RÉGI US
losien , il déclara qu'il ne s'en vou- Notez que Jean Fréher , de Poméralait pas défaire non plus que de ses nie , publia après la mort de Fauteur yeux(i8). Il luidonna de bonues pcn- un ouvrage de Régius qui a pour sions et l'intendance des églises de titre , Loci. Tneologici ex patiibus et tout son pays (19). scholasticis neotericisque colledi
(E) // composa plusieurs livres. ] (F) Il mourut . . . de la manière Ils sont recueillis en trois volumes, qu'il avait souvent souhaitée. ~) 11 ne dont les deux premiers contiennent fut malade que trois heures , et il ce qu'il publia en latin : l'autre con- avait toujours souhaité de ne passer tient ce au'il composa en allemand point par une langueur de longue (10). Ce dernier a été traduit en la- durée (34)- Nactus est genus mortis , tin, si je ne me trompe; car Je vois quale sœpè in votis l^abuit citum; dans le catalogue d'Oxford , P'ita et et placidum ; ciim semper deprecare- Opéra ( Urbani Regii ) latine reddita , tur diuturnos languores et longas per Ernest. Regium. Norib. , i56a. morbomm periodos (a5). Il n'est pas Melchior Adam observe qu'EiiNEST le seul qui ait souhaité une telle lin, et Régius, fils de l'auteur, rassemblatous qui ait été 6ervi selon ses souhaits(a6). ces écrits, et les publia à Nurem- (G) Je ferai une remarque sur les berg, divisés en certains tomes. Il fait noms de ce ministre. ] Le nom de sa mention nommément du livre où famille était Roi , mais le trouvant notre Urbain avait recueilli les phra- trop sublime , et trop fécond en plaises dures, et celles qui sont exactes, santeries, il le changea en celui de Celles-là ne servent qu'à semer la di- Régius (27). A l'égara d'Urbain , il le vision , celles-ci sont propres à la reçut au baptême , parce que les piété et à la concorde. Le prince femmes qui 1 y présentèrent ne surent Ernest de Brunswick lui fit faire ce dire au cure le nom que sa mère recueil, et ce fut un témoignage de leur avait prescrit. Elle avait voulu sa prudence et de sa piété j car les aue l'enfant portât le nom qui était expressions trop crues et trop vébé- dans le calendrier au jour qu'il était mentes sont comme les dents du venu au monde. Ces bonnes femmes dragon de Cadmus , une semence de l'oublièrent en chemin : le curé guerre entre les frères. Cette réfléxton voyant qu'elles hésitaient, leur dit est de Melchior Adam. Exstat inter que le jour de saint Urbain était alia liber ejus , in quo annotatœ sunt Proche ; cela fut cause que l'euhorridiores forma» loquendi : et mons- tant eut nom Urbain. Je remartrantur propriae ac concinna? , utiles querai par occasion que dans tous pietati ac concordiœ. Uas admonitio- les peuples il y a beaucoup de familnes scribi princeps E mes tus Lunœ- les qui portent le nom d'une dignité, burgicus voluit ; qud in re sapientiam roi , prince , duc , marquis , comte , et pietatem ejus agnoscimus. Utenim baron, etc. Elles ne s'avisent guère ex dentibus draconis , in Cadmœd de le changer, encore qu'il soit une historié f nata est soboles armatorum matière continuelle de turlupinades , inter se dimicantium : sic ex impro- et d'allusions puériles. Mais je crois prio sermone dissidia opinionum in pourtant que notre docteur luthéricu docentibus et in populo nascunlur. n'est pas le seul qui ait coupé la ra - C'est à quoi ne prennent point garde cine do ces fades quolibets , en (ranos faiseurs de formulaires, quand ils vestissant son nom. On trouve paront plus de dévotion que de jugement, tout des gens qui s'appellent Régis , ou plus de bile et de vanité que de vé- ou Régius : c'est, si je ne me trompe, ritable dévotion. Ils ne ménagent rien, par une suite d'un pareil déguiseils ne sepiquentqueden>ori*irte(M). eoo
r ^ ^ ° ton». X , pag. 588, remarque (G) Je \U article
(18) Perindè utoculos ita et Urbanum se omit- Moiconi.
1er* nolle. Idem , ibidem. (a3) Melch. Adam. , in Vitis Theologor., p. 80.
(ig) Idem, ibidem , etpag. 7g. (24) Idem, pag. 7g.
(ao) Micralius, SynUg. Hist. eccles. , pag. [tS) Idem, ibidem,
m. 778. (a(>) Voyn l'article Valu (George) , t. XI y.
(ai) Melcbior Adam, in Vitis Theologor. , (2^) Majores ejus recun» cognomine insignes
pag- 79? 8°* fuerunt : sed cuui id sublime et jocis aptunt , ex
(32) Mais notet nue les termes vagues et de rege régius fac tus est , ut ipse dutitarc soliius.
condescendance sont quelquefois inutiles. Voyc%y Melch. Adam. , in Viiis Theologor. , pag. 70.
486 RÉGIUS.
ment fonde' sur la même cause. J'ai t555, il n'est point permis de changer
dit ailleurs (28) que je m'étonnais de nom sans la permission du prince :
que les familles qui ont un nom ou il faut remarquer que bien aupara-
odieux ou ridicule ne le quittent pas; vant cette ordonnance , on ne chan-
j 'a joute ici qu'il y en a qui ne por- geait point de nom sans être autorisé.
tent plus le nom obscène qu'elles On prouve cela par l'exemple du
Sortaient autrefois. Lisez ces paroles barbier de Louis XI , et l'on rapporte
e M. Ménage (29) : « Hauteclair , les termes des lettres patentes de ce
» nom de famille. Ce nom fut donné, prince, par lesquelles il veutetordon-
» du temps de Henri II, à un maître qu'Olivier le Mauvais (*") ( c'était son
» des requêtes , nommé Couillard , barbier ) et sa postérité et l innée
» par une rencontre assez plaisante, soient doresnavant surnommé le
>» Ce maître des requêtes allait sou- Dain. . . . sans qu'il soit loisible a
» vent au Louvre. Un jour qu'il grat- aucun de plus les surnommer dudit
» tait à la porte du cabinet du roi, surnom de Mauvais , lequel nom nous
» ou de la reine , comme les huis- leur avons osté et aboli, estons et
» siers lui demandèrent son nom , il abolissons par ces dictes présentes.
» n'osa le leur dire distinctement , à Ces lettres sont datées du mois d'oc-
» cause de l'obeénité. Les huissiers tobre i4?4 > et furent enregistrées au
» ne l'entendant pas, ou feignant de parlement de Paris le So de janvier
» ne le pas entendre, lui dirent qu'il i474(30*Siceuxqui me voudront faire
« dit son nom haut et clair; d'où il cette objection la croient solide, ils ne
» fut ensuite appelé Hauteclair. Je savent pas bien juger des
» tiens cette histoire de M. du Puy, mes réponses. Je dis, i°. que mon » qui l'a apprise de M. de Thou , le- expression se doit entendre comme » quel, au livre vm de son his- celle-ci : Je m' donne que les débau-
» toire , pae. a6a de l'édition de Ge- chés ne craignent pas le préjudice » néve, fait mention de ce change- qu'ils font et a leur santé et a leur ré- » ment de nom, mais en passant, putation. C'est parler au teins présent, » JVegotium datum P. Altoclaro , et néanmoins c est avoir en vue aussi- » libèllorum supplicum magistro , bien les siècles passes que celui où » qui pudendo alio cognomine indige- Von s'exprime de la sorte $ et ainsi la » tabatur, ut negotium rectum, etc. » manière dont j'ai parié pour signifier 11 avait dit dans la première édition mon étonnement de ce qu'on ne de ses Origines, que les Beauharnais quitte pas les noms ridicules oti d^Orléans ont aussi changé leur nom odieux, ne tombe pas moins sur le de Beauvit, à cause de l'obscénité, en temps qui a précédé l'ordonnance celui de Beauharnais ; mais dans la mentionnée par M. de la Moque (3a), seconde édition il dit que c'est une que sur le temps qoi l'a suivie. Or il fable. est certain qu'avant le temps de
Je prévois,que ceux qui se souvien- cette ordonnance il y eut des gens dront d'une remarque de M. de Vi- qui se défirent de leur nom , ou qui
gneul-Marville , en lisant ce que j'ai ,€ changèrent et le déguisèrent. M dit dans l'article du cordelier Feuardent, m'objecteront qu'il ne fallait u^S^L^'^LZ^"^. pas que je m étonnasse de ce qu'on me cet homme est aussi appelé dan» plusieurs line quitte pas les noms de famille ri- vres d« «« temps-là. Le roi Louis X! lui changea
dicules ou odieux. Ils soutiendront ,ce ^om ftrof vkihlTmt* odi«"« « **** qu^on n'a pas cette liberté , et alloue- X^*^"™^ 55
ront Ces paroles du Mélange (H fis- «ait, fut assez sot pour ne sentir pas que, dans le
toire et de Littérature r Xnr kngaac d'alors , le dain et le donné étaient
toire et de Littérature (3o) : Sur ce u,n8,Rc a,*,ors >
que M. de la Roque dit que, depuis £™UeaM:nt »7»*t-», ou . peu près. R«.
l'ordonnance d Amboise, du 26 mars (3l*) si M. Vigneul-Marville *• fût souvenu
, ot r. ■ , qu alors l'année commençait a Vaques y il n'mu~
(*8) Dans l article Fkuaadmtt , lom. VI , p. rail vas dit , Mttanges, tom. J, pag. 360 , qn'il
470, remarque (À). y a fàUle a la date ^ cffJ kuref du mois d'octobre
(29) Ménage, Origines de (a Langue française , i4?4 , n'ajant pu être enregistrées que l pag. 3g5 , édition de 1694. suivante.
(30) Vigneul-Marville, Mélanges, tom. ffpag <3a) Gilles André de la Roque , sieur de la
1 rin In -',1, J - D.. f » ■ \ ' M. » nn » * » ■» .
5«j de la première édition de Rouen. Lontière , Traité de l'Origine de. Noms, p. i8a.
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REIHING. 487
la Roque (33) cite M. Ménage qui a qu'il est apparent que l'ordonnance dit que Guillaume le Hat , fdchc , du 26 de mars avant Pdques 1 555 ne comme l'on croit , de porter le nom tendait qu'à prévenir les usurpations d'an insecte , se surnomma Les rat , de noblesse, ou quelque autre fraude, et que Jean Dorai, professeur du roi et qu'ainsi quand on n'avait point en grec , changea son nom de Dis ne- d'autre vue que celle qu'avait notre mandjr. . ., quittait l'ancien nom de Régius , on n'était point bridé par sa famille , en celui de Daurat ou cette ordonnance. ^c dis a»ssi Dauras. Userait absurde de préten- qu'apparemment elle ne fut pas dre qu'ils obtinrent du Toi cette per- mieux observée que celle des états mission. M. de Vigneul-Mar ville ne de Blois de l'an i5^9 , qui défendit le prétend pas. Je croirais bien, dit-il à tous gentilshommes dé signer dans (34) , qu'avant Cordonnance d'Am- les actes et contrats aucun autre nom boise plusieurs se seraient ingérés de que celui de leur famille , a peine de changer leurs noms sans recourir au nullité.... Cet article n'a pas eu tout prince ; et que peut-être le médecin l'effet qu'on s'était proposé : car bien nommé Sansmalice , aurait changé ce des personnes, au lieu*le l'observer, y nom en celui d' Akakia , sans prendre ont contrevenu formellement , ce que des lettres de François 1er. ; mais j'ai remarqué , ajoute M. de la Roque, aussi nétait-ct qu'une simple traduc- dans des actes authentiques et publics tion d'un mol français en un mot (36). 5°. Je réponds, en dernier lieu , grec. Voilà donc le mémo auteur que que l'ordonnance d'Amboise bien l'on voudrait m'opposer , qui tombe observée ne devrait pas empêcher d'accord que la patente de Louis Xf que nous ne fussions surpris de ce que n'empêchait pas que l'on ne changeât les noms de famille ridicules ou de nom. Aussi devons-nous croire odieux ne sont pas abandonnés ; car qu'elle fut expédiée à son barbier , on en peut obtenir la permission si non pas afin qu'il lui fût permis de on la demande au prince (37) , et changer son nom de famille, mais nous voyons entre autres exemples, afiu qu'on ne persistât point à le lui daus le uvre de M. de la Roque , que donner. C'était un homme fort haï Jacque Miette ( ce noms est bas et dans le royaume , et par conséquent rampant, et prête le dos aux quolibets.) o« se fût plu à le traverser dans le eut des lettres du roi Henri I y, en dessein qu'il avait de se défaire d'un mars i6o3 . . , qui lui permirent de nom qui lui faisait Honte. Voila le quitter son nom en prenant celui de motif des lettres patentes. Elles ne Laaberie ( 38 ). Voyez les Bàgarruservaient donc poiut de règle pour rcs de des Accords , livre IV , chap. cent autres cas où le public ne \\ j et Baillet , Auteursdéguisés , chase serait point intéressé. Que si , 60US pitres V et VI. Le père Commire s'app ré texte d'une version grecque , on pelait Commère , dit-on dans le Mépouvait impunément substituer au nagiana *. nom Sansmalice celui d1 Akakia , à
plus forte raison était-il permis de (36) La Roque, Traité de l'Origine de* Nom*,
substituer un nom à un autre , quand paf: ... . a
1 11 (3*3J Idem. , ibnl paç. 181.
la différence entre les deux ne con- )J1 rt .... a sistait que dans l'insertion , ou dans . Mj f dans tt>remm^wi tnr iwele F«u a»la transposition , ou dans le retran-
chement de quelques lettres. J dis que l'expérience combat pou
moi , vu qu'il y a quantité d'auteur» pour i
célèbres qui ont pris un nouveau Bre»e
bkwt, dil qu'on peut ajouter ici que , le 10 décembre 1710, lurent enregistrées au parlement de Dijon des -lettres du roi qui portaient rommuUpour tjon fa nom fa flc<m ea ceiui Je Monmouth ,
auteurs pour -un conseiller du présidial de Bourg-en-
nom sans se faire autoriser pour cela ,TI1 r
par leur souverain (35). 3°. J'ajoute REIHlMi ( JacQUKs) , protes-
r seur eu théologie à Tubinge,
(34) Vigncul-Mar ville, Mélanges , tom. itPag. était d'Augsbourg , et d'une de a6f «, . „ .... „ ces anciennes familles qu'on nom-
(35) Voyez la Harangue de M.ijoraRias, que ^ 1 , j'ai citée, tom. X, pop. t$7, remarque Œ) de ton me UOlricientieS . 11 liaqUlt 1 ail article. Voyez aussi ta remarque (A) de l'article c ' ^ ji mi ^ r - „n
****** (Dirid), tom. a/, pal 3^5. 1 379. On l'envoya laire ses etu-
488 REIHING.
des à Ingolstad , et il fit des pro- bat. Cette étude lui fit com-
grës qui plurent beaucoup à ses prendre qu'il soutenait la mau-
maîtres (a). Lorsqu'il fut à l'âge vaise cause. Il quitta donc son
oii l'on donnait aux anciens Ro- emploi , et se retira à la cour de
mains la robe virile, il fit vœu Wirtemberg (B) , où il embrassa
de prendre l'habit de jésuite , le luthéranisme. On le fit pro-
s'il relevait d'une maladie dan* fesseur en théologie à Tubinge ,
gereuse dont il était accablé. Il prédicateur ordinaire , et direc-
guérit,etil accomplit son vœu leur d'un collège. Il remplit
malgré les oppositions de sa habilement toutes ces fonctions ,
mère (b). Il fit son noviciat à et fit des livres qui furent fort
Landsberg (c) , et il se rendit bien reçus. Les jésuites n'oublie*
ensuite fort célèbre dans son or- rent aucune sorte de promesses
dre. Il enseigna les humanités à et d'attraits pour le faire revenir
Inspruck, et la philosophie et la (G) ; mais ce fut en vain : il mé-
théologie à Ingolstad ; et il s'ao prisa leurs cajoleries, tout de
quitta si bien de ces charges , même que les médisances qu'on
qu'il fut jugé digne du doctorat fit courir contre lui (D). Il de-
en théologie, par le général Aqua- vint hydropique la sixième an-
viva. Il y fut promu à Dillingen née de sa conversion, et fut suffo*
(d);et il se sentit un nouveau qué d'un catarrhe quelque temps
zèle depuis ce temps là pour la après (e) (E). On fit courir de
défense de la communion de nouveaux mensonges sur sa mort
Rome : de sorte que ses supé- (F). Je donnerai le catalogue de
rieurs le donnèrent en qualité ses écrits (G),
de prédicateur aulique à Wol- (e) Tiré ^ SpitelilM| * Templo Honoris
gang Guillaume, duc de Neu- reserato,/>ag'. g5et]seq.
bourg, qui avait quitté tout (A) Le duc de JYeubourg, qui avait
fraîchement la religion pro tes- quitté tout fraîchement la religion
tante (A) , et qu'ils le chargèrent protestante.-] Martin Rauscherus , qui
j,, -v " i. P t. fît l'oraison funèbre de Reihing, ne
d écrire contre cette religion. Il dit rien qai nous porte à croir|'quc
ne songeait nuit et jour qu à ce jésuite ait contribué au change-
former des argumens qui ren- ment de religion du duc de Neu-
versassent de fond en comble la ^°"f8- Théophile Spizélius (i) a gar-
c • , , . - • de le même silence : le pere Ale-
confession des luthériens ; mais gambe (a) v& g&rdé aussi tfs se con.
comme ses adversaires lui oppo- tentent tous trois de dire qu'un peu
saient éternellement la sainte après que ce prince eut changé de re-
Écriture, il se vit contraint de le j^re Reihing lui fut donné
lA j- ■ v j> pour prédicateur. Quelques auteurs
consulter ce divin livre , et d y £ëannfoills assurent que ce jésuite
faire ferme, afin d'en tirer, s'il fut le grand convertisseur du duc de
était possible, les armes qui lui Neuboure, et cju'il le gagna par des
étaient nécessaires dans ce corn- intérêts humains. Voici les paroles
étaient nécessaires dans ce corn ^ journali8te dans Vair£t d>UB
(a) // étudiait au collée des jésuites. des ouvrages de M. Léti (3) : « Les
(b) Tiré tfc Spuélius , »« Templo Honoris, , « pag. o3, 04. (*) Elo8'° Keibengu, m Templo Honoris
(c) Rausdierus in Laud. funcbi i Reiliin- '"^"jS BiWiolh. Scriptor. societ. , pa*.
gi , apud Wittc , Mcmor. Theol., pag. 897. [3) BiblioUiàjue universelle , tom. XI pa«.
(d) Idem , ibidem , pag. 898. A , dans V extrait de la W. partie de-
REIHING. 489
» princes de la maison, de Neubourg vier 1630, et qu'il s'en alla à Hochstett, » étaient autrefois protestans, mais chez la mère de ce prince, d'où il 1» un jésuite nommé Jacques Rei- passa à Ulm . puis à Stutgard , enfin » hing trouva le moyen d'en faire à Tubinge ou il abjura le papisme ,
prêcha sur les motifs de sa converle a de janvier î6ai. Je trouve
» changer un de religion par d'as- et prt » sez (*) bonnes raisons de politique, sion , » que l'on pourra voir dans Tau- ici q
que l'on pourra voir dans Tau- ici quelque brouillerie, quand je
teur. Mais ce qu'il y a de surpre- compare le récit de Paul Fréhérus
a» nant , le convertisseur lui-même avec celui de Rauschérus ; car selon
» embrassa ensuite la religion pro- ce dernier, on examina pendant
» testante, pour réparer en quelque huit jours le nouveau venu, et puis
» sorte la brèche qu'il lui avait faite on l'envoya à Tubinge , où il fut im-
» en détachant le duc de Neubourg matriculé dans le livre du recteur de
» de son corps. L'abbé Pacichelli, et l'académie. S'il était arrivé à Stut-
» cernent h un occulto giudicio di binée , comme l'assure Bauschérus,
» I)io; mais il n'est pas fort difficile il n^ point prêché à Tubinge sur les
» à concevoir, pour les protestans , motifs de son changement, le a de
» qu'un homme qui étudie la con- janvier , comme l'assure Fréhérus.
»» troverse , change de sentimens , et Je crois qu'il y a deux fautes d'im-
» trouve que les protestans ont rai-* pression dans le récit de Fréhérus ; et
» son : de même qu'un prince passe, que, pour les rectifier, il faut dire que
Reihing sortit de la cour du duc de
janvier i6ai ; et nge, le 11 de jan-
point sujet de dire, vier de la même année. Ne soyez
» avec un personnage de la Filli di pas étonné du long examen qu'on lui
» Sciro : fit subir. Les protestans se défient
r . , ..n . fort d'un jésuite, et ils étaient alors
- Le vie de gli Dei ... * , 7 , , , , ,
• Sono oscure et ritorte , en Allemagne dans un état ou la de-
, • Ch'U erederebbe ? in somma fiance était nécessaire. D'ailleurs il
• * «'/ ciel° u» utberinto , in cwsi perde 9&t rare V0Jr jésuite de répu-
iunque va per ispiarne ija . • tation quitter son ordre pour se faire (B) II se retira à la cour de Wir- protestant ; ainsi l'on se figure qu'une temberg.'] Snizélius a fait ici un grand telle rareté tient du prodige , et doit péché d'omission : il n'a çoint mar- être examinée soigneusement, afin qué l'année de cette retraite. On n'a qu'on découvre si elle est un bon point fait cette faute dans l'Oraison présage, ou l'avant-coureur de quelfunèkre de notre Reihing ; mais les que mal. Le duc de Wirtemberg , imprimeurs du sieur Witte y ont ayant su que le père Beihing était tellement falsifié cette date, qu'elle vénu pour changer de religion, asne me sert de rien. Ils disent que Rei- sembla ses théologiens , et leur donhing, s'étant évadé de la cour du duc na ordre de le oien examiner. Ils de Neubourg, arriva à celle de Wir- soutinrent le personnage de catholitemberg au commencement de l'an- ques, et proposèrent à ce père pennée 1601 (4). Us ont oublié sans doute dant huit jours les difficultés que vigesimi; car j'apprends d'ailleurs l'on objecte aux protestans. 11 y ré- (5) qu'il sortit clandestinement de pondit de telle sorte, qu'il fit paraîchez le duc de Neubourg le 5 de jan- tre qu'il avait compare ensemble les „. . . „. , . . „, , deux religions avec beaucoup d'atin Gcrmania , scritu d« Gregorio Lcti. tention. Juro vobis , auditores : tOtO (*) Pag. iGa. Mo , quo res seiib ulrinque acta est ,
(4) Venerat tub auspicium ineuntù anni luprà OCtlduo , ca in omnibus , et quidem mULesimumsexcentesunumprimiin aulam. Mmr- cardinallbus fidei nOStlte aVliculis
S3 mgZiï a ' *P*?mp* e&hibuit fundawnta, ut
(5) Paolus Freherus, in Tb«u. Virorum il- nemmem non m adnnratwnem suï lu>ir. , paç. 431. converteret . sacrœ ctiam Scripturœ
REIHING.
leslimonia , quibus nostrorum senten- de appmbadone sut>crtorunuUibAaret
tia iirmari solet , ita iUi prœcipui (it). Conrad Reilung , jésuite , qui
textus erant in mundo(6) , ac si to- était recteur de collège à Augsboure,
tam œtatem in schoiis noslris insump- et frère du converti , ne cessait de
sisset. Qu<e profectb non rudem et lui écrire pour l'exhorter à re-veuir
novilium, sed aliquem in hdc nùlitid dans le giron de l'église (i a) : plu-
veteranumarguebant (7). Ayant passé sieurs autres jésuites lui écrivirent
par cette épreuve, on le "jugea di- sur le même ton. Christophle Gren-
gne de l'adoption , et cm im dit ce »ing, Son principal, fut le premier qui
quePriam déclara à Sinon (fy.Solulo le rappela : il lui promit que lacompa-
conventu lœtum ex auLd carmenac- gnic lui ouvrirait les entrailles de sa
cepit : miséricorde. Quid dicam de littens
Christophori Grenzing provincial ris, qui primas ex omnibus a fugd illum
QuUquis es , Graios :
■line jim
retraficre tenlavit cam hoc
tes tan sion
les iésuites étaient filchés de l'avoir
bras ouverts , et qu'on n'en userait les îesuites étaient iucues ue 1 avoir . , , ,? , « m-mz* „-
perdu. Il s'était fait estimer dans la Pas cnvc.r.s lm ~,™?el^fV*2
1ui^u. ±1 * «uu» envers Marc Antoine de Dotuinis ,
compagnie par ses ^mœu«, { cordialement du monde,
par son éloquence et par son eru- I . . 6 ^
dition (10) : c'est pourquoi son chan- Jr?":"*? lir 7. » , ,? .
i m- * * r r«« fat «persuade que 1 église qu il avait
gement affligea tout 1 ordre et 1 on J H» bo^ne ; 4 -U ^.r.
employa mille moyens po^W- ^ in^fcble-umt tiaH5 la pr<)
gner.LepereKelerl lui prom.t toutes w„„,„ , „ <^£«t
suites , ou d'être chano ne , ou de ri- H"- , " --■■i-ij"- --v- y~
vre dans le monde II lui donna la car- grande pla.e par la sorUc de ce sujet, te blanche , et lui engagea sa parole <««<«"/«•"< hoc ,psum <~or-
i '•• r»:%A..:AJu /?««' S (entretins, qui in scnptts suts
que les «pcrieu» ^ "fi^Eu *«<*"«« p«Wfc«lS, no» ./,«, toco
ce qu il lui promettrait. V un m (au- ' . T,. • « ;
te* \tfe(Kdîeru8) /ec£* pollicitatio- co»qucr<tur ingens dissessione Rei-
> v - • ^ ' r, „, hmgi, socictati sua; vulnus esse m-
nes ? quant puigues conditiones et nt £* . , .
'•" Y / , . flu ttim (ia)- " » y a presque point
papier vue, ,eZ uad^mum de^n \J» J | ^
posset, hethmgo obtuUt ? »*Ucet B d« prosely-
opuonem dit poserai, utrum m , ral„i dont Reihlng- soV-
V^KSL ^^Jî «t. Eela augmentait la sensîhUitc
eligeret : dummodô ad sinum romanœ ecclesiœ l'ediret. Projerebat hanc in rem charlam puram , quam I(ali biancam vocant, cui inscribere( , quicçuid animo coltibitum esset suo : nec
Vous allez connaître par ces paroles combien les protestais triomphèrent d'une telle singularité. (i5) Quo<i quidem facltun , quhm illustre , quam adtnirabiie , quhm inseparatum rantmque nobU accident, ne commonerc quidem vos opus est. Clericum PBgutarem , et societatis Ignadanœ
(7) Martrat» Raoscberu» , in Laud. fun. Rei- patjaiii ad casta transire cvangelico- Imigi, apud WiUe, Memor. Tbeologor. , pog. ^uq^ hacUMUS Oinm
(8) Virgilius, ,T'utud , /T, rf«
(6) C«C une phrase de Plaute (a même chose , quia nam«rato prompts
qui signifie , ou qu 'ixa-
(q) Rauscherus , ibidem , pag. go5.
(10) Voyet le fraqmcnt d'une lettre du jésuite Jran Agricola , prédicateur d armée du comte de Tilli. F oye% , dis-je , fragment in Oratiouc fuaebri Rcihingi, apud Wiitc, Memor. Theolog., pag. 898 , 899.
(n) Uauschcrus, ibid. , «/?u<i Witte,^. 912. (11) Idem, ibidem, pag. 913.
(i3) Rauhchcru» , in Laudat. ftinrbri Kettiingi ,
apudWiitr , Memor. Theolog., pag. gi3.
(i/|) Ibidem , pn#. 8(^9.
(t5) , ibidem, pag. 904.
REIHING. 491
petu steterat , sive ut latine dicam , nooenoe. le dac de Bavière envoya
jesuitam lie ri lutheranum , res est trois députés à cette coar , savoir
imprinùs memorabilis , et in tabulas Henri de S te in , le jurisconsulte Fa-
œtemUatis referenda. Res , cujus ber , et le père Keller , jésuite , rec-
prœdicatio muUorum adhùc seculo- teur du collège de Munich. Ils furent
rum ingénia, ipsamque posteritatis charges de demander -qu'on leur
memoriam fatigabit. Res , quam ne- reodît ce transfuge «t ce déserteur ,
dio hodiè (16) aut fando acceptent , et ils étalèrent tous les crimes dont
aut oculorum fide fuerit arbitrants, on l'accusait. Le duc de Wirtemberg
La France n'a guère vu de ces exem- leur fit réponse que si Reihing était
pies : elle en vit un l'an 1647, coupable de ces crimes, ils n'avaient
que Jarrige se fit de la religion. qu'à procéder contre lui juridique-
(D) Il méprisa les médisances ment, qu'il leur donnerait des juges
qu on fit courir contre lui.] On fit des intègres qui prononceraient sur l'acverscontre lui, en langue allemande, cusation sans nulle partialité ^ mais qui le diffamaient horriblement $ et que si le prosélyte était innocent , il l'on répandit des lettres dans les vil- était juste qu'on le laiss.1t en repos les et dans les cours d'Allemagne , dans l'exercice de la religion uni lui pour le dépeindre comme un scélé- paraissait la meilleure (1 g). S il arrat. On le traitait de parasite qui rivait , ajouta le dnc , que mes deux avait préféré la bonne chère et les prédicateurs abandonnassent leur rebons vins à la solitude et à l'oraison : ligion , je ne voudrais pas sortir de on l'accusait d'avoir été trop grand ma chambre pour ce sujet ; je n'en courtisan auprès des dames, et d'à- remuerais pas le pied. « Subjunxit voir conçu tant d'amour pour une » hoc mantissw loco generosissimus fille, qu'il la débaucha et l'engrossa : » princeps : Quùd si îot6 bodiè evel'enflure du ventre , ajoutait-on , » niret, utrumque aulœ meae concioayant découvert le crime , il fallut » natorem à religione suâ deficere : s'enfuir pour éviter l'infamie et le » eorum causa1 , ne pedem quidem châtiment. Circumvolitârunt vernar » unicum extra limen promoverem culd linguâ infâmes rythmi , et ca- » (»o). » Le père Keller s'aboucha lumniosœ litterœ , aidas , urbes , alors avec Reihing , et lui reprocha oppida perniciosissimè pererrdrunt , cette tirade «le déréglemens qui rfarrâruntaulœ palatinœ parasitum: avaient donné lieu à tant de chansons gynœcei asseclam , argenteos orbes , et à tant de lettres satiriques. L'accusé exauisîtafercitla , et ïiquorum illius se défendit sur tous ces points avec dei , qui olim Indos expugnavit , beaucoup de vigueur , et se purgea prœ lectione , prœ oratione , prœ so- même par serment , en présence des litudine amdsse ; vitœ cœlibis quie- trois députés du duc de Bavière. lem deliciis prœtulisse ; Florœ et Ve- (»i) <c Memores responsi istius , quoâ
neris , non societatis sacerdotem fuis- » tibi comitibusque tuis , in pi se ; salacitatis libidine pruriisse ; spe- » virorum honorât issimo rum , manu ciosam puellam impudice depetiisse ; » pectori arfmniâ , et sublatis in cœinelindsse uirginem , et injami corn- » lum ocuiùs calapultœ instar retorpressu graviddsse : cumque illa uteri » sit. Ego, inquiebat Ule, in conspecbulgam plus œquo intumescentem ce- » tu ccelestis illius arbitri h\c conlare non posset , deserto vadimonio , » sisto , qui qnae nos eerimos , auditmali Jacinoris infamiam , et pœnas » que et videt. Coram divinâ ejus meluenlem erupisse (17). Reihing ré- » majestate agnosco me peccatorum futa ces médisances par une belle » non infimum ; sed hune testem inasologie qu'il envoya à la cour de » voco, vacare me culpâ omnium , Wirtemberg (18). Il se passa une chose qui lit paraître hautement SOn in- , 1*9) Si haccrimina, quorum reumpostularent, ' ■ deferrentque , veritate ntterentur , f as esse , et
(16) Cet auteur avait oubli* sans doute la con- potestatem ipsis in auld advenus eum lege a* version d Hasenmulle'rus : j'en parle dans l arti- fxpenn : habitants fudicem neutri parti cle JiRmcK, tom, VIII ,MM 338, renutrque obnoxtutn, sed ex œquo > et bono jus dicentem. (E). aiit autem , etc. Idem, ibidem, pag. 908.
(17) Rauschcrtis, in Laud. fuuebri Keihingi , (20) Idem , ibidem.
npud Wittc , Menior. Theologor., pag. qo5. (ai) Idem , ibidem, pag. qoti : ceci
(18) Idem, ibidem, pag. 906. apostrophe de l'orateur au père Keller.
49a REIHING.
» qua iraputantur, probrorum : fal- conjugii glutino aîligandd unicuiquc » lentem vindicet , qui nunquàm transfuges concubind , ^uàm m inaa- » fallitur.» Keller n'ayant pu rien ob- ganda vitœ prœteritœ ratione ac motènir de l'ancien confrère, se retira en ri&u$. /Z/uJ quippè cerlo credunt non lui disant : Eue vous a fait tomber, posse id genus accipitres vel efficaciiis Sa pensée était que l'envie de se ma- accersiti , v el meliùs cicurari, quant si rier avait contraint Reihing à renon- ejusntodi carnis illieio inescentur (a4). cer au jésuitisme et au papisme. Ce Le père Reihing avait bien prévu sans fut à quoi se réduisirent enfin toutes doute qu'on l'attendrait là , el qu il les accusations j lès autres disparu- serait exposé à ces dures railleries s il rent, mais on s'obstina à soutenir se mariait: mais il se mit au-dessus de qu'il n'était passé à la communion cette crainte ; il eut plus d'égard aux
Srotestante qu'à cause qu'il était doçmes du grand apôtre des nations evenu amoureux. On ajouta qu'a- qui veut que l'évêque se marie , et près s'être marié, et avoir eu bien qui a mis entre les doctrines du dia-
etcboiqu'U
et qu'il sortit de ce monde pour n'avait jamais vue (s5). C'était une aller dans les enfers. Voilà le repro- ûHe d'élite et de fort bonne maison, che que lui a fait Alegambe. Prolap- belle, sage » ornée de toutes sortes de sus in lurpes amores , ordinemyfi- vertus. Allero , postquam in hanc demque transfuga deseruit , factus urbem venit , anno , cùm Tarsensts
ut ad veritatis confessionem redire Me çentium dbetor doctrinam ma trinon sustineret. Sic in œternam mor- momo interdicentuim appeUaret , anitem occubuitfrï). C'est un lieu com- mum ad eonjugtum appulu , exe/»mun trop rebattu et trop usé ; je ploaue suo vêtus illud Eunpulis cornm'étonne que l'on ne se lasse point de pwbauit : Fatalem viro fœminaeque le proposer. On l'a tourné en cent torum esse (a6). ^ manières: et il s'est trouvé des cens Remarquez bien que^ Reihing, et remplis de passion qui ont mieux l'auteur de son oraison funèbre , exaimé le faire servir contre le gros du pliquent comme un précepte les paparti, que contre les prosélytes. Ils rôles de saint Paul : ils prétendent ont dit que le premier soin des pro- que l'apôtre ordonne aux pasteurs testons en feveur d'un moine, ou de l'évangile d'être mariés , et de ne d'un prêtre qui passe dans leur *'etre au'à une femme. Ce serait san* communion , est de lui chercher une doute la véritable interprétation des femme; c'est ie ciment qu'ils em- paroles de saint Paul, si on les prépaient pour l'incorporer à leur sec- nait à la lettre, je veux dire selon te, et pour l'y tenir fermement collé les lo1* de la grammaire ; car les (a3). Ils se persuadent que de tels termes <lm désignent le mariage de oiseaux de proie ne peuvent être "évoque avec une seule femme sont mieux attirés, ni mieux apprivoisés autant régis par le mot il faut^), que par ce morceau de chair. Que que ceux qui désignent 1 irréprehencela est grossier ! je ne le rapporte ~ . , » que comme un exemple des brutali- (a4) Jac,0tus G™1"™> ™^
7», , " , , . r J a" ca , sac. IX, cap. VI, vite. m. 63b.
tes a quoi S émancipent assez SOUVent /a5) Elle s'appelait Marie Velser, et était
les COntrOVersisteS. Quinetiam ausim fille d'Antoine Félix Velser, moram et rirtutum
dicere eOS StudiOS l US multO laborare ct. form« oroameoti. conspicua lecu»umaq«e
• „ j - -y , e> Vireo. Kausclicrus , in Laurt. (urubu hcilunsi .
c a quœrenda quamprimum , etfucali ap*, Wittc f Mcmor. Theolog. f pag, ^ 08
(m) Alegambe , Bibbotb. Script, socîet. , pag. >Jbide,n' , , . ,
309. Note» que Sotuel a supprimé tout l'article „(a7> tA*'„°" 'rof «7r"^tojro» «ïtJriWwrTG»
île Jacques Heibing. tîveti h puéLç yvtctiKOÇ ot vJp* , »J»^*Xatio» ,
(a3) Confère* avec ceci les Nouvelles Lettres 0*ot^povct , etc. Oportet ergô episcopum ï rrf pr<v-
de la Critique générale de BfaimbourgJ pag. hcnsibilcm esse, uniu» uxuri» virum , M>briun ,
407 » 498. prudeatem , etc. / ad Timoth. , cap. III, vt. a.
REIHING. 493
l'évêque. Comme donc il serait ab~ pourraient vivre dans la continence, surde de prétendre que saint Paul ornés d'ailleurs de tous les talens relaisse à la liberté des Pasteurs d'être quis. On voit par-là qu'un attachesobres , modestes , irrépréhensibles , ment trop scrupuleux au sens littéetc. , ou de ne l'être point , il est ral de l'Ecriture serait fort souvent absurde de prétendre qu'il laisse à une source d'illusion , et que l'axioleur choix ou d'épouser une femme, me, summum jus, summa injuria , ou de n'en épouser aucune ; cela , doit être considéré et consulté en dis-je , est absurde si l'on s'attache bien des rencontres par les interpréau sens littéral , et si l'on suppose tes. On voit en même temps qu'il int Paul a observé l'exactitude faut faire , non pas ce que les apôtres
nie s an
3e la grammaire. Je ne parle point ordonnent selon le sens grammatical, d'une exactitude rigoureuse comme mais ce que le bon sens nous dicte celle qu'on observe dans les articles qu'ils ont eu dessein d'ordonner, d'un traité de paix, où l'on pèse tou- Saint Paul, selon la grammaire, comtes les expressions, afin d'empêcher mande le mariage aux évêcjues, mais les abus u^ue l'on pourrait craindre la raison nous montre qu'il n'a préd'une équivoque , ou de l'oraision tendu leur défendre que la polygad'une particule. Je ne parle point mie. C'est donc à cela qu'il s'en faut non plus de l'exactitude sévère de
tenir. Reihing et ses semblables ont ces grammairiens scrupuleux, jpé- tort de trouver là un commandement dans ou puristes, aui aimeraient de se marier ; on n'v en trouve raimieux employer troistaeures à corri- sonnablement que la permission : ger une période, que de souffrir mais leur erreur est beaucoup plus qu'il y restât quelque négligence. Je digne d'excuse que la hardiesse parle d'une méthode de s'expliquer épouvantable que l'on s'est donnée nettement et sans confusion , comme d interdire le mariage aux ecclésiasferaient les gens de bon sens dans tiques. Les peuples ne se laveront une lettre où ils donneraient des or- jamais devant Dieu , de la lâcheté dres à un précepteur. S'ils lui écri- qu'ils ont eue de souffrir que l'on vaient ; Nous voulons que nos enfans abrogeât les lois de saint Paul, clai-
point q
sent a leur mère , qu'ils aillent a la SOnt pas quittes encore. Disons en comédie tous les lundis, il regarde- passant mie l'on a traité l'Écriture rait tout cela comme des préceptes; àans \e christianisme à peu près comil ne s'imaginerait point qu'on laisse rae je co^e <je Justinien. On est bien à sa discrétion ou de mener ses ele- aise quand le droit coutumier est ves à la comédie tous les lundis , ou conforme au droit écrit ; mais si l'on de ne les y point mener : car il suppo- trouve mieux son compte au droit serait que ses maîtres en ce cas-là coutumier qu'au droit écrit, on se n'eussent point lié nous voulons avec passe de toute conformité. Le christiaqrfils aillent a la comédie, et qu'ils nisme pendant plusieurs siècles n'a eussent changé de verbe j qu'ils eus- point été un pays de droit écrit, sent dit, par exemple, et nous vous ^ n jut suff0fJué #un catarrhe permettons de les mener a la comédie queique tempS après."] Voici une noulous les lundis. Il faut donc demeu- ^eU? omias{on je Spizélius : il ne rer d'accord que si un sophiste so- marque ni le jour, ni l'année de la
Siniâtrait à soutenir mie tout ce que roort de p^ing. pour supplécr à ce it saint Paul des qualités d un evê- jtjfaut je dirai que cet ex-jésuite que est d'obligation , il ne serait pas
facile de le réfuter : et qu'il faudrait (*8) Cest ici qu'il faudrait faire valoir la lui demander humblement qu'il trou- rigU:
Vât bon qu'on se départît des rigueurs Grammatic* lege* plerumque eccle».a spemu.
494 " RÉINÉSIUS.
décéda le 5 de mai i63&(?q). U était alors outré papiste. Balthazar» Meisallé aux bains selon l'avis des méde- nérus, Fabrice Bassecourt, et Matcins , et s* étant couché pour prendre thias Hoe , écrivirent contre lui. quelque repos , il s'endormit , et ne Meisnerus è thesibus scalam centum se réveilla plus. Son panégyriste ap- et quadraginta eradus altamfabricapelle cela une mort heureuse (3o), vit, quâ MU ROS B ABYLONIS telle qu'Auguste la souhaitait et à soi- ROMAN JE , ET CONFICTA même, et aux siens. Ultimum ma xi- PAPISTICJE RELiGIONIS mumque mortalium votçrum naclus , FUNDAMENTA demoliebatur. cJdctvATiav , quant Me orbis regnator Bassecourtus TUBA DEI armatus, Augustus ohm sibi suisque exoptewit AD SURFER TEND OS MU- (3i). ROS ecclesia? romance progressifs .
(F) On fit courir de nouveaux men- eos velut Ma Hierichuntia mosnia uno songes sur sa mort* } On l'annonça clangore diffkare et solo œquare est avant qu'elle fût venue ; on attribua aggressus. Ultimus Matthias Hoè son hydropisie à la vengeance cèles- Enchiridion opposuit, in quoromanœ te ; on déclama sur ce qu'il mourut Jidei nebulœ clarissimd scripturarmm
de sa conscience (3*a) ; enfin on divul- 1617. Ei> voici le titre : Excubiœ Angua qu'à l'article de la mort, il chanr geHcœ Civitatis 'Sanctœ pro defensiota la palinodie en présence des voi- ne xii Fun damentorum CathoUcorum sins. Il est bon de noter ces choses ; Balthasari Meisnero prœconi Lutkeelles portent témoignage sur l'aveu- rano, et Fabrieio Bassecourt , TuMglement et sur la fureur des pas- cini Calviniano , oppositœ. Sa rép lisions, fruits de la crédulité et du faux crue à Matthias Hoè' n'a paru qu'ea zèle , la peste de la raison et la ruine allemand ; le titre répond à ceci : du bon sens. Vidimus volantes e s>'*~ Enchiridtum catholicum Manuali D.
metâ positum , evangelium ejerâsse , Laquei Pontificii contriti ; quitus et in prœsentid vicinorum , ipsiusque adjuvante DOMINO , liberatus , D. PREGITZERI palinodiam ce- Liberatori suo Ter Opt. Max. Uben-
cinisse loquerentur. O linguœ ! 6 ca- ter meritb publicas gratias in acade-
lami ! 6 animorum ejfî'ons nequitia ! mid Tubingensi dicere voluit, Tubin-
Pudor et uerecundia ; qu6 reeessitis? gœ , 162a , m-4°* Germanicè , ibidem
AUter tu loqueris , révérende Pregi- eodem anno , in-4*. Dissertatio de
zere (33). verâ Christi in terris Ecclesia , ad-
(G) Le catalogue de ses éc ri/*.] Son versus larvatum jesuitam Dillinga-
{►remier ouvrage fut imprime à Co- num, ibid. , i<5aa ,in-4°. Araneorum
ogne , l'an 161 5 , sous le titre de Mu- operœ , quas contra laqueos Pontifi-
ri Civitatis sanctœ , hoc est Funda- cios contritos , texturam improbam
menta xn Religionis catholicœ qui- suspenderunt Georgius Stengelius ,
bus insistens Serenissimus Princeps Simon Schailenreisser , et Laur. Fc~
Neoburgicus , lutheranismo abdicato rerus , Stilo Reihingi dejectœ, ibid. ,
in ecclesiam pedem intulit. Il était i6?3 , in-4°« Apologeticus pro dis-
. . , . , . . . . „ ., . sertatione sud , de Ecclesia Christ t ,
(iq) Rauscherus , m Land. fanebn Rahragi , ., c , • /„ ti li- 11
V«Jwiue, Memor. Theolog. , pag. 916. Mi- ibid. , 16^4 , in-Ç>. Il publia en alle-
crslïus, Synt. , Histor. eccles. , pag. m. 778 , m and (35) la rétractation du livre
met mal cette ,nort à l'an 16*4. qu'il avait fait contre le docteur Mat-
(30) Conférez ce que dessus, remarque (?) de A.:— UnAl 'article Kioro s , dans ce volume , pag. lIliaS "°e *
(Ji) Ranscherus, in Laudat. faaebri Reihinfi ,
apud Wiue , Memor. Theologor. , pag. 916. (34) Ibidem , pag. 900.
(31) Horrcntis conscientiœ moisi bus tnoitalita- (35) A Tubinge , l'an *6a3. lis linea iam vieinus infestari aœpiu Ibidem , .
w.o«7. ... RÉINÉSIUS (Thomas), l'un
(33) Rauschcrus, in Laudat. funeb. Reihingi , j « 1 1
«pi»! Wiue ( Memor. Thcoiog., Pag. 917. ctes plus savans nommes du
RÉINÉSIUS. 495
XVIIe. siècle, naquit à Gotha, fans qu'elle lui avait donnés, et vil te de Thuriuge en Àllema- d'être remarié depuis trois ans gne, le 1 3 de décembre i58?(A). avec une femme stérile (/). C'é- Il fut médecin de profession , tait bien la principale, mais non i riais il s'appliqua extrêmement à pas la seule incommodité qu'il l'étude des belles-lettres , et c'est rencontrât dans ce second maen ce genre de doctrine qu'il a riage. il eut part aux libéralités le plus excellé. Il avait déjà pra- qui furent faites par Louis XIV tiqué la médecine en d'autres aux savans les plus fameux de lieux (£), lorsqu'il s'établit à Al- l'Europe. La somme qu'on lui tembourg pour y être le méde- envoya fut accompagnée d'une cin de la ville. Il y demeura lettre fort obligeante de M. Colplusieurs années , et il y obtint bert, de quoi il lui témoigna la qualité de bourgmestre. Enfin » reconnaissance en lui dédiant ayant élé honoré de la charge de ses Observations sur le Fragment conseiller de son altesse étecto- de Pétrone, l'an 1666. Ceux qui raie de Saxe, il fut résider à sont capables de juger d'une ma- Leipsic ,et y mourut le 14 de tière de littérature n'ont pas février (c) 1667 (d). Il avait sou- plutôt lu quelques pages de ses vent refusé la charge.de profes- écrits , qu'ils le mettent hors du seor, parce qu'il craignait d'à- rang de ces humanistes qui n'ont voir des collègues insupportables que de la mémoire , et qu'ils le (B); et il y a bien de l'apparence placent parmi les critiques qui que s'il se fût engagé aux em- vont au-delà de leur lecture , et plois académiques , il eût eu qui savent plus de choses que bien des querelles sur les bras , les livres ne leur en ont enseicar il ne put pas éviter d'entrer gnées. La pénétration de leur en guerre avec un professeur esprit leur fait tirer des conséde Leipsic , quoi qu'une assez quences , et leur suggère des grande distance de lieu les sépa- conjectures qui les conduisent à rât l'un de l'autre. Ce fut une *a découverte des trésors cachés, querelle d'érudition au commen- Ils éclaircissent par ce moyen les cernent , et puis un procès d'in- lieux les plus sombres de l'érudijure porté au barreau (e). Je ne *'on > et ils étendent les bornes sais point si Réinésius laissa des <*e la science de l'antiquité. Reienfans; mais je sais qu'en i638 nésius était de la classe de ces il se plaignait d'avoir perdu sa critiques , et il s'appliquait beaupremière femme , et tous les en- C0UP à déterrer ce que les autres
n'avaient point dit. Si l'on voit ^r^i.A1UmWs'C<'mm'<W,& un jour ses supplémeas au traité
{b) Witle , in Diario Biograpbico , ad an- de VOSSIUS, de UlStOriciS grOSClS,
num 1667. Voyez la remarque (B) , citation on admirera queVossius, quiavait
{ït) El non pas t657, comme on le dit fait.Un ?* ^ et ™ Si amP,e Fe"
dans la Bibliothèque de Konig, et dans le cueil, ait omisun si grand nombre Moréri et de choses. Les lettres de Réinésius
(</) Ex eodem Witte . in Diario Hio<:ra- ^ • . r. t • • , phico, adannum 1667. ^ °Dt el6 imPrimeeS HOUS ap-
(«») Voyez la remarque ;B}. (/) Voyez la même remarque
de artibus imperiti , in littetis domi- (A) // naquit.., le i3 de décembre nenturthrasones ; omnia sint fucatay 1587.] Quoique je visse cette date et genuinarum amicitiarum nihiljerè en grosses lettres au bas de la taille- restet ; quas intempéries serio deplodouce de Réine'sius, au-devant de Pun ravi semper , et ut declinarem ista de ses livres (1) , il me restait néan- passiva , fèif»o-&t maximum parte m moins quelque sorte de défiance lors- (7). Avant été appelé souvent que je considérais que les journalisa à des professions académiques , contes de Leinsic disent qu'il mourut le tinue -t-ii » je les ai refusées , n'espéi4 de février 1667, à P.tge de soixante rant pas de pouvoir souffrir la mauet dix ans (a). Ces messieurs sontfort vaise numeur de quelques personnes exacts, et personne n'était plus à por- avec lesquelles il m'eût fallu vivre ; tée qu'eux de s'informer du véritable c* j'ai mieux aime demeurer ici v où âge de ce savant homme. Je voyais néanmoins je ne suis pas fort comaussi qu'André Charles, abbé de Saint- modément. Il était alors médecin de George au pays de Wirtemberg, re- la ville d'Altembourg. JYominatus marque qu'a a vécu plus de soixante toties ab academicis, vocatusque à et dix ans ; obiit Thomas Reinesius principibus ad munus docendi publiseptuagenario major (3). On ne parle cum » repugnavi , socio uno alteroque pas ainsi d'un homme quimeurt dans e nostratibus ( non enim sum tokûsa quatre-vingtième année. Mais j'ai $'*°s ) consilii , voluntatibus
cessé d'hésiter quand j'ai rencontré (4) Reine». , epist. XXIX ad Johannem Vor*-
la lettre où Réine'sius assure qu'il y pag. 61.
nç T a vj (F , » , (5) PU est datée à'^iltembourg, U 10 d octaux) Ses Lettres ad HoiFmannum et Rupertum , bre i638.
imprimées a Leipsic, l'an ,660 (6) y Uj LeUref d- Hoffmaa
(a) AcU Eruditorum lapa. , 1683 , pag. 9a. nom et Rupertum , pag. a.
(3) Andréas Carolus, Memorab. eccle*. , lib. (7) Voyex les Lettres de ï
r II, ad ann. 1667, VH> 4»9' ntim et Rupertum, pag. 6.
496 RÉINÉSIUS. ]
prennent qu'on le consultait com* avait près de soixante et dix ans que
me un oracle, et qu'il répondait «e8 maî.£e8 lui avaient recommande
c * i .«..^ . * w de feuilleter frecfuemment les die-
fort doctement aux questions tionnaires (4). 11 ârhiteela le 10 de
<juon lui proposait, et qui! février i665. Cest une très-bonne
était fort versé dans la connais— confirmation de la date qui est au
sance des familles de l'ancienne ba?D?e,îa tailIe-douce-
Rome, et dans l'étude des in- J^1^^^^^
. . / ~ . c . , , 8e professeur, parce qu il crai-
scnptions. On voit un fort bel *nait d'avoir des collègues insupportaéloge de son mérite , et de ses Sa première lettre (5) à Gaspar
travaux littéraires et politiques ; ??/ïma? > Professeur en médecine à j- • „at. At^^A™* A]tdorf, m 'apprend cette particula-
on voit , dis-ie , cet éloge dans r:r#f \à c» ™f^e«.,„ i«: - ••.
i» ' a i»t 'm. • y \ i° i rue -la. Le protesscur lui avait écrit
1 epitre dedicatoire (g) de la se- que depuis trente ans il se trouvait
conde édition des Lettres de Ca- exposé aux criailleries et aux médi-
saubon. Il y a des théologiens 8an?es de 8e.8 envieux , et qu'il avait
qui l'ont aLsé de s'être* fait Z^&J^^^SSL
une religion particulière , com- de certains esprits mal tournés le
posée de ce qu'il avait trouvé de persécutait aussi , et o;u'il restait si
meilleur dans toutes les autres Pfeu. de véritable amirié au monde ,
(C) Je donnerai ci-dessous le ti- ^^ffjS^^^ tre de la plupart de ses ouvrages ter l'orage U s'était tenu caché la
(D) . meilleure partie de sa vie. Me quo-
aue circumstrepunt et adjligunt tur-
(g) Faite par M. Grœviua, et datée cPAm- bœ œmulorum , invidorum susurri