ROHAN
traité contre de Rodon, sur ce sujet , gué le témoignage de Scot, ne s'en
et le réfuta solidement. Ce professeur était point servi dans la discute de
avait eu diverses prises avec lui dans Supposito. C'est un signe qu il parle
Nîmes , et j'ai ouï dire qu'il avait en du sieur de Rodon. En voici uneautre
{>art à un ouvrage qu'on intitula preuve. Perperam tam crassus error,
1 Impiété découverte , et qui fut fait continue-t-il , simplicitatem divinam
contre de Rodon. J'ai même ouï dire et purissimam actualitatem exscin-
que M. Claude, alors ministre de dens tanti viri (Scoti) suffragio ca-
Nîmes, prêta sa plume aux ennemis lumniosè captato muni tus est ab eo,
de ce philosophe pour la construc- quem retuli spureo fidei desertore
tion, ou du moins pour la correction maie Rotundo (ao). Ce dernier mot
de cet ouvrage. La plaisante chose est une allusion manifeste au nom de
que de dire que Dieu dans le senti- celui qu'il veut désigner, c'est-à-dire
ment de Gassendi, et de David de a de Rodon. Il se servit de la même
Rodon , contribue à conserver les pointe dans un autre livre trois ans
créatures , en empêchant qu'on ne après , en le réfutant sur la nréten-
les détruise. Et qui est-ce oui les dé- tion que saint Cyrille n'a point fait
truirait , puisqu'il n'y a aans l'uni- l'ouvrage intitulé , Thésaurus qu'on
vers que deux sortes d'êtres , Dieu et lui attribue. FÀdem S. Cyritto sup-
les créatures ? Cette occupation serait positum esse opus quod inscribitur
aussi vaine que la vigilance d'un Thésaurus contendit spurcus hœreti-
berger contre les loups, dans un pays eus , autor disputationis deSupposi-
où il n'y a point de loups , et où to , quam nuperrimè ementito nomme
même il ne pourrait y en avoir, loci suoque suppresso , hotno maie
Qu'on ne me dise pas qu un corps en teresatque rotondds ed'idit Arausicœ.
détruit un autre , que le feu détruit In ed disputatione , quœ est una ju-
le bois, qu'un homme tue un autre gis hœreseon et atrocissimarum ca-
homme , etc. ; car ce n'est point là lumniarum lepra , nebulo qui in sanc-
une destruction delà créature; ce tum Cyrillum maximè rabit adjudi-
n'est-qu'un échange de modification , cat ei opus Thesauri (21). les modes ou les accidens ne passent
pas pour le terme de la création, (™) Idem, ibidem, pag. 90.
c'est la substance qui est créée. («) Erotem. de m«b »c kmm
"'(F-) C'est de lui ?He parle Théo- X^St&StZl^i^ phile Raynaud dans le passage que je cite de son
Hoplothéca. ] Après avoir ROHAN (Renée de), fille de
dit qu'on accuse faussement le subtil L . d R h quatrième du
Scot d avoir admis une espèce de j r? ' ' / x
distinction réelle entre l'essence di- nom, seigneur de Guemenec (a),
vineetles attributs , il ajoute, que fut par accident 1 occasion d'un
depuis peu il avait parlé dans Grange meurtre qui pensa exciter beau-
veau TSÏÏ5w« ~u\orL"°dUe coup de désordres à la cour de
Scot, Placuit hanc crambem obiter trance, peu après la mort de
lùc ncoquere , -quia his ipsis diebus François 11 (A). Elle était veuve
Arausicœ, murcus fidei desertor , je François de Rohan , seigneur
blasphemiam novam Scoti autontate ^ Q. j u recherchée
tenere est ausus (10). Ce blasphème uc » * J
était que les trois personnalités de la par le comte de Laval (#>). Le
Trinité sont des modes de l'essence bâtard de Beuil, fils du comte de
divine proprement dits. 11 observe §ancerre et l'un des plus re-
q«e ce novateur, qui lui avait aile- mmmés e?Ure hs bmves quiser.
dit Leclerc , d'avoir lu autrefois un ou- yaleni d'épte de chevet ait duC de
£5 Ê£tf^SS^TtfàXlBi Guise , voulant s'opposer à cette
arien. Ces preuves ne me parurent pas mauvaises. - ] rT , (a)Le père Anselme , Hist. des
(iq) Tliéop. Ravnaud, Hoplotu., *rct. // , se- pair. 536
ZLjL \kF*' ** * ^ " (*) ZW, seigneur de Loué.
UOHAN. 559
recherche, ne s'était pas con- cedomini Carnulum morte allatum
tenté de devenir rival de ce com- est ' • Ln, 't*6™. te'nPus incUlà BuelliL. . .
. M . -, i / y cœdes (a), Si 1 oq avait considéré ce
te, mais avait déplus insolent- qtli prt^.de, on aurait Vll que ce
/lien/ publié que cette veuve , e/i- triduo se rapporte au ai de décembre
suite a" une promesse de maria— 0) > date d'une résolution de laquelle
ge écrite et signée de sa main , r.hisl orien venait de décrire le pré-
°w . 0 ,f » , cis. Sur ce pied-Ia on aurait su a
lui avait accordé les dernières Orléans la mort du vidame le *4 de
Javeurs. Son dessein n'était peut- décembre. Or François II était mort
être <pie de détourner Laval et *e 5 du même mois : il se serait donc
ses autres rivaux de la recher- Passj Plu? df t1rois iours en}re}* dé'
7 , , . . r . ces du roi et le meurtre du bâtard
Che de cette dame; mais Laval dc Bueil. Je ne relève pas cette faute
jugea que F offense était de celles sans savoir qu'elle est de nulle im-
qui ne se lavent que dans le sang portance ; mais il n'est pas inutile de
(B). // n'estima pas assez le bd- marîluer a.8on l«*eur ce qui fait er-
\ j ., . s- 1 rer les écrivains. Au reste, îe ne pré-
tard pour lui faire l honneur de tends pas que le vidame de Chartres
se battre contre lui; il le prit à soit mort quinze ou seize jours après
son avantage et le tua dans Or- lc roi» fai seulement voulu dire
iéansic). Le connétable de Mont- ?u^n £ r<^lant Sl\r M> de Thou, il
• ^ 1» .• . faudrait en juger à peu prés ainsi:
morenci approuva 1 action , et mai, au fond je ne conseillerai à
sollicita la grâce de Laval (d) : personne de s'y régler. Ma raison est
la maison de Guise, an contraire, 5ue M* de Thou â suivi le président
sollicita la vengeance de ce dc la Place» n\ observé en cet
o #" endroit aucune exactitndc chronolo-
ineurtre, et se trouva si supé- gique. Car voici son ordre: Fran-
Laval , le fît évader la nuit. On on apprend que le vidame de Cnar-
saisit ses biens ensuite (e). Ceux très est mort $ les principales difli-
qui disent que le connétable prit c\lhés aJant écartées par ce rc-
le narti du meurt rïer narre nn'il SlemetîV on resout de tenir les élata •
le oarti uu meurtrier parce qu U mal é lcs protestations d'une partie
était de sa maison , ne se trom- des députés ; le cardinal de Lorraine
» - Sanccrresurces en-
marquisde JNesle. trefaites: enfin les états s'assemblent
/ x xr -n u- . 1 n 1 rv , le trfiizi«mc iour tîc décembre. Voilà (c) Vanllas, Histoire de Charles IX, tom. Je modé)e que M de Thou a suivi :
%Fîfr^^ Je so»'te qu'on «ne peut fixer là-des-
(«#) Là rneme. gus ni Je jour Je w
(e) L<i me/ne. ^
(f) Le père Anselme, Hist. des grands . r Officiers,/»^. 536*.
rut , ni le jour que le bâtard fut
(B) Uoffense était de celles qui ne (A) Peu aprrs la mort de Fran- se lavent que dans le sang.K"] Selon cois IL] M. Varillas dit (1) que ce les malheureuses maximes du point fut trois jours après la mort de ce d'honneur, on n'en saurait.juçerd'une prince ; mais il s'est trompé , pour autre manière, vu la mollesse des n'avoir pas assez pris garde au latin juges contre les médisances qui fiéde M. de Thou. Triduo post de Vi-
(7) Tunan. , lib. XX r, pag. 5a5.
(0 Dam les deux éditions de Charles TX. (3) XI J kalrnd. jmmar.
56o ROHAN.
trissent la réputation d'une femme. René de Rohan et de Catherine Mettez en justice un franc calomnia- parthenai , héritière de Soutcur sur ce point-là mettez-y un M . iU M
fanfaron indiscret , n'en seront-ils ^. , > . 5
point quittes pour un désaveu , ou pieté et par son esprit , que COUpour une rétractation , qui n'empê- sidérable par sa naissance. Elle client pas que les soupçons et les ^tait sœur duc de Rohan , le coups de langue ne continuent? Voila „ . fc d { religion peuce qui porte les duellistes a se faire Hlllct 7 -m r
justice eux-mêmes. Le bâtard de San- dant les guerres civiles , sous cerre s'y attendait bien , et il se fiait Louis XIII. J'ai déjà dit en un sans doute à son courage et à son autre endroit (a) , qu'elle soutint adresse, plus qu a la justice de sa fermeté héroïque les
cause (4); car quelle justice peut-d fvec uuc icimctc uciumu y avoir à dire, môme sans mentir , incommodités du siège de la ttoqu'on a obtenu des faveurs de cette chelle , qui furent si dures que nature? Mais la manière dont on pendant trois mois elle fut ré-
^C)^"^" d?fe"e Se Suite à vivre de chair de cbeval trompent pas.] Le président de la et de quatre onces de pain par Place est de ceux-là (5). Loué était jour. L'historien (b) qui m'apsoutenu, dit-il, de la part du con- preild cela , ajoute qu'elle renétable , pour être ladite dame petite V J. nièce dudit connétable, et icelui de t"Sa avec sa mere aeire corn Loué, venu de liene directe masculine prise dans la capitulation , et du connétable Mathieu de Montmo- qu'elles demeurèrent prisonnièrenci, aussi-bien qu'icelui connétable. res de guerre. Il lui donne cet M, de Thou fait la même observation , ° , r » à Végard de René de Laval. Undè éloge, quelle fut célèbre par sa magna rursùs irarum seges inter piété exemplaire a toutes per- Guisianos et Momorantios orta est , sonnes de sa religion , et par ciim illi Sancerrœ comiti adessent, $onsai,0ir au-dessus de sonsexe. ht Lauallum uti ex Mallhœi Momo- f . . , , . ,
rantii equitum magistri stirpe pro- Elle faisait tres-bicn des vers: 1 exfectum tutarentur{6). Je ne saurais cellent * poëme quelle fit sur la comprendre pourquoi M. Varillas , m0rt de Henri IV (A) en est une qui avait dit dans la première édi- euve# Ce qu'on raconte de son tion du Charles IX (7), que le comte f \. /XJv vu
deLavalétaUdela maislndeMont- hébreu est Singulier (B). Elle
more na f, Ta effacé dans la seconde, mourut fille à Paris , le 20 de
Je comprends fort bien pourquoi il a septembre 1646 , en sa soixante efface' que ce comte était beau-frère deuxiîime ann(îe. La demoides Chaulions : c est une fausseté ici. 1 • ' ■
manifeste; mais l'autre fait n'est-il selle de Schurman lui ecn-
pas conforme à la généalogie que vit quelques lettres , qui sont
du Chêne a publiée de la maison de dans le recueil de se3 Opus-
Montmorenci (8) ? * cules.
« (4) Buellius, qui earum (nuptiarum) spe se de- Dans l>rtrlic[e de Catherine de PARTHF-
iectum dolebat , ut unpedtmentum qfferret a Re- w\'# Xf m» Au
Lutsibi daUunjUem font,* uteratpugna- f A 1 » *7» P*è 4»
naUi sibi aatamjiaem aiccrec, et ut erat pugna- . • • , , j t> i io •
citatis famd arrogans , panim honestè de Mus tri (b) Histoire du duc de Kohan , à Pans , fcemindloqueretur. Tliuanus, tib. XXV, y. 5*5. 1666.
(51 De TÉut de la Relig. et Républ. , hv. III, • Leclerc trouve cette epithète outrée. sur la fin. L'auteur avait intitulé son ouvrage Stances
(6) Thuanus , Ub. XXV , pag. 5a5. e[|es sont de SIX vers chacune , et au nombre
(7) Tom. I, pag. 8 , e'dition de Hollande. ^e vingt-cinq. Elle avait composé quelques
(8) Àn-elmc , Histoire des grands OÛiciers de la autres opuscules dont parlent Leclerc et Joly. Couronne , pag. 19.
(A) L'excellent poème quelle fit
ROHAN (Anne de), fille de sur la mort de Henri //^.ID'Aubi-
ROHAN. 56t
gné , qui louait peu , en a mis une monarque ne valait rien. Quoi qu'il
partie à la (in de son histoire , et en soit , cette règle , ou de Malherbe
s'est servi de cette préface : Je laisse ou de M. de Gombaud, .... est ab'
parler mieux que moi Anne de Ro- solument Jausse: on le prouve (3)
nan , princesse de Léon , et de tous par des exemples ; et Ton fait voir
ceux qui écrivent bien en ce temps , que Malherbe même ne l'a point sui-
de laquelle l'esprit trié entre les dé- vie , puisqu'il a dit en deux endroits
lices du ciel écrit ainsi : assuré secours. Mais ce n'est point là
Quoi ? faut-il que Henri , ce redoute monarque, mon but ; je prétends que M. Ménage
Ce dompteur des humains , soit dompté par la a entendu les paroles de M. Polisson, P"*"* \ . comme si elles signifiaient que c'était Je ne rapporterais pas ces deux vers , Malherbe, et non pas M. de Gombaud, s'ils ne me donnaient une matière de aui avait trouvé d'où venait la faute critique. M. Pélisson ayant dit (i) , Ju vers en question : car s'il ne les que Malherbe tenait pour maxime avait pas ainsi entendues , il n'aurait que les adjectifs qui ont la terminai- pa8pu se servir de l'alternative dontil son enc masculin, ne devaient jamais s'est 8ervi, cette règle, ou de Malêtre mis devant le substantif, mais fo.^ ? ou m. de Gombaud. 11 est après ; au lieu que les autres , qui visible que cela veut dire que la rècle ontla terminaisonféminine, pouvaient est de Malherbe , si l'on s'en rapporte être placés avant, ou après , suivant au narr^ de M. Pélisson; et qu'elle quon le jugerait à propos : quon est de Gombaud , si l'on s'en rapporte pouvait dire , par exemple, ce redou- a ce quc \u{ y m. Ménage , en a appris Uble monarque, ou ce monarque re- ae la propre bouche de M. Gombaud. doutable, et tout au contraire qu on Mais il est encore plus visible que pouvait bien dire ce monarque rc- M. Pélisson attribue la découverte à doute, mats non pas ce redoute mo- a ce dernier, et nullement à Malnarque; M. Pélisson, dis-jc , ayant herbe. Qui s'étonnera que , manque parlé de la sorte, continue ainsi : Je d'application , on n'entende pas n'ai pas pris cet exemple sans raison, quelquefois les auteurs latins? Voici et a l aventure , car i ai souvent ouï Ménage qui n'entend pas un auteur dire a M, de Gombaud, qu avant français qui s'était pourtant expliqué qu'on edt encore fait cette réflexion , ^'une manière tout-à-ftit intelligible. M. de Malherbe et lui se promenant (B) Ce qu'on raconte de son hébreu un jour ensemble, et parlant de cer- est singuiier. ] Elle lisait le Vieux Testainsversde mademoiselle Anne de tament en cette langue, et au lieu Rohan , où il y avait , de chanter les psaumes en rime fran-
Quoi ? fautril que Henri , ce redouta monarque, çaise dans le temple , comme les M. de Malherbe assura plusieurs autres, elle les méditait eu hébreu. J'ois que cette fin lui déplaisait , sans Ha ne illustrissimam et sapientissiau'ilpdt dire pourauoi; que cela l'o- mam principemhebraicis litteiis haud bligea lui-même dy penser avec at- leviter fuisse tinctam testis fuit <tt/Totention , et que sur l'heure, en ayant îttmç rev . Parens , dùm Parisiis dedécouvert la raison , il la dit a geret ; quotiescunquè enim ipsam adi- M. de Malherbe, qui en fut aussi aise ret , Vét* Testamenti caput aliquod
que s'il edt trouvé un trésor , et en hebraicè legentem inveniebat , et
forma depuis cette règle générale. Or quod mirere , ne in ecclesid quidem
voici une observation de M. Ménage hocce studium dcseruit , cùm etiam
qui n'est pas trop bien fondée. M. de illic , dùm hymni Davùlici decanta-
Gombauâ , dit-il (a) , m'a aussi sou- rentur, ipsa intérim hebraico idioma-
vent conté cet entretien qu'd eut avec te mente psalleret (4). M. Colomiés,
Malherbe , mais non pas tout-a-fait qui narre cela , met en marge une au-
de la sorte que M. Pélisson Va rap- torité qui mérite d'être copiée (5).
porté ; car il m'a toujours dit que ce observations sur le. Poésies de Malherbe ,
fut lui qui s aperçut que redoute pafr, 3oa#
(4) Colomesius , in Gallia orientait , p. i65. (i) Histoire de l'Académie française , pag. (5) Hujus in hebraicis peritiam firmat Pkil.
m. 178. Aquinas epistolâ prmfat. in capitula palrum, a
(i) Observations sur les Poésies de Malherbe, se ex hebreto in gallicwn sermonem versa. Id. , pag. 3oa. ibidem.