‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 25 sur 113 · T» 1. T „„ U^„^ celebratus [5). m. Lloyd observe que · texte numérisé non relu

T» 1. T „„ U^„^ celebratus [5). m. Lloyd observe que

en parlant de Probus. Les bene- j^ ^^^^^, '^^ y^^ 5^-3 ^^^ ,^ ^^,^1^^

dictins prétendent que le ion- vainqueur de Gentius ; mais il ne cite dateur de leur ordre était de la personne.

famille des Anicius; et l'on a (li) Un Amcws fut le premier grand T T • •]., „„<^ »A,.V.û ,lû seigneur romain qui embrassa le cnris-

vn des livres ou ils ont tacne ae,^. ,, / . .ji.

VUUC3 jivica wij. 1 nanisme. ] Je n en ai point d autre

montrer que 1 auguste maison preuve que ces paroles de Prudence : d'Autriche en est aussi descendue, Richard Streinnius a écrit contre cette fable. Son livre est intitulé Anli-Aniden. Il n'a jamais été imprimé : il est seulement en manu.scrit dans la bibliothèque de l'empereur (e).

Nous toucherons quelque chose d'assez curieux concernant le sujet de cet ouvrage (C).

{d) Tacit. Ann., lih. XVI, cap. XriT.

[e) Lambecius. Commentar.Bibliolli. Vin- (toboD. tome I , num. 5o.

(A) // ne mit qu'un mois à conquérir Ullyrie.^ Il n'était encore jamais arrivé à Rome que l'on eftt plus tôt apprisla fin que le commencement d'une guerre. Cependant il fallut dans celleci prendre la très-forte j)lace de Scodra. Le bon succès fut si entier , que le princequ'on«vait à combattre tom-

enim anle altos generosus Anicius urbis Inlustrdsse capul (4)-

Baronius conjecture que ce poè'te ;»

voulu parler d'Anicius Julianus , qui fut consul l'an 3a2. Lloyd , beaucoup plus décisif, assure, sans rien citer, qu'Anicius Julianus fut le premier sénateur romain qui embrassa l'Evangile , comme Flavius Constantin fut le premier empereur romain qui l'embrassa ^ et que de là vint qu'ensuite presque tous les empereurs prirent le surnom de Flavius et presque tous les sénateurs le surnom d'Anicius. Je demanderais volontiers des preuves de tout ceci. Si la conjecture de Baronius était véritable , il faudrait comparer Anicius Julianus avec ce seigneur français , qui se fit baptiser le pi'c-

(i) Livius, lih. XT.rr, cap. xxxir.

(i) Florus , lib. II , cap. XI II.

(3) Livius , lib. XLr, cap. XLIII.

(4) Prudent, , I» Symnt. , Ub. I , ys. SS.V

«lier de tous , à l'exemple de Clovis , pour tourner en ridicule ce Seyfrid et

et qui prit pour bon cri de guerre , ses semblables , justement dans le

Dieu aide au premier chrétien. On dit temps qu'un autre moine bénédictin

que les seigneurs de Montmorenci des- nommé Bucelin, pour augmenter le

cendent de celui-là, et qu'ils se sont nombre des ridicules , mil au jour son

dits, parcette raisovi, premiers barons Aquila iraperii Benedictina. Ce nV->

chrétiens. tait plus en cette occasion , continue

(C) f^oici quelque chose d'assez eu- M. Baillet , ce médisant et satirique

rieux touchant l'Anti-Anicien.'] Selon Scioppius ; c'était un fidèle et zélé ser'

M. Baillet , le manuscrit de Strein- uiteur de la maison d'Autriche , un

nius demeurera toujours supprime, conseiller de l'empereur etdu roi d'Es-

Eour deux raisons : l'une est celle que pagne, attaché aux intérêts des princes ambecius a dëclare'e ^ c'est que cet deleurnoTnpnrplusd'unenchainement, ouvrage est imparfait : l'auti'e , plus infiniment plus sai'ant que ces rêveurs importante et sur laquelle il n'avait oisifs; qui s' était rendu terrible en magarde de rien dire, est que l'Anti-Ani- tière de fausses généalogies plus de cien n'est point composé sur les préju- quarante ansauparai^ant , par son Scagés du uulgaire des pays héréditaires, Uger Hypobolimée. Si donc Scioppius, ni sur les idées de ceux qui , pour faire tout devenue qu'il était d'ailleurs à la leur cour a leur empereur, ont fait maison d'Autriche , a cru devoir s'opremonter la maison d'Autriche jus- poser aux vanités et aux chimères de qu'auxAniciens de l'ancienne Rome... la généalogie anicienne de ces moines, L'auteur l'avait entrepris pour fronder c'est un préjugé que leurs inventions les moines de saint Benoit en Allema- ne font point honneur aux princes de gne , sur ce qu'ils paraissent infatués la maison d'Autriche, ni aux disciples de leur parenté avec la maison d'Au- de saint Benoît, et que /'Anti-Anicien triche, et pour réfuter en particulier le de Streinnius doit être quelque ouvralivre d'un bénédictin flamand , nommé ge d'importance.... Encore que Seyjtr-nold If^ion , qui , par un enchat- frid ait avancé que saint Thomas était nement de rêveries , avait fait voir les Je l'illustre famille des Aniciens , il deux branches de la famille romaine n'est pas a espérer qu'un jacobin fran- Anicia , l'une pour les princes de la cais s'avise jamais défaire un Aquila maison d' Autriche , l'autre pour son imperii Thomistica. Cet avantage est patriarche saint Benoît (5). M. Baillet peut-être réservé à quelque dominicain ajoute que si Richard Strein n'a point allemand ou espagnol , seri^iteur zélé parlé des Aniciens dans son livre des de la maison d' Autriche. Je demande familles romaines , c'est parce que ce à mon lecteur de ne me conside'rer eu n'était pas une des familles de la tout ceci que sur le pied de simple covieille roche. 11 nous apprend que piste. Lambecius avait conçu le dessein de

répondre a l'Anti-Anicien de Strein- ANNAT* ( François) , confes-

nius dans les Prolégomènes des Anna- ggm. (Jg Louis XIV, était du

les d'Autriche qu'il promettait...., et R^uergue (a). II naquit le 5 féqu u semble qu il avait choisi pour . o ti j • • '

servir de fondement et de modèle a sa vner 1590. Jl devint jésuite au

réponse (*) le livre qu'un abbé béné- mois de février 1607, et profèsdu

dictin, mais de l'ordre de Cîteaux , quatrième vœu , en l'année 1 624.

nommé Jean i^eyfrid publia douze jj enseigna à Toulouse la philoans après la mort de Streinnius , sous 1 • j 11'

le titre ri'Arbor Aniciana ; mais que , SOphie pendant Six ans , et la theo-

quand ce Seyfrid aurait eu intention logie pendant sept ; et comme il

d'attaquerVku\.i-kmciexi,onpeutdire g'g„ acquitta avec éclat, il fut

que Streinnius aurait été vengé suffi- ^' . tj^ „ ^^ , „, „„„ 1

^ , V ■ ■ -il- appelé a nome pour v exercer la

samment par ocioppius , qui publia Ir r J

i'an i65i , une petite dissertation , . q^ uj^j^j le Ménagiana Je 17 15, iv,

/p\ n 'Il . . rr J » .• r^Tjv 1 17 , que le vrai nom de ce personnage était (5) Baillet, lom. II, de/Ànti, num. CLIV , „ ' ^ , •■! i .■ e -, , .i„

«A ,,a .. .-.«..i». Canard, quil lalinisa en se faisant appsler

pti^' 220 el .suivantes. 4

(*) T'orne//, Comment Bibllot)). Vmdobon,, -*""'"• jiag. 418 cl srijq. {a" Ruthenensis.

n6 ANNAT.

fonction de censeur général des ne point se servir de son crédit

livres que la société publiait , et la fonction de théologien auprès du général de la compagnie.

Étant retourné eu sa province , il fut recteur du collège de Montpellier , et puis de celui de Toulouse. Il assista à la huitième congrégation générale des j ésuites

pour son utilité particulière , ni pour l'avancement de sa famille , et un grand zèle de religion {b). Il fut le marteau des hérésies , dit-il (c) ; et il attaqua nommément ai>ec une ardeur in~ croyable la nouvelle hérésie des jansénistes : il travailla puis—

qui se tint à Rome l'an i645 : il somment à la faire condamner y assista , dis-je , comme député par le pape , et à la tenir en bride sa province , et il y donna tant de sous l'autorité du roi tresde preuves de mérite , que le père chrétien ; outre quil la réfutapar Vincent Carafa , général des je- sa plume , avec tant de force , suites , ne trouva personne plus propre que lui à remplir la charge d'assistant de France , qui vint à vaquer au bout de dixhuit mois, La neuvième congrégatioiï générale lui redonna le même emploi auprès de François Picoloraini , général de la compagnie , après la mort duquel on le fit provincial de la province de France. Pendant qu'il exerçait cette dignité , il fut choisi pour confesseur de Louis XIV ; et ayant occupé ce poste pendant seize ans , il fut contraint de demander sa démission , à cause que le grand âge lui avait extrêmement affaibli l'ouïe. Comme le roi était fort content de lui , il ne lui accorda son congé qu'avec beaucoup de regret. Le père Annat ne vécut que quatre mois depuis sa sortie de la cour. Il mourut dans la maison professe de Paris le 14 de juin 1670. Le père Sotuel , dont j'emprunte ce qu'on vient de lire, lui attribue de grandes vertus, un parfait désintéressement , beaucoup de modestie et d'humilité, un attachementexact aux observances et à la discipline de son ordre , un grand soin de

que ses adversaires n ont pu lui répliquer rien de solide. Il y a un très-grand nombre de gens , à qui le père Sotuel ne persuadera jamais ce dernier point ; mais, pour ce qui regarde le désintéressement du père Annat , il n'aura pas beaucoup de peine à planter la foi ; car tous ceux qui ont voulu s'en informer ont pu apprendre que ce père confesseur n'avança point sa famille.

On prétend avoir ouï dire au roi , qu'il ne savait point si le père Annat avait des parens (d).

Il en avait, qui ne s'oublièrent pas , et qui le furent trouver au Louvre ; mais ils ne remportèrent aucun bénéfice. Il y a des temps , où le grand et le petit népotisme sont à la mode ; quelquefois le petit népotisme règne, pendant que le grand est aboli.

Au temps du père Annat , le grand népotisme (e) était à son

{b) Sotuel, BibliotL. Scriptorum Societ.

Jesu, pag'- 211.

(c) Haeresium malleus, et nominaUm oovïe jansenistaruin lixresis oppugnator acerrimus. Ibidem.

{cl] Adcà ut dixisse aliquando perhibealiir sua mnjestas nescire se an pater Annatus haberet alitfuos sanguine sibi coiijunclos. Ibidem.

(e) C'est celui de la cour de Rome.

comble ; mais le petit népotisme , tique et polémique des écoles ,

quant à la branche des pères con fesseurs , était à Paris au plus bas degré. Je me sers de restriction , parce qu'il y a beaucoup

que de la tourner selon le génie du siècle. Néanmoins on loue beaucoup , dans une réponse aux Provinciales, ce qu'il a écrit en

d'autres gens constitués dans les notre langue {f)

dignités ecclésiastiques , qui ne Ce que J'ai dit en général des

cessent d'accumuler sur la tête de leurs parens tout ce qu'ils peuvent obtenir. Plusieurs d'entre eux sans doute allaient leur train ordinaire, pendant que le père Annat ne souffrait point autour de lui les loups béans ve

neveux de ce père confesseur ne doit point être un préjugé contre leur mérite; car l'un d'eux , qui est général des pères de la doctrine chrétienne, passe pour un homme très-savant, et il a publié en latin un ouvrage qui est

nus du Rouergue. On a pu lire fort estimé. Cest un Apparat dans les Amours du Palais-Roy al, métlwdique pour la théologie qu'il voulut se défaire de sa char- positive (g). Vous en trouverez ge (A) , lors de la grande faveur de mademoiselle de la Valière.

Si cela était vrai , ce serait le plus bel endroit de sa vie , et le plus beau sujet d'éloge que l'on puisse trouver dans la vie d'un confesseur de monarque. L'auteur de cette satire , qui , selon l'esprit et la nature de ces sortes d'ouvrages , cherchait à donner un tour malin à toutes choses , a bien vu cela; c'est pourquoi il a fait en sorte que son lecteur n'y trouvât rien de louable. Il a couru une satire beaucoup plus moderne , oii l'on a joint à la demande vraie ou fausse de congé tant de faussetés de notoriété publique (B) , qu'on ne peut comprendre qu'il y ait des gens au monde qui veuillent mentir publiquement avec si peu d'industrie. Le père Annat a fait un fort grand nombre de livres (C) , les uns en latin , et les autres en français. Les latins sont beaucoup meilleurs que les autres , parce qu'il avait acquis plus d'habitude de traiter une matière de théologie selon la méthode dognia-

l'extrait dans le Journal des Savans du i3 de septembre 1700.

(y) yoyes la femar^ue (C) , à lajin.

{g) Nouvelles de la république des leUres. Ai'ril 1700, pag. 477.

(A) On a dit dans les Amours du Palais-Royal (i) qu'il voulut se défaire de sa charge.^ Voici le passage : « Le pauvre père Annat , confesseur « du roi , soufflé par les reines, l'alla » aussi trouver , et feignit de vouloir » quitter la cour , faisant entendre » finement que c'e'tait à cause de son » commerce. Le roi , en liant , lut » accorda tout franc son congé. Le » père , se voyant pris , voulut rac- )) commoder TafTaire ; mais le roi, en » riant toujours, lui dit qu'il ne vou- » lait désormais que de son curé. L'on » ne peut dire le mal que tout son or- » drelui voulut d'avoir été si peu ha- )) bile. » On me pourrait demander sur cela trois clioses : 1°. S'il est vrai que le père Annat ait demandé permission de se retirer ; a", si ce fut par feinte et par complaisance pour les reines; 3". s'il se retira en eflet, ou si les j('suites eurent l'adresse de raccommoder leschoses. Jene puis répondre .■i la première question , si cen'estque je n'en sais rien , et que l'autorité d'un homme qui écrit une satire ne me paraît d'aucun poids ; je n'ajoute foi à co qu'il avance qu'à proportion

(i) Ce livre commença de paraître environ l'an i6G5.

ii8 ANNAT.

qu'il le prouve. Ceux qui composent et qu'en ayant parle au roi , cette af-

iine histoire sont dispenses de prêter faire fut conclue dans peu de jours ,

serment , et de fournir des témoins parce que le père Annat, qui ne tar-

(a) : on les en croit sur leur parole , da guère à venir annoncer les terri-

et sans qu'ils jurent; mais pour ceux blés jugemens de Dieu , et à deman-

qui écrivent des libelles, c'est une fa- der son congé' puisqu'on ne s'amen-

veur , c'est une civilité, que de les en dait pas , fut pris au mot (7). On met

croire sur leur serment, confirmé par en marge l'an 1667. J'avoue que je

des témoins. J'ai encore moins de lu- ne comprends rien à une telle har-

mièressur la deuxième question: je ne diesse : car il est de notoriété publi-

m'ingère pas à fouiller dans les abî- que que le père Annat ne prit congé

mes du cœur. Sur la troisième je ne de la cour qu'en 1670 ; et qu'un jé-

sais que la notoriété publique : c'est suite du Rouergue , nommé le père

que le père Annat a été , sans inter- Ferrier , prit sa place de confesseur

ruption, confesseur du roi de France de Louis XIV; et que le père la Chaise

jusqu'au printemps de 1670. n'y entra qu'après la mort du père

(B) Une satire beaucoup plus mo- Ferrier, arrivée le 29 d'octobre 1674

derne (3) débite beaucoup de fausse- (8). A quoi songent des gens qui pu-

tés sur son chapitre.^ L'auteur de cette blient des faussetés si grossières? Com-

satire suppose que le père la Chaise ment ne voient-ils pas qu'ib ruinent

sériait beaucoup a porter le pape h ce Ipu'" principal but ? Car quel préjugé

que le roi souhaitait de lui, après l'in- ne donnent-ils point contre tout leur

suite de la garde corse , et que le car- livre , quand ils paraissent , ou si mal

dinal Mazarin , en reconnaissance de instruits des choses qui sont exposées

ce service, lui fit mille caresses , le aux yeux de toute la terre, ou assez

recommanda au roi, et le fit même dépourvus de honte pour oser publier

admettre de son t^it'ant dans le conseil des faussetés évidentes ? Ont-ils les

de conscience; ce qui était proprement maximes de certaines gens qui débi-

le rendre coadjuteur du confesseur {\). tent une fraude pieuse à tout un peu-

On met en marge Tannée i663, pour p'e, en raisonnant de cette manière?

les premières caresses du cardinal ; Pour un auditeur qui connaîtra que

et l'année i665, pour l'admission dans 7« "'^ trompe , il y en aura mille qui

le conseil de conscience. C'est bien "^ ^^ connaîtront point ; mille seront

savoir l'histoire moderne ! Où est édifiés de ma fraude, un en sera scaw-

l'homme qui ne sache que le cardinal dalisé ; le mal sera donc petit en coni-

Mazarin mourut en 166 1 ? L'auteur paraison du bien; il est donc de la

ajoute que le père la Chaise supplanta charité et de la prudence d'assurer

le père Annat, en excusant les amours cette fausseté devant celle nombreuse

du roi pour la Valière sur l'infirmité assemblée. Je ne sais point si nos fai-

de la nature , pendant que le confes- seurs de libelles raisonnent de la mê-

seur chagrinait tous les jours le roi me manière ; mais je sais bien qu'ils

là-dessus , et ne lui donnait point de parviendraient à leurs fins beaucoup

pour

iquelle uiiiament moins leur ennemi, qu

eut avec ce jésuite , elle aima mieux "e témoignent l'envie qu'ils ont de

lui procurer la place du père Annat ; difiamer. Au reste , c'est plus pour

l'utilité publique que pour l'intérêt

(2) Qui! unqu'am ab hisiorico juraiores d'aucun particulier que j'ai fait cette •.rfgii.'Scncca , de Morte Claiidii, ini/. remarque. 11 est bon que, dans ce

(3) IniUulr'e • Histoire du Pèie la Cbaisc , siècle , nous puissions juger des satiiésuitc et confesseur ,1.1 roi Louis XIV. ^ Co- res qui ont coiuu depuis mille ans ,

lognf , chez Pierre Marteau, en 1698, in-12. ^

La II', partie fut imprimée deux ans après. (7) Pag. Ii5.

(■/,) Pag. loG. (8) Ex Natlianael. Sotuelli Bibliotli. Societ»-

(5) Pag. 107. tis , pag. 4/,().

(6) Pag. 108. (3) Scaligerana II, pag. 10.

vl que les siècles à venir puissent juger de celles que nous voyons. Pour en bien juger , il ne faut point avoir égard à ce principe : // n'y « point d'apparence que si cela eût été l'isibleme.nt faux , on eût osé le publier. Ce sera , sans doute , l'utilité principale de cette remarque 5 car , au reste , les réflexions ou les censures les mieux fondées seront toujours inutiles pour arrêter la plume de cette espèce d'écrivains. On a si peu profité de l'indignation des honnêtes gens contre l'historien fabuleux et satirique du père la Chaise , que cinq ans après on a mis an jour un autre ouvrage pire que celui-l;'i. C'est depuis le commencement jusqu'à la fin un tissu de fables grossières , et d'aventures chimériques , racontées avec la dernière impudence-, et avec un style tout farci de saletés. Voici le titre de ce bel ouvrage : Histoire des intrigues amoureuses du père Pelers , jésuite , confesseur de Jacques II , ci-deuant roi d'Ansltterre , oit l'on uoit ses

et Commenlatorem ijuinquc Propositionuni; Injonnalio de quinque Propositionibus ex Theologid Jansenii colleclis , qiias Episcopi Gnlliœ Romano Pontifici ad censurant obtulerunt ; Janscnius à Thnmistis eraliœ perse ipsam ejfficacis defensoribus condemnatus; Cai'ilU Jansenianoruni contra latarn in ipsos à Sede Apnslnlicd sententiam , seu Confutatio libelli triuui Columnaruni (10). Voilà cinq traités dans le IIP. volume , qui sont précédés de quelques avertisscmens au lecteur , et de quelques notes sur le journal deSaint-Amonr. Voici (pielques-unsdes livres français : Réponse au in^re qui a pour titre , Théologie morale des jésuites ^ Réponse à quelques demnndes touchant la première lettre de M. Arnaud ; la Bonne Foi des jansénistes dans la citation des auteurs ; Recueil de plusieurs faussetés et impostures contenues dans le Journal de tout ce qui s'est passé en France sur le sujet de la Morale et de l'Apologie des casuistes (11); Remèdes

ai^entures les plus particulières, et son contre les scrupules qui empêchent la

véritable caractère , comme aussi les conseils qu'il a donnés a ce prince touchant son gou^ernetnenl. A Cologne , chez Pierre Marteau le jeune , marchand libraire , i6g8. Pendant qu'il se trouvera des gens qui achètei'ont avec plaisir ces sortes de livres , il y aura des libraires qui en paieront la composition et l'impression, et, par conséquent , il y aura des personnes assez malhonnêtes pour consacrer à cela leur plume vénale. Lemalestdonc sans remède.

(C) Le père Annal a fait un fort grand nombre de lu-res. ] Ses traités latins , publiés en divers temps , furent recueillis en 3 volumes in-4''-, et imprimés à Paris , chez Cramoisi , Tau 1666. Le I*'. contient l'ouvrage de Scieulid mediâ contra nm'os ejus impugnatores , und cum Exercitatione sclwlasticâ sub nomine Eugenii Philadelphi , et Appendice ad GuilhelmumCaïuerarium. Le II*. contientl'ouvrage qui a pour titre : Augustinus à Bajanis , hoc est Jansenianis t'i/jdicatus. On trouve dans le III*. les traités suivans : Cutholica Disputatio de Ecclesiâ pressentis temporis ; de incoactd Lihertate contrn ^oi'um Auguslinuni yprensis Episcopi, f^incentiunt Lcnem , Apologistam. Jansenii ,

signature du Formulaire ; Remarques sur la conduite qu'ont tenue les Jansénistes dans l'impression et dans la publication du JYoui^enu Testament, imprimé à Mons ; la Doctrine de Jansénius contraire au saint siège apostolique et a saint Augustin. Je laisse le titre de quelques autres : on le trouvera dans le père Sotuel. Mais , pour le dire en passant , lui et son prédécesseur Alegambe ont oublié une chose qu'il ne fallait pas omettre. Ils devaient toujours rapporter le titre des livres dans la langue dont l'auteur s'était servi , et puis le traduire en latin. On éprouve tous les jours chez les libraires que si l'on demande certains livres , non par leur titre , mais par le sens de leur titre, on s'en retourne sans les trouver , quoiqu'ils soient dans les magasins ou dans la boutique des libraires. Au reste, quelque vieux que fût le jésuite Annat , pendant le grand feu de la guerre des jansénistes , au sujet de la signature du formulaire , et touchant la version de Mons , il ne laissait pas de publier plusieurs petits livres in-4".

(10) Il y a dans le père Sotiiel Calomnia* ru m.

(il) Le< curés fie Paris firent TApoIogie de ce Journal, dans leurs flll et JX'. Lcrtis.

]\ ne se confentait pas de servir la cause par roreille du prince, il la voulait soutenir ;iussi par sa plume , jusqu'à la derniôre goutte de son encre.

N'oublions pas les éloges qu'on lui a donnés dans une Re'ponse aux Lettres Provinciales de M. Pascal, réimprimée en Hollande l'an 1696 (la):

« Mais, touchant les jésuilesqui seha- >' sardèrentà écrire contre Pascal, que » vous semble du père Annat, qui est 3J l'auteur du livre intitulé , la Boii- 3) ne Foi des Jansénistes , et à qui la o) dix-septième et la dis-huitième Pro- » vinciale sont adressées ? Le père 3) Annat , répondit Cléandre , était , 3) à mon avis, un très-bon esprit : les î) jésuites ne firent rien de meilleur 3> que ce qui parut de lui sur les ma- » tières dont ou disputait en ce teraps- 3) là. Ce bon homme ( car je l'ai tou- » jours connu tel , et c'était la mo- 3> destie même ) avait du talent pour 3) écrire , même en français , s'il s'é- 3) tait un peu plus appliqué à Pétude 3) de notre langue. 11 lui échappe de y> temps en temps des traits aussi fins, 3) aussi vifs et aussi agréables que j'en » aie vu nulle part. .Te suis de votre 3) sentiment , reprit Eudoxe ^ et sans 3) parler de sa vertu , que j'ai enten- » du louer, même à des gens du parti, 3) je lui ai trouvé, comme vous, beau- » coup de justesse d'esprit, et quel- 3) quefois une finesse d'expression et

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