‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 129 sur 142 · i „ r sance des quatre Saisons · texte numérisé non relu

i „ r sance des quatre Saisons

si l'on s'en rapporte à son oraison fu- (g5) LeHmêm9^ RenurtIM9 iUr ,e XIV.. Uvre ,

(80) Là mime , pag. 65o. faB' 733*

Là mime , pag. 65a. (86) Là mfme} pag. 7 38 , 739 , 740.

58o RONSARD.

» 1er d'un langage profane , les » l'avenir, il songeait encore à l'ex-

» personnes séculières prenaient la » piation du passe, par la suppression

>• hardiesse d'en faire autant , ce cjui » de plusieurs productions entières

» apportait un grand préjudice à la » de sa jeunesse , et le retranchement

» religion. J'en connois encore assez » de tous les endroits qu'il n'apprott-

» qui ne sont pas dans les charges » vait pas dans les pièces dont le

» de l'église , mais qui de'sirent y » fonds n'était pas entièrement mau-

» parvenir, quoiqu'ils n'aient autre » vais. Maison peut dire qu'il s'y

» vertu que de savoir écrire des cho- » comporta plutôt en père qui ne

» ses pleines d'impiété et d'impudi- » peut se dépouiller de la tendresse

» cité. Ce sont denos mouches de cour » pour ses enfans, qu'en juge incor-

» qui bourdonnent dans les palais » ruptible (88). » M. Ménage (80) op-

» des princes , et les vont importu- pose à cela ces paroles de Claude Bi-

» ner incessamment, parce que l'on net : Ayant continué en cette volon-

» croit ici que les récompenses les té d'aimer et servir une des filles de

» plus convenables que l'on puisse la chambre de la reine jusque* a la

» donner à des poètes, ce sont des fin, il finit quasi sa vie en la louant

» bénéfices. Abominable coutume ! (90). M. de Thou remarque que 1

» de donner le bien de l'église à des sard composa des vers mém

» gens qui ne seraient pas récom- mourant , et que ce furent des vers » pensés , s'ils n'avaient servi de ma- pieux et assez bons (01). Pai la dans » cruereaux à leur maître , comme Brantôme que Chateïlard,#gentilhom- » Ton voit dans leurs vers amoureux me français décapité en Ecosse pour » qui sont faits pour les passions dé- avoir aimé la reine , et pour avoir » réglées des princes et des rois. Il attenté , qui plus est , à l'honneur

» est vrai que Saint-Gelais a élé évé- de cette princesse , n'eut point d'au-

lyre crossée , comme si la trouvait beaucoup d'onction. Le jour

» vraie récompense de ses diverses venu ayant esté mené sur Ceschafaut,

» poésies eût été un évéché, qui ne avant mourir print en ses mains les

» se doit donner qu'à un homme hymnes de M. de Ronsard ', et pour

» dont les paroles et les œuvres son éternelle consolation se mit a lire

» sont saintes ; mais ce ne sera tout entièrement Vhymne de la mort,

» pas moi néanmoins qui blâmerai qui est très-bien fait, et propre pour

» tous ces gens-là pour ce sujet ; car ne point abhorrer la mort, ne s'ay-

j> je crois pieusement (jue leurs poé- dant autrement d'autre livre spiri-

» sies libertines ont été faites en leur tuel, ni de ministre, ni de confes-

» jeunesse , et que depuis ils en ont seur(g*).

» fait pénitence , se rendant dignes (p^ 7/ réussit mal h corriger ses » d'être ce qu ils étaient. » ^ ouvrages."] Pour donner un commences dernières paroles s accordent, a ^ien in8tructif , j'emprunterai l'égard de notre 1 poète avec ce que une longue note de M. Ménage. « (o3) M. Badlct en a dit. « C est rendre un „ Les secolldes pensées des poëtes nc 1» bon office ù la mémoire de hon- „ vaient pas souvcnt les premières , » sard , d'avertir le public que dans w comme Bmet pa trés-judicicuse- » ses dernières années il a condamné „ ment remarqué (94) ail sujet des » ce que la licence et l'amour du h-

» bertinage lui avaient fait écrire (88) Baillet, Jugemens sur W Poète* , n. i335.

ji contre l'honnêteté et la pureté des (89) Anti-Baillet , chap. CXLV.

» mœurs. Il avait commencé m^me (90) Claude Binet, Vie de Ronsard, pag. 143.

» de réformer sa muse, et il s'était (9.0 Elia"1 77» f^ereialiquot PUs

/1 , „ ' .„ J ' versibus non pamiendis faclis , qui postea cum

» réduit à ne composer que des poe- rjus l?erihus Jti JKi;Jn.î.n«l lit.

» sies chrétiennes le reste de ses LXXXJH , sub jînem,

» jours. Non COntent de pourvoira (9a) Braolfime , Mémoires des Dame* illustre» ,

» la sûreté de sa conscience pour P^'J"^*'

(o3) Ménage, Observations sur Malherbe, paç- (87) Il jouissait des prieurés de Croix-Fal et 385 , 38(». dt Samt-Couie. (f>4) Dans la Vie de Ronsard, pa§. m, tfy.

» vers de Ronsard. Aucuns , dit-il , genza debbono prendersi, sono sifri- » ont trouvé la correction qu'il a faite vole , ehe niente più , e se ci è denlro » en ses œuvres r en quelques endroits qualche mistero , egli ci è involto cou m moins agréable que ce qu'il avoit tante ambagi , ch* a sottrarnelo non » premièrement conceu : comme il basterebbe l islesso Edippo (96). L'au- » peut avenir , principalement en la teur qui me fournit ce passage se » poésie , que la première fureur est nomme don Constantino de' Notari » plus naïve, et que la lime trop de fois JYolano délia congregazione cassi" » mise, au lieu d'éclaircir et de po- nense. J'ai dit ailleurs (97) beaucoup » lir, ne fait qu'user et corrompre la de choses touchant les défauts où le » trempe. Pasquier dans ses Recher- travail de la correction peut faire » ches (95) , a fait la même remar- tomber.

» que. Grand poète entre les poètes ; (Q) le Ueu commun des railleries , » il parle de Ronsard , mais trop qUe ies poètes sont mal logés , a été » mauvais juge et aristarque de ses mxs en usage contre Ronsard. ] 8a » livres. Car deux ou trois ans avant condition a cet égard-là était pire » son decés , estant affoibli d'un long que de loger au troisième étage , » ÂÇ*> affligé de gouttes, et agité puisqu'on prétend qu'il était posté » d un chagrin etmaladie continuelle, comme un fanal au haut d'une tour , » celte verve poétique qui lui avoit ou comme ces sentinelles qui pren- » auparavant fait bonne compagnie, nent garde toute la nuit si le feu al- » l'ayant presque abandonné , fit taque quelque maison. On ajoute >* imprimer toutes ses poésies en un atfil reste encore un monument » gros volume, dont il reforma Cœ- de cette triste demeure , puisqu'on >» conomie générale , chastra son li- continue de donner son nom à la » vre de plusieurs belles et gail- tour qn{ \u{ servait de logis. C'est à » lardes inventions, qu'il condemna quoj sans doute il ne s'était pas at- » à une perpétuelle prison , changea tendu : on n'aime point l'immortnli- » des vers tous entiers, dans quelques- té par de tels endroits ; et l'on serait » uns y mit d'autres paroles, qui bien marri de leur pouvoir appliquer » nestoientde telle pointe que les cette pensée d'Horace , » pi'emieres : ayant par ce moyen

» OSté le gerbe qui sW trouvoit en plu- „ Exegl monimentum are perenniu*

» sieurs endroits : ne considérant que «<« W*-à*m alUus (98).

„ combien qu'il fust le pere , et par u émo[jt . . Jnire sVst

» conséquent estimast avoir toute J pon va

» autonte sur ses compositions, si \ RonsanJ^ qui H>?Ut ,

» est-ce quil devoit. penser, qu il 9 * ' '

» n'appartenoit a une fascheuse vieil- («C) DuHlo deir Ignor. et délia Scieama , Ub.

n lesse de juger des coups d'une gail- Ir, cap. III, pag. i83.

» larde jeunesse. Mais rien ne (fà-Voye*; tom. IX, pag. 1S1 , la remarque

eu* ' ' (F) an l article Lirackh.

„ prouve si bien cette vente que l od xxx U(/ m

» l'exemple du Tasse , qui a changé , eclcn. et Joly rcgar(lcnt ce réch comme une

)) de bien en mal son poème do la feble. Kn même temps il réfutent d'une manière

droits nella Gierfisalemme conquistata , pour en substituer de ridicules.

On marque quelques-uns de ces endroits , après quoi l'on parle ainsi :

a' quali tutti gratissimi , e gîneondissimi avvenimenti sustituisce il Tasso co$e tali, che se con synplice inteUi-

(<p\ LU: VII, chap. Vit, pag. m. 6i3.

On peut voir ci-devant , tom. IX , pag. 3.'»rj , remarque (A) de Pli. de Lo&me , un sonnet <\e Ronsard qui ne se trouve pas dans toutes les éditions de ses Œuvres , et qui paraît être U pièce qu'on appelle improprement la Truelle crossce.

Cette suppression s'explique par 1« passage de Ménage rapporté en la remarque (P).

Quant à YEchauguelte , ou Rabelais dit que Ronsard logeait à Mcudon , il se peut que Ronsard } à la cour des princes de Lorraine , logeât

58a ROQUETÀILLA.DE.

osé attaquer Rabelais vivant, par écrit, dans lVpître dddicatoire qui il était

quoiqu'ils se picotassent souvent h (100). Il avait pratique la médecine

Meudon, chez les princes de la mai- pendant cinquante ans, et ne laissait

son d' ' - ' " 1 1 c

dans mal,

dait que comme un poète impécunieux tiquer. Cela paraît dans ses Sajjplé-

et misérable , au point qu'il se tenait mens â l'Histoire de la Médecine ,

fort heureux de loger en une échau- dans son Antr-Ménagiana, et dans le

guette y appelée encore a présent la livret qu'il publia sous le faux nom

Tour de Ronsard, à Meudon, d'où de Pépinacourt, et sous le titre de

il allait faire sa cour au château , et Réflexions , Pensées et Bons - mots

où il Vouvait souvent en son chemin anecdotes. Il mourut à Paris, le i8

maître François Rabelais , qui neVé- de mai 1698.

pargnait guère; car après tout, s' il né- , . „ , .. . . .r

*,„c <■; „ l • î (*°°) " * appelait Jean Bermcr , et était natif

tait pas si jameux poète que lui , il ne je Btois. laissait pas d'être né poète comme

médecin C), incomparablement plus ROQUET AI LLADE (*) (JEAN

savant que ce prince des poètes de DE LA )*y en latin de Rupescissd, son temps et entendant bien mieux • d y ^ Se Saint-

raillerie (99). Le livre dont ces pa- o .

rôles sont tirées fut imprimé à Pa- François dans le couvent d Au-

ris, Tan 1697. L'auteur n'y mit pas rillac (a), diocèse de Saint-Flour,

son nom ; mais il fit assez entendre se rendit célèbre au XIVe. siè-

dans quelque bouge dn château ou de ses dépen- de , tant par la liberté qu'il Se dances. Les laquais, nommés courtisans, ne sont J^.--» JSA . *a- ^«s-*» Iac ttiVoc

pas toujours «, uédaigueux qu'a, le paraissent, il donna de crier contre les vices

n'est pas de nid à rats, tel incommode etmalpro- du clergé et Contre l'oppression pro qu'il, soit, qu'ils n'occupent avec orgueil dans j D. j * r

la maison d'uu prince» il nfe»iste à Meudon, au- des peuples, et de semer des pre- ÏÏnlt'J0??}™* conuUA wu? '? no£ ^ST dictions menaçanles (A), que par

a» tlons ara; il est vrai que, depuis le ïbe. siècle, * * m. \

il s'est fait de grands ebangemens dans ces lieux, la longue DTISOU QUI fut la peine

Le château de Meudon, qu'avait fait bâtir le car- j i m« /V»\ /~v i

dinal Charles de Louuki ( qui a un article ci- «e Sa hardiesse (U). (^UelqueS-

dessu. tom. ix, pag. 36a), pas», ensuite à u un8 disent que l'événement îus-

lanulle de î>ervien, puis a Louvois , dont la veuve ,\ . .

le vendit â Louis XIV. Le grand roi, successeur tlfia SCS predlCtlOnS , maiS d aU-

deScarron, douna ce château, en échange, au a..-- „„,. i > ; 1 1A

dauphin, son fil*. Celui-ci, en conservant l'ancien treS aSSUrent qU il amva tOttt le

Château, en fit construire un nouveau, tout à côté, Contraire (C) de Ce qu'il avait mais dans une autre exposition. Pendant la révo- »j. T, .

lutiou le parc de Meudon fut un établissetnent prédit. Il ne Se Vantait pas prO-

nntional pour diverses épreuves, , puis un parc prerrJent d'être prophète, maiS

d artillerie. Le 16 mars 179»', un incendie consu- r > ^ r 1 *

ma le vieux château , sur l'emplacement duquel d'a.VOlT obtenu de lDlCU la COU"» on ne voit aujourd'hui que quelques arbustes

qu'elle fut ainsi nommée, il est à croire que c'est ^ , /A \ L 17 •

parce qu'il l'occupa. Toutefois on ne peut en con- marque (A) le paSSagC de t TOIS-

qu ii fut pauvre et gueux comme un poëte. sard. On a fait beaucoup d'atten-

, au contraire toujours bien dote. Outre les . 11» 1 **i 1

dure Il fut

dons considérables et pensions qu'jl reçut des rois tlOn à 1 apologue qU il employa et princes, H avait, i°. la cure a'Evaillé, près de

Saint-CaUîs dans le Maine ; cette cure, dont il est (*) Rabelais , 1. I, ch. VI , parle d'un Po-

parle dans la noteJD) , était une baronme; a». je „uelaillade { seloD je ne Mis quel|c tra.

prieure de (.rnix-\ al, paroisse de rernay; 3°. le i-,- • » j • 1 j « r\ »

Srienré de Saint-Cosme-les-Tours; il est Mention n«lU"d" ta,0n de mere' QU Cn"

de ces deux prieurés dans la remarque (0), note tend-il par-la ? Rem. CRI T. (8-;) ; 4». l'abbaye de Bellosane. Avec tout cela il * - H faut écrire de Roquetaillatle , dit

aurait pu faire vœu de pauvreté; car On sait que » Leclcrc. Je croirais volontiers que ce reli-

iahrece v«eu était un moyen de s'en préserver. » gieux e'tait né à Roquetaillade , village du

O Ex utroquê ApoUo. »* diocèse d'AIeth. , et qu'il en prit le

tu mon • •

(99) Jugement et nouvelles Observations sur les («) vojrez la remarque (A) , à lajSn , e< /* OEuvres de Rabelais ,

pag. Si t 53. citation (afy.

pour faire comprendre que les prouver sa parole par V Apocalypse mêmes princes qui avaient en- et par Us anciens livres des saincts . , «i»' i- • î » prophètes, qui lui esloient ouverts par

ricm I église romaine , la rame- rla ^mce dd Sainct Esprit, si qu'il dîneraient '• - '• 7 7 •' • ••<■ ---'

vreté livres

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