TOME U
être ce qu'un mucisien dit un jour à ce même prince en pareil cas : A Dieu ne plaise que uotie majesté soit jamais assez malheureuse pour entendre ces choses mieux que moi : M.»
yhoiTâ (TOI olifceç , m ficta-i\tU , KOLKaç , i'v«t îjuoû Ttnura. /SsAtiov tij^ç (23). .Absit, 6 Rex , ut eô tu infortunii deuoluare , ut harum rerum scientid me fias prior.
(E) // expliquait les présages des actions des hommes. ] Par exemple , il prédit que Lysimachus , garde du corps d'Alexandre , parviendrait à la royauté , mais que ce ne serait pas sans beaucoup de peines (24). Sa raison était que Lysimachus, ne pouvant plus suivre à pied Alexandre monté sur un bon cheval, se prit à la queue de ce cheval , afin de ne quitter pas son maître. Il fut blessé par hasard au front : et comme Alexaiidre, dont la lance avait fait ce coup , eut la bonté de se servir de son diadème , faute de linge , pour bander cette blessure , il arriva que ce diadème fut teint de sang. Voilà sur quoi fut fondée la prédiction d'Aristandre.
(F) Il y a apparence qu'il est l'auteur d'un liire rempli d'éfénemens prodigieux , duquel Pline fait mention.^ Voici ses paroles : Prodigio autem fiunt ex dulcihus acerba poma , aut dulcia ex acerbis : è caprijfîco Jici , aut contra : gravi ostento ciim in détériora mutantur ex oleâ in oleastrum, ex candidd uvâ etjico in nigras : ut Laodiceœ , Xerxis adi^entu platano in oleam mutatd : qualibus oslentis Aristandri apud Grœcos uolumen scatet , ne in irtfînitum habeamus : apud nos uero C. Epidii Commentarii , in quibus arbores locutce quoque reperiuntur (25). Conférez avec ceci le passage de Cicéron touchant les habitans de Telmesse, rapporté dans l'article de cette ville (26) , et admirez la facilité incroyable des anciens païens à multiplier les prodiges.
(23) Plutarchus , de Discrim. Adnlat. et Amici , pag. 67.
(24) Appianus, in Syriacis.
(25) Plin. , U. XVII, cap. XXV.
(26) Remarque (^C)-
ARISTARQUE, philosophe grec , natif de Samos , est un des premiers qui ont soutenu que la
322 ARISTARQUE
terre tourne sur son centre, et statquominùslempus mente concipiant.
Plutarque , voulant ëclaircir une pensée de Platon , et se demandant si ce philosophe n'aurait point cru la mobilité de la terre , ajoute que cette opinion a été ensuite celle d'Aristarque et celle de Séleucus, et qu'Aristarque la débitait comme une hypothèse , et Séleucus comme un dogme positif :
'flç UÇ-ipOt 'AfilçctpX.'^ç HCtl lÎMUKClÇ ÀTTi-
é'iÎKVuira.V 0 fjih, ÔTro'riBî/xivoç /uôvov ; a (Ts lixiUKOi , jtsti ttwo<ç*ivé//«voç (2). Ut postniodo jiristarehus et Séleucus ostenderunt. Sanè hoc Me ità ut supponeret tantiim , hic etiani pronuntians.
C'est nous insinuer qu'Aristarque était regardé comme l'inventeur de ce sentiment. Archiméde nous l'insinue avec
qu'elle décrit tous les ans un cercle autour du soleil (A). Il inventa l'une des espèces d'horloge solaire (a). On n'est pas bien d'accord sur le temps oii il a vécu : on sait seulement avec certitude qu'il n'est point né de-
Îuis la mort d' Archiméde (B).
1 ne nous reste de ses ouvrages que le Traité de la grandeur et de la distance du soleil et de la lune , traduit en latin , et commenté par Frideric Commandin , ^
et publié avec les explications pjus Jg précision. Voici ses paroles : dePappUS, l'an iSija. M. Wal— TaÛto, yà.p h teti^ ypct<^ofAiva.tç 'Trttfnl -- - ' " ' Tûôv dçpo'haymv J»*itpoi<ra,ç ' KfiçttfX'^i; o
•vj^aç , £v Aie, IX. aaiv OTroKH/nivaiv a-ufji- Çcl'ivh tov Kno-y-ov TroX^atTrxâo-iov y>fA.iv tw
Vt/V ilp)\f/.ivOV VTriT'SiTCt.l yetfi Ta. f/.i\
à,7rKcLv» Tœv ôiç-fcev , koj tov àixnjv /ulÎvhv
StKIVUTOV' T*V (Ts yôiv TTlfit^ifiO^tH TTlpi TOV O-KIOV , X.a.TtL KUKKOU TTipH^ipUcty , ô'c èç-|V êV fAîU-ûù tÛ J'pÔfJiee Kii/JUVDÇ (3). Id
est, Friderico Commandino in ter-
lis le publia en grec , avec la version latine de Commandin , l'an 1688 , et il l'a inséré au IIF. tome de ses œuvres mathématiques , imprimées à Oxford , l'an 1699. Le Système du Monde , qui a paru sous son nom , est un ouvrage de Roberval (b).
Nous rapporterons (c) une faute V^^^^ ; ^^'^ '^''"'" '«J'* '7««^ «^.«*- . , ^^ ,• ' j I . . j trologtsscriptasunt, redarquens jiris-
qui S est glissée dans le texte de ^^^^/,„^ »j«miM* , positiones quasdam
edidit : ex quibus sequitur mundum proximè dicti niundi niultiplicemesse :
ponit enini stellas inerrantes atque solem immobiles permanere : terram ipsam circuinferri circa solem, secundumcircumferentiam circuit, qui est in medio cursu constilntus. Apparemment 1rs copistes ont falsifié le passage de Plutaniue où nous lisons (ju'Aristarque
plutarque.
{a) Vitruv. , lib. IX, cap. IX.
Ib) Voyez Ménage sur Diogène Laërce, IW. rni, num. ^b,pag. 389.
(c) Dans la remarque (A) , citation (4).
(A) // est un des premiers qui ont soutenu que la terre tourne sur son centre, et décrit un cercle autour du
que en avait ete le principal in- uinv [utkv) £ txv , /u^i, >tpi<riv i,y7v d<,iventeur ; car il^ne nomme que Jui : ^^^^^ i^^yydM;. ^T7rip'Aplç-a.pZoç âêTo, OV T-É ^h T«v Tou Mc-y.w x;viicr,v avsAov- ^-^ KxéctvÔ») tov 2i//:ov <lo■iQ^Uç TrpoKcc-
TSC , TMV «Tê "J/Jiv JtlVitcrâstl Sù^StO-ctyTiÇ , aç . -
0< TTip) 'A/;lV«to;t''V TOV fJI.tt.BviUcLTlX.OV , OU
K.mKÙovTci.1 vo6('v P(;pévov (1). Qui quidem mundi motum sustulerunt , terram autem mot'eri iunt opinati, ut.Aristarchus mathematicus , nihil eis ob-
(i) Sextus Kmpiricus , adversùs Mallieniat. , png. 4'o. M. IMcnage .tur Diogtnc Laërce, liv. y 111^ num. 85, cite deux J'ois ce passage dans la mfine page, la première J'ois comme die Sextus EmpiricHS, cl la seeomte comme de Pyrrbon.
KÙo-dcti Toùc "£x\«vaç, fflÇ xivoûvT* to? x'oa-y.<jtj T>)v lr'*v , o'ti <fonvci//êva. urax^siv
à.V»p i'^ilpS.TO , f/.hilV TOV OÙpctVOV VTTOTI-
6î/utvoç. 'E^ixlTTurBctt Je xttTaL Ko'^où XV-
KKOU TMV yîiVf éijUcl XCt\ Ttipt TOV ttUTri';
a,^ov(t. S'ivov/Aiviiv (4). Heus , tu , inquit,
(2) Plut. , in Quaest. Plat. , pag. 1006, C.
(3) Archimedes, in Psammite, pag. 449i apud Mcnagium in Diogenem Laërtium , lib. flll , pag. iSn.
(4) Plutarclius , de Facie in orbe Lun», prtf . ç)îa, F.
A RI STAR QUE
noU nos impietalis reos Jactre , eo pacto quo ^rislarchus putawil Cleantheni SamLuni uiolatœ religionls a Grœcis deOuisse postulari , tanqiiam uniuersi lares f^estamque si Inco mofissel : quàd is homo conalns ca cjiicv in cœlo apparent tutari certis ratiocinationibus , posuisset cœlum quiescere , terrant per obliquant ei^ohi circuluni , et circa suum l'ersari intérim, axent. Les copistes , ce me semble , ont transposé les noms : il faut lire Cléanthe jugeait que la Grèce eût dd faire un procès d'irréligion a Arislarque le Samien, etc. C'est une conjecture de Gassendi (5) : c''est une correction que SI. Ménage adopte comme très-certaine. In uerbis Pluiarchi , dit-il (6) , legcndum ontninb : a^Tnf 'Af>tç-a.p^ov Tov ^oLfAtov atra Kx««v9itc
Mivac. Amiot n'avait point senti la faute.
(B) On n'est pas bien d'accord sur le temps oii il a i>écu : on sait seulement qu'il n'est point né depuis la mort d' Archimède. ] Les paroles que j'ai citées (7) prouvent que pour le plus tard notre Aristarquen'a pu être que contemporain d'Archimède :
or , nous savons qu'Archimède perdit la vie lorsque Syracuse fut prise par les Romains , l'an i"^"^. de la 142*^. olympiade , pendant la seconde guerre punique. Notez que , selon Plutarque , cité ci-dessus , Timée de Locres a vécu avant Aristarque; caria pensée platonique qu'on veut éclaircir se trouve dans Platon comme si Timée l'avait dite en conversation.
Or , puisque Platon a été disciple de ce Timée (8) , et cela après avoir vu l'Egypte , il faut conclure que , si Plutarque a bien observé les temps , Aristarque a fleuri après Platon. Nous savons donc qu'il n'a point fleuri après Archimède , ni avant Platon , et je ne crois pas qu'il soit facile de se fixer à quelque chose de plus précis. Blancanus a mis Aristarque deux siècles avant Hipparque , et il a mis celui-ci cent ans après la mort d'A-
■ (5) Gassend. Pliysica: secl. II , Ub. III , cap. y , pag. 617, tom. I Operum.
{6)Menagius, in Diogen. Laèrt, lib. VIII , num. 85 , pag. 389.
(7) Dans la remarque pi e'cédenle, citation (3).
(8) Cicero , de Finib. , lib. V , cap. XXtX , e1 Tujrulan. , lib. I, folio 248 , .V
lexandre, c'est-à-dire , cent ans après la i"^*. année de la 114*^. olympiade (9). Il a donc cru qu'Aristarque florissait vers la 89». olympiade, un peu après la naissance de Platon. Cela ne s'accorde point avec le passa"e de Plutarque que j'ai allégué. L'opinion de Simler ne s'y accorde pas mieux. Cet auteur a fait fleurir Aristarque sous le règne d'Artaxerxès- Longuemain , qui s est étendu depuis la i"^. année de la 79<=. olympiade , jusqu'à la dernière année de la SS*".
(10). Libertus Fromondus est encore plus contraire au sentiment de Plutarque , puisqu'il ignore si Aristarque a précédé ou suivi Pythagora* (11). Je crois que Vossius (12) aurait réfuté cette incertitude par l'autorité de Plutarque , s'il se fût souvenu des paroles que j'ai citées. Jean Stadius croit qu'Aristarque survécut à Archimède ; car il le fait fleurir dans l'olympiade i44 (•3). Notez que Vitruve , en parlant de quelques mathématiciens qui ont été inventeurs, met Aristarque au premier rang (i4).
Si l'on se réglait à cela , on le croirait antérieur à Philolaiis et à Architas de Tarente.
(g) Blancanus, in Mathematicorum Chronologiâ , ad calcem libri , de Arislotelis Locis mathematicis, pag. 46 et 4q.
(10) Simierus, in Epitome Bibllotliecx Gesneri.
(11) Lib. Fromond. de Orbe Terrae immobili , pag. I. Il a intitule' ce livre, Ant-Aristarchus.
(12) Vossius, de Scient. Mathem. , ^jag. iSo, fi3) Joh. Stadius, in Pricf. Tabularum Ber-
gensium, apud Vossium, de Scient. Matbem. , pag. 157.
(i4) Vitruvlus, de Archilect., lib. I, cap. I.
ARISTARQUE, grammairien célèbre , naquit dans la Samothrace , et eut pour patrie d'adoption la ville d'Alexandrie (a).
Il fut fort considéré de Ptolomée Philomelor, qui lui confia l'éducation de son fils (A). Il s'appliqua extrêmement à la critique, et il fit une révision des Poésies d'Honière , avec une exactitude incroyable, mais un
2«</o9o<£|^ Suidas, in 'AfiVst'^o;-
324 ARISTARQUE
peu trop magistralement; car, , (A) ^^/^/>'' <^onsidéré de Pio-
r "A o , • 1 • I lomee Philometor , qui lui confia
dès quvm vers ne Im plaisait l'éducation de son fis. -^ Les paroles pas , il le traitait de supposé (B). de Suidas signifient cela clairement : Cette édition d'Homère fut fort ré^ovs, dit-il (i), xat* t>,v pvç- ixuf^estimée , et fort critiquée aussi '^J*'^* > ^'^' nTo^e/^^/o:. tou $.xo/.«Topoç, (b). Il travailla sur Pindare (c) , sur Aratus {d) , et sur d'autres poètes; et il n'est pas vrai que , pour critiquer tout le monde , sans craindre qu'on lui rendît la pareille , il ait eu la ruse de ne rien donner au public (C). Ceux qui disent qu'il était contemporain de Pisistrate, s'abusent
grossièrement (D). Sa réputation tarque était mort dans son bas âge , a été de longue durée. Cicéron les historiens qui nous restent au-
OU Ultl TÛV VIOV ITritlS'iUU'iV . f^ixU dU-
tem olympiade CLVl , tempore Ptolenuei Philoinetoris , cujus eiiamjilium erudiit. L'olympiade qu'il marque répond très-bien au règne de ce Ptolome'e ^ mais nous ne trouvons point , dira-t-on , que ce prince ait eu des fils : les historiens ne lui donnent qu'une fille , et ce fut son frère qui lui succéda. Cette objection ne vaut rien ; car , d'un côté , si le fils qu'il eût fait instruire par notre Aris-
qui
• ^^ J„ crvTi raient pu croire qu'il n'en fallait pas
et Horace se servirent de son ^^.^,^ Mention. Diantre côté, il est nom pour designer un critique f^^^. ^^^^ji^ gardent tous le silence, très-rigide (E). On l'emploie Justin donne un fils à Ptolome'e Phi- ^" ■ * loraetor , et il dit même que Ptolo-
mée , son oncle , le fit mourir (2). Le docte Allatius n'a pas pris garde à ceci : il veut que le disciple que Suidas donne k Aristarque soit le second Ptolomée Évergètes : Cujus ( Ptolomaei Philometoris ) filium secundum Euergetem erudiit olympiade CLV^l, ut Suidas tradit (3). C'est une faute : le second Ptolomée Evergètes était frère de Ptolomée Philometor, et non pas son fils. Vossius ne s'est pas moins abusé lorsqu'il a cru que Ptolomée Philometor choisit Aristarque pour précepteur de Ptolomée Lathyrus , son fils (4) : il fallait savoir que Ptolomée Latliyrus, ou Lathurus, était fils du second Ptolomée Evergètes.
encore aujourd'hui au même usage. Quelques-uns lui attribuent une pensée que d'autres donnent , ou à Théocrite , ou à Isocrate (F). Il eut beaucoup de contestations dans Pergame avec le grammairien Cratès (G) ; et il mourut dans l'île de Cypre , à l'âge de soixante-douze ans. Il était devenu hydropique , et il ne trouva point de meilleur remède contre ce mal , que de se faire mourir de faim. Il sortit
de son école jusqu'à quarante ^
grammairiens (H). Il laissa deux Ce que Suidas observe , qu'Aristarque fils qui n'eurent pour tout mé- fut disciple d'Aristophane le Byzanrite qu'"^^ grande simplicité. «1° » "^ fournit pas une objection : Celui qui porta le nom de son père fut vendu ; mais les Athéniens le rachetèrent (e). J'aurai quelque chose à dire contre Moréri (I).
(b) Voyez la remarijue (B).
(c) Voyez rAnti-Baillct , tome I, pag.
(d) f'oycz Vossius , de Scient. Matliemal., pag. i56.
(e) Tiré de Suidas, in "AfiVap;^oj.
car on sait assez qu'il s'est glissé une lourde faute dans l'endroit de Suidas où nous lisons qu'Aristophane de Byzauce « fleuri l'olympiade 45. Il faut lire V olympiade i45, comme Allatius et Jonsius l'ont observé (5) : Aristo-
(i) Suidas, in'A.plç'a.pX"^-
(2) Justinus, lih. XXXVIII, cap. VIII.
(3)|Leo Allatius, dePnlriâ liom., pag. io3, 104.
(4) Vossius, <1« Poétis grajcis , pag. 67. J}folet qu'au chapilrn XXI du I'". liv.^de Hi.storicis gra'cis , il dit que Ptolomée Evergètes II était JiU de Philometor.
(5) Jonsius , de Script. Hist. Philosopb., pag» 166 , 167.
ARISTARQUE. 325
phanis nieminit Suidas , in quo obi- rapporte que Ptolomée Évergètes a
ter librariorum error in olympiade no- e'të l'un des disciples d'Aristarqiie (ii
tandus est. Ipse naTiKfue habet, Tîyovi Pour n'avoir pas bien examiné tout.
«fê Karà, TMv /mî 'Oxvy.TTiÂS'ci. , c/uœ Uie- on aura pu se persuader que ce Pto
ronymus fV^olphiits i^eriit, Vixil olympiade XLV , ciim omninô scribendum sit pfAi , id est, CXLf^ (6). V auteur anonyme de la Description des olympiades met sous celle-ci Aristophane le Byzantin. A cela n'est point contraire la remarque de Suidas , que le même Aristophane fut , dans son adolescence, disciple de Callimachus :
MctS/iTiiç K5iÂAi//stpt°'' ''*' ZiivoîTciTot/ ,
«XXtt Tau fAlt VêOÇ TOÎ/ «Tê TTOLIÇ HkOViTI^'j).
Discipulus Callimachi et Zenodoti , sed illuni quideni adolescens , hune i^'ero puer audu^it. Un homme qui a fleuri dans l'olympiade i45 a pu être le disciple de Callimachus \ car ce poète a ve'cu jusqu'au règne de Ptolomée Évergètes , (ils de Ptolomée Philadelphe , et nous savons que ce Ptolomée Evergètes a régné jusqu'à la fin de l'olympiade iSg. Or, si Aristarque a été disciple d'Aristophane le Byzantin , c'est bien marquer l'état où il a fleuri , que de le mettre, comme Suidas a fait, sous la 156".
olympiade. Ceux qui pèseront bien toutes ces choses auront quelque peine à s'accommoder de cette proposition : jiristarque p-tVaJt du temps
de Ptolomée Philadelphe , en même temps que Callimaque (8). Le docte Heinsius observe qu'il y a des gens qui le disent (g) ; et puisqu'il ne les en blâme point , on le peut prendre pour l'approbateur de ce sentiment.
Il eût mieux fait de le condamner.
M. le Fèvre est en ceci plus croyable que son beau-fils : il met Aristarque sous le règne de Ptolomée Philometor (lo). Voyez la remarque (G) , où nous prouverons la vérité de cette opinion par la contemporanéité de Cratès et d'Aristarque. Un passade d'Athénée a pu faire croire que notre critique a vécu sous Ptolomée Philadelphe : c'est l'endroit où Athénée
(6) Allalius, de Paliiâ Homeri, pag. io3.
(7) Suidas , in 'Afiç-o^ivMÇ. Portns a mal traduit ces parole' ■ Hhdc quidem, clcL-il , adolesceus, illum veto piier audivit.
(8) Dacier, Remarques sur l'Art Poéti«pie d'Horace , vs. 45o , pog- ^1^ 1 édition de Hollanrif.
(c)) ïlrinsius , iii Prolpi^omenis Aristarclii sacvi, J'olio **3.
(10} Le Fèire, Vie des Poètes grecs . pi£' 7
lomée Evergètes est le fils de Ptolomée Philadelphe; mais il est sûr qu'il le faut prendre pour Ptolomée Physcon (12), frère de Ptolomée Philometor. En effet , Athénée parle d'uu Ptolomée qui a fait des livres, et qui est nécessairement le même que celui qu'il cite au livre XII (i3), et qu'il compte pour le septième roi d'Egypte.
Voici de nouvelles preuves contre l'opinion de M. Dacier. On sait que Démétrius Scepsius ( i4) a vécu au même temps qu'Aristarque. C'est ce que Strabon témoigne: **t« tov olùtov ;tpovov yiyoveèç KpcLTïiTi icoà ' kftç'âfX^ (,t5), œqualis Crntetis et Aristarchi.
Vossius ne considéra point ces paroleS' avec attention lorsqu'il avança que Strabon assure que Démétrius Scepsius fut disciple de Cratès et d'Aristarque ( 16). Or, ce Démétrius fut contemporain d'un Métiodore ( 17 ) que Mithridate fit mourir l'an de Rome 681 (18). Jugez si un homme qui aurait fleuri sous Ptolomée Philadelphe a pu être contemporain de ce Métrodore. La mort de ce Ptolomée tombe sur l'an de Rome 5o6. Notez qu'on peut recueillir de Diogène Laèr ce que Démétrius était plus âgé que Méti'odore; et , cela étant, on ne peut rien rétorquer , on ne peut point dire c(ue je prouve trop. Notez aussi qu'un fils d'un disciple d'Aristarque (19) vivait encore quand Strabon avait assez d'âge pour assister aux leçons publiques (20). Or , puisque Strabon a vécu jusque sous Tibère , il n'a
(11) Athen., lib. II, subfinem,pag. 71, B.
(12) C'est le même que le second Évergètes. {t'i) Pag. 549- Il le cite en plusieurs autres
endroits.
(i4) C'est-à-fiire , natif de Scepsis , ville de Mj.<ie.
(i5) Straho , lib. XIII , pag. 419.
(16) Vossius, de Hist. Grœcis , pag. i35.
(17) Diog. Laerce, liv. V , num. 84, dit que De'mélrius Scepsius avança Métrodore son compatriote. C'est celui que Mithridate fit mourir.
(i8) Plutaich. , in Lucullo , png. 5o6. Voje:: aussi Strabon , lib. XIII , pag. 419, qui laisse indécis si Mithridate lejit mourir.
(ly) Il s'appelait Aristod'en^e : son père, nomme' M/nr'crate, avait e'ié disciple d'Aristarque- Voyez Stral)on , liv. XIV , pag. 'f\-.
(t!o) Strabo , ibid.
ARISTARQUE
pu entendre les leçons du fils d'un discij)le d'Aiistarque, si Aristarque a fleuri sous Ptolomée Philadelphe.
(B) Des qu'un uers d'Homère ne lui plaisait pas, il le traitait de supposé. ] Cicéron le témoigne dans ces paroles : Si , ut scribis , cœ litterœ
ristarque était si exacte , que lorsqu'elle condamnait un vers à ne passer point pour être d'Homère, on le traitait de supposé : jElianus tradit hune tam casligalo fuisse judicio, ut Homeri uersus non putaretur ^ queni ipse non probasset. Quenstedt assure
non fiierunt diserlœ , scito meas non la même chose (^6). Je ne pense point
fuisse. Ut enim .Aristarchus Homeri qu'Elien dise cela : et, s'il le disait,
i>ersum negal , quem non probat , sic il se tromperait ; car nous apprenons
tu (libet enim niihi jocari) quod di- d'Afhénée que l'on condamnait sou-
vent le goût de ce grand critique (a^) : on prenait pour des vers d'Homère ceux qu'il avait rejetés , et l'on se jnoquait de ses raisons. Sa hardiesse seule était capable de décréditer ses jugemens. 11^ décidait, en quelques rencontres , que tels et tels vers de
sertum non erit, ne putaris meum (^21;. A cela se peut rapporter cet autre passage du même auteur : Nisi forte scire t'is , me inter IViciani nostrum et f^idiain judicem esse. Profert aller ( ut opinor ) duobus versiculis expensum Niciœ : alter .A ris-
tarckus hos ifêx/Çsi. Ego tanquam l'Iliade devaient être transportés dans criticus antiquus , judicaturus sum , l'Odyssée (a8).Allatius n'a point ignoutrîini sint tow îromTot/, an 7ra.fiy.^i' ré que l'on censura souvent la cri- CKyif/.ivot (22). On dit qu'Aristarque tique d'Aristarque. Il cite pour ce sumarquait la figure d'une broche à cô- jet Athénée (29) , Piufarque et le scoté dfs vers qu il condamnait de sup- liaste d'Homère. 11 nous apprend que position, et que de là est venu qu'èfê- le grammairien Ptolomée d'Ascalon m'^siv signifie condamner. Transia- publia un livre de Aristarclii correc-
tum ab Aristarch.0 qui Homeri car mina in corpus redegit , atque in lihros digessit , uersus nothos , hoc est adidterinos et subdititios qui non f'tdentur sapere venant illa/n Homericum tif«M'<rxo(ç , id est minutis ueruhus prœnotatis damnons : contra, qui fiderenlur insignes ac genuini d<ripia-ittiiç , id est stellis illuslrans (23). Voyez le poème d'Ausone , intitulé
tione in Odysseâ (3o) , et que Zénodote d'Alexandrie fut mandé pour faire la révision de la critique d'Aristarque : Zenodotus aller Àlexandrinus ideh aduocatus est , ul de reprobalis ab Aristarcho Homericis carminibus judicium ferret (3i ). Idem ( Suidas ) ZmviS'oToç 'Axê|ûtvJ/j£[/c 'iP<*-y--
f/.ttTMOÇ 0 ÎV «ç'fct HKxBiU TrfûÇ tÀ Ùtt ^pi'^ttpX.OU ÀùiToÙjUiVa, TOi/ noJMTOt/. Et
Ludus septem Sapientûm , où il de- néanmoins il assure que l'antiquité mande une censure rigoureuse de son eut tant de respect pour le jugement poème à Drepanius Pacatus. 11 veut d'Aristarque , qu'on ne croyait pas ' ■ ■■ * ■ ■ que les vers qui lui déplaisaient fus-
sent d'Homère : Arislarchi porrà ju' dicium adeo probauit antiquitas , ut Horueri versus non putarentur , quos ipse non probaret (32). K'est-ce pas une grande faute de jugement ? Élie Vinet mérite ici beaucoup de censure. Cujus ( Aristarchi ) , dit-il (33),
qu'on le traite comme Aristarque en avait usé envers Homère, et il se sert de cette expression :
Mceonio qualem culiutn qutssivit Homero Censor Arislarchns , nortnaque ZenodoU.
Poneobelosigilursuperiorumsligmatavalum, Palinas non culpas rsse putabo meas (24) •
On croit qu'il parle d'Aristarque dans le dernier de ces deux vers :
Quique sacri lacerwn collegii corpus Homeri, Quique notas spuriis -versibus apposait (^25).
Charios Etienne , Lloyd et Ilofman , assurent dans leurs dictionnaires qu'Elien témoigne (pie la critique d'A-
(21; Cic.,Episl. XladFamil.,/iA./A/, p. 160.
(aa; Id, th., lih. IX, Episi. X, pag. 2.1, 34.
(33) Erasmus, M»%.,ehiliaile I , cenlur. F , num. .')7 , piig. 178.
(a4; Âusoniiis , l'n Ludo scplcra Sapi^ntùra, vers II.
fsS' Idem, EpiJlolâ XFII , vs. a6.
(26) Queostcdt , de Patriis Viior. illustrium , pag. 433.
( 27) Vide Atlienxum , lib. IV , passXm , el ibi Casaubonura : item lib. F, pag. 188, i8(). Voyez aussi Plutarque, de audiendis Poètis , pas. 26.
(2S) Athen., W. IF, cap. XXFIII, p. 180.
(29) Il ne cite que le F", livre d'Athénée. (•'<>) "Eypa.^1 TTipi T«ç iv 'OS'ua-cnict 'Api'râ.PX'"^ StopScÛTioi;. Suidas, apud Allatiuni , de Palriâ Homeri, paç. io5.
(3i) Idem, ibid.
(il) Idem, ibid., pag. 104.
(:<:;) Elias Vinclus in Ausonit Ludum scptcm Sapicnlûm, initia, pag. 2fii5.
ARISTARQUE
fcteres tanti fecerant judicium , ut quem non probarel , Homeri versum non crederent. lia Civero , Suidas , Erasmus. 11 est faux que Cicërou dise cela : il dit seulement qu'Aristarque ne prenait pour de véritables vers d'Homère que ceux qui lui semblaient bous ( 34 )• Suidas non plus ne dit point ce que Vinet lui impute. Je puis assurer la même chose
ce grammairien. Enfin , j'ai trouve ceci dans une note de Corradus sur les Epîtres de Cicëron : Uinc iltuni ( Aristarchum ) //ivnv èxix» Uxvxi- Tioc ô "PicT.oc 4>iMî-o<poç é,i ri USirjet x.a.Ta.[/.a.\riûi<T^a.i tdç riv ^om/ziraiv <r.*vo/4ç. Aihen., l. 14 (38). Je l'ai cherché dans le XIV". livre d'Athénée, mais fort inutilement*. Quoi qu'il en soit , il y a une grande difléren-
d'Érasme , à l'égard du lieu d'où j'ai ce entre celte citation de Corradus tiré ce qu'on a vu ci-dessus ( 35). et celle de iVI. Dacier. Les paroles M. Saldénus . ayant voulu changer grecques signifient seulement que Paquelque chose dans les paroles de nétius donnait le non de devin à no- Charles Etienne quej'ai citées, a com- tre Aristarque. et non pas que ce fût mis une lourde faute contre le rai- le style ordinaire de l'antiquité, sonnement. 11 n'a point cité Elien , Notez qu'au sentiment de plusieurs et il n'a point assuré que la critique personnes ce fut Aristarque qui did'Aristarque fût exacte : il s'est con- visa les deux grands poèmes d'Homètenté de dire que ce censeur la croyait re , chacun en autant de livres qu'il telle. Jusqu'ici tout va assez bien : y a de lettres dans l'alphabet , et qui l'on abandonne Charles Etienne sur donna à chaque livre le nom d'une une fausse citation , et l'on ne ré- lettre .- Plutaichus , lib. de Homero. pond que d'une chose très-vraisem- lliadem et Odysseam Homeri ab Arisblable , c'est que le correcteur d'Ho- tarcho grammatico in numerura limère s'estimait un fort habile homme ; mais voici où est le mal : de cette opinion avantageuse qu'il avait de son esprit , on conclut que l'antiquité ne recevait pour des vers d'Homère que ceux qui plaisaient à Aristarque. C'est une mauvaise conclusion : Granimaticus ille , qui hoc quàm Iliadis liber «. vocatur, secunnomen ( Aristarchi ) gessit , tam cas- dus /Ê, et sic deinceps : verùm etiam tigato se putai'it esse judicio , ut Ho-
brorum divisam ad ordinem et numerum Gra-carum litterarum. Euslathius in lliados m tradit, Aristarchum et Zenodotum confusum anteà Homeri opus digessisse in certos libres , eosque litteiis distinsisse. Undè non solùm primus tam Odysseœ
meri t^ersus nullus haberetur quem ipse non probaret ( 36 ). C'est ainsi que M. Saldénus raisonne , et pour prouver son raisonnement, il nous cite les paroles où Cicéron dit qu'Anstarque rejetait comme supposés à Homère tous les vers qui n'étaient pas
einceps ipsum opus y^kfAf/.a.'va. nominatur. Et sanè uerum est , hanc per litteras dit^isionem recentiorem. IVarn antiqni nunquam ed usi , ut patet ex Ariitûtele dePoèticd, cap. XXI P^ (3g).
(Cj II n'est pas vrai que , pour critiquer tout le monde sans craiii- Ire qu'on lui rendit la pareille, il ait
à son goût. Cette preuve ne vaut pas eu la ruse de ne rien donner au pumieux que la thèse même qu'il fallait blic.'] M. Saldénus, sous le faux nom
de Christianus Libérius, débita une fausseté quand il dit : Sic Aristarchus grammaticus nullos non reprehendebat , nihil ipse scribens, ne ab aliis reprehendi posset (4o). Je ne sais.
(38) Corradus in EpUtolam XIV Ciccronis ad Atticum , lib I.
* Bayle n'a pas bien clierchc : le passage cité par Corradus se trouve efleclivement dans le XIV', liv. d'Athénée, pag. 63.'}, D , à la fin du chap. VIII, éililionde Casaubon (1612) queBavle a toujours coutume de citer.
(3<)) Jeanne» 3 Wower., de Polymalhià. cav. Xyni,pag. i53, 154. '
(4°) Christianus Libérius, in Bibliophil., yag. 21, ci(e par Ménage , Anii-Baillpi , lom. T.
prouver. J'ai Jii dans le Commentaire d'un moderne , qu'Arist arque auait une critique si Jine et si pénétrante , qu'on l'appelait ordinairement le prophète ou le devin , a cause de sa grande sagacité (37). J'ai été surpris de ne trouver aucune trace de ce grand éloge dans une infinité d'écrivains que j'ai j)arcourus aux endroits où ils font mention de
(34) y ojez ci-dessus, citation (21), les paroles Wfi CicéroD.
Ci^) Citation (28).
f 36) Salden. , de Libris , pag. 3S8.
(3-) Dacier, Remarques sur l'Art poétique d'Horace , /la^. 3-i , 372.
point s'il la débita avec tous les mêmes correctifs que dans l'ouvrage qu'il publia sous son véritable nom en 1688. S'il les avait employe's , M. Ménage ne l'aurait pas bien citéj car il aurait accourci d'une partie essentielle le passage qu'il rapporte.
Voici les paroles de M. Saldénus dans l'ouvrage qu'il publia l'an 1688 : Sicuti Aristarchus grammaticus neminem non reprehendebat , nihil intérim ipse scribens , ne reprehendi ab aliis posset , ut nonnutli t^olunt : licet alii sint , ne plerique quidem qui ^oAt/ypsi<foK ipsum accensenl , ut supra diximus (40- ^^ 4"'! rapporte , concernant la ruse de ceux qui, pour censurer tous les auteurs, sans appréhender la peine du talion , ne publient lien , peut servir de supplément à l'une des pages de mon Projet (43). On y pourrait joindre ces paroles de M. le Fèvre , adressées à un journaliste : Encore, si uous aidiez fait quelque liure de t^ostre chej', cela irait bien ; mais dans les ternies où vous estes , je troui'e que t^ous jouez afec un peu trop d' avantage :
c'est se moquer de ne mettre qu'un liard contre une double pistole ; je ne scay pas qui ^'oudroit jouer contre vous (43).
(D) Ceux qui le font contemporain de Pisislrate , s'abusent grossièrement. ] Cette erreur est fort ancienne. AUazzi rapporte un long passage où l'un des commentateurs de Denys de Thrace débite que Pisistrate fit publier par toute la Grèce que tous ceux qui lui apporteraient quelques vers d'Homère , en seraient récompensés à tant par vers. Quand il en eut ramassé autant qu'il lui fut possible , il fit venir soixante - dix grammairiens , et leur donna une co-
ARISTARQUE
dres de Pisistrate , et se montrèrent les uns aux autres ce que chacun avait fait. Ils s'accordèrent unanimement à reconnaître que le travail d'Aristarque et celui de Zénodote me^ ritaient la préférence j après quoi , ils déclarèrent que l'ouvrage de Zénodote devait céder à l'ouvrage d'Aristarque (44)- Ce récit contient entre autres mensonges celui-ci , qu'Aristarque et Pisistrate ont vécu en même temps. Il était aisé de reconnaître cette fausseté ; et néanmoins les commentateurs de Denys de Thrace l'ont persuadée à beaucoup de gens.
Eustathius l'a débitée , et après lui Génebrard et Jason de Nores. Lisez ce passage d'Allatius : Muliis aliis recentioribus fucuni fecerunt. IVam Eustathius in A Iliados idem asserit :
Oi de a-uvèîfjittoi Ta.vTm kclt iTrifctyii)/ , uç <^tt(n , TliKrtç'paL'TOu tw tcov 'Aètiviticev Tvpetyvou Tpa./Ltf/.ct'TtKot, Keù tfiofôaisrayasvoi KctTu To (Ktivoiç dfétruov, àiv xtipt/<f*7oc 'Aplç-dp^oç, KOLi f/.i'r îiciivov ZovoeToToç. Id est : Qui verô eam composuerunt grammatici , jiissu , ut tradunt, Pisistrati Atheniensium tyranni, et ut sibi raelius visum est correxerunt , quorum princeps Aristarchus , et post eum Zenodolus. Et inferitis :
Tof Si à.Tra.yy'ih.'Knt tjiv 'OfAnpov Traluto-iv (rmé'a.a-èîiTttv àpX."^ iTraina-itTO K»v*iSoc ô XÎoç. EMju^vetVTa i% , <fsL.a-]v , stt/THV ttcl/j.- TraKKa. oî Tnp) tov Ki'va.iâov. x.cù TtaKkà. tÛv iTTièv ÀOTo) '^(ims-a.vTiç wo.psvsê'aMJv. Aïo xcù «TiûifôûJâno-dv 0,1 '0//.tiptx.a.t ^iCko) , eèç d-vuTipùn ilpitTctt. Id est : Homeri verô poèsim dispersam recitandi principium fecit Cinsethus Chius. Verùm illam multis modis Cinsethi sectatores depravârunt, multaque à se conscripta carmina indidcrunt. Quarè libri Homerici correct! sunt , ut superiùs diximus. Gilbertus Genebrardus
pie de ce recueil. 0n leur déclara que Chron. lib. 2. Pisistrati jussu Aris-
î"on souhaitait que chacun d'eux , travaillant à part , mît ces vers dans le meilleur ordre qu'il pourrait. Après qu'ils eurent exécuté cette commission ils s'assemblèrent par les or-
tarchus Homeri rapsodiam recensuit, et in 34 partes pro numéro elementorum distribuit. Jason de Nores in Artem Poëlicani Horatii , Aristarchus miro quodam acumine castigabat veterum scripfa , atque ideô col- (4i) Guill. Saldénus, de Libris, piig'. 43/ '^ ligendis Homcri versibus prœpositus
' fuit : In quibus uides miros anachro-
nismos. Primas, qui Arislarchum sub Pisistralo collocat. Secundus, qui Ci-
(44) Allatius, de Patriâ Homeri , pag. g3 et fcif. Il dit que ces comnieittaires ne sont pas imi>nmc's.
avait du, pitg. i3 , ArisUrclius Grammat supra mille Commentarios signavit : il devait dite, comme Suidas , snpra octingcntos.
(4^) Voyez la fin du paragraphe VI de ce Projet, à la fin du XV', volume de ce Dictionnaire.
(43) Le Fèvre, seconde Jouroaline, pag. 48, e'dition de Hollande,
ARISTARQUE
nœlhum Chium asserit prirnum Homeri poësim dispersant récitasse. Cùrn ulerque post Pisistrati temporafloruerit.
Cinœthus enim, si Pindari scoliastœ crediniHS in IVemeon, od. 2, sub olympiade sexagesimâ nonâ apud Syracusas Homeri carmina ifo.^âS'na-i (45).
(E) Cicéron et Horace se sentirent de son nom , pour désigner un critique très-rigide. ] Consultez la Harangue contre Pison , vous y trouverez ces paroles : J^eriim tamen , quoniam te non Aristarchum , sed Phalarim Grammaticum habemus , qui non notant apportas ad malum uersum , scd Poêlant armis persequare , scire cupio quid tandem isto in fersu reprehendas,
Cédant arma togœ (45*) Le même orateur déclare qu'il redoutait les coups d'ongle de son ami Atticus. IVostrum opus tibi probari lœtor ; ex quo avât) ipsa posuisti quœ mihijlorentiora sunt i^isa tuo judicio. Cœrulas enim tuas miniatulas illas extimescebam (46J. C'est ainsi qu'on s'exprimerait aujourd'hui , pour signifier les censures qu'un lecteur voudrait marquer à la marge de quelque livre , et les cœrulas miniatulas du passage que je rapporte. Atticus était donc un de ces amis fidèles qui examinent sévèrement les compositions de leurs amis.
Pour marquer cela , Cicéron l'appelle son Aristarque. Quid multa ? tolum hune iocum , quem ego t^ariè meis orationibus , quarum tu Aristarchus es , soleo pingere , dejlammâ, âeforro , ( nosti illas Ànxi/Ôar/ç ) ualdè grai'iter pertexuit (47)- Les vers d'Horace que je vais citer donnent une idée qui est une forte preuve de mon texte.
y^ir bonus et prudent fiersui reprehendel
inertes , Culpabil duras : incomplis allinel alruin Transverso calamo signant 1 ambiliosa re-
cidel Ornamenta : pnriim claris liicein darWcoget: jérguet ambiguë dictum ; mutanda nolabit ; Fiet Aristarchus : nec dicel: Cur ego amicum OjlJ'endam in nugis {!fi) ?
(F) Quelques-uns lui attribuent une pensée que d'autres donnent , ou h Théocrite , ou à Isocrate. ] On rapporte ce bon mot d'Aristarque : « Je
f45) Allatius, de Patriâ Homeri, pag. 96,97. (45*) Cic. , Oral, in L. Pisonera , cap. XXX.
(46) Cicero, ad .\tticum, lib. XVI^ Epist. XI.
(47) Idem., ibid. , lib. I, Epist. XIV.
(48) Horat. , de Ane poëticâ , vs. 4 |5.
i> ne puis pas écrire ce que je voudrais, » et je ne i>eux pas écrire ce que je » pourrais (49). » Voilà ce que dit M. Dacier sur ces paroles d'Horace :
Si quantum cuperem, possem quoque (5o).
Jusqu'ici, aucun des auteurs que j'ai consultés ne m'a conduit à la source ; mes recherches ont été encore plus inutiles qu'à l'égard de la prophétie d'Aristarque. C'est ce qui me fait souhaiter passionnément que M. Dacier , et plusieurs autres qui lui ressemblent en cela , veuillent avoir la bonté de se défaire de la coutume de ne point citer. Craignent-ils que le grand et le beau monde , pour qui ils travaillent, ne juge que les citations sentent trop l'auteur , le pays latin , l'université ? Mais j'ai de la peine à croire qu'un comte de Guiche (5i) , par exemple , eût été fâché de savoir où l'on trouve qu'Aristarque a dit ce bon mot , et qu'on l'a traité de Prophète. Toute dame qui aime l'érudition serait encore plus aise de savoir si Plutarque , ou Arislote , rapportent un fait , que de savoir en général qu'on l'a rapporté. Cela soit dit en passant. Revenons à notre texte.
Nous lisons dans les recueils de Stobée , que Théocrite , interrogé pourquoi il n'écrivaitpas, répondit: Parce que je ne pourrais le faire comme je voudrais , et que je ne ueux pas le faire comme je pourrais. 'Efû)T«âê/î /iÀti o'j
ov Swa/AOLf àç éi j'ôvctjust.i, où yêoyxo- Mai(52). Isocrate , étant à la table de Nicocréon , roi de Cypre , fut prié de discourir : il n'en voulut rien faire , et allégua cette excuse. Ce que je sais n'est pas de saison , et ce qui serait de saison , je ne le sais pas. 07; /j.h iyà «Tsivos, ouX ô vt/v xitipôç" OÎÎ (Ts ô vûv XAIfoç , ouK iyà «Tsivôç (53). De quibits ego fini fiabeo dicendi rébus , cas occasio non admittit : de quibus aiitem dicere jani esset lempestiuum , de iis nihil
(49) Dacier, Remarqaes sur l'Epîtré I du II*. liv. (î'Horace, pag. 435.
(50) Horat. , Epist. I , Ub. II, vt. 256. (5i) On dit dans la .ruiIeiiuMénagiana, pag.
6, e'dilion de Hollande , que ce comte, au railieu de ses plaisirs et de l'embarras de la cour, ne laissait pas d'étudier an moins règlement trois heures par jour.
(52)Stobœus, Serm. XXI, de Cognosc.sejpso.
(ai) Plntarchus, in Vilâ Isocrat. , pag. 838 , F. Vorez-le aussi Symposiac. , tib. I , cap. I , pag. 6i3, A.
33o ARISTARQUE.
faieo eloqui. Cela me fait souvenir de clvo/Acthiitç : heis libreis contra analocette pensée de Se'nèqiie : « Je n'ai ja- giam alque Aristarchum est nixus (60). :» mais votrla plaire au peuple , car il Si Varrou a parle là de Cratès Mallo-
« n approuve point ce que je sais , et » je ne sais point ce qu'il approuve. » Jyunquam volui populo placere , nam quœ egoscio non probat populus , quœ probal populus ego nescio (54)-
(G) // eut beaucoup de contestations dans Pergame , avec le grammairien Cratès (55). ] Les paroles de
tes , il est vraisemblable que Suidas a pris l'un pour l'autre \ je veux dire que Cratès Mallotès , et non pas Cratès de Pergame, a été l'émule de notre Aristarque. Je ne sais si jusqu'ici les commentateurs de Suétone se sont jamais avisés de le critiquer sur un point de chronologie dont je m'en vais
Suidas sont expresses là-dessus : Ko*- dire un mot. Il débite que Cratès Mal
TïiTi tS yfa./uifji!tTiKm nipyot.fjiiii\iû TrXitçrat, '-'-- ---•^ - t> j
Sïïty.tKKtic-a.'Ta h Tlipyx/uicc (56). Cum Cratete granimatico Pergameno , Pergami scepissiniè cnntendit. Casaubon , en vertu de ce passage , soutient que l'antagoniste d'Aristarque ne fut pas Cratès Mallotès , mais un autre Cratès natif de Pergame (57). Comme ce Cratès Mallotès était contemporain d'Aristarque , et fort connu du roi de Pergame , on jugerait aisément que ce fut lui qui disputa en plusieurs rencontres avec Aristarque. C'est pourquoi il est bon de prendre garde que Suidas donne le surnom Pergaménien à l'adversaire d'Aristarque. Peut-être se trompe-t-il , car ceux qui citent Cratès de Pergame nous le font bien moins connaître comme un grammairien , que comme un historien (58), et il est sûr que la grammaire était l'étude principale de Cratès Mallotès.
Lisez ce passage : Primas quantum opinamur studiuin gramniaticce in urbern intulit Crûtes Mallotès Aristarchi œqualis , qui missus ad senaturn ab Attalo rege inler secundumac tertiuni belluni Punicuni , sub ipsam Ennii niortem , quiim in regione Palatii prolapsus in cloacœ foramen crusj'regisset , per onine legationis siniul et valetudinis tenipus plurimas ÀKpoxTuç subindè Jecit assiduèque disseruil, ac nostrisexeniplofuitadimitandum(5oi).
C'est de Cratès Mallotès que l'on entend ordinairement cet endroit de Varron : Cratès nobilis grammaticus , qui J'rctus Chrysippo homine acutissitno , qui reliquit sex libres Têpi tm?
(54) Seneca , Epislolâ XX/X, pag. sig.
(55) Suidas , m'ApiV«tp;toî- (5G) Idem , ibid.
'j';) Casaubon , in Suctou. de Ulu.str. Grain., cap. II .
(58) Vojei Vossius, de IIi>t. Giaecis, png. 6^'^.
(5n) Sneton. de illininli '^•rammU., cap. JI
lotès vint à Rome , au nom du roi Attalus , environ le temps qu'Ennius mourut. La mort de ce poète tombe sur l'an de Rome 585. Or , en ce tempslà , celui qui régnait à Pergame se nommait Eumènes. 11 commença de régner l'an 5S6 de Rome , et il mourut l'an 596 , laissant la tutelle de sgn fds et la régence , à son frère Attale. Si donc Cratès Mallotès fut député aux Romains par cet Attale , l'exactitude chi'onologique ne souffre point que l'on assure qu'il fit ce voyage environ le temps qu'Ennius mourut. Mais néanmoins Suétone nous fournit de quoi confirmer l'opinion de ceux qui font fleurir Aristarque sous Ptolomée Philometor dans la i56^. olympiade (61).
Eusèbe et Suidas sont de ce nombre.
Vossius n'a point suivi Suétone , car au lieu de dire qu'Aristarque et Cratès Mallotès ont été contemporains , il a dit cela de Cratès Mallotès, et d'Apollodore , disciple d'Aristarque (62). Je ne prétends point que ce soit une fausseté , car on peut bien être contemporain , et du maître , et du disciple ; mais je remarque par occasion qu'il s'est abusé dans une autre chose : il a cru qu'une pièce de théâtre , qui fut traduite par Ennius , et qui était appelée V Achille d'Aristarque , ne portait ce nom qu'à cause que ce grand crilique l'avait corrigée.
Ab hoc et ^etus quœdam comœdia , quant Ennius postea transtulit , dicehatur Achilles Aristarchi. Meminit ejus Plautus (63). At sic non aliâ de
(60) Varro, de Linguâ latinâ , lih. VIII ^ inilio , foyez ans ri ttv. VII , pag. 97. Voyex dans Vossius , de Illst. Gra;c. , pag. 347 t P'"" Meurs autorités qui manquent que Craies Mallotès e'iail t;rain.mairien.
(61) Elle répond a lafn du VI*. siècle de Bum,:
(62) Vossiu:. , de Aile grammnlicà , lib. /, cap. VI , pag. 24.
(6''.} PLitit. , ;>i Piologn Prenuii , vs. i.
ARISTÉE
causa vocahalur , quam quod ab eo ignorassent en quel temps avait vécu esset emendata. C'est une erreur. Cette Aristarque. 3°. Je ne crois point que pièce ëtail une tragédie d'Aristarque personne dise que ce grammairien
de Tége'e , contemporain d'Euripide Voyez Scaliger (64)-
(H) IL sorlil de son école jusqu'à quarante grammairiens. ] On peut le compter pour un chef de secte , témoin ces paroles de Varron : Relinquitur de casibus , in quo Aristarchei suos intendunt nerf os (65) . Hoc in oratione diligentiùs quant alii ab Aristarcho grammatici (66). Voyez aussi les railleries d'Herodicus {6n). Il paraît par Suidas , que l'école d Aristarque subsista pendant quelques siècles dans Alexandrie (68).
(I) J'aurai quelque chose à dire contre Moréri. ] i°. Il s'est laissé abuser par Vossius , quand il a dit qu'Aristarque était de Samos (69). 2°. 11 n'y a rien de plus inutile que d'observer qu'Aristarque fut contemporain de Craies (70). C'est expliquer une chose obscure par une chose plus obscure , obscurum per obscurius . Il y a eu plusieurs Cratès. Diogène Laè'rce en compte dix , les uns philosophes , les autres poètes , ou grammairiens , ou orateurs , ou géomètres , etc. (71)- Ils n'ont point vécu en même temps , ils n'étaient pas du même pays : qu'y a-t-il donc de plus inutile , que de marquer qu'Aristarque florissait au temps de Cratès ? Le plus célèbre de tous ces Cratès est le philosophe cynique. Ainsi , le sens le plus naturel des })aroles de M. Moréri est qu'Aristarque a été contemporain de ce cynique : or cela est très-faux ; il y a de grands intervalles entre l'un et l'auti'e (72). Cette censure ne regarde point Suétone , qui a dit que Cratès Mallotès était contemporain d'Aris- 1 arque 5 car il n'y avait guère de gens de lettres au siècle tle Suétone qui
(64) Scaligeri Animadv. in Eusebium , nam. i563, pag. io3.
(65) Varro , de Liuguâ latinâ , lib. VU , pag. 96.
(66; Idem , ibid. , lib. IX , png. i34. ^67) Àpud Atbeaaeuin , lib. V , injînc.
(68) Suidas, in'A/Lifji.mioç.
(69) Vossius, de Poètis Graecis, pag. 67.
(70) Il y a Crelès dans l'édition de 1688.
(71) Diog. Laerl. ,in Vilis Philos., lib. IV, n,.m. 23.
(72) Diogène Laërce , liv. V , num. ?<■) , du tjiicCraté.t le Cynique jTorissaiteiwiron la ii3^. ij'> inpiade.
composa neuf lucres de corrections de tlliadeetde l' Odyssée. C'estdeCratès Mallotès , que Suidas assure cela (73), comme Vossius l'observe (74)- Moréri n'a point entendu les paroles de Vossius. 4°- Il est faux que Ptolomée Lathurus fût fils de Ptolomée Philométor. 5°. Je crois qu'au fond il est vrai que notre Aristarque était en vie la iSS". olympiade; mais, puisqu'Eusèbe et Suidas le font fleurir en la iSô". , c'était celle-ci qu'il fallait marquer.
Vossius impute à Eusèbe faussement de l'avoir placé à la i58*. (75).
(73) Suidas , in Kp*T«ç.
(74) Vossius, de Poètis Grœcis , pag. 67.
(75) Idem , de Histor. Gra:cis , lib. I , cap<. XFItl, pag. 119.
ARISTÉE , en latin Aristœus, fils d'Apollon et de Cyrène (A).
Son article a été donné fort imparfait par M. Moréri , qui s'est borné à nous apprendre, 1°.
qu'en poursuivant partout Eurydice, femme d'Orphée, il fut cause qu'elle mourut de la piqûre d'un serjîent ; 2°. que les nymphes , pour se venger d'Aristée , firent mourir ses abeilles ; 3°.
(\vl ayant fait le sacrifice de quelques taureaux , il recouvra ce qu il avait perdu («);4"'. qu'il fut V inventeur du secret de tirer le miel , défaire l'huile et le fromage (B). Il avait bien d'autres choses à dire touchant ce fils d'Apollon , car on aurait dû raconter qu'il naquit dans cette partie de la Libye oii la ville de Cyrène fut bâtie; qu'il fut élevé par les nymphes ; qu'étant allé à Thëbes il y épousa Autonoé fille de Cadmus ; qu'il en eut Actéon , qui fut mis en pièces par ses propres chiens ; qu'après la perte de ce
(a) Tout ceci se trouve dans Virgile, ait IF'. Civrc des Géorgiques.