EST
BAUTRU
et l’un des meilleurs; car Antoine Loisel, dans son Dialogue des Avocats, a parlé de lui en cette mamiere : Bautru volait d’une Pi grande aile qu'eux ious, Je ne dirai point qu’il fut plus docte qu'aucun d'eux ; mais il avait la langue mieux pendue ; et, s’il le faut dire, plus angevine (a). GUILLAUME et RENÉ Baurru pes Marras étaient ses frères. Guillaume, conseiller au grand conseil, et grand rapporteur de France (b), a été père du fameux M. Bautru de l’académie française, duquel nous parlerons bientôt. René, assesseur au présidial d'Angers (A), et maire d'Angers en 1604, fut père de CHARLES, chanoine d’Angers, connu sous le nom de Prieur Des Marras, auteur de quelques traités de théologie (c) (B). Je pense que c’est le même Prieur des Matras, qui a été si célebre par ses bons mots (C), qu'il ne cédait guëre en cela.à M. Bautru de l’académie franaise.
(a) La Croix dû Maine, pag. 209, en parle avec éloge , et dit qu'il mourut le 25 août 1580 , âgé de quarante ans.
(b) Ex Menagüs Notis Gallieis in Vitam Petri Ærodii, pag. 176. k
(c) Ménage, Remarques sur la Vie de P.
Ayrault, pag. 176.
(A) RENE BaurTru était assesseur au présidial d’Angers.] C’est de lui sans doute que d’Aubigné parle , au sujet d’une prétendue possédée (1). Elle a deux diables, dit-il (2), l’un nommé Belzébul, l'autre Astarot. Le premier est un rude diable, fort ennemi des huguenots , qui frappe tout le monde , et eut frappé M. Mairas d'Angers , s’il n'eût pris un bâton en lui disant : Belzébul ; maître mouche,
PA (x) Marthe Brossier, de Romorantin, en 1509
(2) Confess. catholiq. de Sancy, iv. I, chap. VI, pag. 352.
BAUTRU
si vous vous jouez à moi, je vous battrai en diable ...... Le clergé d'Angers voulut que ces deux diables de bon lieu fussent examinés premièrement par l'église : un des juges de la ville dit qu'il y allait de leur honneur, et pour examiner ces esprits commenca a latiner, Matrasadiredu grec. Voyez la remarque (B) de l’article GRANDIER.
(B) Cuarzes BaurTau....…. est auteur de quelques traités dethéologie. ] Voici ce que M. Ménard en dit dans sa liste des écrivains angevins. Carolus Bautra, presbyter, doctor theologus et professor, Ecclesiæ Mauricianæ Andegavensis canonicus, maximi ingenii scientiarumque dotibus excellens, familiâque inter clarissimas præcipud.
Scripsit de sanctissimo Eucharistiæ sacramento tractationem, brevi publicandam, quam vidimus. Intereà typis exposuit Disputationem ad articulum quartum quéæstionis 76 tertiæ partis $Summæ Theologicæ sancti Thomeæ, utrum tota quantitas dimensiva corporis Christi sit in hoc sacramento.
Andegavi,apud Antonium Hernault, 1638 (3).
(C) IL fut célèbre par ses bons mots.] M. Cousin remarque que la mémoire fournissait à M. Ménage quantité de bons mots |, qu’il avait appris dans sa jeunesse, et dont les meilleurs étaient de M. le prieur Bautru des Matras (4). Cela montre, qu’au y de M. Cousin , le prieur
autru est un sujet à citer préférablement à l’autre Bautru en matière de bons mots ; car il ne pouvait pas ignorer que M. Ménage n’eût appris ceux de Bautru le séculier, tout de même que ceux de Bautru l’ecclésiastique. Le Ménagiana nous fait voir que M. Ménage avait profité beaucoup plus à l’école du premier , qu'à celle de l’autre.
(3) Ménard, dans les Remarques de Ménage
sur la Vie de Pierre Ayrault, pag. 177.
(4) Journal des Savans du 11 août 1692 , pag.