T03IE I
iGl
ete censure , et que cette faute a fait croire a 1 un de ses commentateurs qu Ausone n'a point fait tous les sommaires que nous avons sous son nom (luo). Au reste, le traînement de ce cadavre, les discours qu'Achille tinta Hector prêt a expirer, la liberté qu'il accorda a qui voulut d'insulter et de frapper ce corps mort, cette âme vénale qui se laissa ainsi persuader à force de riches présens , de rendre à Pnam le corps de son fils , sont des choses si éloignées, je ne dirai pas de la vertu héroïque, mais delà générosité la plus commune, qu'il faut nécessairement jugei- ou qu'Homère n avait aucune idée de l'héroïsme, ou qu'il n'a eu dessein que de peindre le caractère d'un brutal. Il nous représente Achille qui souhaite d'avoir assez de brutalité pour manger crue la chair d'Hector :
StVÊ())
"CLix à;roT-ît^vô^.«vov xfê<t scTyMêvai (121). Vlinam enim ullo pacto ipsum me furor et
anitnus slirnulareC Crudas dissecanleni carnes comedere !
Il n'a pas même compris que, pour faire plus d'honneur à son héros, il ne fallait pas donner à son ennemi aulant de lâcheté et de faiblesse qu'il lui en donne.
(1) Funérailles dont le dictionnaire de Moréri a touché quelques circonstances avec très-peu d'exactitude.'] Cet auteur a dit que les dieux pleurèrent dix-sept jours la mort d'AchiHe,- mais il ue fallait pas citer Homère sans coter le lieu où il parle de cela. Ce ne peut pas être dans l'Iliade ; car il y a fort bien observé la règle qui défend d'ensevehr le héros d'un poème épique dans le poème même. Virgile l'a observée aussi. Il eût donc faifu dire qu'Homère parle des funérailles d'Achille dans le XXIV^. livre de l'Odyssée, où il amène cet épisode à l'occasion des galans de Pénélope tués par Ulysse, C'est à tort que , dans l'édition d'Amsterdam , on a fait venir les continuateurs d'Homère à la place d'Homère. Ce n'est pas tout : il n'eût point fallu dire les dieux en général, sans spécitier ce qu'Homère marque , que
(120) Voyez les Diatribes de Mariang. Accursjus sur Aumône.
(m; Iliad. XXH , vs. 346.
i62 ACHILLE.
Thetis , accompagnée des déesses ma- qu'après la correction de ce passage ,
rines vint au camp des Grecs pour Isaac Vossius se soit avise' d'accuser
rendre à son fils les devoirs funèbres Pline de mettre le tombeau d'Achille
conjointement avec eux , et que les au rivage de Khe'tee , et celui d'Ajax
neuf Muscs y tinrent bien leur partie au rivage de Sige'e (i23). Pline a fait
par leurs chants lugubres. Ou pouvait tout le contraire. Solin, par un abus citer Pindare pour ce dernier fait :
Tov ;U£V oi/n SavovT à.iiiS'a.1
SXiVûVt'. OtÀXst 01
■yra-fi ti TTUfdLv , T«.<f>ov 6' 'EAïKcévist» TTstpâêVOt tç-CtV , iv'i QfîivOVTS TTO-
^iv âifo. <r' ÀÔsivaToiç ^voiç Qioiv é'iéif/.iv (122).
Quem ne mortuum quidein cnrmina dejecerunt : sed el ejiis rogo et sepulcro Heiiconice f^irgines adstiterunt, el lanientaùoaevi meniorabilem effuderunt. Plaçait ergo inimorlaiibus strenuum i'irutn ellani mortuum. hymnis dearum tradere. Ce que le dictionnaire ajoute, sur la foi d'Homère encore , qu'ensuite de ces dix-sept jours
qui lui est assez ordinaire , a transporte ce sépulcre sur un autre cap voisin , savoir sur celui de Rhétée , où était le tombeau d'Ajax (124)- Cette méprise se trouve dans les Emblèmes d'Alciat.
jEacidœ tumulum Uheeleo in liltore cernis (ii5).
Ses commentateurs avouent qu'il s'est trompé, à la réserve de Pignorius , qui a soutenu le contraire. 11 est pourtant certain , par le témoignage unanime des auteurs , que le tombeau d'Achille était au rivage de Sigée.
Nous avons déjà dit qu'on y allait tous les ans lui offrir des sacrifices : la tradition était que son fantôme s'y faisait voir armé et en posture menaçante ; ce qui n'empêcha point Apollonius de vouloir s'aboucher avec lui
les jeunes gens de la Thessalie firent (126). Je crois même qu'on a dit qu'il les funérailles d'Achille , où ils pieu- se faisait des miracles à ce tombeau. rèrent couronnés de Jieurs d'amarante , devi'ait être naturellement au même endroit de l'Odyssée où est le deuil de dix-sept jours : cependant il n'y est pas , et j'ai bien peur que M. Moréri ne se soit servi de quelque livre où l'on avait mal rajiporfè la cérémonie dont Philostrate fait mention dans le tableau de Néoptolème. C'est qu'ayant été ordonné aux Grecs , par l'oracle de Dodone , d'aller faire tous les ans l'anniversaire d'Achille, les Thessaliens furent les premiers qui joignirent des couronnes d'amarante
aux autres cérémonies.
(K) Ils l' enterrèrent au promontoire
de Sigée. ] Presque tous les dictionnaires le remarquent. Lloyd , rejetant les autres citations de Pline, qu'il
avait trouvées en mauvais état dans
Charles Etienne, garde celle du chap.
XII du IV '^. livre, mais à tort; car Pline
ne parle point là du tombeau qui était
à Sigée : il parle de celui qu'on disait
être dans une île du Pont-Euxin. C'est
au chap.XXXduV*. livre qu'il ditqn'il
y avait eu une ville nommée Achil-
léon , auprès du sépulcre d'Achille ,
sur la côte de Sigée. 11 est étonnant
Voyez l'article suivant.
(L) Son nom devint celui de la suprême bravoure. ] M. Moréri , sans citer livre, ni chapitre, prétend qu'Aulugelle a dit que , quand on veut parler de quelque soldat généreux , on dit que c'est un Achille ; mais il est faux qu'Aulugelledise cela. 11 dit seulement au chapitre XI du IF, livre (jue Sicinius Dentatus, pour avoir fait des actions fort surprenantes à la guerre, fut nommé l'Achille romain. Notre auteur en rapporte quelques cii'consfances prises de cet endroit d'Aulugelle , sans nous avertir d'où il les prend ; de sorte qu'il le cite , non quand il le faut , mais quand il ne le faut pas ; non quand il lui emprunte son bien , mais quand il lui donne ce qui ne lui est point di^. S'il avait cité Servius (127) , il eût allégué de meilleures preuves. Or , ce n'était point seulement la vigueur martiale , c'était aussi celle qu'on faisait paraî-
(laï)Pinaar. Islhm., Ode FIJI,pag. ^SS.
(123) Vossius in Melam , pag. 98.
(124) Sollni Poljliistor. cap. XL.
(i25) Alciatl Emblema CXXXF.
(126) Philoslr. in Vitâ Apollon, lib. IV, cap. III elir.
(127) Servius in Vjrgilii Eclog. ill , l'J. 79; el m Eclog. IV, vs. 34-
ACHILLE
Ire au service de Venus qui faisait donner le nom d'Achille 5 te'moin ce débauche qui, se sentant déjà mort quant aux parties qu'on ne nomme pas, dit daos Pétrone, funerata est illa pars corporis qud quondhm Achilles eram (*). Il avait apparemment plus de regret à cela que Miion à la perte de la force de ses bras, et il aurait paru plus blâmable à Cicéron que cet athlète , pour de très-bonnes raisons.
Quœ i-ox polest esse conlemptinr quant Milonis Crotoniatœ, qui ciim jam seiiex esset , athletasque se in curriculo exercentes videret, adspexisse laccrtos suos dicitiir , illacrymansque diaisse : At hi quidem jam mortui sunt ! JYon i>erà tenu isti quàm tu ipse nugator , neque enini ex te unquhm es nobditatus , sed ex lateribus et facertis tuis (12S).
Le dictionnaire de Ctiav'es Etienne, dans l'édition de Paris, en 1620 , revue et corrigée par Frédéric Morel , professeur royal , et dans celle de Genève , en 1662, corrigée encore d'une infinité de fautes , à ce que le titre porte , attribue à Aulugelle bien cité, non pas que tes soldats généreux , mais que les capitaines d'une valeur extraordinaire étaient appelés Achille, et que l'argent s'appelait ac/jt7/eert, parce qu'il était insurmontable , ou lorsqu'il était insurmontable. Tantœ Jortitudinis fuisse fertur (Achillesj ut, teste Gellio , lib. 2, cap. 11 , insigni Jortitudine duces Achilles appellentur , et argentum i'ocetur achilleum ,
Îuodsii insuperabde et insnlubileii-îQ).
e texte latin de Charles Etienne peut s'entendre en ces deux façons , et j'avoue même qu'aux dépens d'une mauvaise situation de paroles et de beaucoup d'inexactitude dont on se reconnaîtrait coupable, on se pourrait sauver de l'accusation d'avoir imputé à Aulugelle ce qui regarde ce prétendu argent achillëen. Mais ni Charles Etienne, ni ses correcteurs, ni M. Llojd , ni M. Hofman , qui l'ont suivi pied à pied , ne peuvent se justifier d'avoir pris argentum pour argumeiituni. Car c'est pour une objection insoluble qu'on se sert de lépithète d^achillea , et l'on appelle ordinairement dans les
(*) Pelron. Salyr. C. 129.
(128) Cicero de Senectute , cap. IX.
(i?q) Car. Steplianus in Dictionario , Yoc. AchiUes.
écoles le principal argument d'une secte , sou Achille. Ce qui ne vient pas tant de ce qu'Achille était un invincible guerri. r, que de la dil! culte tout-à-fait embarrassante que Zenon d'Elée proposait contre l'existence du mouvement ^i3oj. 11 mettait une tortue en comparaison avec Achille, pour montrer que jamais un mobile lent qui précéderait tant soil peu un mobile vite n'en pourrait être devancé. Calepin , citant d'ailleurs fort mal Aulugelle , met argumentum et non pas argentum ; ce qui nous apprend que le mal vient d'une ancienne source qui a formé comme deux branches de copistes. Les uns ayant à moitié chemin perdu aigurnentum , apparemment par la faute de l'imprimeur qui substitua argentum, ont été cause que leurs descendans conservent de main en main ce deinier mot ; les autres , à cet égard , n'ont point encore forligne. Ainsi ceux qui vont à eux , comme ont fait les correcteurs de Calepin , évitent le défaut qui s'est glissé dans l'autre branche.
(Mi aimait beaucoup la musique. ] M. Moréri en a parlé avec très peu d'exactitude. Il a dit qu'Homère fait souient connaître que le son de la lyre Ui-'ait un merveilleux poni^nir pour taire passer la colère d Achille et calmer cette passion furieuse qui avait tant donné de peine aux Troyens. Il ajoute qu Athénée l'a remarque aussi après Theopompe. Mais il est certain qu'on ne remarque dans Homère sinon que les députés de l'armée trouvèrent Achille chantant sur la l3re les belles actions des grands hommes, pour se divertir.
Tov i' iùp'jV <fpÉv« T(p7ript.iyov (^ôpufyyi Kiy tin
Tîî cyt dvy.oM ïnpTriy *êi/ê S' sipat Kh'ia. ÀvS'fSv (i3i).
Achille , offensé par Agamemnon , avait alors abandonné , de dépit et de colère , la cause commune. C'est tout ce qu'Homère nous en apprend. Pour des rétlexions, il n'en fait point sur l'occupation où les députés trouvèrent Achille ; c'est Athénée qui en conclut qu'Homère a voulu signifier que la
(i3o) Aristolel. Itb. VI Physic. cap. IX , et ibi Simplicius el Themisliui. Diogeneà Laërt. lib. IX , in Zenone.
(i30 Hemer..lliad. l,b. IX, ys. 186.
ACHILLE
lyre était d'un grand secours à ce he'ros pour modérer Taideur violente de sa colère (i32). 11 n'est pas vrai qu'Athi-ne'e fasse cette remarque après Theopompe , et je suis tort trompe' si la cause de l'e'garement de Worcri n'est un passage de Vossius au Traite de la .Musique. Ce savant homme, ayant cite Athénée pour l'observation qu'on vient de voir, dit tout de suite que les ambassadeurs des Gètes, qui allaient pour quelque traité de paix ou de trêve , vers des gens dont il fallait apaiser l'irritation, se pressentaient jouant de la lyre (i33), et allègue pour son garant Athénée , qui rapporte cela du livre XLVI*. de rhistoire de Théopompe. M. Uofman est à peu près dans la même erreur que je viens de remarquer. On eftt trouvé un peu mieux son compte dans Philostrate ; car il observe que Chiron ayant aperçu qu'Achille ne pouvait vaincre sa colère , lui enseigna la musique (i34)-
Il y a eu des gens qui ont voulu dire ((u'Arhille chantait sur la lyre , non le-; beaux exploits des grands hommes, mais les maux que l'amour lui faisait iouilrir.
Talis canlalâ Briseide venil Jchilles jicrior , et positis erupil in Heciora plec-
trb (i35).
Ille Pelelhi-oniam cecinii tniserabile cartnen jtdcUharain, cUhard tensior ipse siid(ii6).
Ce sont, je crois, des médisances qu'on peut réfuter par la réponse que fit Alexandre-le-Grand à relui qui iui offrait la lyre de P;îris : 7e ?n'cii soucie peu, lui dit-il; mais je l'errais i^olonticrs celle d'Achille, sur laquelle il chantait les actions des héros du temps passé. Plutarque, qui rapporte ainsi la c'iose dans la vie de ce prince, lui attribue ailleurs (i3-) une autre réponse , savoir celle-ci : Je n'ai que faire de celle-là ; car j'ai celle d'ylchille, au snn de laquelle il se reposait en chantant les louanges des Paillans personnages ; mais celle de Paris aidait une
(iSa) Âtbenxns, lib. XI f, pag. 614.
(i33) Vo5^iu>, deMusice,;;(ig. ^3. Lepassage d'Âtlieuée est page 627.
(i34) In Heroïc. pag. '"oS , C. Vide etiam A:iiani Hist. Nar. lib. XI V , cap. XXIII.
(i35) Stalius, Silv. ir, Ub. IV, vs. 35.
(i36) Priajieior. carm. LXIX.
(i3-) Plularnue , delà Forlime d'Alexandre, lit. t , ehap. Kl.
harmonie trop molle et trop féminine , sur laquelle il chantait des chansonnettes d'amour. Ce n'est pas le seul exemple qui montre que Plutarque se rendait tellement maître de certains faits, qu'il les tournait et les appliquait tantôt d'une façon , tantôt de l'autre. Assurément Alexandre n'a point répondu ces deux choses, et apparemment c'est la dernière qui est de l'invention de l'historien. Pour ce qui regarde ces paroles, car j'ai celle d'Achille, on croit aisément qu'Alexandre eût voulu l'avoir; mais qui doute qu'il ne soit très-faux qu'il lait eue .'' Elien rapporte le fait conformément à la première narration de Plutarque (i38). Un commentateur d'Élien assure qu'Homère représente en divers endroits Achille chantant sur la lyre les exploits des grands capitaines (iSg). Il se trompe : Homère ne le fait qu'en un seul lieu, et son erreur étant celle d'un homme tout autrement fort de reins que Moréri en fait de littérature, pourrait consoler Moréri , s'il était envie. Kuhnius ne corrige point cette faute (i4o). Stace qui , contre les termes formels d'Homère , suppose qu'Achille pendant sa retraite chantait ses amours et sa Briséis , témoigne en d'autres endroits que, dès sa plus tendre jeunesse, il avait employé ses instrumens de musique dans l'antre de Chiron, à célébrer les grandes actions des anciens.
JVec major in istit
Sudor^ Apollineo quàinjiia sonanùa pîeciro Cwn qualercm , priscosque virùin mirarer honores (i40'
Ce furent les combats d'Hercule , ceux de Pollux et ceux de Thésée , qu'il chanta devant sa mère , qui l'était allée voir daus cet antre, à quoi il joignit les famé uses no ces de son pèi'e :
Canit ille libens immania lauduni
Semina, qui tumidce superdnt jussa novercce Ainphitrronades : crudum quo Bebryca cœstu Obruerii Pollux : quanta circurndata nexit Huperit yEgides Minoi bracliia Tauri , Maternas injine thoros, superisque gravalum. Pelion {1^2).
J'avoue cependant que Phiiostrate le
(i38) ^liani Histor. Var. lib. IX , caf.
xxxyiii.
(139) Scbeffer. in hune locum iEîiani.
^i4"o) Kulmîus, in.'Elian. ibid.
(i4ij Slaliui , Ax'hill. Ub. II , vs. i{\i. (iijsj Idem , ibidem , Ub. I , vs. itiS.
ACHILLE
Anibiguus , tenuique laUns discrimine sexHs (148).
(C'est Slace qui parle. )
fait chanter, sous la discipline de Chiron , diverses matières qui avaient infiniment moins de rapport à la guerre
qu'à l'amour; Hyacinthe, Narcisse, Pour ce qniestde la taille, je nereraar-
J\doni'!, Hilas, etc. (i43). querai point ce quePhilostrafedit dans
Achevons cette remarque par quel- la vie d Apollonius, que l'ombre d'A-
que chose qui concerne la lyre uièrae caille, evo([uée par ce philosophe ,
d'Achille. Quelques-uns disent que panit d abord de cinq coude'es et puis
Corybas, fils de Jasus et de Cybèle , de douze, et d'une beauté qu'il n'e-
ëtaiit passé en Plirygie avec son oncle ti*it P/»s possible d'exprimer (i49)- Je
Dardanus , y établit le service de Cy- "e dirai jioint non plus , avec Lyco-
bèle, donna" son nom aux Corybantes, pbron, qu'Achille avait neuf coudées ;
qui étaient les prêtres de cette déesse, ce n est point ce qu'on nomme belle
et y transporta la Ivre de Mercure tai^e , cela n'est bon que pour Quin-
(i44). Elle fut gardée a Lyrnesse, d'où tus Calaber qui Ta converti en géant
Achille l'emporta lorsqu il se saisit de (i5o) , et ce ne serait pas le moyen de
cette ville. Homère n'est pas de ce justifier le sieur Moréri. Disons donc
sentiment , puisqu'il dit que la lyre q""'! est fort vrai que l'auteur qif il
de ce héros avait été trouvée dans la cite (i5i) donne une belle et haute
ville d'Éetion , c'est-à-dire dans Thè- taille à ce héros , et un visage d'oii il
bes de Phrygie lorsque les Grecs la sortait des rayons, un nez ni aquiHn
pillèrent (i45). "' crochu; mais tel qu'il défait lou-
(N) Le plus bel homme de son temps.-} >","'« <^emeurer. C'est ainsi que Vigé-
Au lieu de ce fait, dont on a des preu- «^""6 a traduit , sur la version latine
ves si authentiques, M. Moréri s'est apparemment J aimerais mieux tra-
contenté d'observer que Philostrate '^''^'e tel qu d deuail eire, et donner
dit qu' Achille était de belle taille, au verbe /^j>.xa) cette signification.
Achille se vante lui-même , dans le (0) ^^ «e les aimait pas moins de
XXI'=. livre de riliade, d'être grand et son côté. ] La lubricité d'Achille fut
beau, X4XÔÇ Ts^.^,aç Tê: et lors qu'Ho- »" fruit précoce et de durée. Nous
mère a voulu parler de Nirée , il a re- avons vu que dès VXga de dix ans il
marqué qu'après Achille c'était le plus engrossa Déidamie. Les suites furent
beau de tous les Grecs : dignes d'un si prompt début. 11 ne
^ tarda pas long-temps à traiter de la
Ni^fîîç , ôs xixMç-^ç «tVJip J^o Ixioï »ix9« niême sorte Iphigénie (tSa); et siDiane
Tmv*x>.û!V A*V£tâv,,MêT' à.fj.{/y.<i\a. n»- crut qu'où lui avait oflért une vierge
hûoBvtt (146). pour victime en la personne de cette
Nireu., quifornwsi.simus wV ad Tlium venit j-jj^ d'Agamemnon , elle fut pHse pour
Pelidein. dupe : Achille avait mis bon ordre
qu'au pis aller Iphigénie ne sortît
ros, avait teileiuent le visage d'une lène sur les murailles de Troie, et en femme , qu'il lui fut aisé de passer devint si furieusement amoureux , pourfille à la courde Lycomède(i47). qu'il en perdit le repos , et qu'il re
courut à sa mère pour la prier de trouver quelque moyen de le faire jouir de cette femme (i53) ; bel em-
.... Plurimus illi
Invictd virLute décor falliique tuenles
(143) Pbitoslrate in Heroïc. , pag. 700, les nomme Toùç <t3x;a.l0I/ç nXizetç , ce que Vigélière Irnduil, les anciens qui esloient au mesaie aage qu'Aclnlle. Ct^la e\l très-equii'oque : il eut mieux valu se servir du mol de siècle que de celui d'dge ; et sans doute Philoslrale a voulu dire , non qu'Us e'iaient contemporains avec j4chille , mais qu^ils Criaient entre eux.
(144) Diodor. Sicul. , lib. VI.
(i45> Homer. lliad. lib. IX, vs. 188.
(i4(i) Ibi<l. lib. II, vs. 673.
('4?) f^orei le Banquet <îe Platon.
(i48) Staiius , AcLilI., lib. T, vs. 335. Dictys Cretensisj lib. I.
(i4y) Philostrate, de la Vie d'ApolIonios, liv. IV , chap. V. Vigénère cite le livre III , et dit que Vombre apparut premii'rement de la hauteur de sept coudées.
(i5o) Q. Calaber, lib. I , vs. 5i4 ; lib. III, vs, 7i(j , 722-
(i5i) Pliilostrale in Ileroic. , pag. 7o5.
(i52) Vide Tzeizera in Ljcophron.
^i53') Ticlies in Lycophron.
,66 ACHILLÉA.
ploi pour une mère ! The'tis ne laissa pas de Taccepter, et d'inventer une manière de maquerellage qui consista à faire arcroire à son fils qu'il jouissait de la belle Hélène ^ mais ce ne fut qu'un songe, et néanmoins ce re'gal imai^inaire apaisa les tourmens d'Achilie. On eut beau lui ôter sa Briseis, il ne coucha yiourtant point seul : il avait eu trop de soin de ses provisions de lit. Il pouvait trouver des relais chez lui en cas de besoin : Diome'de'e prit la place de Brise'is (iS/jl Dès qu'il eut vu Polyxène , fille de Priam , il voulut en faire sa femme; et n'ayant pu satisfaire ce désir pendant sa vie , il demanda après sa mort qu'on la lui sacrifiiU, afin qu'il en pût jouir aux Champs Élyse'es (i55;. Il avait si bien rae'rité en ce monde d'être nommé (i56) ipuTiito;, XTix-yn; , ÀnpnTMÇ., iptuTixwTaiToç (157) , qu'on crut que même dans l'autre il avait besoin de femmes , et c'est pour cela qu''Ui l'y a marié avec !\Iédée et avec Hélène. Il fut accusé d'être devenu amoureux de l'amazone Penthésilée , peu après lui avoir ôté la vie , et d'avoir assouvi sa passion sur ce corps de femme frais tué (i58}. Nous en parlerons dans l'article de Thersite *. Voj'ez aussi l'article de Tenis.
(P) S'étaient répandues sur les personnes de son sexe.'] Il y en a qui veulent que Troïîus , fils de Priam , soit mort étouffé entre les bras du lascif Achille, qui le voulait violer, et qui trouva trop de résistance (i5g). On a donné un tour fort malin au choix qii'Ajax suggéra à Ménélas ; il lui conseilla de faire porter à Achille par le bel Antiiochus la nouvelle de la mort de Patrocle. Philostrate, qui dit assez clairement quelles pouvaient être les liaisons du héros avec le messager choisi, s'est trompé sur l'auteur du choix (160) ; car ce ne fut point Ménélas , comme il le dit , qui jeta les yeux sur Antiiochus j ce fut Ajax qui
(i54) Homer., Iliad. lib. TX, w. 660.
(i55) Seneca in Troad. vs. g^S.
(i56) Libanins , Progymn. pag. loi , B, Pt pag. Il'; , A ; Declam. IV , pag. 2J6 , B ; el Orat. IX , pag. 258 ; C.
(157) Plutarcli. in Amator. pag-. ^Gi , D.
(i58) Tzeizes in Lycoplir. Libanius , Progymn. pag. loi , C ; el pag. i53 , J.
* Barle ria point donne d'article TaEKsnt..
(iSg) Servius in £neid. Lycophron, fs. 807, el ibi Tzetzps.
(iGo) In Anti!, pag. 670, el Icon. p. 789, D.
le proposa à Ménélas (161). Mais c'est principalement envers Patrocle qu'on a donné un tour criminel à la tendresse d^Achille. Piaton prend son parti làdessus contre Eschyle (162). Xénophon est en cela de l'avis de Platon (t63). SextusEmpiricus traite la chose en homme de sa profession , je veux dire pvi'rhoniqueraent (164)- Mais Lucien et Philostrate (i65) y mettent tout leur venin ; l'un d'eux prétend qu'Achille ne se tint point assez sur SCS gardes en pleurant la mort de son ami , et qu'il se laissa écliapper la vérité par ces paroles : f/.nfm ts tûjv s-â» lôs-i^hç oy.tXtx xctxKicev {^iQfij , feninrum et lunruiii sancta cnni'ersatio mellor.
Que dirai-je de ces deux vers de l'épigramme XLIV du livre onzième de Martial ?
Brrtcjt mnilutn quaim'is aversa jaceret, JEa<:i{lœ propior levis amicus eral.
(i6i) Homer. Iliad. lib. XVI , vs. 628, 65i, 653 , 655.
(162) în Conviv. tom. III , pag. 180, A.
(i63) In Conviv. pag. 89S , J.
(164) Sexl. Empir. Pyrrh. llyp. III , pag. 132 , //.
(i65) Pbiloslr. in Eprst. pag. goi , A.
(c66) Lucian. in Amorib. pag. lo'-i , loin. I, edil. Salniuriensis.
ACHILLE A, île du Pont- Eiixin , que l'on a nommée aussi l'île des Héros , l'île Macaron (a), ou l'île des Bienheureux , Leuce , etc. , était , selon quelquesuns, vis-à-vis du Borysthène, et, selon quelques autres , vis-à-vis du Danube. Le nom dH Achillea lui fut donné à cause que l'on y voyait le tombeau d'Achille {b) , et qu'elle était consacrée à ce héros. Tlîétis ou Neptune la lui donnèrent (c) , et il obtint les honneurs divins , temple , oracle , autel , sacrifices et ce qui s'ensuit. Quelques-uns parlent de cette île comme si elle avait été inhabitée , et s'il n'y avait eu
(a) Plinii Hist. Natur. , lib. IV . cap. XII et XIII. P.iusan , lib. III, png. 102.
{!>) Mêla , lib. Il , cap. VII. Scylax, p. 28.
(c) Aiitor Peripli Ponti Eiixini o/>Ts. Vossio et/(<(/j , Ouinlus Galaber, subjin. lib. III.
ACHILLÉA. ,67
aucune sûreté à vouloir y passer cultivait alors avec d'autant plus la nuit (d) ; c'est ce qui faisait que de soin le talent de la poésie dont les gens qui y prenaient terre se Calliope l'avait gratifié (B) , qu'il rembarquaient vers le soir, après n'eu était point détourné par avoir vu les antiquités du lieu , des occupations belliqueuses. JI le temple et les dons qui avaient ajoute encore que ceux qui pasété consacrés à Achille. Ce héros saient auprès de ce rivage entenn'y était point seul , les âmes de daient une musique qui ' plusieurs autres héros y avaient
aussi leur demeure (A) ; et quant à lui, il fallait bien qu'il y fut en corps et en âme , puisqu'il y épousa Hélène et qu'il en eut un fils qui s'appela Euphorion , que Jupiter aima criminellement etsans succès , et qu'il tua d'un coup de foudre pour le punir de son re-
donnait une admiration mêlée d'horreur , et qu'ils entendaient aussi un bruit de chevaux, un cliquetis d'armes et des cris comme à la guerre. Maxime de Tyr et Arrien ne disent pas des choses moins surprenantes (C). Il ne faut point douter que ce ne fût là qu'Achille fit le miracle
fus (e). D'autres disent qu'Achille dont Tertullien a parlé (D). Il y avait pour femme Jj)higénie , en fit bien d'autres , dont celui
que Diane y avait transportée , après lui avoir communiqué le don d'une immortelle jeunesse avec la nature divine (J^). D'autres enfin veulent que la femme qu'il épousa dans l'autre monde fut la fameuse Médée (g) ; mais la plus commune opinion lui donnait Hélène pour femme : c'est le sentiment que Philostrate et Pausanias ont suivi (h). Le premier raconte que si les étrangers qui abordaient dans cette île ne pouvaient point faire voile le jour même , il fallait qu'ils passassent la nuit dans leurs vaisseaux, ou Achille et Hélène les venaient voir , buvaient avec eux et chantaient non — seulement leurs amours, mais aussi les vers d'Homère (/). Il ajoute qu'Achille
(çf) Amm. Marcell. lib. XXII , cap. VIII. Vous trouverez ses paroles dans la remarque (A.).
(e) Ptol. Hephœst. apud Piiotinm, p. ^80. (/) Antoo. Libeialis, cap. XXVII.
(g) Tzelzes in Lycophr. schol. Apollon.
lib. IV.
{h) Pausanias, lib. III, pag. 102.
[}) Philostrat. in Heroïc.
qu'il exploita contre l'impiété des Amazones (E) , qui voulaient piller son temple , ne fut jîas le moins éclatant. Celui qui concerne le vol des oiseaux (F) a été mal rapporté par M. Moréri , qui d'ailleurs nous fait un article à part d'une fontaine Aciiillkf. (G), dans laquelle Acliille s'était lavé, et qui avait une propriété merveilleuse. Achille n'était pas le seul qui fit des miracles dans l'île de Leuce ; Hélène sa femme s'en mêlait aussi {k) , comme nous le dirons dans l'article de Stesicho- RE *. L'abondance est ici plus nuisible que la disette (H).
(/■') Voj'ez la remarque (D).
* Cet article n'a jamais existé.
(A) Les âmes de plusieurs autres hcrns y m'aient aussi leur demeure.
(i). 3 C'est ce qui paraît, par un passage de Pausanias, où il raconte que Lëoiiyme , général îles Crotoniates , étant allé à l'île ilo Leucc pour y apprendre le reinèile qui le £;iiériiait d'une blessure, rapporta ((iiMl y avait TU Achille, les deux Ajax, Patroclc ,
(i) Dionys- PcricgcU
ACHILLEA
Antilochus , etc. (2). Je m^ étonne qu'Amraien Marcellin oublie cela dans 1 endroit où il rapporte que cette île était un lieu dangereux. In hâc Tauricâ, dit-il (3) , insula Leuce sine liabilaloribus uUls Achilll est deàicata ; în quam si fuerinl quidam forte dilati, t'isis andquilatis i^estigiis temploque et donariïs e.idein heroi consecratis , i^esperi repetiiiit naines , aiunl eniin non sine discrimine t'itœ illlc quemquam.
pernoctare. Peut-être aussi ignorait-il cette particularité'.
(B) Le talent de la poésie , dont Calliope V m'ait gratifié J] 11 y a des gens qui veulent que quand Plutarque rapporte que Minerve , la de'esse des sciences, coula des gouttes de nectar et d'ambroisie à Achille , qui ne voulait rien manger , il nous insinue que ce héros avait une science universelle. 'H 'AÔ»-
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