‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 4)Chapitre 108 sur 109 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

suites avec beaucoup de constance et de religion, jusques à sa mort, c’est-à-dire, jusques au 3 d'octobre de la même année.

Sou testament futune preuvequ’il fit un usage tres-chretien des richesses qu'il avait acquises (d) (C).

(d) Tiré de son Programme funèbre, fait par Jean Mulenius, professeur à Coppenhag'en,. ù

(A) IL s'était fait connaître dans chaque ville aux plus savans hommes. ] Le récit de sa vie, fait par lutmême , et insére au II tome des Délices des Poëtes danois, contient le nom de plusieurs de ces savans, ef celui de quelqu:: personnes de qualité qui témoigner ! leur estime à ce voyageur. Le mw ‘quis de Pianezze le régala magnifiquement à Turiu. Il eut à Rome queiques audiences du cardinal Pallavicin, et il fut souvent mandé par la reine de Suède, qui aimait beaucoup la chimie. Ædhibitus et quandoque co!loquiis Carninazris Paz La VICINI , el sæpè accersilus ad disserendum cum RrcixA CBRisTINA de arcanioris Chemiæ studio , veritate, experimentis , quibus tum sacris se Palladia virago devoverat (1).

(B) Z£ était digne de sa charge de professeur... les livres qu’il publia le témoignèrent authentiquement. | Son Conspectus præstantiorum Seriptorune linguæ latin n’est qu’une petite portion d’un gros ouvrage qu’il composa sur cette matière, et qui se trouve parmi ses papiers, On à vu ses Cogitationes de variis linguæ lutinæ ætatibus et scripto G.-J. Vossii de Fitiis sermonis , etses Ænalecta philolosica et Judicium de Lexicis latinis græcisque. On a vu aussi son Æntiquæ Romæ Imago , et son traité de Sylla barum Quantiiate, qu'il 1otitula Parnassus in nuce. Ayant remarqué qu’il y a des sapothicaires, et même des médecins , qui prononcent mal les noms latins des remèdes, il publia un écrit qui a pour titre, Lingua Pharmacopæorum. Ses Dissertations de Poëtis græcis et latinits ne sont pas le moindre de ses ouvrages. Ayant vu

(1) Vita Borrichüi, in tom. IT Deliciarum Poëtarum danorum, pag. 378.

que son Prodrome de Ortu et Pro-

gressu Chemiæ avait été critiqué par.

Conringius , il en fit une apologie qui s'intitule, de Hermetis, Ægyptiorum, et Chemicorum ; Sapientit. h

qua deux fois en public un Cours entier de Chimie. Cet ouvrage n’est pas encore imprimé. Son Traité latin Docimastice Metallica a été traduit en allemand , et en danois. Il y a plusieurs Mémoires Chimiques et Botaniques de sa facon dans Îles Acta Medica Hafniensia. 1 a publié aussi un livre de Usu indigenarum Plantasum in medicind , un Traité de S'omno et Somniferis, un autre de Cabal characterali, un autre de Causis diversitatis Linguarum. Ajoutons

L expli-

BORSTEL.

studiosis , modestié , virtute, ac doctrind conspicuis ; amplum auditorium

varié exornatum , ut in hâc palæstr4 commodius lacertos moveant juniores sacris Apollineis devoti ; supellex li= brariaexquisitæ elegantiæ diverso stu= diorum generi inserviens , cui adhærent manuscripta rariora ; cernitur bi quoque laboratorium chemicum nredi-

cinam excolentibus profuturum ; cer-

nitur hortus floribus arboribusque con-

situs, oculis recreundis ,, animo pascendo dicatus. Hoc tam surnpluoscæ structuræ domicilium vocari maluit Coizecium Meptteum, quam ut à suo nomine appellationem haberet , nihil enim arrogantiæ , nihil fastuosi ostentabat toto vitæ cursu , sed fortuné ac

à cela Oratio jubilea Evangelica, et felicitate sud summé usus est modestid.

Memoria Da. Oligeri Vindü (2), et Deusingius heautontimorumenos, Ce dernier ouvrage contient quelques lettres satiriques contre Deusingius , où 1] se donna le faux nom de Benedictus Blotesandæus , qui est la même chose que Benedictus Nudiverius (3); car blot signifie en danois nu, et sande signifie la vérité , comme M. Placcius Vobserve à la page 105 de ses Pseudonymes. Je laisse les titres de quelques autres écrits de Borrichius, que je pourais copier dans l’ouvrage de M. Mollérus que j'ai cité (4), et où il promet de traiter fort amplement de cet auteur dans sa Cimbria Litteraia.Je donnerai seulement Île titre d’un livre posthume , qui fut imprimé à Coppenhagen Van 1697 : (ai Borrichii Conspectus seriptorum Chemicorum illusiriorum.

(C) LL fit un usage très-chrétien des richesses qu'il avait acquises. T Il en consacra beaucoup au bien des pauvres, et à lavantage des étudians.

Lisez cela en détail dans le passage latin que je vais copier. {nstituit ut et sufficeret juveniult academicæ necessariis destitutæ adminiculis præsidiure aliquod in uberiora studiorum incrementa, et famelicis offlictisque solamen obtingeret. Illis quippe domum planè lateritiam magnificent issimæ structuræ reliquit , ubi omnia cernuntur splendidé apparata, cubicula octo cum suis conclaviis, sedecim destinata

(2) Tiré de sa Nie, pag. 359 et suiv.

(3) Joan. Mollerus, Spiciles. Hypomnematum de Scriptis Danorum, pag. 56.

(4) Joan. Mollerus, fbidem, et in Hypomnemaus, pas. 304.

Utrisque tum hujus collegii incolis, lum aliis eégestaté, œrumnis et imbecilli valetudine oppressis, nec non alumnis scholæ Ripensis ingentem pecuniæ summam attribuit, quæ resignais post obitum testament tabulis , in collegio consistoriali annuo spatio reservatis , explevit numerum viginli sex mille et treceniorum Joachimicorum (5). Afin qu’on sache à quoi se montait son bien, je dirai que dans le partage qu'il en fit entre ses parens Et les étudians, etc., il employa pour ceux-Ci 26,300 écus, et qu'il laissa à ceux-là 50,000 écus (6). Dieu veuille que cela serve d'exemple à ceux qui en pourraient faire autant !

(5) Tiré de son Progamme funèbre, & la page 383, 384 du TIS. tome des Délices des Poëtes danois.

(6) Joan. Mollerus , in Hypomnemat. de Script. Danor., pag. 354.

BORSTEL (AboLPHE DE), gentilhomme allemand, à qui Balzac a écrit des lettres , et donné de grands éloges, était fils de Conrad de Borstel , qui fut seigneur de Gusten , Plotzka et autres lieux, et premier ministre d’etat des princes d’Anhalt, et gouverneur général de cette principauté. Il fat envoyé en France par le roi de Bohème , et par les princes de l'empire , sous ie règne de Louis XIII ; et lors— que ses négociations furent fi-

ES

Re

BORSTEL.

nies , il s'établit dans le royaume, et il obtint des lettres de naturalité, et la charge de gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Il épousa Charlotte de Faroude Saint-Marcolle, dont il eut an fils qui a une fanulle nombreuse (A). Cette dame épousa en secondes noces Joseph le Brun, chevalier seigneur de la Brosse, gouverneur de la ville et du château de Chinon. Elle est morte en son château de la Zaïlle en Loudunois, le 14 de mars 17095, âgée de quatrevingt-trois ans. Elle était d’une des meilleures maisons de Poitou (a). Je dirai quelque chose de la généalogie de notre Adolphe de Borstel (B) , qui eut deux neveux illustres (CO).

(a) Tiré du Mercure Galant de mars 1705, pag. 257. et suiv.

(A) 1! eut un fils qui a une nombreuse famille. | Il épousa une cousine du marquis de Rasilli, lieutenant général pour le roi en Touraine, et sous-souverneur des enfans de France. L’aîné de ses fils sert dans la marine depuis douze ans, et est enseigne des vaisseaux du roi : le cadet a été page du duc du Maine, et est commissaire provincial de l’artillerie (1).

(B) Je dirai quelque chose de la généalogie de notre Adolphe de Borstel.] L'auteur du Mercure Galant assure que la maison de Borstel est des plus anciennes et des plus illustres de l'Allemagne. Elle est originaire de Zélande, ajoute-t-il, et un seigneur de Borstel , à qui les vildes de Flessingue et de Wert appartenaient , épousa La dernière comtesse de Hollande, et par son mariage devint souverain de cette province, que le duc de Brabant, par la suite, usurpa sur lui. Après cette usurpation, plusieurs de cette maison s’établirent dans la haute Saxe, où ils bétirent le chäteau de Borstel, assez remarqua-

(G) Tiré du Mercure Galant de mars 1705, pag. 264.

ble dans la carie ; et l’on voit que dès le temps de l’empereur Othon Er. ils Y étaient déja en très-grande distinction, et qu'ils avaient les premiers emplois de l’état , dans le ministère, dans la guerre et dans les ambassades (2). Il y a là beaucoup de fautes ; car 1°. celui qui se maria avec la dernière comtesse de Hollande se nommait Francois de Borsel, ou de Borselle , et non pas de Borstel. 2°. Il ne fallait point dire de Wert, mais dé la Vere, ou plutôt de Ter-Vere (3).

3°. Il ne devint point souverain de la Hollande par son mariage : le duc de Bourgogne , Philippe-le-Bon , l'aurait fait mourir si la comtesse de Hollande ne lui eût cédé tous ses états pour sauver la vie à son mari (4). 4°. Il ne fallait point parler du duc de Brabant, mais du duc de Bourgogne.

5°, J’observe que cette comtesse de Hollande mourut l’an 1436, et que l'empereur Othon 1‘. mourut l’an 973. Qu'on jugesi depuis la prétendue usurpation de la Hollande sur le mari de cette comtesse, plusieurs de la maison de Borstel ont pu s'établir en Saxe, et y bâtir un château, et briller dans les emplois dés le temps de cet empereur.

(C) I! eut deux neveux illustres. | « L’un , Frépéric DE BorstTEz , a été » capitaine des gardes du corps du » feu roi de Suède, colonel du régi- » ment de Westergothie, gouverneur » de Gottembourg et Bahous, et gé- » néral major des armées de sa ma- » jesté suédoise, qui le‘fit, en consi- » dération de ses services, baron du » royaume ; et l’autre, ERNEST-Amé- » DÉE DE BorsTez , grand échanson de » feu son altesse électorale de Brande- » bourg, colonel du régiment de ses » gardes, général major de ses ar- » mées, et gouverneur du duché de » Magdebourg , lequel gouvernement » est encore possédé par Jean-Henrt » DE Borsrez (d). » On ajoute dans le Mercure Galant qu’il y a en France une demoiselle DE BorstTez, qui a épousé M. de Doumeny, lieutenant de grenadiers au régiment des gardes

(2) La même, pag. 259.

(3) Voyez l'article BersarA, remarque (B).

(4) Voyez la IT®, partie de la Réponse aux Questions d'un provincial , pag. 6.

ae Mercure Galant, mars 1705, pag. 261, 202, ,

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