ATTICUS
àere necesse inter Ccesarem atquè Antonium , ciim se uterque principem non solùm urbii Romanœ , sed arbis terrarum esse cupertt (8).
(B) llj'ut cause que Cicéron et HoV'
tensius t'écurent dans une bonne
intelligence. ] Ceux qui savent combien la jalousie d'éloquence agite et remue les autres passions , ne se feront pas une idée médiocre de l'adresse et du mérite d'un homme qui
Borne , pendant la guerre de César et sut conserver la paix entre les deux de Pompée : cela ne déplut point à plus célèbres orateurs de l'antiquité.
Pompée ' - , /n - -
Pompée (3; , et plut infiniment à Ce- 11 ne suffisait pas que Pomponius Atsar. Après la mort de ce dernier, il ticus s'insinuât agréablement dans les " " - - X. ■ J esprits; il fallait de plus que l'on re-
marquât enlui des qualités qui inspirassent une estime respectueuse. Ce que je m'en vais citer est donc fort propre à marquer le caractère de son mérite. Vtebatur intime Q. Hortensia qui iis temporibus principalum eloquenliœ tenebat , ut intelligi non pos' set uter eum, plus diligeret Cicero an Hortensias , et id quod erat difftcillimum, effîciebat ut inter quos tantce laudis esset œmulatio , nuUa intercederet obtrectatio , esselque taliuni t^irorum copula (9).
(C) IL ne fut jamais brouillé, ni ayec sa mère , ni ai-ec sa sœur. ] A l'âge de soixante-sept ans , il perdit sa mère , qui en avait quatre-vingtdix; et il avait alors encore une sœur presque aussi âgée que lui. Ce fut le jour des funérailles de sa mère qu'il déclara qu'il n'avait jamais eu besoin de se réconcilier avec elle , et qu'il n'y avait jamais eu de rupture entre sa sœur et lui. Hoc ipsum i^erègloriantem audierim in funere matris suce, quant extulit annorum nonaginta cum esset septem et sexaginta , se nunquam cum niatre in gratiam rediisse , nunquam ciim sorore fuisse in simultate quant propè œqualem liabebat ; quod est signum aut nullam unquam inter eos querimoniam intercessisse , aut hune eâjuisse in suos indulgentiâ , ut quos amure deberet irasci eis nef as duceret (10). Je ne touche point cette circonstance du temps , afin de grossir mon livre, et de remplir plus tôt une feuille de papier : chacun voit qu'elle est de l'essence de cette remarque ; car si l'humeur commode d'Atticus se mon-
(8) Idem , cap. V.
(g) Cornélius Nepos, in Vitî Attici , ca\i. V-.
(10) Idem, aap. XFIIi
envoya de l'argent à Brutus, quand le parti de la liberté commença à n'être pas le plus fort , et il rendit mille bons offices à la femme et aux amis de Marc Antoine , pendant que leur parti semblait perdu sans ressource.
Marc Antoine ne fut pas ingrat ; car , encore qu'il étendît sa furieuse haine sur tous les amis de Cicéron , il écrivit de sa propre main à Atticus une lettre très-obligeante (4) H travailla dans la suite au mariage de la fille d'Atticus avec Agrippa , favori d'Auguste (5).
Enfin, malgré les cruelles divisions qui s'élevèrent entre Marc Antoine et Auguste , notre Atticus se maintint dans l'amitié de l'un et de l'autre. L'un , (6) , quand il était en voyage , lui e'crivait exactement ce qu'il faisait , ce qu'il lisait , et où il devait aller ; et, lorsqu'il était à Rome , il lui écrivait presque tous les jours, pour le consulter sur quelque question : l'autre (7) lui rendait un compte exact de ses aflaires. Il était sans doute trèsdifficile Je conserver en même temps l'amitié de ces deux antagonistes. Hoc quale sit, facdiîis existimabit is qui judicare poterit, quantœ sit sapieniiœ eorum retinere usum benei'olentiamque inter quos maximarum rerum non s'>fiim œmulatio, sed obtrectatio tanta intercedebat, quantum fuit i/jct-
(i) Cornet. Nepos, in Vitâ Attici, cap. II.
(ni Idem, cap. tV.
(3) Idem , cap VII : cependant Cicéron , Epist. Vl, lil: XI ad Atticuin , témoigne que Pompée aurait fait un mauvais parti a Atticus, s'il eût vaincu.
^4) Idem , capite \.
(5) Idem, capite XII.
(6) Savoir , Auguste. Cornélius Nepos , cap,
(■)) .Savoir, Marc Antoine. Cornélius Nepos , cap. XX.
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tre ici sous l'idée d'une grande singu- pour nous parler des statues de Pilia larlté , c'est nrincipalement à cause sans dire ce qu'elle était ? La iamiUe du nombre d années qu'il passa avec sa mère , et avec sa sœur , sans aucune
brouillerie. C'est dommage que l'his toire n'ait pas ajouté comment il se gouverna avec sa femme. Il ne se van- (a de rien là-dessus (n); et cela
Pilia ne fait aucune tigure dans l'ancienne histoire romaine.
(D) De grands biens lui échurent par succession. ] Quintus Cœcilius était son oncle maternel. C'était un homme insupportable ; mais Atticus
pourrait faire soupçonner que son ménagea si bien cet esprit farouche, adresse , ou que sa patience , ne pu- qu'il se maintint dans ses bonn -s grâ-
princip
ne l'obligèrent pas à faire de grandes près d'un million. Le patrimoine avances. Le fait, en ce cas-là, per- d'Atticus avait été d'environ deux drait beaucoup de sa singularité , par cent mille francs. In sestertio uicies rapport à Atticus ; mais à tout pren- quod à pâtre acceperat (i5). Au reste, dre , il n'en perdrait rien , et l'aug- parce que Cœcilius adopta son neveu itérait plutôt. Voyez dans la re- par son testament , il fallut qu'Atti- ...: «.- . .'**.:„..„ f..^ - - Al J :,. — »^.^.^c-U O.
marque suivante , qu' Atticus fut toujours bien avec un oncle dont l'humeur était si bourrue , qu'aucun parent n'avait pu la supporter. Revenons à la femme d'Atticus. 11 est étrange que Cornélius Népos n'en dise ni bien ni mal, et qu'il faille recourir à d'autres auteurs pour apprendre qu'elle s'appelait Pilia , et qu' Atticus l'épousa l'an de Rome 697 (12). Il n'était plus jeune , il avait cinquante-trois ans. Il ne s'était pas hâté de s'enrôler dans cette milice.
On peut recueillir d'une lettre de Cicéron (i3), que Pilia aimait son mari; car pour cet autre passage (i4)»
où quelques-uns ont trouvé qu'elle songeait à faire divorce , il est visible qu'il doit être autrement lu, et qu'il signifie qu'elle était menacée de paralysie. M. Sarrazin assure dans sa traduction de la vie de Pomponius Atticus , que la ville d'Athènes érigea aussi des statues à Pilia femme d'Atticus j mais il est visible qu'il s'est servi d'une mauvaise édition , car il ne faut point lire Pilia dans Cornélius Népos. Le mariage d'Atticus suivit de trop loin son retour d'Athènes, pour que les Athéniens aient songé à ériger des statues à sa femme. Cornélius Népos aurait-il été assez étourdi
(11) Voyelle commencement de la citation précédente,
(12) Voyei la lll". lettre de Cicéron ad Qnintiiin rratrem , lib. II ; et Fabricius dans la Vie de Cicéron à l'an de Rome 697 .
(i3) Laoniiimedu V'. lii're ad Atticum. (i4) De la ni', lettre du XK!'. livn ad Atticum.
eus se nommât depuis ce temps-là Q.
Cœcilius Pomponius Atticus. Voyons ce que dit Cornélius Népos de l'humeur chagrine de cet oncle. Hnhebat avunculuin Q Cœcilium , equitem romanuni, famiiiareni L. LuculU (16), dii'ilem , dijfficillimd naturd , cujus sic asperitatem ueritus est , ut queni nemo ferre pisset , hujus sine nffensione ad sumniaui senectuleni relinuerit benefolentiam • quo facto tulil pietatis fructum ; Cœcilius eniin moi iens testamento adoplavit eum hœredemque f'ecil ex dodrante. Ex qud hœreditate accepit circiter centies LLS (17).
(E) // se fit tellement aimer des Athéniens , que te jour de son départ de leur fille Jut, , . un jour de deuil. ] Il avait transporté chez eux la meilleure partie de ses efl'ets , et soit en prêtant , soit en donnant , il rendit de grands services à la ville d'Athènes (i8). On n'en fut pas méconnaissant : ou lui rendit toutes sortes d'honneurs publics. Il refusa celui de la bourgeoisie , et l'érection d'une statue ; mais après qu'il fut parti , on lui en érigea plusieurs. On fut très fâché de son départ. Quo factum est ut huic omnes honores quos passent publiée haberent, cii'enique facere studerent,
(i5) Coraelius Nepos , in Vitâ Attict, cap.
xir.
(16) Valère Maxime , liv. VU , chap.nil , nuin. 5 , dit que Caciliui: avait promis sa succession à Lucullus , et que l'ayant trompe, son cadavre yut trattié par les ruer.
(17) Cornélius Nepos , cap> V.
(18) Cornélius Népos , cap. II.