‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 23 sur 113 · ANGLUS · texte numérisé non relu

ANGLUS

qubd ei'identiam jactet , ckm laiiien perobsciirè ipsuni scribere , quotquot eum legant , queriteniur. Respondet Me , se brei^itati scientiarum tradiloribiis aptœ studere ; ilieologos in causa esse quàd obscura maneani ipsius scripta , diini sese explicandi unsam prœbere refugiunt. Addit cel doctos eum intelligere passe ; undè et , si errores scribat , ipsum confutare in proclu'i est ; fel non intelligere , et sic neque debere ipsi occlamitare ; ciimpessimus ait aninii niorbus calumniai i quod nes- €is. 11 y a quelque chose de sophistique dans ce dilemme.

! (E) Quelques-uns de ses ouurages ont été pétris par la congrégation de /'index et par les censures de diverses académies. ] Le décret de cette con- £;iégation du lo juin i658 condamna ces quatre traités de Thomas Anghis, Institutiones peripateticœ ; AppendLX theologica de Origine mundi ; Tabula suffragialis de terminandis Jidei lilibus ab Ecclesid Catholicdjixa ; Tesserœ romanœ evulgatio. Les deux dernières pièces furent publiées contre le fameux père Macedo , qui , dans les guerres de plume , a été un véritable chercheur d'occasions , un chevalier errant toujours prêt à rompre une lance. Il attaqua Thomas Anglus (5) 5 mais au lieu de répliquer au Tabulée suffragiales et au Tesserœ romanœ efulgatio , qu'on avait opposés à son attaque , il recourut à des intrigues ,

en général, sur trente propositions , qu'elles sont respectivement téméraires , dangereuses , hérétiques, où sera riiomme que vous n'exposiez à prendre pour hérétique ce qui n'est que téméraire , ou pour téméraire seulement ce qui est hérésie en toute rigueur? Celte réflexion aura plus de force , si je l'emprunte de la lettre d'un anonyme , qui paraît homme d'esprit et de jugement. Voici donc comme il parle sur le décret de l'inquisition du '] décembre i6go, contre trente et une propositions. « Je ne sais, » monsieur, dit le prélat en s'adres- » sant au docteur , si vous avez bien )) compris toute l'adresse et tout l'arj) tilice de la censure. Vous savez la )) manière dont ces messieurs ont ac- )) coutume de qualifier les proposi- )) tions , non eu leur donnant à cha- )) cune en particulier leur note et leur )) qualité , soit de scandaleuse ou d'er- )) ronée, ou autre ^ mais en mettant n d'abord de suite toutes les proposi- )) tions, y en eût-il cinq cents : et après, )) sous ces propositions en bloc et en )) tas , toutes les qualifications qu'il » leur plaît de leur donner , en y » ajoutant un respectii'è au bout. De j) sorte que c'est aux théologiens par- )) ticuliers à deviner quelles de ces )) propositions sont condamnées seu- )) lement comme scandaleuses etquel- )) les le sont comme hérétiques ou » d'une autre manière (8) ». Dans la

qui firent condamner ces pièces par page suivante , on introduit un con

la congrégation de ri«£?ex (6j. Les doc- seiller au parlement, qui s'exprim

tours de Douai censurèrent vingt- deux ainsi:» Surtout, nous croirions nou

propositions extraites des Instructions ■» moquer de la justice et nous exposer

sacrées de Thomas Anglus. 11 opposa » à la risée et à l'indignation publi-

â leur censure une Supplicalio poslulativa justitiœ , où il se plaignit qu'ils .se fussent contentés d'une censure très-vague, accompagnée d'un respecîiVè , sans qualifier chaque proposition en particulier (7). 11 leur montre que c'est agir en théologiens prévaiicaleurs. Et en effet , ne jette-t-on point par-là tous les simples dans le péril de se tromper et de calomnier leur prochain ? Si vous prononcez

(5) // publia , en i654 , Sonus litui adversu.'; Snnum tiibw . Thomas Anglus avait publié , en jG53, Sonus buccina;, eum Appendice advcrsus mentcm divinil'u» inspiratam Innoccntio X.

(CJ Voyez la préface du livre intitulé Slatera appensa quoàd satuti* a.sscquenfla; facjlitatcm, imprime' il Londres , en i6(ii , (n-12.

(7) Voyeila même préface.

put » que , si nous mettions dans nos ar- » rets, d'une part, toutes les préfenj) tions des parties et tous les chefs )) d'un procès , et de l'autre , confu- ■» sèment et en un tas toutes les déci- » sions différentes avec un respectii^è )) qui rendrait l'arrêt inintelligible, et » serait une source de mille procès » éternels. » Voyez les réflexions qu'a faites sur ce même décret d'Alexandre Vlll , l'auteur des Difficultés proposées à M. Steyaert (9). .le reviens à Thomas Anglus. 11 forma plusieurs doutes sur chaque censure des théologiens de

(8) Lettre d'un abbé à un prélat de la Cour de Rome , pag. 29. Le litre de mon édition porte Jouxte la copie imprimée à Tboulouse, 1(191 ■

(9) Diffic. , à Steyaert , IX'. pari. , pag. i^o.

ANICIUS.

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Douai ; et prétendit que , si l'on n'y satisfaisait pas , ou couvrirait de confusion Tacadémie et on le comblerait de gloire (lo). Lorsque la cabale a plus de part que la raison aux censures d'un ouvrage , le particulier censure' ne manque guère de confondre ses censeurs. On n'a qu'à se souvenir de la lettre que M. Arnauld écrivit en i683 à l'université de Douai.

Je n'ai pas encore dit tout ce que je sais des censures qui tombèrent sur les livres de Thomas Anglus. Dès que sa Statera Aloriim eut paru , l'archevêque de Malines et l'évèque d'Anvers en firent des plaintes à l'internonce de Bruxelles. 11 y eut un important qui passa en Angleterre , pour extor-

auer des signatures contre la doctrine e cet auteur (ii) ; et il paraît que l'évèque de Chalcédolne désapprouva le traité Je medio ^nimorum sLiitu , et qu'on fit courir le bruit qu'il l'avait censuré publiquement (la).

Le père Baron observe que le Sonitus buccinœ fut censuré, et que l'au teur y soutient que l'église n'a pas le pouvoir de définir , mais seulement de témoigner sur la tradition (i3).

(F) // n'aurait pas étéjâché que les jésuites l'eussent jugé digne de leur colère. ] Celaparaît par la préface que j'ai tant de fois citée (i4). L'auteur de cette préface et du livre qui la suit , n'est peut-être pas différent deThomas Anglus. Il écrivit peut-être lui-même contre sa Statera IHorum , tant pour avoir lieu d'éclaircir des difficultés , que pour engager le public à prendre garde à un livre qui courait risque de n'être point démêlé de la foule des livres nouveaux. En tout cas , l'auteur de cette préface n'est pas un homme qui paraisse mal instruit des pensées de Thomas Anglus, ni mal intentionné contre lui. Or , voici ce qu'il dit touchant les jésuites : Increhuerunt sœpiusculè rumores comminatam esie doctam illam societatem se contra D.

Albii Opéra slricluram calamuvi. Hoc

(lo) Piœfal. Statera, etc. Voyei la citation (6).

(il) Tn eâdein Prttfat. Stater».

(la) yorez VEpîlre dédicatoire du livre de Thomas Anglus , intitulé Vellicalionis sus de medio Animarum statu ratio, imprime' Van i653.

(i3) Baro , Apologiœ lib. IV ,pag. i44.

(i4) Prinftit. Statera: appensae , etc. Vo^ei la citation ((>j.

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