‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 13 sur 113 · ANDRADA · texte numérisé non relu

ANDRADA

pas loin sans trouver nn exeniple de où le roi Sébastien l'avait envové

ce que le ms. Les querelles de M. Des «„„,ri,û i'„., ,i , .1 » ■ -^

Alarets it de M. VoèMus furent extrê- ^°°^"J^ \" " ^'f «es théologiens

mement violentes, et durèrent ])rès (^/'- ^' P^'^'^ha devant l'assemblée

de trente ans , tout autant que la le second dimanche après Pâ—

guerre d'Allemagne, qui finit à la ques !i562. I! ne se contenta pas

pa.x de Munster ... des services qu'il rendit en ex-

(C) Des Murets ne put jamais de- ■• . , ^ ., " ^-^

terrer son vrai nom. ] Il y employa P'jqu^'"»t 'es matières sur quoi

inutilement SCS conjectures , et les re- on le consulta, il voulut encore

cherches de ses amis; de sorte que, se employer sa plume à la défense

lassant d'une chasse si infructueuse, Jes canons de ce concile C'est il prit le parti fie laisser son adver- ,1 /.. i ,,

saire sous le masque. Qids sil ilie lar- ^^ 4"'.' "^ dans 1 ouvrage qui a

fatus Petrus ab Andlo , Batavus... ut pour titre, Oithodoxarum Ex-

nei: hartmùs conjectura assequi, nec plicntioiium Lihri X [b). Il ré-

ainïcoruinàdïiientiârescirepotui- lia ^^^^^ x^ g,^ particulier à un écrit

nolo iinip'tus inqiurere. Voila comme ^ ^,, 4 . i ,- ,

il parle au commencement de son 4"^ themnice avait publie con-

C/rpcus orlhodnxiœ. Ses amis, rëpau- tre la doctrine des jésuites (A) ,

dus partout, et faisant envers lui les avant la clôture du conci'e de

bons valets avec plus de zcle que de Trente : etcomme Chemniceprit discerm ment , comme il arrive près- . 1 p ■ l^»>t

que toujours à ceux qui passent pour ^'^"*^ occasion de iaire un très-

le H(=au'd<'s novateurs, lui firent ac- gros ouvrage qu'il intitula, Exa-

croire qu'il y avait en Zcëlande un mi- men Concilu Tri dent i ni , An-

nistre nomme Pet' ui a^ -'i^W/o, marie' dr;if]nis; «p r•1'n^ nKlinr^ A^

, , ^,, , ^ '• Il ui- .1 urauius se ci ut oblige de niain-

a la uUe de Cocceius. Il publia cette . • . o, . ^"'""

nouvelle à telle fin que de raison 5 mais ^^^^"^ «^" premier écrit contre

ayant siirjuelegendredeCocce'iuss'ap- ce docte adversaire (B). Il com-

pelait Anselaer, il lui fit faire ses excu- posa donc un livre , que ses deux

ses : Apud R. D. Anselaer cara.i me fj-j^j-g, publièrent après sa mort

lioncsleexcusan quoilid. nuni exciitis- • t- 1 i> 1-0

set ex relaiione hnnesti cujusdam R. ^ L,lSbonne , i an 1 Snb , et qui a

firi, etiani in Girtesianismum.... pro- pour titre, Defensio Tridenlinœ

ninris , cui non erat cur nhro asserenti fidei CathoUcœ quinque libris

ûdem detrectarem (3). Il dit fiuelque '/^,^,l,,,«^7,^,.„^ „j . • 7

part que le bruit courait que trois ' , . -ni-'cti

personnes avaient travaille à la de- '^''"'"^ Calwnnias ,et prœserlïm

fense de Wittichius, et qu'ils avaient Martini Kemnitii. Ces écrits

publié leur travail sons le feint nom d'Andradius ont été réimprimés

de Peerws ai ^mW» (4). Nous verrons T^lneifin-i fi-^'c /^1 ^* ,^

■ ^T m • m D 11 i i I pnisieuis rois f cj , et néanmoins

SI M. rlaccius ou M. Baillet seront plus . • - r» ■ t.^

heureux que moi à démasquer ce pseu- ^P"* «^ '"^^'^s a Pans , que M. Pel-

dony me, que je crois être Régnier de Iisson ne put les trouver dans

Mansvelt, professeur en philosophie toute la rue Saint-Jacques (C).

à Utrecht *. jl ^Y 3 g^j^j,g d'auteur catho-

(3) vindic. vindiciarum, pag^. 6. Hque qui ait été plus cité crue

(4) In Judicio de Theologiâ Pacificâ Wlui- ^ «hii.

' Dans Placcius (f- idj, «) on rapporte [a) Palavic, Hist. Concil. Trideut. lih les propres paroles de Baye, sans indiquer XIX , cap . XVI , num. n . 1 auteur de louvrage dont il s agit ICI. ,i\^ , '

Ib) Imprime à Colof-ne, en 156^. Le prc-

ANDRADA (Diego de payva d') rt.r^^r';::;^:::/^^:^:^^:^

en latm Andradius , savant por- ^1°"^ en 1565. Du Veiditr, BibhoiL. Fwu-

tugais, natif de Coninabre, se ?-;<;• ^«^^^266.

signala dans le concile de Trente , ,„i, / ^i'^S^.'"'""' '*'''''''• '''^="-

8o ÂNDRADA.

lui par les protestans : c'est à rnier écrit contre ce docte adi^ersaire. ]

cause qu'il a soutenu des senti- Cet éloge est dû à Cbemnice -et.dans

^ ^ , , , . Je tond , 16 ne dis pas plus de bien de

mens un peu outres sur le salut j^^^^ f,„e don Nicolas Antoine. Il sem-

des philosophes païens. Il était ble d'abord que ces paroles de i'écri-

prédicateur : on a publié ses 5'er- vain espagnol, cui cùm reposuisset

liions en trois parties , dont la profllgaus^imus hœreticus Ubrum in

-, ' ' 1 • 1 quo erai'issimas aaui;r),us unwtrsalem.

seconde a ete traduite de portu- ecdesiam conlumdias intorquebal ,

gais en castillan par Benoît de descemlere denub in campum sibi

Alarcon (d). La Bibliothèque opus esse Pau'a uidit, ut immanent

des écrivains espagnols ne parle hoste"itotis.'iribusprofiigaret, soient

, ^ '-' /T\^ extrêmement desobligeantes ; mais,

point de tous ses ouvrages (D). ^^.^^^ Q^ies pèse bien, on les trouve

On a donné bien des louanges à propres à inspirer de la vanité à

Andradius (E) : on les trouvera Chemnitius. N'est-il pas bien doux

dans les remarques. ?^ se voir traite comme le Goliath et

T- le rolypheme de son parti , par ceux

{d) Ex Nicolai Antonii Bitlioth. Hispan., du parti contraire , lorsqu'on croit

toin. /, pag. 236. d'ailleurs soutenir la bonne cause ?

(A) llrépondit a un écrit de Cheni- (C) IH. PelLissonne put pas trouver nice contre la doctrine des jésuites. ] ses ouvrages dans toute la rue Saint- Un ministre luthérien , qui a fait l'é- Jacques. ] Un récit sur ce sujet ne déloge de Chemnitius, s'exprime de plaira pas aux curieux. M. Leibnitz, cette manière : Brève quidem , sed dans ses remarques contre les réneri'osum scriptum, durante adhuc flexions sur les diOérens de la reliconcilio Tridentino , jesuitarum theo- gion (3), allégua entre autres choses, logiœ opposuit , ciijus Opusculi ciim qu'Andradius a t'ait un livre intitulé , andradius Lusitanus in se suscepis- JLxplicationes orthodoxœ de conlroset refutationem , Chemnilio occasio- uersis religionis capitibus, où il enfiem subministrai-'it conscribendi in- seigne en ces propres termes , que les signe illud. . . 0/)«i, <7mo(/ Tridentini philosophes qui ont employé toutes concilii examen nuncupafit (i). J'a- leurs jbrces pour connaître un i/rai joute à cela un passage d'Eisengrei- Dieu , et pour l'honorer religieusenius , parce qu'il paraît fournir une ment, ont eu la foi qui fait i'ii're le petite matière de critique. Cet au- juste. ...-^ que ve serait la plus grande teur prétend qu'Andradius a fait des cruauté du monde ( neque immanitas merveilles contre les hérétiques dans deterior ulla esse potest ) de condamnes explications orthodoxes , et sur- ner les hommes aux peines éterneltout contre Chemnitius : Prœsertïm les, pour auoir manqué d'une foi a contra Martini Kemnitii petulantem laquelle il n'y avait pas moyen de audaciam, qui coloniensem censurant, pan'enir (4). M. Pellisson répondit quant a viris societatis Jesu coniposi- â'ahorà , qu Un avait jamaisvu cet autant esse ait, una cum ejusdeni sanc- teur, et qu'il le chercherait par ciiriotissimœ societatis uitœ ratione tenierè site, quand il serait à Paris (5). Quelcalumniandam suscepit (2). Nicolas que temps après, il fit savoir qu'il avait Antonio, après avoir cité ce passage , cherché avec soin le livre du docteur censure Eisengreinius d'avoir cru portugais Payva Andradius ; « Mais , qu'Andradius était jésuite : Hœc ille , « rjouta-t-il (G), ce n'est pas une peàil-il, Jàlsus saltem in eo quod Andra- )> tite affaire que de le trouver à Paris. dam nostrum ununi ex jesuitico soda- » La rue Saint-Jacques ne le connaît lilio credidit. Si cette censure n'a «pas: les bibliothèques les plus nompas tl'autre fondement que les paroles » breuses ne l'ont point , non pas

2 ue don Antonio a citées, je la crois „, „, , ■ „ ,. , ,, „ „•

' •' (3) C'e.tt le Utre d'un livre de M. Pellisson.

'"/^?^' ^ T T • .• a) Vori-T, le Une de M. VeWisson, intitulé

{h) Andrada maintint son pre- ae la Tolérance .l,s Ildigions, pas- 19. Il f»».

(.1 .Spii..|i,is , in Tcmplo Honoris , pn?. /,. <>";"■"«,•'« l'nri., V„n .(ig,,

(a) Iii CaUlogo Test. Vcrilatis, apuù Nicol. (>) ^« nicme , pag. 71.

Anton. Bibl. Uisp. , tein. I, pag. a'iS. (0) Là même, pag. 83.

» même celle des je'sultes , ce qui est de Conciliorum autorltaie , dont Pala 3> remarquable, parce qu'il a écrit en vicin a cite' le i'"'. livre (o).

leur laveur. A la fin on me Fa dé- '» terre dans la Bibliothe'que de Sor- )^ bonne. M. l'abbc Pirot, personne » de mérite s'il y en a aujourd'hui » en France ni ailleurs, et l'un des )' plus capables et des plus illustres 3) sujets de cette maison , qui ne oon- « naissait cet auteur non plus que 3) moi, s'est donné la peine de le lire à » ma prière. . . . Cet écrivain a du me- 3) rite, et n'est pas un scolastique » sec et décharné , comme sont tant 3) d'autres : on lui trouve partout de » l'esprit , de l'élégance et de la viva- 3) cité, fort au-dessus du commun j et 3' il répond en un mot à la réputation 3> qu'il avait dans le Concile de i> Trente. » Il est étonnant qu'un livre , si peu connu aux plus grands libraires , et aux plus nombreuses bibliothèques , ait été cité par cent auteurs qui n'avaient guère de livres :

cela, dis-je, est étonnant pour ceux qui ne savent pas que l'examen du Concile de Trente par Chemnitius est im livre fort commun , et qu'on y trouve de quoi citer à perte de vue le docteur Andradius. Cent autres auteurs ont parlé aussi fortement que lui pour le moins sur cette matière, comme la Mothe-le-Vayer le montre dans l'un de ses livres 1^7). D'où viendrait donc qu'ils n'auraient pas été cités aussi souvent qu'Andradius ,

(E) On a donne bien des louanges h andradius. ] On a déjà vu le jugement que M. Pellisson a fait de lui.

Osorius , dans la préface qu'il a mise au-devant des explications orthodoxes d'Andradius , lui donne beaucoup d'esprit , une ardente application, l'intelligence des langues , le zèle et l'éloquence d'un bon prédicateur. Voici ce que hosweide en a dit : ^d Conciliuni Tridenlinwn et profundissiini theotogi nientem , et linguaru eloquenlissinu oratoris atlulit (10).

(9) Idem, lib. XXI f^, cap. X, num. i".

(10) In Lege Taiionis Casaubono retatiatâ , aputl Nicol. Antoaium , Com. /, pag. 236.

ANDRÉ (Jean)*', fameux canoaiste du XIV*. siècle , était fils d'un prêtre (A) , et naquit à Mugello , auprès de Florence. Il était encore fort jeune lorsqu'il alla à Bologne pour y étudier (a). Il aurait eu de la peine à vivre , s'il n'y eût rencontré une place de précepteur ** ; mais avec le secours que cet emploi lui procura , il fut en état de s'appliquer tout à son aise à l'étude du droit canonique , en

quand il s'est agi d'excu.ser Zuingle quoi il fit de très-grands progrès par voie de récrimination , ou de re- s^ys ]e professeur Gui de Baïf (/^). procher aux papistes qu ds ont penche ti i ^ • t. t.vers les hérésies de Pelage? d^où est- ^^ ^"^ toujours un respect partice, dis-je, que cela viendrait, si j'avais culier pour la personne et pour ruai indiqué la cause des fréquentes les gloses de ce professeur ; car citations d'Andradius ? il n'avait pas moins de déférence

(D) La Bibliothèque des écrii^ains espagnols ne parte point de tous ses out'rages.l On n'y trouve point le livre qu'il composa sur l'autorité du pape pendant la tenue du concile, l'an i562 (8). Les légats du pape, très-contens de cet écrit , l'envoyèrent au cardinal Borromée. La cour de Home en fut extrêmement satisfaite : le pape lit remercier l'auteur très-obligeamment. Je crois que cet ouvrage n'est point diilerent de celui

(7) j4 la fin de son Traité de la vertu des Païens.

(8; Palavic. , lib. XIX, cap. XFI , num. 7.

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