TOME H
patrta
vectœ , Stirpis Jchilteœ faslus , juvenemque superbiim Servitio entxœ lulimus : qui deiiidè secutus Led/eam Hermionem , Lacedœmoniosque
Inmenœos , Me famulam famuloque Heleno transmisit
habendam (11).
Mais il faut lui rendre justice ; on ne l'a point représentée de complexion amoureuse. Ovide ne croyait qu'à
(f|) Lcli , Vie de Cromwel dans le Journal de /)/. de Beaaval , en i6q2 , pag. 4qq. (10) SiietoQ. , in Aug. , cap. LXXI.
(il) Virgd. , .ïncï.l. , lib. III , vs. 319.
ANDROMAQUE
peine, en la voyant mère, qu'elle cou chat avec son mari:
Xfunijuàm ego , te Andromache, nec le , Tectnessa^ rogarem ,
XJi mea de vohis aÎLera arnica foret.
Credere \'ix videor , cmn cogar credere partit^
Vos ego cuin vestris concubuisse viris (12).
fut mort , et que le royaume eut été remis à Molossus, fils de Pyrrhus (20). (F) £lle a été le sujet Je plusieurs belles tragédies , tant anciennes que modernes. ] Celle d'Euripide subsiste encore ; et , si l'on veut savoir le succès de celle qui a paru sur le théâtre
(D) Après la mort, ou même du ui- de Paris, on n'a qu'à lire ce que le Parifant de ce prince, elle épousa Hélé- nasse reforme a mis en la bouche de nus. ] Cette alternative m'a paru ne'- Montfleuri , fameux comédien , et y cessaire, parce que les auteurs ne sont joindre un passage d'un poète mopas d'accord sur le temps du mariage derne : Qui uoudra sauoir de quoi je d'Andromaque avec Hèlènus. On vient suis mort (c'est Montfleuri qui parle j, de voir que , selon Virgile, ce maria- qu'il ne demande point si c'est de la ge précéda la mort de Pyrrhus. Justin Jièi>re, de l'hydropisie ou de la goutte; le dit aussi (i 3). Mais , selon Servius , mais qu'il sache que c'est d'Andro-
elle ne devint la femme d'ilélénus que maque Je voudrais que tous ces
parce que Pyrrhus l'avait ordonné en coniposeurs de pièces tragiques, ces inmourant ( i4)- Pausanias met aussi uenteurs de passions a tuer les gens , leurs noces après la mort de ce prince : eussent , comme Corneille , un abbé Toi/Tû) yà.j) 'AvS'po/A.â.Xyi a-uvuKonv à-TToSsi- d' .Aubignac sur les bras: ils ne seraient vôvToç h A^^<|)OJç n!/cpoi'(i5). Huic enim pas si Jurieux ; mais ce qui me Jait le ( Heleno) /4ndroinache nupsit, mortuo plus de dépit , c'est qu Andromaque Delphis Pyrrho. t'a devenir plus célèbre par la circon-
(E) mile avait eu des enfaris de slance de ma mort , et que désormais Pyrrhus.'] Quelques-uns les mettent il n'y aura plus de poète qui ne i^euille au nombre de trois, et les nomment ai^oir l'honneur de cret^er un comédien Molossus , Piélus et Pergamus ( i6) j en sa wie (21). Joignez à cela ces deux ou bien Pyrrhus , Molossus et jî!aci- ou trois vers : de (i^). D'autres ne parlent que de Molossus (18) 5 et c'est de lui , selon Euripide (19) , que descendirent les rois de Molossle. Pausanias les fait descendre de Piélus. Quant à Pergamus, le même Pausanias nous apprend qu'il s'en alla en Asie , et que sa mère An
Vn marquis ,
Enflé de son savoir chez les daines acquis. Ennemi du bon sens, qu'à grand bruit il
attaque , Va pleurer au Tartufe , et rire à V Andromaque.
(G) Sa grande taille a été connue
romaque l'y suivit ; qu'il tua Areiis de toute la postérité. ] J'ai déjà raprince de Teuthranie , s'étant battu porté deux vers d'Ovide sur ce sujet ,
Parva vehaiur equo : quod eral longissima , nunqnain Thebaîs Hectoreo nupla resedit equo (2»)-
pnnc , . . *.
en duel avec lui , pour la souverai- dans la remarque (A). En voici deux neté ; qu'il donna son nom à la ville, auti-es du même auteur, et qu'on y voyait son tombeau avec celui de sa mère. Servius parle bien différemment de tout cela, sur le 72*^.
vers delà VP. églogue de Vireile. Pour m .• 1 -/• . r» -j » 1
.1 nf* 'u 1 ' 1. j'A ivlartial retute Ovide , tant sur ceci ,
ce cfui est du tils qu Helenus eut d An- . j -■ . '. -i . • ■
A ^ -1 ' 1 •■. n . • 1. que sur ce qui a delà ete cite; car voici
dromaque , il s appelait teslrinus, et ' vi i-.^ -■ > ' ^
•1 H l'i ui- » j'L- ce qu u dit :
il alla s établir , avec une troupe d h- *
piroteS qui le suivirent volontaire- Masturbabantur PhrrgU posl oslia servi,
ment , dans une province qui était Hectoreo quolUs sederat uxor equo (23).
au-dessus du fleuve Thyamis; il alla , Juvénal n'a point ignoré cette grande dis-je , s'y établir, après que son père taille , puisqu'en parlant de certaines
(12) Ovid., de Arte amandi, lib. lU, vs. 5i(). (i3) Jiistiiius , lib. XVII, cap. III.
(i4) Servius in lib. III jEneïdos , vs. Sig. (i5) Pausan. , lib. I , pag. lo.
(16) Idem , ibid.
(17) Sclioliast. F.iiripid., inAndi'omacIi.,vs. 24. (i3) Servius m lib. III yEneid., vs. iig. (iq) /') Aiidromacb., vs. 1247 et seq.
femmes , qui élevaient divers étages d'ornemens et de cheveux sur leur tête, il dit qu'à les regarder par devant
(20) Pausan., lib. /, pag. 10.
(21) Guerct, Parnasse réformé, png^. 108, 109.
(22) Ovid.,de Ane amandi., lib. III, vs. 777. (23; Maniai. , Epigr. CV , lib. XI , vs. i3.
ANDROMAQUE
on les prendrait pour des Andromaques ; mais qu'elles paraissaient fort petites par derrière:
Tôt premil ordinibus, lot adhuc compagibut
alitiin ^difical caput. Andromachen a fronte
videbis , Posl ininor est (z^)-
Voilà dans les modes de l'ancienne Rome quelque chose d'approcliant de nos fontanges. Un autre poète s'exprime ainsi :
CelscB procul a.rpicej'rontis honores
Suggeslumquc comœ (îS).
La mère des dieux , avec ses tours sur la tête (26) , n'y ferait œuvre , si l'on se met une fois à outrer la mode de nos fontanges. Voyez les Amœnilates Theologico - Philologicœ de M. Almeloveen , vous y trouverez (2^) une curieuse littérature sur l'antiquité' des fontanges. Voyez aussi la remarque ( C ) de l'article Conecte , et ce passage de Synesius. MêX^^si •j^*/), dit-il (28) en parlant d'une nouvelle mariée,
piiXiÔTio-ficLi. (^uippè etiam in diem seplimurn sequentern tœniis ornabitur, atque turrita quemadmodUm Cybele
circumibit. Mais, pour revenir à l'é- Si quis mihi parvulus aulâ
pouse du grand Hector , je dois dire Luderet yEneas
que Darès le Phrygien l'a ornée de cent bonnes qualités , sans oublier la grande taille : A ndromacham , oculis claris , candidam , longam , formosarii , modestam , sapientem , pudicam , blandani.
(H) Son dialogue auec Hector, dans le VL^. livre de l'Iliade , est un dts meilleurs morceaux de ce poënie. ] C'est le jugement qu'en a fait M. Perrault. Il a mis ce dialogue en vers français ^ il lut sa version à l'académie française, quand on y reçut M. l'abbé Fénélon (29). Cette lecture fut précédée d'un petit discours très-bien tour-
né : il protesta qu'il reconnaissait Homère pour le plus excellent , le plus uaste et le plus beau génie que la poésie ait jamais eu ; et que , afin de persuader les incrédules qu'il l'honore selon son mérite , il avait traduit en français cet endroit de l'Iliade. Il avoue qu'il en a retranché quelques digressions qui lui semblaient trop languissantes. Voilà le défaut d'Homère : il est trop grand parleur , et trop naïf, grand génie d'ailleurs , et si fécond en belles idées, que, s'il vivait aujourd'hui , il ferait un poème épique où il ne manquerait rien. Il n'aurait garde de donner à Androraaque, parmi les plaintes qu'elle fait de la mort de son mari , cette réflexion , que le petit Astyanax ne mangerait plus, sur les genoux de son père , la moelle et la graisse des moutons (3o).
C'est peindre d'après nature , je l'avoue; mais aujourd'hui on ne souffre point ces naïvetés dans l'épopée; nous trouverions cela trop bourgeois , et bon seulement pour la comédie. Je pense que nos comtesses et nos marquises craindraient de parler bourgeoisement si elles disaient comme la reine de Carthage dans Virgile , lib, IF, jEneïd. , us. 328.
(a4) Juvenal., Sat. VI , vs. .'ioi.
(25) Stat. Silv. // , lib. I , vs. ii3.
(26) • • • ■ Çunlis Berecrnthia mater Invehilur curru Phijgias turrita per urbes.
Virgil. , /'Eneid. , lib. VI , vs. 785.
(27) Pag. 106, elsecf.
(28) Synes. , Epist. ///.
(29) Le 3i de mars 1693. On a imprime' cette version dans la I'^. 'partie du Recueil de pièces curieuses, à la Haye, chu Moetjens, en i6g4.
Ce ne sont pas les défauts des anciens poètes, c'est celui de leur temps : proprement, il n'est pas question si les esprits sont meilleurs dans notre siècle qu'anciennement; mais si notre siècle possède mieux les idées de la perfection, et si nous pouvons appliquer au grand Homère ce qu'Horace a dit d'un autre :
. . Sed ilU ,
Si foret hoc nostrum fato dilalus in œvum, Detereret sibi mulla , reciderel omne , quod
ultra Perfeclum trahereiur (3i).
(I) Quelques-uns ont fait ualoir le soin qu'elle auait des chevaux d'Hector , afin de montrer que les femmes sont obligées de s'employer aux exercices les plus mécaniques du logis. ] Lisez CCS paroles de Tiraqueau : Çuœ locn Franciscus Barbarus in suo libcllo de Re uxorid , quem apud Gnllos imprimendum primi omnium dedi-
(3o) Voyez ci-dessus, tome I", pag. iS?, citation (26).
(3i) Horat. , S»t. X , lib. I , vs. 67.
ÏOO
jiius , solertcf scitèque annoiai'il , monens his exeniplis uxores ne res hujusmodi contemnant quas jlndroma-
che , etc et hoc quoque è nostris
conimemorai'ltJo. Lupus iurep. rnbr.
de don. inter YÏr. et uxor. et Bn. Cuiîil. in ti-act. nobilitalis , iu 38 privilegio (32). Tiraqiieaun''a l'ait nulle réflexion sur ce que le mari d'Andromaque n'était pas servi le premier ; il a cru , sans doute, que cela prouverait trop , et qu'il fallait écarter de la vue des lecteurs une telle idée.
(32) Andr. Tiraquell. , de Nobilit. , cap. XX, num. loi, pag. 78.
ANDROMAQUE , en latin j4ndromachus. Je ne parlerai que de six hommes de ce nom. Le premier Andromaque était de Sicile : il fut père de l'historien Timée , et fondateur de la ville de Tauromenium , aujourd'hui Taormine. C'était un homme de cœur , et fort opulent. Il ras-
ANDROMAQUE
libérateurs de la Sicile. Ils convinrent donc aisément Timoléon et lui d'agir de concert pour le rétablissement de la liberté (c).
Le second Andromaque servit sous Alexandre-le-Grand , et fut gouverneur de laCœlé-Syrie. Les Samaritains le brûlèrent vif; mais Alexandre fit châtier selon leur mérite les auteurs de cette cruelle action {d). Je n'ai point trouvé d'autre Andromaque dans Quinte-Curce , quoique M. Moréri prétende y en avoir vu plusieurs. Le troisième Andromaque fut beau-frère de Séleucus Callinicus , roi de Syrie , et eut un fils (e) qui s'empara des provinces situées au-deçà du mont Taurus , et qui se fit saluer roi au temps d'Antiochus-le-Grand. Cet Andromaque fut détenu prison—
sembla {a) sur une éminence nier assez long-temps en Egypte,
nommée Taunis , proche de Les Rhodiens obtinrent sa li-
!Naxus , les habitans de cette berté , non pas de Ptolomée
ville , qui s'étaient sauvés lors- Evergètes , comme on l'a dit
que le tyran Denys la ruina. 11 dans le Supplément de Moréri ,
se maintint long-temps dans ce mais de Ptolomée Philopator (A),
poste , et ce fut la raison pour Le quatrième Andromaque fut
laquelle il le nomma Tauromenium. Les fugitifs de Naxus prospérèrent dans cette nouvelle demeure ; de sorte qu'en peu de temps ce fut une ville considérable (Z»). Andromaque y reçut Timoléon , et voulut bien qu'il
en fît sa place d'armes. Ce gêné- Plutarque , page 5ti2 , rai corinthien ne venait que Crassus. Le cinquième
un traître , qui fit savoir aux Parthes tous les desseins de Crassus , et qui , ayant été choisi pour guide , mena l'armée romaine dans des lieux oii il n'était pas possible d'éviter qu'on ne la taillât en pièces. Voyez vie de Andro-
pour délivrer la Sicile des tyrans maque était médecin de Né-
dont elle était opprimée. Andro- ron : j'en parle dans l'article
maque faisait profession ouverte suivant. Le sixième Andromaque
d'inimitié contre les tyrans , et est un sophiste qui enseignait il sollicitait depuis long-temps les Corinthiens à se porter pour
(a) En la lo5". olympiade , vers l'an de Borne SyS.
(h) Diodor. Siculus, lib. AT7, pag, 4ii-
(c) Plutarcli. in Timoleonte , pag. a4o. Voyez aussi Diodorc de Sicile , lih. XVI.
(</) Cui'lius, lib. IV , co/i. /X. EuseLius ad olympiadcm i ) a.
(c) Il se nommait A.CHÉE. Voyez son article.
ANDROMAQUE. ,oi
dans Nicomédie sous le règne de Néron (e). Son fils, nomme' Anqui le DR05IAQLE , fit la même descrip-
Dioclétien dit.
C'est Suidas
(A) Les Khodiens obtinrent sa liberté, non pas tle Ptolomce Efergètes, mais de JPlolomée Philopatnr. ] La faute du continuateur de Morëri est visible à quiconque fait réflexion que quand les Rbodiens obtinrent la liberté d'Audromaque , il y avait deux ans que son fils avait passé le mont
tion en prose (/). Damocrates la fit en vers ïambiques , dans un poëme qu'il composa sur les antidotes {g). Nous apprenons de Galien qu'Andromaque le père fit un traité de Medicamentis composi'tïs ad ajf'ectiis externos (h) ; et que c'était un homme docte
Taiirus a\ec Séleucus Cëranus, roi de et éloquent (i). Érotien lui dédia
Syrie, pour faire la guerre à Attalus, roi de Pergame. Or, cette expédition fut faite la même anne'e quePtolomëe Evergèfes mourut , et que Ptolorace Pliilnpator lui succëJa (i). C'est donc Ptoloinëe Piiilopator qui mit en liberté Androuiaque , aGn de favoriser les
son Lexicon. Je suis surpris que Meursius ait oublié un si célèbre médecin dans la liste qu'il a donnée des hommes illustres de l'île de Crète , au livre IV de son
Rhodiens, qui voulaient Ôter à la ville ^ ^^^^^ "^ Cette lie. Quelques-uns de Byzimee la faveur d'Acliëe, et qui prétendent que ce médecin a été
ne crurent pas que rien fi^lt plus propre à leur procurer la bienveillance de ce prince que le prësent qu'ils lui feraient de son père. Voyez la remarque (A) de l'article Achée.
(i) Voyez Ca[visias, ad ann. III oljinpiadis i3g.
ANDROMAQUE, natif de l'île de Crète , médecin de l'empereur Néron (a) , s'est principalement immortalisé par l'antidote qu'il inventa en mêlant des chairs de vipère au mithridate {b). Cet antidote fut nommé Thériace à cause de ce mélange, et nous l'appelons Thériaque.
&-naîo'j signifie une bête ; mais les médecins entendent en particulier par Qyipiy. les bêtes venimeuses (c). Cet antidote effaça le mithridate , qui avait été jusqu'alors dans une très -grande estime (d). Andromaque fit la description de son antidote en vers élégiaques , et la dédia à
(a) Galenus, de Tlieriacâ, ad Pison.
(i1 Vossius, de Philos., cap. .Y//, pag. 95. (c) yide Galen., de Tkeriac, ad Pampûil. {dj Vossius, dePLiloâ., cap. XII, pa^ . gS.
un bon astrologue (A).
(e) Galenus, lib. /. , de Antidotis. Tïetzes, chil. XII, n. Sgy, p. 224.
if) Galenus, ibid.
(g) Idem , de Tlieriacâ , ad Pisonem.
(Ji) ÀpudYossmva, dePhilosopli.,pa^. 06.
(j) Galen. , de Ântid. , lib. I, cap. /.
(A) On prétend que ce médecin a été un bon astrologue. ] Commençons par rapporter les paroles de Vossius.
Circa olympiadeni C 2C I (l'imprimeur a oublie un C ; il fallait dire CCXl ) ac deinceps , neinpè extremis JVeronis temporiùus , et sub F'espasiano , magnum sibi decus hiic scientid peperit ^ndroniachus Crelensis , qui primus dicitur edidisse theoricas planetarum. Voilà le texte de Vossius, à la page 161 de son livre de Scientiis malhematicis ; et voici le commentaire qu'il y ajoute : cette division est sa méthode ordinaire. Conseniiunt de eo Lucas Gauricus , et C/irislophonis Clafius , nisi qubd Gauricus perperam Andronicum uocat qui Clat^io rectiîis Audromachus. lllum wide in Calendario ecclesiastico (*') , hune CornnientarioinSphœram Joan. de Sacrobosco (*'). Je m'ëtonne que Vossius n'ait point dit s'il croyait ou non que cet Andxomaque l'astrologue fût le
(*') Folio 16, edit. Venel. apud JunUis, ann. I "Ss.
(*'■') Commenlar. , in cap. I , pag, 4-
ANDRONICUS
même que celui qui a inventé la thériaque. Le temps où il le fait vivre, et la patrie qu'il lui donne , conduisent à croire qu'il n'y a ici qu'un Andromaque. Je crois néanmoins que le silence de Vossius est un silence de précaution. Il ne voyait pas assez clair dans cette affaire 5 il n'a osé rien dire , ni pour , ni contre. Moréri, bien Î)lus hardi , a décidé qu'Andromaque e médecin de Néron, et Andromaque l'astrologue , le premier qui ait écrit de la théorie des planètes, sont une seule et même personne. Je croirais facilement que l'astrologie d'Andromaqiie est une chimère ; car M. Drelincourt , oracle que je ne consultais jamais sans avoir lieu d'admirer l'étendue et l'exactitude de son érudition , eut la bonté de m'apprendre , avec plusieurs autres choses dont je me suis servi dans cet article , que Vln^entor theoricarum de Clavius est une faute , laquelle on doit corriger par Ini>entor theriacarum. Les deux témoins de Vossius sont anéantis parlà , pour ce qui concerne la théorie des planètes : l'un ne parle que d'Andronicus , et l'autre ne donne à Andromachus que l'invention de la thériaque. Noixs avons ici un exemple bien sensible des erreurs que les fautes d'impression et de copiste font commettre aux hommes doctes. Blancanus , sur la foi de Clavius , a mis Andromaque parmi les mathématiciens : Andiomachus Crelensis, qiiein theoricarum irn>entorein faclt CLauius
teur que Clavius a suivi , soit médiatement , soit immédiatement. Pour l'Andronicus de Gauric, ou pour quelque nom semblable , on aura pu imprimer Andromachus. Sur cela, ceux qui auront su qu'un Andromachus de Crète a été médecin de Néron , et inventeur de la thériaque, auront ajouté ces titres et ces éloges au mot Andromachus , en donnant la liste de8 astrologues.
ANDRONICUS , philosophe péripatéticien , natif de l'île de Rhodes , vint à Rome au temps de Pompée et de Cicéron (A) , et y travailla puissamraieut à la gloire d'Aristote , dont il fit connaître les écrits (B) , après les avoir tirés de la confusion oix ils étaient, et leur avoir donné un ordre plus méthodique (C). La destinée de ces écrits avait été fort singulière , comme nous le dirons en un autre lieu {a). On ne saurait bien représenter le grand service qui fut rendu alors par Andronicus à la secte des péripatéticiens. Peut-être ne serait-elle jamais devenue fort célèbre , s'il n'eût pris un soin si particulier des œuvres du fondateur. Ce soin procura beau—
( I ). Je dis la même chose touchant coup de gloire à Andronicus {b). Vossius. On n'a donc point d'autre Q^^eiq^^gg ^^^^^^ ^^ i^i attri-
fondement qu'une faute d'impiession, qu'un changement de therincarurn en theoricarum , pour dire qu'Andromaque est le premier ([ui ait écrit de la théorie des planètes. M. Drelincourt fortitiait sa conjecture , entre autres raisons , par celle-ci : C'est que l'épi- Ihète d'Inuentor ne vaut rien avec la théorie des planètes , qui était d'ail
buent pas la paraphrase de la Morale d'Aristote (D) ; d'autres la lui attribuent , et prétendent qu'il a aussi composé le petit livre des Passions , que David Tloeschelius publia l'an iSgS. Il est certain qu' Andronicus avait
leurs conn.ie avant l'empire de Néron^ ^^j-^ j^^^^ ^j^^^ ^^^ ^^1^
mais Yni^e/ifo/-, joint avec mer/rtca/'/77t, J-, ,, }■ 1 •
va le mieux du monde pour Andro- trclle , taisant un chapitre (c) sur
{a) Dans les remarques de l'article Ty-
KANNION.
[b) Qucin citin aciiluni diligenlemqite ylrislotelicorinn lihroruin et judicein cl rcpertorein judiciwerlt antiqiiitas. Boëlius, l'roœmio libri de Interprétât.
[c] C'est le f ^ dn XX>'. Imc.
machus. 11 se pourrait taire qu'une semblable méprise des imprimeurs ou des copistes et\t érigé en astrologue notre Andromaque entre les mains de Clavius , ou entre les mains de l'au-
(i) Blancan. , in Malliemalicor. CUronologiS , pas- S<T.
ANDRONICUS. ,o3
les deux espèces de leçons qu'A- pellicon (3). Le père Rapin a remarristote faisait à ses écoliers , don- f'f ^7°j "^"^ *=« 'I"e je siippose. Ce
, ' ,. Jut cet Andromcui, dit-il (4), qui
ne mot a mot une lettre qu A- commença a faire connaît, e Arislol
lexandre écrivit à Aristote, et la réponse d' Aristote, et nous apprend qu'il avait trouvé ces deux lettres dans un ouvrage du pliilosojDlie Andronicus. Personne ne saurait dire si cet ouvrage est la paraphrase des catégories , ou celle de la physique. On sait bien qu'Andronicus a paraphrasé ces deux traités d' Aristote (E). Je ne crois pas qu'il ait été le luaî— tre de Strabon (F).
(A) // fint a Rome au temps de Pompée et de Cicéroa.'] On peut recueillir cela de deux passages de Pliitarque : l'un est dans la Vie de Sylla (i), l'autre dans la Vie de Luculle (a). Celui de la Vie de Sylla nous apprend trois choses : i°. Que Sylla fît porter d'Athènes à Rome la bibliothèque d'Apellicon , où les œuvres d'Arlstote se trouvaient pour la plupart; 2°. Que le grammairien Tyrannion tira de la bibliothe'que de Sylla plusieurs livres; 3°. Qu'Andronicus le Rhodien eut de ce Tyrannion les ouvrages d' Aristote.
L'autre passage de Plutarque nous apprend que Tyrannion fut pris par Luculle à la défaite de Mithridate , et que Mure'na , l'ayant demande à Luculle , l'affranchit. On sait d'ailleurs que ce grammairien s'enrichit à Rojue , et y amassa une nombreuse bibliothe'que. Il faut donc qu'Andronicus ait été à Rome au temps que je marque, puisqu'il retira des mains de Tyrannion les ouvrages d'Arisfote.
Nous verrons dans la remarque (C) si le père Rapin a dû dire qu'Andronicus ne vint à Rome qu'après la mort de Tyrannion.
(B) Il fil connaître les écrits d' Aristote. ] Cela suppose qu'ils n'étaient pas connus h Rome , et j'ai raison de le supposer , puisque Cicéron l'assure, et que Pluiarque veut même qu'ils aient été peu connus aux Athéniens, lorsque Sylla se saisit tles livres d'A-
(.) Pag. 468.
(2) Pag. 584.
dans Rome , environ le temps que Cicéron s'élefait , par sa grande réputation , aux premières cliargcs de la république,.-. Cicéron aidait appris en Grèce ce que c'était qu Aristote : « Il j) connaissait une partie de son mé- » rite, qui n'était pas encore fort con- » nu à Rome, comme il paraît par )) la surprise de Trébatius qui, étant » venu rendre visite à Cicéron dans » sa maison de Tusculura , et étant » entré avec lui en sa bibliolliéque , )> tomba par hasard sur le livre des » Topiques d'Aristote , dont Cicéron » avait une copie. Trébatius lui de- » manda ce que c'était que ce livre , w et de quelle matière il traitait; car » quoiqu'il ne fût pas ignorant, il )) n'avait pas toutefois encore enten- » du parler d'Aristote. Cicéron lui ré- » pondit qu'il ne devait pas s'en éton- » ner ; car ce philosophe n'était con- » nu que de fort peu de gens (5). »
Je ne saurais m'empécher de dire ici que cet agréable écrivain ne rapporte pas exactement le passage de Cicéron.
Apparemment il ne l'a point fait par mégarde , mais afin que sa narration fût moins chargée. C'est un inconvénient inséparable de ceux qui s'attachent à l'exactitude : ils ne sauraient éviter un détail qui fatigue le lecteur. Or , on aime mieux être trompé par une narration coulante et serrée, que d'être ennuyé par uu discours trop exact. Voici ce qu'il aurait fallu dire pour représenter en abrégé le passage de Cicéron dans son état naturel. Trébatius , feuilletant dans la bibliothèque de Cicéron tels livres que bon lui semblait , tomba sur les Topiques d'Aristote. Il fut frappé de ce titre, et demanda toutaussitôtà Cicéron ce que c'était que cet ouvrage ; et dès qu'il l'eut su , il pria Cicéron de vouloir lui expliquer cette matière. Cicéron
(3) Oi/Tû) tÔts a-a.tpùè; yvceoi^ôfjiivn toiç 7ro\Xo7ç. ffaud duin salis in vuïgus iioU. Plutarclius, in Syllâ , pag. 468.
(4) Rapin, Compaiaiion de Platon et d'Aristote , pag. 3;4.
(5) Le père Kapin cite en marge ce qui suit : Quoil quidcm minime sum admiratus cum pliilosoplium Treballo non esse rognitiira , qui ab ipsis pliilosopliis , (irœtfr adn-iodii.n psucii.; , Ignore lur. Cicero Tupicor. initio.
îo4
ANDRONICUS
aima mieux lai conseiller , ou d'etu- nicus le Rhodien ayant, par les mains dier lui-même ce livre, ou de se le AeTyruumon, recouvré les originaux^
faire expliquer par un habile rhetoricien. Tréb;itius essaya l'une et l'autre de ces deux choses sans nul succès : l'obscurité du livre le rebuta. Le vhetoricien lui dit qu'il ne connaissait point Aristote. Cicéron n'en fut pas e'ionné , encore que cette ignorance ne lui parût pas dit;ne d'excuse. 11 fallut donc qu'à la prière de Trël^atius , qui était un docte jurisconsulte , il écrivît sur les Topiques d'Aristote (6j: Uinimque , ut h te audiebam, es ex-
les mil en lumière , et écrifit les sommaires que nous ai'ons maintenant. Il est bon de joindre à cela ce passage de Porphyre : Mi//.ns-a//.svùç é'' ' hTrnx- KÔScef,ov tÔv 'A^uvâiiv , koli 'AvJpôvixov Tov ITj/x^siTïTfjtov , ftiv 0 /uev 'UTrixc-p/^^v tov x!e/jt.(iSiypa.<p(iv ùç J'îx.a. lôfAOVç t^ipcev a-uvriya.yi,o cT' 'Apiçorîkouc Ktti Qio^fttç'ot/ fiiShia. ik ■Trpctyf/.a.Tiia.ç S'ttÎKt , tolç cii>iiia,ç ÔTToSia-iiç iiç TO-iiTo o-uv ciycty 00 V , oircD es Keit iyoù (lo). Imitatus Jlpollodoruin Atheniensem et Andronicunt
pertus. Sed a libris te obscuritas reje~ peripaleticum, quorum ille Epicliar-
cit. lihetnr auteni ille , magnùs ut muni comicum in decem collegtt to-
opinor , Arislotelica se ignnrare res- mos , iste i^ero ylristotelis et Iheo-
pondit. Quod quidem minime sum ad- phrasti libros in traclatus distribuit ,
miratus, eum pliilosophum rhetori non proprias suppnsitiones in idem condu
esse cognitum, quiab ipsis philosophis pnelcr admodîim paucos ignoretur, Quibus eo minus ignoscendum est , quod non modo rébus iis quœ ab illo dictœ et inwentœ sunt allici debuerunt : sed dicendi quoque incredibili quddam cum copia , tum etiam suauitate (7). Pour ne rien celer aux lecteui's,
cens ; sic et ego. J'avoue que je n'entends pas trop bien la foi'ce de ces mots grecs : tÂç oimictç vTroBîcntç ih ra-uTo a-uva.yciycev. J'entends beaucoup moins cette version : proprias suppositiones in idem conducens ; mais il me semble que l'un ou l'autre de ces deux sens peut passer. Porphyre veut
je dois dire ici rpie Strabon donne à nous apprendre ou qti'Andronicus rasentendre que le bibliothécaire de Syl- sembla en un même corps tous les
traites qui appartenaient à une même matière , ou qu'il joignit à chaque traité un sommaire convenable. Le premier sens me paraît meilleur , et s'accorde mieux avec Plutarque , et avec la comparaison que Porphyre fait entre Andronicus et lui ; car Porphyre n'a fait autre chose que mettre des titres aux e'crits de son maître Plotin , et que les ranger sous certaines classes. Je n'ai point trouve' d'auteur qui dise tout ce que j'ai lu dans le père Rapin j et comme il ne cite que Plotin , je ne sais s'il parle après quelque livre que je n'ai pas consulté , ou s'il paraphrase Plotin et Plutarque. Quoi qu'il en soit, voici ce qu'il dit ; Moréri n'a fait que le copier: ylprcs la mort de Tyrannion , yindronicus le Rhodien étant l'enu a Rome , et connaissantfort bien le mérite d'yirislote, parce qu'il at'ait été nourri dans le Ly cce, il traita avec les héritiers de Tyrannion de ces écrits , et , les ayant en son pouvoir, il s'attacha avec tant d'ardeur à les examiner et à les reconnaître , qu'il en fut en quelque Jaron le premier restaurateur , com-
(10) Poriili. , in Vità Plotini.
la permit aux libraires de faire des copies des ouvrages d'Aristote ] mais qu'ils se servirent de copistes ignorans, et qu'ils ne collationnèrent point (8) : cela fit que ces ouvrages furent publiés avec mille fautes. On ne pourrait point réfuter par-là ce c(ue j'ai dit : je puis répondre que l'édition d'Andronicus étant plus correcte excita la curiosité des savans, qui était demeurée assoupie pour des éditions pleines de désordre. Voyez la note (8).
(C) // donna un ordre plus méthodique aux ouvrages d'Aristote. ] Plutarque assure qu' Andronicus , ayant eu de Tyrannion les ouvrages d'Aristote et ceux de Théophraste , les publia , et y joignit des indices : tlctf
«tî/TOt/ tÔv 'PciJlOV ' AvJpÔviKOV SL'TTopVa.VTOt.
TCDi aLvTtypâ.^oiv ùç /Liio-nv èiivtti, Kctt oLvctypa^cti Taùç vi/v cfupo/xêvoyç TrivaLKttç (g). Amyot a rendu ainsi ce grec : Andro-
('J) Il le composa après la mort de Ce'sar ; d ou Von pful conclure qite l'édition même W.Vmlronicus ne rendit pas d^abord bien communs dans Rome les livres ri'Aristote.
(7) Circro, mit. Tupicor.
(8) Strabo, lib. XI n , pag. 419.
[()) l'iutarcb., in Syllâ , pag. 4^8.
ANDRONICUS
io5
l'iutarque , qui assure qu ivnaronic suis ne doute point qu A
tira des mains de Tyrannion les ou- fait cette paraphrase et
vrages d'Aristote. Plutarque , je l'a- ttaS^v , que David Hoesi
voue , n'est pas si exact qu'il faille se blie sur deux manuscrit
me l'assure Porphyre dans la P^ie de dit cela dans sa Bibliographie politi-
Plotin, Car non-seuleine/il il y réta- que; sur quoi M. Placcius fait cette
blit ce qui s'y était gcité par la Ion- remarque : Ubi lapsus menioriœ sic
gueur du temps et par la négligence oportet quod de Olympiodoro mémo-
de ceux qui aidaient eu ces écrits entre rat , ctim ejus nullain unquàni in al»
les mains ; mais il les tira même de terutrd editione mentionem Heinsius
V étrange confusion oii il les at^ait trou- fecerit (i3). La parenthèse montre
ués, et en fit faire des copies (i i). Le qu'on a pu n'imputer à Heinsius que le
commencement de ce passage dément titre <}CAndronicus Rhodius. Meur-
Plutarque , qui assure qu'Andronic sius ne doute point qu'Andronic n'ait
ît le traité Tift jeschelius a puinuscrits : l'un, qu'il faire un scrupule de s'écarter de ses avait reçu de Margunius ; l'autre , circonstances; mais quand on n'a point qu'André Schottus avait envoyé d'Esd'auteur qui assure que les héritiers pagne à Sylburgius (i4). Vossius atde Tyrannion , et non pas Tyrannion tribue ce dernier livre à un Andronic lui-même, vendirent, les écrits d'Aris- beaucoup moins ancien que celui dont tote à Andronicus, je crois qu'on fait je parle dans cet article (i5). Reinebien de suivre Plutarque , puisque les sius est du même avis que Meursius raisons chronologiques ne se déclarent (16); mais Saumaise soutient hautepas contre lui. Voyez les remarques ment qu'Andronic de Rhodes n'est de l'article Tyrannion. Quelqu'un a dit point l'auteur de la paraphrase que qu'Andronicus a été le dixième suc- Daniel Heinsius a traduite. C'est sans cesseur d'Aristote , et qu'il a fleuri en aucun jugement , dit-il (17), que ceux la 180'-. olympiade (12). g„i ont les premiers publié cette pa- (D) On ne lui attribue pas absolu- raphrase l'ont attribuée à Andronicus: ment la paraphrase de la Morale d' A- et il se moque de ce qu'ils s'étaient ristote.'] Daniel Heinsius , qui a tra- vantés d'avoir trouvé plusieurs bonduit en latin cette paraphrase , fait nés preuves de ce fait dans les anciens connaître assez clairement qu'il la interprètes d'Aristote (i8j. Il montre croit de ce célèbre péripatéticien. Il que le véritable Andronicus explique la publia en grec et en latin, à Leyde, autrement, dans Aulu-Gelle, que ne 1 an 1607 , in-4° : elle n'avait jamais fait le paraphraste, la différence qu'il ete impriméd , ni en grec , ni en la- y avait entre les iia>Tip,^â, elles Mcpoxtm. Il se glissa une infinité de fautes rr,x.à. d'Aristote. Il s'étend beaucoup dans cette édition , qui furent corri- là - dessus. Il ajoute qu'en plusieurs gees , du moins en partie , dans celle choses le paraphraste n'est point du de 1 an 1617 , in-8°. Heinsius a mis le sentiment d'Aristote (19). Intam mulnom d Andronicus Rhodius à la tête tis abit a mente Aristotelis , ut Ande la s econde édition. Il s'était con- dronici esse genuinum opus soli postente dans la première de donner le sint credere qui mhil in litteris his uihvre a un ancien philosophe, excel- dent. 11 ne saurait croire qu'un aussi lent peripaléticien. Il s en tint à cette grand philosophe qu'Andronicus eût généralité. Une parenthèse peut jus- voulu abuser de sou loisir , jusqu'au tifier trabriel Naudé contre iM. Plac- point de paraphraser un ouvrage qui cius : Lui se Damelis Heiusiu... dili- est le plus clair du monde : Quis cregentia sociuin non ita pridem adjunxit dat lanti numinis peripatclicum otium Andronicus Rhodius {autpotiiisOljm- ^uam occupasse in EUiicis Aristotelis piodorus ) : tamen enim appellationem Paraphrusi elucidandis , quo libro in posteriori editione consulta sortitus est , cîim in priori ab eodem Heinsio factd Lugduni Batavorum sub anonymi noniine latens.... fuis set.... ai'iclè à cunctis receptus. C'est Naudé qui
(11) Rapin, Comparaison de Platon et d'Aristote, pag. 3-3 , 374-
(12) .\ramonius, rt;;u(< Jonsiiim de Scriptor. Jlist. Pbilgsoplior. , pag. 60.
(i3) Placcius , de Anonymis, png. 61.
(i4) Meursius, de Rhodo, lib. II , cap. f , ng. 88.
(lâj Vossius, de Phllosopliià, cap. V, pag. 36. (iii) Reinesii Epist. , ad Rupertum, pag. 3i2. (17) Salniasius, in Epictel. etSimplic, pag.
(iS) Idem, ihid. , pag. 228.
(19; Idem, ibid., pa^. 3.(1.
nihil lucidius ? Cette dernière preuve me semble faible.
(E) // a paraphrasé les Catégories et la Physique d' A ristote .'\ Simplicius le témoigne en divers endroits de ses Commentaires, Voyez François Pai ricins (20).
(F) Je ne crois pas qu'il ait été le maître de Slrabon. ] Je ne sais si les imprimeurs ont oublie quelques mots ou quelques lignes de la copie de Reinesius , ou si Reinesius est le véritable auteur de ces paroles de la pa^e 3i2 (21). Amasiœ Magister ( Andronicus Rliodius ) Strahonis : hic l. xiv. C'est dire que Strabon, dans son XI V*. livre , nous apprend qu'il fut disciple d'Andronicus Rhodius à Amasia. Je trouve bien qu'il fut disciple du grammairien Aristodemus à Nyse (22) , et du philosophe péripateticien Xenarque , dans un autre lieu (23) 5 mais je suis fort trompe s'il dit autre chose d'Andronicus , dans son XIV*. livre ,
ANDRONICtS.
sère ; il était si pauvre , qu'il fut obligé de vendre à un très-vil prix le meilleur de ses ouvrages (B). On avait supprimé cet ouvrage ; mais Orbilius le racheta , et le publia sous le nom de l'auteur : il s'en vanta pour le moins.
Andronicus était de la secte d'Epicure , et vivait au temps de Cicéron {a). M. Moréri a commis ici bien des fautes (C).
{a) Ex Suetonio de illustribus Grammat, cap. riii.
(A) // s'attacha trop à étudier la philosophie. ] Les paroles de Sue'tone sont bien choisies : Studio Epicureœ sectœ, desidiosior inprofessione grammuticœ habebatur , mi/iiisque idoneus ad tuendam scholani. C'est une leçon à tous ceux qui veulent s'attirer un
que de le compter entre les hommes grand nombre de disciples. Il faut , illustres de l'île de Rhodes (24) j et ou qu'ils s'appliquent tout entiers à
nicus ait jamais enseigné dans Amasia
(20) Discussionum Peripateticar. lom. 1 , lih. IV ., pag. 40, 4i-
(21) De ses Lettres à Rupert.
(22) Slrabo , lib. Xir , pag. 447.
(l'i) Idem , ibid. , pag. 461.
(24) Idem., pag. ^Si.
ANDRONICUS (Marcus-Pom piLius), Syrien de nation , ensei-
philosophe , qui est curieux d'expériences physiques, qui examine avec ardeur si Descartes a mieux réussi que Gassendi , court grand risque de voir déserter sa classe. Un médecin fort attaché aux médailles, aux mathématiques , aux généalogies, verra diminuer de jour en jour le nombre de ses malades. C'est pour cela que M. Spon fut bien aise d'apprendre au public que l'on se tromperait fort, si
gna la grammaire a ivome. o at- j'o^ croyait que l'étude de l'antiqua-
tachant trop à étudier la philo- riat fût sa principale aflaire (i). Il
Sophie CA), il ne soutenait pas éprouvait que cette opinion Im faisait
°"1 , *^ ^'. , . ^ grand tort , eu égard a la pratique de
avec la diligence nécessaire sa f.j niédecine. Il est même indubitable,
profession de grammairien; de qu'un professeur, qu'on sait engagé à
sorte que son école fut négligée, la composition de plusieurs liv^res , ne
Quand il vit qu'on lui préférait , non - seulement Antoine Gniphon , mais aussi d'autres grammairiens inférieurs à celuilà , il ne voulut plus tenir école , ni demeurer à lloine ; il se relira à (Àiines , et employa son loisir à faire des livres, (^ette occupation ne le tira pas de la mi-
passe pas pour être propre à faire de bons écoliers : on s'imagine qu'il n'en a pas le temps. C'est pourquoi ceux qui chercheraient à s'enrichir par rinstruction de la jeunesse , feraient fort mal de s'engager à être auteurs.
(B) Il fut obligé de vendre a très-
(1) Vojez Za lettre qu'il e'crivit à Vauleitr des NouNcllesdela Kcpublique des IcUres, mois de janyier iGS5 , article V.
ANDRONICUS
i>U prix le meilleur de ses oui^i âges. ] Suetoae le traite d'opuscule. Opusculum, dit-il (2), Annalium elenchorum. Le titre devait donc être Elenchi Annalium. Il y a de bons manuscrits de Suétone qui ont cette leçon : Opusculum suum Annalium Ennii elenchorum{i). Achille Statius (4), et Vossius (5), se déclarent pour cette leçon, et ils font bien ce me semble.
pour auditeur. Il enseigna dans la maison de Jules César, lorsque Jules César n'était encore qu'un enfant :
Cicéron , déjà préteur, Tallait entendre. Voilà deux circonstances de temps que Vossius emprunte de Suétone , pour établir Tâçje de Pompilius Andronicus , en y joignant cet autre fait attesté par Suétone ; c'est qu' Andronicus , et Gniphon tinrent école
De quelque façon qu'on lise , on peut en même temps. M. Moréri s'est égaré connaître qu'Andronicus avait cen- au milieu du plus beau chemin : il a sure quelque annaliste. entendu d'Andronicus ce c[ue Vossius
(C) iH. Moréri a commis ici bien disait de Gniphon. Il a cru d'ailleurs des fautes. 1 1°. Il a dit Pompinius , que tenir école dans la maison d'un au lieu de Pompilius ; 1°. il avance homme , ne soit autre chose qu'être faussement qu'Andionicus aidait été précepteur de son fils. précepteur de Jules César ; et que Cicéron , étant déjà prêteur, se faisait un grand plaisir d'être du nombre de ses auditeurs ; 3°. il traduit Annalium Elenchi , par Je .î Annales disposées en tables ; L^°. il dit que quelques-uns
ANDRONICUS, de Thessalonîque , fut un des Grecs fugitifs qui portèrent l'érudition en Oc-
^ ^ ^ ^ cident au XV^ siècle. Il passait
ont attribué ces tables a Ennius. C'est pour le lueilleur professeur après ainsi qu'il entend ces paroles de Vos- 'fliéodore Gaza, et peut-être sius, :« qmbusdamtamenlibrisest . ,.^ j^ Surpassait dans
Annalium r,nnii elenchorum ; 5". il " ,,,^ , . f
énerve le raisonnement de Suétone.
Cet historien avait louché deux circonstances qui prouvaient merveilleusement la pauvi'eté d'Andronicus:
l'une était prise de l'importance de ce qui fut vendu ; c'était le principal ouvrage de l'auteur : l'autre était tirée du vil prix, que cet ouvrage fut vendu. M. Moréri croyait tout dire par ces
paroles : // était si paui^re, qu'il fut
contraint, pour subsister , de i'endre
un petit traité qu'il ai'ait composé.
Comment ne voyait-il pas qu'il ùfait
presque toute la force à la preuve de
l'historien latin ? On ne sera pas fâché
de savoir d'où est venue sa seconde
faulequi comprend deuxou trois insignes faussetés. Il n'a point compris le
raisonnement de Vossius. Il s'agissait
de prouver qu'Andronicus avait vécu
au temps de Sisenna , de Quadriga-
rius et de quelques autres. Vossius le
prouve par la raison qu'Antoine Gni
l'intelligence de la langue grecque ; car il avait lu tous les auteurs qui avaient écrit en cette langue , et il entendait fort bien la philosophie d'Aristote. Il enseigna dans Rome , et il y était logé chez le cardinal Bessarion.
Les gages qu'on lui donnait furent si petits , que la misère l'obligea à sortir de Rome. Il s'en alla à Florence : il y fut jjrofesseur assez long-temps , et s'attira un grand nombre d'auditeurs ; mais comme il espérait de trouver en France une meilleure fortune , il s'y transporta , et y mourut peu après dans un âge très-avancé. Il prononçait mal,
-, -Al- -, , et il ne se mêlait d'autre chose
phon et Andronicus ont vécu en me- j > -, ^ \ ni *■ „ 1.,;
me temps, et que ce Gniphon , au rap- q"^ de ses études («). Platine Im
port de Suétone, enseignait dans la donne 1 eloge d avoir tres-bien
maison deJules César, et eut Cicéron su et le grec et le latin (Ù). On
(2) Sueton., de illuslr. Grammat., cap. VIII.
(3) P'ide Casaubonuin in hune Suetoaii lo~ cutn.
(4) fn Sueton. , ibitlmn.
(3) De Histor, Latin., pag.lî'].
(rt) Grœcâet latind liitgiiâ apprimè eruditus. Plalma, in Panegyric. Bcssarionis.
ih) Tiré de Volaltrran , lib. XXI , pi,-. 775.
io8 ANDRONICUS.
verra dans mes remarques une un coup , M. Moreri ne devait pas le méprise de Gabriel Naudé (A), distinguer de celui qui enseigna dans , 1 . » ^ ^ Pans, ni dire de celui-ci qu il tut
n y avait en même temps un au- pi-ofesseur à Bâle. L'auteur àAihènts tre Andronic qui enseignait à Bologne , et qui était de Constantinople (B).
ancienne et noiwelle met Antonicus au nombre des savans grecs qui passèrent en Italie 5ur le mUieudu quatorzième siècle (4)- 11 a sans doute voulu dire Andronicus , et il a mis quatorzième au lieu de quinzième.
(B) Il y ai/ait en même temps un autre Andronic , qui enseignait a Bologne , et quiétait de Constantinnple.'] Philelphe en parle avec ëloge dans plusieurs de ses lettres. Cet endroit, tiré de la première du XXIV''. livre , datée du dernier octobre i^6^ , suffira : Quaiè non possuni vos omnes qui Bononiœ agitis non mirari plurimiim , qiibd ciitn uobis uiri doctissimè eruditi copia data sit ad grœcam disciplinant peniiùs consequendam , ?nalitis indocti esse quam docli. JYunquain ec/uidem discendi gratid trajecissem in Grœcinm Constantinopolim, qud in urbe septennium egi , si istiusmodimihi Andronicus Bjzanllus esset oblalus.
(4) Albènes ancienne et nouvelle, pag. 289 de la 3'. édition de Paris, en 1676.
ANDRONICUS ( Tranquillus), né en Dalmatie , vers la fin du XV. siècle , travaillait à un ouvrage qu'il faisait espérer au public (A). Il enseigna dans l'académie de Leipsick , en même temps que Mosellan (B). Nos remarques feront voir qu'il a publié quelque chose (a). Érasme lui écrivit une lettre , qui est la X^ du I\^ livre.
(a) f^ojrez la remarr/ue (B).
(A) Il tra^'aillait h un outrage qu'il
une iTxunuuiC U.C t/ii^ctu \^uiiinini,iiiyj' ^ > '. 7 /• n n 1 i
,,„/• i I „ . T^ •» ' j „!. laisait csptrer au public. \ V&ni io\Q ,
pou et quelques autres Iraites, dont •> ^ ^ . , ' ■ . • . . ^ >
1 x„ 1^ uu e -1. I- ^2\ I? „ ayant rapporte que le triste état ou
le pcre Labbe lait mention (3). Lncore .-^ t, ^' -1 j .. i r» i .•
les Turcs avaient réduit la Dalmatie
ne permettait point qu'on y cultivât
l'étude des belles-lettres, et qu'ainsi le
recueil de ses éloges ne comprendrait
point de gens de ce pays-là , ajoute ,
à moins que Tranquillus Andronicus
ne fasse connaître le mérite de ses
coin patriotes. Rapportons les paroles
mêmes de Paul Jove : Siculneniodi-g-
(A) P'oici une méprise de Gabriel Waiidc au sujet d' Andronic. ] Ayant dit qu'un Hermonyme de Sparte enseigna dans Paris, il ajoute , après cela, il y en t^int encore un autre, nommé Tranquillus Andronicus Dalmata, qui fut le dernier de ceux qui y arrif^èrent pendant le règne de Louis XI (i). Il est visible qu'il confond Andronic de Thessalonique avec celui dont je parle dans l'article suivant.
Moreri a commis la même faute; et, ayant voulu se servir de distinction , il s'est encore plus embrouille. 11 veut que son Tranquillus Andronic , professeur en langue grecque à Paris, ne soit pas celui quiai^aitbeaucoup de part en l'amitié du cardinal Bessarion ; et néanmoins , c'est une chose certaine que le client de ce cardinal ne diffère point de celui qui fut professeur à Paris. Il ne fallait pas le nommer Calixte Andronic , comme a fait M. More'rij mais Andronic Calliste. Considérez ces paroles qui nous apprennent qu'il était parent du fameux Théodore Gaza : Gaudeo equidem plurimiim , c'est Philelphe qui parle , dans une lettre qu'il écrivit de Milan à ce Théodore , le 2 1 de janvier 1469, eruditissimum i^irum miJiique amicissimum Andronicum KalUstum necessarium tuiim apud i>os agcre , id est in musarum et sapientiœ domicilio , quem ut verbis meis sah'ere jubeas abs tepeto, meque to7ç Tnfi Vivia-o-cn^im (t. tov S'iovrô- 'Tiiv commenda (3). Cet Andronic Calliste était péripatéticien , et a fait un livre de Physicâ Scientiâ et Fortund; une Monodie de misera Constantino-
(i) Naudé, Addit.
pag. 187.
(2) Philclpli. , E
l'Histoire de Louis XI,
clph. , Jipist., lih. XXIX. Voyez droit du livre XVI et un autre du
liv. XVII. Ces passages tn'onl été indiqués
par M. de la Monnoic.
(3) Dans sa BibliotbecanovaManuscriptoruin.
Jh tiens cela du M. de la Monnoic, comme
«ntii ce ijui est contenu dans la remarque
tuivtmte.
ANGIOLELLO.
nus clogio coinparcat , nisi in lucern studiosè producal cii'es suos Tianquillus Andronicus prœclarus Ciceronis œniulator, dum grai'issimaruni actionum ac othomanicœ Ittgalionis , obscurorumque nobis itineruin Conimentariaperscriba{\). Ce passage insinue qu'Andronicus avait fait le voyage de Constantinople, ou comme envoyé, ou à la suite d'un ambassadeur. Konig n'use pas de tant de reserve ^ ii décide qu'Andronicus fut député en Turquie , et fit un livre sur sa négociation : Legalinneni ad Turcam obiït , eamque suis Commentaiiis illusliai'it.
On ne saurait trop souvent fronder les auteurs qui amplifient ce qu'ils citent. Paul Jove ne parle que d'un ouvrage auquel Andronicus travaillait.
Konigconvertitcela en un livre donné au public.
(B) // enseigna a Leipsich], en même temps que MoselLm-l C'est de Simler que je sais cela ; Hic, dit-il (2) , /itteras docuit Lipsiœ, Pet. MoselLani tempore. 11 le nomme Tranquillus Parthenius Andronicus Dalmata, et lui donne une harangue imprimée à Augsbourg, Tan i5i8, et à Vienne , l'an i54i- Le sujet de cette harangue est d'eshorter tous les princes d'Allemagne à la guerre centre les Turcs.
On a une autre harangue de lui de Laudibus Eloquentiœ, et quelques cer* latins (3j. LesSupplémens de Du Verdier nous donnent un dialogue du mêmeauteur. 11 a pour titre Hylla : les interlocuteurs sont César , Sylla , Pompée, Minos ; il est imprimé à Leipsick, in-S". (4) : l'année de l'impression n'est point marquée dans ces Supplémens de Du Verdier.
(j) Jovius , in Elogiis , pag. 299.
(2) Ëpltom. Bibliotb. Gesneri , pag. 806.
(3) Idem , ibid.
(4) Idem , ibid.
ANGIOLELLO ( Jea>--Marie), natif de Vicenze , a comjDose en italien et en turc une histoire de Mahomet H ., laquelle il lui dédia. Elle fut agréablement reçue par ce fier sultan qui , outre les caresses qu'il fit à Angiolello , lui donna des marques de sa libéralité. L'auteur avait
été témoin oculaire de ce qu'il rapportait ; car étant un des esclaves du jeune sultan Mustapha, il le suivit à l'expédition de Perse , l'an 1473. Je parle de la terrible guerre que Mahomet alla porter en personne avec près de deux cent mille combattans dans les états d'Ussun-Cassan. Il y a lieu de s'étonner qu'Angiolelio , qui connaissait sans doute la fierté de cet empereur turc , ait osé redire les paroles outrageantes qu'Ussun-Cassan employa pour lui reprocher une naissance illégitime , lorsque d'une hauteur , qui était au bord de l'Euphrate , il eut découvert l'armée des ennemis. Peut-être Mahomet ignora toujours que l'histoire eût immortalisé cette injure ; car les princes ne savent pas tout ce qui est dans les livres qu'on leur dédie. Quoi qu'il en soit , l'ouvrage d'Angiolello n'en fut pas moins bien reçu , ni moins bien récompensé {a). Ceux qui le font fleurir en i524 ip)-) le prennent un peu trop sur son arrière-saison ; mais ce qu'ils ajoutent , qu'il a composé la vie d'Ussun-Cassan , est plus juste. On imprima à Venise , l'an 1 553 , un ouvrage de Gio V.Mario Angiolello délia T^ita e Fatti di Re di Persia (c), et l'on voit dans la bibliothèque de M. de Thou {d), Relalione délia Vita e de Fatlidelsignor Usun- Cassan , par notre Angiolello.
On a oublié de marquer l'année et le lieu de l'impression.
{a) Voyez l'Histoire de Maboniet II , par Guillel, tom. Il, pag. 210, 2l8, 234-
[b] Konig, Biblioth. vet. et nova, coce ÀDgelellus.
(ci t'oyez le Catalogue d'Oxford.
( d ) Première partie du Catalogue , pag. 450.