TOME XH
Obseruo opinionem viri docti non ticulières qui font agir l'âme, elle multhm discrepare h quorumdam doit sentir la faim à une telle heure j scholasticomm placitis , qui pratter et q^e, selon les lois particulières qui quatuor elementa nescio quam quin- règlent le mouvement de la matière, tam essentiam venir e in composition le corps qui est uni à cette âme doit nemhumani corporis opinantur, quce être modifié quand Pâme a faim. sitveluti médium quoddnm tdnculum, J'attendrai à préférer ce système à nuo incorporeus et immortalis aninuu celui des causes occasionefles , que cum terreno ac mortali corpore copu- son habile auteur Tait perfectionné : letur : aliter enim si res esset , nulla je ne saurais comprendre l'enchaînevideretur esse proportio et convenien- ment d'actions internes et spontatia inter corpus et animant rationa- nées qui ferait nue l'âme d'un chien lem : et illam quidem quint a m essen- sentirait de la douleur imraédiatetiam naturœ cœlestis esse volunt , ment après avoir senti de la joie , eamque ferre animum quando per quand même elle serait seule dans mortem è corpore migrare cogilur , l'univers. Je comprends pourquoi un et in eâpœnas apud inferos lucre sce- chien passe immédiatement du plai*- Icribussuis promeritas (85). M. Poiret sir à la douleur, lorsque étant bien répondit (36) qu'il n'avait que fai- affamé, mangeant du pain, on lui re de ce que les scolastiques avaient donne subitement un coup de bâton ; pu dire. Voyez la note (87). mais que son âme soit construite de
Il y a dans l'hypothèse de M. Letb- telle sorte , qu'au moment qu'il est nitz certaines choses qui font de la frappé il sentirait de la douleur , peine , quoiqu'elles marquent l'éten- quand même on ne le frapperait due et la force de son génie. Il veut, pas , quand même il continuerait de par exemple, que l'âme d'un chien manger du pain sans trouble ni emagisse indépendamment des corps; pêchement, c'est ce que je ne saurais que tout lui naisse de son propre comprendre. Je trouve aussi fort infonds, par une parfaite spontanéité compatible la spontanéité de cette a V égard d'elle-même, et pourtant âme avec les sentimens de douleur, avec une parfaite conformité aux et en général avec toutes les percep-
choses de dehors Que ses percep- tions qui lui déplaisent. D'ailleurs la
tions internes lui arrivent par sa pro~ raison pourquoi cet habile homme pre constitution originale, c'est-à-dire ne goûte point le système cartésien représentative (capable d'exprimer les me paraît être une fausse supposiez res hors d'elle par rapport à ses tion ; car on ne peut pas dire que le or ganes ), qui lui a été donnée dès sa système des causes occasionelles création , et qui fait son caractère fasse intervenir l'action de J*ieu par individuel (88). D'où il résulte qu'elle miracle (90), Deum ex machina, sentirait la faim et la soif à telle et dans la dépendance réciproque du telle heure, quand même il n'y aurait corps et de l'âme : car comme Dieu aucuu corps dans l'univers ; quand n'v intervient que suivant des lois même il ^existerait rien que Dieu et générales, il n'agit point là extraordielle. Il a expliqué (89) sa pensée par nairement. La vertu interne et active l'exemple de deux pendules qui s'ac- communiquée aux formes des corps, corderaient parfaitement: c'est-à-dire selon M. Leibnitz , connaît-elle la qu'il suppose que, selon les lois par- suite d'actions qu'elle doit produire?
Nullement; car nous savons par ex-
(85) Poiret, Respons. ad. primas Obj. p. 6g& périence que nous ignorons , si dans
(86) Ibidem, pag. 697. une heure nous aurons telles ou tel-
(87) Le platonicien anonjme , auteur duPhi- \es perceptions : il faudrait donc que
S^ÔST^S: 1- fa™» fa— t dirigée, par quel- Garbiu», Licerus, font L'dine de l'homme com- que principe externe dans la produc-
pos/e de deux substances , «lia imoiateriali quse |ion Je )eurs actes. Cela ne Serait-il aiDoTtureeïï.r' maleriaU qUSe " tradUCe Pr°" PaS le DeUS eX machind y tout de mê~
8êc88)UJourMl des Savans du 4 de juillet i6g5 , me que dans le système des causes
pag. 457.
(89) Dans rnistoire de« Ouvrages des Sa vans , (ç\o) Dans /'TTistoire des Ouvrage» des Sa' février 169G , pag. , 17/». fr'mrr, ifr/î, pag. irfM
RORARIUS. 6u
occasionelles (91) ? Enfin, comme il II est auteur d'un lira qui fut imsuppose avec beaucoup de raison, primé à Venise l'an 1 566 et l'an 157a, que toutes lésâmes sont simples et et qui a pour titre: Contradictions , indivisibles, on ne saurait compren- Dubia , et Paradoxa in Libros Hipdre qu'elles puissent être comparées pocratis y Celsi^ Galeni, Aëtii, Mgià une pendule; c'est-à-dire aue net ce, Avicennœ, cumeorundem conpar leur constitution originale elles ciliationibus. Voici ce qu'on dit de puissent diversifier leurs opérations, cet écrivain dans Lindenius Renovaen se servant de l'activité spontanée tus. Nicolaùs Rorarius Utinensis qu'elles recevraient de leur créateur, medicus vixitcirca A. C- i563. Jie- On conçoit clairement qu'un être natus Moineau de V. S. in Pleurit. simple agira toujours uniformément, Cela ne veut pas dire qu'il était si aucune cause étrangère ne le dé- d'Udine, mais seulement qu'il y pratournc. S'il était compose de plusieurs tiquait la médecine. Ainsi M. Konig pièces comme une machine, il agi- a tait une faute quand il a dit : dorerait diversement, parce que l'activité rius ( Nicol. ) de Portunnone , Uti particulière de chaque pièce pour- nensis , collegit conciliationes contrarait changer à tout moment le cours dictionum in scriptis medicorum, ande celle des autres; mais dans une no i566. L'omission du mot Medicus substance unique, où trouverez-yous après Utinensis jette dans l'erreur : la cause du changement d'opération ? elle fait croire que ce médecin était (I) Je me persuade qu'il était na- d'Udine, et que de Portunnone était tif de Poraenone en Italie."] Voici un surnom de sa famille. Le Doni a sur quoi je me fonde. Il dit que Sa- dédié l'un des chapitres de son Ramo cille est proche de sa patrie. Proxi- délia Zucca (q5) al S. Gregorio Romuni est patriœ meœ Sacillum ojppi- rario da Pordonone. dum (in quo doctissimus Franciscus çeia me fait prendre fa liberté de Amaltheus publico stipendio huma- mettre id quelques supplémens. 1 niores litteras projitetur , cujus sub Commençons par indiquer les auteurs ductu pueritiœ meœ rudimentum de- qui donnent aux bêtes une Ame raiposui) ameenum fiumine. J-ette pa- 80nnable. Je ne pense pas que perrenthèse n'est pas ici superflue : elle sotïne ajt eu là-dessus des sentimens nous apprend où notre Rorarius fit p]ug outrés que le philosophe Celsus : ses premières études ; et que les car vouiant combattre ce que ditrois frères qui ont rendu si ce- SCnt les chrétiens , que toutes choses lèbre le nom d'Amalthée (93), né- ont M faites p0Ur l'homme, il s'eftaient pas les seuls de ce nom qui force de montrer que les bêtes ne sont fussent savans. Il est certain que Sa- pas moins excellentes que l'homme, cille n'est pas ilom (93) de Portas Nao- et qoe méme elIe8 le surpassent. H nis r * ou de Pordenone .comme 1 ap- leur (g6) attribue une forme de gou~ pellent les Italiens, ou de Portenau , vernement, l'observation de la juscomme le nomment les Allemands tice ct ce|le de Ja charité (96). Il (94). L'epître dédicatoire du livre de pr^tcild que les fourmis entrent en Rorarius a 1 évêque d Arras est datée conversation les unes avec les autres, de Portas Naoms: et il y a un raé- Lorsquelles se rencontrent , dit-il, decin qui était de la même ville, et elUs s'entretiennent ensemble; ce qui qui se nommait Nicolas Rorarius. fait qu'eues ne s> égarent point dans
(01) Consulte* Us objections oui ont été faites leur chemin. Elles ont donc la raison à M. Leibniu par M. S. F. f c'est M. Foûcner ) dans tous ses degrés ; elles ont natudans U Journal des Savans, du 1a de septembre rellement les idées de certaines uéri-
1695, pag. 6*9 etsuiu. tés universelles ; elles ont l'usage de
(ai) Hieronymus , Joliannes Baptista , rt Cor- . . . . O
nelL Amalibei. On a imprimé iLrs poésies la. »<>ix ; elles ont la connaissance
fines à Amsterdam , l'an 1689, avec une préface des choses fortuites , et elles les Sa' de M. Graevioa.
(q3) Voyex Leandre Albert! , in De»criptioue Q u Chiachi w çoV g,
Italie , pag. nu 73o. veSo.
• Joly cit« un passage At Rorarius qui dit : a
>ortn hfaonis , patrid med ; ce qui ne laisse au- (96) Aux «*«H« et aux fourmis,
m doute à cet égard. (97)
(94) Baudrand , au mot PorUw Naouis. pag. m
vent exprimer (98). 11 assure qu'il y a des bêtes « (99) qui savent les se- )> crets de la magie (100) ; de sorte » que les hommes ne s'en sauraient » prévaloir, comme d'un avantage » qu'ils aient sur les bêtes. Voici de » quelle manière il en parle . Si l'hom-
» plus chers a Dieu que nous. Les » hommes les plus éclairés disent » aussi que ces animaux commuai- » quent ensemble d'une manière » bien plus sainte et plus noble que » nous ne faisons ; et que pour eux , » ils entendent leur langage , comme
» méfait vanité de savoir les secrets » ils le justifient , lorsque après notts » de la magie , les serpens et les ai- 1 ?
» g les en savent encore plus que lui. » Car ils ont plusieurs préservatifs » contre les poisons et contre les ma- >» ladies, et ils connaissent la vertu de » certaines pierres , pour la guérison
» certaines pierres , pour la guertson » encore, un y a rien nui l » de leurs petits , desquelles les hom- » plus religieux pour les » mes font tant d'estime, que quand » (10*), ni qui garde a Dieu
» avoir avertis que les oiseaux disent » qu'ils iront en tel lieu, et qu'ils » y feront telle chose , ils nous les » montrent qui Y vont, et qui la font » en effet. A 1 égard des éléphans il n'y a rien oui paraisse
se r mens
une fi-
ils en trouvent , ils s'imaginent » délité plus inviolable : ce qui ne
avoir trou vé un trésor. ( 1 o i ) » saurait venir d'ailleurs , sans doute.
Après cela , voulant montrer bien » que de ce qu'ils le connaissent, » Je ! 1 apporte point ce qu'Origène ré-
à toutes ces choses ; il suffit
\ 1 n 1 ! é , ne doivent
contre
au long que les hommes, sous ne raj ombre qu'ils connaissent la di- pond.
vinite' , ne doivent point préten- que j'avertisse qu'il les réfute dans dre l'emporter par-la sur tous les l'ouvrage qu'il a composé contre m êtres mortels, puisqu'il y a des Celsus.
» animaux sans raison qui en ont M. deSaumaise doit êtrecompté » une idée pure et distincte , pen- tre les modernes qui ont cru que les » dant que les plus snbstils, soit d'en- animaux étaient doués de raison, il a ti c les Grecs, soit d'entre les barba- écrit que les exemples qui peuvent rcs , ont partout tant de disputes à prouver cela rempliraient un livre son occasion : il ajoute : Si l'on pré- (io3). Osiander a désapprouvé ce sentiment. Voyez ses notes sur l'ouvrage de Grotius, de Jure Bel li et Pacis, dans le chapitre où il rejette la définition du droitnaturel adopté par Justin ieo au I«« '. livre des Institutes ( 1 o4). Cette définition établit que les hommes et les bêtes participent au droit
tend élever l'homme au-dessus des » autres animaux , parce qu'il est » capable de connaître la divinité, et » d'en recevoir l' idée et l'impression, » qu'on sache qu'il y en a plusieurs, » parmi eux, qui se peuvent attribuer » le même avantage , et non sans
les oiseaux surtout, sont, en cela, sage de la raison ; mais la plupart d< les maîtres des hommes ; et l'art ceux qui rejettent cette idée du droit
? - • V. 1 ' e j . ni ,
le
qui rejettent cette idée du droit
de nos devins ne consiste qu a en- naturel , se fondent sur l'hypothrse
tendre ce que ces animaux leur en- contraire. Osiander est de ceux-là
seignent. Les oiseaux donc, et les (io5), et il trouve bon que Grotius
autres animaux propres a la divi~ n'ait pas approuvé la définition de
nation, auxquels Dieu découvre Justinien , en quoi, dit-il, Laurent
» l'avenir, nous le montrent par des Valla, François Conan, Dominicus
»* signes et par des symboles ; ce qui Sotus, et bien d'autres lui avaient « est une preuve, qu'ils ont naturel- » lement plus de commerce , et un » commerce plus étroit avec la divij» nité , que nous n'avons; qu'ils nous » passent en savoir , et qu'ils sont
(98) Origène, contre Celsus, liv. IV, p. 181 , ifti : je me sers dn la traduction de M. Bouhc-
reaii.
(ioo; II entend la magie naturelle.
(101) Lis iiuw, juifi, iS3, 1X4.
(102) Vojret, ci-dessut , citation (35).
(103) Votes. Osiander, Annot. in lib. Grolu de Jure Belli et Pacis , pag. ai3.
(104) Jus naturale est quod nntura omnia tuiimalia docuit. Nam jus istud non huma ni generis provrium est, sed omnium animalium qtue m
caelo , rjuar in lerrd, qiue in nui ri nascuntur
Videmus enim caftera quoque animal ta illiusjuris péri li d censeri. Institut. , lib. I, tiu II.
(105) Osiander, Annotât, in lib. Grotii de J«re Hclli el Paci.« , pafi. 206 et se<f.
RORARIUS. 6i3
*ervi tle guides. Nous verrons ci-a- à celle-là , et de plus une âme spiri-
près (106) une doctrine de Grotius tuelle, et il prétend expliquer par
qu'il a condamnée , touchant le prin- ces deux âmes le combat que nous
cipe raisonnable dans quelques ac- sentons en nous-mêmes , et que les
lions des bêtes. Jean Antoine Capella, autres philosophes expliquent par la
médecin napolitain, publia en i6ji faculté supérieure et la faculté infé- Opuscu/um puriicipetur point lu ce li
rais dire quel est le tour qu.
teur a pris. Je connais mieux la doc- combat de la raison et de Varna scnsi-
trine de M. Willis. Il prétend que *ive n'est point capable de contenter;
l'âme des bêtes est composée d'orga- car chacun éprouve en soi-même que
nés, et cru elle est de la figure et de h principe qui souhaite les plaisirs
la grandeur du corps qu'elle infor- charnels est le même en nombre que
mephais qu'elle n'est pas si épaisse, le principe qui s'oppose à ce désir,
et que ses parties sont si déliées qu'on e* qui le surmonte quelquefois , et
ne les peut voir , et qu'elles se dissi- qui en est surmonté le plus souvent,
peraient aisément si le corps de l'a- Nous ne remarquerions pas cette uni-
nimal ne les tenait en état. Ista par- té de principe, si nous avions deux
ticularum subtilium congeries , sive sortes d'âme réellement distincte
anima, quœ sesc latiiis explicans , et Tune de l'autre. S'il répondait que
j> articulas suas al us crassioribus in- l'une produit dans l'autre ses senti-
sinuans, et intertexens corpus fabri* mens et ses passions, je répliquerais
cat, juxta figurant et dimensionem qu'il y aurait donc dans chaque
istius corpons exacte confonnatur , homme deux substances qui vou-
ipsi coëxtenditur, et tanquam capsu- draient la même chose, Or jamais
IcBy aut vaginaS nmntdm s>s7x>i»*s>- I • • ! • •. : I . r • ' nr iiurtrn . !.• rc, , ! i : *
tur, totum ac actuat invicem
dissolvi, tenuesq», , -,
cere apla, a corpore continenti, in et Par conséquent on multiplie les
subsiste ntici sud et actu conseruatur. êtres sans nécessité, en donnant à
Ita quidem anima, tenuissima licet, l'homme un corps, une âme sensitive
eorporea , corporis quasi spectrum , et une âme raisonnable. Mais laissons
sii'e larva umbratilis videtur : Porro là les disputes, rapportons un autre
hœc simul cum corpore ex materid f^1- M- Willis observe que le choya»*
rite dispos itd emergens, hyppostasin, l*e.r Digbi a été du sentiment de Pé-
siue subsistentiam suam non minus réira , et de Descartes , à légard de
quant corpus , juxta ideam , sive ly- l'âme des bêtes. Pcreira bes-
pum ipsimet ex naturœ lege prœsti- tias omni- cognilione , seu perceptione
tutum acciuit; quamvis aulem cor- carerc affirmauit; auem in nupero
pori intime uniatur , ejusque velut hoc seculo K&reL vrôfct sequuti sunt
subtegmen existât, attamen texturd wr* clarissimi, Cartesius, Digbeius ,
subtiiissimd , et quasi filo admodàm cum «J-ds , qui brutorum animas ,
prœtenui constans , sensibus nostris Ç^ntitm fieri possit , ab humand
percipi nequit, at solummodo ab ef- discritninare pne se ferentes , eas non
fectis et operationibus suis dignosciiur m°d° corporeas , et divisibiles, sed
(108). Il donne à cette âme une espèce cùammerè ^assiyas asseruerunt (m).
de raisonnement dont il fait même ^eu aPrès on explique la différence
l'analyse ( 109 ). Il veut qu'il y ait q^?1 Y a entre Descartes et le chc-
dans l'homme une âme toutetyareille valier Digbi, et l'on montre que c«i
, # dernier n'ofe aux bêtes ni le setiment
(10Q Citation (, ,9). , pag „j ja mém(){rc, J] n,est donc vrai
r%°tt PP'' Mp°le,4n" qu'il' Sl«ive et Péréira et Descartes ;
(.oR) Tho... Willis. de Animft Brutorum, POWr1»oi lc <K«lit-on donc ? Dig-
parl, I, cap. II , pag. m. 14, 1 5. (, IO) I.lem, tbulcm, cap, J'J/.
(109) Idem , ibidem , cap. VI, pag. 91 , 9, . (m) IJem , , cap. I , pag. 5 et 6.
I , H H< HLjll II Ut tll^/JU- "» " •v/»«vrcF*y, ». » JUIUU19
ad amussim adapta- personne ne s'est aperçu de ces deux singulas partes ejus principes distincts. Outre que si une
6i4 RORARIUS.
beius insuper adjecit, effluuia » pures machines, comme quelques-
quœdamtenuissimaè corpore sensibili » uns le prétendent, nous ne sau-
delibata, non modo sensoria exteriora » rions nier qu'elles n'aient de la
affîcere , veiiim et interiores recessus » raison dans un certain degré** Et
subingredientia , sese spiritibus immis- » pour moi , il me parait aussi é vi-
cere, eosque in parias fluctuationes » dent qu'elles raisonnent, qu'il me
agendo , et sensus et motus locales » paraît qu'elles ont du sentiment ;
diversimodos producere , porro ex his < » mais c'est seulement sur des idées
atomis extrinsecis ita partes nervosas » particulières qu'elles' raisonnent ,
ac cerebrum ipsum subeuntibus, haud » selon que leurs sens les leurjprc^-
tantum actiones extemporaneas pro- » sentent. Les plus parfaites a*en-
cedere ; verùm ex iisdem in corpore » tre elles sont renfermées dans ces
sentiente relictis, ac intra cerebri lo- » étroites bornes, n'ayant point, à ce
culos reconduis , prioresque configu- » que je crois, la faculté de les éten-
rationes retinentibus , rerum anteac » are par aucune sorte d'abstraction
tarum ideas in memoriâ residuas » (n4)« »
constitui ( 1 1 a). Concluons que le che- On a vu dans les Nouvelles de la névalier Digbi ne doit point être placé publique des Lettres (n5) , l'extrait dans le catalogue de ceux qui pren- d'un livre intitulé: Essais nouveaux nent les bêles pour des automates, de Morale. Il fut imprimé à Paris Monsieur Locke s'est déclaré contre l'an 1686. L'auteur, niant d'un côté ceux qui ne donnent point aux bêtes que les bêtes aient une âme cale raisonnement. Vous allez voir en pable de raisonnement, avoue de quoi consiste , selon lui, la différence l'autre que leurs actions sont dientre les hommes et les bêtes. « La rigées par une raison extérieure , et » faculté de former des idées généra- que cette raison et cette sagesse, qui
les conduit , est une sagesse et une
sure
» les est ce qui met une parfaite dis- Les conduit , est une sagesse e » tinction entre l'homme et les bru- raison plus excellente et plus
. . ii J.il f> » i»t / r-\
» tes, excellente qualité qu'elles ne que celle de l'homme (1 16)
» sauraient acquérir en aucune ma- iLa raison, conlinue-t-il (117), qui
» niére par le secours de leurs facul- opère dans les bêtes n'est pas en
» tés. Car il est évident que nous elles , c'est, comme ait saint
» n'observons dans les bêtes aucunes Thomas après tous les anciens pères,
m preuves qui nous puissent faire la souveraine et éternelle raison de
n connaître qu'elles se servent de si- l'ouvrier suprême qui conserve ses
» gnes généraux pour désigner des ouvrages, et qui les conduit aux fins
» idées universelles; et puisqu'elles pour lesquelles il les a créés , par des
» n'ont point l'usage des mots ni ressorts secrets qu'il a mis en eux,
w d'aucun autre signe général, nous qui sont diversement déterminés, selon
» avons raison de penser qu'elles les rencontres , pour faire mille sor~
«n'ont point la faculté de faire tes de mouvemens divers , selon leurs
» des abstractions, ou de former des differens besoins. Joignez â cela ces
» idées générales (n3) Nous paroles de 51. Bernard : « Les pbilo-
» pouvons donc supposer, à mon » sophes les plus déterminés à croire
n avis , que c'est eu cela que les bêtes » que les bêtes ne sont que de pures
» différent de l'homme. Crest-là , dis- » machines, doivent avouer de bon-
» je, la propre différence a l'égard » ne foi, qu'elles font diverses ac-
» de laquelle ces deux sortes de créa- » tioos dont il leur est impossible
» tures sont entièrement distinctes, » d'expliquer le mécanisme. 11 serait
» et qui met enfin une si vaste dis- » beaucoup plus court de se conten-
» tance entre elles. Car si les bêtes » ter de dire en général, que Dieu,
» ont quelques idées, et ne sont pas de » qui voulait que leur machine
» substltât pendant quelque temps,
(na) Thomas WillU, de Auimi Bmtomm , » a, par sa sagesse infinie, disposé
«av. /, pfc. 7. . t
«... , ' -, . ... (wli) Lu même , pas.
(il3) Loclie , Essai philosophique concernant ) T. j • .; ttac. <r
rEnlemWnt humain >V. ékap. XI , pa» . («««) ™» <T octobre 1686, pag. ngS
m. 170. Cest un excellent ouvrage , et qui meri- . , ,
tait d'être traduit en français ausi bien q»il l'a (»»°) Nouveaux Essais de Morale , pag. 3o»
été par M. Coste. (1 17) Là mime, png. 3a.
RORARIUS. 6i5
» leurs parties convenablement à l'égard des bêtes et des créatures in-
» cette intention. Il me semble d'à- sensibles, parce qu'elle tombait sur
» voir lu quelque part cette thèse, une matière mal disposée, on ne peut
» Deus est anima brutorum : l'exprès- pas inférer qu'il donnât aux bêtes
» sion est un peu dure ; mais elle plus de perfection que les scolastiques
» peut recevoir un fort bon sens ne leur en donnant. Averroës, lib.
» (118). » Grotius a débité que cer- ///, de Animd, cap. V^unumfacit
tains actes où les bêtes abandonnent omnium hominum intellectum , re ab
en faveur d'autrui leurs intérêts par- animai substantid separatum , sed sin-
ticuliers, procèdent d'une intclligen- gulis conjunctumperinsidentes phan-
rum sibi congenerum respectu , ali- ta (ia3). M. de Vigneul-Marville ra-
quateniis tempérant : quod in illis conte ( 1^4) qu'il y eut un philosophe
quidem procedere credimus ex prin- qui ,«pour expliquer dans les confé-
cipio aliquo intelligente extrinseco , rences de M. Kohault , comment les
quia circa actus alios, istis neuti- bêtes, n'étant que des automates,
quam d(ffîciliores par intelligentia in agissent néanmoins comme si elles
illis non apparet (119). Gaspar Zié- avaient une dmef recourut a l'hypo-
gler , dans sa note sur ce passage , se thèse du comte de Gabalis , et par
plaint que Grotius n'ait pas expliqué voie d'extension la Ut servir à son
plus clairement sa pensée touchant la but; c'est à-dire qu'il supposa que
nature de ce principe extérieur : si certains esprits élémentaires s'appli-
c'est la providence divine, continue- qu^ent h faire jouer , selon les règles
t-il, Grotius s'expose aux traits piT des mécaniques , toutes les machines
quans du docteur Huarte (i?o), qui des animaux. Le discours qu'il fit est
a montré qu'un philosophe ne doit tourné d'une manière très-ingénieu-
Ï>oint expliquer les phénomènes par se , et mérita que M. Péqnet dit à 'opération immédiate de Dieu. Il l'auteur, que* si cet agréable suscite deux écrivains qui ont rappor- » tème n'était pas vrai , au moins té à l'instinct de la nature toute l'a- » il était bene trovato (ia5).» Je ne dresse des animaux, et il approuve doute point qu'il ne puisse plaire à leur opinion ( 121 ). Osiandcr s'est quelques personnes ; mais s'il s'agisfort étendu a réfuter Grotius , et sait ici de disputer, on montrerait il a dit , entre autres choses, que ce aisément qu'il est incapable de don-
Êrincipe extérieur devrait être ou ner raison des phénomènes , et qu'à
ieu , ou un ange, ou la forme uni- certains égards il est plus embarres-
verselle d'Averroè's, et qu'aucune de sé que celui de M Descartes. Ce qui
ces trois suppositions ne doit être ad- incommode le plus les cartésiens
mise (12a). A propos d'Averroës, je n'est pas de dire que les bltes se
dois dire ici qu'il admettait un prin- meuvent promnteroent en mille et
cipe extérieur de l'intelligence hu- mille façons , c est de dire qu'elles
maine commun à tous les entende- donnent plusieurs marques d'amitié,
mens particuliers, et qui influait aus- ou de haine , ou de joie , ou de jalou-
si sur les bêtes et sur les pierres; sie, ou de crainte, ou de douleur,
mais puisqu'il reconnaissait que cette etc. Le système de ces esprits élémen-
influence demeurait infructueuse à taires ne sert de rien pour l'explication de cela , puisqu'on prétend qu'ils
(tifi)NoaYcllf» de la République des Lettres, ne s'appliquent à faire jouer les res-
eciobrei1oo,pag.lix$ , A>. sorts des bêtes que pour se donner
nii.,9).Gr0tM dC JUre B<lh " unamusementagréable.llsneseraient
{ùo) Ju chapitre FIT de l Examen d«E«prits. donc pas assez fous pour s'assujettir
(m) Nos omnem brutorum industriam ad iu-
•tinctum referimus nature, cum Sperlingionostro, («3) Vossiiu , de Origine et Progressu Idolol. ,
l. 1 , Insùt. Phrt., cap. VI, au. III , et eum lib. III, cap. XLII, pag. m. <)5a. lernto Joh. Frid. Hornio de subjecu jur. anL , c. (i*4) Mélangea d'HUtoir** et de Littérature, VI. Ziegler in Prolegomena Grotii , pag. 5. tom. 1 1 pag. 100 et suif., édition de Rouen K
(na) Osiander , AnooUt. in lib. Grotii de Jura »7°°« i ac Paci», pag. et sequenl. (»a5) Là même , pag, 106.
au sentiment de la faim , ou au sen- toutes les actions de l'homme , et par
timent du froid , ou à la douleur conséquent nous ne pourrions être
que causent les coups de bâton , etc. assurés que de notre propre pensée ,
11 faudrait donc supposer qu'aucune et nous devrions douter que les au-
de ces passions ne se trouve j*dans très hommes pensassent. Le père Gis-
les bêtes , et voilà tout l'embarras re- bert, professeur royal dans l'université'
venu ; ou bien il faudrait dire que de Toulouse , est un de ceux qui ont
ces esprits sont condamnés à diriger public des livres contre le sentiment
les automates des animaux , afin d'ex- des cartésiens sur l'âme des bêtes
1>ier leurs péchés en souffrant toutes (i3»). Notez qu'on a soutenu ce sénés passions que les péripatéticiens timent dans un cours de philosophie donnent aux bêtes ; ce qui est contre dicté (i3c) ù Paris au collège des la supposition du philosophe Gaba- Quatre Nations» et puis imprimé en liste. Je laisse plusieurs autres diffi- la même ville, l'an 1695, sous le titre cultés aussi grandes que celles-là , de : Institutio philosopliica adfacilioqu'on peut opposer à ce système rem veterunt ac recentiorum Philosoprétendu bene trouato. pîiorum Lectionem comparata. Il con- On peut voir dans les Nouvelles de tient quatre volumes m- 11. On voit
philosophique
rangement du Monde , a expliqué par q"e M. Bayle , docteur en médeci-
le mécanisme les actions les plus sur- ne et professeur aux arts libéraux
prenantes des animaux. Les mêmes de Toulouse , n'ait embrassé sur ce
Nouvelles (127) nous font savoir qujon point-là le système cartésien dans la
a critiqué M. de la Bruyère d'avoir physique qu il a publiée depuis peu
soutenu que les bétes ne sont que de ea trols volumes in-^°. (i3a).
la matière. Vous trouverez dans ce Je pourrais faire un long supplô-
bel ouvrage de dom François Lami ment sur ce que j'ai dit (1 33) de l'o-
(i?8)surla Connaissance de soi-même, piniondc M. Poiret, mais j'aime mieux
un éclaircissement O29) ou Von fait supprimer cela , et indiquer seule-
uoir qu'on n'a nulle raison solide ment un écrivain (i34) qui a re-
d attribuer ni la connaissance ni Vint- cueilli quantité d'éruditions touchant
mortalité a Vdme des bétes ; au lieu le dogme platonique de la matière
qu'on ne peut raisonnablement se dis- éthérée qui accompagne les âmes à
penser de donner l'une et l'autre a leur entrée dans les corps , et à leur
V âme de l'homme. Cet éclaircissement sortie.
mérite d'être bien lu , et surtout (L) Aux notes que je veux faire parce qu'on y trouve la solution de sur les réflexions de m. Leibnitz. * ] la plus embarrassante difficulté du Je commence par déclarer que je système des automates; car l'auteur me félicite beaucoup des petites difmontre que chacun se peut convain- ficultés que j'ai proposées contre le cre par de très-fortes raisons que système de ce grand philosophe , les autres hommes ne sont pas de puisqu'elles ont donné heu à des résimples machines, et c'est néanmoins ponses qui m'ont mieux développé ce qu'on tâche d'inférer de ce que
les bêtes seraient composées d'organes . (*?°) KOJtx le Jott™*! des Savan* A* 16 *
•L* -, ' 7îi •'« jani-irr i(x)o , vci". 4q. édition de Hollande.
si bien arranges , qu'elles pourraient ' (l3o S »ou?chot.
faire sans connaissance tout ce que (12*) Vojn l'extrait du T«., dans les Xowti-
nOUS leur Voyons faire. Si Dieu pou- le» de la République des Lettres ,fr\nrier 1701 ,
vait fabriquer une semblable machi- P"f: ao9 •« ««v. Cela donne une grande idée dn
ne, rephque-t-on , i* pourrait aussi (xtt)Ci-
(i33) Ci -dessus, remarque (H) , <
en composer u autres qui feraient alinéa.
, (»34) Renatus Vallinus, ad Hbram III L
(ia6) Au mois d octobre 1700 , pag. 419. Consolatione Pbilosopbi* , pag. 61 et seq.
(ia7) Mois d'avril 1-01 , pag*. 433 et su». . Jo, oh5erve Leibnju a répondu â ce 00-
(ia8) Bénédictin * la congrégation dé Saint- te» dans Vffistoire critique de ta République de»
Maur. Lettres , tom. XI , art. IV; et ajoute qu'on peut
(119) Au tome y , pag. 5*6 et sui\>. , édit. de aussi consulter les articles II, III et V du même Paris, 1698. volume.
RORAHIUS. 617
ce sujet-là, et qui m'en ont fait con- quelques autres philosophe». Je n'al-
naître plus distinctement le merveil- léguerai donc pas les difficultés qui
leux. Je considère présentement ce combattent la supposition que la
nouveau système comme une con- cre'ature puisse recevoir de Dieu la
quête d'importance qui recule les force de se mouvoir. Elles sont gran-
bornes de la philosophie. Nous n'a- des, et presque invincibles (137) 5
vions que deux hypothèses , celle mais le système de M. Leibnitz n'y
corps sur l ame et de rame sur le les cartésiens oseraient dire que
corps ; l'autre était une voie d'assis- ne peut point communiquer à notre
tance , ou de causalité occasionelle. âme la force d'agir. S'ils le disent ,
Mais voici une nouvelle acquisition j comment pourront-ils avouer qu'A-
ç'est celle qu'on peut appeler avec le dam pécha? et s'ils ne l'osent point
^ère Lami, voie d harmonie préétablie dire ♦ ils e'nervent les raisons par les-
(i35). Nous en sommes redevables à quelles ils veulent prouver que la
M. Leibnitz, et il ne se peut rien ima- matière n'est susceptible d'aucune
giner qui donne une si haute ide'e sorte d'activité. Je ne crois pas non
<ie l'intelligence et de la puissance plus qu'il soit moins facile à M. Lcib-
tle l'auteur de toutes choses. Ce nitz qu'aux cartésiens, ou aux autres
la, joint à l'avantage d'éloigner tou- philosophes , de se garantir de l'ob-
te notion de conduite miraculeuse , jection du mécanisme fatal , le ren-
m'engagerait à préférer ce nouveau Versement de la liberté humaine,
système à celui des cartésiens , si je Laissons donc cela , parlons seule-
pouvais concevoir quelque possibilité ment de ce qui est propre au» systè-
dans la voie d'harmonie préétablie, me de l'harmonie préétablie.
Je souhaite qu'on prenne garde qu'en I. Ma première remarque sera
dit autrefois , que le sysl^ne des un vaisseau qui , sans avoir aucun
causes occasionelles ne fait point sentiment ni aucune connaissance ,
intervenir l'action de Dieu par mi- et sans titre dirigé par aucun être ou
racle (i36). Je suis persuadé, autant créé ou incréé, ait la vertu de se
que jamais , qu'aûn qu'une action mouvoir de lui-même si à propos ,
soit miraculeuse il faut que Dieu la qu'il ait toujours le vent favorable ,
1>roduise comme une exception aux qu'il évite les courans et les écueils , ois générales , et que toutes les cho- qu'il jette l'ancre où il le faut, qu'il ses dont il est immédiatement Pau- se retire dans un havre précisément leur, selon ces lois-là , sont distinc- lorsque cela est nécessaire ; supposez tes d'un miracle proprement dit : qu'un tel vaisseau vogue de cette famais comme je veux retrancher de con plusieurs années de suite , touectte dispute le plus de points que jours tourné et situé comme il le
i*e pourrai, je consens qu'on dise que faut être , eu égard aux changemens
e moyen le plus sûr d'écarter toutes de l'air , et aux différentes situations
les idées de miracle est de supposer des mers et des terres, vousconvien-
que les substances créées sont active- drez que l'infinité de Dieu n'est pas.
ment les causes immédiates des effets trop grande pour communiquer à un
de la nature. Je supprime donc ce vaisseau une telle faculté , et vous
que je pourrais répliquer à cette direz même que la nature du vais-
Îtartie de la réponse de M. Leibnitz. seau n'est pas capable de recevoir
e m'abstiens aussi de toutes les ob- de Dieu cette vertu-là. Cependant ce iections qui ne sont pas plus contrai- , „ „ «. , ,
res a son sentiment qua celui de Jph;;sic/elertiva sive hypotl.etica ( dont /w-
trait se trouve dans le Journal de Leipsic , iw)7 ,
(135) Dom François Lami , traité II delà Con- pog. et *"«»'•) » et <laiui le Mémoire qu'il a naissance de soi-même , pag. arô , édit. de 1G99. inséra au Journal de Leipsic , ifijq , pa$. ao8 et
(136) Voyez le mémoire que M. Leibnitz tt suiv. , pour répondre à un Mémoire de M. Leib« fait insérer doits 2'HUtoire des Ouvrage» des Sa- nitx, inséré au même Journal , 1698 , pag. 43" "vtius , juillet 1698 , pag. 334-
que M. Leibnitz suppose de la ma- elle mille sortes de modifications. Le
chine du corps humain est plus ad- moyen de comprendre qu'il n'arrive
mirable , et plus surprenant que tout jamais du dérangement dans cette
ceci. Appliquons à la personne de narmonie préétablie, et qu'elle aille
César soa système de l'union de l'âme toujours son train pendant la plus
et du corps. longue vie des hommes , nonobstant
II. 11 faut dire , selon ce système , les variétés infinies de l'action réci-
3uq le corps de Jules César exerça proque de tant d'organes les uns sur e telle sorte sa vertu motrice, que les autres, environnés de toutes parts depuis sa naissance jusques à sa mort d'une infinité de corpuscules , tantôt il suivit un progrèseontinue) de chan- froids tantôt chauds , tantôt secs tan* gemens qui répondait dans la der- tôt humides, toujours actifs , toujours nière exactitude aux changemensper- picotant les nerfs, ou de cette mapétuels d'une cetaine âme cju'il ne nière-ci, ou de celle-là ? Je veux quj connaissait pas, et qui ne faisait au- la multiplicité des organes et n cune impression sur lui. Il faut dire multiplicité des agens externes soient que la régie selon laquelle cette far un instrument nécessaire de la vacuité du corps de César devait pro- riété presque infinie des changemens duire ses actes était telle qu'il serait du corps humain; mais cette variété allé au sénat un tel jour, à une telle pourra-t-elle avoir la justesse dont heure, qu'il y aurait prononcé telles on a besoin ici? ne troublera-t-elie et telles paroles, etc., quand même jamais la correspondance de ces chanil aurait plu à Dieu d'anéantir l'âme gemens et de ceux de l'âme ? C'est de César le lendemain qu'elle fut ce aui paraît du tout impossible, créée. Il faut dire que cette vertu mo- IV*. On a beau faire bouclier de la trice se changeait et se modifiait puissance de Dieu , pour soutenir ponctuellement selon la volubilité que les bêtes ne sont que des autodespensées de cet esprit ambitieux, mates; on a beau représenter que et qu'elle se donnait précisément un Dieu a pu faire des machines si artel état plutôt que tout autre , parce tistement travaillées,que la voix d'un que l'âme de César passait d'une telle homme^la lumière réfléchie d'un pensée à une telle autre. Une force objet, etc., les frappent précisément aveugle se peut - elle modifier si à où il faut afin qu'elles se remuent propos i sion ra m
est abandonnée à elle-même , sans lût recevoir , si on la voulait étendre
qu'elle ait jamais connaissance de sa jusqu'à l'homme ; c'est-à-dire si l'on
leçon? Cela n'est-il pas beaucoup voulait soutenir crue Dieu a pu faire
plus incompréhensible que la navi- des corps qui feraient machinalement
gation dont j'ai parlé dans le para- tout ce que nous voyons faire aux
graphe précédent? autres hommes. En niant cela , on
III. Ce qui augmente la difficulté , ne prétend pas donner des bornes à est qu'une machine humaine contient la puissance et à la science de Dieu ; un nombre presque infini d'organes, on veut seulement signifier que la et qu'elle est continuellement exposée nature des choses ne souffre point au choc des corps qui l'environnent que les facultés communiquées à la (i38) , et qui par une diversité in- créature n'aient pas nécessairement nombrable d'ébranlemens excitent en certaines limitations. Il faut de toute
/.iq\ tv~, i «r i t. •. nécessité crue l'action des créatures
(•38) JYotex que , selon M. Leibnitz, ce qui est " . , , , .
actif dont chaque substance ett une chose qui SOlt proportionnée a leur état essen-
doit être réduite a une vraie unité. Il faut doiw , tîel , et qu'elle s'exécute Selon le ca-
puisque le corps de chaque ho.mne est composé de ractêre qui Convient à chaque ma-
plusieurt substances , que chacune ait un princt- , . * , 1 i m
pe d'action réellement distinct du principe de clime ; Car, Selon 1 axiome des phllo-
chacune des autres. Il veut que l'action de cha- SOphes(l3Q) , tout ce qui est reCU se
1™Prj»ciP«'°it/pontané,. ôr cela doit variera proportionne à la capacité du sujet.
I vifim leurs effets, et les troubler; car le choc *■ * 1 J
des corps voisins doit mêler que'qw contrainte à (i3ç>) Quidquid recipitur , ad modum recipienlasponUm 'ivi naturelle de chacun. tis recipitur.
On peut donc rejeter comme irapos-^ vertu naturelle de se mouvoir , et il stble l'hypothèse de M. Leibnitz,puis» ? l'exécute sans être aidé de quoi que
Îm'elle enferme de plus grandes dif- , ce soit , et sans être retardé , ou traîcultés que celle des automates : elle; versé par aucune chose; et de l'autre met une harmonie continuelle entre côté l'âme de César est un esprit oui deux substances qui n'agissent point; a reçu une faculté de se donner des l'une sur l'autre j mais si les valets pensées , et qui l'exécute sans l'incitaient des machines , et qu'ils fissent fluence d'aucun autre esprit , ni d'au-
F ponctuellement ceci ou cela toutes cun corps. Rien ne l'assiste , rien ne es fois que leur maître l'ordonnerait, la traverse. Si vous consultez les noce ne serait pas sans qu'il y eût une rions communes , et les idées de l'oraction réelle du maître sur eux : il dre vous trouverez que cet atome
Srononcerait des paroles, il ferait ne doit jamais s'arrêter, et que s'ées signes, qui éblanleraient réelle- tant mu dans le moment précédent , ment les organes des valets. il doit se mouvoir dans ce moraent-
V. Considérons à cette heure l'Ime ci , et dans tous ceux qui suivront, de César : nous trouverons encore et que la manière de son mouvement
S lus d'impossibilités. Cette âme était doit être toujours la même. C'est la ansle monde sans être exposée à Fin- suite d'un axiome approuvé par M. fluence d'aucun esprit. La force qu'el- Leibnitz, de ce qu'une chose demeule avait reçue de Dieu était l'unique toujours dans l'état où elle est une principe des actions particulières fois , si rien ne survient qui l'oblige
qu'elle produisait chaque moment j de changer (1^) nous concluons ,
et si ses actions étaient différentes dit -il (i43) , non-seulement qu'un les unes des autres , cela ne procé- corps qui est en repos , sera toujours dait point de ce que les unes étaient en repos; mais aussi qu'un corps qui produites par le concours de quel- est en mouvement gardera toujours ques ressorts qoi ne contribuaient cf mouvement ou ce changement , >as à la production des autres , car- c'est-à-dire la même vitesse et la vié- 'âme de l'homme est simple , indi- me direction , si rien ne survient qui
jpposait
le commun des philosophes , et avec me Démocrite et Epicure l'assuraient
quelques-uns des plus excellens mé- 8oit H"'»1 «e meuve par une vertu
taphysiciens de notre siècle (ufo) , reçue du créateur, avancera toujours
qu'un composé de plusieurs parties uniformément et également dans la
matérielles arrangées d'une certaine méme Kg»» » 8ans qu'»1 lui arrive
façon est capable de penser, je re- quelquefois de se détourner à droite garderais ' ' 1 "~ 11 '! f ri * "~ 1 > « * «*»< A»* vf-ni/T i in
me absoli
{présenterait bien d'autres moyc a réfuter dont je n'ai que faire ici , le supposa eratuitement pour tâcher puisqu'il reconnaît l'immatérialité de dc, se tirer <*u labyrinthe de la fatale notre âme, et qu'il bâtit là-dessus, nécessité de toutes choses, et il ne Revenons à l'âme de Jules César , et pouvait donner aucune raison de appelons-la un automate immatériel cette nouvelle partie de sonhypothé- ( 1 4 s ), et comparons-la avec un ato- s,e\ El,e choquait les notions les plus me d'Épicure ; j'entends un atome évidentes de notre esprit; car on conentoure de vide de toutes parts, et^0',1 clairement qu'afin qu'un atome qui ne rencontrerait jamais aucun ; îu* aura décrit une ligne droite penautre atome. La comparaison est très- dant deux iours » se détourne de son juste, car d'un côté cet atome a une (,4î) Mémoire .ww dans /'Histoire de. Oo-
' ▼ rages des Savaas , juillet 1698 , pag. 33i.
(i4o) M. Locke , par exemple. (<43) M. Leibnitx , lit même , déclare qu'il de-
(14») M. Leibnitx te sert de cette expression meure d'accord de l'axiome: Et mime je prétends,
dan s son Mémoire insM dans {'Histoire des aioute-t-il, qu'il m'est favorable , comme en effet
Ouvrons des Savans , juillet i6qS, pag. 338 : e e»t un de mes fonderaens.
L'ame, dit-il, «t un anto.nate immatériel des plus (,44) Voyez , tom.
VI, pap. soo , l'article jatte». Encc« t remarque (U) , au premier alinéa.
chemin au commencement du troi- des fleurs et des feuilles, je puis consterne jour , il faut ou qu'il rencontre cevoir ( i46 ) que tout aussitôt elle quelque obstacle , ou qu'il lui prenne souhaite d'en voir un qui n'ait que quelque envie de s'écarter de sa des feuilles , et puis un qui n'ait que route , ou qu'il renferme quelque des fleurs, et qu ainsi elle se fera .sucressort qui commence déjouer en ce cessivement plusieurs images qui naîmoment-là. La ire. de ces raisons n'a tron£ les unes des autres ; mais on point de lieu dans l'espace vide. La ne saurait se représenter comme pos- 2e. est impossible, puisqu'un atome sibles les changemens bizarres du n'a point la vertu de penser. La 3e. blanc au noir et du oui au non ; ni est pareillement impossible dans un ces sauts tumultueux de la terre au corpuscule absolument un. Faisons ciel, qui sont ordinaires à la pensée quelque usage de tout ceci. de l'homme. On ne saurait compren-
VI. L'âme de Ce'sar est un être a dre que Dieu ait pu mettre dans l'âme qui l'unité convient au sens de ri- de Jules César le principe que je gueur. La faculté de se donner des m'en vais dire. Il luiarriva sans doute pensées est une propriété de sa na- plus d'une fois d'être piqué d'une ture(i45) : elle t'a reçue de Dieu épingle pendant qu'il tétait. Il fallut quant à la possession et quant à donc , suivant l'hypothèse que l'on l'exécution. Si la première pensée examine ici, que son âme se modiqu'elle se donne est un seutiment de fiât elle-même d'un sentiment de plaisir , on ne voit pas pourquoi douleur immédiatement après les la seconde ne sera pas aussi un perceptions agréables de la douceur sentiment de plaisir ; car lorsque la du lait qu'elle avait eues deux ou cause totale d'un effet demeure la trois minutes de suite. Par quel resmême, reflet ne peut pas changer, sort fut-elle déterminée à interrom- Or cette âme, au second moment de pre ses plaisirs , et à se donner tout son existence, ne reçoit pas une nou- d'un coup un sentiment de douleur , velle faculté de penser; elle ne fait sans que rien l'eût avertie de se préque retenir la faculté qu'elle avait parer au changement , ni qu'il se fût au premier moment , et elle est aus- rien passé de nouveau dans sa subsi indépendante du concours de toute stance? Si vous parcourez la vie de autre cause au second moment qu'au ce premier empereur romain , vous premier ; elle doit donc reproduire trouverez à chaque pas la matière au second moment la même pensée d'une objection encore plus forte que qu'elle venait de produire. Si vous celle-ci.
m'objectez qu'elle doit être dans uu VII. Oncomprendraitquelquechoétat de changement, et qu'elle n'y se là-dedans, si l'on supposait que serait point dans le cas que j'ai sup- l'âme de l'homme n'est pas un esprit, posé , je vous réponds que son chan- mais plutôt une légion d'esprits dont gement. sera semblable au change- chacun a ses fonctions, qui commenment de l'atome ; car un atome qui cent et finissent précisément comme se meut continuellement sur la même le demandent les changemens qui se ligne acquiert dans chaque moment font au corps humain. En conséquenune nouvelle situation , mais qui est ce de cela il faudrait dire que quelsemblable à la situation précédente, que chose d'analogue à un grand at- Afin donc qu'une âme persiste dans tirail de roues et de ressorts, ou de son état de changement , il suffit matières qui se fermentent , dispoqu'ellese donne une nouvelle pensée sé selon les vicissitudes de notre raasemblable à la précédente. Ne la te- chine, réveille ou endort pour un nons pas si à l'étroit , accordons lui tel et pour un tel temps l'action de la métamorphose des pensées ; mais chacun de ces esprits; mais alors pour le moins faudra-t-il que le pas- l'âme de l'homme ne serait plus une sage d'une pensée à une autre ren- substance, ce serait un ens peragferme quelque raison d'affinité. Si je gretationem , un amas et un monceau suppose que dans un certain instant
l'âme de César voit un arbre qui a , M*») parle ainsi par concision ce,t-*-
1 élire en ne voulant pas me prévaloir des rtutonî
(i/p) On dit ceci selon le tvstème <l- Df. Lcilv fui nous empêchent de comprendre qu'un espr>: nilI« t re'r se puisse donner des idées à lui-même.
de substances tout comme les êtres les instrumens nécessaires pour l'exé-
matériels. Nous cherchons ici un être cution de la loi divine dont on nous
unique qui forme tantôt la joie , tan- parle , et servons-nous de comparai-
tot la douleur , etc. , nous ne cher- son.
clions pas plusieurs êtres dont l'un Figurons-nous à plaisir un animal produise l'espérance , l'autre le dé- crée de Dieu et destiné à chanter insespoir, etc. cessamment. Il chantera toujours, cela Les observations que l'on vient de est indubitable ; mais si Dieu lui deslire ne sont que le développement de tine une certaine tablature , il faut de celles que M. Leibnitz m'a faitl'hon- toute nécessité, ou qu'il la lui mette neur d'examiner. Je vais faire quel- devant les yeux, ou qu'il la lui imque réflexions sur ses réponses. prime dans la mémoire, ou qu'il lui VIII. 11 dit (147) que la> loi du donne un arrangement de muscles qui changement de la substance de l'a- fasse , selon les lois de la mécanique , nimal le porte de la joie à la douleur, qu'un tel ton suive toujours celui-là, *f ans le moment qu'il se fait une so- précisément selon l'ordre de la tahlalution de continu dans son corps, ture. On ne conçoit pas que sans cela parce que l-a loi de la substance indi- cet animal soit jamais capable de se visible de cet animal est de repre- conformer à toute la suite de notes senter ce qui se fait dans son corps que Dieu a marquées. Appliquons à de la manière que nous l'expërimen- l'âme de l'homme un pareil plan. tons, et même de représenter en quel- M. Leibnitz veut cru'ellc ait reçu nonque façon , et par rapport h ce corps, seulement la faculté de se donner intout ce qui se fait dans le monde, cessamment des pensées , mais aussi Ces paroles sont une très-bonne ex- la faculté de suivre toujours un cerplication des fonderaens de ce sys- tain ordre de pensées qui correspond téme ; elles en sont pour ainsi dire aux changemens continuels de la maie dénoûmcnt et la clef ; mais en chine du corps. Cet ordre de pensées même temps elles sont le point de est comme la tablature prescrite à l'avue des objections de ceux qui trou- nimal musicien dont nous parlions vent impossible cette nouvelle hy- ci-dessus. Ne faudrait -il pas que l'apothèse. La loi dont on nous parle me, pour changer à chaque moment suppose un décret de Dieu , et mon- ses perceptions ou ces modifications, Ire eu quoi ce système convient avec selon cette tablature de pensées, concelui des causes occasionelles. Ces nût la suite des notes et y songeât deux systèmes se réunissent en ce actuellement? Or l'expérience nous point-ci , qu'il y a des lois selon les- montre qu'elle n'en sait rien. Ne fauquelles l'âme de l'homme doit repré~ drait-il pas pour le moins qu'au désenter ce qui se fait dans le corps de faut de cette science, il y eût en elle l'homme de la manière que nous V ex- une suite d'instrumens particuliers verimentons. Ils se désunissent dans qui fussent chacun une cause nécesla manière de l'exécution de ces lois, saire d'une telle ou d'une telle pen- Les cartésiens prétendent que Dieu\ sée? Ne faudrait-il pas les situer de en est l'exécuteur : M. Leibnitz veut, telle façon que précisément l'un opéque l'âme les exécute elle -mémo.; rât après l'autre, selon la correspon- Cest ce qui me paraît impossible , dance préétablie entre les change l'Ame n'ayant pas les instrumens qu'il mens de la machine du corps et les faudrait qu'elle eût pour une sembla- pensées de l'âme? Or il est bien cerble exécution. Or, quelque infinie que tain qu'une substance immatérielle, soit la science et la puissance de Dieu, simple et indivisible , ne peut point il ne saurait faire par une machine être composée de cette multitude indestituée d'une certaine pièce ce nombrable d'instrumens particuliers qui demande le concours de cette placés l'un devant l'autre, selon l'orpièce. 11 faudrait qu'il suppléât ce dre de la tablature en question. Il défaut, et en ce cas-là ce serait lui n'est donc pas possible que l'âme huet non la machine qui produirait cet mai ne exécute cette loi. effet. Montrons que l'âme n'a point M. Leibnitz (148) suppose qu'elle ne
(147) Lcibniti, Mémoire insért dans /'Histoire
île» Ouvrages de* Savatu , juillet ifyH , p. 33s. tdem , ibid. , ;»^. 33-.
622 RORENfcO.
connatt pas distinctement ses percep- c[ui se montrent jusqu'ici à mon i mations à venir, mais quelle les sent gination , et qu'il résoudra solideconfusément , et qu't/ y a en chaque ment mes difficultés, et môme celles substance des traces de tout ce qui lui de dom François Lami (i5a) $ et c'est est arrivé et de tout ce qui lui arri- dans cette espérance que j'ai pu dire, vera (i4qJ ma^s cette multitude infi- sans compliment, que son système nie de perceptions nous empêche de doit être considéré comme une coules distinguer* . . . . L'état présent de quête d'importance (i53). chaque substance est une suite natu- Jl ne se fera pas une affaire de ce
relie de son état précédent (i5o) qu'au lieu que dans la supposition des
L'dme, toute simple qu'elle est, a tou- cartésieos , il n'y a qu'une seule loi jours un sentiment composé de plu- générale pour l'union de tous les essieurs perceptions h la fois; ce qui prits aux corps, il veut crue Dieu; opère autant pour notre but, que si donne à chaque esprit une loi partielle était composée de pièces comme cuiiére , d'où il semble résulter que une machine. Car chaque perception la constitution primitive de chaque précédente a de l'influence sur les esprit est différente de toute autre suivantes , conformément a une loi spécifiquement (i54). Les thomistes d'ordre qui est dans les perceptions ne disent-ils pas que dans la nature
comme dans les mouvemens (i5i) angélique il y a autant d'espèces que
Les perceptions qui se trouvent en- d'individus f
semble dans une même âme en même ^) Elles se trouvent dans U II: traite-
•même , depuis la page »»5 e'dit. de Paris , 1699.
remarqué fL) , au commencement.
développer, a ne faut point s étOn- (i54) il n'jr a jamais deux hommes oui aient fier de la Variété infinie de ce qui mêmes pensées , je ne dis pas un mois de soi-
endoit résulter avec le temps. Tout fr^tT" pas F*™ deux
. « , r *l faut Jonc que le prtru ipe de penser ait dans
cela n est qu une conséquence repre- chacun une règle et une nature particulier*.
sentative de l'dme, qui doit exprimer nr\r> KKCfl f fin A ce qui se passe , et même ce qui se pas- MxUlxtLri LU ( MARCO-ACRELIO ) , sera dans son corps , ét en quelque COnseigneur de la Vallée de Lu-
facon dans tous les autres, par la cerne et grand-prieur de Saint-
connexion ou correspondance de tou- » . rr\,~- » * , *
tes les parties du monde. Je n'ai pas f100 a \Una > S occupa ^aucoup beaucoup de choses à répliquer à cela: a persécuter les Vaudois , au je dis seulement que cette supposi- XVIIe. siècle (A). Il fit aussi des tion, quand elle sera bien dévelop- Uvres contre eux (B), Narratiopee, est le vrai moven de résoudre j rn r j • r n w toutes les diflicultés.'M. Leibnitz , par dell Jnlroduzwne délie Erela. pénétration de son grand génie , a ?*e net le ralli di Piemonte , très-bien compris toute l'étendue et imprimée, à Turin , Tan 1 632 , toute la force de l'objection et où et Memorie Istoriche delV Indoit être la source du remède du prm- . , j m k» • • cipal inconvénient. Je suis persuadé ^oduzwne délie Eresie , împri-
cel lentes choses sur la nature des es- *. m 1 t t» •
prits. Personne ne peut voyager plus nIs du7 comte. Jean-Baptiste
utilement ni plus sûrement que lui Rorenco {b) , et vivait encore Tan
dans le monde intelligible. J'espère 1668 (c).
que ses beaux éclaircissemens feront f » » T . „. . ,.
Lparahre toute, les impossibilité, J&^~h^.^^
m , . , . . marque l'impression des Mémoires , ta*
(i4p) C'est ce qu'on ne peut concevoir dans une xQ[fit substance indivisible , simple , immatérielle. 7^" fa remaroue (JÏ)
(150) Leibniti, Mémoire insère' dans riiistoirc , » irJL.-, / ,„ * „ ' m„J'm d« Ouvrage» des Sar.n. , pag. 33q, 34<>. ^ ***** U nmar9^
(151) Là même ,pag. 340. (A) U s'occupa beaucoup a persé-
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cuter les Vaudois, au XVIIe. siècle], vous donner et je me livrerai a vous ? Pierre Gilles , dans son Histoire des Mais voyant que nul ne se présen- Églises reformées du Piémont, ayant tait, ils faisaient semondre leurmarparlé de la famine de Tan i6a8, chandise par le moyen de leurs paajoute ceci : Les adversaires des égli- pistes; en quoise montrait plus qu^ anses reformées des f allées, qui étaient cun autre diligente dame Catherine toujours épiant quelque occasion pour mère du susdit prieur t laquelle allait y faire des brèches , embrassèrent de maison en maison , exhortant les celle-ci de la famine, espérant qu'elle plus pauvres et faibles a aller prenleur servirait de filet pour pécher et dre La charité notable que les pères tirer a eux les pauvres affamés, a voisins leur avaient apprêtée (1). quoi s^employ aient surtout avec gran- Un autre historien des Églises des de passion ce susnommé moine Bona- Vallées, dit : que le grand prieur Jioventure, et sieur Marc Aurèle Ho- renco est leur grand persécuteur et renc , prieur de Lucerne , fils d'un membre du conseil de extirpandis hœ- <les gentilshommes de la Vallée , le- reticis (a), . . . considéré par messieurs quel ayant étudié ès lois se fit prêtre, de Morne comme le plus diligent le et voyageant h Rome fut fait prieur plus subtil et le plus ejffîcacieux'inde Lucerne et possesseur des revenus strument qu'elle ait pu rencontrer dudit prieuré: mais ce fut (a ce que dans ce siècle pour harceler ces pauses partisans mêmes publièrent) pour vres gens des y allées , et l'homme du avoir promis a Rome, et ailleurs, monde le plus adroit a forser les cond' employer tout ce qu'il aurait de pou- seils et les autres outils de leur ruine voir et de savoir pour avancer la reli- comme étant vieilli dans cette étude gion romaine ès V allées , et y abolir, ( car il est déjà décrépit ) (3) . ou au moins restreindre la réformée; (B) // fit aussi. des livres contre et même il n était pas encore arrivé eu*]. Pierre Gilles ayant rapporte1 (4) d un sien voyage de Rome, que quel- qu'cn ranne'e ,610, il parut un livre
furentaver- initr.,l^. *„; 5Li ...
rieur, pour
- wyv. «~«v.... , ~- t,. „j,„jé et conclu
défaire bf tir des couvens nouveaux ajoute : « On voit quasi le même au
enla Vallée de Lucerne en quelques » livre intitulé: ^e ^rr^o/ie,du
autres lieux, et es autres colloquer » mo(]erne prieur de Lucerne, im-
des mensions de quelques moines , et „ prime- Pan l63 efc con|- J cx
faire autres choses a icelles corres- „ pres8C'ment pour diffamer la reli-
pondantes,qu iltdcha peu après def » „ion et ,eg ^œm des rdf(W d
fectuer de tout son pouvoir. Et pre- „ ^Uée,, et tout farci d'impostures
^7.7 i Ï2?r£ ^ U "C"r " ct i»P»dentes calomnies avec ces
comte Jean-lSoptiste lioi'enc, sonpere. to mmï***™ . . r •. »•
. • » .. • » 'F' y*' /^,&» » proemes : fÇous faites , vous dites .
résidant a la Jour, vendit sa maison „ ï, ,7 „ „ mne.n~, jj , ' .»
a r • » et 11 y a encore (tes personnes vi-
et édifices annexés pour en faire un » „a||f£ qui se souviennent que vos
couvent , pour y loger une couvée de „ pères flUaient teUes et tJes ^
moines appelés franciscains , mini- „ ses }^faj8 VOvatit Du;s » ' »
mes informés. Et le iZ de juin de „ fl« ^Aiié***;* ;;MML, j ^reS on »» .c'a »•, r , » • * sc P'û'gnait vivement de ses calom-
l an 16*8 susdit, il les y conduisit ac- „ nies * ^ ,ui demandait > ^
IZ^rTaut^ 9 Senties preuves de ce qu'il avait
plusieurs autres moines et prêtres, „ écrit, et principalement ïa présennuis incontinent y mirent vroviswn j ' j ^ , Y VM
Fi , . / J~ • 1 ■ ! t >} ta*ion des prétendus témoins en-
de tout ce que les moines avaient be- „ core vivans1de certaine8 iniquit^
soin pour eux-mêmes et pour acheter , du t é , . ^
les consciences des pauvres affames , r 1 ' w'MUl
et commencèrent a distribuer large- {l) GÎUe9f HUtoire ect]h icg t
ment a ce peu de papistes qui leur Tandoises , pag . 473 , 474.
restaient a la Tour, même h quel- (a) Jean Léger, Histoire des Églises vaodoises
ques-uns qui n'en avaient guère be- ParU/> P"S' ,»55 : il dit que Rorenco est en-
loin, pour faire pre»?* Jkrie au* Kr^.*^^****-*--
voisins réjormes de s aller présenter a ^a mfmey pagû
eux , et leur dire : Que me voulez- (4) Histoire àc Égii,M vaudoises , pag. ,3.