TOME I
citus decessit (22). Ce fut l'an 3 de la 104*=. olympiade, selon Calvisius ; mais on voit par là que son calcul ne vaut rien ; car depuis la 3«. année de la 95«. olympiade, commencement selon lui du règne d'Agésilaiis, jusqu'à la troisième année de la 104*^. olympiade , il n'y a que trente-six ans , et néanmoins il en donne quarante-un à ce règne. Mettons-en donc le commencement , avec Uelvicus , à la 2». année de la gS". olympiade, et la fin à la 3*. année de la io4''.
(F) M. Moréri a fait ici quelques fautes.} 11 est faux, i«. que Léotychide frtt fils naturel du roi Agis • 2°. que Lysander ait soutenu avec chaleur les prétentions deLéotychide (23) j 3°. qu'Agésilaiis ait jamais campé auprès de la ville d'Héronce , dans la Béotie (24) ; 4°- qu'il ait eu l'air noble et plein de majesté (25) j 5".
qu'il ait dit que l'oracle qui excluait de la couronne les boiteux se devait entendre des défauts de l'âme ou de celui de la naissance. Ces deux dernières fautes appartiennent au Supplément de Moréri. Je ne remarquerai pas qu'on nomme mal l'Egyptien a qui Agésilaiis rendit du service ; il ne s'appelait Y>oint IVactenebon.
(G) JV'a fécu dans une plus grande simplicité. ] Il n'y avait presque personne dans son armée plus mal habillé que lui (26). Après son expédition d'Asie, où il avait acquis une si haute réputation , qui avait reçu de nouveau un si grand éclat à la bataille de Coronée , il vécut dans Sparte, tout comme aurait fait un bon Lacédémonien du vieux temps. Il ne changea rien dans ses habits, dans ses bains, dans ses repas ; et ce qui était peutêtre plus diBicile, il ne souifrit point que sa femme fût mieux vêtue qu'auparavant, ni qu'elle distinguât sa fille dans les processions par des ornemens qui surpassassent ceux des autres filles. 11 ne fit aucune réparation aux portes de son logis , quoiqu'elles fussent si vieilles, et si délabrées, qu'il semblait que c'étaient les mêmes qu'Aristodème
(22) Corn. Nepos , in Vità Agesil. , sub fin.
(23) Sur ces deux premières fautes, voyet la remarque (A).
(24) Je ne crois pas que ni dans la Béotie ni ailleurs il y ait eu une ville nommée Héroace.
(23) Voyez la remarque (B).
(26) Plut, i/i Agesilao , pag- 6o3 , C.
AGÉSILAUS.
y avait mises (27). Notez qu'Aristodème était celui des Héraclides qui eut pour sa part la ville de Sparte , et duquel descendirent les rois de Lacéde'mone divise's en deux familles , à cause des deux (ils qu'il laissa. In hoc (Agesilao) illud in primis fuLl admirabile, , cùm viaxima muneia ei ab regibus et dynaslis cu'ilatibusque conferrentur , nihil unqu'am in dojuum suam cnntulit, nihil de l'ictu, nihil de vestitu Laconum mutai il. Domo eâfjem fuit contentus qud Eurysthenes (aS) progenitor majorimt suorumfuerat usus , quant qui intrdrat nulluni signum Ubidinis , nullum luxuiiœ l'idere poterat : contra plurima patientiœ atque abstinentiœ. Sic enim erat instructa, ut nullâ in re diff'erret a cujusi^is inopis atque priwati (29). Quand on eut su qu'Agesilaiis était arrive' en Egypte, on lui envoya de toutes sortes de provisions : il ne choisit que les plus communes, et laissa à ses valets les parfums, les confitures , et tout ce qui s'y trouvait de plus délicieux (3o). Les Égyptiens, au lieud'admirercela, se moquèrent de ce prince, et le prirent pour un niais qui ne savait pas encore ce qu'il y avait de bon au monde. llle prœter t'ilulina et hujusmodi gênera obsonii , quœ prœsens tenipus desiderabat , nihil accepit , unguenta , coronas , secundanique niensam serais dispertiit, cœtera rejerri jussit. Quo facto eum barbari magis etiam contemserunt, qubd eum ignoranliâ bonarum rerum illa polissimiim sumpsisse arbitrabantur (3i). Vous trouverez dans Plutarque , 1°. que ce prince se comporta de la même sorte quand les Thessalicns lui envoyèrent des^présens; 1°. qu'il se moqua d'eux quand ils lui offrirent les honneurs divins (Sa).
(H) Le cœur , l'esprit et la religion d'un souverain, ] Plutarque te'moigne que ceux qui gouvernaient dans Lacédémone ne reconnaissaient point d'autre justice que ce qui servait au bien et à l'agrandissement de l'état
(2';) Idem, ibid. , pag. 606.
(28) On eût mieux jait de dire, comme Plutarque, Aristodemus ; car ^gésilaiis ne descendait pas d'Eurjstkènes , mais de Proclès , ^e second Jîls d^Aristodème.
(ag) Corn. Ncpos , in Agesilao , cap. VII.
(3o) Plut, in k^esWào, pag. 616.
(3i) Corncl. Nepos, in Agesil. , cap. VIII.
(32) Plut, in Apophll)., pflg. 210- Vojex ausii Atliénée, /ji'. XIV. , pag, 65';'.
(33). C'était parmi eux la règle et la mesure du droit et de l'honnête : si une chose était utile au public , elle passait dès là pour légitime. Je crois que Plutarque dit la vérité ; mais il ne devait pas mettre en jeu la seule ville de Sparte. Celle d'Athènes (34), et celle de Thèbes , n'avaient point de meilleurs principes^ ce sont, généralement parlant , les maximes de tous les états : la différence des uns aux autres n'est que du plus au moins 5 les uns sauvent mieux les apparences que les autres. Quoi qu'il en soit, Agésilaiis était tout pénétré de cette méchante morale. Se voyant soupçonné d'avoir induit Phebidas à surprendre la citadelle de Thèbes en pleine paix, et par une fraude qui faisait crier toute la Grèce, il leprésenta qu'il fallait, avant toutes choses, examiner si cette action était profitable à la patrie , et que chacun devait faire de son propre mouvement ce qui tendait à l'avantage de l'état (35). 11 obtint que Phebidas serait disculpé, et qu'on enverrait une garnison dans la citadelle.
Dans son expédition d'Egypte, n'abandonna-t-il point Tachus, qui l'avait pris à sa solde, et n'embrassa-t-il pas les intérêts de Nectabane , par la seule raison qu'il était plus important aux Lacédémoniens de soutenir celuici que celui-là ? Action qui, sous le masque du bien public , était une trahison toute pure, comme Plutarque l'a remarqué. 'ATÔîrot/ ko.) «.axoxotoo vpa.yjuxTciç Tra.pa.KttKvjuf/.XTi tZ a-u/u^î-
pOVTi T«ç TTATplJ'oç ;tf "^^/^^f^?. 'Evit Tul/-
Koi.i'd'ra.Tov ovo/na, t«ç Trpa^^iceç «v TrpoS'otrîct. (36). jibsurdo et indigno Jacinori commodum prœtexens patriœ : quando hoc quidem velamento detracto nonien istius facti l'erissiniuni erat proditio. En conversation, Agésilaiis ne parlait que de justice : c'étaient les plus beaux discours du monde que les siens (37).
Entendant dire qu'une certaine chose était agréable au grand roi (38). Par
(33) Plut, in Agesilao , pag. 617. Idem in Alcibiad.
(34) Voyez la remarque (^C) de l'article Aris- TiDir.
(35) Plut, in Agesilao, pag. 608.
(36) Id. ibid., pag. 617.
(37) Id. ibid. , pag. 608.
(38) Les Grecs parlaient ainsi du roi de Perse. Voyez la remarque (A) de l'article Ar- TiOAN IV.
AGÉSILAUS.
où est-il plus grand roi que tnni, s'il n'est plus juste? demanda-t-il. Voilà une belle théorie ^ mais la pratique n'y rcpoiulait pas , lorsqu'il s'agissait Je son royaume. Je -veux croire que, pour des interêls particuliers, il n aurait jias facilement contrevenu à ses lumières; et c'est par-là que je prétends qu'il avait l'esprit et la religion d'un souverain. Combien y a-t-il de rois et de princes zélés pour leur religion, équitables et honnêtes de leur personne ? Mais * s'agit-il de nuire à leurs ennemis , ils suivent tous , ou presque tous , les maximes de Lacédémoae. Ce serait, je crois, un livre de bon débit que celui de la Religion du Souverain : il ferait oublier celui de la Religion du Médecin.
J'ai oui dire depuis deux jours à un homme de mérite , qu'un prince italien demandant des conditions trop avantageuses lorsqu'il négociait un traité de paix avec un puissant monarque qui lui avait enlevé la plupart de ses états , l'envoyé de ce monarque lui répondit : JMais quelle assurance voulez-vous que le roi mon maître puisse prendre , s'il vous rend tout ce que vous demandez ? .Assurezle , réplicjua le prince , que je lui engage ma parole, non pas en qualité de souverain ; car, en tant que tel, il faut que je sacrifie toutes choses à mon agrandissement , à la gloire et à l'avantage de mes états , selon que les conjonctures s'en offriront : dites-lui donc que je lui engage ma parole, non pas sous cette qualité-là, ce ne serait rien promettre , mais comme cavalier, et honnête homme. Quoique ce langage ne réponde point aux idées de ceux qui ont introduit dans le style de la chancellerie la formule , nous promettons enj'oi et parole de roi, il est pourtant trés-sincère et très-raisonnable.
Faisons encore deux remarques : Premièrement , je distingue entre ce que croyait Urbain VIII, et ce que croyait ?ilaphée Barberin- La religion du souverain, en tant que tel, et la religion, ])ersonnellement parlant , sont deux choses.
Autre remarque. Agésilaiis avait un respect extrême pour ses dieux : il ne souflVait point qu'on piUât, ou qu'on
(*) Les éiluions de 1697 el l'joa portent : Mais s'agit-il de leur grandeur ou de l'utilité publique, s'agit-il de nuire , etc.
profanât leurs temples, ni en Grèce , m aux pays des Barbares; et il mettait au nombre des sacrilèges ceux qui maltraitaient un ennemi réfugié dans un temple {3g). Pendant la marche de ses troupes , il allait toujours loger dans les temples les plus sacrés, ahn d avoir les dieux pour témoins des actions les plus secrètes de son domestique. 'Es-xiivo:/ f^h yip ÀTTcS^n/uâv xui' cturov «V Toù âT-iaTÎToïc l'sfoiV. i
ToÛTaiV SiOtJç TTOIC^MtVOÇ 'iTrLTTTCt; HCtipLÂû-
Tupa.ç. Tendebat enim , ciim ilerfaceret, solus in sanctissimis delubris , ac quibus rébus paucos adhibemus arbitras, earum deos faciebat inspectores {4o). Vodà sa religion personnelle ; mais , dès qu'il se regardait comme roi, le bien et l'avantage de son royaume était sa Divinité principale , à laquelle il sacrifiait la vertu et la justice, les lois divines et les lois humaines.
Je ne saisi tous ceux qui citent cette sentence d'Euripide,
Nain , si violandum est jus, regnandi gratid yiolandumesl : aliis rébus pietatemcolas{t{i);
en comprennent toute l'énergie : on y voit l'esprit, et de ceux qui acquièrent des royaumes , et de ceux qui gouvernent les états ; ils vont quelquefois jusqu'à la superstition. Regardez la conduite particulière d'Agésilaiis : tout y est dans l'ordre, aliis rébus pielatem colas : il ne sort de l'équité, qu'en tant qu'il règne, regnandi gratiâ violanduniest. En tant qu'homme, il vous dira sincèrement, comme un autre , amicus usque ad aras :
mais, en tant que souverain, s'il parle selon sa pensée, il vous dira, j'observerai le traité de paix, pendant que le bien de mon royaume le demandera; je me moquerai de mon serment , dès que la maxime d'état le voudra. Que s'il aimait mieux que les Perses violassent la trêve , que de commencer lui-même à la violer, c'est qu'il espérait un grand protit de cette conduite des Perses. Muliiim in eo consequi se dicebat , quod Tissaphernes perjurio suo et hornines suis rébus abaUenaret, et deos sibi iratos redderet (^■2).
Notre bon Agésilaiis , qui eût cru blesser la belle morale, s'il avait été
(39) Corn. Nepos , in Vitâ Age.sil. , cap. IF^.
(40) Plut, in Agesilao , pag. 6o3.
(40 Cicer. Officier. , iib. III , cap. XXI. (4'} Corncl. Xep»5 in Agesil. , cap. II.
AGÉSILAUS.
bien vêtu, et s'il eût fait bonne chère, ne se faisait nul scrupule d'être l'usurpateur d'un royaume. C'est ainsi que certains casuistes damnent sans rémission les femmes qui s'ajustent trop miguonnementj ils ne peuvent soufi'rir ni leurs rubans , ni leurs pierreries : mais non-seulement ils permettent aux hommesde se soulever et de s'engager à une guerre civile , ils les y exhortent aussi.
(I) ^tix exercices les plus puériles,'] Un jou;- qu'on le surprit à cheval sur un bâton avec ses enfans , il se contenta de dire à celui qui l'avait vu en cette posture, attendez henparlerque fous soyez père (43). On ne pourrait pas citer ici ces vers d'Horace :
^dificare casas , plotlello adjungere muret , Ludeie par iinpar, equitare in arundink
LONGA ï
Si quein deleclelbarbaluin, amenda cer/et (44)-
Car ce poëte n'entend point parler de ceux qui', par complaisance pour leurs propres enfans, s'amuseraient à de telles choses dans leur logis. La Mothe-le- Vayer n'est point exact lorsqu'il dit que le roi Agésilaiis , aussi-bien qu Alcibiade , J'urent surpris folâtrant au milieu des petits garçons , et que le philosophe Socrate en faisait gloire (45)- On cite Sénèque au dernier chapitre du \" . livre De Trarujuillitale. Il y a plusieurs choses qui manquent d'exactitude. i°. Il aurait fallu spécifier qu'Agésilaiis ne folâtrait qu'avec ses enfans. 2°. LeTraité De Tranquillitate ne contient qu'un livre. 3°. Il n'est rien dit , ni d'Alcibiade , ni d' Agésilaiis dans le chapitre cité. \°. Il n'y est point dit que Socrate faisait gloire de folâtrer avec les enfans. On se contente de dire qu'il n'en avait point de honte. Cum pueris S ocrâtes ludere non erubescebat. 5°. Valère Maxime et Elien , qui rapportent ce jeu de Socrate , disent qu'Alcibiade l'y surprit. IVon erubuit tune cum interpositd arundiiie cruribus suis cum pari^ulis filiolis ludens ab Alcibiade risus est {l\G). 2a)«pa.T>tç «Té K«TêM)<^9>) ;roT£ Otto ' AXKiQixé'au vrcti-
(43) Plut, in Agesilao, nag. 6io ; jElianiis Var. Hist. , lib. XII , cap. XF.
(44) Horat. Sal. ///, Ub. IT, vs. 247.
(45) La Motlie-le-Vayer, tom. /, pag. 217, r'dit. in-ii.
(46) Valer. Maximus, lib. VIII, cap. VIII, sitbjin.
l^cev jUiTÀ AetfATT^ox-Xioui; 'inrt V)tTiot/ (47)- Sacrâtes etium nliquando deprehensus est ab Alcibiade ludere cum Lamprocle adhuc infante. Mais je ne me souviens pas d avoir lu que d'autres y aient surpris Alcibiade. 6°. Ces deu.\ auteurs observent que c'était avec se.^ propres enfans que Socrate folâtrait.
(K) Je ne crois pas que Dicéarque
ail ignoré le nomde la fille d' Agé-
silaûs. ] Cynisca fut non-seulement la première femme qui gagna aux jeux olympiques le prix de la course de chevaux, mais aussi la plus illustre de toutes celles qui dans la suite remportèrent une semblable victoire (48).
Le poète Simonide l'honora d'une épigramme (49)- Elle consacra, pour un monument de sa victoire , des chevaux d'airain qui furent placés à l'entrée du temple de Jupiter Olympien (5o). Sa figure, faite par Apelle et ornée de plusieurs inscriptions, se voyait au temple de Junon, à Elide (5i).Les Lacédémoniens lui érigèrent un monument de héros , Upûov (Sa).
Il n'y a donc point d'apparence que le nom de la sœur d'Agésilaiis ait été inconnu à aucun historien grec.
(L) Il aurait su le nom de la fille d'Agésilaiis s'il aidait fait ce que fil Plutarque. ] Ce dernier historien nous apprend que Dicéarque s'était mis fort en colère de ce qu'on ne savait pas le nom ni delà fille d'Agésilaiis, ni de la mère d'Epaminondas. 'O Ai- Ko.la.pX'^^ iTryiyàLMMTmriv. Stomachatur Dicœarchus , etc. (53). Pour moi ,continue-t-il , fai trompe dans les registres des Lacédémoniens que la femme d'Agésilaiis se nommait Cléore , et que l'une de ses deux filles s'appelait Apolia et l'autre Prolyta. On ne doit pas trouver mauvais que Dicéarque se soit fâché de la négligence des historiens 5 car nous aimons naturellement à connaître la famille des grands hommes. Il était un peu étrange que le nom des filles et de la femme d'Agésilaiis ne se trouvât que dans les archives de Lacédémone.
(47) JF-lian. Var. Hist., lib. XII, cap. XV
(48) Paus. , Ub. III, pag. 88.
(49) Id. ibid.
(50) Idem, lib. V, pag. iSg.
(Si) Idem , lib. VI, pag. 178.
(52) Idem, lib. III, pag. 96.
(53) Piularch. in Agesilao, pag. ÙhU
AGÉSIPOLIS. 261
AGÉSIPOLIS, premier du pour mieux prendre ses précaunom, roi de Lacédémone , suc- tions, courut aussitôt à Delphes, céda à Pausanias son père , qui afin de savoir si le sentiment du s'était réfugié dans un temple {a) fils (f) serait conforme à celui du dès qu'il avait su qu'on désap- père (g) (A). La réponse d'Apolprouvait la conduite qu'il avait Ion fut toute semblable à celle de tenue en concluant une paix avec Jupiter; et alors Agésipolis ne baies Thébains. On le laissa dans cet lança plus , et fit marcher sonarasile, et l'on éleva sur le trône niée du côté d'Argos. Les Argiens Agésipolis, sous la tutelle d'Aris- lui envoyèrent deux hérauts pour todémus (b). Ce fut la 3". année lui demander la paix : il leur réde la g6*. olympiade (c). 11 était pondit que les dieux avaient troumajeur lorsque les Lacédémo- vé bon qu'il n'acceptât point ces niens résolurent d'attaquer tout offres, et continua sa marche. Il à la fois les Athéniens et les Thé- y eut un tremblement de terre bains; mais, comme ils jugèrent le premier jour qu'il campa dans qu'il ne serait pas de la prudence , leurs états ; et comme une partie pendant une telle guerre , de n'é- des troupes jugea que c'était un tre pas assurés des Argiens , ce signe qu'il fallait s'en retourner, fut par ceux-ci qu'ils commencé- il dissipa leur superstition par la rent(rf). Agésipolis, chargé de les remai-que que ce prodige était attaquer, se fit un scrupule sur arrivé après leur entrée dans le ce qu'ils lui demandèrent une trc- pays ennemi. 11 marcha donc ve. Il voulut donc s'éclaircir avec plus avant , s'approcha de la ville .fupiter sur un tel cas de conscien- d'Argos , et la serra de bien près, ce, et il le consulta en personne II l'eut peut-être subjuguée si la dans le fameux temple d'Olympe, foudi-e, qui lui tua quelques sol- 11 lui demanda si l'on pouvait re- dats , et si quelque autre mauvais jeter les propositions de trêve que présage ne l'eût obligé à se reles Argiens faisaient , et si l'on ne tirer {h). N'oublions pas son émupouvait pas prétendre qu'ils pre- lation : dès qu'il fut entré au naient très -mal leur temps, vu pays des Argiens, il s'informa jusqu'ils avaient attendu à parler de qu'oii Agésilaiis l'avait ravagé paix que les troupes de Lacédé- quelque temps auparavant ; et il mone fussent à la veille de les at- n'eut cette curiosité que pour rentaquer. L'oracle répondit que les chérir sur les exploits de ceprindemandes des Argiens étaient in- ce , qu'il tâchait de surpasser , justes, et qu'on pouvait les refu- comme s'il avait été un athlète ser saintement (e). Agésipolis , apparié avec lui (z). La paix gé-
(a) Dans celui de Minerve, à Te'ge'e. Pau- cias non rite oblatas respuere. XenopK. de
sanias, lih. III, pag. 86. Reb. Gra;c. , lib. ir , pag. 3l2. ib) Id. ibid. (/) C'est-à-dire, d'Jpollon.
, i 1^- j c- 1 7/ vri' ^ -r/" (s;] C'est-à-dire , de Jupiter.
(c) Diodor. Siculus. /ii'. A/K, cnp. AC. T,i yr i j tj i /- ;/ Tir )' , , t> L /- Il Tir (/i) XenopLon, de Reb. Giœc. , /ii>. /^,
(d) Xenoplion, de Reb. Graec. , lib. ly , ^J 3^2
pag. 313. ^ , ^ „ rr [i)"P.T7ri;i 7rsvTa.9xo{ vrivr»! iTri ro ^Xs'ov
(e) "O efê 6m è^«s-,i//*'yêV eLÔTa 6«0V eï- C7rifCâ.X>.iiv fTrsicâtTO. Tanquam enim pen- \a.i fA» (rê;tOjUêV» a-TTOt S'a.; ÀS'iiiocç ÛTTCK^i- tathlos omninô illum supcrarc conlcndcbci; :'y.hcit,ç. Cui Deiis rêspondilfas eiesse indu- Xenoplion , ibid.
262 AGÉSI
nérale , que les Lacédémoniens procurèrent à la Grèce (A:) par les négociations d'Antalcidas , leur ambassadeur à la cour de Perse , l'an 2 de la 98^. olympiade, fut bientôt suivie de la guerre particulière qu'ils déclarèrent aux habitans de Mantinée. Agésilaiis , ayant prié qu'on le dispensât du commandement des troupes , ce fut Agésipolis qui marcha contre l'ennemi. Il ravagea le territoire de Mantinée, et il subjugua eniin cette ville. L'expédient dont il se servit est trop curieux pour n'être pas rapporté (B). Il y a quelque apparence que ce fut dans cette guerre que Pélojiidas et Epaminondas furent dégagés du péril (C) à quoi leur courage et leur amitié les exposèrent. Il fut envoyé quelques années après(D), nvec une bonne armée , contre les Olynthiens (/}. Amyntas , roi de Macédoine, et Derdas, prince d'Élimée fm), le secondèrent vigoureusement. Il s'approcha d'Olynthe ; et , ne voyant point paraître l'armée ennemie qu'il voulait combattre , il ravagea le pays et se rendit maître de la ville de Torone. Mais , comme les grandes chaleurs de l'été ne l'empêchaient point de fatiguer extrêmement , il fut attaqué d'une fièvre continue qui l'emporta dans sept jours (n) , l'an 14 de son règne (0). Voyez ce que je critique
(A) Diodor. Sicul. , lib. XIV , cap. CXI, pag. 65o.
il] Xenopb. de Reb. Grsec, lib. V , png.
(;«) Xenopbon de Beb. Grœc, lib. V, fg. 327 , dit 'Eâî/Uiaî ap/^GVTO. ; mais apparemment c'est une J'aille de copiste , pour
(n) Id. ibid. , pag. 329.
(o) Diodor. Situl., lib. XIV , cap. CXI , pag. 65o, et lib. XV, cap. XXIII, pag. 67^, ad aniiiim l Olymp. 100.