , et même en ces » livres. » 11 se donna par anagramme le nom de Tort'obatius , comme l'assure M. Bailiet (3o).
(29) Bigarrures , liv. IV , chap. III , pagag 491,' 49^-
(joj Auteurs déguisés , ^n^^« 44°' 607. [Joly remarque que c^est une faute de Bailiet, qui a e'té releve'e par de la Monnaie, et que jamais Tabourot ne publia rien sous le nom de Torvobatius. Vans son chapitre des anagramniatismes , Tabourol cite un officier langrois, nomme' Jtaa Toruobat^ qui anagrammatisa son nom. Toruobat est le mol Tabourot retourne'; et ce Jean Tabouret e'tait oncle d' Etienne. 1
ACCURSE * , professeur en jurisprudence au treizième siècle , était Florentin. Il s'acquit un très-grand nom par les gloses qu'il composa sur le corps du droit.
On dit qu'il ne commença que sur le tard à étudier la jurisprudence , et qu'il avait bien quarante ans (A) lorsqu'il se mit à ouïr les leçons du fameux Azo. Il s'était appliqué avant ce temps -là à d'autres études. Les progrès qu'il fit dans le droit civil furent si grands , qu'il devint un célèbre professeur en cette science. Il l'enseigna à Bologne , et puis
* Chaufepié raconte qu'ayant perdu son nom et son surnom , il retint seulement celui rf'Accorso. ,
ACCU
s'enfonçant dans la retraite , il composa une glose continue sur tout le droit , laquelle parut si commode et si utile aux jeunes gens , qu'on ne parla plus des gloses qui avaient précédé celle-là , et qui sans doute n'étaient point si bien disposées , ni si complètes.
Les contradictions que l'on remarque dans Accurse viennent , selon quelques-uns , non pas de son inconstance ou d'un défaut de mémoire , mais de ce qu'en rapportant les diverses opinions de ceux qui l'avaient précédé , il ne faisait connaître les auteurs que par la première lettre de leur nom. On veut que cette lettre, étant disparue de divers endroits, ait été cause que les lecteurs aient pris pour son sentiment ce qu'il n'avait dit que comme témoin de la doctrine d'un autre. Son autorité était autrefois si grande (B) , que quelques-uns l'ont nommé l'idole des avocats {a).
La plupart des interprètes ont pris autant {b) ou plus (c) de soin d'expliquer sa glose que de commenter le texte même des lois. Quelques critiques , grands amateurs de la politesse du langage, ont horriblement crié contre la barbarie de cet auteur (C) ; mais on convient assez généralement que c'était un grand génie, et que ses défauts viennent du siècle ou il a vécu (D). Il vécut fort à son aise , ayant belle maison à la ville , belle maison à la campagne , et deux fils qui étu-
(a) r/re f/e Panzirol. deClaris Legiim Interpr. lih. II, cap. XXIX, pag. 147, et seq.
{b) .\rlu. Dui:k de Usu et Author. Jurij Civ. Rom. lib. f, cap. V , apud Pope EloiiQt. Cens, celelj. Autor, pag. 286.
(c Forsteri Histor. Juris Civil, lib. III, cap. XII,
RSE. ,3t
diaient bien, comme on le verra bientôt. Il y a des gens qui lui donnent une fille fort savante (E), et installée à la profession du droit civil. Il mourut l'an 1229 (F) , à l'âge de soixante-dix-huit ans. Son tombeau se voit à Bologne , dans l'église des Cordeliers , avec cette inscription trèscourte et très-simple : Sepul— chrum Accursiif glossatoris le— gum , et Francis ci ejus filii [d).
Il disait qu'on n'avait que faire de la théologie pour connaître les choses divines (G), puisque les lois romaines nous en instruisaient assez. M. Moréri allègue très-mal le sieur Catel(H). François Hotman n'a pas eu raison de dire qu'Odofred enseigna Azo et Accurse ; car Odofred et Accurse furent tous deux disciples d'Azo, et puis professeurs en même temps à Bologne. Albéric Gentil a remarqué cette faute de François Hotman (e).
{d) Panzirol. de Cl. Leg. Interpr. Lib. II, cap. XIX, pair. 146
(e) Alberic. Gentil, in Dialog. de Juiisloterprelibus,yb/. (jo.
(A) Et qu'il avait bien quarante aiis.'\ D'antres disent qu'il n'en avait que vingt-huit. Jajn qnadragtnaiius , wel , ut alii scribunt, XXf^lH annos natits , jus cit'ile ab Azone audit'it. C'est ainsi que parle Panzirole dans la page 147 'le la seconde e'dition , qui est celle de Venise , en i655 (i). M. Pope Blount , citant Panzirole et Konig, met trente-sept ans, et non vingthuit (2). La citation de Konig est bonne; mais celle de Panzirole ne Test pas, à moins que mon édition ne soit différente de la première. Forsterus aurait été plus propre à être cité : car il rapporte qu'Accurse devint disciple
(i) P.in2iiol. de Clar. Leg. Interpr. lilt. II , cap. XXIX.
(2) Pope Bloont, Cens. Celebr. Aiîtor. pag. -8»>.
ACCURSE
d'Azo à l'âge de trente-sept ans (3).
Voyez ci-dessous la remarque (F).
(B) Son autorité était autrefois si grande. ] Je ne saurais rien alléguer ici de plus à px'opos ni de plus divertissant qu'un passage cité par un des jurisconsultes modernes qui ont le moins estimé les glossateurs : JVostis quanta sit auctoritas glossatoris. Nonne lieri dixit Çyn. glossam timendam
là (6). Voyez aussi Bernartius dans son Traité du profit qu'apporte la lecture de l'histoire. Il s^st trouvé parmi les jurisconsultes du seizième siècle bien des auteurs qui ont censuré cette barbarie. Il semble gue l'Alciat les ait mis en branle, et qu^il ait commencé de donner du goftt pour l'union des belles-lettres et du droit civil. Budée * , l'un des plus ardens
propter prœscriplam idololatriam per censeurs d'Accurse , a contribué aussi
aduocatos , significans quod sicut an- à cela (7). On ne peut nier que l'igno-
tiqui adorabant idola pro diis , ita rance des belles-lettres n'ait fait tom-
adi^ocali adorant glossatores pro e^'an- ber les glossateurs dans plusieurs bé-
gelislis. f^olo enim potiùs pro me vues. Albéric Gentil s'est fort déclaré
glossatorem quam textum; nam si al- leur partisan : il n'a pas voulu avouer
lego textum, dicunt adi'ocati div'ersœ qu'Accurse ait mis en usage la maxime,
partis et etiam judices , credis tu quôd grcecum est , non potest legi (8) , qui
glossa non ita viderit illum textum si- lui a été leprochée (g). Il croit que
eut tu , et non ita benè intellexerit ces paroles ne se trouvent nulle part
sicut tu ? Ego recordor ( et sit illud dans ce glossateur , et il le fait plus
pro novo ) quod , diim essem scliolaris , habile dans la langue grecque qu'on
eram salis acutus , et dUm semel esse- ne le pense ordinairement. Quoi qu'il
mus multi socii in und collalione , au- en soit, le proverbe grcecum est, non
sus fui unum textum allegare contra potest legi , passe pour avoir tiré son
sententiam doctoris mei : tantnm au- origine de la coutume des elossateurs
daciam habui. Dixit unus socius : Tu loqueris contra glossam quœ dicit sic, £t ego respondi : Etsi glossa dicit sic ego dico sic , ignarus auctoritatis glossatorum. Credebam enim quod essent communes aposlillœ , quales sunt in abris grammaticœ , sicut super f^irgilio et Ouidio : sed tamen non ita est ; fuerunt enim glossatores maximœ scientice t'iri et auctoritatis. Etsi aliud non esset quam glossarum ordinatio , et de quibus potest dici id quod arbitror de nullo dici passe , uidelicet quôd totuni corpus juris viderunt. Magis ergo standum est eis qui i^iderunt, quam nobis qui non l'idimus (4). Hotman cite quelques autres passages du même
On prétend que , lorsqu'ils tombaient sur un mot grec, ils cessaient d'interpréter, et en donnaient pour raison que c'était du grec qui ne pouvait être lu ; et après avoir ainsi sauté celte fosse , ils reprenaient l'explication du latin.
(D) Que c'était un grand génie , et que ses défauts tiennent du siècle oh il a vécu. ] Je ne citerai que deux auteurs. Hanc signijicationem in animo habuit F. A ccursius , glossatorum l'étérum coryphœus , homo ingenii prorsiis stupenJi , qui in tanlis disciplinarum tencbris ipsam disciplinarum disciplinam accuratissimè intellexit , ciim non jurisdiclionem , seJ jurisditionem
auteur, qui confirment la même cho- scribendum censuit (10). Voilà ce que
se, etquinous apprennent que, devant, les juges, la glose, mise en balance contre le sentiment de deux interprètes , l'emportait toujours. Si sententia glossatoris duobus doctoribus est contraria, projectb in judiciis prœualeret sententia ipsius glossce (5).
(C) Crié contre la barbarie de cet auteur. ] Louis Vives est un de ceux-
(31 Forst. Histor. Juris civil. Ii6, III , cap.
(4) Raptiael Fiilgosius in L. Si !n Solutum , C. de Action, et Oblig. apud Fr. Uottomanum, Prœf. Consiliorum.
(5) IJein , ibid. apud eundem.
dit un Allemand : voyons ce qu'a dit
(6) Ludov. Vives, de Causis corrupt. Artium, lib. /, p. 52, et lib. VII, pag. 206. Vide etiam Brassicanum inter F.pislol. Eobani He»si.
* Julr dit qu'il faut écrire et prononcer Budé. CV.ff ce qu'a fait Bajle , à l'article de ce personnaj^e. Ce n'est donc qu'une faute d'impression que relève July.
(7) Voyez Pasquier , Recherclie de la France, liv. IX , chap. XXXIX , pag . goi , qui donne le premier rang à Budée, et le second à Alciat.
(8) Alb. Gentilis, de Juris Interpret. fol. iÇf.
(9) ^iVie Sich. in Prœfat. ad Codicem Tbeodosianum ; et Alciatum , cap. XVI, lib. II, Di.spunct.
(10) Baribii Animad. ad Claudian. in Rufin, lib. II , vs. 85, pag. 1200, J20I.
ACCU
un Français. Anliqui (inteipietes juris ) inler <juos Accursius et Bartolus principatum terient , de sermone non i'aldè anxii, rerum qitas tractant curant solam fiaùuerunt : quas ciim nossent , quantum in illd barbarie et codicum depraualione nnsse poterant , eocplicare nisi incondilè et barbare nequiferunt , quod non tant eis qiiani seculo illi tribuenduni , quo linguœ et bonœ litterœ pronùs jacebant{\ i). Kotez que Barthius donne à Accurse le pre'nom Francisciis : il n'est pas le seul iiui le fasse (l'i). J'avais suivi ces gensla dans Ja première édition j mais je les abandonne dans celle-ci.
(E) Une fille fort sai^ante. ] Panzirole n'en parle que par un on dit. Filiam quoqiie habuisse dicitur, quœ jus cifile Boloniœ publiée docuit (i 3). Dès qu'un fait de cette nature est douteux, il s'en faut très-peu qu'il ne soit faux ^ car de telles choses sont trop singulières pour demeurer dans l'incertitude quand elles sont véritables. Ainsi je n'ajoute pas beaucoup de foi à ce que je \ iens de lire dans le Théâtre de Paul Fréher, qu'Accurse eut quelques filles qui , à cause de leur excellente érudition , furent employées à faire des leçons publiques à Bologne (i4)- Fréher agréera , s'il lui plaît , que je me défie de Jean Frauenlobius , dont il cite un livre allemand.
(F) // mourut l'an 122g. ] Vous ne voyez rien de semblable dans le Théâtre de Paul Fréher , qui a été compilé avec tant de peine et pendant un si long temps. Vous y voyez , au contraire, qu'Accurse florissait l'an laSô, qu'il mourut l'an 1279 *, et qu'il Ct les gloses sur les Authentiques l'an 1236 (i5). Il est cité lui-même pour ce dernier fait par Jean Fichard , dans la Vie des jurisconsultes (16).
Cette citation est fausse ; car voici
(11) Rolandiis Maresius, Epist. XL, lib. /, pag 176, 177, edit. Lfips A. 1687.
(12) ArihusDuck et Pope Blount le font aussi. Voyez Pope Blotiat, Cens. cel. Aut. pag. 286.
\i) Paniirol. de Cl. Leg. Interpr. lib. II , cap. XXIX, pag. 149.
(i4) Paul. FreLer. Theatr. Viror. Erndit. pag 784
* JoIy critique celte date de 1279, ain.<i que celle de 1229 qu'on lit dans le texte. Il ajoute que d'autres disent 1209 ou 1260 , mais quUl est pour 1245.
(i5) Idem, ibid.
16) Jpud Fréher. ibid.
RSE. ,33
une observation qui m'a été communiquée de bon lieu (17). « Volaterran » dit qu'Accurse commença d'étudier » en droit à quarante ans , et qu'il » mourut Fan 1279, en la soixante- )j dix-huitième année de son âge (18) ^ J) d'où il s'ensuivrait qu'il serait né ))lan 1201. Cependant Accurse lui- •» Doème nous apprend , sur l'Autheny> tique utprœp. nom. imp. au mot in- « dicliones , qu'il écrivait actuelle- M ment en Tannée 1220 ; et sur la loi » pénultième au code rfe accusationi- » bus , qu'il écrivait en l'année 1227 : » ce qu'il n'aurait pu faire si le calcul w de Volaterran avait lieu; autrement » Accurse aurait travaillé sur le droit )> long-temps avant que d'y avoir étu- )> dié. Ces époques de 1220 et de 1227 » excluent celle de ia36, qui est fa u- « tive, et qui ne peut être admise par » ceux qui mettent la mort d' Accurse » en 1229. n
[G) Qu'on n'avait que faire de la théologie pour connaître les choses dit^inss.^ Coringiusl'en a censuré comme il fallait. Voici ses paroles : Ridicula est Accursii gloriatio in gl. ad 1. 10, sect. 2. ff. de J. et J. , nihil opus esse théologien studio ad cognoscenda di^ina, ut quœ ex legum romanarum libris aff'atim queat peli (19).
(H) M. Moréri allègue très-mal le sieur Catel. ] Comparons le texte de ces deux auteurs l'un avec l'autre : il ne faut que cela pour connaître la bévue. Catel ayant dit que Montpellier est une des premières villes de Fiance , en laquelle le droit romain a élé lu publiquement , ajoute : « Car nous » trouvons que le grand et ancien ju- " risconsulte Placentin , qui vivoit » avant le glossateur Accurse , a lu w publiquement îe droit dans la ville J) de Montpellier, delaquelle ilfaitsou- » vent mention dans sa Somme, qu'il )» composa ( selon qu'il en a escrit sur « les Institutes ) , demeurant à Mont- )' pellier ; ainsi qu'ont remarqué ceux « qui ont escrit sa vie. 11 mourut dans >' Alontpellier le 12 février 1192 , et » est enterré dans le cimetière Saint-
(17) C'eslparM. de la Monnaie.
(18) Volaterr. lib. XXI, pag. 781. Il remarque qu kccurst commença cette élude sous l'empire de Frédéric II . Or cet empereur régna depuis l'an 1212 jusqu'à 125o.
(19) Conriog. de Civili Prudentiâ, cap. III, avud Pope Blount Cens. ce). Aat. pitg. 286.
V Barthélemi (20) ». Or , voici les paroles de iMoreri : Le sieur Catel soutient qii' ytccurse mourut a Montpellier en 1 192. Ce qu'il ajoute a bon besoin de correction : D'autres , dit-il , comme Fischard , et Trithème , le placent dans le siècle suivant ; même le dernier dit qu'il prnj'essait a Bologne en 1240 If lais peut -être se sont- ils trompi-js , en confondant ce grand homme auec François Accurse son fils , qui at'oit beaucoup de science et de mérite , et qui fut professeur en droit a Bologne, et conseiller de Richard, roi d'' Angleterre. On a dû placer le père an XIll*. siècle , et on ne courait ea cela précisément aucun risque de le confondre avec le fils : de sorte que le doute de M. Moreri est très-mal fondé.
Il n'y avait point en ce temps - là un roi d'Angleterre nommé Richard.
(20) Catel, Mémoires de l'Histoire du Languedoc , pag' sgï-
ACCURSE (Cervot), fils du précédent, se hâta beaucoup plus
ACCURSE
et le menacèrent de lui confisquer tous ses biens
s'il sortait hors de leur ville. ]I crut être plus fin qu'eux en vendant tous ses biens à un ami ; mais sa finesse fut nulle : on ne laissa pas de les confisquer. Cela le contraignit de revenir, et il en obtint la restitution. Il avait enseigné à Toulouse , et s'était trouvé un jour fort embarrassé en expliquant la matière des intérêts.
Jacques de Ravanne , l'un des plus doctes jurisconsultes de son temps, se fourra parmi les auditeurs incognito , en faisant de l'écolier, et lui fit des objections qui demeurèrent sans bonne réponse. Quelques - uns ont dit qu' Accurse , à son retour à Bologne , y fut professeur en droit que son père de se faire graduer ; avec Bartole , et qu'ayant eu avec car il voulut être docteur en droit lui une dispute sur la leçon d'une avant l'âge de dix-sept ans , et il loi , il fallut envoyer à Pise pour
vint à bout de sa demande, après qu'on eut long-temps discuté si les lois le permettaient (a). Il se mêla de faire des gloses , et les joignit avec celles de son père ; mais on n'en fit pas beaucoup de cas. Deterior interpres ineptas glossas et longe à vero distantes paternis addidit , quce Cervotianœ vocatœ ut plurintiim rejiciuntur {b).
(a) Panzir. de CI. Leg. Interpr. lib. 1/ , cap. XIX, pag-. 1^9.
^b) Idem , ibidem.
ACCURSE ( François) * , frère aîné du précédent , fut si estimé par ceux de Bologne , que , lorsqu'ils eurent appris qu'il devait suivre le roi d'Angleterre en France poury enseigner le droit, ils lui défendirent de s'absenter,
* Joly est d'avis d'écrire , François , fils d'Accurse.
y consulter l'ancien manuscrit des Pandectes. Mais quelle apparence qu'il ait vécu jusqu'au temps que Bartole était professeur (A) (a) ?
(a.) Tiré de Panzirol, de Clar. Leg. Interpr. lib. II, cap. XIX , pag. 148.
(A) Qu'il ait fécu jusqu'au temps que Bartole était professeur ? ] Bariole naquit l'an i3i3, et fut reçu docteur en droit à l'âge de vingt et un ans, c'est-à-dire l'an i334 (•) ■ il faudrait donc qii'Accurse le fils eût vécu pour le moins si.x-vingts ans , s'il avait vu Bartole enseigner le droit; car il avait été émancipé de son père (2).
Prenons qu'il n'eût que quinze ans lorsqu'il fut émancipé , et que l'année de son émancipation ait été la dernière de son père, c'est-à-dire Tan 1229; nous ne laisserons point de trouver qu'en i334 il aurait eu six-vingts ans. La conjecture de Panzirole est assez bonne : c'est que l'Accurse qui fut
{i)PaniiroI.deCl. Leg. Interpr. cap.LXfJI. (j) Idem , ibid. cap. XXIX
collègue lîo Eartole était fils <l"iin AccURSE qui enseignait le droit à Reggio sa patrie , vers l'an la^S , et qui lut aussi à Padoue (3). Guillaume Durant! fait souvent mention de lui.
Donnons encore ici une observation de M. de la Monnaie. « Antoine Aur gustin parle en plusieurs endroits (4) w de ses EmenJationes de cette dis- « pute de Bartole touchant la leçon w d'un certain mot du paragraphe î) dernier de la loi si creditov au D- de ji distract, piifn. , et incline à croire i> ([uece fut plutôt avec Balde qu'avec M François fils d'Accurse * , que Bar- » tôle eut cette dispute. Alexandre w d'Imola , cité par le même Antoine « Augustin , a aussi cru que c'est en- » tre Balde et Bartole que la contes- » tatiou était survenue. Mais Bariole 3) lui-même ayant positivement écrit » que c'était avec François fils d'Aci> ourse , l'expédient que Panzirole » fournit paraît le plus rece^able : » et, comme on le vient de voir , c'est aussi le parti qui m'a paru le plus probable.
(3) Idem, ihid. cap. XLfl, png ï6o , iGi.
(4) Et surtout au Uy. IV , ckap. XVII. * Jolr remarque que dans le texte de Bartole
il y a seulement François Accurse, lequel, e'iant collègue de Bartole en i34o , ne saurait être François fils d'Accurse , professeur avant 1270.
ACCURSE ( Marie- Anc.e, en latin Makiangelus ) est un des critiques qui ont vécu au seizième siècle. Il était d'Aquila (A) , dans
ACCURSE. i35
de ce qu'un pareil ouvrage n'est point sorti de dessous la presse {a) , et de ce qu'on ne réimprimait point les autres {b). Il ne méprise point Accurse du côté de l'esprit , et il le trouve souvent judicieux. Ce critique faisait des vers en latin et en italien (C) ; il entendait et la musique et l'optique, et il voyagea au septentrion (D). Ceux qui nous apprennent cela pouvaient ajouter qu'il entendait parfaitement la langue française , l'espagnole et l'allemande ; qu'il ramassa un grand nombre d'antiques qui furent mises dans le Capitole , et qu'il passa trente-trois ans * à la cour de Charles-Quint, auquel il était fort agréable , et dont il reçut bien des faveurs (c). Il ne faut pas oublier que son édition de Marcellin est plus ample de cinq livres que les précédentes {d) (E). Cette édition est d'Augsbourg, en 1 533. Il prétend avoir corrigé cinq mille fautes dans cet historien (e). Il publia, en la même année et dans la même ville , les Lettres de Cassiodore , en douze livres, accompagnées
le royaume de Naples. Sa grande du Traité de l'âme ; et c'est à lui passion était de chercher et de con- que l'on doit la première édition férer les vieux manuscrits, afin de corriger les passages des anciens.
Les Diatribes y qu'il fit imprimer à Rome , in-folio , l'an \^i^,sur Ausone , sur Solin et sur Ovide, montrèrent de quoi il était capable en ce genre d'érudition.
Il avait fort travaillé sur Claudien (B); mais cet ouvrage n'a point été publié , encore que l'auteur eût fait savoir qu'il y avait corrigé environ sept cents passages sur les anciens manuscrits.
Barthius a témoigné du chagrin
{a Barlli. in Slatium , ioin. II, pag. SgO-, tom. III , pcg. 1602 ; in Claudian. pag. 826 ; et Adversarior. lib. XX, cap. Xf III.
{b) On l'a fait à l'égard li'Ausone dans l'édition d'' Amsterdam , e« 1671 , mais non pas selon toute l'étendue du titre qui promet Notas intégras Accursii.
* Charles-Quint ayant abdiqué en i555, et Accurse étant encore à Borne en l524, Joly remarque qu' Accurse ne peut avoir passé 33 ans à la cour de ce monarque. Caserait tout au plus 3l , qu'il faut réduire de beaucoup, si A. M. Accurse est mort en i535 , comme le croit Joly.
(c) Kicolo Toppi , BiLlioth. Napoletana , pag. 206.
(rf Henr. Valcsii Prsef. in Animian. Marcel).
(e) Toppi, Bibliolh. KapDÎet-, pa^. 206.
AGCURSE.
contient 87 vers. La pièce d'ArsilIus a pour titre, de Poé'ds urbanis ad PaulumJ'n'ium. Pierius Valerianus , contemporain d'Accurse , le surnomme Aquilanus , non-seulement dans son commentaire sur le XII". livre de l'Éne'ide ; mais a\issi dans des vers la-
de cet auteur (f). Comme il y avait de son temps quelques écrivains latins qui aimaient à se servir des termes les plus surannés, il se moqua d'eux fort plaisamment
dans un dialogue qu'il publia l'an ^. ,n ,•, . -,
,^0, /T-N T| • ■ i ,•. tins (5) qu il lui adresse. Comptons
'^ 'Rv^i^^'^'^^r"'* ""P^tl* donc à coup sûr pour une faute ce que traite de Volusuis Metianus , an- Barthius a dit de la patrie d'Accurse. cien jurisconsulte (g). Il a fait II l'a fait naître à Amiterne (4)- Koaussi un livre touchant l'inven- î?^S ' "'ayant point su que cela fût .• j !>• • • //^N r» i> taux , 1 a adopte tout du long. Ces lia-
tion de 1 imprimerie (G). On 1 ac- ^oles d'Accurse : 2Vec placuureticere , cusa de plagiat au sujet de son ne quis ( ciuod Sallustius civis ait Ausone ; car on débita qu'il s'était meus) , viodestiam in cnnscientiam duapproprié le travail de Fabricio '^^'i^'. <^^) ' ont trompé Barthius. Or, Varano , évêque de Camerin ; mais il s'en purgea avec serment, et protesta qu'il n'avait jamais lu de livre dont il eût tiré quelque chose qui eut servi à orner le sien.
La forme de son serment est remarquable (H). On aurait vu sortir de dessous la presse plusieurs ouvrages de sa façon , si son fils
voici pourquoi Accurse a traité Salluste cle compatriote ^ Saliuste , dis-je , qui était natif d'Amiterne : c'est que la ville d'Aquila a profité de la ruine d'Amiterne, et lui a été substituée en quelque façon. Elle n'est qu'à cinq milles des masures d'Amiterne. Consultez M. Baudrand.
(B) // avait fort travaillé sur Claudicn. ] Puisque les fatigues de son voyage d'Allemagne et de Pologne ne
/-, • - . , . , , l'empêchèrent pas de corriger près de
Casimir , qui était homme de sept cents fautes dans ce poète , on lettres (I) , avait vécu plus long- peuts'imaginer que pendant un meilleur loisir il s'appliqua fortement au même travail. Talis , dit-il (6) , non aies legitur in cof^/cj£>H4 ( Claiidiani) etiam novissimè recognitis. Qui lanliini abcst ut non etiam nunc uersibus sint claudi ac déformes , ut eos ex vetustis exempUtribus , diim Germanium Sannatiasque nuper peragramus , septingentis ferè mendis inler eqnitandum eluerimus.
(C) Faisait des l'ers en latin et en italien. ] Voici ce qu'Accurse nous apprend sur ce su|et dans une fable intitulée Testudo , qu'il a jointe à ses Diatribes. II y raconte les persécutions qu'il souffrait à Rome de la part de ses envieux , et comment ils lui faisaient un crime des choses les plus innocentes. JVovistis , dit -il en s'adressant à deux jeunes princes de la maison de Brandebourg , auxquels il
(3) Lib. ly AmoTum, apud Nicodem. Add.
alla BibliolVi. Napoitt., pag. 170.
(4) Ipse Sallii.rtii citais, Ainiterninus nempe. Barlh. in Stat. (o»i. // , pag. 3()f).
(5) Mariang. Accurs. in Testituii;oe.
(6) Accursii Dialr. in Ausonium. On a retranché ces paroles dans Pédnion J'Ausouc de 1671.
temps (/?)
(f LeoDjrdo Nicodemo , Addizioni alla Bibliot. Napolet., pag . ino.
(g) Il a pour titre, Distribulio, item vocaLula ac nota; partium io rébus pecuniariis, pondère, numéro, meiisurâ.
(A) Toppi, Bibliotb. Napolet. , /jct^-. 206.
(A) // était d'Aquila. ] Outre le témoignage du Toppi , approuvé par le silence de Léonard Nicodème , voici des vers qui confirment cette vérité.
Ut folucrum regina supervolal lelhera, et alù Iinmotwn lumen sulis in orbe tenet;
Sic illâ genilus Mariangelus urbe ....
Alite quœ il Jovid nohile nomen habet ,
Felici ingenio solers specutatur , etc.
Ils sont dans une pièce de François Arsillns(i), imprimée à la fin d'un recueil de vers , intitulé Corjciana , qui fut publié à Home, l'an i524. Il y a dans ce recueil un protrepiicon de notre Accurse ad Corycium (2), qui
(l) L. Nicodemo le nomme mal Arsiliiis dans ses Addizioni all.i Bibllolli. iXapolet., pag. 1711.
(i) Ce'tait un Àlleiiiaml , nomme' Gorilt. il ce que j'ai apprii de M. de la Monnaie.
ACCURSE. i37
a de'Jié son \'i\re,ipsi principes, quàm dème a relevé là-dessus comme il falmi/u i-eititum propè (ut aiunt) mili- lait Kicolas Toppi (81. tarem probro uerterint , tiim Jidibus (F) Dans un dialogue qu'il publia scire nuisicen callere , philosopha in- fan i53t . ] Comme touç ceux qui audigniim prœdicent , quantiimque im'a- ront mon livre n'auront pas celui de serint , qiihd et opticen cum litlera- Léonard Nirodème , copions amplerum studiis , fernaculosqiie cum lati- ment le titre de ce dialogue. Osco , nis nunieris conjunxerim. Il dit là qu'il f^olsco , Romanoque elnquentid intravaillait à l'histoire de la maison de terlocutoribiis , Dialogus ludis Rnma- Erandebourg , sur les mémoires qu'on „is actus. In quo oitenditur uerbis pulai fournissait. blicd monetâ signatis utendum esse ,
(D) Et il voyagea au septentrion. ] prisca ferb nimis et exolela tanquàm Nous l'avons déjà entendu lui-même , scopulos esse fugienda. Si quid itafaisant savoir à ses lecteurs le grand que ,lectoroptinie,anliquitatem amas, nombre de passages qu'il corrigeait ut sanè debes , libel/um hune ingenti sur les arcon? delà selle, en traversant quanwis ptcuniâ h biblinpold te tibi l'Allemagne et la Pologne. Ce qui suit redemisse non pœnitebit. JVam prœter nous apprendra qu'il remarquait jus- quant quod uocibus partimOscis, parqu'aux moindres choses, jusqu'aux tim f^olscis conscripiusest, latina quocliansons avec quoi l'on endormait les queistuci'erba exoleiioranimisqueprisenfans; mais il n'en tirait pas de fort cnqutbusAborigines,Picus,Ei'andius, bonnes conséquences. On le va voir : Carmentaque ipsa loqutbantur , aj)'a- JViiper , dit-il (7) , non in Pannoniâ tïm collata sunt. Quœque ontnia apud soliim, atqiie adeà apud ieptemtriona- Ennium , Pacmàiim , Plautum, aliosles plerosque populos , i^eriim etiam ue hujus notée priscos auctoi es abstruullra Sauromatas , non sine admira- siora leguntur. Itenique recentiorum tione audii'imus , ad suadendum nutri- cacatas yipulei et Capellce chartas , cio trtnie iiijanlibus soninum , dici li hujusniodi^'e alioiitm. Quœ ut cette lu , li lu, tiim et la lu, la lu , et la sunt evitanda , ita tamen ab eo qui la, la la. Quod nostrates Jeiè nan dodi nomenjèrat agnoscenda sunt , ut na , nan na , et nin na , nin na , riim aliquandb in eas offenderit . de etiani mord quddam uoceni suspendeji- iUorum sensu ei turpiter hœsitandum tes passtm dicere consueuerunt. Mo- non sit (g). Voici le jugement qu'Anl'il porro nns majori quddam admira- dré Scholtus fait de ce livre : DeAputione,qund infantes ipsi et horriduli leionietamorphoseosexLucioPatrensi, et sordiduli vixdiim jari incipien- seu Luciano , scriptore audi , amabo , tes mamman atque tatam latine bal- quœ in Dialogo olim ante tios ipsos butiunt , ipsis quoque matribus non ocloginta annos à Mariangelo Accurintcllecti. Ut videri possint et hœ quo- sio {homine , ut iltis temporibus perque i^oces naturales magis quhni arbi- erudito, quique lYasonem, Ausonium, trariœ. 11 a tort de simaginer que ac Solinum Diatribâ illustraint) oscè les mères n'entendissent pas ce que ac uolscè conseripto , ut sœcuti degeleurs petits enfans voidaient dire ; c'é- nerantis nimiîim a prima eloquentiâ taient elles qui leur avaient appris ces insaniam ueluti acetn aspersa sutira mots. perstnngeret , audi, inquam, et risuni
(E) Son édition de Marcellin est plus confine , si potes , etc. (»o).
ample de cinq Hures que les précéden- Notez que ce livi^de notre Accurse
tes. ] Le Toppi avait de mauvais mé- est in-8°. mais n(«^ surtout ce qui
moires sur ce. fait. Il n"a point dit ce ma été communi^é par M. de la
qu'il fallait dire , et il a dit ce qu'il ne Monnaie. « Le dialogue de Marie-Ange
fallait pas avancer. Il n'a point dit » Accurse contre ces corrupteurs de
quAccurse eût joint cinq nouveaux » la langue latine peut avoir été imlivres à ceux qu'on a\ait déjà; il n'a
parlé que du sixième. Or il est faux (8) Leonarao Nicodemo , Addiiioni alla Bi-
' I • •■ •» 't'. ' -1 bl:oth Napolei , pa^. i-o.
que le sixième ait ete trouve : il nous , •. t ■ j \ j v . ajj- „„;
1 , . ... (q) Tire de Leooardo iNicodemo, Addizioni
manque encore les treize premiers h- oiia'Biblioih. Napolet , pag. 170.
■vres de cet historien. Léonard Kico- (10) Andr. Sdiotius. w. /. Qnajst. Tullianar.,
paç. 5g, apud Léon. Nirodemum, Addiiioni
{*) Diatrib. in Aason. alla Bibl. Fiapuletana , pag. 170.
ACHÉE.
5> prime l'an i53i j mais il faut croire y> qu'il avait déjà paru quelques an- )> nées auparavant , puisque Geoffroi 5) Tory le cite dans son Champ fleuri, >) imprimé par lui-même , in-4°- Tan « iSag Semblahlement , dit-il, mille )) autres façons de dire que Hiéronyme ■» Avance, natif de f^érone , allègue )) au commencement de ses Annota- Ji lions qu'il a très-diligentement faites ■» sur les œut^res du poète ancien 3) niim.iné Lucretius , que je laisse aux » curieux et amateurs d'antiquité , et 3> de laquelle chose on peut amplement » t^oir et lire en un dialogue intitulé 5) Osci et f^olsci Dialogus ludis Ro- ■» manis nctus. Cette pièce est désignée » par Paul Jove dans l'éloge de Bap- 3) tiste Pio , qu'elle attaquait princi- » paiement. Le titre du dialogue est •>< assez particulier , et bien honnête- ^) mentlong : mais j'ai peine à en con- » struire ies premiers mots : Osco , » f^olsco , Ronianoque eloquentid in- 3) terlocutonbus . 11 faudrait , ce me » semble , et eloquentid , etc. »
(G) Un lit're touchant l'im'ention de l'imprimerie. ] Je ne me vante point de l'avoir vu : * j'avance cela sur la foi du Toppi (il); mais voici un fait dont je suis bien assuré. On a cru que notre Accurse avait écrit de sa main au premier feuillet d'une grammaire de Donat imprimée sur papier uélin , que ce Donat , «i^ec un autre litre intitulé Confessionalia , étaient les premiers Hures imprimes , et que Jean Faust , Bourgeois de Mayence , inventeur de l'art , les avait mis sous la presse l'année i45o (12), M. Chevillier observe que cet Accurse vivait en l'an i5oo (i3) ; et néanmoins il met quelque différence entre son témoignage et celui qui fut rendu par Ulric Zel , libraire de Cologne, l'an 1499: il y met, dis-je, quelque diflërence à l'égard du temps. Il y avait, dit-il , un plus long temps que le DÀat était imprimé , lorsqu'Âccurse ^m^vait cela , que lors-
* Le livre dont parle le Toppi n^existe par, ainsi que le remarque Joly. Le Toppi a metamorpjiose' en litre ta note sur te Donat.
(il) Tojjpi , Bibllotb. iNapolft., pag. 206. 12) Chevillier, Origine de l'Imprimcrip de Paris, pag. ai. Il cite le lifre de Bibliothecâ Vaticanâ , compose' par Ange Roccba , et impri' me à Hcme l'an lôyi. Boxhornius , dam son Théâtre Hollandais, pag. i38, cite Jort au long te passage d'Ange Koicha.
(i3) Chevillier, Origine de l'Imprim. de Paris , pag. 21 et 281.
que Zel en parlait (i4)' Chacun comprend qu'une année de plus ou de moins est ici sans conséquence. De plus, doit-on dire qu'un nomme qui a passé trente-trois années à la cour de Charles-Quint, vivait l'an i5oo? *'
(H) La forme de son serment est remarquable. ] La voici : Quod dii hominesque , fas , fidesque audiat , sacramenti religione, ac si qiiid estjusjurando sanctius , affirma , idque rite pariter ac sine dolo malo dici , cceterisque accipi volo , me nec ullius unquam scripta perlegisse ac ne conspexisse quidem , undè i>el tantiUiim, lucubraliones nostrœ redimiri juvarique datum fuerit. Quin immo laborâsse , quoad ejusfieri licuerit , ut si quippiam alterius , post observationem quoque meam , editum occurreril , è nostris protiniis aboleverimus. Quod si pejerem , tiini pontifex perjurio , malus autem genius Diatribis contingat , usque adeo ut , si qua bona aut saltem mediocria in ipsis fuerint , imperitorumturbœ pessima , bonis leviuscula tricisque viliora censeantur,famœ si qua manent munera , vento evolent, proque vulgi levitate ferantur (i5).
Combien de réûexions pourrait - on faire sur ce serment !
(I) Son Jils Casimir *' était
homme de lettres. ] C'est apparemment celui que le docte et le fameux patron des doctes , Vincent Pinelli , eut pendant quelque temps dans sa maison ; car , encore que le Gualdo donne le nom de François au fils d' Accurse, il a peur de se méprendre en le lui donnant. Voici comme il parle.
Prœter hos domi habuit Benedictum Octavianum , res philosophicns iheologicasque doctum... Mariangeli Accursii Jilium Franciscum , ni fallor , insignem moribus et doctrind (16).
(,4) Là même, pag. 284.
*' Jolf-, sur le poids des le'moignages de Zel et Accurse, dit que le plus rapproché des temps ou les faits ont eu lieu a le plus de poids ; que Zel est antérieur à Accurse, et conclut que /e raisonnement de Chevillier a éié a tort attaqué par Payle,
(i.î) Mariang. Accursius in Testudine ad calcem Dialrib.
*' Ce Casimir était, suivant Jolj, non le fils , mais le petit-Jils d'Accurse.
<i6) Gualdus , in vitâ Vinc. Pinelli.
ACHÉE , en latin Ach^us , cousin germain de Sélencus Ce-
A cil
raunus et d'Antiochus-le-Grand (A) , rois de Syrie , devint un puissant monarque , et posséda long-temps les états dont il s'était emparé; mais enfin ses usurpations furent punies d'une terrible manière. Il rendit d'abord de très-grands services , et avec une admirable fidélité, à ses souverains; car, ayant accompagné Séleucus Céraunus dans l'expédition contre Attalus, il fit mourir les deux capitaines qui avaient ôté la vie à ce Séleucus , et il regagna toutes les provinces qu'Attalus avait conquises , et refusa le titre de roi que les suffrages des troupes et la faveur des circonstances lui mettaient en main (a). Il résista généreusement à ces tentations , et ne voulut vaincre que pour le successeur légitime du monarque dont il avait vengé la mort, c'est-à-dire pour Antiochus, frère puîné de Séleucus. Mais la bonne fortune l'aveugla ; car, dès qu'il vit que ses victoires l'avaient rendu maître de tous les états d'Attalus, si vous en excepter la seule ville de Pergame, il se fit appeler roi. Il soutint cette usurpation avec beaucoup de prudence et de courage , et il n'y eut au-deçà du Taurus aucun prince qui se fît craindre autant que lui (b). Les grandes et belles provinces qu'il possédait au-deçà de cette montagne ne sufllrent pas à son ambition ; il songea aussi à la conquête de la Syrie , quand il eut appris qu'Antioclius était allé faire la guerre à Artabazane (c). Il es-
(a) Ce fui vers la Jin de la liO)". olympiade, et l'an de Rome 533. Cjlvisii CUronol . pag 278.
(i) Tiré de Polybe, Iw /^, ch. XIII, p. 322.
(t '; Frince dont les étais étaient situés pro-
ÉE. 139
péra , ou que cette expédition ferait périr Antiochus, ou qu'elle serait si longue , qu'il aurait le temps de s'emparer de la Syrie avant le retour de ce monarque.
II compta aussi beaucoup sur la rébellion de quelques provinces qui venaient de se soulever. Il partit donc de Lydie avec une grande armée, et pendant sa marche il écrivit aux sujets d' Antiochus ; mais, quand il fut proche de Lycaonie, il s'aperçut que ses soldats ne voulaient point porter les armes contre leur ancien roi. Celafitqu'il leur dédaraqu'il se désistait de son entreprise. Il rebroussa chemin , et ayant pillé la Pisidie , il leur distribua un butin si considérable, qu'il regagna entièrement leur amitié (d). Inférons de là en passant que ceux qui disent qu'il se déclara roi de Syrie parlent sans exactitude. Antiochus, ayant fini glorieusement la guerre qu'il avait faite à Artabazane, envoya des ambassadeurs à Achée pour se plaindre de ce qu'il prenait le titre de roi , et favorisait ouvertement les Egyptiens (e). Ce reproche ne fut pas entièrement sans effet ; car nous trouvons qu'Antiochus fit une trêve avec leur prince (J') , parce qu'il savait qu' Achée , son allié en apparence, était réellement dans leurs intérêts. Cela montre que l'usurpateur eut quelques égards pour les plaintes d'Antiochus, et qu'il fit semblant de se joindre à lui contre Ptolomée , roi d'Egypte.
Celui-ci tâcha vainement de le
che de la mer Caspienne. Voyez Pol' be , liv. V . chap. XIII , pag. ^08.
d) Polvbii Hislor. lib. V, cap. XIII. f\lo
(eS Idem , ibid , pag. t\ii\i.
f'jJdem, ibid. cap. XV, pag. 4 18.
i4o ACH
faire comprendre au traité de paix ; Antiochus en rejeta toujours la proposition , et ne pouvait souffrir que le roi d'Egypte osât lui parler pour des rebelles (g-) ; et, dès qu'il eut les mains libres, il s'appliqua fortement à recouvrer les états qu'Achée avait usurpés : il en vint à bout ; il le confina dans Sardes , il l'y assiégea , il prit la ville après un long siège {h) , et il se trouva des traîtres dont l'intrigue fit donner Achée dans le panneau. Ils l'engagèrent à sortir de la citadelle de Sardes , et ils le livrèrent à Antiochus , qui le fit punir du dernier supplice , cruellement et ignoininieusement : il lui fit couper les extrémités des membres, et puis la tête, qui fut cousue dans une peau d'âne , et il fit attacher le reste du corps sur une croix (/). Ceci se passa l'an 54 o de Home. Ce fut un exemple propre à servir en deux façons (B). Je ne marque point les fautes de M.
Morériron les connaîtra aisément par la seule comparaison de son narré avec le mien ; mais pour les fautes de François Patrice , je les marquerai nettement (C).
{g) Idem , ibicl, pag-, 418.
{/ij Tdem , ibid , lib. VII, cap. III.
(j) Idem, ibid. lib. FUI, cap. V et VI.
(A) Cousin germain de Séleucus Céraunus , et d' Antiochus-le-Grand. ] Il était fils d'Andromaque , qui était frère de Laodice , femme de Séleucus Callinicus , et mère de ces deux princes (1). Observons qu'il fut bon fils : car , ayant su qu'Androraaque était en prison dans Alexandrie , il n'oublia rien pour le tirer de celte captivité. Les Bhodiens , ayant connu làdessus ses dispositions , envoyèrent des ambassadeurs au roi Ptolomée
(i) Polybii Hislor. lib. IV, cap. XII J, pag. 324; et lib. VIII , ca^: VI, pan- 53i.
EE
pour lui demander Andromaque. Leur dessein était d'en faire un présent à Achée , afin de l'engager à ne pas tenir aux Byzantins la promesse qu'il leur avait faite de les secourir. Il y avait alors une forte guerre entre les Rhodiens et les Byzantins. Le roi d'Egypte fît quelffue difficulté de se dessaisir d'Andromaque : il savait qu'un prisonnier tel que celui-là lui pourrait être de quelque utilité en temps et lieu ; car il était encore brouillé avec le roi de Syrie , et il n'ignorait pas la grande puissance d'Acliée. Mais, pour faire plaisir à ceux de Rhodes, il voulut bien enfin leur remettre ce prisonnier ; afin que, s'ils le jugeaient à propos , ils renvo3'assent à son fils.
C'est ce qu'ils firent; et par ce moyen, et par quelques autres , ils se procurèrent l'amitié d'Achée , et ôtèrent au Byzantin le principal fondement de ses espérances (2). Notez qu'Achée fut marié à Laodice , fille du roi Mithridate (3) , laquelle avait été très-biea élevée par Logbasis , bourgeois de Selge , ville de Pisidie (4). Cette dame soutint le siège de Sardes avec son mari , et se vit contrainte de se rendre après qu'il eut été mis à mort (5).
(B) Ce fui un exemple propre h servir en deux façons. ] Car ce fut un avertissement de se tenir dans la défiance . et de ne point abuser des faveurs de la fortune. Copions les paroles de Polybe , l'auteur de cette moralité. KsITÀ (fl/O TpilTrOilç OÙX. ÀVCtXfiXiÇ
VTrôSuy/ma. yiv'o/ui.iVoç to7ç so-o/z-êvotç' k-aÔ'
iVet JUÏV , TTpOÇ TO jUifJ'iVt TTlÇiUli^ fcthoùi'
h Titiç iô^pctyletiç, 'TtS.v Si Trpocri'oKcf.v ctv- Bfânrauç ovTsiç (6). Exemplum pnsteris duobus modis utile : priniiim , ut nemini teinerè esse credenduni discanius : deindc , rébus lœtis , ut spiritus ne attollnnius, sed, ut homines , humani nihil a nnbis alienurn putenius.
(C) Pour lis fautes de François Patrice , je les marquerai nettement. ] 11 prétend que les sujets d'Achée , accablés d'impôts, se soulevèrent et le massacrèrent avec toute sa famille , et jetèren; son cadavre dans le Pactole
(2) Polyb. lib. IV, cap. XIII.
(3 Idem , lib. VIII , cap. VF, pag. 53i. (4) I,1em, l,h. XV, cap. XVII , pag. 4^5. (5 1,1 fin , lib. VIII , cap. VI . pag. 53a. (6; Idem, li'j. VIII, pag. 528, eMi. Ca- 5auboni.
ACHÉMÈNES.
pour lui faire boire des eaux dorées.
^chœus , Lytiice Mceoniœque rex , gentilitio avarilice crimine ardebat ; is siquidcm crehra ac ^ravia populis tribula seniper impernbat , in quibiis exlgendi.% sœvus, iniprobus , atqiie ine.rorabilis eiat : femm cùni tantam injuriant diutiîis populi Jèrre nequirent , nocturnâ tesserd inter se datd , subito hominum concwsu illum cum omni familiâ trucidaueruni , et regiâ incensâ ejus cadauer unco tractum in Pactoluni flunien demersertint , lit nurijuras aqitas semper potnret (7). Piemarquez d'abord qu'il se trompe en prétendant que notre Aciiee e'tait Lydien , issu des anciens rois du pays , et héritier de leur avarice. Il songeait et aux richesses de Crësus et aux demandes de Midas (8) : il eût mieux valu se souvenir qu'Achefe était Sy
bition. Aquilius , qu'on lui associe (i2;,àcauseque.Mithridafelui fit verser de l'or fondu dans la bouche , n"a rien de commun avec la veDgeance qu'Antiochus employa.
(12) Patricias, de Reg. Inslit. Ub. IF,IU. IX, pag. 243-
ACHEMÈNES a été le père de Cambyses, et le grand-père de Cyrus, premier roi de Perse, si nous en croyons Hérodote (a).
Il y a d'autres passages oii cet auteur semble parler d'un Acbémènes beaucoup plus ancien que celui-là; car il dit que la nation persane était divisée en plusieurs espèces dont la plus illustre était
rien. Mais cette faute est petite en composée des Pasargades,sous les-
comparaison du reste ; car toutes les quels étaient compris les Aché-
circonstances de ce narre' sont des ,-,,ôni'rIo^ ^r^.,f lo- ^^:^ J„ D , ^
^, 1 T, ■ ■ 1 menmes , dont tes rois» de rerse
mensonges. 31. de tsoissieu se persuade j , . ., ti • i •
que les mauvais interprètes de ces pa- descendaient (b). 11 introduit
rôles d'Ovide, ailleurs (c) Cambyses , fils de Cy-
Morte uel interras capU suspensus Achœi, ^US , exllOrtaut aU Ht dc la mort
Qui miser auriferâ teste pependit aqud (9, leS principaUX SeigUCUrS de PerSe,
et surtout les Achéméuides , à ne
ont trompé cet écrivain. Il observe avec raison qu'elles signifient qu'on pendit le corps d'Achée proche du Pactole (10). Il ajoute que Zarottus est le premier qui ait entrevu la pensée du poète , et que Léopardus l'a
point souffrir que les Mèdes recouvrissent la royauté. Cela semble donner l'idée d'un Acliémènes , tige de ces Achéménides ,
connue pleinement ; et qu'ainsi Lipse beaucoup plus ancien que l'aïeul
de Cyrus. Etienne de Byzance fait mention d'un Aciiémènes , fils d'Egée , qu'il prétend avoir donné son nom à une province de Perse nommée Achéraénie.
D'autres disent que cet Achémènes fut fils de Persée [d] ; d'autres infèrent cela de ce que les rois de Perse étaient descendus de Persée (A). Presque tous les ses exemples. Achée ne fut point puni commentateurs d Horace veulent pour son avarice , mais pour son ara- que l'Achemènes dont il parle
n'a pas dû se glorifier de la première découverte du vrai sens de ce passage.
Hanc fssepnëtœ noatri mentem primus l'idit Zaroitiis, sed quasi per nebulam; et omninn Paiilus Léopardus Emendat. lib. I , cap. 20 , ideh non erat , quô Jusliis Lipsius, lib. 1. de Cruce , cap. 4 , principem sibi hujits loci explanationeni tribueret. f^aleat aiitem Alctatiis cum sud illd expUcalir'ne , quam libro IX , capile ■y.^ , Parergon Juris inseruil (11). Quoi qu'il en soit , François Patrice place très-mal
(7) Franciscas Fatricius , de Régis lostltalione, lib. If , lit. IX , pag. 242.
(8) Ovidii Metam. Itb. XI, vs. io3.
(g) Ovidius, in Ibio , vs. 3oi.
(10) Dionvs. Salvagnii Boessii Notae in libel- Inm Ovidii in Ibin , pag. 63.
(il) Idem, ibid.
dans l'ode 12". du IP. livre com-
(a) Herodot. lib. VU, cap. XI.
{b) Idem, lib. I, cap. CXXr.
(c) Idem , lib. III, cap. LXV.
(rf^Nicolaùs, lib. II, Histor. apud Ety mol. niarai Aitlor^m.
ACHÉMÈNES.
me d'un homme très-opulent , ait été un roi de Perse (B) ; mais, si cela est , il faut qu'il ait régné avant que les Mèdes eussent sub-
du nom iie Perses ; une autre qu'il nomme les Pasargades, sous lesquels il met les Acheme'nides. Ailleurs (4) , il dit bien que les Perses acquirent le nom de Perses depuis que Perse'e, tîls
jugué les Perses; car, depuis que de Jupiter et de Danae, leur eut laissé
ceux-ci eurent fondé cette gran- s"n fils Perses qu'il avait eu d'Andro-
1 I - i> . mede : mais il ne (ht pas , comme le
de monarchie , que 1 on compte ' ., „. * '. . ,
pour la seconde universelle , on ne leur voit aucun roi de ce nom-là. Cyrus passe constamment pour leur premier roi ; et ceux
suppose M. Chevreau , que les rois de Perse tirassent leur extraction de Persee. Le raisonnement de M. Che- Yieau va là , que Cyrus n'était point infe'rieur en naissance aux rois de Me'die ni aux rois de Perse , puisque
qui veulent qu'il y en ait eu deux ceux-ci descendaient d'Achémen aussi
avant lui les distinguent fort net temcnt et de son père Cambyses et de son aïeul Achémènes (e). Quoi qu'il en soit , l'épithète d'Achémcniens est souvent donnée aux Perses dans les anciens poètes latins, et encore aujourd'hui la Perse se nomme ^zcmi'a ■{/), et les Perses Agemis {g).
{a) Marsham. Chron. Can. pag\ 6'o5, édit. Lips.
(/)Bizari, Hist. Pers. lib. I, pag. 5.
(g) Teixera in Itiner. Indiœ , cap, VI , apttd Pioedo in Steph. Byz. pag. il\b.
(A) De ce que les rois de Perse étaient descendus de Persee. ] M. Chevreau attribue à Hérodote d'avoir dit que les Persides , c'esl-à-dire ceux de la maison de Persis, ou Perse'e , claient sortis des Acheménidcs alliés des Pasargades (i). 11 assure dans la même page que, selon le témoignage d'Hérodote, les rois de Perse i>enaient de Persee ou Persis, et que les Persides étaient descendus des Achéménides , c'està-dire du premier qui eut le nom d'Achœmen dans cette famille. Tout cela est fort brouille. Hérodote nedit])oint en général que les Persides fussent sortis des Achéménides : il ne dit cela
bien que Cyrus : il prouve qu'ils en descendaient , parce que les Persides eu descendaient. Outre les faussetés que j'ai déjà relevées, il suppose celleci , que le premier qui porta le nom d'Achémen , était antérieur à Persee, fils de Jupiter. M. Dacier avait fort bien retenu ce qu'il cite de mémoire de cet endroit de M. Chevieau (5).
(B) Ait été un roi de Perse. ] AI. Moréri dit bonnement qu'Achémènes a été le premier roi des Perses , et que de lui sont descendus tous tes princes qui ont gouverné cette monarchie jusque! a Darius. Mais d'abord je voudrais bien lui demander pourquoi , quand il parle de Cyrus , il lui attribue la première fondation de la monarchie des Perses ^ et pourquoi , en donnant la liste des rois de Perse , il ne met point Achémènes au-dessus de Cyrus , mais celui-ci au-dessus de tous les autres. Il ne faut point se mêler de se tromper , ou il faut le faire conséquemment. Puis je voudrais bien qu'il me dît de quel Darius il parle ; car il y a eu deux ou trois rois de ce nom en Perse. Parle-t-il de celui qui fut vaincu par Alexandre-le- Grand ? Mais , en ce cas , il ferait trop le décisif 5 les anciens ne demeurent pas d'accord que ce Darius fût de la famille royale. S'il parle de Da-
que des rois de Perse (2) ; c'est à-dire , rius fils d'Hystaspes , il s'exprime mal
de Cyrus , et de ceux qui ont régné ce terme de tous les princes n'est pas
après lui (3). Il distingue les Perses en à propos , quand de plus de douze on
plusieurs classes, parmi lesquelles il ne veut parler que de deux. Je ne sais
y en a une qu'il qualifie en particulier pourcjuoi M. Dacier borne l'épithète
,. , , a Achéménides au temps de Darius
^1^ Clicvreau . Hist. du monde , lit. J , cltap. r-. i,rj j •■ i-. .
Vpag.a5, 96 édiùon de Hollande, en .687. «'^ d Hysta^pes^, quand il dit que tes
(ai Herodot. lib. I , cap. CXXV. descendans d Achénienes,roidc I^crse,
(3) TlifTûùv ^oicrtKÛç,... 'AXai-iy-ivouç 'U-
VOVOI. Persarum reget.... ab'iÀchœmeae genus (4) Herodot. Ub.
dwere. Plalo in I. Alcibiad- /i^ng 440, E. (5) Dacier sur H
rodot. Ub. m ,
lorice .
cap. I.XJ.
lom. Il , pag
ACII
portèrent son nnm jusqu'à ce Darius (G). Je ne doute point qu'ils ne l'aient porté encore après lui ; car , outre que Xersès son fils rapporte son extraction en ligne directe à Achéraènes (n) , nous voyons en ce mênae temps un Tigranes , général des Mèdes, qualifié Achéméiiide{%) : et nous trouvons un Achéraènes , dont je parle ci-dessous , qui était frère de Xerxès. Je ne dis rien de Sapor , appelé Achémènes dans Ammien iMarcellin : c'est un passage corrompu (q). M. Chevreau , étonné sans doute de voir cinq générations entre ce Xerxès et Cyrus, croit que ce prince compte d'un coté ses ancêtres paternels , et de l'autre ses ancêtres maternels ^ en sorte qu'il ne se fasse sortir d'Achémènes que du côté maternel : mais c'est ce qu'on ne trouve pas dans Hérodote; à moins qu'on ne change le texte grec , selon la conjecture fort vraisemblable de M. de Saumaise (lo).
(6) Dacier sur Horace, loin. II , pag. a43. (-) Herodot. Ub. Vit, cap. XI.
(H) Ibidem, cap. LXII .
(g) Voyez M. de Valois in Âmm. Marcell. Ub. XIX , cap. II , pag. 2io.
(lO; Salmas. Exercit. Plinian., pag. ii83.
ACHÉMÈNES , fils de Darius premier du nom , roi de Perse , et frère de Xerxès de père et de mère (a) , eut le commandement de l'Egypte après que Xerxès l'eut remise sous le joug de l'obéissance qu'elle avait osé secouer (b). Quelque temps après , il commanda la flotte d'Egypte dans la fameuse et funeste expédition contre la Grèce (c). Ou ne trouve point quels autres emplois il eut pendant la vie du roi son frère; mais on voit que, l'Egypte s'étant encore révoltée après la mort de ce monarque , on y envoya Achémènes pour la remettre dans son devoir (d).
Cette entreprise fut malheureuse,
(a) Herod. Hist. lih. VII, cap. XCriI.
(6) Ibidem, cap. VII.
(c) Ibidem , cap. XCVII.
{d\ Ibdem., Ub. III , cap. XII. Diod. Sicul. Uà. XI