partie qui ait été imprimée. mais"ûs~dïsoit 'p~a~r Us an
Vous en trouverez deux dans tiennes Escritures, et par la grâce du
VAppendix du Fasciculus rerum Sainct Esprit , qui lui avoit donné en-
expetendarum et fugiendarum Rendement de déclarer toutes ces an-
/r/' ./ 5 ,., . . ciennes prophéties pour annoncer a
(*). Un assure (b) quil était tous chrestiens Vannée et le temps
grand théologien et bon philo- qu'elles doivent avenir; et en fit plu- SOphe. Je ne sais s'il mourut en sieurs livres bien dictez et bien fondez
prison ; mais je crois que ceux f 8™^/"*™ . *?queU
r . ,J , r.\ aj * un fut fait l an lô/fô , et avait escrtt
qui disent qu on le ht brûler se dedans tant de merveilles , que fortes trompent (G). Jacques Fodéra * estoûnt h croire ; fa en a on veu plurapporte qu'ilfut enlerré à Vil- "eurs choses avenirU). .... De mon lefranche,au diocèse de Lyon, jeune temps U pape Innocent régnant , . * . j / \ en Avignon^ on tenoit en prison un
dans le couvent de son ordre (c). j^erc mineur,, moult clerc , lequel Raynaldus, qui a tâché de se s'appelloit frère Jean de Roquetailpré valoir d'une prophétie de ce tade- Celui clerc {comme il disoit) et moine, a été réfuté- fort solide- comme foi oui parler (en plusieurs jxa^uc, « v lieux en prive et non en public) avoit
ment par M. Bal use (HJ. m^s hors, et mettoit plusieurs autho-
ritez des grands , notables et par spe-
(b) Trithcm. , de Scriplor. eccles. cial des incidens forluneux , qui ad- * Le nom de cet auteur qui a écrit en uinrent de son temps, et sont encores
français , dit Leclerc , est J. Foderë. Balu.e j ^ depuis auroiaume de Fran-
avait latinise son nom. , . r. » . r »
t-\ t v ip j x\- n ce ; de la- prise du roi Jean., U parla
(c) Jacob, rodera, m Histor. Provinci» ' - . .r . *
«nc(iBonaventur*,W3i8t3:i2, apud m0ult h«n > et soutira par au- Baluwum, Not. adVitai Paparum aveoio- cunes cjioses raisonnables , que l enensium , pag. 943. S^se encor moult a souffrir,
pour les grandes super fluitez qu'il (A) Crier contre les vices du cler- voio(t entre ceux ,. qui le baston du
g? et de semer des prédictions gouvernement avoient , et pour U
menaçantes. ] U me semble que pour temps de lors que vi tenir en prison commenter ces paroles je ne puis rieu ce/M j t on me disoit une fois au p allais faire dé plus à propos que de rappor- du pape en Avignon , un exemple ter un long passage de Froissard. Un qu'il avoit fait au cardinal d'Qstia, frère mineur, plein de grande clergie gU'on disoit d'Arras , et au cardinal et de çrand entendement , estoil en la d'Au rerre , qui l'estoient allez voir et cité d Avignon , qu'on appelloil frère arguer de ses paroles (a). Cet exemple Jean de Roquelaillade , lequel pape est l'apologue que Ton verra ci-desfaisoit tenir en prison au chastel de sous (3). Que ne Usez vous, conti- Baignoux t pour les grandes merveil- nUa-t-il (4), la Vie de Sainct -Srlles qu'il disoit a avenir; mesmement oestre, etc., comment V empereur Conet principalement sur les prélats et stantin lui donna les dismes de l'epresidens de saincle église , pour les
grandes superfluitez et orgueil qu'ils (l) Froissard, vol. /, chap. CCXl , ciiépar du demenoient; et aussi sur le roiaume Pie**;» Momai , Mystère d'Iniquité , pag. 449. de France, et sur les grands seigneurs (*) même, vol. Ilf, chap. XXIV , ciV là de chrestienté, pour les grandes op- mtfîj£*'£ *; (D). pressions au ilsfaisoient au commun (4) Y^utrà, du' par du PleasuMomai , MyspeupU. Et vouloit ledit frère Jean tère d'Iniquité ,pa$. 45o.
gHse et sur quelle condition; il ne persuade qu'on n'a entendu l'A pocaclxevauchoit point à deux cens et ttvis lypse que par l'assistance du Saint cens chevaux parmi le monde, mais Esprit^ quand, dis-je , l'on parle se tenoit simplement et closement à ainsi à ses lecteurs : Je puis dire que Jiome , et vivoit sobrement avec ceux Dieu en chemin m'a ouvert les yeux de l'église, etc. Ce moine leur décla- d'une manière qui m'a donné plus de rait que le changement qu'il dési- consolation que je ne le saurais dire ;
fnoit dans son apologue se ferait car après avoir consulté cent et cent le n tôt : Tant, ajoutel'historien, que fois la vérité éternelle avec une promoult souvent les cardinaux en es- fonde humilité , et une grande attentoient esbahis , et volontiers l'eussent don , enfin elle m a répondu (5) , on a mort condamné , si nulle juste se débite dans le fond pour une per-
peut durer, et ne l'osoient mettre hors effectivement ou plus que prophète ?
de prison ; car il proposoit ces choses C'est ma première observation , et
si parfont! , et alloit quérir tant de voici L'autre. Tous les historiens ne
hautes escritures , que paravdnture conviennent pas que Jean de la Ro-
U eust fait le monde errer; néant- quetaillade convînt qu'il n'était pas
moins a Von veu advenir (comme un prophète. Lûtes cos paroles d un
aucuns dient , oui ont mieux pris auteur qui a fait la Vie d'Innocent
garde a ses paroles que je n'ai) moult VI. Circa idem lempus ( c'est-à-dire
de ehoses quHl mit en avant, et es- Tan i356) insurreait quidam f rater
çriyit ep la prison, et tout vouloit ordinis minorum de conventu Aure-
prouver par V Apocalypse. Les preu- Uaci diocesis Sancti Flori , dicens se
ves véritables dont il s^armoit, le sau- habere mm un lm prophéti e , qui île
verént de non estre ars plusieurs fois ; futuris dicebat et in scriptis reaigebat
et aussiy avoit aucuns cardinaux qui multa , vocatus frater Johanncs de
en avoient pitié, et ne le grevoient pas Itupescissd, qui quia potiùs vaticina-
tant qu'Us vouvoient.^ "yy tor quhm propheta mer'Uo erat cen-
Faisons aeux notes sur la distinc- sendus , ad diçtum Innoce ntium fuit
tion que Frojssard a rapportée. Il a adductus , etc. (6). 11 est certain que
dit que ce cordelier n'annonçait pas Ce cordelier déclara fort nettement
F avenir comme prophète , mais scu- dans ses écrits qu'il ne parlait pas
lement comme une personne oui comme prophète. Voyez ce que je
avait reçu du Saint Esprit l'intelli- citerai ci-dessous (7) d'un journaliste,
gence des prophéties. Ce n'est pTes- (B) La longue prison qui fut la
que qu'une question de nom, ou peine de sa hardiesse.'} Froissara" vient
qu'une dispute de mots : et en tout de nous apprendre que le pape le-
cas il me semble que le privilège de naît ce moine en prison dans le
ce religieux égalait ou surpassait château de Bagnols. Un autre écri-
môme celui des prophètes ; car ceux- vain assure qu'environ Tan i35<> »
ci ne connaissaient pas toujours ce ce prétendu prophète fut envoyé an
que Dieu voulait marquer sous les pape Innocent VI , qui le fit empri-
images significatives de l'avenir, et sonner , et qui jamais ne lui redonna
Eir conséquent une personne à qui la liberté (8). Mais ce ne fut point le îeu révèle le sens véritable de ces premier emprisonnement de ce relisignes prophétiques reçoit une fa- eicux : il était captif l'an 1 345 dans veur plus particulière. Il ne faut donc fc couvent de Figeac , par Tordre de pas qu'un tel homme \ ni ses partisans fassent aucune difficulté sous P£] * VàMomr4i^m^ d" prétexte de modestie d'appeler cette "g yltx Inaocentii yi, „„, ^
faveur un don prophetioue. bl I on à Baluzio, pag. 33a, tom. / ViUrum Pa^rum
ne prétendait expliquer les révéla- avpnionensium.
tions de saint Jean que parle secours (?)P«w remarque (F).
des connaissances qu'on aurait acqui- W Ad dictu'n fnnoceatâm papam fuit *<tV«<-
ses en examinant t tcrmire, ce»cidii (,ns permansit ptr totum tempus tpsius. Idcu» ,
une autre chose : mais quand on se ibidem.
R0QUETA1LLADE. 585
frère Guillaume Farména, ministre quod meritb Hercule in malam rem des franciscains de la province d'A- Johanni de Rupescissd srmnusUe vesquitaioe. On voit cela au comraen- tro vertit. Cum enim se a Deo admoceraent des révélations de ce pro- nitum univers al is judicii affirmant , phète. On voit aussi qu'il les rédigea cumque mundi finem adesse conclapar écrit a la prière du cardinal maret , quia diclis ejus ns non res- Guiliaume Curti. Ses paroles méri- ponderunt , Avenione ab Vrbano tent d'être rapportées. Ego f rater K captus in custodid mansiti 11 ). Johannes de Rupescissd ordinisfra- Celui-ci ayant déclaré que la fin du trum minorumprovinciœ Aquitaniœ , monde approchait, fut mis en priprovincios Rutnenensis , et conventûs son par Urbain V , parce que l'évé- Aunlhiaci , ad mandatufn vestrum nement ne répondit point à cette deseripsi seriem notabilium eventuum grande menace. Alciat a fait une fau- Juturorum mihi in carceribus aper- te de chronologie : ce fut Innocent tumf prout meliiis et vertus potero VI, prédécesseur d'Urbain V, qui cmrecordari. Modus revelandi fuit iste. prisonna la Hoquetai llade. Cum anno Domini millesimo tncen- (C) Quelques-uns disent que l'cvétesimo quadragesimo quinto multis nement justifia ses prédictions; mais diebus fienm vinetus ferro in carcen d'autres assunnt qu'il arriva tout le luti in conventu Ftgiaci stupens et contraire.-] Nous avons vu que Froismirans quarè cum tantd crudelitate sard témoigne que plusieurs choses mi s s us essem perfratnm Guillelmum prédites par ce cordelier étaient arriffmrmena tune ministrum Aquitaniœ vées. L'auteur de la Vie d'Innocent VI in carcenm , etc., (9). 11 semble qu'on ne nie point ce fait-là ; mais il ajoute paisse inférer de ces paroles qu il ne qu'en plusieurs autres choses les ï>réeommenca à être honoré du don des dictions de ce moine avaient étéfausrévélatio'ns que dans sa captivité , ses, d'où il conclut avec raison que ce et sur cela l'on serait curieux d'ap- n'étaitpas un prophète Licetindictiset prendre quel fut le motif qui porta scriptis suis reperla fuerint multa quœ ses supérieurs à le mettre aux fers, processu temporis contigemnt, prop- Que]quesHun6 disent que ce fut à ter quœ pluns sibi fidem datant f lacause de ses hérésies ; mais les écri- men etiam multa defuerunt, et sic vains plus voisins de ce temps-là rap- appanbat quia non erat verè propheportent qu'il ne fut mis en prison ta , quia in illis , si talis fuisset , nulque parce qu'il se mêlait de prédire lus fuisset defeclus (12). Je ne m'ele prochain avènement dè l'Ante- tonne point que l'on ait cru qu'il christ, et d'avancer plusieurs choses avait prédit la vérité quant à pludésagréables aux papes et aux prin- sieurs points \ car premièrement ceux ees; car il soutenait que leur amhi- qui déclament contre les désordres tion , leur orgueil et leur avarice publics, et qui assurent que Dieu étaient la cause des malheurs qu'il vengera bientôt le peuple opprimé, prédisait (10). Alciat le met au nom- châtiera l'avarice , la luxure et bre de ceux qui se sont très-mal trou- l'orgueil des grands, se rendent si ve's d'une certaine méthode de main- favorables les jugemens de la mullitentr la religion. Ils débitent des pro- tude, que l'on se fait un plaisir d'aiphéties , c'est le principal moyen par der à la lettre, et d'interpréter à l'hon- OÙ ils tâchent de faire peur aux per- neurde la prophétie ce que l'on voit sonnes qu'ils n'ont pu induire à servir arriver. En second lieu, le monde a Dieu ; &unt et qui vaticinia se sein été toujours si exposé à de grands profileanfur hocque potissimum mo- malheurs, aux guerres civiles et étrange, quo verbis ad cultum et pietatem gères , à la peste, à la famine , etc. , inducere nesciunt , temn conanlur , qu'à coup sûr, en quelque temps que , %», . „ ,. ce soit, quiconque voudra prédire des
a$^±^rk»£^~£:, eV~n, funeste, , et des ttéaux p<*g»&4«* terribles de la colère de Dieu, ren-
(10) Quod autem s uni nonnulli tvctnùores qui t
ob hœrcsvn in yinsula cot^ectuin dixerwU, non (n) Andr^at AleiaUs , Ep»j>t. contra Vttam ino-
ita andquiorcs qui nonnisi ob prophetias de An- pasUcam , pug. , w.
tichristo proximè venturp.. caplutu volunt. Autor prima; Vil* Innocenta VI, apiul
Spondan., a l <$nn. i35C ; uum. aô, p. m. 5$o. Vitas Paparum aveninnensium.
contrera la vérité*. Mais pour battre » eu pitié, Pauroient couvert de leurs en ruine tous les fauteurs de notre » plumes ; les rois et les princes enla Roquetaillade, il ne faut qu'une » richi de leurs domaines, honoré observation j c'est que les principaux » outre mesure; qu'il s'en seroitenorpoints de sa prophétie se sont trou- » gueilli, se voiantcreu et pensant vés faux. Il prédisait la désolation » n'avoir plus besoin d'eux , se seroit totale du clergé , la venue d'un ange » mis à les becqueter et poindre , à
2ui, en qualité de vicaire de Jésus- » faire des querelles aux empereurs hrist, réformerait toutes choses et » et aux princes j Que les oiseaux là convertirait tous les infidèles, une » dessus seroient résolus dereprenpaix qui durerait sur toute la terre » dre leurs plumes, et ainsi retireenviron mille ans(i3). Il faisait en- » roient le* princes leurs bienfaits et tendre qu'on verrait bientôt toutes » leurs domaines , tant qu'il seroit ces choses : il mentait donc en deux » contrainct de leur crier merci ; manières , car cela n'est arrivé , ni » l'empereur et les autres princes dans le siècle où il vivait , ni dans » chrestiens en danger de reprendre les suivans jusques à cette heure 04)- » le tout, s'il retournoit à son or- Rapportons ce qui se lit dans un as- » gueil (16). m M. du Plessis ajoute sez bon chroniqueur. Johannes de que de fait cest apologue de l'oiseau Rupescissd minorum ordinis insignis a sonfondement manifeste en VApocatheologus tempestate hdc prœter ea , lypse , chap. 17 où il est dit (*) , que quœ in sententiarum libros accuratè les rois bailleront leur puissance et doctbque scripserat , in carcerem tru- authoritéàlabeste ou paillarde j mais sus multa de futuris tanquam pro- viendront puis après à la haïr, et la pheta scribere prœsumpsit , videticet rendront désolée , et mangeront sa de duobus A nlichristis , et de eccle- chair, et la bruslerontau feu. Wolsiœ conciliatione , et de conversione sius a inséré dans son premier tome omnium gentium ad Jîdem Christi ; tous ces passages de Froissard, et y a et alia multa , quœ in januis adesse joint une figure de l'oiseau de l'apoaffirmabal. Et hœc a domino Jesu losue (17). Notons que la Roquetail- C/iristo sibi revelata fuisse contesta- lade déclarait que cet appauvrissebatur , quœ non moao non evenétvt ment de l'église n'avait longuement à sed oppositum in omnibus fuisse co/»- tarder. Il s'est bien trompé. Voyez stat. Hujusmodi autem pronosticato- CoëOeteau dans sa réponse au livre res multi ab initio deceptifuére. Qui- de M. du Plessis (18). On prophétise bus satihs fuisset silere , quam talia encore cela vers la fin du XVII". siècle. temerèloqui(i5). (E) // composa plusieurs livres.]
(D) L'apologue qu'il employa pour Outre ces révélations, on a de lui un faire comprendre que les mémès prtn- ouvrage de Consideratione Quintœ ces qui avaient enrichi l'église ro- Essenliœ ; un de Familiatu Philosomaine , la ramèneraient a son an- phiœ . un qui a poUr titre: Vademe* cienne pauvreté.] Il s'en servit quand cum in Tribulaùone ; et un commente cardinal d'Arras et le cardinal Uire super Prophetiam Cyrilti ered'Auxerre furent le voir en prison mitœ prœsbrteri. M. Baluze (19) parpour le censurer. M. du Plessis Mor- ]c je ce dernier livre comme de l'un nai en tire une preuve des oppositions jeg manuscrits de la bibliothèque du quifurentfaitesâl'Antechrist: voyons roi ? el {\ qu'on trouve les autres comment il abrège le long récit de cn manuscrit dans celle de M. Col- Froissard.cc La somme est ; Qu il se- bert(ao). Notez que l'ouvrage de » roit advenu de 1 église comme d un
» oiscan fort beau, qui seroit né Dn Pless,s M0™' My,tire a'1^".
» sans plumes et ne pouvant voler n ÀpiKm ^ c< 1?> Vm l3 et l6.
» estoit en danger de ne pas vivre; (,7) Joh, wobiu», Lectionam memonbîl. e*
» Que les autres oiseaux en auroient reconditarum , cent. XIV, pag. m. 6*3 et stq. .
tom. I.
(13) Spondaans , ad aim. t356 , num. zo, pag. (18) Coëfleteaa , Réponse an ! m. 54o. ti y pag. 10-6.
(14) On e'erit ceci au mois d'avril i-joi. (19) Balai., Not. ad Vitas Paparum Aremon-.
(15) Jacobus Philippiu Bcrgoma» , ad annum
pag. 1434.
375, (ao) Idem , ibidem , pag. 94*.
Consideratione Quintœ Essentiœ rerum omnium , fut imprimé A Bâle
te Quint 9 fut il
Tan i56f (ai). On l'assure dans l'abrdge de Gesnerfaa), et Ton y débite, par un abus de cent ans, aue l'auteur vivait environ l'an 12^0. J'ai cité ailleurs (a3) Naudé, qui a dit un mot de ce livre de Johannes de Ru-
» devait arriver (28). Il indique qucl- » ques-uns de ses livres, où il dit » au'il avait marqué avec exactitude
» de certains événeraens, et il paraît » (fu'il acomposécelui-cil'anMcccLvi.
» Ensuite il propose vingt explica- » tions de l'Apocalypse, qu'il nomme » intentiones Dans la première , il
pescissd. H court sous le nom de ce » prédit que le pape soumettra un
cordelier apocalyptique un ouvrage de Confectione veri Lapidis pïulosophorum, imprimé à Bâle , l'an i56i.
(F) fous en trouverez deux
dansVAppendixdu FasciculusRerum expetendarum et iugiendarura.] C'est un livre qui fut imprimé à Londres, l'an 1690. L'autear de la Bibliothèque universelle en parla fort amplement dans son volume XIX (a4)« Voici ce qu'il dit touchant notre homme :
« (i5) On a inséré ici deux ouvrages » dece moine, dont l'un est intitulé:
» Copie de la prophétie de Frère Jean » de la Roquetaillade , de l'Ordre » des Frères mineurs de la province
» jour toute la terre, qui le regardera comme son pasteur: prédiction bien contraire à celle de nos interprètres protestans de l'Apocalypse, qui ne sont guère plus heureux que frère Jean de la Roquetaillade, et dont » quelques-uns sont peut-être plus » blâmables , en ce qu ils voudraient engager les puissances à faire des guerres sans fin , pour faire réussir leurs conjectures. Notre moine au » moins, non erat intentionis faciendi » euerrof, et ne voulait se servir que » des armes spirituelles ; au lieu que » quelques-uns de nos Roquetaillade s » a'aujourd'hui voudraient employer
» de Guienne , gardien de Rhodes , » la violence , pour obliger les con-
» et avocat d' Orléans (a6) , prison- » sciences erronées à faire profession
» nier a Avignon, la huitième année » de leurs sentimens, sans les croire.»
» du pontificat de Clément P^I, dans (G) Je crois que ceux qui disent
» la prison que l'on nomme Soldan ; qu'on le fit brûler se trompent. "]
» au mois de novembre , Van de l'In- « Dient aucuns qu'il fut enfin brus-
carnation MCCCXLIX.... (27). L'au- » lé Ces paroles sont de M. du
tre ouvrage de la Roquetaillade est Plessis , qui met en marge , Petrus
son Vade-mecum in Tribulatione. premonstratensis in chronico quod
Dans»ce livre, qu'il nomme librun- inscribitur Biblia Pauperum. M. Ba-
» culus , il déclare qu'il n'est pas pro- luze rejette cela , et dit (3o) qu'il ne
»> phète , comme ceux qui avaient sait d*où César Nostradamus (3i) a
» reçu des révélations immédiates de pris que ce religieux fut brûlé publi-
» Dieu, et qui disaient , en les rap- quement â Avignon , l'an i36a , par
» portant : J4insi a dit le Seigneur ; ordre du pape. Les passages de Frois-
» mais que Dieu lui avait donné le sard sont une réfutation solide de ce
» talent de voir, par l'Écriture, ce qui mensonge , quand on n'aurait pas le
témoignage de ceux qui disent (3a)
(ai) Le Catalogne d'Oxford marque l'édition de que Rupescissa fut enterré à Ville-
Bdle , 1597.
(aa) Epit. Biblioth. Gesneri , pag. m. 4qi.
(a3) Dans la remarque (E) de l'article <f Ai- BKKT-le-Grand , tom. I, pag. 36i.
(a4) Depuis la page 33 1 , jusqu'à la page 363.
(a5) Bibliothèque universelle , tom. XIX, pag. 348.
(16) Le latin pag. 4g? Appendicis Fasciculi,
eorte : custodis nuthenensis ac ousidici Aureaci. Ce dernier mot signifie d'Aurillac , et non pas d'Orléans. Pour ce qui est de causîdiru» , il signifie quelque charge qui répond a celle de dom procureur des bénédictins , ou des chartreux; mais je ne sais pas le nom qu'on lui donne parmi les moines mendions. Ce n'est point, je pense , celui d'avocat.
(a*) Bibliothèque universelle , tom. XIX , jfag. 349.
(18) Le second continuateur de Guillaume de Nangis, cité par Dacheri Spicilcg. , tom. XI, p. 82a , rapporte que ce moine, consulté sur l'avenir par V archevêque de Toulouse , l'an i356, répondit : Ego , sicut unus vilis et abominabilis peccator, ea quse dico, non diro de capite meo nec sum propheta sed tantum per intelligentian propbetarom. Il répondit plusieurs choses, dont la plupart n arrivèrent pas, Voye% le prologue du sieur Browne , dans Z'Appendix du Fascicnlus- Rerum expetendarum.
(39) Du Plessis, Mystère d'Iniquité , pag. ^5o^.
(30) Balux., Notis ad Vita* Paparum avenion., pag. 94a.
(31) César Nostradamus, in Ristoriâ Provincie, pag. 4»ï«
(3a) Jacobus Fodera t apud Baluùum , ibid^
588 HORARIUS.
franche dans un courent où il avait RORARIUS ( JÉRÔME ) , nonce professé la règle de saint François-. de Clément VII à la cour de
(li) tiaynaulus , gui a taché de se r*j- j - j tj^-/\ prévaloir d'une vrJphéde de ce moi- Ferdinand , roi de Hongrie (*} , ne , a été réfuté solidement par a compose un ouvrage qui rae- M. Baluze.'] lira appliquée à Féfec- rite d'être lu *. Il entreprend tion d'Urbain VI. Odoricus Raynal- d'y montrer, non-seulement que dus an. i379, n. i* , refert insigne , i * v*. . , animaux rai-
ut Ole vocat , uaticinium viri religiosi Ies Dei™ SOnt aes ammau* Johannis è Rupescissd inventum in- sonnables , mais aussi qu elles termonumenta Avenionensia, ex quo se servent de la raison mieux nritum adjuvari putat causant Ur- que l'homme. I/occasion qui bam 33). La prophétie porte (34) que yen0Wlk h ra;rp rp i;vrp e&l ,?»le siège de Rome sera vacant dix-huit 1 .enSagea a Iairf ce livre est cumois , et qu'au temps du conclave il rieuse et tout-à-fait singulière, y aura un si grand combat entre les II s'était trouvé dans une confies et les tyrans d'Italie, et une versation , oh un savant homme si grande enusion de sang . mi il r>\ i r\ -
lemWa que la fin du monde soit ayait, <?lt que Charles - Quint arrivée. Or par un juste jugement de n égalait pas les Othon , ni Dieu on élira un anti-pape suivant Frideric Barberousse. Il n'en
n'est autre"quele cardinal d'Amiens, tes sont plus raisonnables que
si l'on s'en rapporte a Raynaldus. l'homme , et tout aussi-tôt il se
Mais H. Baluie montre deux choses mit à coinposer un traité sur ce (ôo) j 1 une que la prophétie ne con- . . /A. V c *
cerne point le temps où Urbain VI sujet (A). Ce fat au temps que
fut élu pape; l'autre que, si elle con- Charles-Quint faisait la guerre à
cernait ce temps-lâ, elle serait plus la ligue de Smalcalde. Ce livre
contraire à Urbain VI qu'au preten- n'estpas mal écrit, et il contient du antipape Clément Vil. Il fait voir f.. , , r • ' • i-
par le Commentaire de la Roquetail- quantité de faits singuliers sur
Jade sur la prophétie de Cyrille, que l industrie des bêtes et »ur la
la vacance du siège papal pendant un malice de l'homme. Ceux qui
FA^r^8^ concernent l'habileté des ani-
1 Antéchrist paraîtra. Or voici le ca- , . . A . i /• •
ractcre de ce temps-là : Le roi de maux embarrassent tout a la fois
France et le roi d'Angleterre com- les sectateurs de M. Descartes , battront alors les infidèles dans l'O- et les sectateurs d'Aristote (B) : à«ent;^ia 3Î ? t* en S?1?6. "S* ceux-là nient que les bêtes aient
au temps du schisme d Urbain VI, * 1
ctde Clément VII. Notez que ce corde- une ame ; ceux-ci soutiennent
lier avoue que l'anti-nape sera élu au qu'elles en ont une douée de
déshonneur de Jésus-Christ, et du vrai sentiment et de mémoire, et
pontife (36), etquel'antechrist sou- passions, mais non pas de
Uendra la cause de l'anti-pape. IUud . raaai", ' *"ata r ,
raison, (/est dommage que le
sentiment de M. Descartes soit si difficile à soutenir , et si éïoitenait point le pape pour l'Antéchrist. é de |a vraisemblance; car il
Ce n'était pas à ViUefranche , mai» * Auriilac ,
uitl,cclcrr,que Roqnetailladc avait fait nrofaksion B j i- 1 .-
[AS) Haln*. , ibtd . , pag. 1160 ,1161. , , iv 1 ti 1 n j.
(H) Voyez M. Baluze, tbid. utantur nieltus homme, lib. /, pag. 57, edu
(35) Tdem, ibidem, et pag. t$5ç). Amsltlod. , l6jq\
(36) In contutneliam Christi et vrri pontificis. " Joly reproche à Baylc tVavoir donné à Roi \ Afj ^UPC5C'S8* > aPHli Baluz. , paç. 1 i(Ji. rarius un article aussi gros qoe son livre, et
(37) Idem , apud eunulem , paç. i^fy. d'avoir oublie quelques particularités.
est d'ailleurs très-avantageux à pays des Grisons , l'an i5^S. Il la vraie foi (Ç) , et c'est l'unique y a quelque chose de semblable
langéreuses de l'opinion ordinai- a vu la principale partie
re. Uyalongtempsqu'onasoute- l'article de Péréira. nuque l'àme des bêtes est raison- j»aj appris <je Jivers endro'ts nable(D)Xe9ph^osophesdel'éco- lus^urs nnes { ai
le se trompent fort, si en rejc- raent l'histoire des dogmes ont
tant cela ils se persuadent qu ils approuvë Jes recuei,s que l'ai éviteront les suites fâcheuses de hUés dans les reinJLesJde
opinion qui donne aux betes cet Qn a mèm?témoi
1 aine sensitive (h). Os messieurs ' r » -A i •
ne manquent ni de distinctions , «nUi:,»^ x>*„*MB j-i »
. * - i i t ' ] en publiasse a autres , s il m en
ni d exceptions, ni de hardiesse 4Arnu ja ,
, , , .j r , ' , était tombe de nouveaux entre
a décider que les actes de cette ,es mains Cela
me fait prendre
ame ne paient jamais certaines ,a ,iberté de mMn „ » ,
bornes qu ils leur prescrivent : supplémens (K), quoique je n'i-
mais tout ce verbiage confus et ** u2> j
, , , & , . gnore pas qu il y a beaucoup de
impenetrab e ne sert de rien YA„*A„ * • > ■ r ^
r ri- j «" » lecteurs qui ne s en soucieront
pour établir une diflerence spe- „. • ^ « .i . ,
,,4 i • r ^ guère, et qui les appelleront des
cfique entre 1 âme huma.ne et |xcrescenc^s. Ils
celle -la (F) , et il n est guère sujet de donner ce nom aux noapparent qu il, «.usent jamais ^ je veux faire <ur , fé
inventer une explication rneu- a0-\na ja » T -r /T .
. T. , , nexions de M. Leibmtz (L; , que
leure que ce qu ils ont allègue Anne » t~ i j
* . . . i1 . o i on a vues dans le Journal de
jusques ici. L auteur qui a le -m i>ac„0^. M„ Mtf »~ ».
• »fl.», n \ M. lia^nage ; car ces notes sont
mieux réfute M. Descartes, sur „Mtt • n * »
„* i i aa une suite naturelle et nécessaire 1 ame des betes nous aurait tait i»MT1 * , .
. i i • • » i • de 1 un des endroits de la pre—
beaucoup de plaisir s il avait pu • ja . i V
r, r â- . f miere édition de cet article. J es-
nettoyer le sentiment ordinaire , « A » n „ • j>
/rM y» T . ., , , pere quelles serviront docca-
(G). M. Leibnitz , l'un des plus
sion pour développer une matiègrands esprits de 1 Europe ayant r K ^ J^oini diffici|e
bien connu cee driicalu» , a
fourni des ouvertures qui men- 1 1
teilt d'être Cultivées (H). J'en Hostii ediclum. Auguslœ Eheticct ap. Phil.
dirai quelque chose quand ce ne vUm^; Drauniua ^iblioib. . pag. .093 •* » a i»- j* c) Forez M. de Tbou , 7iV. VI. p. 126.
serait qu afin d indiquer mes * Son' nom ,uit CUasgcncux ; ^ que
doutes. MaiS pour revenir a Rora- Joly l'observe, et qu'il a déjà cle dit dan»
rius, je ne crois pas me trom- ^^\tar ^ "".rque (B) de îyude
' * . r HELENE, tom. VII , pag. 020. Joly ajoute :
per lorsque ]e me persuade qu il m. de Thou s'est trompé dnm vksionme
était natif de Pordénone en Ita- qu'il rapporte, comme Cn fait voir cla,r*- .- /r -m ] 1 1 ment M le président Bouhier, dans son His-
lie (I). Je VOUdraiS avoir lU le toirc dcs Commentateurs de la Coutume do
plaidoyer qu'il COmpOSa pour les Bourgogne (article Chasseneux ).
rats (b). Il fut imprimé dans le W /rt ^'V«« (»)
C*) Oralio muribus, advenus Nicolaï (A) // se mit h composer un traité
sur ce sujet."] Il y a deux épîtres dé- que duobus libellés ostendi (a). Il ne
dicatoires à la tête de cet ouvrage : s'est pas contenté d'une seule décla-
l'une à l'évêque d'Arras , datée du ration : il avait déjà marqué ceci
i«. de mars i547; l'autre au cardi- dans une autre épftre dédicatoire.
nal Christophle Madruce évêque de Scripseram libellos duos , in quitus
Trente. Cet écrit demeura enseveli ostenderam animalia bruta sœpè ra-
prcs de cent ans dans les ténèbres des tione uti meliùs ho mine ; idque Jece-
bibliothéques. Enfin Naudé le fit im- ramt ut quorundam impudentiam ,
Ë rimer en France * , et le dédia à anne potiùs demenliam retunderem :
[M. du Puy. Son épître dédicatoire qui maximi omnium imperatorum
est datée de Paris le 9 d'avril 1645. Caroli Quinti sptendorem intueri non
On l'a réimprimé en Hollande plus valent^). Lisez le reste de cette épî-
d'une fois(i). Je ne sais pourquoi on tre , vous y trouverez un homme
l'a mis parmi les livres de médecine prévenu en faveur de Charles-Quint,
dans le Ldndenius renouatus. Je suis et un grand flatteur. Bien d'autres gens
sûr qu'on m'accusera de me munir lui resemblaient, et lui ressemblent, quelquefois de preuves sans nécessité j (B) Les faits concernant l'habileté
mais on aurait tort de le prétendre à des animaux embarrassent tout a la
Tcgard de ce que j'ai avancé touchant fois les sectateurs de Descartes
le motif de cet ouvrage de Rorarius. et d Aristote."] Cela ne deman-
Si je ne citais ses propres paroles , de point de preuve à l'égard des car-
on aurait lieu de penser que j'ai feint tésiens : il n'y a personne oui ne
l'idée d'un écrivrain chimérique pour connaisse qu'il est difficile d\xpli-
divertir mou lecteur \ car que peut- quer comment de pures machines
on voir de plus grotesque qu'un peuvent faire ce que fontles'animaux.
homme qui ne prend la plume pour Prouvons donc seulement que le pé-
mettre le genre humain au-dessous ripatétisme se trouve dans un embar-
des bêtes , que parce qu'un savant ras extrême, quand il faut donner
trouve mauvais que l'empereur Char- raison de leur conduite. Tout péri-
les-Quint aspire à la monarchie uni- patéticien qui entend dire que les
verselle sans avoir les qualités d}un bêtes ne sont pas des automates, ob-
Othon-le-Grand , ou d'un Frideric jecte d'abord qu'un chien , battu pour
Barberousse? Il est donc trés-néces- s'être jeté sur un plat de viande, n'y
saire queje prouve ce quêtai dit là- touche plus quand il voit son maître
dessus. Éram , illustrissime prin- le menaçant d'un bâton. Mais pour
, t . t» • : 1 ~ \ 1*: :* lj \
pir, qui diceret , nescire quo odore tion de ce chien est accompagnée de
olens christianum orbem ditionis suœ connaissance, il faut nécessairement
facere niteretur. Uaberet in se saltem que le chien raisonne : il faut qu'il
quo cum Othonibus , aut Federico compare le présent avec le passé , et
Mnobarbo conferriposset. Mouit (fa- qu'il en tire une conclusion ; il faut
teor) nùhi stomachum , dignum im- qu'il se souvienne et des coups qu'on
mortalitale principem illis postponi : lui a donnés, et pourquoi il les a rc-
qui licet insignes fuerint , si tamen in eus ; il faut qu'il connaisse que s'il se
unum omnes congerantury hujus ma- ruait sur le plat de viande qui frappe
gniludini non sufficiant. Itaque in ses sens, il ferait la même action
mentem mihi venit animalia bruta pour laquelle on l'a battu ; et qu'il
sœpè ratione uti meliùs homine , id- conclue que pour éviter de nouveau!
• Cette première édition (que Joly reproche à C0UPS 4C b|t0° * doit «'abstenir de
Bayle de n'avoir pas mentionnée ) avait , dit Jo- Cette Viande. N'est-ce pas UO vérita-
ly , para à Paria, chex S. et G. Cramoisy , 1648, ble raisonnement ? PoUVeZ-VOUS CX-
in-8°. Une autre édition parut a Amsterdam, ,i|u ,in„ e i „:.^.. 1
166G , in-8°. Naudé n'a p., exécuté le projet ÏW16',06 f*lt Par « SimPle 8UPP0"
qu'il avait annoncé de faire des notes sur cet ou- SltlOn d Une â me qui Sent , mais Sans vrage ; mais G. H. Ribow a donné une nouvelle
édition avec notes de l'ouvrage de Rorarius, (») Rorarius, epist. dedicat. ad Madrutium
Heloutadt , i-ap , in-8°. cardinalem.
(1) Je me sers de l'édition d' Amsterdam, i654, (3) Idem, epist. dedicat., ad episcopum Àtre-
in-it. balerocœ.
RORARIUS. 59i
Yeftechir sur ses actes , mais sans ré- donc me défendez-vous de soutenir
rnioiscence, mais sans comparer deux qu'ils font plusieurs choses qui res-
idées , mais sans tirer nulle conclu- semblent à ce que fait l'âme sensitî-
sion ? Examinez-bien les exemples ve , sans que leur âme soit sensitive ?
cpie Ton compile (4) , et que Ton ob- Je ne m'étonne pas que M. Descartes
jecte aux cartésiens , vous trouverez ni ses sectateurs ne se soient pas pré-
qu'ils prouvent trop ; car ils prou- valus de l'endroit du Code de Justi-
vent que les bêtes comparent la fin nien , où il est dit qae les bêtes sont
avec les moyens, et qu'elles nréfè- incapables de faire une injure, vu
rent en quelques rencontres l'hon- qu'elles ne sentent point (7). Il est
uête à l'utile j en un mot, qu'elles se manifeste que 11 mot sensus , dans
conduisent par les régies de l'équité cette loi, se doit prendre pour dessein
et de la reconnaissance. Rorarius dit et intelligence.
?[u'il v a eu des chevaux qui ont re- (C) Le sentiment de M. Descar-
usé de couvrir leur mère, ou qui tes est très-avantageux a la vraie
l'ayant fait sans le savoir, trompés foi.~\ Ce qui porte les cartésiens à dire
par les artifices d'un valet, se sont que les bêtes sont des automates , et
jetés dans un précipice , après avoir que selon eux toute matière est inca-
eu connaissance de ce qui s'était pable de penser. Ils ne se contentent
' passé. Testantur liUerarum monu- pas de dire qu'il n'y a que les sub-
menta y fuisse gregi* cuslodem , oui stances spirituelles qui puissent faire
equum ut matrem iniret , nunquam des réflexions , et enchaîner nne lon-
inducere potuerit ; et quoniam ambo gue suite de raisonnemens, ils sou-
eximid specie erant^ fraude tamen tiennent que toute pensée, soit qu'on
illusisse , velatis oculis , ne matrem la nomme réflexion , méditation ,
pideret; detracto postmodum operi- progrès du principe à la conséquen-
merito , et agnito cum maire conçu- ce ; soit qu'on la nomme sensation ,
bitu> petiisse prœrupta , et se patrati imagination, instinct, est d'une telle
sceleris reum pessundedisse. Maris nature , aue la matière la plus subti-
hœc virtus : alibi fœminœ , siquidem le et la plus parfaite en est incapable.
in Reatino agro equa lacerato prius et qu'elle ne peut se trouver que dans aurii euna dit
de l'ardeur avec laquelle quelqi
chiens ont travaillé à procurer un qu'il pense , et par conséquent, s'il
aître , à venger raisonne à la cartésienne , il ne peut
"bon secours à leur maître , à venger
sa mort, etc., sont des choses abso- clouter qu'en tant qull pense il ne
lument inexplicables selon l'hypothè- soit distinct du corps : doù, il s'en-
se des aristotéliciens. Ainsi toute leur suit qu'à cet égare! il est immortel ;
dispute contre les diciples de M. Des- car la mortalité ne consiste qu'en ce
il à ses adversaires (6) , que les ani- avantage pour la religion : mais il
maux font plusieurs choses qui res- sera presque impossible de le garder
semblent à ce que fait l'âme raison- par des raisons philosophiques , si
nable, et que néanmoins leur âme Ton accorde que les bêtes ont une
n'est point raisonnable. Pourquoi âme matérielle qui périt avec le
corps; une âme , dis-je, dont les
(4) Voyet dans Lipae , epi«t. L, cent. 1 Mit- sensations et les désirs sont la cause
relia*, .plusieurs actions surprenantes des élé- ^es actions qu'on leur voit faire. phans. Celle lettre est un commentaire par exem- ,r , * T *•!•»»
pies sur Us paroles de Pline , qui seront citées voyez la remarque (Tj. Les utilités
dans la remarque (D). Voye% , touchant les che- theologiques du dogme de M. Des-
cartes touchant les bêtes automates
vaux , le même Lipse , cent. III ad Belgas , epist. LVI, et touchant les chiens , cent. I ad Belgas ,
epiat. XLIV. ^ jjec pate5l tnxtM[ injuria fecisse quôd
(5) Rorariu , Ub. II, pag. 7a. t sensu caret. Fojre* Grotius , Flor. Spars. ad Jus
(6) Voye% l'article Pàati&a, Unn. XI, pag. Justinianeum , pag. i*4i Âxnstel., 1643, 558, citation (55). i'n-ia.
5g2 RORARiUS.
ne se bornent pas à cela ; elles se ré"- qu'il l'admet en elles (i i). Je ne soii pandent sur plusieurs principes im- pas trop persuade que saint Augustin portans que 1 on ne saurait soutenir aiteru que l'âme des bétes est une subavec quelque force dès qVon admet stance incorporelle ; mais quoi qu'il dans les bétes l'âme sensitive. Si saint en soit , le second principe , qu'on Augustin a soutenu ces principes , nous donne ici en exemple , est inquoiqu'il reconnût cette espèce d âme compatibleavec l'opinion de ce grand dans les bâtes : et s'il ne s'est pas docteur ; car ce qui connaît est plus mal trouvé de la liaison de ces deux noble que ce qjui ne connaît point : choses , il a été plus heureux que or, pour le moins, saint Augustin atsage *. Des principe» qu'il a soigneu- tribuait du sentiment à l'âme des sentent examinés et fortement établis, bétes j il la croyait donc beaucoup il suit manifestement que les bétes plus noble que le corps ; il soutenait n'ont point d'âme, ainsi que le fait donc, d'un côte', que Tenlus noble ne voir Ànibroise Victor (8) dans son peut avoir pour sa fin le moins dosixième volume de la philosophie ble ; et de l'autre , que l'âme des chrétienne (9). L'auteur qui me four- bétes , plus noble que leur corps , nit ces paroles suppose que ce saint n'avait d'autre fin que leur corps. docteur, sachant trop bien distinguer Cela , direz-vous , importe peu à la t âme du corps , pour penser quily religion. Vous vous trompez , re'pona fait des âmes corporelles, admettait dra-t-on ; car toutes les preuves du une âme spirituelle dans les bétes péché originel empruntées des ma- (10). Or voici l'échantillon qu'il nous ladics et de la mort, à quoi les petits donne des principes que saint Au- enfans sont assujettis , tombent par gustin soutenait , et qui sont incom- terre dès que vous supposerez que les patibles avec cette âme des bétes. bétes sentent : elles sont sujettes à la Quelques-uns de ces principes de douleur et à la mort; elles n'ont saint Augustin sont , que ce qui pourtant jamais péché. Ainsi vous n'a jamais péché ne peut point raisonnez mal quand vous dites , les souffrir de mal ; or , selon lui-même, petits enfans endurent du mal , et la douleur est le plus grand des meurent : ils sont donc criminels ; maux , et les bétes en souffrent. Que car vous supposez un faux principe , le plus noble ne peut avoir pour sa ct démenti par la condition des bétes, fin le moins noble ; or, selon lui, l'â- savoir que ce qui n'a jamais péché me des bétes est spirituelle et plus ne peut point souffrir de inal. C'est noble que les corps , et néanmoins néanmoins un principe de la derniéelles n'ont point a autre fin que les re évidence : il coule nécessairement corps. Que ce qui est spirituel est im- des idées que nous avons de la justice mortel, et l'âme des bétes quoique et de la bonté de Dieu ; il est conforspirituelle est sujette a la mort. Il y me à Tordre immuable , à cet ordre a bien d'autres semblables principes dont nous concevons clairement que dans les ouvrages de saint Augustin, Dieu ne s'écarte pas. L'âme des dont on peut conclure que les bêles bétes confond cet ordre , et renverse n'ont point d'âme spirituelle telle ces idées si distinctes : il faut donc „.„, , „ . . ,ar»r • . demeurer d'accord que les autonia-
* L auteur (1rs Critiques du M. Bayle sur saint , ? . .
Augustin, Paris, 173», in-4°. , », dit Joly , dé- tes de M. Descartes favorisent extrê-
fendu fort au long le saint docteur dans son se- mement les principes selon lesquel*
accusa- nous jUgeons de l'être infini , et par
rond traité, pag. m-iaC, contre cette
* faux nom que s'est donné un pire lesqueïs°nouS soutenons l'orthodoxe.
de l'Oratoire. , Lisez CC qui SUlt.
(9) MaUebrancbe , Eclaircissemeus sur le VI». w Qn intéressa d'abord la religion
M..U RecLcrc,,e ^ U ' Pag' m' M dans cette cause (m), par l'espe-
(10) n 'est certain, quoi qu'en dise le père M»l- » rance que les anti-cartésiens con-
lebranche , que saint Augustin a cru que Vanté jj eurent de ruiner par- là les machî-
^'^'f^J^f^^^1^1^^ » nés de M. Desca. tes j mais on ne
rum , dit-il dans le IVe. chap. ae la Connais- »
sanec de la véritable vie , eut *piritus vitalis con- „ j-, . . .
Mans de aëre ct «ngnine animai , sed sensibilis. <» 0. MaHcbrancbe , Eclaircusemen. , «U. , f.
memoriim baben» , intellectu carens , cnm carne *81 » a m^*g'«
moriei» , in aera rvanr^n». Voyez aussi le (") CesWtthrr dans la dispute contre l>>-
chap. XXIII Ae Spiritii et AnimS. cartes , touchant l urne de* retrs.
R0RÀR1US. 5g3
» «Aurait assez dire le bien qui en naissance et d'amour f sans les oblim est venu aux sectateurs de ce phi- ger h l'aimer et à te connaître : il les » losophe. Car ils croient avoir eût créées pour être dans l'état du » montré qu'en donnant aux bêtes péché; et par conséquent il les aurait » une âme capable de connaissance, dispensées de la loi de Tordre , qui a» on ruine toutes les preuves natu- est pourtant la loi souveraine et m- » relies de l'immortalité de notre dispensable. L'état du péché est de a» âme. Ils ont fait voir qne leur sen- s'arrêter aux créatures comme à sa » timent n'avait point ae plus opi- dernière fin : c'est ce que font les » niâtres ennemis que les impies et âmes des bêtes , selon l'opinion cora- » que les épicuriens, et quon ne mune. Selon la même opinion , ces » saurait faire plus de dépit à ces âmes retournent dans le néant dés » méchans philosophes , qu'en les que le s bêtes cessent de vivre ; où est » désarmant de toutes les fausses donc la constance de Dieu ? Il crée » raisons qu'ils empruntent de l'â- des âmes , et il les anéantit bientôt. » me des bêtes , pour conclure qu'il 11 n'en use pas de même à l'égard de » n'j a entre elles et nous que la la matière j il ne la détruit jamais : » différence du plus au moins ; c'est il conserve donc les substances moins » une chose assurée qu'il n*y * parfaites, et détruit les plus parfai- » point de gens qui affectent plus tes. Gela est - il d'un agent sage ? » que les impies , d'approcher les L'âme des bêtes n'a point péché , et » bêtes de la perfection de l'hom* cependant elle est sujette à la dou- » me. Voilà comment la secte de leur et à la misère: elle est soumise » M. Descartes a mis la religion dans à tous les désirs déréglés de la créa- » ses intérêts. Mais elle ne s'est pas ture qui a péché. De quelle manière » contentée de cette raison. Elle s est traitons-nous les bêtes ? nous les fai- » élevée jusques à la nature de Dieu sons s'entredéchirer pour notre plai- » pour y chercher des argumens in- sir ; nous les égorgeons pour nous » vincibles contre la connaissance nourrir j nous fouillons* dans leurs » des bêtes , et on peut dire qu'elle entrailles pendant leur vie , afin de » y en a trouvé d'assez bons. L'au- satisfaire notre curiosité, et nous fai- » teur de la Recherche de la Vérité sons tout cela en conséquence de » en a répandu le plan dans quel- l'empire que Dieu nous donne sur 1» ques endroits de ses ouvrages. Le les bêtes. Quel désordre, que la créa- » père Poisson, de l'Oratoire, a traité ture innocente soit assujettie à tous » a fond de celui qui est fondé sur les caprices de la créature criminelle! » ce principe de saint Augustin , que II n'y a point de casuiste qui croie » Dieu étant juste , la misère est une qu'on pèche en faisant combattre des » preuve nécessaire du péché ; d'où taureaux contre des dogues, etc. , et » il s'ensuit que les bêtes , n'ayant en se servant de mille ruses et de » point péché, ne sont point sujettes mille violences à la chasse et à la » a la misère ; or elles y seraient su- pêche, jpour détruire les animaux, ou » jettessi elles avaient du sentiment; en se divertissant â tuer des mouches,
parole
ou l'on montré que si les bêtes ont malheurs ? On se délivre de toutes une âme connaissante, il s'ensuit, ces difficultés par le dogme de M. Desi°. que Dieu ne s'aime point lui - cartes. Je m'en vais donner la liste même ; a0, qu'il n'est point constant ; de quelques ouvrages qui ont été pu- 3°. qu'il est cruel et injuste (i5). Il bliés en faveur de ce sentiment, ne s'aimerait point lui-même ; car il Une préface de M. Schuyl : elle eût créé des âmes capables de con- est à la tête de sa traduction latine
de l'Homme de M. Descartes. Un trai-
(i3) Nouvelle* de la République des Lettre* , mars x684 . 3*>, vj. (t6) fore», touchant cet auteur, le livre Ae.
(tQ Intitulé" : La Bête transforme* en machine. Scriptis Adespotis de Deckherrus , pas . 3* i, 38«,
L'auteur j'appelle I) arma «son. edit. 1686. Dans l'une des lettres de M. Arnauid
(i5) Nouvelles de la République des Lettres , au père Mallebranche , il r a, qu'Antoine le
mars 1684 , pag. aS. Grand est un religieux de s.tint-Françoù.