‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 2)Chapitre 81 sur 158 · AIL · texte numérisé non relu

AIL

publics tic l'église de Cambrai (i) :

on peut donc mettre dans la liste des mensonges de Thevet ce qu'il dit touchant la patrie de Pierre d'Ailli. Il fut natij d'Allemagne , dit-il (2), en un village fort obscur, dit Ailli, dont aussi, pour la t'ilité de ses parens, il a tire' sa denominaison. Il fut sipawre, que pour avoir le moyen de vacquer a l'estude des lettres, il fut contraint de servir de snus-portier au collège de Navarre. Volaterran avait déjà publié que Pierre d' Ailli était Allemand (3).

(B) Par des traités de logique. ] Il l'entendait parfaitement : et c'est à cela qu'il fut redevable de la force et de l'adresse avec quoi il soutenait ses opinions, et renversait celles d'autrui. Le célère Wesselus, de Groningue , en parle de cette manière : Quis unquam ad illiim apicem Theologiœ qub Petrus de Alliaco conscendit absque definitionibus , divisionibus, areumentationibus , instantiis logicalibus , perveniret ? In dispuUilionibus dico ubi discussione disertd opus est.

Quomodo Petrus Joannem de Montesono in Hold de errore quatuordecim illarum conc/usionuiu coiicussisset , nisi dis'inctione muliiplici, aut elenchi ignnrantid antécédente vel conséquente delusum docuisset? Opus igitur Theologicis Logicam inferre. Et Gerson ipse, quo tandem tanlus ipseTheologus , niii per accaralissimam illam suam ma^istri Pétri Logicam evasit (4)? On doit remarquer que M. de Launoi croit que ces mots du passage qu'on vient de lire , Rota de errore , etc. , étaient le titre d'un livre fait par Pierre d'Ailli j mais j'aimerais mieux entendre par Rota le lieu où le pape entendit les disputans. Quoi qu'il -n soit, c'est sans doute la Dialectique qui contribua puissamment à cet éloge de Pierre d'Ailli : Aquila Franciœ atque aberrantium à veritate jnalleus indefessus (5).

(C) Aumônier de Charles VI. '] Voyez du Pcyrat, à la page 345 des Aïïtiquilés de la chapelle du roi. Il y

(i) Apud Lounoium , Hjsl. Coll. Nav. p. iS^. (a Thevet, Homme» ilinslres, tom. VII, pag. 86 del'edil. in-ji.

(3) Gesneri BiblioOi. , fol. 543 verso,

(4) Wesselus , de Pote^tate Papse, cap. IX , apud Launoium, t.'ist. Navar. , pag. 469.

(5) LauDoiut , ibiii. , pti^. i34) 47^-

observe que Pierre d'Ailli n'a jamais porté la qualité de grand aumosnier de France , ny de grand aumosnier du roy, lesquelles csloient encore incognues, et n'ont commencé à paroixtre que sous les règnes de Charles f^IIl et de François I" ., quoi que die l'autheur de la Gaule chrestienne (*) , en quoi s'est trompé de mesme le continuateur des Annales de Bnrontus.

(D) Il mourut l'an i425.] C'est une chose étrange , qu'un homme de ce rang et de cette distinction soit mort, sans qu'on sache au vrai , ni où , ni en quelle année. Les uns disent qu'il mourut en Allemagne , l'an 1416. Les autres, qu'il mourut à Avignon , le 8 d'août 14^5 , étant légat du pape en France (6;. D'autres disent bien qu'il mourut à Avignon ; mais ils mettent sa mort à l'année 1426 (7). M. de Launoi se contente de la marquer à l'année 1425 , dans la page 479 de son livre j mais, dans la page 129 , il avait dit que Pierre d'Ailli était mort légat du saint siège en Allemagne, l'an i^iZ : Anno postquani vastatum est à Burgundionibus quinlo. Or, dans la page 126 de ce même livre , il avait mis ce ravage sous l'an i4i8. Les registres de l'église de Cambrai portent qu'il mourut le 9 d'octobre i425 , étant légat du saint siège dans la basse Allemagne j et qu'au mois de juillet suivant, oa porta son corps à Cambrai, où on l'enterra derrière le grand autel (8j. La diflérence de i4i6, et de 1426, est venue d'une faute d'impression : le chifi're i, mis par mégarde au lieu du chitlre 2, a tonde deux sentimens.

(E) Hft de grands biens au collège de Navarre. '\ Il en a été appelé le second fondateur (9). C'est lui qui y fît bâtir la maison des théologiens j mais ce n'est point lui qui y tit bâtir la bibliothèque. M. de Sponde, qui l'assure, s'est trompé : c'est l'ouvrage de Charles VIII. Spondanus inAnnalibus

(*) Claudius Robertus, in Galliâ Chrislianà , folio 68.

(6) Labbe , de Scriptor. Ecclesiast. , lom. II , pag. 179.

(7) Vossius.de Hislor. Lat., pag. 543. Bellarmin, de Script. Ecclesia^t. , pag. 384, met la même anne'e , mais sans marquer aucune ville.

(8) Apud Launoiam , Hist. Gymn. Navarrie, pag. li'j.

(9) Launoius , ibid., png. i34, 47^-

AILLI.

Ecclesiasticis prodidit ab eo exslructnm esse Biblinthecarn ; sed aberrat :

id est opus Caro/i octavi régis, cujus et nonien juovLy^a.fXfAov in Bibliolhecœ vitro centies def in^itur, et statua in occidentali tiirbinati parietis cono erecta cnnspicitur 'lo). Il est bien vrai que Pierre d'Ailli voulut qu'une partie des biens qu'il laissait à ce collège servît à acheter des livres , et qu'il donna souvent des livres (i i). Je ne «ais point s'il donna sa propre bibiiotliéque , comme Aubert le Mire la débite. Alliacus, dit-il {\i),anno i!^i^ Awenione moriens Biblinthecarn. suam legai'it JVafarrœo Parisiis collegio , quam ibi magnâ cuni l'oluptate aliquando t^idinius. Je n'ai point vu que M. de Launoi le dise : son silenc° seul serait capable de re'futer l'c'crivain flamand.

(F) Son entêtement pour l'astrologie judiciaire (i3). ] Bellarmiia n'a point oublié cette tache. Unum est , dit-il (i4), in quo reprehenditur hic auctor , qu6d uidelicet sensisse i'ideatur Christi natiuitatem prœnosci potuisse ex genethliacis obseruationibus , atque ad hoc adduxerit apparitioneni stellœ , quœ apparuit Magis.

D'autres observent que Pierre d'Ailli , dans son livre de Concordid Historiée et Astrologiœ diidnatricis , a soutenu que le déluge de Noé , la naissance de Jésus-Clirist , et tels autres miracles , et tous les prodiges , ont pu être devinés et prédits par l'astrologie fi 5) j et qu'il a rapporté les naissances, changemens , et ruines des républiques et des religions , aux conjonctions des hautes planètes (16). Bodin ajoute que Jean Pic , prince de la Alirande , prend les hypothèses de Pierre d'Arliac (■'■] (17) pour certaines , sans au-

(10) Ibidem , pag. 4t5.

(11) Ibidem, pag. i34i '35.

(12) Mirsus. m Âuctario de Script. Eccles. , cap. CCCCLIV, p^g. 265.

(i3J Voyez la remarque (K) l'erj la fin.

(i4) BelUrmiD , He Script. Ecclesiast., p. 384- // now renvoie à Sixtf He Sienne, Bibliothecs Sancts Jnn. XV elLXXXI ,ellib. VI, 4nn.X.

(i5) Vossius de Scientiis Mathemal.. p. i\S.

(16) Bodin, de la République, liv. IV ^ pag. 548 , de la première e'dilion.

(*) De éUiaco est le nom vulgaire latin de Pierre d'Ailli { Alliacus ) : et c'est de là que Bodin a fait à^ Arliac par le changement de la première des deux il en r, comme en Varlet, Merlin , Merlusine , faits de Vallel , MelUn , Mellusine. Rem. crit.

(17) Cest ainù qu'il le nomme.

trement s'enquérir plus m'ant de la i^erité , combien que de trente-six grandes conjonctions , que ce cardinal a remarquées , depuis 1 1 5 ans après la création du monde , jusqu'à l'an de Jésus-Christ i385 , il ne s'en trouue pas six i-ériîables (18). Ce passage de Bodin a été ainsi changé dans l'édition latine : Mirum niihi wisum est quamobrem J. Picus Mirandulœ princeps illius hominis errores sanè pudendos in cœlestium orbium doctrinâ pro certis et compertis demonstrationibus habuerit ; ciim enim post orhem condituni anno centesimo decimo quinto usque ad annum Christi i385 , triginta sex Jouis et Saturni concursus tradiderit , fix tamen ullus eo quo decuit loco ac tempore describitur. Le même Bodin attaque ces hypothèses par le fondement : Le cardinal d'Arliac , dit-il (19) , prend sa racine aux gran' des conjonctions au temps de la création du monde , supposant h son compte qu'il y a ^i58 ans , suii'ant l'erreur d'yilphnns , qui est réprouvé de tous les Hebrieux, et maintenant d'un commun consentement de toutes les églises.... Et par ainsi , c'est une erreur insupportable de supposer la grande conjonction de trois hautes planètes l an de la création Sao , et poser qu'il y eust à présent ^it8 ans: c'est-àdire , douze cents ans dei'ant que le monde fust créé. Cette manière de combattre Pierre d'Ailli ne saurait être décisive présentement, vu le poids des hommes doctes, ([ui préfèrent le calcul de la Bible grecque touchant la durée du monde , au calcul du texte hébreu. Vossius a plus de raison de l'insulter sur la naissance de l'hérésie d'Arius , que sur la durée du monde. Voici les paroles de Vossius j on y volt que notre astrologue a mis le commencement de cette hérésie sept cents ans après Jésus-Christ , ce ui est une très - crasse ignorance :

aidé eliam futile est fundamentum quod arti isti ponit. Ait ab initio mundi usque ad dilu^'ium Jluxisse annos in^i (20) , à dilui-io ad natalem Christi 5 lo-i. His ita conslitutis , totus est in eo ut ostendat quandocunquè mirandum aliquid contigit in terris , etiani illustrem aliquarn stellarum con-

(iS) Bodin, de la République, liv. IF, p. 548.

(19) Pag. 549.

{20J Vossius a voulu aire 2242.

qui Ka

AILLL

4tqui 1) vice duœ propositœ sunt tibl , ut ex

junclionem apparaisse in cœlis

Jalsissimurn est quod sibi sumit de « his eligas unain : mit te offèras om.

anno wel diluvii t^el natalis Domini nec lei>is est error , sed spississinius ; in priori guident numéro annorum penè sexcentorum , in altero auteni paulb pauciorum (ai). Quidmirum?

Oninino Cameracensis J'uit Chronologiœ iniperitissimus , ut t>el argult quod yirrianam hœresim cœpisse dicat anno Christi septingentesimo , quani i'erisimiliiisliim penè exstinclamdixisset. Ortam uero constat foré initio sceculi quarti (22). Si Thevet eût écrit avec jugement, aurait-il parlé de Pieri'e d'Ailli en ces termes ? « Je « désirei'ois que tous ceux qui se mes- » lent d'astrologiser daignassent un » peu mettre le nez avant dans ses )» livres : ils n'y pei'droient leurs pei- )) nés 5 car, outre les singulières obser- « vations que je viens de ramentevoir » (23) , ils y trouveroient la sentence w minutée à l'encontre de ceux qui , » sous le nom de la vraye astrologie , )) prennent plaisir de s'embéguiner » du faux masque d'astrologie , in- » froduisans une idolâtrie des astres 3» du tout abominable (24). » Cette prétendue idolâtrie n'était pas plus à craindre au temps de Thevet , que le culte religieux de la terre ; de sorte que , si les livres de Pierre d'Ailli n'étaient bons qu'à convertir cette sorte d'idolâtres, on n'avait presque point à faire d'eux. Mais comme d'autre côté ils étaient propres à entretenir le crédit de l'astrologie , par les vertus que cet auteur attribue aux conjonctions des planètes , choses dont Thevet ne dit pas un mot , leur lecture était infiniment plus préjudiciable que profitable.

(G) Qui condamna Jean Hus au supplice. ] Ce ne fut point sans l'exhorter à se soumettre , et sans lui déclarer que c'était le meilleur parti à prendre ; Examinatis dictis testium , et recitatis articulis erroneis in Patruni consessu , cardinalis Cameracensis, judex causas depuiatus à Concilio , dixit ad Joannem Huss : a En

(21) Vossius , dans son hypothèse, a dû troufer ici une erreur de plus de six cents ans.

(22) Vossius, de Sclentiis Mathemat. , p. 2i5. (î3) Il n'avait parle' que de la re'duction de

tous les parallèles de Ptolome'e à douze.

(î4) Thevet, Histoire des Hommes illustres, (om. ril , p. 89.

» nino totum in potestatem et graliant i> Concilii, ejusque decrelis super hâc » re acquiesças ; lia namque Jiet ut » Concilium ob honorem Domini nos- )) tri Régis Romanoruni nunc prœsen- » tis ac fratris ejus Bohemice Megis , )) clenienter acturuni sit tecum ; aut si ■» ex dictis articulis quosdam tenere » ac defendere intendas , et desideres )) aiiani audientiam , concedetur tibi ') quidem; sed tune scias hic esse mag- )> nos et illuininatos firos qui j'ortis- » sima habent adi^ersiis articidns tuos n fundamenta , et l'erendum est ne in- » de grauioribus int-'oluaris erroribus . j) Jd consulendo dixerim tibi , non ut » judex (25). » M. de Launoi , ayant rapporté cela, ajoute que cet hérétique aima mieux soutenir opiniâtrement ses opinions et être brûlé, que suivre le conseil salutaire du cardinal d'Ailli : P^eràm litigiosus horno dogniata sua nimis pertinaciter propugnare maluit et comburi , quam usque adeô salubre cardinalis yilliaci consilium sequi.

(H) Il parait dans le Catalogue des témoins de la ^-érité. ] « Par la déter- » mination du concile de l'Eglise fran- 3> çoise , il fut délégué pour dénoncer >» aux deux papes , qui s'entrequerel- » loient pour la papauté , qu'ils se » démissent du siège papal. Pour res- « ponse , lui fut dit que les papes de )> Rome sont exempts de toute tache » de schisme j mais que c'estoient les « prélats françois , qui de gayeté de « cœur schismatisoient. Pour cette " occasion , il fut depuis renvoyé , » suivant l'avis du concile tenu à « Paris , avec le sieur Jean Maingre , J> maréchal de Boucicaud , lequel par » après estrilla bien l'antipape à Aviw gnon , comme aussi le cardinal w d'Ailli lui lava la tète du long et du » large (26J. Et c'est ce que Henri « Pantaléon semble le coucher au » roolle de ceux qui en cette saison » crièrent et de voix et d'escrits con- » tre l'ambition des papes , coxTup- « tion de l'Eglise , schismes et divi- }> sions qui lors pulluloient grande-

(20) Lauiioii Hist. Gymnasii Navarrœ, p. 474» ex Hussitœ cujusdam Èelalione, apud Bzovium, ad ann. i4l5, nutn. 4?.

{26) Vojez ce que du Plessis-Moruay cite de Froissard , .fur celte nuitiire , dans son Mystère d'Initjuilé ,pnè. 4SC, et suiv. Edition de Sau~ mur , en i6x i , in-folio.

AILLI.

« ment ; disant qu'il a escrit un livçe j) intitulé de la Réformation île L'E- » giise , lequel pourtant ne se trouve « pas au catalogue de ses livres , qui » sont en grand nombre , tant en thëo

zélés sectateurs , après afoir troui'é dans des auteurs fort approu<^és de i Eglise son sentiment de la transsubstantiation , qui était presque le seul point qui l'arrêtait. Il mit quelque

d'Ailli. Quant au Catalogue des te- foit sur le Maître des Sentences, pour moins de la vérité , compile par Fia- /aire i^oir que ce cardinal propose l'ocius lUyricus , on y trouve Pierre pinion de M. Descartes touchant les d'Ailli , condamnant *' le dogme de la accidens de l'Eucharistie , et l'accorde transsubstantiation (28) , et donnant a^ec la d finition du concile œcuniéau concile de Constance un projet de nique de Constance (Sa). réformalion , selon lecjuel la cour de (K) Il composa beaucoup de litjres."] Rome eût été privée de tant de moyens Ses Commentaires sur le Maître des qu'elle employait pour amasser de l'ar- Sentences , et les quatre Traités qui gent ; les prélats eussent été obligés à ont été mis dans l'appcndix du /'asbien vivre et à rempiirleurs fonctions; ciculiis rerum expeterularum , furent la pompe des cérémonies , les fêtes su- imprimés à Strasbourg en 1490. On perdues '^^ , l'abus des jeûnes , et la imprima au même lieu , et eu même

canonisation des saints , eussent été abolis ; le nombre des moines , des images et des temples eût été diminué (29). Nous pouvons croire certai-

temps , un volume de ses Traités et de ses Sermons. Une partie de ces traités fut réimprimée à Douai , l'an 1634, parles soins de LéandredeSaint-

nement que tous les écrits de Pierre Martin , professeur en hébreu à Douai d'Ailli ne sont pas propres à plaire à la cour de Rome , puisque Ton en a inséré trois ou quatre dans l'Appendix du Easciculus rerum expetendarum et fttgiendarum (3o). Orthuinus Gratins avait déjà inséré dans ce Fasciculus le traité de ce cardinal de Emendatione Ecclesiœ. Ce que j'ai dit touchant la diminution des moines ne s'accorde pas avec ce que Thevet avait ouï dire, que Pierre d'Ailli composa un livre intitulé /e Bouclier de la Pauvreté, où il faisait l'apologie des religieux mendians (3i).

(I) Les cartésiens le mettent aussi au nombre de leurs précurseurs dans la question des accidens. ] Un professeur de Louvain , des plus opposés à M. Descartes , devint l'un de ses plus

(27I Thevet, Hommes illustres , tom. VJI , pat;. 88.

*^JoIy fait observer que Barle lui-même, dans sa remarque (/), reconnaît que d'Ailli admettait lu transsubstantiation.

(28) yorez la Dissertation de M. AUis, à la tête de la Determinalio Fr. Juanois Parisiensis , imprime'e a Londres en 1686, in 8° , p. ^i, 'J2.

*^ Leclerc et Joly remarquent que , loin de conseiller d'abolir des fêtes , d'Ailli travaillait à leur multiplication , ainsi que Sajrle Va dit dans le texte.

(29) Foret du Plessis , Myst. d'Iniquité , p.

(io) Imprime' à Londres , Pan 1690.

(3i) Thevet, Hommes illiistr., piisf. 90.

Thevet assure qu'il a un livre de Pierre d'Ailli , achevé d'imprimer l'an mil quatre cens dix , le douziesme aoust , au commencement que l'art d'imprimerie fut en usage en France , dans lequel il y c grand nombre de figures de mathématiques (33). Cela ne peut être; car l'imprimerie ne fut inventée qu'environ l'an 14^0 * . 11 eût pu dire qu'on imprima à Louvain , en 1487 1 le Sacramentale de cet auteur , et à Paris . en 1488 (34) , ses Quœstiones in sphœram mundi Jonnnis de Sacrobosco , cum Commentnriis Pétri Cirueli Daronemis Hispani. Ses Météores furent imprimés à Strasbourg, l'an i5o4 , et à Vienne en Autriche , l'an

(32) Baillet , Vie de Descartes, tom. II , p.

(33) Thevet , Hommes illustres , tom. VII , pag. 89.

* Joly reproche à Bayle son ignorance sur ce qui concerne Vori^ine de Vimprimerie , et sa date ; mais quoique le premier produit connu de l'imprimerie , ayant une date certaine , soit de 1457 , il est à croire que Vmvenlion et les premiers essais ont du pre'ce'der d'un certain novibre d'années; et Bayle n'est pas remonté trop haut, en disant i44o i malgré la critique de Julr. Quant à la date de ll^\o que Thevet donne a un Une imprimé de d\4illi, Leclerc pense qu'il faut lire i4ç)o , et qu'il s'agit du trcile : De Concordantiâ Astronomie" cum Tl.eologia , imprimé en ejfet cette année même à Augstourg, in-4"'.

(34) Selon Gesncr, Biblicth. , folio 547 ^erso, ce fui en i468.

328 AILLI.

iSog. Sa J^ie du pape Célestin /^fut imprimée à Paris , l'an iSSg (35) , et se trouve dans les Vies des Saints , compilées par Surius. Le titre de cet ouvrage fait quelque peine , parce

3u'il donne à Pierre d'Ailli la qualité e confesseur de Charles V j mais il vaut incomparablement mieux, supposer qu'on a mis là Charles V^. , au lieu de Charles VI*. , que de dire qu'il y a eu un autre Pierre d'Ailli. Posscvin , qui a cru cela, s'est fort trom

Launoi en donne la liste. Il y en a qui contiennent la réponse à des questions bien curieuses , comme : Utrùm esse tria supposita unius naturœ sit perjectio : Utrùm libertas creaturœ ralionalis ante et post lapsum intrinsecè sit œqualis : Utrùm creaturœ rationalis conscientia erronea ejus actum excusare pnssit ? Cette dernière question me fait souvenir de certains écrits qui ont paru en Hollande depuis quelque temps , sur les droits de la con-

pé. Je ne vois point de mat/ère qui ait science erronée. On y a prouvé d'une autant tenu au cœur à ce cardinal que l'astrologie ; car, outre qu'il présenta au concile de Constance un écrit sur la réforination du calendrier, il a composé les livres suivans : Tractntus de vero Cjclo lunnri; f^igintilogiiim de Concordanlid astronomicœ t^eritatis cum theologid; Tract atus de Concordid astronomicœ l'eritatis et narralionishistnricœ (36); Tractatus elucidarius astronomicœ concordiœ cum theologid et cum historicd narratione ; ^poiogetica Defensio astronomicœ feritutis (3^) j J4lia secunda apologetica Defensio ejusdem (38) ; Tractatus de Concordiâdiscordantium Astronomorum.

Le sieur du Peyrat a'isure (Sg) que Bodin , en sa préface de la Démonomanie des Sorciers , fait mention d'un

livre composé parle cardinal d'Ailly, 1er pour les droits de L-i où il a soustenu qu'il n'y a pas une (^) jy^ rimailler en L seule démonstration nécessaire en j4ristote , hormis celle par laquelle il a démonslré qu'il n'y avoit qu'un Dieu. Il y a là deux petites choses à reprendre ^ car Bodin ne dit point , comme du Peyrat l'insinue , que Pierre d'Ailli ait fait un traité particulier sur cette matière ; et il dit que cet auteur a remarqué dans Aristote quelques autres démonstrations , quoiqu'en petit nombre (4o).

(L) Quelques-uns n'ont jamais été imprimés. ] Ils sont dans la bibliothèque du collège de Navarre (40 : M. de

(35) Tout ceci est tiré , ou de M. de Launoi , His». Gymn. Navarr.-K, pag. 476 et suiv. , ou du P. Labbe , de Script. Ecclesjast. , pag. i8o.

(36) Il lefl à Bdle , l'an i4i8.

(37) Il lajil à Cologne, au rnoix de septemb. i4i8.

(38) Faite à Cologne, au mois d^octobre i4i8.

(39) Dans ses Antiquités de la Chapelle du lîoi de France, pag, 345.

(40) Podin, Pre'f. de la Démonomanie, p. 14. (4'.' On en trouve une partie k Cambridge ,

manière si démonstrative , que toute action faite contre les lumières de la conscience est essentiellement mauvaise , et qu'il la faut éviter nécessairement et indispensablement , que ceux qui ont voulu combattre cette doctrine se sont précipités dans ce sentiment affreux , qu'il ne faut pas toujours agir selon les lumières de sa conscience ; d'oîi il s'ensuit , qu'on fait quelquefois ime bonne action en agissant contre les lumières de sa conscience : monstre de doctrine , qui renverse toute la morale , et en comparaison duquel le probabilisme le plus outré est un sentiment innocent.

Ce qu'il y a de rare en cela , c'est que ce sont des fanatiques qui se sont jetés dans ce précipice , eux , qui ont plus d'intérêt que personne à travail-

a conscience.

(M) De rimailler en langue vulgaire. ] Je cite en marge mon garant , qui assure que Pierre d'Ailli a escrit plusieurs i>ers francois , en rithme usitée de son temps , lesquels ont esté mis en uers latins par Nicolas deClemangis . J'en ai l'u , dit-il (4») , quelques-uns imprimez il y a plus de cent ans. Il ajoute que le même auteur a escrit en français un lit^re intitulé , les sept Degrez de l'Eschelle de Pénitence , figurez et exposez sur les sept psalmes penitentiels , imprimé a Paris. Je crains que la Croix du Maine ne nous trompe quant à ce dernier ouvrage ; car M. de Launoi marque positivement qu'Antoine BéJard fit une version française du Traité latin de Pierre d'Ailli sur les sept Psaumes Pénitentiels , et que Denvs de Harsi

dans le collège d'Emmanuel. Oudin, Supplem. de Script. Ecclesiast., pag^. 6go.

(42) La Croix du Maine , Bibliulb. Franc. , Vë- 38i.

AYRAULT

imprima cette traduction à Lyoa , d'Epternacli , nous apprend que Fan 1544 , in-i6 (43). Renaud , l'aîné de ces quatre frè-

Voici un supplément : « Les vers , ', . , t

ippl ....

« français de Pierre d'Ailîi , desquels ^es , a ete martyrise pour le nom

jj la Croix du JMaine a parlé , sont au de Jésus-Christ , qu'il a été cano-

» nombre de trente-deux seulement , ' ' '"~

)) et contiennent une courte descrip-

)) tion de la vie d'un tyran. ISicolas

)) de Cle'raangis en a fait une para-

» phrase en vers latins hexarattres ,

}) imprimée avec les français de Pierre

V d'Ailli , à la fin du livre intitulé

j) le 3'Iépris de la Cour, traduit de

0) l'espagnol de Guévare , en français ,

j) italien et allemand , à Genève ,

)) in-i6 , chez Jean de Tournes , en

)) i6o5. La paraphrase de Clémangis

j) se voit aussi à la fin de ses épîtres ,

3) page 355 de l'édition de Leyde. A

>j l'égard de la traduction d'Antoine

3> Bélard , Antoine du Verdier , page

)) 5i de sa Bibliothèque , dit que c'est

5) en 1542 qu'elle fut imprimée , chez

w Denys de Harsi , in- 16 , à Lyon ,

43) Launoii Hlst. Gymnasii Navarrœ, p. 479*

44) ^J- de la Blonnaie, Remarques MSS.

nise, que l'Église célèbre sa fête, et qu'on lui a consacré des temples , et entre autres l'église de Saint-Renaud , dans le pays de Cologne , à laquelle est annexé un couvent de filles. On voit aussi à Cologne l'église du même saint , auprès de celle de Saint- Maurice ; et dans cette église , l'image des quatre frères sur la muraille. Ils sont sur le même cheval , et leur aîné Renaud a un diadème (*) autour de la tête , comme une marque de sa sainteté. On prétend qu'après avoir été un grand guerrier sous Charlemagne , il se fit moine à Cologne (c) , qu'il mourut martyr , et qu'à cause qu'il fit des miracles après sa mort , on lui bâtit une église {d).

AIMON , prince des Ardennes, a été , dit-on («) , le père de ces quatre preux que nos vieux romans ont tant chantés. On les appelle ordinairement les quatre jils Aimon. Ils n'avaient qu'un cheval à eux quatre , nommé Bavard. Je ne parlerais pas d'une '"f (r'« regni Poloniœ lanquàm vulp

1 • ^ subintrare satagerent Hussitac ^ no

Chose qui ne passe que pour un conte à dormir debout, si je n'avais à dire que ces grotesques de nos vieux romanciers et les fables qu'ils ont écrites de nos pa- , ., ^^ -r, .-r» . ti i . rrr , .. T- r ■ • • 11 {d^ r oyez yoelnUisçut. iheol., tom. III

ladins , ont tait irruption dans le pag. 568. sanctuaire. La superstition des peuples les a introduites dans la religion; et si quelqu'un avait dit

(') Le mot d'usage est auréole , du latin auréola, employé en cette signification , mais tien ironiquement , par l'université' de Cracovie , dans ces paroles de la page 585 du T. L (2. e'dit. Amst. 1726} de l'Histoire du concile de Constance de M. Lenfant. Si fines eculœ....non segniiti apiid nos ac apiid vos facibus Jlamtneis veslili . pro suis dogmatibus ignitas exciperent auréolas. Veyez Me'nage , au vaol /i aréole de son Dict. Etym. Rem. crit.

(c ' Ferrarius in Catal. Saoctorum , ad 7 januar.

à ces impertineris écrivains , Hœ niigœ séria ducent in tnala (b), il n'aurait pas été un mauvais devin. L'histoire de Luxembourg, composée par Jean Bertels , abbé

(rt Johan. Bertels, Hist. Luxemb. in Descript. oppidi Ckimiachi.

il Horat. de Arte Poëticâ.

AYRAULT ( Pierre), en latin AErodius , lieutenant criminel au siège présidial d'Angers , sa patrie , naquit l'an i536. Il fit ses humanités et son cours de philosophie à Paris ; ensuite il fut étudier en droit à Toulouse; d'oii il passa à Bourges, pour profiter des leçons de Duaréiius , de Cujas et de Doneau , trois des

33o AYKAULT.

plus excellens jurisconsultes de contre lui , en 1677 (a). Il fut ce temps-là. Ayant pris à Bour- ferme dans le bon parti contre la ges le degré de bachelier, il alla ligue; et il était obligé de l'être , revoir sa patrie, y fit quelques non-seulement par la charge qu'il leçons publiques sur le droit civil, avait au présidial , mais aussi par etyplaidaquelquescauses. Ilavait celle de maître des requêtes du alors vingt-deux ans. Il retourna duc d'Anjou , qu'il avait eue conà Paris quelque temps après , et jointement avec le jurisconsulte y devint l'un des plus célèbres Baudouin , avant que ce prince avocats du parlement (A). Il y montât sur le trône. La Haranpublia , en i563, les Déclama— gue qu'il fit à ce duc faisant son lions de Çm'ntilien, qu'il corri- entrée à Angers, le 7 de jan- , gea en divers endroits , et qu'il vier i^'jo^ a été imprimée avec accompagna de notes. L'année le Discours (D) qu'il lui adressa suivante, il fit imprimer dans la pour le louer de ses victoires et même ville un Traité du Retrait de la restauration de l'université lignager , composé par François d'Angers. Ce discours roule prin- Grimaudet , avocat du roi à An- cipalement sur ce que Baudouin gers , et y mit une préface de la avait dédié à ce prince deux annaturf. , variété et mutation des ciens panégyriques : celui qu'Euloix. Il publia, en 1667 , un li- ménius avait fait de Constan tins, vre intitulé , Decretorum Re— et celui que Pacatus avait fait de rumve apud diverses populos ah Théodose. Le J/^cOMA-.squ'Ayrault omni antiquitate judicatarum. li- publia l'an 1 689 , sur la mort de bri duo — Accedit Tractatus de Henri Ifl , et sur le scandale origine et auctorilate rerum ju— qu'en avait l'Église , témoigne dicatarum. Il l'augmenta beau- son attachement au parti de coup dans les autres éditions (B). ce monarque. Il n'y mit ni son Il quitta Paris l'année suivante nom ni celui de l'imprimeur. pour aller exercer dans sa patrie M. de Thou en a parlé avec élola charge de lieutenant criminel, ge {b). On a trouvé parmi les pâli l'exerça avec tant d'exactitu- piers de l'auteur , la version lade qvie, comme un nouveau Cas- tine qu'il en avait faite. Il écrisius, il fut appelé l'^CMe//tf?e,? <3C- vit en ce temps-là un discours cusés. Pendant les désordres de la où il exhortait Henri IV à se failigue , il exerça par intérim (C) re catholique ; mais de tous ses la charge de président au même ouvrages , celui qui l'a fait le plus siège , et s'en acquitta avec la connaître dans les pays étranmême intégrité que de l'autre, gers , et surtout parmi les pro- La ville d'Angers lui témoigna testans , est le 7>azVe </e /a pw/ison estime en plusieurs manières, sance paternelle (E). Il le cornet principalement par la charge posa pendant le procès qu'il eut d'échevin perpétuel qu'elle lui avec les jésuites , au sujet de son donna. Il fut fort brouillé avec Philippe Gourreau , maître des («) ^' «« 7^' ^^"^ éditions dans la méim-

AT i • i i -1 année, à Angers , la seconde plus ample nue

requêtes , son compatriote ; et il l„ première Cette pièce est en latm.

publia une lettre apologétique (/,) xhuan. iiistoriar. Ub. xcr.

AYRAULT

fils aîné, qui avait pris l'habit de (A leur ordre (r). Il l'avait envoyé "7'^

(A) Il déteint l'un des plus célèbres tcats du parlement. ] Antoine Loi- ,, , j T) • /. aci , en s-on Dialogue des Avocats du

dans leur collège de Fans , alin parlement de Pans , met notre Ayde le rendre plus capable de lui rault dans la liste des plus fameux, succéder un jour , et il eut quel- et lui donne la prééminence sur Bodin.

que temps après le chagrin d'ap- " ^'^. ^' ^; ^'^'^^ remarque que Bodin

H" "^^ 1 ^1 o i^ ne réussit pas dans le barreau. Voici

prendre qu ils lux avaient per- comme parle Loisel : Maistre Pierre

suadé d'entrer dans leur corps. Aymult fut aussi pourveu de l'estat

Il en fit ses plaintes au parle- ^e lieutenant criminel à Angers, dont

4. J n • / j\ 4. i J :i il estait , et s y retira sur lu fin des

ment de Pans (rf) ; et , quand il , •,..,. j„ p„;„,.„, j /. -^ ;:<;

, / '! 'A. , grands jours de foictiers de l an \bO'j ,

eut su quils lavaient tait eva- encore qu'il plaidast assez bien et doc-

der, il présenta requête au pape , tentent , mieux beaucoup que nefai-

et obtint des lettres de Henri III ^oit maistre Jean Bodin , Angevin ,

j- 1 J'T? i 4-4. J«, quelque srande et exquise doctrine Qui

au cardinal d Est, protecteur des j ,^ P- ^^ /„„/„, „, j ■

. '1 . just en lui ; car il ne lui succéda ja-

altaires de Irrance, et au marquis „j^,i en plaidoirie qu'il ait fuite (i). de Pisani , ambassadeur de cette couronne (e) , par lesquelles lettres le roi demandait très -instamment qu'on sollicitât un ordre du pape pour la liberté du jeune garçon. Tout cela fut inutile. Le Traité de laPuissance pa-

On imprima à Paris , l'an i568, quelques plaidoyers de Pierre Ayrault (2).

Ils furent imprimés à Rouen, en i6i4, avec les notes et les additions d'un jeune jurisconsulte. M. Ménage , qui dit cela (3) , pouvait ajouter qu'on les imprima à Paris, en i5g8, in-8°., avec quelques autres opuscules de ,, j^ , , . - Pierre Ayrault. Les curés de Paris le

ternelle * quil adressa trois ans choisirent en i564 pour plaider leur après à ce fils désobéissant, ne cause contre les jésuites^ cependant

il ne la plaida pas ; et peut-être que cela vint de ce qu'on ne trouva pas à propos que les intérêts des curés fussent séparés de ceux de l'évêque de Paris. C'est la conjecture du sieur du Boulai (4)- Quoi qu'il en soit , son plaidoyer fut rendu public, comme je viens de le dire dans la note (2).

(B) // augmenta beaucoup son livre dans les autres éditions.'] La seconde édition est de Paris , en i5^3 , in-8°., et contient six livres. La troisième est in-folio, et a pour titi'e, Rerunt ab omnl antïquitate judicatarum Pandeciœ. Elle est aussi de Paris , en i588. Après la mort de l'auteur on imprima les mêmes Pandectes à Paris, l'an i6i5, avec le petit Traité de Patrio Jure. Il les avait revues et corri-

(1) Loisel, apud Menag. in Testim. de P. ^ro diO, ejus Vilae prjiosxis , pci^. xxvj.

(2) Il y en a XXII. Le XX'. est celui quil ai'ail prépare pour les curés de Paris contre les jésuites en i564.

(3) In Vitâ Pétri yErodii , pag. 26.

(4) In Historiâ Acadetn. Parisiens., loin. VI , pag. 966, npud Meoag. in Teslim. de P. ^rod., pag. kvij.

fut pas plus efficace. Quoique Ayrault eût d'autres fils , il ne laissa pas de se chagriner excessivement de la perte de celui-là. II avait épousé à Paris , en 1 564 ? Anne Des-Jardins , fille de Jean Des-Jardins , médecin de François F"". , de laquelle il eut quinze enfans (F) , dont dix étaient en vie quand il mourut à Angers , le 2 1 de juillet i6oi , âgé de soixante-cinq ans {J'). J'emprunte de M. Ménage cet article (g).

{c) Voyez l'article suivant.

(rfl Le ig de mai i586.

(e^ Elles sont datées du iS juillet l586.

* Ce Traité de la Puissaore palernelleyH/, dit Lee 1ère , imprimé à Tours en 1 582 , in- 1 2 de S2 /euillets. Joly rem-oie aux Mémoires de Kicéron , pour un catalogue plus détaillé des oui>rages de P. Ayrault.

{f) Sainte Marthe s''est trompé dans /'Eïoge de Pierre Ayrault , oii il ne lui a donné que soixante-trois ans de vie.

(g) Ex Vitâ Pétri iErodii , ab ^gidio Meuagio, ejus exjiliânepote, scripld , et typis data Paristis , anno I0'j5 , in-l^.

AYRAULT

gees. M. Ménage en avait promis (5) ne'anmoins le duc d'Anjou fut sacre à

une nouvelle édition qu'il devait ac- Keims au mois de février iS^S, et il

corapagner de petites notes raargina- était censé roi de France dès le jour

les qui auraient indiqué les sources que Charles IX décéda (lo). Soyez as-

d'où Ayrault avait tiré ses exemples.

L'ouvrage est fort docte : Cuntinet enini rcs ab nrnni antiquitate upud Indos j Judœos , Grœcos , Rnmanns , Francos, allosquejudicatas (6). Celui qu'il fit en français , de l'Ordre et instruction judiciaire dont les anciens Grecs et Romains ont usé en accusa

sure que la Harangue et le Discours eri question parurent en iS'^o, et par conséquent lorsque celui qu'on y louait n'était pas encore roi de Pologne.

(E) Le Truite de la Puissance paternelle.'] L'auteur l'écrivit en français et en latin : un de ses compatriotes , nommé Jacob Frubert , le tra-

tions publiques, conféré a l'usage de duisit en italien (i i). Voyons ce qu'en

nostre France, est bon et curieux. Il "^ " ' " ■" " -.»..."

fut imprimé pour la première fois à Paris, en iSyS, in-8°. La seconde édition , qui est de Paris, en i588, in-4°' , fut augmentée de deux livres. La troisième fut augmentée d'un livre , à Paris , l'an iSgS, in-]". (7). Ainsi l'on- et quœ sequuntur : JVntum enim tihi vrage comprend quatre livres. Le qua- carmen est ; talis Petrus jErodius

dit M. Ménage: Egit cum J'ugitu'o Jilin tanqu'am cum absente reo , hoc est annotatione et programmate :

Qualis poj/uled nitriena philomela sub umbrâ Anussos querilur fœlus (12) ,

trième livre, qui traite des Procès faits au cadavre, aux cendres, a la mémoire , aux bestes brutes , choses inanimées , et conlumax , avait été imprimé à part, à Paris, en i5gi , in-8°. J'ai oublié de dire que son Traité de Decrelis Rebusi'e apud dit'ersos populos nb omni antiquitate judicalis , fut imprimé à Francfort, l'an i58o, sur la première édition. Les abréviiteurs de Gesner n'ont connu notre Pierre Ayrault que par cette édition d'Allemagne. Ils ont mal cru qu'il s'appelait Paul.

(C) Par intérim.] M. Ménage fait durer deux ans cet intérim : Et prœturce munere per biennium functus jErodius est (8) ; et néanmoins il dit

amissum filium insolabililer in scriptis suis queritur. f^ide quœso.... quos ipie qnestus fundat in libro tertio Ordinis jutliciarii, modo Jralrem Johannem jErodium, modo Rcnatumjilium competlans. Quis verà tam férus ac ferreus est , qui cùm querelas ejus légat in libella illo aureo , et tôt laudibus a Stcphano Pascnsio celebratn (i3), quem de Patrio Jure ad fugitivum Jilium contra jesiiitas scripstt , à gejnitu et lacrimis temperare pnssit?.... At non soins JErodius Jatuni suum gemuit , ingemuére et alii ; lege Slephiini Pascasii et Jnhannis Hodini (i4) e« de re ad Pelrum yErodium Epistolas. Lege Antonii Arnaldi ad\^ocati Parisiensis. .,. Orutio-

qu'Ayrault ne fut nommé à cette char- nem pulcherrimam , habitant in sena-

' tu Parisiensi , contra jesuitas , anno MDLXXXXiy (i5). M. Ménage a rapporté dans ses remarques ce qu'Antoine Arnauld dit là-dessus, et ce qui fut répondu par Pierre Barni, procureur des jésuites du collège de Clermont. La réponse va là, que les jésuites ne voulurent jamais recevoir en France René Ayrault , bien qu'il eust pour le moins dix-huit ans ; mais que , sans leur rien découvrir, il s'en alla en

(10) CVlail le 3o lie mai iS-j^.

(11 Menagii Vita P. Jîrotlii, pag. 28.

(12) Vligti. Geoigic. , lib. IF, vs. 5ii.

(i3) Korez la X'. Lettre du Livre XI' des Lettres de Pasquier.

(i4) !H. Ménage produit la Lettre Ae Bodin, pag. 242.

(i5) Ménage, Vita iErodii , pag. i"].

ge que le onzième de mai iSSg, et qu'Henri- le -Grand en pourvut un autre au commencement de l'année iSgo, ineunte anno iSgo (g).

(D) Sa Harangue a été imprimée avec te Discours , etc.] !M. Ménage n'a pas bien marqué le temps auquel ces deux pièces furent imprimées : il dit que ce fut en 1577, ^^ qu'alors le prince qui y est loué était roi de Pologne et duc d'Anjou. C'est dire assez clairement qu'il n'était pas roi de France :

(5^ In VitS P. iErotlii, pag. 18.

(6) Ibidem , pag. 27.

(7) C'est ainsi qu'il f nul traduire ces paroles de M. Ménage : Quem posle'a anno i.'iSS duobus libris et anno i.'>98 tribut auctiorem in eddem urbe publicanit. ^'ila Pétri iErodii, pag. 17-

(8 Ibidem , pag. 24.

(9) Ibidem , pag- 23-

AYRA

Allemuf^ne, où il futreceu (16;. Voyez la ieraan|iie (A) de Tarlicle suivant.

(F) Il eut quinze enf ans. '\ Nous destinons un article particulier à son fils aîné. Pierre Ayrault , son second fils, succéda aux vertus et à la charge de son père, et fut président en la sénéchaussée d'Angers, conseiller de ville, et maire. Il procura, en i6.j3 , une profession en droit dans Tacadémie d'Angers à Guillaume Bardai. La Harangue qiTil fit à .Marie de Mcdicis , mère de Louis Xlll , à Angers, le 16 d'octobre 1619, se voit au VF. tome du Mercure français. Il fut député à l'assemblée des notables convoquée à Rouen en 1617. Il a laissé postérité.

Jean Ayraolt, son frère, fut avocat au parlement de Paris. Guillaume Ay- RACLT, leur frère, religieux de l'ordre de Saint-Benoît, docteur de Sorbonne , eut beaucoup de part à l'amitié de Louis Servin , avocat général au parlement de Paris. Gcyonne Ayrault, l'une de leurs soeurs , épousa Guillaume Ménage , avocat du roi au présidial d'Angers. De ce mariage est sorti feu M. Ménage (17), l'un des plus doctes hommes de France.

C16 Ibidem, p. aSi.

(17) Ex Viiâ P. iErodii. Fora la CUation(g) de Cft article.

AYRAULT (René), fils aîné du précédent , causa un trèsgrand chagrin à son père. Il naquit à Paris le 11 de novembre 1567 , et fut donné à instruire aux pères jésuites (a). Pierre Ayrault les estimait alors et les aimait (b) , et n'aurait pas accepté de plaider contre eux pour les curés de Paris , comme il l'avait accepté en l'année i56/{. Ayant vu dans son fils aîné un esprit fort vif, beaucoup de mémoire, et plusieurs qualités aimables , il pria très-instamment le provincial des jésuites et le recteur

{a) Menagii Vita P .Erodii, pag. 245.

[b) Quos tune ipse et amaùat et magni faciehal .■ qiiin et eos focari Andegavum et ibi sedem habere aliquandà k'oIuH. Vita jErodii pag. 35. Voyez-en aussi la page 2l\'j , oii il cite Âyraull au livre lH de son Ordre judiciaire.

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