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recteur à Reims, à Dijon , à Sens, à Dôle , à Besançon ; il fut assistant du provincial , et procureur de la province de Champagne , et puis de celle de Lyon à Rome.
Enfin , il mourut à la Flèche , le i8 de décembre 1644 (g). Son père , par acte passé devant notaire et témoins , le priva de sa bénédiction , l'an i ôgS ; mais il ne persévéra pas dans sa colère jusqu'à sa mort , car on trouva parmi ses papiers un écrit oii il lui donnait sa bénédiction (C).
{g) Ex Vitâ P. jEiodii. Foj-es la Citation {g) de l'article précédent.
(A) En Lorraine , en Allemngni; , et en Italie.'] Antoine Arnauld , dans son plaidoyer de l'an i594, exposa que les je'suites avaient soustrait René Ayrault dès l'dge de quatorze ans , et qu'ils le tenaient en Italie et en Espagne. Il ne paraît pas qu'on lui ait jamais fait voir TEspagne (i) j et il li'e'tait guère loin de sa dix-neuvième année quand il prit l'habit de jésuite.
(B) On aima riiieux que Richeome.. .
réjutdl l'ouurage de Pierre yljrnidt.l Sa réponse n'a pas été imprimée, non plus que celle de René Ayrault : Quia indecorum visuni est adi'ersiis parentes scriberejilios , proliibitus est h rectoribus suis responsionern fulgare. Igitiir id aggressus est Ludovicus Riclieomus... qiiod me docuit priuata ipsius Renati yErodii ad ipsuni Richeomum Epistola, cujus exemple r, quœ sua est humanitas , misit ad me Rom cî Pet rus Possinus presbytersocietatisJesu doctissimus , idenique jesuiticœ historiée scriptor celeberrimus. Sed neque responsionern suatn wulgavit Richeomus :
quâ de causa nescin (^2).
(C) Son père laissa un écrit où il lui donnait sa bénédiction.'] Il était signé de sa main , et contenait ce qui suit : Dieu doint sa paix , son amour et sa grâce à mon fils René Ayrault.
Je lui donne ma bénédiction , au nom du Père , et du Eils , et du Saint-Esprit. Et je lui pardonne tout ce en
(i) fïi'panittm quoque petiisse faho creditutn est. MenagiiVita P. >Érociii, pag. 'i-.
(2}Menag. , Vita P. ^rodii, pn^. 3g.
quoy il peut m'tn'oir offensé. Et je prie Dieu l'assister de son bennist Saint-Esprit, quelque estât ou l'ucation qu'il puisse entreprendre (3j.
(3) Menag. , Vlta P. jErodii , pag. a5n.
AITZEMA (Léon d'), gentilhomme de Frise, né à Doccum , l'an 1600 , a été conseiller des villes anséatiques , et leur résident à la Haye. 11 a compilé une histoire des Provinces - Unies , qui a eu beaucoup de débit , et qui est d'un grand usage à ceux qui sont employés aux affaires politiques , car on y trouve mot à mot les traités de paix , les instructions et les mémoires des ambassadeurs , les lettres et les réponses des souverains , les capitulations des villes et autres actes publics, chacun en sa langue
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dilFere point de l'historien dont je parle dans cet article (c). Léon d'Aitzema mourut à la Haye , le 23 de février 1669, aprësy avoir exercé environ 4o ans la charge de résident des villes anséatiques qui lui avait été procurée parFop- PILS d'Aitze>ia , son oncle , résident de Hollande à Hambourg (C). Notre Léon était uu fort honnête homme , officieux , affable , libéral envers les pauvres , et très-versé dans la politique. Il parlait plusieurs langues, l'allemand , le français , l'italien , l'anglais. Son père était secrétaire de l'amirauté de Frise {d).
Il ne sera pas inutile de remarquer qu'on a déjà vu trois volumes in-folio de la continuation d'Aitzema : le premier s'étend
originale, et puis traduit en fia- ^^P^^^ ^^^9 jusqu'à 1679; '^ semand. C'est en cette dernière coud depuis 1679 jusqu'à 1607;
langue que cette histoire est écrite. On en a fait deux éditions (A). Quoiqu'elle soit jjrincipalement considérable à cause des pièces authentiques que l'auteur y a ramassées avec beaucoup de patience et d'application , je ne voudrais pas juger du reste comme a fait M. de VVicquefort (B).
J'ai ouï dire que cet historien a parlé d'une manière désintéressée de ce qui regarde les disputes de religion. M. Arnaud l'a cité pour une chose qui n'est pas trop avantageuse aux protestans {a).
Valère André parle d'un Léon Aetsma, Frison , qui fit imprimer ses vers latins de jeunesse à Franeker , l'an 161 7 {b). Quelques-uns croient que ce poète ne
{a) Voyez /'Apologie pour les Catholiques, part. II, pag. 267.
(6) Valer. Andr. Bibliotheca Belgica, pus-
et le troisième depuis 1687 jusqu'à 1692 (e). Un ministre nommé AiTZEMA , a écrit en Hauiaud sur les Sibylles.
(c) Konig. BiLlioth., pag. ic).
(d; Elle résidait alors à Dnccum • présentement elle resiile à Harlingen.
(e; Ces t-olumes sont imprimés à Amsterdam ; le premier en 1 685 , le second en it)88 , et le troisième en itigS-
(A) On a fait deux éditions de son kistoire.lLa première comprend quinze voluiues in-4''. , qui ont été imprimés Tua après l'autre : le premier on 1657 , et le dernier en 1671. Le premier commence à la cessation de la trêve qui avait été conclue par les soins de Henri-le-Grand entre l'Espagne et les Provinces-Unies , et s'étend depuis Tannée 1621 jusqu'à l'année 1625. Le dernier comprend l'histoire de l'an 1668. La seconde édition est en sept volumes in-folio , qui ont été imprimés en 1669 ^^ ^° 1671. Le dernier de ces volumes contient une table générale des six autres , avec la Ilelalion de la Paix de Munster, et un traité qui a pour titre le Lion rétabli ,
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et qui est la naiTalion des choses qui se passèrent dans les Provinces-Unies en i65o et en i65i , par rapport à quelques charges importantes dont la vacance fut remplie. Ce traité avait déjà paru Tan iGSî, in-4°La Relation de la Paix de Munster avait été imprimée en latin l'an i654-
(B) Comme a fait M. de Wicquefori.'] Cest d'Aitzema qu'il parle dans les paroles que l'on va lire : <( L'histoi- » re , ou le récit des affaires d'étal et î) de guerre^ qui a été écrite en Hol- 3> lande , en quatorze ou quinze volu- 3> mes , contient plusieurs traités , ré- 3) solutions , et autres pièces authenti- :» quesj de sorte qu'elle peut servir M comme d'inventaire à ceux qui ■)> n'ont point d'accès aux archives de 3> l'état; mais ce que l'auteur y a 3) ajouté du sien ne vaut pas la gazet- 3) te , de quelque façon qu'on le puisse 3) prendre. Il n'a point de style, son 3) langage est tout-à-fait barbare , et 3) ce n'est qu'un chaos que tout le 3j composé de son ouvrage. Cela lui est 3> commun avec la plupart de ceux 3) qui , en ce pays , se mêlent d'écrire j) l histoire sans ordre et sans permis- » sion, et presque toujours sans juge- 3) ment et sans vérité (i). m Avouons que ce jugement est bien sec et bien désavantageux , et qu'il choque bien des gens.
(C) FoppiTJs d'Aitzema, son oncle , résident de Hollande h Hambourg.'} J'ai trouvé un endroit qui le concerne dans l'un des volumes de M. Pufendorf. J'y ai vu qu'en i636 ce Foppius, envoyé des Provinces-Unies à l'empereur , assura dans Ratisbonne , que Salvius lui avait écrit que les Suédois voulaient commencer à négocier la paix à la cour de Vienne , et que Salvius nia cela (î). Néanmoins Foppius s'empressait extrêmement à négocier la paix : mais la Suède ne le crut point propre à un tel ouvrage ; et l'on trouvait ridicule qu'il se fîtdefête pour un tel dessein , et surtout quand on songeait que depuis qu'il était passé dans la communion de Rome , il employait toutes sortes de moyens à s'insinuer dans les bonnes grâces de l'empereur. Nec Ailznia idoneus lan-
(i) Wicquefort, de l'Ambassadeur , loin. /, ■pag. i^î- J^oyei aussi la pagf 446-
(i) Pufendorf , de Rébus Suecicis . llb. IX. pag- 296 , "wn. 53 , ail ann. 1637.
KTA.
tœ rei autor habebalur , omnibus qui hominem norant irridontibus , quod iste heic se in^erere non dubiiaret ; quem prœsertlm post suscepta sacra Romana graliœ Cœsaris omnibus modis adrepere constabat (3),
(3) Idem , ibid.
AKAKIA (Mart^), professeur en médecine , dans l'université de Paris , au XVP. siècle , était de Châlons en Champagne (A). Il s'appelait Sans-Malice * ; mais selon la coutume d'alors, il changea son nom en celui â^Akakia (B), qui signifie en grec la même chose que Sans-Malice en français. Il le transmit à ses descendans qui l'ont toujours porté jusqu'à cette heure. Il fit desprogrès considérables à Paris, sous le professeur Pierre Brissot {a) , et apprit de lui la plupart des choses qu'il publia ensuite sur Galien (C).
Il fut reçu docteur en la faculté de médecine de Paris , l'an i526.
François F""., dont il fut l'un des principaux médecins , le considéra beaucoup Je ne sais point en quelle année il devint professeur en médecine ; mais il l'était au temps que Gesner publia sa Bibliothèque , c'est-à-dire , l'an 1545. Il mourut l'an i55i. Il avait pris pour armes, de gueules à la croix d'or accompagnée de quatre cubes aussi d'or , avec cette devise : Quœcunque ferai fortuna , ferenda est; Faut supporter fortune^ quoi quelle apporte.
Il prit pour femme Marie Chauveau , veuve de Silvain de Monthelon , et en eut un fils , qui fut
* Leclerc doute que Sans-Malice fut le nom de la famille d'Âkahia. Goujet qui, dans son Mémoire sur le Collège royal de France, toin. III , pag. 37 , cite les JRecherches sur l'Origine delà Chirurgie, rapporte que l» vrai nom d'Akakia était Malice.
{a) Moreau , in Yilâ Brissoti.
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professeur en médecine , comme l'on va voir. Presque tous ses descendans ont marché dans la même route ; mais il s'en est trouvé un qui s'est mêlé d'autre chose que de médecine (D). Ceux qui ont mis la mort de notre Martin Akakia à l'année i6o5 , se sont étrangement abusés (E). Marot a parlé de lui avec éloge : ce qu'il en a dit a été cité par M. Ménage {b).
(b) Méaage, Orig. de la Langue Françaiie,
(A) Il était de Châlons en Champagne.'] M.- Moréri , n'ayant pas entendu ce que veut dire Catulaurtfnsis, a cru bonnement qu'Akakia était Catalan. // etail ds Catalogne , dit-il j et , pour comble de méprise , il nous renvoie à Quensted , qui a marque' positivement que ce médecin était de Châlons , fille dont l'éfêque se dit comte et pair de France (i),
{^) Il s' appel ail S ans- Malice; mais... il chaiigeason nom en celui d'Akakia.] C'est ce que témoignent René iVJoreau dans la Vie de Sylvius , et Gabriel Naudé , dans son Jugement sur Augustiu ^ipbus {1). Voyez aussi la Mothe-le-Vaïer, à tapage 277 du XIl*".
tome de ses OEuvres ^ et M. Ménage , dans les Origines de la langue française (3). Le père Labbe croit que tout cela n'est qu'un ex post facto, ou allusion gentille faite après coup , ou Lien un sobriquet qu'on lui aurait donné , et qui aurait ensuite passé en nom de famille (4). Il se fonde sur deux raisons : la première est qu'AV.5txi'a signifie, non pas un homme éloigné de toute malice; mais l'éloignement de la malice. La seconde est que ce médecin de François !*■■. aurait écrit Acacia , ou Akakia, s'il avait pris un nom métamorphosé de la langue grecque. Pour confirmer la première, il ajoute que ce médecin, s'il est urui
(1) Quenst. de Paliiis Viror. Eruditoram , pag.il.
(2) Au feuilUl O iij. *
(3) A la page 4 de l'édition de Paris, en i(394, in folio, [ou page 6 e'dil. de i^So]
(4) Labbe , Etymologics des mots français , pai;. 10.