ATTICUS
(juo benejlcio ille uti noluit , quod nonnuUl interpretantur , amitii duitateni romanam , alid adscitd. Quamdiii affuit ne qua sibi statua poneretur restitit , abicns prohibere non potuit. .... ŒVanquillatis autem rébus romanis remigrafit Romam. . . Quem dietii sic unit'ersa civitas Atheniensiuni prosecuta est, ut lacrymis desiderii J'uturi dolorem indicaret (19). 11 parlait si bien la langue grecque , qu'on Ti'ût pris pour un Athénien (20). Quelques-uns croient que le surnom à' Attiras lui vint de là. Volaterran l'assure comme une chose dite par Cornélius Nepos (21)^ mais il se trompe, M. l'abbé de Saint-Réal débite qu'Atticus se nommait ainsi parce quilétiiitfori saluant en grec , et qu'il demeurait la plupart du temps à Athènes (22). On lui a représenté (aS) qu'il aurait fallu dire simplement à cause du long séjour qu'il fit pendant sa jeunesse à Athènes , puisqii'it est ceitain quil demeura^ la plupart de sa vie en Italie ou en Epire, où. il auait beaucoup de bien, comme il paraît par sa uie écrite par Cornélius iVepos, et par divers endroits des lettres de Cicéron.
(F) Il faisait toujours lire a sa table, lors même qu'il régalait ses amis.'] S'il eût tenu table ouverte indifféremment pour tous ceux qui se seraient présentés, il se fût rendu incommode à bien des gens par cette coutume de faire lire :, mais il n'invitait que des personnes de son humeur. JYemo in coni'iuio ejus aliud acroama audifit quàm anagnosten. . . . JVeque unqu'ani sine aiiqud leclio/ie apud eum cœnatum est , ut non mirais animo quàm l'entre convii'œ delectarenlur, nainque eos i^ocabat quorum mores à suis non abhorrèrent (a^j.
(G) Il aurait pu parvenir aux grandes charges de la république ; mais il aima mieux y renoncer. ] C'est apparemment la plus forte preuve qu'il ait donnée de sa vertu. On ne pouvait
(19) Idem, ca}>. III , etlV.
\w) lAem , cap. IV.
(îi) Volaterr.-in..s , lih. XVIII, pag. 666.
(22) Remarques sur les lettre» de. Clcéioa p Alticu.s, dans la Bibliothèque Universelle, loin. XX. pas- 78.
(23) L'auteur de la IViblioiliéque universelle , fil même.
(j4) CorucUii.'i Ncfios , cap. XIV.
alors s'élever aux charges que par de mauvaises voies j et l'on ne pouvait les exercer selon les règles de la justice , et pour le bien de la patrie , sans s'exposer à la violence d'une infinité de méchans. Il aima mieux se tenir dans une condition privée que d'aller aux dignités aux dépens de sa v;onscience. Que cela est beau ! Que cela est rare! Si tout le monde ressemblait à Atticus, on aurait lieu d'appréhender l'état d'anarchie j mais on peut dormir en repos de ce côté-là : il y aura toujours plus de malhonnêtes gens prêts à occuper les charges par toutes sortes de voies illégitimes , qu'il n'y aura de charges à conférer. J'ai oui dire qu'un homme, qui n'avait fait que voyager toute sa vie , répondit à ceux qui lui reprochaient son humeur ambulatoire,, qu'il aurait bien voulu se fixer dans quelque ville ; mais qu'il n'en avait trouvé aucune où la puissance et le crédit fussent entre les mains des honnêtes gens. On dit un jour à un autre voyageur qui assura qu'il cesserait de courir de lieu en lieu , dès qu'il trouverait une ville gouvernée par les personnes qui avaient le plus de mérite : Vous mourrez DONC EN VOYAGEANT? Uonores Hon petUt, ciiin ei paterent propter uelgratiam i'el dignitatem : quod neque peti more majorum , neque capi passent conserfatis legibus in lam effusis ambitds largitionibus , neque geri è republicdsine periculo corruptis cit'itatis moribus (25). Conférez avec ceci ce que l'on a dit ci-dessus dans l'article d'A- LEXANDER AB Alexandro, remarque (C).
(H) // doit être compté au nombre des bons auteurs.'] Il composa des Annales où il observa une chronologie très-exacte , et débrouilla le plus nettement du monde les généalogies des magistrats romains. Cet ouvrage comprenait sept siècles , et par-là on peut aisément conjecturer qu'il regardait principalement l'histoire de Rome : je dis principalement , car il ne faut point douter que l'auteur ne fît connaître dans une suite chronologique l'histoire abrégée de plusieurs autres états. Ciccrou ne permet point d'en douter : Cognoscat etiam , dit-il (26) , rerum gestarum et memoriœ
(25) Idem, cap. FI.
(2G) Cie\Mi}, in Oratore.
veteris ordinem maxime scilicet nostrœ cil'itatis , sed et imperiosorum populoruin et regum illustrium ■■ quem laborem nobis Attici nosUi leua^^it labor , qui consevvalis noiatisque temporibiis niliil cùni illustre preeternUtteret , artnoi'um septingenloruiu rnemoriam uno libro colligwit. Peu s'en faut qu'il n'y eût des tables chronologiques dans ces Annales. Ilabuit iste liber Attici et noua mihi quidem viulta , et eam ulilitatem quam requirebain , ut explicalis ordinibus temporum uno in cnnspeclu onmia uidcrem (17). J'ai déjà dit qu'Atticus observait fort nettement l'ordre généalogique : j'ajoute ici qu'il fît des Traités particuliers sur quelques familles , et qu'il composa des Inscriptions de quatre ou cinq vers chacune , pour mettre sous le portrait des hommes illustres , et qu'on admirait son adresse à comprendre tant de choses en si peu de mots. Attigit quoque poëticen , crelUnius , ne ejus expers esset suawitatis. JVamque t^ersibus , qui honore rerumque gestarutn amplitudine cœteros romani populi prœstiterunt , exposuit ila ut singulorum imaginibus fada maqistratusque eoruni non ampliiis quaternis quinisque uersibus Jescripserit , quod i^ix credendum sit tantas res tam ùrewiter potuisse declarari (28)... Maris etiani majorum summus imitator fuit antiquitatisque amator , quam adeo diligenter habuit cognitam , ut eam tntani in eo (■•alumine exposueril quo magistratus ornawit. JYnlla enim lex , neque pax , neque bellurn , neque res illustris est populi romani , quœ non in eo suo tempore sit notata , et quod difficillimumfuit, sic faniiliarum origineni subtexuit ut ex eo clarorum i^irorum propagincs possimns cognoscere. Fecit hoc idem separatim in aids libris , ut M. Bruti rogatuJuniam familiam a stirpe ad liane œlatem ordine enumerauil , notons qui à quo orlus , quos honores , quibusque temporibus cepisset. Pari modo MarcelLi Claudii de Marccllorum ; Scipionis Cornelii , et Fabii Maximi de Corncliorum et Fabiorum et yEmiliorum quoque, quibus libris nihtl potcst esse dulcius iis qui aliquam cupiditatem habenl nolitiœ clarorum virorum (29).
(27) Cicero , m lîruto.
(i8) Cornélius Nepos, cnp. XVIII.
(39) Iiicin , ibidem.
ATTICUS. 5o7
C'est dommage que ces livres se soient perdus , ils éclairciraient un nombre infini de ditliculte's. Je ne dis rien de YHistoire du consulat de Cicéron , qu'Atticus avait écrite en langue grecque (3o) , et sans ornemens (3i).
(I) // est tombé de nos jours entre les mains d'un censeur très -dangereux. ] C'est M. l'abbé de Saint-Réal. Voyez le livre intitulé Césarion , ou Entretiens dii'ers.W fut imprimé à la Haye, sur la copie de Paris, en i685. Il est divisé en quatre journées, dont la troisième est une critique fort rigoureuse de Pomponius Atticus , et de son panégyriste Cornélius Népos. On m'a dit que l'auteur de cet ouvrage a persisté dans les mêmes sentimens , et que cela paraît par les remarques qu'il a jointes à la traduction des deux premiers livres des Lettres de Cicéron à Atticus.
On a parlé de cette version dans un livre fort connu (Sa) , et je me suis toujours étonné que les libraires d'Amsterdam ne la contrefissent pas 5 car je ne doute point qu'il n'y ait beaucoup de profit à faire dans la lecture de cet ouvi'age.
(K) ... Mais on ne l'a pas abandonné a la rigueur de cette censure. ] Il parut un petit livre en Hollande , l'an 1686, sous le titre de le Retour des pièces choisies, ou Bigarrures curieuses , parmi lesquels on inséra l'Apologie de Pomponius Atticus contre les attaques de Césarion. L'auteur de l'Apologie ne se nomma pas ; mais on n'ignore point que c'était feu M. Rainssant , garde du cabinet des médailles de sa majesté T.- C. Les Nouvelles de la république des lettres (33) s'étendirent sur l'écrit de M. Rainssant d'une manière qui ne plut pas à M. l'abbé de Sainl-Rcal.
(L) IVous aurons quelque chose h corriger à son sujet dans le Dictionnaire de M.Moréri.] 1°. Il est faux que Cicéron ait épousé la sœur d'Atticus. Ce fut le frère de Cicéron qui l'épousa. 2°. Une fallait point parler des liaisons d'amitié produites parce mariage , puisque Cornélius Népos remarque très-expressément que l'amitié d'Atticus futbean-
(3o) Idem, ibidem:
(3i) Cîcero, Epistol. I, lib. II , ad Alllciim.
(3j) Au XX'^. tome de la Bibliotliéque Universelle, /jiaj». 37. fierez aussi le Journal des Savans du nfiiviier j6ç)i.
(33) Au mois de de'ceinbre 1686 , ar'.tdc 11^, png. i4o5.