‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 3)Chapitre 44 sur 113 · APOLLODORE · texte numérisé non relu

APOLLODORE

pensait de cet édifice , et y trou- ait que Phuluis, ayant h fùre la

va des défauts très-essentiels (A) , *'","'« /^ Jupiter Olympien, ^ouhu

i> •. ■ qu il tut assis, ft (Inné litniteur si

que 1 empereur ne pouvait, m dispro,,orlionnée à celle du temple,

desavouer , ni réparer. Ce fut ce que s'il eilt été debout , la fodie se

qui jeta ce prince dans la plus Jût trout^ée Je beaucoup irr>p basse.

grande indignation , et qui le ^"''"* ^«''^"'^ due que Dieu ,.,ent

" , V'r ■ j) 1 n J diins nos drues , qui sont ses temples.

poussa a se défaire d Apollodore ,„„,^ ^^^^ ^ ^J^^-^ ^^^^ ^^^^J^^^ ^^

(c). Cette dernière ingénuité toute son étendue (3).

était infiniment plus excusable (B) On choque quelquefois celai

que la première. On ne sait pas dont on doit devenir sujet (4).] La na-

qui ou choque , quand on traite l^l^- ^ "i"'' était entre Traian et

^ , ^ , ^ . . riadrien , pouvait avertir de cela avec hauteur les ignorans qui

Apollodore ; mais Toilà le défaut de ceux qui se croient nécessaires, et que leur grande habileté introduit dans la faveur : ils s'imaf^nt-nt qu'ils n'ont pas besoin de ménager les jeunes princes, et que le grand patrnii leur suffit. Lfs temps changent , et ils éprouvent me confirme dans ma coniec- ^1"^ '«^"i' fierté magistrale et impiture touchant les conversations toyable contre tout ce qui ose pa. -1er

impeitinerament de leur métier devant eux est une grande sottise.

(C) Ce/a me confirme dans ma

veulent faire les capables en présence des plus grands maîtres.

On choque quelquefois celui dont on doit devenir sujet (B), ou avoir beaucouji de besoin. Cela

d'Apelles et d'Alexandre (C).

(c) Ex Xipliilimi , in Hadriano.

conjecture touchant les conversations' (A). // troui'a dans le plan du d'Apelles et d'Alexandre.'] J'ai déclare ci-dessus (5) , que je ne saurais

temple de P^enus des défauts trèsessentiels. ] Il fit voir par bonnes raisons, qu'on ne l'avait fait ni assez grand ni assez haut ; et que l'on y avait mis des statues d'une taille peu proportionnée à !a grandeur de ce temple ; car , disait-il , si les déesses (voulaient se lever et sortir , elles ne pourraient pas exécuter cette envie ( i). Voici comment un de nos auteurs a paraphrasé cette pensée: L'architecte Apollodore , voyant certaines figures de quelques dieux , dans le temple de Fenus , <c Ces dieux, dii-il, feront

me persuader que ce grand peintre ait osé prendre envers ce jeune conquérant une liberté de le censurer aussi grossière que celle dont quelques auteurs font mention. Je sais bien que ceux qui excellent dans ceifains arts sont quelquefois d'une humeur si capricieuse, qu'ils ne sont point capables de se contenir dans le respect , lorsqu'une boutade les saisit; mais je sais aussi cfiie l'on attribue à Apelles beaucoup de douceur et de politesse.

Ce n'est point ma principale raison :

» fort bien de demeurer assis comme l-i phis forte est celle-ci. Alexandre, î) ils sont. S'ils se voulaient lever , le plus mal endurant de tous les hom-

» a moins que de se courber e.rtré- » mement, ils renverseraient la voûte 3) du temple ; et ce serait bien pis , » s'il leur prenait envie d'en sortir ;

mes, n'aurait point laissé impunie une censure si méprisante; or, nous ne lisons point qu'Apelles soit jamai.s décliu des bonnes grâces de ce prince.

» car les portes étant trop basses pour L'argument du plus au moins a lieu j) eux , ils seraient réduits à se baisser '"' "-'-- — -t-:i — :-- ^— —■' * » d'une façon incommode et indéî> cente (2).» J'ai lu quelque part, que l'on critiquait par le même endroit le Jupiter Olympien de Phidias ; mais d'autres y ont fondé uns réflexion pieuse. Ecoutons Cardin : On

(i) Ex Xiplillino, m Hailriano.

(ï) Costar , Apolojic, ptig. «jo.

ici. Hadrien était moins fier qu'Alexandre ; il n'était point roi quand on l'insulta: et cependant la censure de l'architecte fut une ollènse mortelle.

(?.) Bardin, Lycée, chap. II.

(4) ^""oye: le lexlc de l'article d'AsTOKiAno , vers In fin.

(5) Dans la remarijue (D) de l'article d'!\-

l'ULLCS.

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