TOME I
Kl A.
qu'il s'appelast auparat^ant Sans -Malice, eust mieuj fait de quitter ce nom féminin 'AKa.Kict, pour en prtndre un plus masle et qui eust du rapport a Ana.Kio;, Acacius , mots usilez parmjr les Grecs et les Latins. Qui est-ce qui ne se mocqueroit de la simplicité ou bestisc de celui qui,afant pour nom de famille , Pelé , ou Vertueux , lourneroit son nom en grec , et s'appelleroil 'KhceTTiKla. , ou "AfêTii' ? Ces raisonslà sont très-faiblis. On peut avouer, quant à la seconde, que dans Tordre il fallait écrire, ou Acacia, ou Akakia; mais je pense qu'eflèctivcraeut cet habile médecin signait de la dernière manière. A Tégard de l'autre raison , il est facile de voir que le père Labbe ne dit rien qui vaille car le nom masculin 'Akxxioç ne répond pas aussi juste que le féminin 'AKaxi'o. au mot français sans malice.
La comparaison de pelé ou i^'ertueux , est hors de propos, puisqu'il est certain que Sans-Malice n'a point la nature d^un nom adjectif, et que si un homme qui,auiait porté le nom j^p-ec- Peliire, eût voulu le gréciser, il eût dû prendre celui de Synulopecia plutôt que celui de Synalopecius.
(C) // publia dii'erses choses sur Galien.1 II publia, en i538*, une traduction latine des deux livres de Galien de Ratione curandi, et J'accompagna d'un Commentaire (5).
Après cela , il traduisit ï'Ars Medica , quœ et ars parva , du même Galien. Cet ouvrage fut imprimé à Lyon, en i548. Il est aussi l'auteur d'un livre imprimé à Paris, Tan i555, sous le titre de Synopsis eorutn quœ quinque prioribus libris Galeni defacultatibus simplicium medicamentoruin continentur.
(D) Un de ses descendons se mêla d'autre chose que de nudecine.'} Une lettre de Guy-Patin, datée du 33 juillet 1664 1 contient ces paroles : « Le )) roi a fait mettre à la Bastille le » frère de M. Akakia, notre collègue, )) pour avoir écrit quelque chose qui a » déplu à M. le prince. Il avait été y> employé , il n'y a pas long-temps, » pour le mariage du duc d'Enguieu , i> et avait été secrétaire de l'ambas-
* Quoique n'*a)'anL été imprimée qu'yen i538, ceUe traduction est de \5i2, comme leprouic Julr après Leclerc.
(5) Gcsner. m BibliolU. , folio 5oo.
338 AKAKIA.
i) sade tle Pologne. » Tout le monde a kia , Gidlus Catalacnensis , medicinœ su les plaintes qu'un ami de la maison doctor et prnj'essor Luletice Paris. d'Autriche , déguise sous le nom de Après quoi il donne le titre de quel-
Stanislaiis Lysimachus , eques polo nus , publia en i683 contre les intelligences que la France entretenait avec le comte de Tëkéli, parle moyen d'Akakia et de du Vernai-Boucauld.
Je viens de lire , dans un imprimé qui a pour titre , Journal d'Amsterdam (6) , que ce même M. Akakia eut beaucoup de part aux intrigues qui tendaient à faire tomber la couronne de Pologne sur la tête du duc de Longueville , par la déposition du roi Michel. On assure dans ce Journal que Tempereur en avait fait faire des plaintes au roi de France , et qu'il avait nommé , entre autres , M. Akakia comme un des principaux conducteurs de cette affaire : que M. Akakia fut mis à la Bastille ; mais qitil n'en eut que plus d'attention h l'intrigue qu'il m'ait commencée, et plus de loisir pour entretenir les correspondances
ques livres dont Akakia de Châlons est véritablement l'auteur. Si l'on avait su que Brissot , dont notre Akakia fut disciple, n'était plus en France l'an iSig, on n'aurait pas allongé la vie de ce disciple jusqu'à l'année i6o5 , ou bien on aurait dû dire quelque chose d'une vieillesse aussi extraordinaire que l'aurait été celle-là. Ce qui a pu tiomper l'auteur du Diarium est qu'en l'année i6o5 il mourut un médecin qui s'appelait Akakia- Il était petit-fils du disciple de Brissot. Guy- Patin en parle de cette manière avec sa liberté cynique : Deux docteurs de notre compagnie travaillèrent à l'Apologie de Théodore Mayerne Turquet ; savoir, Seguin notre ancien, qui a toujours porté les charlatans , et son beau-frère Akakia , qui mourut , l an i6o5, de la vérole qu'il avait rapportée d'Italie , où il était allé avec M. de
qu'il avait liées : que ses lettres et sa Béthune , ambassadeur h Rome (9). Si
négociation allèrent toujours leurtrain, notre Martin Akakia eût pu gagner un
nonobstant cet emprisonnement , et tel mal au temps de cette ambassade ,
que l'afl'aire fut si avancée , qu'il n'y il aurait été , sans contredit , le plus
eut que la mort de M. de Longueville vieux paillard de l'Europe.
(-;) qui en empêchât l'exécution. Les ,,„ . ^ T^rrr , ■ < ,,
médailles étaient déjà toutes prépa- (9) P^iity.-LetUeVIII de la première ediuon.
rées. Ce second emprisonnement de it/- àtt-ta /ht v r« • •
M. Akakia ne dura que cinq ou six AKAKIA ^Martw), Pansien ,
mois , s'il en faut croire une personne fils du précédent , fut reçu doc-
que j'ai consultée depuis la lecture de teur en médecine de la faculté de
ce Journal. Cette personne m'a dit de p^^^^ ^ y^^^ ^5^^ Tristan de Ros-
plus que M. Akakia eut tant de joie de se voir choisi pour aller fomenter les troubles de la Hongrie , qu'encore qu'il fût bien malade, il se trouva bientôt assez de santé pour partir. N'osant prendre la route d'Allemagne , il s'en alla en Angleterre , où il s'embarqua pour la Suède , d'où il se rendit par mer à Riga , et de là en Pologne , où il est mort. C'était un homme d'intrigue, et qui agit vivement pour la conclusion de la paix d'Olive
taing , chevalier de l'ordre , et Amiot , évêque d'Auxerre , se rendirent ses patrons (A) , et lui firent donner par Charles IX , en 1674 » la charge de premier lecteur et professeur royal en chirurgie. Quatre ans après , il devint second médecin de Henri III (a). Comme il se plaisait à
(E) Ceux qui ont mis sa mort h l'an- porter des leçons fort étudiées
née i6o5 se sont abusés.l C'est ce qu'a j^ns les écoles royales , et que
fait l auteur du Diarium Biosrapni- 1 1 • •. 1 j
(8)5 car voici comme fl parle ^ela lui prenait beaucoup de
cuni (o; 5 car voici comm
sous cette année-là : Martinus Aka
(6) Il a paru au mois de septembre i6g3.
(7) Il fut lue au passage du Rhin, le 12 de juin 16*; 2.
(8) Ilenningus Wilte , professeur à. Riga , en Hvonie.
temps , il craignit que la visite des malades et les fonctions qu'il lui fallait faire à la cour ne fussent un fardeau trop pesant pour
(rt) Voyez la remarque (A).
AKAKIA. 33i)
lui ; de sorte que , pour ne pas le recueil de pareils ouvrages , succomber à tant de peines, il se que Scholzius fit imprimer à démit de sa chaire de professeur, Francfort , en i5q8. Il y a beausous le boa plaisir du roi , entré coup d'apparence qu'Israël Spales mains de Jean Martin , hom- chius a cru que les deux livres
me très-capable de cette charge , comme ses écrits le témoignent (B). Mais ce Jean Martin , ayant bien considéré qu'elle serait incompatible avec ses autres affaires s'il la voulait remplir eu couscience, la rendit à Martin Akakia. Celui-ci disposa tout aussitôt
de cet emploi en faveur de Pierre manuscrit. Spachius savait en gé Seguin, son beau-fils, et mourut néral que Martin Akakia l'avait
de Morbis muliehribus étaient un ouvrage du disciple de Brissot. C'est lui sans doute qui mit au XxXve^Marlini Akakiœ,Medici Regii, et in imiversiiale Parisiensi professons înedicinœ doctissimi, etc. L'ouvrage n'avait jamais été imprimé ; il courait en
fort peu après, l'an i588, à l'âge d'environ quarante-neuf ans. Il laissa deux fils dont je vais parler, et une fille qui fut mariée à Pierre Seguin , l'un des plus doctes médecins de la faculté de Paris , et qui exerça la profession de son beau-père dans le collège Royal, depuis l'an i58S, jusques en iSgg. Le traité de Morbis muliehribus , et les Medica de notre Martin, ne sont presque connus de personne que sous la fausse supposition qu'ils viennent de la même main que les traités de Martin Akakia de Châlons. Je n'ai point vu de bibliographe qui distingue les écrits du père d'avec les écrits du fils :
on attribue les uns et les autres à Mai tin Akakia Catalaunensi.
J'y aurais été trompé , aussi-bien que M. Moréri , si je n'eusse recouru aux lumières de quelques amis (C). Les deux livres de Morbis muliebribus ont été insérés dans le recueil qu'un médecin nommé Israël Spachius fit imprimer à Strasbourg , en i5g- , de divers traités touchant les maladies du sexe ; et pour les Consilia medica , on les trouve dans
fait , et il crut bonnement que cet Akakia était le même dont le public avait déjà vu des livres ; ainsi , il lui donna les qualités de r Akakia de Châlons , et non ijas celle de professeur royal , que l'auteur se serait donnée , s'il avait publié lui-même son livre.
^ ^ (A) Tristan de Rostaing et Amiot
CÔnsïlia /'""^"^ *^* patrons.'] Oa n'en saurait donner une preuve plus convenable que les paroles que je vais citer d'un panégyrique de Henri UI ; p^ix dùm ( c'est Martin Akakia qui parle) igitur in publicd professione , qud nos Carolus rex christianissimus , Tristaiido Rostagnio équité torquato forlissimo, et Jacobo Amjoto Allissiodorensium episcopo de nobis rejerentibus , cohoneslauerat , quadriennium coniplet'erarjius , ciirn tu nos inter tuos niedicos allegisti et conscripsisti. Ce panégyrique fut imprime à Paris, l'an 1 578 ; en voici le titre : Martini Akakiœ , 'egii et medici et projessoris , ob suant in ordinem regiorum niediconnn cooptationem , panegyricus , Uenrico f^alesio régi christianissimo dictas.
(B) Les écrits de Jean Martin témoignent sa capacité.'] Fiene' Moreau a eu soin de faire imprimer deux ouvrages de cet auteur : Prœlectiones in libruni Hippocratis Coi de Mnrbis internis , à Paris, en 1687 ; PrœlecliO' nés in librutn Hippocratis Coi de Aëre , Aquis, et Lacis, à Paris, en i6.|6. 11 a rais l'éloge de l'auteur à ia
tête du pi-emier. On voit à la tète du second quelques vers latins d'Antoine Mornac, à la louange du même Martin , qui fut l'un des commissaires à la fameuse conférence de du Perron et de du Plessis.
(C) J ai recouru aux lumières de quelques amis.'] M. le professeur Drelincourt a en la bonté de m'apprendre que Martin Akakia, auteur du Traité de Morbis niuliebribus , cite non-seulement Feruel et Amatus Lusitauus, mais aussi l'ouvrage de Scalis,ex contre Cardan, et la Cosmocritice de Corneille Gemma. Fernel dédia ses livres à Henri II , qui ne commença à régner qu'eu i547- Amatus Lusitanus composa sa 11*^. centurie (i) à Rome , l'an i55î (2); à Pvorae, dis- je, où le pape Jules IJI l'avait appelé. Le livre de Scaliger contre Cardan ne fut imprimé qu'en 1557. ^elui de Corneille Gemma fut écrit à l'occasion de l'étoile de l'an i^'ji, et ne fut imprimé <ju'en 1575. 11 faut donc que ce Martin Akakia ait été en vie l'an i575. Les xemarques de M. Dreliucourt , que l'on -vient de lire , le prouvent manifestement. Or, comme j'avais lu que Martin Akakia était professeur royal en médecine dès l'an 1577 , et que Pierre Seguin fut mis à sa place le 20 de septembre iSq^ (3), je souhaitai de savoir ce que Guillaume du Val a dit làdessus dans son Catalogue des professeurs du collège Royal, Je l'ai su par le moyen de M. Pinsson des Riolles (4) , qui a pris la peine , le plus obligeamment du momie, de ra'envoyer plusieurs particularités concernant les ylkakia. Il m'a fait savoir, entre autres choses, 1°. que Martin Akakia , de Châlons, médecin de François P"". , mourut l'an i55i. De ce fait, et des remarques de M. Drelincourt , il résulte nécessairement que l'auteur du livre de Morbis niuliebribus n'est pas Mnrtin Akakia Catalaunensis ; 2°.
qu'il est bien vrai que Pierre Seguin fut pourvu dès l'année i588 de la charge de lecteur royal en cliirurgie, par la démission de Martin Akakia son beau-père 5 mais qu'il eut besoin
(i) C'est celle ou'Alalia cUe, sans la désigner; mais ce qu d ciie se trouve Ceatur. II Curatione XXXIX , pag. 187.
(2) Il le dit lui-même , pag. 236.
(3) Antiquités de Paris de du Breul , pag. 568.
(4) Afocat au Parlement de Paris.
KÎA.
de prendre de nouvelles lettres l'ai'?
1594. En voici la raison : pendant les guerres civiles le nombre des lecteurs Toyaux se multiplia beaucoup plus que la fondation ne portait j plusieurs personnes avaient obtenu subrepticement les provisions de cette charge.
Henri IV cassa une partie de ces lecteurs en 1594, et redonna de nouvelles lettres à ceux qui furent retenus. Pierre Seguin fut de ceus-ci. Voilà pourquoi sa promotion a été marquée sous l'an iSg^ par l'auteur des Antiquités de Paris ; mais , si cet auteur était exact, il ne se contenterait pas de dire que Pierre Seguin fut mis à la place de Martin Akakia le ao de septembre i594. Il craindrait de faire juger à ses lecteurs que Martin Akakia mourut cette même année , et que Pierre Seguin commença alors d'être professeur royal. Or, quiconque dirait cela débiterait deux grands mensonges.
AKAKIA (Marto) , fils du précédent , fut reçu docteur en médecine à Paris , le premier de sa licence, en i5g8. Il devint professeur royal en chirurgie l'année d'après , par la démission de Pierre Seguin , son beau-frère {a). Il fit un voyage à Rome, et mourut de maladie à Paris , sans laisser postérité, l'an i6o5.
Il est enterré avec son père , à St. -Germain de l'Auxerrois. Son frère Jean Akakia, promu au doctorat en médecine , à Paris , le premier de sa licence , l'an 1 6 1 2 , lut médecin de Louis XIII , et mourut en Savoie, l'an i63o. Il laissa plusieurs enfans (A).
(d) Il se démit de sa charge, ayant été fait lecteur royal en médecine, le lo septembre 1599 , par la démission de Jean Durel.
(A) Jean Akakia laissa plusieurs enfnns.] 1°. Martin Akakia , professeur royal en chirurgie (i) , qui se démit de sa charge en faveur de Mathurin Denyau, et mourut quelques au-
(1) Il Ve'iail déjà lorsque Guillaume du Vol publia son Catalogue, en j644'