‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 27 sur 113 · ANNIUS. ANSELME · texte numérisé non relu

ANNIUS. ANSELME

nlnlem appellet , consule quœ siiperiùs dicta sunt de prœsentalione Dei genitricis in Templo (i). On voit là deux choses : i°. il prend au pied de lu lettre cetteexpression de saint Luc, elle ne bougeait du temple (2) ; 1°. il trouve que saint Cyrille a eu beaucoup de raison de donner à Anne la prophélesse le titre de très-religieuse nonnain. Mais il est visible qu'il ne faut point presser les paroles de saint Luc au delà du sens qu'on a tous les jours en vue, lorsque, pour signifier qu'un homme va très-souvent dans une maison , on dit qu'il n'en bouge , qu'il y est toujours , qu'on l'y rencontre éternellement, de nuit et de jour. C'est ce qu'on dit en particulier des femmes dévotes , qui vont plusieurs fois le jour à l'e'glise : elles ne bougent , dit-on , d'auprès des autels , elles sont toujours en prières et en oraisons dans les églises. Pour ce qui est de saint Cyrille , il n'est pas vrai qu'il appelle nonne la prophe'tesse Anne. L'interprète latin de ce père n'y a point pris garde d'assez près. Le mot grec ùtkh- T>iç , sta-jtMT^i* , n'e'tait point tellement affecte' aux moines et aux nonnains , qu'il ne se donnât aussi à tous ceux qui pratiquaient exactement les exercices delà religion. C'est ce que le docte adversaire de Baronius a fait voir trèsclairement (3).

(B) // est étonnant qu'Erasme n'ait trouvé dans les anciens livres que trois femmes nommées Anne. ] La première est la sœur de Didon : elle fut surnomme'e Perenna , et on la mit , ditil , au nombre des dieux , à cause de l'amitié singulière qu'elle eut pour sa sœur. Les autres dictionnaires ont rapporte' si amplement les aventures de cette Anne , que je n'ai pas juge nécessaire d'y toucher. La seconde est la femme d'Elkana : C'est assez , ditil , pour la louer que de dire que , dans sa vieillesse , et par une faveur particulière de Dieu , elle accoucha de Samuel , qui fut un prêtre trèspieux , et un juge très-incorruptible:

(i) Baron. , in Annal. Ecclesiast. , toin. I , ad itnn. 1 , num. 4i.

(2) OuK i<S/ira.'T'i X7rt> Toô hfou vJirs/atic xcti (TêitiTêo-i Ka.rpiuouTH \vx.'rct ko.) ttfAicutv. Cen-à-dire , selon la version de Genève, Kile ne bougeait du temple , servant Dieu, en jeûnes et orai&ous , nuit et jour.

Ci) Casaubon. , ExercitaJ. //, num. i3.

Cujus ad laudem àbundè satis est qubd et anus , et auspice Deo , Samuelem pepererit , non utiquè sibi , sed Deo quidem sacerdotem religiosissimum , populo verb judicem incorruptissimum (4). La troisième est la mère de la sainte Vierge. Il dit que cette dernière Anne a été fort célébrée par Rodolphe Agricola , et par Baptiste Mantouan. Il y a là , et des péchés d'omission , et des péchés de commission. Que lui avaient fait la fille de Phanuel et la mère de Tobie , pour être ainsi oubliées? Maison a-t-il trouvé que la mère de Samuel fût vieille ? L'historien sacré ne dit point cela, et nous fait plutôt entendre qu'elle était encore assez jeune. N'eut-elle pas cinq enfans depuis qu'elle eut sevré Samuel? Le même historien la fait répondre au grand sacrificateur Héli, qui l'accusait d'être ivre, qu'elle n'avait bu ni vin ni bière. Josephe , ne trouvant point cela assez singulier , lui a suggéré une autre réponse j savoir : qu'elle ne buvait jamais que de l'eau. M. Moréri a mieux aimé suivre l'historien juif que l'Ecriture. Au reste , la dame à qui Erasme a écrit la lettre où il parle de ces trois Annes , mériterait bien un article : il la qualifie Annam Bersalam principem f^erianam. Si je puis déterrer sa famille et ses aventures, je m'engage à parler d'elle.

Depuis la première édition de cet ouviage , j'ai déterré quelque chose touchant ce sujet. Voyez l'article Ber-

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