‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (volume 4)Chapitre 84 sur 109 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

» livres, desquels il a fait une magni- » fique bibliothéque, composée de » plus de 6000 volumes, entre les- » quels il y a plus de 500 manuscrits » très-bons et bien rares, lesquels il » communique facilement à ceux qui » en ont besoin pour le public, en » quoi il sera à jamais louable (6). »

(C) ZE n’a publié qu'un livre. T] C’est la Vie de saint Chrysostome, composée par Palladius. Ni Fronton du Duc, ni Henri Savill, n'avaient pu venir à bout de trouver le texte grec de cet ouvrage : on n’en avait qu’une traduction latine, composée par Ambroise de Camaldoli. M. Bigot trouva le grec à Fiorence, dans la bibliothéque du grand -duc, et le publia à Paris , l’an 1680. Il y joignit la nouvelle traduction latine qu'il en avait faite, et quelques autres traités. Le Journal des Savans en parla dans un assez grand détail ; mais sans rien toucher qui concernât une Lettre de saint Chrysostome * au moine Césarius (7).

Consultez les journalistes deHollande, qui en ont parlé souvent (8). Voici de quelle manière ils l'ont fait en dernier lieu : le dessein de M Bigot avait été de joindre à la Vie de saint Chrysostome l'Epître à Césarius , qu’il avait déterrée dans une bibliothèque de Florence ; mais elle parut si formelle contre la Transsubstantiation , que les examinuteurs le contraignirent a la supprimer (9).

(D) M, Ménage... était de ses plus intimes amis.] De tous les endroits du

(6) Le père Jacob, dans son Traité des Bibliothèques, pag. 681, imprimé l'an 1644.

4 Dans Chaufepié on lit des détails sur la suppression faite, par ordre des examinateurs, de la Lettre de saint Chrysostome au moine Césarius. Cette Lettre parut trop formelle contre le dogme de la transsubstantiation. Chaufepié est donc ici de l'avis adopté par Bayle ; mais Joly soutient qu’ les examinateurs ne regardèrent pas comme suffisantes les preuves sur lesquelles on s’appuyait pour attribuer cette pièce à saint Chrysostome. Joly s'appuie sur les Mémoires de Tr voux, février et mars 1735, ainsi que sur L’Æise toire générale des Anteurs sacrés et ecclésiastiques par D. Ceillier, tom. IX , pag. 248.

(7) Journal des Savans du 25 mars1680, pag, 103 de l'édition d'Amsterdam : vous y trouvez ces paroles à la louange de l'auteur : M. Bigot, fameux par sa riche bibliothèque , et qui fait depuis long-temps l'honneur des Lettres à Rouen.

(8) Nouvelles de la République des Lettres, juin 1685 , art III, pag. 605: juin 1686, art. VIT, pag. 685 et ailleurs.

(9) Histoire des Ouvrages des Savans » février 1690 , pag. 267.

Ménagiana où il est parlé de M. Bigot, je ne copie que celui de la page 75.

« Si J'étais à l’âge de quarante ans, » je pleurerais amèrement la mort de » M. Bigot; mais je suis tellement ac- » cablé de mes maux, que je ne suis » plus capable d’être sensible aux » maux étrangers. Je suis aussi mal- » heureux que Priam, qui survéceut » à tous les siens. Il y a trente-cinq » ans, que M. Bigot logeait chez moi » toutes les fois qu’il venait de Rouen » à Paris, sans que nous ayons jamais » eu le moindre différent l’un avec » lPautre. Il était singulier en une » chose : comme il parlait peu, il ne » me disait jamais rien de ce qu'il » avait dessein de faire, nonobstant » la familiarité qui était entre nous ; » jusque-là que, lorsqu'il fit le voyage » de Rome, il ne m'en dit rien qu'un » jour ou deux avant de partir. Lors- » qu'il prit congé de moi, il me de- » manda seulement si je n’avais rien » à lui commander. Je perds beau- » coup à sa mort. Il m'avait écrit, il » n’y avait pas long-temps, qu'il al- » lait lire tous les anciens poëtes gau- » Jois pour l’amour de moi, et qu’il » me ferait part de tout ce qu’il trou- » verait de propre pour mes Origines » de la langue française. La biblio- » théque qu'il a laissée vaut au moins » quarante mille francs. Il avait une » grande littérature, et les savans » de Hollande attendaient ses lettres » comme des décisions sur les difii- » cultés qu'ils lui proposaient. » C'est une très-belle amitié, que celle qui a duré si long-temps, sans aucune interruption, entre ces deux hommes illustres. Celui qui a dit que ces sortes d’amitiés sont heureuses ( ro) aurait pu dire avec autant de raison qu’elles étaient rares. M. Ménage a dédié à M. Bigot son Anti-Baillet.

(E) C'était le meilleur cœur qu'il y etit au monde.| Je ne saurais mieux commenter ce texte, que par les paroles de M. de Beauval. Jamais, dit-il (11), l’on ne fut un plus sincère ni

(10) Felices ter el amplius Quos irrupla tenet copula : nec malis Divulsus querimoniis, Supremé citius solvet amor die:

Horat,, Od. XIIL , lib. I. L'épithète rari ne ferait pas un sens moins vrai que l'épithète felices.

(xx) Histoire des Ouvrages des Savans , février 1690 , pag. 267.

BIGOT

plus fidèle ami , et il avouait lui-méme que c'était La louange qui le touchait davantage, Il était d’une probité peu

commune dans ce siècle malheureux ,

et tellement ennemi du faste, que sa modestie allait jusqu'a la simplicité dans ses mœurs. Son humeur pacifique et tranquille le rendait incapable des éclats et des querelles, que la jalousie cause parmi les gens de lettres,

(F) JL a témoigné par son testament, qu'il mourait avec la méme affection pour les lettres avec laquelle il avait vécu.] « Il a substitué sa bibliothéque » à sa famille, pour en éviter le par- » tage, et il en a confié le soin à » M. Bigot de Monville, conseiller au » parlement de Paris, avec un legs » considérable pour la grossir et » Paugmenter tous Les ans (12). »

(12) La même.

BIGOT (GuiLLaumE), natif de Laval au pays du Maine (a), médecin et philosophe, a été un savant homme , sous le règne de François I‘. On a cru que le docte Pierre Castellan concçut quelque «jalousie contre lui, et que par la crainte de souffrir éclipse, 1l lempêécha d’avoir acces aupres du roi. D’autres disent que ce fut une calomnie, à laquelle Mélanchthon ajouta foi trop légèrement (A). Il est sûr que le moyen dont on prétend que Castellan se servit pour rendre odieux Guillaume Bigot à leur commun maître, a tres-peu de vraisemblance (B). Le conte, qui en a été inséré dans le Ménagiana, n’est point exact (C).

Bigot devait être un grand philosophe, puisqu'il a été fort loué par Jules-César Scaliger (b). Il publia quelques traités, les uns en vers , les aütres en prose (D). On se trompe , quand on dit que Calvin lui reprocha la

(a) La Croix du Maine, pag. 141.

(b) Voyez la remarque (D), à la fin

BIGOT

détention de la vérité en injustice (E). Bongars n'avait point oui parler de notre Guillaume Bigot; car dans une lettre qu'il écrivitle 6 d'août 1596, il demande qu’on lui apprenne quel homme c’etait (F).

J’ai bien des choses curieuses à ajouter à cet article. Notre Guillaume Bigot était fils de Jean Bicor, et il naquit vers la fin du mois de juin 1502; car il dit dans une lettre, datée de Bâle le 27 de décembre 1536, qu'il sortit de France âgé de vingt-huit ans, et qu'il y a déjà six ans et demi qu'il est exilé de sa patrie. Il avait donc trentequatre ans et demi, quand 1l écrivit cette lettre. I y a peu d'auteurs qui se plaignent tant de leurs ennemis, que fait ce philosophe dans ses ouvrages.

On y trouve toujours quelque lettre apologétique , ou antilogique, destinée à réfuter les calomnies de ses adversaires. Ce qui la obligé de nous apprendre bien des particularités de sa vre (G), dont méme quelques-unes se sentent de l’ingénuité de Cardan (c), tant elles sont peu judicieusement débitées (d). Il nous fait savoir, entre autres choses, que le galant de sa femme fut châtié tout comme Abeélard.

Voyez ci-dessous la remarque

(c) Voyez les remarques de l'article CarDanw, et particulièrement la remarque (4).

(d) Voyez ci-dessous citation (13).

(e) Entre les citations (13) et (14).

(A) On a dit que Castellan.… l’empécha d’avoir accès auprès du roi….; et que ce fut une calomnie , à laquelle Mclanchthon ajouta foi trop légère- “ent. | Nous avons deux choses à

faire : il faut montrer ce que Mélanchthon publia , et ce qui fut dit contre Mélanchthon sur ce sujet. Voici les paroles de Mélanchthon : Duo sunt in Gallié viri excellenter docti, Castellanus et Bigotius. Et quia Castellani disputationes crebrdo à Rege audiuntur , hortatur quispiam ex proceribus ut Bigotius etiam audiatur.

Interrogat rex in quo doctrinæ genere versetur. Cumque alii honorifica testimonio eum ornarent, tandem Castel.

lanus , qui augeri ejus opinionem nolebat, interpellans, Quid, inquit , tantorerè prædicatis ? Est Aristotelicus.

Rex interrogat qualis sit ea descriptio. Dicam, inquit Castellanus, Aristoteles dpisoxpaTiay adfirmat meliorem statum esse quam regnum. Häc voce apud regem sciebat se omnem auctoritutem et Aristoteli et ejus studiosis detraxisse. Cüumque rex interrogarèt an hoc scripserit Aristoteles , et ceteri id ad-

Jirmarent , audivisseique defendere Bigotium Aristotelicas sententias, delirare Aristotelem inquit , et negavit se defensorem harum ineptiarum auditurum esse. Facilè vicit Castellanus ta!i judice (1) L'auteur de la Vie de Castellan réfute cela avec quelque force. Ce qu’il dit mérite d’être ici tout du long. Æ Bigotio Gorgiam quendam in vicis et quadriviis profi :

tente ila privatim et publicé lacessitus conviliisque appetitus fuerat , et scripto apud exteros traductus, ut meritd eum odio prosequi posse videretur.

Nam et Philippum Melanchthonem calumniis a tli infestum reddiderat, ut is nimium credulus et facilis ea de ipso scriberet quæ nos, propter publicam causam, non sine gemitu legere poterammus, IVempè Castellanum ex eo calumnialorum esse genere qui, invidiä concitati, mendaciis confictis bonas causas apud reges Ooppusnarent et deteriores redderent. Argumento esse Bigotium, quem ille philosophid Aristotelicä præstantem, ne sibi et suæ gra- Luæ obesset, eum odiosum regi reddere meditaretur: ÆAristotelem, quod laudato paucorum et populi principatu unius imperium improbdsset, apud regem graviler criminatus esset. Quoui totuin cum esset vanissimum , et à Castéllans Æristotelem amante et admirante alienissimum, nec minüs improbë

(1) Melanchihon , in Responsione contra Clerum Coloniensem , edité anno 1543,

à Bigotio confictum quam à Melanchthone leviter litteris mandatum , Bigotium tamen postea in gratiam recéplum regi commendavit, aique illi quæ à

rege petebat apud INemausenses im-.

petravit (2). On voit dans ces paroles, 1°. queBigot, à limitation des anciens sophistes, et nommément de Gorgias, déclamait et faisait lecon à tout bout de champ ; 2°. qu'il avait médit de Castellanus, et en particulier , et en publie ; 3°. qu’il fit sa paix avec Castellanus , et qu’à la recommandation de cet ennemi réconcilié, il obtint de Francois [e"., ce qu'il souhaitait d’avoir à Nimes.

(B) Le moyen’, dont on prétend que Castellanse servitpour nuire à Bigot.…., a très-peu de vraisemblance.] Je ne répéterai point les remarques de Pierre Galand contres le narré de Mélanchthon : j'en ferai qu’il n’a point faites.

1°. Il n’est nullement vraisemblable que Francois [*r. ait demandé ce que c'était qu’un philosophe aristotélicien.

il avait trop de lumières ; et il se faisait trop exactement rendre compte de l'état où était l’université de Paris; en un mot, il avaiteu trop souvent des conversations avec des personnes doctes, pour ignorer le nom d’Aristote, et ce que c'était qu'un sectateur d’Aristote. La demande qu'on veut qu’il ait faite serait vraisemblable, nonobstant l’érudition de ce prince, si c’eût été une chose rare et nouvelle en France, que d’être péripatéticien; mais comme il n’y avait presque personne dans les chaires de philosophie, qui ne fit profession ouverte de suivre Aristote, rien n’est plus contraire aux apparences, que de supposer que ce

] Pete | ’ prince fut si étourdi d’une idée de nouveauté à l’ouie de philosophe aristotélicien, qu'il voulut tout aussitôt qu’on lui expliquât ces termes. 2°. La prospérité où était alors la secte péripatéticienne , et le respect infini qu’on portait à Aristote, ne permettent pas de croire que Castellanus ait cru pouvoir nuire à la gloire d’un rival, en le traitant de péripatéticien. C’eût été prendre une fausse route, pour affai- Dix les éloges qu’il entendait donner à Bigot en présence de Francois Ier, 3°, Les professeurs en philosophie dans les universités de France n’expli-

(2) Petrus Gallandius , èn Vità Petri Castel- Jani, num. 94, pag. 130, 231.

BIGOT

quent point la politique ; et l’on se serait rendu ridicule en ce temps-là, si l’on avait dit, je m'en vais vous expliquer ce que c'est qu'un philosophe aristotélicien : c'est un homme, qui préfère les républiques aux monarchies.

4°. Il est très-certain que François Ie".

se rendit le protecteur d’Aristote contre Ramus. L’historien de Castellan conte que ce prince pensa condamner aux galères ce rebelle d’Aristote (3).

On a donc quelque sujet de penser que Mélanchthon ne rapporta pas la chose comme il fallait. On l’avait mal informé : il s’était laissé prévenir sans entendre les deux parties. Cependant ses paroles ont porté coup: je ne vois personne qui parle de notre Bigot, sans donner pour un fait certain ce que Mélanchthon en a publié; tant l’étoile de certains hommes a de force pour immortaliser un conte, quel qu’il soit, vrai ou faux, conforme ou contraire aux apparences !

Naudé était dans l'erreur commune :

car voici ce qu'il a dit: Entre les savans que Francois Ir. tira à sa suite par les chaïnons de sa libéralité on n’et pas manque de voir Erasme, s’il elt voulu accepter la principauté de son collége royal, ou une chanoinie de quinze cents livres de revenu, qu'il lui offrit plusieurs fois(*) ; et pareillement Guillaume Bigot , qui était le premier philosophe de son temps, si son grand auméônier, l’évêque de Mäcon, ne l’eût diverti de La volonté qu'il avait de l'approcher auprès de sa personne (*?), afin de n'avoir un si docte censeur des discours qu’il faisait tous les jours à sa table (4).

(C) Le conte , qu’on en a inséré dans le Ménagiana , n’est pointexact.] Voici ce conte. « Petrus Gallandius avait » desenvieux, et cesenvieux voulaient » faire venir de Normandie un nommé » Bigot, grand philosophe aristotéli- » cien, pour le supplanter par son » moyen. François [e., 3 qui l’on en » avait parlé, demanda à Petrus Castel- » Janus quel homme c'était. Petrus » Castellanus répondit que c'était un

(3) Galland. Vita Castellani , num. 45,

(*:) Erasmi Epist. ad Christop. Messiam:

item ad Goclenium; item ad Joannem Hond.

(°?) Ricther., in Axiomat. Polit.

(4) Naudé, Addit, à l'Histoire de Louis XI, pag. 369, 370.

æT

BIGOT

Û » philosophe qui suivait les sentimens » d’'Aristote. Æ£t quels sont les senti- » mens d'Aristote ? ajouta Francois Ier, » Sire, repartit Petrus Castellanus, » Aristote préfère les républiques à » l’état monarchique. Cela fit une telle » impression sur l'esprit de Fran- » cois [er., qu’il ne voulut plus en- » tendre parler de ce M. Bigot. Ainsi » Petrus Castellanus servit son ami » fort adroitement (5). » J'aurais. quelques objections à faire contre ce récit.

1°. Notre Guillaui#e Bigot n’était point Normand , mais Manceau. 2°. Son habileté dans le péripatétisme n’était point propre à supplanter Pierre Galand , qui n’enseignait que les belles-lettres. 3°. Mélanchthon, qui

doit passer pour lécrivain authentique:

quant à ce fait, puisque ce n’est que par lui que lon l’a su, ne dit point qu'il fût question de supplanter quelque professeur de Paris : 1l dit qu’on voulait introduire Bigot auprès de Francois [°'., afin que ce monarque,

ui avait oui tant discourir Pierre

astellanus, entendît aussi les discours

de ce Guillaume Bigot. Remarquez

bien, que lors même que le sel et unique auteur qui parle de ue fait, s’abuse, on ne peut altérer sänarration sans un nouvel égarement.

J’excepte les cas où l’on se fonde sur la véritable découverte du fait. 4°. Nous apprenons de la vie de Castellanus, qu’à sa recommandation François 1°".

accorda à ce Bigot une chose qu’il demandait. Comment donc a-t-on pu dire que ce prince ne voulut plus entendre parler de ce M. Bigot?

(D) Z! publia quelques Traités, les uns en vers, Les autres en prose. ] On imprima quelques-uns de ses vers françcais , avec les poésies de Charles de

Sainte-Marthe , oncle de Scévole (6).-

Gesner parle d’un Recueil de Poésies Gulielmi Bigoti Lavallensis, imprimé à Bâle, l’an 1536 (7). 11 y a sept ans, ajoute-t-il, que j'ai vu l’auteur à Bâle.

Entre autres pièces , 1l y avait dans ce Recueil, Catoptron ad emendationem juventutis factum Carmen, Lpithalamium quoddam , et epigramma in empiricum (8). Da Verdier Vau-Privas a donné ce titre, Gulielmi Bigotü, La-

(5) Ménagiana , pag. 147.

(6) La Croix du Maine, pag. 147.

) Gesner. , à Biblioth. , folio 287.

(8) Tbid.

ns PA ss

valensis, Christianæ Philosophiæ Præludium , Opus cum aliorum tum hominis substantiam luculentis expromens rationibus ; Tolosæ , 4, apud Guidonem Boudevilleum, 1549 (9). C’est apparemment à ce dernier livre que Jules-César Scaliger avait égard , lorsqu’il disait : Vic videmus ejusdem rei diversas esse notiones : quas barbarë guidem barbaris , sed non inscitè apud doctos formalitates appellabamus. Hæc quidem risui sunt atque contemptui novis Lucianis atque Diagoris culinaris : sed non neglecta sunt à maximo philosopho Gulielmo Bigotio, qui quidem penè solus hoc summum jus hodiè tuelur in recondit& philosophiä (10).

(E) On se trompe, en disani que Calvin lui reprocha la détention de la vérité en injustice.] Voici ce qu’on trouve dans les Notes d’un tréssavant homme sur la Vie de Castellan. 44 quem (Bigotium) extat epistola Joannis Calvini, data IF Kal, Januarü MDLVIT, in qud eum increpat quôd à superstitionibus, id est à professione fidei romanæ non recederet. Cette lettre de Calvin est la CCXLVI (15) : elle est écrite à un Pierre Bigot, qui ne donnait pas gloire à Dieu par la profession de la vérité. Calvin avait autrefois logé avec lui. L’adversaire de Castellan s'appelait Guillaume Bigot : il n’est

onc point celui à qui Calvin écrivit.

(F) Bongars..…. demanda qu'on lui apprit quel homme c’'était.] demanda cela , après avoir lu la lettre que Joachim Camerarius avait écrite à ce Guillaume Bigot. Elle est à la fin du Ille. livre du Ie. tome des Lettres de ce Joachim. $tibarus quis fuerit, nisi molestum est, explica, et quis Wilelmus Bigotius Gallus, ad quem extat Æpistola sub finem tertii libri (12).

(G) Les disputes qu’il a eues... l'ont obligé de nous apprendre bien des particularités de sa vie. ] « À peine avait- » il un an, que sa nourrice mourut de » peste. Notez en passant, qu’il avait » fallu lui chercher une nourrice aux » champs, aucune femme de la ville » nele voulant élever, parce qu’il était » né avec deux dents. La mort de sa

(9) In Supplemento Epitomes Gesnerianæ.

(10) Jul.-Cæsar. Scalig., Exercit. CCCVIT,.

num. 15, pag. 946, ad Cardanum.

(x1) In editione III, Hanov., ann. 1597.

(12) Bongars., Epist, CXXX ad Camerar., pag. 483, edit. Hag., ann. 1605.

» nourrice, précédée de celle de treize » autres personnés de la même maison, » fut le commencement des malheurs » de notre Bigot. Aucun des voisins ne » voulut s’en charger, pas même en » avertir ses parens : en un mot, » on l’exposa sans pitié auprès d’une » haie, sur le bord d’un grand che- » min. Son père, que d’autres affaires » particulières avaient appelé de ce » côté-là, le trouva en cet état. De-

» venu plus grand, son éducation fut:

» confiée à des gens qui n’en eurent » pas tout le soin nécessaire : aussi à » peine put-1l sé soustraire à leur dis- » cipline, qu’ilsejeta dansla débauche.

» S’étant attiré une mauvaise affaire à » Angers, il fallut se retirer à la cam- » pagne. Cette retraite ne lui servit » pas peu : elle le remit dans le goût » de l'étude; il s’appliqua au grec, qu'il apprit sans maître et en peu de temps. Toutes les autres sciences » ne lui coûtérent pas davantage: fl » avoue qu’il ne devait à ses premiers

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