‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 42 sur 158 · AD A · texte numérisé non relu

AD A

Carie , épousa sou propre frère Idriée , et régna avec lui dans la Carie , après la mort d'Artémise , qui ne survécut que deux ans à

lui avait autrefois donné de plus excellens cuisiniers , en lui apprenant que , pour dîner avec appétit^ il fallait se lever malin et se

Mausole son mari \h). Idriée ré- promener^ et que ^ pour faire un

gna sept ans (A) , et mourut de souper délicieux, il fallait faire

maladie, sans laisser postérité. Sa un sobre dîner (f).

veuve,ayantrégnéenviron quatre (j-^ pj^t. inMe^andr., pag. 677. ans, fut chassée du trône par Pexo-

dare son cadet (c), qui , pour se „-^^^ ^'^^'^l ':^^"«/fP«. ans. ] C'est

mamtenir dans 1 usu^iation, s al- ^.^eau , qui a converti les années en

lia avec un seigneur persan nom- mois (2) , aurait eu peut-être plus de

mé Orontobate, auquel il donna raison d'allonger le terme qu'il n'en

sa fille en mariage (B). Elle avait "" «^" ^^ raccourcir ^ car Idr.ée était

il 1 - j 'i » encore vivant lorsque Isocrate fit sa

nom Ada, comme la reine detro- philippique. Or, si l'on en croit ller-

nee, et avait pour mère Aplmeïs, mippus (3j , il la fit peu avant sa

fille de Syunesis , roi de Cappa- mort et peu avant la mort de Philip-

doce. Orontobate succéda à son pe : il faudrait donc qu'Jdriée eût vécu

beau-père dans le royaume, au bout de six ans , et défendit Ha— licarnasse contre Alexandre (d).

Les révolutions qui arrivèrent en ce temps-là furent favorables à Ada; elle implora la protection de ce conquérant contre l'usurpateur, lui livra la ville d'Alinde, qui était encore à elle , et lui promit de travailler à le rendre maîtredeplusieurs autres (e). Alexandre lui fit un très-bon accueil , et la rétablit dans sa première autorité sur toute la Carie , lors-

jusqu"à la 110*. olympiade, puisqu'Isocrate mourut peu de jours après la bataille de Chéronée , qui se donna Tan 3 de la 110''. olympiade, deux ans seulement avant la mort de Philippe. Comme donc le règne dldriée n'a commencé qu'environ l'an 3 de 107^. olympiade (car j'ai montré dans les remarques de l'article d'ARiÉMisE, que son mari Mausole , auquel elle survécut deux ans , ne mourut qu'à la fin de la 106^.) , on n'a pas assez des sept années que Diodore lui donne.

Je crois néanmoins sa chronologie plus certaine que celle d'Hermippus.

Où est-ce qu'Herraippus placerait le règne d'Ada et celui de Pexodare , qui ont duré, l'un quatre ans et l'au-

qu'il eut subjugué la ville d'Ha- tre six, et qui ont précédé l'expéditioa

licarnasse. Elle crut lui pouvoir '^ ')i^x^/P'^r " ^,, . -,

j ^ . (d) Il donna sa pile en mariage. J

marquer sa gratitude en lui en- i^j ^e Valois a cru que Philippe, roi

voyant toutes sortes de rafraî— de Macédoine , demanda cette même

chissemens , confitures , pâtisse- ^He de Pexodare pour Aridée sou frè-

rip« v,-^r,rlp« rlpliratP. ^vf>r Ips re , et il a Cité Plutarque (4). Cet his-

ries , viandes délicates , avec les meilleurs cuisiniers qu'elle put trouver; mais il lui répondit qu'il n'avait que faire de tout cela , et que Léouidas , son gouverneur ,

{b) Diodor. SIcul., lib. XVl. C'est de lui que je tire la durée des autres règnes. (c) Str.-ib, et Diod. , ibid.

{d) Arriaii. lih. I.

(e) Diodor. Sicul., Ub. XFII: Strab. lib.

xrr.

torien ne nous apprend pas si la fille de Pexodare , de laquelle il fait mention , s'apiielait Ada ; mais on peut très-bien l'inférer de ce qu'il dit qu'elle était l'aînée (5); car on sait d'ailleurs qu'Orontobate , ayant épousé une fille

(i) Diodor. S\cui., lib. Xri.

(a) Chevreau, Histoire du Monde, loin. If, yag. 33 , édition de Hollande .

(3) Voye-L le iommaire de celle Harangue .

(4) Valesii Nota: in Harpocrat. J>og. (J*!- (5J Plut, in Aleiandr.pa^. 6f>g.

igS AD

de Pexodare nommée Ada , se crut possesseur légitime du royaume de Carie. Jusque-là donc M. de Valois me semble très-bien fonde' ; mais il n'a pas eu raison de dire que Philippe rechercha cette alliance pour Aridée son frère j ce fut Pexodare qui la rechercha , et qui envoya pour cet effet un ambassadeur à Philippe. D'autre côte', Aridee n'était point le frère , mais le fils de Philippe, Plutarque le dit expressément. 11 ajoute une chose qu'il n'est pas inutile de savoir pour mieux connaître les obliquités des cours. Les amis d'Alexandre l'alarmèrent sur les propositions de l'ambassadeur de Pexodare : ils lui mirent dans la tête que Philippe ne voulait avancer Aridée par un gros mariage qu'afin de le mettre plus en état de succéder au roj'aume. Alexandre , pour rompre ce coup , dépêcha un homme à Pexodare , afin de lui représenter qu'il devait plutôt jeter les yeux sur Alexandre que sur Aridée , qui était bâtard et presque fou. Pexodare ne balança point sur le choix j mais Philippe ayant eu vent de ce manège censura vivement Alexandre, et lui dit qu'il serait bien lâche et bien indigne de lui succéder s'il se contentait de la fille d'un Carien , vassal d'un prince barbare. En même temps il exila tous les confidens de son fils , et écrivit aux Corinthiens de lui envoyer pieds et poings liés l'homme qu'Alexandre avait dépêché en Carie. C'était un comédien nommé Thessalus.

ADAM * , tige et père de tout le genre humain , fut produit immédiatement de Dieu, le sixième jour de la création. Son coqîs ayant été formé de la poudre de la terre (A) , Dieu lui souffla aux narines respiration de vie , c'està-dire qu'il l'anima et qu'il en fit ce composé qu'on appelle homme , qui comjîrend un corps organisé et une âme raisonnable.

* Jolj- approuve le texte de cet article ; mais il en blâme les remarques.

Chaiifepic indiqite les légendes orientales comme contenant un grand nombre de circonstances fabuleuses dont il rapporte Us plus singulières.

AM

Le même Dieu qui avait produit Adam le plaça dans un beau jardin (a) , et pour le mettre en état d'imposer un nom aux animaux, il les fit venir vers lui , puis il fit tomber sur lui un profond soin— meil et lui ôta une côte (B) , de laquelle il forma une femme.

Adam reconnut que cette femme était os de ses os , et chair de sa chair, et vécut avec elle sans qu'ils eussent honte de se voir nus. Il y avait dans le jardin un arbre dont Dieu leur avait défendu de manger , à peine de la vie. Cependant la femme, séduite par un serpent {b) , ne laissa pas d'en manger , et de persuader à Adam d'en manger aussi. Dès lors ils s'ajîerçurent qu'ils étaient nus (C) , et se firent des ceintures avec des feuilles de figuier cousues ensemble. Dieu vint leur prononcer la peine dont il voulait punir leur crime, les chassa du jardin, et leur fit des habits de peau. Adam donna le nom d'Eve à sa femme , et consomma son mariage. Il devint père de Caïn et d'Abel , et puis de Seth , et de plusieurs autres fils et filles dont on ne sait pas le nom , et il mourut à l'âge de neuf cent trente ans (c). Voilà tout ce que nous savons de certain sur son chapitre. Une infinité d'autres choses que l'on a dites de lui sont ou trèsfausses ou très-incertaines : il est vrai qu'on peut juger de quelquesunes qu'elles ne sont point contraires à l'analogie de la foi , ni à la probabilité. Je mets en ce der-

(a) On rappelle ordinairement le Paradis terrestre et le jardin d'Eden.

{b) Touchant ce serpent , t>oyez les remarques de l'article ÈvE.

(c) Voyez les cinc/ premiers chapitres de la Grnf'sp.

ADAM. KJ9

nier rang ce que l'on dit de sa cre (Mj , etc. ; mais gardons-nous

vaste science (D) : nous ne lisons bien d'avoir sur l'affaire de son

rien dans la Genèse qui ne soit salut les incertitudes de l'abbé

moins propre à nous donner Rupert (g) , et encore plus de le

cette idée qu'à nous en éloigner, croire condamné aux flammes

Néanmoins il pourrait être qu'A- infernales, comme faisaient les

dam sortit des mains de son créa- Tatianites [h). Piien ne nous obli-

teur avec les sciences infuses , et ge d'adopter le sentiment d'Ori—

qu'il ne lesperdit point par son gène , de saint Augustin de

péché, non plus que les mauvais saint Athanase, et de plusieurs

anges ne sont pas devenus moins autres , qu'Adam fut des pre-

savans depuis leur chute, et que miers parmi ceux qui ressuscitè-

les crimes des gens doctes ne leur rent avec Jésus -Christ ^i") : en—

font pas perdre les sciences qu'ils coremoins est-on obligé de croire

possédaient. On peut mettre en- que sa repentance l'aurait fait

core au rang des choses proba- mourir de tristesse si Dieu ne lui

blés ce que disent quelques-uns avait envoyé l'ange Raziel pour

touchant la beauté d'Adam (E) ; le consoler (k). Mais la raison

mais il est tout-à-fait faux qu'il veut que nous croyions que sa

ait été créé avec les deux sexes foi et ses prières lui firent trou—

(F). C'est avoir bronché lourde- ver miséricorde , et qu'il fit une

xnent sur les paroles de l'Écri- belle mort , sans que pour cela il

ture (d) , que de s'être imaginé faille s'imaginer qu'il harangua

une semblable rêverie. Les rêvé- ses enfans avant que de rendre

lations d'Antoinette Bourignon l'âme , et qu'il leur recommanda

(G) seraient alléguées mal à pro- nommément d'honorer leur mè-

pos pour confirmer cette fausse re , et de l'enterrer auprès de lui.

glose. Autant vaudrait-il em— On se donne trop de liberté quand

ployer à cet usage les narrations on forge de telles harangues di-

romanesques de Jacques Sadeur rectes (N). Nous avons rapporté

(H). Il n'est pas plus vrai qu'A- ailleurs (/) ce qui se dit de la du-

dam ait été produit avec la cir— rée de sou état d'innocence,

concisiçn (e) , et que , comme cela , ^^ .. „ . ^ ,, ,,^

^ ■ ■• I \ -, ■ ^ ■ , r ig-) nuperti Comment, in Gènes., /lO. ///,

lui déplut , il ait commis la taute cap. xxxi.

de ceux dont saint Paul a fait (^ Epiphan. Hœres. XLVI. EuseLius .

1 ,, 1 , ,^ Histor. lib. /^, cap. XXril.

mention dans i une de ses epitres (,j ^^„^ Cornel. à Lapide in Gènes., cap.

{f). Rangeons aussi parmi les y , vs. 5.

rnnfpsrpniipl'nn i rlit rip sn tqillp ^** ^ic/e Reuchlinumde ArteCabbal. ;,a^.

COnieSCequelOnaaitaeSaTaïUe g . g, Heidegger. Histor. Patriarcb. tom. 1,

gigantesque (I) , et de ses livres pag. i6o.

(Kj, et de son sépulcre (L) , et ^^-j^^J^f"'" ^^ '^'"'"•7"« (A) de Varudc

d'un arbre planté sur ce sépul-

(A) De la poudre de la terre.'] Pho-

((!• Dieu donc créa l'homme à son image , tius , si Ton en croit le père Garasse

il le créa à l'image de Dieu , il les créa mâle ^,) ^ a rapporte que les Egyptiens di-

et femelle. Genèse, chap. I , ^. 27. ^^-ç^j ,^ye /^ Sapience pondit un oeuf

(e) Les Juifs l'assurent, f^oyez Batlohcci, ^^ans le paradh terre stie, d'où nos BM.B.a.hhia., tom. I, pag. 2gi. premiers pères sortirent comme une

(f) V. Epîtreaux Corinthiens, c^a;?. y/T,

v. 18. (i^ Garasse, Doctr. curieuse , ^n^. îîî-

200 ADAM

paire de poulets. Je ne pense pas que croire au peuple qu'Adam et Eve fu- Photius ait dit cela , et je serais fort rent aveugles jusqu'à ce qu'ils eurent trompe si ce n'est point une para- transgressé le commandement de phrase trop licencieuse de ce jésuite, Dieu: Neque enim cœcl creali erant , forcée sur ce que Photius rapporte ut imperitunn'ulgusopinatiir (6). S'dini touchant un certain homme marin , Augustin réfute solidement cette fausnommé Oé , que quelques-uns fai- seté en divers endroits de ses écrits saient issu êx. toù ■7rpoToyôvou"nou (2), (7), et dit que cette ouverture des c'est-à-dire , selon le P. Garasse , en yeux de nos premiers pères consista un autre livre (3) , de la race du pre- en ce qu'ils s'aperçurent de certains mier de tous les hommes qui s'appelait mouvemens corporels qu'ils ignoraient OEuf; ou, selon le P. Schottus , è auparavant, et qui leur donnèrent de primo parente 'Clou. 11 y aurait mille la honte : Exstitit in motu corporis recherches à faire sur l'œuf qui servit, quœdam impudens nouitas , undè esf elon la doctrine des anciens , à la gé- set indecens nuditas, et fecit attentas, nération des choses lorsque le chaos reddiditque confusos (8) . fut débrouillé. Nous en toucherons {Q) Ce que l'on dit de sa faste scien ffuelques particularités sous le mot ce. ] M. Moréri ne secontentepasd'as- ARiMANius- surer en généi'al qu'Adam a^'ait une (B) Et lui ôta une côte. ] Un auteur parfaite connaissance des sciences et moderne (4) ■> voulant montrer aux surtout de l'astrologie , dont il apprit catholiques romains qu'ils ont tort de plusieurs beaux secrets a ses enjans, se croire plus habiles que les protes- il ajoute que Josephe dit qv^Adam tans leur reproche entre autres bé- grava sur deux dii^erses tables des obvues celle d'un prédicateur (5) , qui servations qu il ai> ait faites sur le cours dit qu'Adam avait été formé de l'une des astres. J'ai cherché cela dans Jodes côtes d'Eve. Il rapportait qu'un sephe ^ mais j'y ai seulement trouvé philosophe , ayant proposé ces trois que les descendans de Seth , Gis d'A- (juestions à Théodore, disciple de dam, inventèrent l'astrologie, et qu'ils saint Pacôme : Quel homme n'est firent graver leurs inventions sur un point né , mais est mort ? Quel homme pilier de brique et sur un pilier de est né mais n'est point mort ? Quel pierre , afin de les préserver de la homme est né et mort, mais non pas destruction générale, qui, selon les wourt ? eut pour réponse que les trois prédictions d'Adam, devait arriver personnes en question étaient Adam , une fois par le feu et une fois par le Enoch et la femme de Loth. Adam déluge (9). Quand on est capable de n'est point né , ajouta le prédicateur , falsifier de la sorte un auteur qu'on car il a été formé de l'une des cotes cite , on ne regarde pas assez près au d'Eve. Son sermon a été imprimé à texte de ses témoins pour ne leur rien Vienne en Autriche l'an i654 , avec faire dire que ce qu'ils déposent. Ainsi l'approbation du sous-doyen des pro- je ne m'étonne nullement que M. Mofesseurs en théologie , qui était alors le réri attribue à notre premier père d'a-

qu il n y

ni contre les bonnes mœurs 5 preuve nom des bêtes. Ceux qui infèrent de du peu d'attention avec quoi les cen- cette imposition de noms qu'Adam seurs des livres examinent certains était un grand philosophe , ne raisonmanuscrits, nent pas assez bien pour mériter d'ê- (C) Ils s'aperçurent qu'ils étaient tre réfutés. Pour revenir à la vaste nus. ] L'Écriture dit que leurs yeux science qu'on attribue à Adam , je dis furent ouverts. Cette expression fit

„ .. ,■ Dw .1 cQî (6) Augustin, de Civitat. DeijW. X/F, cap.

(3) Photius ex Helladio, Bibhotli. f^ag. i583, xriT.

num. 279. „, , , . c „!,,;,„„ (■j) Ibid , H lib. XI de Genesi aàLitter. cap.

(3) Somme Tteolog.que pag. .26, ou U rap- ^^-^^ ^^^.^^ j ^^ ^^^^^ ^^ Concupisc, cap.

porte ceci avec mille alteiauuns. y ^^ ^^.^ j Locutionum in Gènes, imm q ; et

(4) Daniel Francu.s , D.squ.s. de Ind.c.b. L.- ^^.^ ^^ ^^^ p^^^^^ ^^^.^ ^^ ^^^.^^ ^^^ ^-^^j

"%] Z,!:!t-Ffo^:nùn ScbUling, clerc régnUer (8) Id. de Ci.it. Dei , ^,^. XIV, cap. XFII.

deSainl-Paul, et BarnabiU. (9) J«5PP>'- Antiqust. Ith. I, cap. II.

ADAM. 20I

que , selon l'opinion commune (lo) , il les consulta sur sa cre'ation , Dieu leur

savait plus de choses , dès le premier re'pliqua que l'homme e'tait plus habile

jour de sa vie, qu'aucun homme n'en qu'eus, et pour les en convaincre, il

peut apprendi-e par une longue expe'- leur présenta toutes sortes d'animaux

rience. Il n'y avait guère que l'ave- et leur en demanda le nom : ils ne su-

nir casuel, les pensées du cœur et une rent que répondre. Tout aussitôt il

partie des individus qui échappassent fit la même question à l'homme, qui

à son esprit. Cajétan, qui a osé lui les nomma tous l'un après l'autre: et

dérober la parfaite connaissance des interrogé quel serait son nom et quel

astres et des élémens, en a été fort était cehii de Dieu , il répondit tout-

censuré. Quelques-uns ayant voulu à-fait bien, et donna à Dieu le nom de

mettre en dispute si Salomon ne doit Jehovah. Selon ces mêmes rabbins

point être excepté de la thèse gêné- voici le sens qu'il faut donner à cet

raie qui met les lumières d'Adam au- aphorisme de leurs docteurs , la taille

dessus des lumières de tous les autres d'Adam s' étendait d'un bout dumonde

mortels, ont été condamnés à recon- h l'autre ; c'est qu'il connaissait tou-

naître qu'Adam était plus habile que tes choses (i4)'

Salomon. Il est vrai que Pinédo en (Ej Touchant la beauté d'Adam. ] excepte la politique; mais on n'a point Si l'on s'était contenté de dire qu'il d'égard à son sentiment particulier ; était bel homme et bien fait, on n'auon prononce que l'entendement spé- rait rien dit qui ne fût probable ; culatif du premier homme était imbu maison a donné sur cette matière de toutes les connaissances philoso- dans les gaietés de la rhétorique et de phiques et mathématiques dont le la poétique , et même dans la vision, genre humain est naturellement ca- On a débité que Dieu, voulant créer pable , et que son entendement pra- Thorame , se revêtit d'un corps hutique possédait une prudence cunsom- main parfaitement beau , et qu'il formée à l'égard de tout ce que l'homme ma sur ce modèle le corps d'Adam, doit faire , soit en particulier, soit en Par là , Dieu a pu dire à Tégard du public ; et outre cela toutes les scien- corps , qu'il a fait l'homme à son imaces morales et tous les arts libéraux , ge. On ajoute que cette apparition de la rhétorique, la poésie , la peinture , Dieu sous la forme humaine fut le prela sculpture, l'agriculture, l'écri- mier prélude de rincarnation: c'est-àture , etc. Chacun sait les louanges dire que la seconde personne de la qui ont été versées à pleines mains sur Trinité se revêtit des apparences de la mémoire d'Aristote , comme si l'on la même nature qu'il devait un jour s'était étudié à renvier les uns sur les prendre , jusqu'à la chair et aux os 5 autres. On avait déjà épuisé toutes et que , sous l'apparence du plus bel les idées et toutes les comparaisons , homme qui ait jamais été, il travailla lorsqu'un bon chartreux, voulant es- à la production d'Adam , lequel il fit calader un superlatif auquel on n'eût une copie de ce grand et divin origipoint encore porté la vue , soutint nal de beauté dont il s'était revêtu : que la science d'Aristote était aussi Hanc speciem divinamque pulchrituétendue que celle d'Adam (11). Quel- dinem clementissimus J'ormosissimusques rabbins se sont contentés d'éga- que assumens , quant err.t post multa 1er, en fait de science, le premier tempora usque ad carnem et ossa ashomme à Moïse et à Salomon (12) ; sunipturus , creabat hominem , /armais quelques autres ont soutenu qu'il giens ei speciem hanc tantaru , ipse surpassait en cela les anges, et en ont piimus archet/pus , speciosissimus allégué pour preuve le témoignage de ipse speciosissimœ prolis crealor (i5). Dieu lui-même (i3). Ils disent que les 11 ne faut pas s'étonner après cela anges ayant parlé de l'homme avec qu'on fasse ces exclamations : Quanquelque sorte de mépris lorsque Dieu tant qualenive credas fuisse primi ho-

tninis illius l'enuslateni ? quantum in

(10) y^ojez Saliani Annalium loin. I , pas. 107 , ii3.

(11) Henri de Hassia. Il vivait au commencement du XV^. siècle.

(12) .,épud Rivini Serpent, sedncl. , pag. 5o. <i3) Ibid,pag.^rj,5Q, 5-.

oredecus , quas gratias insedisse{i6)?

(i4) Ibid., pag. 56.

(i5) Eagubin. in Cosmnpceiâ , ap"d Salian. Annal., tom. /, pag. io6.

(16) Id. ibid.

ADAM

Car enfin , cette forme dont le Verbe se revêtit était semblable à la forme <)ui fut vue par saint Pierre sur le Thabor , et par Moïse sur le mont Sinai , et à celle que Moïse et Élie filent paraître le jour de la transfiguration. Mais ce qu'il y a de plus merveilleux , c'est qu'Adam voyait luimême son propre ouvrier , et la manière dont son corps était formé par les belles mains de son auteur : Ciim fingeretur komo manus illas divinas aspexit anibrosiosque l'ullus illos, pulcherrima brachia corpus suunijîngentia , singulosque artus ducentia (17).

C'est un fort liabile homme qui a débité toutes ces visions (18), et il ne manque point de gens qui en approuvent une partie pour le moins.

(F) Il est faux qu'il ait été créé auec les deux sexes. ] Un grand nombre de rabbins ont cru que le corps d'Adam fut créédouble, mâle d'un côté, femelle de l'autre , et que l'un des corps était joint à l'autre par les épaules : les têtes regardaient des lieux directement opposés, comme les têtes de Janus (19).

Or ils prétendent que Dieu , quand il fit Eve , n'eut besoin d'autre chose que de diviser ce corps en deux : celui où était le sexe masculin fut Adam ; celui où était le sexe féminin fut Eve. Manassé-Ben-Israèl, le plus habile rabbin qui ait vécu dans le XVIP. siècle , a soutenu ce bizarre sentiment (20) , si l'on en croit M. Heidegger. Le docte Maimonides , l'honneur et la gloire de la nation judaïque, l'avait déjà soutenu (21) , si l'on en croit le même témoin. Eugubin ne s'en est éloigné qu'à l'égard de la situation des deux corps; car il prétend qu'ils étaient collés ensemble par les côtés , et qu'ils se ressemblaient en tout, hormis le sexe. Le corps mâle était à la droite et embrassait l'autre par le cou avec sa main gauche , pendant que l'autre lui ren-

(17) Id. ibid.

(18) SaliaD. Annal. , loin. I , pag. 106.

(19) jépud Heideggerum , Hist. Patriarch. , lom. / , pag. 128.

(20) Conciliât, in Genesira , apud Heideggerum, Hist. Palriarch., tom. I , pag. 128. Voyez Hoornbeecli qui le refuie au chap. I du IV^, liv. de Conveilendi.s Jfudieis.

(21 j In Moreh Nebocliim, pag. 2, cap. XXX; apud Heidegger. Hist. Patriarch. , lom. /, pag. 128. Mais notez, comme m'en a averti M. Van Dale , (fue M. Heidegger ne rapporte pas fidèlementi'opjnior. <yueManassé-ben-lsrael c< Maimonides ont approuvée te plus.

dait la pareille avec sa main droite Chacun était animé , chacun tomba dans un profond assoupissement lorsque Dieu voulut former Eve , c'est-àdire la séparer du corps mâle. 11 ne faut que savoir lire l'Ecriture pour réfuter pleinement toutes ces visions.

Avant que de passer à d'autres choses , je dirai un mot de ces androgynes , dont Platon a parlé assez amplement C22). C'étaient des corps hermaphrodites à quatre bras et à quatre jambes, et à deux visages sur un seul cou, tournés l'un vers l'autre. Cette duplicité de membres leur donnait beaucoup de force , et par là beaucoup d'insolence ; ils ne songeaient pas à moins qu'à faire la guerre aux Dieux. On délibéra dans le ciel sur la manière de les mettre à la raison , et l'avis de Jupiter passa , qui était qu'il les fallait partager en deux. Chacune des pièces conserva une forte inclination pour se réunir avec l'autre ; et voilà l'origine de l'amour, si l'on en croît ce philosophe. Mais il fallut faire des changemens à la situation de certains membres , afin que la réunion fût féconde. Je remarquerai en passant que ceux qui parlent de ces androgynes de Platon , ne rapportent pas pour l'ordinaire la chose telle qu'elle est.

Ils lui font dire qu'au commencement les hommes avaient cette nature-là ; mais il ne le dit que de quelques-uns ; il reconnaît qu'il y avait aussi comme à présent des mâles et des femelles.

Voyez les remarques de l'article Sal- MAcis. L'auteur d'un livre intitulé le Nouveau f^isionnaire de Rotterdam (aS) assure que , selon les rabbins , Adam et Eve, avant leur péché, étaient tous deux hermaphrodites (24)- Je ne sache que lui qui attribue cette opinion aux rabbins.

(G) Les Révélations d'Antoinette Bourignon. ] Les livres de cette demoiselle font foi qu'elle a eu des sentimens fort particuliers ; mais elle n'a peut-être rien avancé de plus étrange que ce qui regarde le premier homme. Elle prétend qu'avant qu'il péchât , ri avait en soi les principes des deux sexes et la vertu de produire son semblable sans le concours d'une

(22) Plato in Convivio , png. Ii85, edit. Franco f., ann. 1602.

(23) imprime' Van 1686.

(24) NouT. Vision de Rotterdam, pag. 36.

ADAM

femme , et que le besoin que chaque sexe a présentement de s'unir à l'autre pour la multiplication est une suite des changemens que le pe'ché fit au corps humain. Zei hommes, dit-elle, (aSj croyenl d'ai'oir esté créez de Dieu comme ils se trouue/it à présent , quoique cela ne soit uérilable , puis que le

)) de toutes sortes et de toutes cou- » leurs , très - vives et toutes dia- » fanes , non - seulement d'eau, de " lait , mais de feu . d'air et d'au- » très. Ses mouvemens rendoient des )) harmonies admirables : tout lui » obéissoit ; rien ne lui resistoit et ne pouvoit lui nuire. Il estoit de

péché a déjigwé en eux ï'œui^re de « stature plus grande que les hom- Dieu : et , au lieu d'homme qu'ils de- » mes d'à pre'sent ; les cheveux courts, l'oient estre , ils sont devenus des " annelez , tirans sur le noir, la lèvre monstres dans la nature diuisez en deux « de dessus couverte d'un petit poil : sexes imparfaits , inipuissans a pro- " et, au lieu des parties bestiales que

" l'on ne uomme pas , il estoit fait

duire leurs semblables seuls , comme se produisent les arbres et les plantes , qui en ce point ont plus de perjéction que les hommes ou les femmes , incapables de produire seuls , ains par conjonction d'un autre , et a^'ec douleurs et misères. On explique dans un autre ouvrage (26^ le détail do tout ce mystère selon qu^il fut révélé de Dieu à la demoiselle Bourignon. Elle crut voir en extase comment Adam était fait avant le péché , et comment il pouvait produire tout seul d'autres hommes. Bien plus , elle crut apprendre qu'il avait mis en pratique cette rare fécondité par la production de la nature humaine de Jésus-Christ. Quoique le passage soit un peu long , je ne laisse pas de le rapporter tout entier, afin qu'on découvre mieux l'étendue des égaremens dont notre esprit est capable.

« Dieu lui représenta dans l'esprit , » sans l'entremise des yeux corporels ') qui auroient esté accablez sous le '> poids d'une si grande gloire , la » beauté du premier monde , et la » manière dont il l'avoit tiré du '> chaos : tout estoit brillant , trans- » parent, rayonnant de lumière et de )) gloire inefl'able. Il lui fit paroistrede » lamesme manière spirituelle Adam, » le premier homme , dont le corps '> estoit plus pur et plus transparent » que le cristal, tout léger et volant, » pour ainsi dire : dans lequel , et au » travers duquel , on voyoit des vaisw seaux et des ruisseaux de lumière )) qui pénétroit du dedans en dehors » par tous ses pores , des vaisseaux .) qui rouloient dans eux des liqueurs

(25) Préface du livre intitule', le Nouveau < iel et la Nouvelle Terre , imprime' à Amsterdam en l6rg.

(26) Vie continuée de mademoiselle Eonrigiion , pag. 3i5.

» comme seront rétablis nos corps » dans la vie éternelle , et que je ne )) sais si je dois dire. 11 avoit dans » cette région la structure d'un nés )) de mesme forme que celui du visage 5 » et c'estoit là une source d'odeurs et " de parfums admirables : de là de- M voient aussi sortir les hommes dont )> il avoit tous les principes dans soi 5 )j car il y avoit dans son ventre un » vaisseau où naissoient de petits )' œufs , et un autre vaisseau plein de » liqueur qui rendoit ces œufs fé- " conds. Et lorsque l'homme s'échauf- » foit dans l'amour de son Dieu , le w désir où il estoit qu'il y eust d'au- J> très créatures que lui , pour louer , » pour aimer et pour adorer cette )) grande Majesté , faisoit répandre » par le feu de l'amour de Dieu cette w liqueur sur un ou plusieurs de ces w œufs avec des délices inconcevables:

» et cet œuf rendu fécond sortoitqueln que temps après par ce canal hors w de l'homme en forme d'œuf , et ve- Jj noit peu après à éclore un homme M parfait. C'est ainsi que dans la vie )) éternelle il y aura une génération ') sainte et sans fin , bien autre que » celle que le péché a introduite par J) le moyen de la femme , laquelle )) Dieu forma de l'homme en tirant i> hors des flancs d'Adam ce viscère )) qui contenoit les œufs que la femme » possède , et desquels les hommes )) naissent encore à présent dans elle, M conformément aux nouvelles décou- » vertes de l'anatomie. Le premier » homme qu'Adam produisit par lui » seul en son estât glorieux, fut choisi )) de Dieu pour estre le trône de la di- » vinité , l'organe et l'instrument par w lequel Dieu voulait se communi- )i quer éternellement avec les hom- » mes. C'est là Jéshs-Christ , le pre-

2ô4 AD

)> mier né uni à la nature humaine , M Dieu et homme tout ensemble (27).»

Je voudrais que l'auteur du IVout'eau f^isionnaire de Rotterdam, n'eût pas insulté , comme il a fait d'une manière trop enjouée , les visions de cette fille , et celles du ministre qu'il attaque. On pouvait tourner en ridicule ce dernier sur ses imaginations du mariage d'Adara et d'Eve , sans égayer si fort ce sujet.

Je joins à cela deux petites réflexions seulement. L'une est , qu'Antoinette Bourignon n'a pas dû croire qu'elle ressusciterait ; car , selon ses principes , la matière crasse, qui a été jointe depuis le péché au corps de l'homme , et qui pourit dans le tombeau , ne ressuscitera point (28) , et la résurrection n'est autre chose que le rétablissement de l'homme dans son état d'innocence : état où , selon les belles révélations de cette Antoinette , il n'y avait point de femmes. On condamna autrefois (29) à Paris un hérétique nommé Amaulri , qui soutenait entre autres erreurs , qu'a la fin du monde , les deux sexes seront réunis ensemble dans une même personne , et que cette réunion aidait commencé en Jésds- Christ ; et que si l'homme était demeuré dans l'état où. Dieu l'ai'ait produit , il n'y aurait eu nulle distinction de sexes (3o). Faber d'Étaples a cru que, dans l'état d'innocence, Adam aurait engendré de lui-même son semblable , sans l'aide d'aucune femme (3i). La Bourignon n'a donc pas été la première qui ait enseigné ces choses j mais elle y a mis beaucoup du sien , comme vous diriez cette perpétuelle propagation , qui se fera , ditelle , dans le paradis , de la manière que les hommes auraient multiplié sur la terre s'ils avaient conservé leur innocence. Que dirai-je de Paracelse, qui croyait que les parties nécessaires à la génération ne se trouvaient point dans nos premiers pères avant qu'ils péchassent ^ mais qu'après qu'ils eurent péché , elles sortirent comme une excroissance ou comme les écrouel-

(27) Là même.

(28) Préface du Nouveau Ciel.

("29) y4u commencement du XIII^. siècle.

(3o) Prateoli Elench. Ha;ret. coce Almaricus ; et Defensio Relationis de Ant. Burign. in Act. erutlit. Lipsiens. xnserlx , pag. i5o.

(3i) Apud. Cornel. à Lajiide in Gènes. , cap.

les viennent à la gorge ? N egahaî pri' mos parentes ante lapsum habuisse partes generationihominis necessarias, poslea accessisse ut strumam gutturi (32). Ma seconde réflexion est que celte femme attribue à Jésus-Christ né d'Adam toutes les apparitions de Dieu desquelles le Vieux Testament a parlé , et qu'elle croit que quand il voulut se rei^estir de la corruption de nostre chair et de nostre sang dans les entrailles de la sainte Vierge , il y renferma son corps , soit en le réduisant à la petitesse qu'il ai'oit lors de sa première conception ou naissance , soit d'une autre manière inconcevable a nostre raison grossière (33).

Ces deux réflexions, qui suffisaient dans la première édition de cet ouvrage , ne suffisent pas dans la seconde ; car il s'est trouvé des gens si bourrus , qu'ils ont dit que mon article d'AoAM contenait des obscénités insupportables. Il faut leur répondre qu'ils font trop les délicats et les scrupuleux , et qu'ils ignorent les droits de l'histoire. Ceux qui fontla vie d'un méchant homme , peuvent et doivent représenter en général les dérèglemens de son impudicité ; et, quelque choix qu'ils fassent des termes , ils rapporteront toujours nécessairement des choses impures et qui salissent l'imagination. Cela est inévitable. Tout ce qu'ils peuvent éviter , c'est le détail et les phrases trop grossières. Or, c'est ce que j'ai évité. Ceux qui font l'histoire des sectes dont les dogmes ou les actions ont été impures , se trouvent dans la même nécessité. Les plus grands scrupules de style ne pourront jamais empêcher qu'ils ne présentent des images sales et obscènes à leurs lecteurs. Ce qui me justifie ici en particulier , est que je rapporte des absurdités qui sont contenues dans un livre qui se vend publiquement. Outre cela , j'ai pour moi l'exemple des anciens pères qui ont inséré dans leurs ouvrages les plus affreuses impuretés des hérétiques.

(H) Les narrations romanesques de Jacques Sadeur.^Cest une prétendue relation de certains peuples herma-

(32) Paracelsus , apud Vossium, de Phllosophiâ , cap. IX, pag. 71.

(33) Vie continuée de Mlle. Bourignon , pag. 3i7-

AD

phrodites de la Terre Australe. Voyez l'article de Sadeur.

(I) De sa taille gigantesque. ] Phi- Ion a cru qu'Adam surpassait tous les autres hommes, et quant au corps et quant à l'âme (34) ; mais les Thalmudistes vont infiniment ])lus loin : ils assurent qu'Adam s'étendait depuis l'un des bouts du monde jusqu'à l'autre quandDieule forma; qu'après qu'il eut péché , Dieu appesantit sa main sur lui et lui réduisit la taille à la mesure de cent aunes (35). Quelques-uns disent que Dieu fit cela à la requête des Anges qui avaient peur de ce géant; mais ils supposent que Dieu laissa au premier homme la hauteur de neuf cents coudées. Voyez le premier volume de la Bibliothèque rabbinique du père Bartolocci , à la page 65 et à la 66. Barcepha fait mention de quelques auteurs qui disaient que le paradis terrestre était séparé de notre monde par l'Océan ; et qu'Adam , chassé de ce paradis, traversa la mer à pied pour venir dans notre monde , et qu'il la trouva partout guéable , tant sa taille était énorme (36). Voilà justement l'Orion ou le Polyphèrae des poètes :

Quam magnus Orion,

C'um pedes incedil medii per tnaxirna Nerei Stagna viam scindens , kuinero supereininet

undas (B^).

Sumrno cum monte videmus

Ipsum inler pecudes vasld se mole movenlem Pastorem Polrphemum , et littora nota pe-

tentem (38).

Graditurque per œquoi

Jam médium, necdum Jluctus lalera ardua ùnxil (îg).

Les Arabes n'ont pas une moindre idée de la taille de nos premiers pères que les auteurs de Jloïse Barcepha.

Voici ce que nous apprend M. de Jlonconis : Mon Arabe me dit comme la caravane du Caire arrii^ait la première à la Mecque, et qu'après y afoir fait sa prière elle allait au pied de la montagne, qui en est distante d'une lieue , attendre les deux autres caravanes de Damas et de Bagdet , qui arrii/aient les jours suiwans a la Mecque ; et qu'étant toutes, le neuvième de la douzième lune , qui est Diel Heghe , h lajîn ,

(•34) Philo, de OpiCc. Muadi.

(35) In llbro SanheJnm.

(36) In Tractatu de Paradi«o

(37) V.rgil. JEneid., lib. X, i':r. 7G3.

(38) Id. ibid , lib. III, vs. 655.

(39) Id. ibid, Ub. III , vs. 664.

dis-je , du neuvième jour entrant au dixième , qui est à Z'Àsser , toutes les trois caravanes montent au-dessus de cette montagne , au sommet de laquelle ( qui est fort bus , comme de ces monts de terre qui se trouvent seuls au piilieu des plaines ) ils croient qu'Eve avait la télé appuyée lorsque Adam la connut la première fois , et qu'elle avait ses deux genoux bien loin dans le bas de la plaine sur deux autres , distans l'un de l'autre de deux portées de mousquet , a chaque endroit desquels on ajait mettre une colonne entre lesquelles il faut , pour être bon Agi , c'est-à-dire pèlerin , passer en allant et en revenant de la montagne , au sommet de laquelle est une mosquée qui est faite comme une niche où. il ne peut entrer que sept ou huit personnes (4o). Je vois qu'on cite un Jean Lucidus qui a cru qu'Adam était le plus grand de tous les géans (4^), et qu'il l'a voulu prouver par ces paroles de rÉcriture selon la Vulgate , nomen Hebron ante vocabatur Cariaih-Arbe : Adam maximus ibi inter Enacim situs est (42). Saint Jérôme s'imagine , en veitu de ce passage , qu'Adam a été enterré à Hebron (43). Mais on lui montre que ni l'hébreu ni la version des septantene disent quoi que ce soit qui concerne Adam ou quelque tombeau (44)- La version de Genève porte : Le nom de Hebron estoit auparavant Karjath- Arbah , lequel Arbah avait esté fort grand homme parmi les Hanakins. Il y a dans lîle de Ceilan une montagne qu'on nomme le pic d'Adam , parce que, selon la tradition du pays elle a été le lieu de sa résidence (45). On y trouve encore les traces de ses pieds, longues de plus de deux palmes. Pythagoras ne trouverait point là une taille aussi gigantesque que celle que d'autres attribuent à Adam : Pylhagoras , dis-je , qui par la longueur du pied d'Hercule jugea de la taille de ce héros (46). On dit aussi qu'il y a sur

(4o) Moncon. Voyages, part. I , pag. 372, 373 , e'dition de Lyon.

(4i) Job. Lucidus de Emendal. Tempor. , lib, /, cap. IV, apud Pererium in Gènes., Ub. ly, quœU.III.

(42) Josué , cap. XIV, V. ull.

(43) Uieron. in Matlh. , cap. XXVII.

(44) Pererius in Gènes. , Ub. IV, quœU. III.

(45) Ludovic. Romanus Patricius m lud ?>'a- Tigat. apud Bisselium, illustr. Kuiaarum , décade I.

(46) A. Gellins , Noct. Au. , lib. I , cap. I.

ADAM

cette montagne quelques monumens des pleurs qui furent verse's sur la mort d'Abeljmais d'autres disentqu'Adam et Eve pleurèrent cette mortdans une caverne qui est en Jude'e , où l'on voit leurs lits de pierre longs de trente pieds (47).

(K) De ses libres. ] Les Juifs jire'tendent (ju'Adam fit un livre sur la Création du monde , et un autre sur la Divinité (48j. Masius parle du premier (49)- Un auteur mahométan , nommé Kissœ,us , rapporte qu'Abraham, étant allé au pays des Sabéens , ouvrit le coffre d'Adam , et y trouva ses livres avec ceux de Seth et avec ceux d'Edris (5o). Ce dernier nom est celui que les Arabes donnent à Enocb.

Ils disent qu'Adam avait une vingtaine de livres tombés du ciel qui contenaient plusieurs lois , plusieurs promesses et plusieurs menaces de Dieu , et les prédictions de plusieurs événemens (5i). Quelques rabbins attribuent le psaume XCIl à Adam , et il se trouve des manuscrits où le titre chaldaïque de ce psaume porte , que c'est la louange et le cantique que le premier homme récita pour le jour du sabbat (52). Le bon Êusèbe Nieremberg , la crédulité même , rapporte deux cantiques qu'il a fidèlement copiés de l'apocalypse du bienheureux Amadeus dans la bibliothèque de l'Escurial (53). Adam , dit-on , est l'auteur de ces deux pièces : il fit l'une la première fois qu'il vit Eve j l'autre est le psaume pénitentiel que lui et sa femme récitèrent après leur péché.

(L) De son sépulcre. ] Nous avons déjà vu que saint Jérôme s'est imaginé sans nul fondement qu'Adam avaitété enterré à Hebron ; mais on n'aurait pas moins de droit de croire cela avec lui , que de penser avec tant d'autres qu'Adam fut enterré sur le Calvaire (54)- J'avoue que cette der-

(4') j^pud Saldenum , Otiorum Tlieolog.

pag. 34G.

(48) Heidegg. Hist. Patr. , tom. I .pag. 481.

(49) ^"is Salian., tom. I , pag. 23o.

(50) ^pud .Stanleium , Philosoph. Orient. , lib. III, cap. III.

(5i) Hotting. Hist. Orient. , pag. 22, citante Lysero in Polygamiâ Iriumph. , pag. i45.

(5ï) Gaspar. Scbottus, Techn. Curiosse, pn^. S56.

(53) Lib. II, cap. XIII, de Orig. sacrae Script, apud Scbottuni , ibid. , pag. 556.

(54) Voyei Salian. Ann. , tom. I, pag, laS ,

nière opinion est meilleure per lapredica ; car elle est beaucoup plus féconde en allusions , en antithèses , en moralités, et en toutes sortes de belles figures de rhétorique : mais une semblable raison n'est guère propre qu'à servir de preuve envers ceux qui demanderaient pourquoi le sentiment de saint Jérôme a eu moins de sectateurs que l'autre. Concurrence à part , qu'il nous suflise de savoir que les pères ont cru fort communément que le premier homme mourut au lieu où Jérusalem fut bâtie depuis , et qu'on l'enterra sur une montagne voisine qui a été appelée Golgotha ou le Calvaire : c'est celle où Jésus-Christ fut crucifié. Si vous demandez comment le sépulcre d'Adam a pu résister aux eaux du déluge , et comment ses os ont pu maintenir leur place afin d'y recevoir l'aspersion du sang de notre Seigneur : car c'est là le point et le mystère ,

Hic hominem primum suscepimus esse sepul-

tum , Hic patitur Christus ; pia sanguine terra ma-

descit , Pulvis Adce ut possit, veleris cum sanguine

Christi Commixtus,slillanlis aquœ virtute lavari (55) .

Si , dis-je , vous faites cette question , Barcepha vous alléguera un docteur fort estimé en Syrie (56) , qui a dit que Noé demeura dans la Judée ; qu'il planta dans les campagnes de Sodome les cèdres dont il bâtit l'arclie ; qu'il transporta avec lui dans l'arche les os d'Adam 5 qu'après qu'il en fut sorti , il l^s partagea à ses trois fils j qu'il donna le crâne à Sem , et que les descendans de Sem, s'étant mis en possession de la Judée, enterrèrent ce crâne au même lieu où avait été le tombeau d'Adam.

(M) D'un arbre planté sur ce sépulcre. ] Cornélius à Lapide dit que les Hébreux content que Seth , par le commandement d'un ange , mit de la semence de l'arbre défendu dans !a

OH il montre que saint Jérôme même adopte en quelques endroits l'opinion commune.

(55) Tertulliani Carm. contra Marcion. , lih. II, vs. 100.

(56) Doininus Jacobus Orrobaita (sive Edf <senus). Saint Ephrem , qui a vécu au 4^. siècle , a été son disciple, ^oj'ez Salian. Annal. , tom. I, pag. 226; Corn«I. à Lapide in Gcnesim , pag.

ADAM

bouche d'Adam déjà enterre , et que de là sortit un arbre, dont la croix de Jésus-Christ fut faite ; et qu'il était juste que le même bois qui avait fait pécher Adam fût celui sur lequel Jésus- Christ expiât le péché d'Adam (57). Ce jésuite nous renvoie à Pinédo qui a raconté au long cette fable.

Mais que veut-il dire parles hébreux ?

Il entend sans doute les juifs. Or les juifs conviennent-ils que Jésus-Christ ait expié le péché d'Adam par le supplice de la croix, auquel leur nation le condamna sous Ponce Pilate? Quand un auteur est plein d'une chose , il s'imagine que les autres le sont aussi , et il ne s'aperçoit pas toujours de l'absurdité où il tombe en leur attribuant ses propres pensées. Cette fable , au reste , a été rapportée diversement ; car on trouve dans un rabbin qui a vécu long-temps avant Jésus-Christ , et dont l'ouvrage est intitulé Gale Rasejah (58) , que les anges portèrent à Adam dans le désert une branche de l'arbre de vie , que Seth la planta , et qu'elle devint un arbre dont Moïse se servit utilement : car, après en avoir tiré la verge qui lui servit à faire tant de prodiges , il en tira le bois qu'il jeta dans les eaux amères pour les adoucir , et celui où il attacha le serpent d'airain. Quelques - uns disent qu'Adam envoya Seth à la porte du jardin d'Eden , pour prier les anges qui en défendaient l'entrée , de lui accorder une branche de l'arbre de vie , ce qu'ils firent (59).

(N) Quand on forge de telles harangues.l C'est au père Salian que j'en veux. Non content de la harangue, il a fait une longue épitaphe pour Adam , où il a désigné son nom par ces trois lettres J. S. P. (60). Il a fait aussi des épitaphes pour Abel, pour Abraham, pour Sara, etc. En vérité, cela n'est guère pardonnable qu'à des auteurs irais émoulus d'une régence de rhétorique ; et je suis fort persuadéque les Sirmonds, lesPétaux, les Hardouins, et

(57) Cornel. à Lapide in Genesim , cap. Il , •"• 9/pa^- 'A-

(58) VojeT,, louchant ce rabbin et son ouvrage, les Nouvelles He la République îles Lettres , juillet 1686, art. III , pa^. 770 et suit'., lire' de Alœbius, de œneo Serpenle.

(ôg) foyez Saldeni Otia Tbeolog., pag. 608.

(60) Elles veulent dire , Jacobus Saliaaus posuil.

les autres grands auteurs delà Sociéldes jésuites jugeraient de cela comme j'en juge.

ADAM, archidiacre de la chambre patriarcale, et supérieur des religieux de la Chaldée , fut envoyé à Rome au commencement du XYIP. siècle, par Élie, patriarche nestorien de Babylone.

Ce patriarche, ayant fait examiner par ses évéques la profession de foi que le pape Paul V lui avait envoyée , chargea Adam de la présenter à ce pape , avec les changemens qu'ils y avaient faits ; mais il lui donna ordre en même temps d'y corriger ce que le pape y trouverait à redire. C'était une ambassade d'obédience que celle de notre Adam. Ce religieux , étant arrivé à Rome, s'acquitta de sa commission avec le plus de soin qu'il put. Il avait porté avec lui un écrit oiiil prétendait allier la foi des Orientaux avec celle de l'Egliseromaine, et faire voir que leurs difFérens n'étaient qu'une dispute de mots (A). Il avait d'abord montré cet écrit à son patriarche , et puis , par son ordre , à tous les évéques du parti ; et il avait été un an entier à aller de ville en ville pour le faire approuver à ces évéques. Pierre Strozza, secrétaire de Paul V, fut chargé de répondre à cet écrit.

La réponse approcha plus de la dureté que de la condescendance :

il n'expliqua rien favorablement, et il fallut que le légat du patriarche se soumît , non-seulement aux dogmes , mais aussi aux expressions de Rome. Il signa tout ce qui lui fut proposé de la part du pape ; et , ne se contentant pas d'abjurer toutes les erreurs de sa nation, il fit de* li-

2o8 AD

vres , et les adressa à ses compatriotes pour leur communiquer les lumières qu'il avait acquises à Rome. Il en partit après un séjour de trois années , et il porta à son patriarche Élie un bref de Paul V qui rejetait tous les moyens d'accommodement que ce patriarche avait proposés , et l'obligeait à condamner tous les termes qui pourraient couvrir l'erreur {a). Adam fut accompagné de deux jésuites {b) , qui eurent ordre de travailler à l'entière réunion de cette secte.

(a) Tiré du chap. X du livre V de la Perpétuité de la Foi défendue. M. Arnaud cile le Traité de Pierre Strozza , de Dogmatibus ChaldEeOrum.

(Jb) Nicol. Godignus, de rébus Abassinorum , lit. I , apud Aub. Mirseum , de Statu Relig. Cbrist. , pag. 226.

(A) Leurs dlfférens n'étaient qu'une dispute de mots.'] Le sieur de Moni (''') dans son Histoire critique du Levant, paraît fort persuade que le patriarche Elie avait raison de soutenir qu'il n'y a qu'une pure question de nom entre les nestoriens d'aujourd'hui et les catholiques. Le nestorianisme d'aujourd'hui , dit-il ( i) , n'estquune hérésie imaginaire , toute cette dii'ersilé desentiniens ne consiste qu'en des équivoques , d'autant que les nestoriens prennent le nom de personne d'une autrejaçon que ne font les Latins. Pourquoi donc n'aquiesça-t-on pas aux e'claircissemens que le patriarche de Babylone fit donner? C'est que, pour garder le décorum, et par une fausse délicatesse de point d'honneur, il fallait toujours soutenir que le nestorianisme était une dangereuse he'résie : autrement , il aurait fallu prostituer l'honneur des conciles œcuméniques. C'est ce que le sieur de Moni aurait dit en pays de liberté ; mais on France il a fallu qu'il se soit servi d'expressions un peu moins développées. Comme les conciles, a-t-il dit (2), ont condamné l'hé-

{*) Moni est le pseudonyme de B. Simon. (i) Moni , Hisloire Critique de la Créance et des Coutumes des Nations du Levant, pag. gS. (3) Moni , Histoire Critique, etc. pag. 93, 94.

AM

résie de IVeslorius , il était ce scm~ ble nécessaire qu'on fit voir k Rome que le nestorianisme était une i/éritable hérésie , puisqu'elle aidait été condamnée par l'Eglise dans un concile général. 11 ajoute avec les mêmes ménagemens que quelques-uns pourraient injërer des actes mêmes des anciens conciles , que le nestorianisme n'est qu'une hérésie de nom, et que si IVestorius et saint Cyrille se fussent entendus, ils auraient pu concilier leurs opinions (3).

(3) Là même, pag. 94.

ADAM (Jean), jésuite français, a été un fameux prédicateur (A) dans le XVIP. siècle. Il était du Limousin , et il entra chez les j ésuites l'an 1 622 , à l'âge de quatorze ans (a). Ses supérieurs , l'ayant trouvé propre à réussir dans la chaire , l'appliquèrent à cela après qu'il eut régenté les humanités et la philosophie. Il a exercé le métier de prédicateur pendant quarante ans , et s'est fait ouïr dans les principales villes de France , et au Louvre même (b). Il commença , comme de raison , par les provinces ; mais lorsqu'il s'y fut suffisamment sigaalé , on l'envoya sur le grand théâtre du royaume. Les conjonctures du temps le favorisèrent : les disputes du jansénisme avaient déjà fort échauffé les esprits ; et jamais homme ne fut plus propre que le père Adam à être détaché contre le parti en aventurier téméraire. Il était hardi et bouillant , et avait toutes les parties nécessaires à un grand déclamateur. Le carême qu'il prêcha à Paris , dans l'église de Saint-Paul , en l'année i65o , fit du fracas. Le prédicateur pous-

(a) Sotuel, Bibliotli. Societatis Jesu, pag.

[ù) Idem , ibid.

ADAM. 209

àa les choses si loin, que, s'il lui que fort peu de temps. Ses n'eût pas eu de puissans patrons, écrits commencèrent en i6";o et on lui eût interdit la chaire (B). finirent en i65i (G). Apparem— Il eut assez de bonne foi (C) pour ment on trouva qu'il rendait plus reconnaître que saint Augustin de services à l'I^glise et à sa son'était nullement favorable au ciété par ses autres dons que par molinisme; et il s'échauffa bien sa plume. Il fut envoyé à Sedan fort contre cet ancien docteur, afin d'y établir un collège de ié- Les jansénistes ne laissèrent pas suites. Il en serait difficilement tomber cette incartade (D). Ils venu à bout pendant la vie du publièrent un écrit contre son maréchal de Fabert, l'homme du sermon, et ne se contentèrent monde le moins bigot, et le plus pas de faire l'apologie de saint ferme sur le principe de la bonne Augustin : ils réfutèrent quel- foi. Ceux de la religion se tronques autres propositions de ce je- vaient fort à leur aise sous son suite , et nommément celle qui se gouvernement ; les choses chanrapportait à l'inspiration des écri- gèrent après sa mort (<•). Ils fuvains canoniques (E). Le père rent inquiétés en mille manières Adam n'eut point d'égard aux par ce jésuite, et obligés de paver plaintes que l'on fit de son ser- des sommes et de céder des fonds mon , et d'un livre oli il avait dé- qui lui donnèrent moyen d'éta— bité beaucoup de choses choquan- blir le collège qu'il méditait. Il tes contre le même saint Augus- publia un projet auquel M. de tin. Il ne se rétracta de rien, et Saint-Maurice , professeur en il continua d'écrire sur le même théologie à Sedan (d) , opposa une ton. Les jansénistes renouvelé- réponse qui demeura sans reparrent leurs plaintes et leurs écritu- tie. Il demeura quelques années res , et il s'éleva un conflit parti- à Sedan , et y avança les affaires culier entre eux et le père Adam, de son ordre et le projet des coulis critiquèrent les livres qu'il versions autant qu'il put. Mais publia , et il en fit quelques-uns enfin les puissances même se déà l'usage des âmes dévotes , pour goûtèrent de lui; et , soit que contrecarrer les desseins de ces l'on redoutât son esprit hardi et messieurs. C'est dans cette vue intrigant, soit que l'on vit que qu'il fit sortir de dessous la presse sa manière de prêcher n'avait jjas les Psaumes de David , les Hym- toute la gravité requise dans un nés et les Prières de l'Église, en lieuoii il y avait une académie de latin et en français. Personne protestans , on fut bien aise que n'ignore que les jansénistes cher- ses supérieurs le retirassent : j'ai chèrent à se rendre recomman— même ouï dire qu'on en fit queîdables par des traductions fran- ques instances. Il avait été en— çaises de cette sorte de livres. Ils

critiquèrent les muses du père {C: Arrivée cm mois de ,nai 1662.

Adam, je veux dire la version ,ifll-l'"éieàVaesiridu,depuissaso^

,. '. „ . j . lie de trance après la revocation de t hait de

qu il avait faite des liymnes en Nantes jusr/ u' à sa mort, arrivée le Z'^ d'août

vers français (F). Mais ce combat '7"° Le père Adam lui tendu cent sortes de

di ■' -, pièges ; mais il trouva un adversaire aiti se

e plume ne dura entre eux et démêla de tout hainiement.

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