TOME XII
fi58 RU FIN.
mata, i>aga, intons tans, incerta; va- ment fait, sagement permis. Si vous n'a, indignorumque fautrix. Huic voulez descendre dans le détail des omnia expensa , huic omnia feruntur raisons particulières, tous n'en veraccepla : et intotdratione mortalium, rez jamais la fin , et, après mille dissola utramque paginant facit. Aàeb- putes, vous serez contraint de revenue obnoxiœ sumus sortis, ut Sors nir à la raison de l'autorité , à l'idée ipsa pro Deo sit , auâ Dcusprobatur immense de l'Etre souverainement incertus. On peut aire que dans tous parfait. Mais puisqu'il y faudrait tries temps et dans toutes les nations, venir, n'en sortons point, tenons-nous sans excepter ni notre siècle ni le là immobiles et inébranlables ; mclchristianisme , la prospérité des me- tant le doigt sur la bouche, impochans a fait murmurer contre Dieu , sant silence à nos petites lumières , et inspiré plusieurs doutes sur la pro- persuadés qu'en ces choses-là le meilvidenoè. D'autre côté , on a répondu leur usage ae la raison est de ne point tou jours, et partout, à cette objection : raisonner. Faisons sentir plus vivepuis donc qu'èlle n'a jamais cessé de ment les motifs de cette conduite, revenir nonobstant toutes les ré- Quand on s'engage dans la dispute , ponses , il faut conclure qu'elle a on doit prétendre qu'on fera voir à
sans nulle peine , l'en chassât-on à des réponses. Les lois de ces sortes de
coups de fourche (16). On dirait combat demandent que chaque parti
qu'elle se pourrait attribuer, comme réplique à l'autre autant de fois qu'elle
la palme, ces belles paroles : pourra opposer raisonnement à rai-
curvata nsurgo ; sonnement, et jusegues à ce que l'on
— j r . soit venu aux premiers principes. Si
les réponses peuvent bien me faire • is montrer à un homme que sa
plier un peu, ma» je me redresse th£sc choquc ics notions communes,
tout aussitôt. 11 n est pas question cl ,Q micime e8t UQe suitc natu
d'examiner si elle est solide : car il reUe et ne'ceSsaire de ces notions , j'ai
faut être très - persuade quelle est droit de ne le plus écouter, et de lui
fausse, quelle ne vaut rien : mais fermerla bouche par cet axiome, Ad-
peut-etre n est-il pas hors de propos versiiS ne„anlcm principia non est
de mettre en question si Claudien s en disputanJum . m£s si jc ne doniIC a
est bien tire. gcs objections qu'une solution pro-
II pourrait y avoir des gens qui lui Dable contre laquelle il puisse allé-
diraient: Vous n'avez pas pris le bon »lier <je nouveaux doutes, revêtus
chemin; la seule réponse cjue vous S'une probabilité égale ou presque
deviez faire à votre difficulté était de egalc à celle de ma solution , je n'ai
considérer l'idée vaste et immense de point de droit d'exiger de lui qu'il
l'Être souverainement parfait, et d'en acquiesce à mes réponses : je dois
tirer cette conséquence : Il est l'au- chercher de nouvelles solutions à ses
tcurde toutes choses, il les gouverne nouvelles difficultés, et si jc n'en
toutes, il ne se tait donc rien qui n* trouve point d'évidentes ou qui ne
soit régi et conduit d'une manière in- souffrent point de repartie spécieuse,
Uniment juste, infiniment admirable. c'est à moi à me retirer du combat
Voilà sans doute le bon parti , et la sans m'attribuer la victoire ; car au-
véritable voie de lever les doutes : trement j'imiterais les convertisseurs
faites taire la raison ; obligez-la d'ac- de France. Ces messieurs commeucè-
«I uiescer à l'autorité (1 7) ; Dieu l'a dit, rentenviron l'an 1680, à offrir de con-
aùroç «<**; Dieu l'a fait , Dieu l'a per- fe'rer sur la religion avec leurs frères
mis : cela est doue vrai et juste, sage- errans : ils leur promettaient d'ouïr
f,ttrvstr«mm(>ia n...,~ leurs doutes , de les éclaircir, de les
( 1 1>) t. rst comme la nalurr. . ' «. . . «
Naturamexpcllasfurcd, ta,ncn u<,/uï recur- instruire cordialement; mais après
rci. avoir répondu deux ou trois fois, ils
Hor.tiu8, epist. X, lib. /, w. 54. nc SOuiTraient plus la contradiction ;
il") Je me suit tu, et n ai pomt ouvert ma •■ i • , 1» *>. « 1
!,,uAe , parer nue c'est toi aui l'ai fait. P^umc ,,s„ voulaient que 1 on se soumtta leurs
XXXtX, vu 10. cclaircissemens,a faute de quoi ils pro-
nonçaient que Ton était opiniâtre. 11 quand on Teut descendre au détail eût mieux valu prononcer cela d'à- des raisons particulières. Premièrebord : il est ridicule d'entrer dans les ment il est 6Ûr qu'en ce cas Ton est discussions quand on ne veut pas souf- obligé de suivre un homme dans ses frir que son adversaire réplique cent répliques , jusques à ce qu'on le et cent fois, s'il a autant de fois de puisse payer d'une raison à quoi il
raisonnable :
>ute, comme -js. En second
que le pouvait être l'objection qu'il a lieu , il est sûr que vos raisons partiproposée à la thèse principale. Voilà culières seront combattues à l'infini, dans le vrai l'état des disputes. On par d'autres raisons également spéattaque votre thèse , vous répondez $ cieuses pour le moins. Montrons-le
vous réfutiez la réplique : vous ré* aurait dit : Puisque Rufin a été puni > pondez tout de nouveau je ne sais quoi il y a une providence qui gouverne qui fait naître de nouveaux doutes toutes choses sagement et justement : ' 1 1 " ' 1 " 1 ' r s ' " ! " méchant homme
Providence fût contraire qu'elle
vez pas dessein de les observer, il et se fracassât tous les os :
vaut mieux n'entrer point en lice, et -, „
dire tout court : Il faut croire cela v\ upJVSraliôr* ïuïnT' ;
sans raisonner: Dieu l'a dit, cela doit „. " * .
guffire> Si vous ne savez que cela, lui au-
Ce procédé serait injuste si l'état de r?it on Pu «pondre, vous ne tenez la question était celui-ci : Dieu a-t-il ™„! votr« solution , pour être fort parlé? mais il ne l'est point lorsqu'on TieiUe C»9).» n **t pas meilleure; dispute avec des personnes qui re- vous vous Urezd une grande difficulté connaissent l'existence de l'Être sou- Ç?L,u;e. Plus 8rande i volrc particule verainement parfait , et qui se for- VT «ait horreur ; on n'en saurait ment des doutes sous prétexte que soutenir 1 Jgee sans frissonner. Vous les gens de bien sont malheureux donnez à l'Etre souverainement paret que les méchans prospèrent. La fait, et par conséquent d'une bonté seule réponse qu'il faut faire à ces infinie, un motif et une cause finale doutans est celle-ci : Vous êtes per- <ïul ? bien loin de contenir quelque suadés de l'existence d'une nature vestige de bonté, sont le caractère le souverainement parfaite ; croyez donc Plus tyrannique et le plus malin que qu'elle gouverne toutes choses parfai- *OXi puisse concevoir. C'est comme si tement bien : car si vous ne tiriez pas 3e nos empereurs , voulant inflicette conséquence du principe que fier le dernier supplice à quelques-uns vous admettez, vous ignoreriez les de ses domestiques, leur donnait des premières règles du sens commun} gouvernemens, et souffraient qu'ils y vous seriez capable de raisonner de exerçassent toutes sortes d'extorsions, cette manière : Le soleil est incapable et qu'ils suçassent le peuple jusques de produire les ténèbres, donc il les a aux moelles ; c est , dis - je , comme produites. Pour faire mieux com- souffrait cela afin de les châtier prendre qu'il s'en faut tenir à cette p|u9 sévèrement. Si vous aviez osé courte réponse , et à ce principe ce- dire de Théodose ce que vous dites de néral de 1 existence de Dieu , je m'en ^ jaTé„.i , «t. X , w. grf-, avait déjà dit vais montrer à quoi l'on s'expose touchant Sc^an :
. . . Nam qui nimios optabat honores , (18) On entend ici en gentral^par notions cùm- Et nimias poscebat opes , numéros» parabat mîmes , tous les principes dont les deux parties Excelsc turris tabalau , unde altior esset contestante, tombent tiac—rd. Casus . et impulse praceps immaaè ruina;.
66o RU FIN.
Dieu, qu'il n'élevait Rufin au plus Claudien aux notions de notre esprit,
peuples sa puissance souveraine d'ë- guc dispute on lui dirait : Je crois lever et d'abaisser, il vous eût fait aussi-bien crue vous que tout ce qui
normité de son UT et de sa cause sons : elles sont plus propres à faire
finale, et demanderait qu'on ne prît naître des doutes qu'à calmer l'irré-
pas ses termes à la rigueur et au cri- solution de l'esprit. Servez-vous-en
minci ■ il dirait que la Providence néanmoins auprès de ceux qui s'en
n'avait pas comble de bieus l'infâme voudront contenter, mais n'en dites
Rufin, dans la vue de lui faire plus mot ;aux grands raisonneurs ; l'idée
de mal, mais dans l'espérance que ce de l'Etre souverainement parfait leur
favori en ferait un bon usage. 11 ajou- doit suffire, et leur suflit quand ils
teraitquc , suivant les lois uatu refies, usent bien de leur raison. J'ai connu
la cliute des corps est d'autant plus des gens qui avaient lu plusieurs fois
rude, que le lieu d'où ils tombent est la Consolation de Boè'ce, et qui de-
olevé, et qu'ainsi l'ordrn a voulu que meuraient fort surpris de la différence
l'élévation de Rufin aggrav.1t «a peine, qu'ils avaient toujours remarquée
lorsque ses abus continuels des grâces entre les objections et les réponses
du ciel ont demandé son châtiment, de cet auteur. Boè'ce était tout enscra-
Cela n'ôtepas la diilicultc , lui répon- ble un habile philosophe et un grand
drait-on : l'espérance ne se trouve homme de bien. Accablé du poids
point dans la nature divine : elle sait énorme de sa disgrâce , et l'âme plon-
înfailliblement tout ce qui arrivera $ gée dans la tristesse, il suppose que
«•lie a su très-certainement l'abus que la philosophie le vient consoler. Il
ferait Rufin des faveurs célestes : il va- lui fait plusieurs objections sur la
lait donc mieux le prévenir (20) que Providence, y répond tont de son
de préparer à ses crimes , tolérés plu- mieux : mais au lieu <jue les difficul-
té tant de personnes, la ruine de tant tendemens les plus sombres , on n'a de familles. C'est une pauvre satisfac- pas trop de l'attention la plus retion pour une province que son gou- cueillie , et de la vivacité la plus verneur a désolée, que d'obtenir sim- prompte pour comprendre quelque plement qu'il soit châtié; l'arnlt la chose dans les solutions. La pniloso- ' laisse dans sa misère, et rend quelque- pbic ne peut cacher sa défiance , elle fois plus douce la condition ducrimi- demande presque toujours qu'on lui .nel (ai). Je ne pousse pas plus loin les permette les circuits, et de remonter répliques que le poète pourrait faire; plus, haut; et quelque solide que puiselles sont en fort grand nombre , je se être ce qu'elle débite, le malheur n'en doute point; mais les répliques de notre esprit veut qu'on n'v cornde son adversaire ne seraient pas preune quelquefois rien : si elle nous moins nombreuses , et ressemble- convainc , c'est presque toujours sans raient toujours à celles qu'on vient nous éclairer. Voilà ce que disent de voir ; c'est-à-dire quelles seraient quelques lecteurs de.BoèVe. Ils m'ont plus proportionnées que celles de Jait prendre garde qu'un très-subtil
professeur du XViR siècle a ménagé
(ao) Cur omnium crudelissimus tnmdiit Cinna pius adroitement que lui l'honneur
ï^ul'Zt^ïr^iï^:!: h l» ^sophie? car apr.s avoir
Îuam aUquanJo panas tiare. Ciccro, de Naturâ introduit un païen qui se proposr
>eorum , Ub. TIT, cap. XXXir. mille doutes sur la Providence, il ne
(ai) Exul ab^octavd Marius bibit ctfruitur lui donne point d'autre expédient
Iratis : at tu" victrix provincia , pïvras. <Iue *a g1*^ du Saint-Esprit (il).
Juvcaal. , ML I , V3. 4g. (aa) TJndè philosophus nvstcr etknicu* toi Jtffi-
11 ne Faut pas que je finisse cette gumentoresponsurusj4rnobiusiib.il*
remarque sans observer Tin justice de num. 4o, post multam exagerationem
certaines gens qui croient que lors- difficultatis , insolubilem existimare
qu'on rejette les raisons qu ils don- videtur. Alexander autem qnem re-
nent d'un dogme, on rejette le dogme fert et latè rejicit Simplic. II> cosli,
même. Il y a une différence capitale in fine , concedit Deum non posse
entre ces deux choses : ceux qui ont mala excludere , alioqui ea omnino
île l'équité et un bon esprit ne man- fuisse prohibiturum. Et uerh hoc ip-
q uent pas de les distinguer, et souf- sum argumentum multos philosophas
(rent patiemment, et sans nul mauvais vexasse , testatur Lactantius, Lbro de
soupçon , aue l'on combatte la témérité Ira Dei, cap . XI II. Sed rectè respon-
des orthodoxes à l'égard des argumens det Scot , etc. (*i5).
faibles dont on se'sert trop souvent pour (D) Naudé assure que Rufin a
soutenir la vérité. Ce n'est pas qu'il été loué par trois ou quativ célèbres
ne se puisse commettre bien des abus ltistoriens.'] « Claudien écrit avec tant
là-dedans; car, par exemple, les pyr- » de chaleur in Rufinum lequel
rhoniens^ sous le prétexte de ne com- » néanmoins Zozime , Zonare , Eu-
battre que les raisons des dogmati- » tropius , Paul Orosc , lonent avec
ques à l'égard de l'existence de Dieu , » excès ( 06 ). m Voilà ce que dit
sapaient efiectivement le dogme mê- M. Naudé. Prenons ces quatre auteurs ~ ~ il- »■ J'v.u^-J „..ni„ i * . i • »»*
me. Ils déclaraient d'abord (u3^ qu'ils en remontant , nous verrons bientôt s'accommodaient au train gênerai , qu'il se trompe. Orose ('.17) ne dit que sans s'attacher à aucune secte parti- du mal de Rufin , et Eutropius n en
pouvaient souffrir que
logmatiques eussent la témérité de de Zonaras aucun mot qui se rappor-
raisonner sur cela : ensuite de quoi te à notre Rufin. Le Rufin dont cet
ils leur proposaient des objections annaliste parle (q8) était consul de
qui, par le renversement de la pro- Rome au temps que Pyrrhus faisait
vidence, tendaient au renversement la guerre aux Romains; et pour ce
de l'existence de Dieu. Voyez Sextus qui est. de Zosime , tant s'en faut qu'il
Empiricus (a4) > 3,1 l*eu de fonder loue Rufin avec excès , qu'il le repré
ses doutes , comme Claudien , sur ce sente comme un méchant homme. Je
quia remarqué qu'Arnobe confesse At Rufinus quidem , qui complurihus que cet argument est insoluble. Pos- intolerabilium malorum auclor privaset deniquè cum Sexto Empirico , tint exstiterat , et universœ reipublicœ lib. I (il faut III), p \Y rrhonicarum hjr detrimentum attuferat , dignas adpotyposeon , cap. I , fieri taie argu- missisjacinoribns dirispaenas luitfaçf). mentum , quod si Deus sit, cum sit On a de la peine à concevoir qu'un bonus infinité 9 et perfectissimus y nul- homme qui avait autant de lecture la in mundo esset malitia aut imper- et de mémoire que Gabriel Naudé , fectio : nam contrarium unum infini-
fitm , deslruit totaliler aluni. Clli ar- (*5) Theoptiil. Rayoaudus , Tbeolog. naturali ,
distinct. V, num. 166 , p*g. m. 53s , 533.
culuilibus oppressus , nui affialu divino animetur Naudé , Dialog. de Masourat , pag. 63o.
ad cognitionrm Dei unius ac dùtincti ab univer- (27) VoyeiAe au vhtipitrr XXXVII du livre
so , nunquani assurget. Claudius Rerieardus in VII.
prinres libros Pnys. Aristot. , circula XX, in fin. (28) Zonaras , Ann., lib. VIII, pag. 3;;, ^9,
(a3) Sett. Empirions, Pyrrhon. HypeUp., edit. Paris. , 1G8G.
Uh. III, cap. I. Zozimnis, lib. V, pag. 397, cdil. Oxon.
(V,) /.W, ihidrm. îG-j. . t
66a RUGGÉRI.
ait pu, faire tant de faute» en si peu faire de» almanachs', et il conti-
de lignes.; naa d'en faire toutes les années.
RUGGÉRI (*)(Come),F1o- INes parsemait de sentences ti-
rentin, s'introduisit à la cour rees des auteurs latins Il ve-
de France sur le pied de grand Çut beaucoup , et se trouva seul
astrologue , au temps que cUe- de reste de tous les courtisans
rine d! Médicis favorisait ces Uahens de Cathenne de Med.cu
gens-là. Cétaitnn homme d'es- (*)• Il mourut. Pans, 1 an 161 5,
prit et nui passait pour savant : et comme ,1 avait déclare haute-
§'ail.eu?s iî était Lrdi jusque* ™«t .e ^-o.e-men, quilmou-
à l'effronterie , pour se fourrer ™» w» ~" -«"t? fut
dans le grand monde , et il s'in- traîne à la voine. On 1 avait aç-
triguait beaucoup (6). Il obtint cuse , l'an .5^8 . d avo.r at^nte
de Catherine de Médicis l'ab- P.ar„d«^lrt\l,eg«a.,aJlède?fn-
Bave ae Dami-mauc eu amw»g— j rr-u r Bretagne. Il avait fait l'horosco- dessus par M. de Thou et renne de tous les seigneurs de la ™J« «us châtiment. Le récit £ur , et s'y était pris de la ma- que je fera, (i ) de cette aventure nière qu'il avait cru la plus pro- ™»* apprendra 1 effronterie de pre à ?irer d'eux quelque présent çe scélérat , et la faveur ou .1 (c). Il s'acquit enfinla réputation était auprès des dames. Il I y au-
de devin et de magicien, et se rait bien des réflexions à faire
ae aevm 6 , j personnage ne
trouva enveloppe, I an 1074, ; . n. r- j. k,f .»__ dans l'affaire A la Mole et de croyant m Dieu m diable, s a- Coconas (A) , accusés entre au- ««ait néanmoins à l'astrologie très crimes d'avoir employé le étala mag.e(D);car cest une sortilège contre la vie de Char- oyxmon générale parmi les frêles IX. Il est appelé Corne l'Ita- t.ens, que s'il y a des diables, il lien dans ce procès (</), dont 7 ™» et que ceux qui ne l'issue fut pour lui qu'on le «m- croient point un Dieu , ne cro.en t damna aux^lères ; inais la reine- P?* .1»''/ °* {"/^J* mère l'en tira quelque temps dira, que que chose sur ce te
' / \ ti .:» il» pensée. Il faudra (E) noter les
après (e). Il avait persuade à la r v.
Mole , et à plusieurs autres , qu'il lautes de pere tarasse,
savait faire des images de cire , (g-) ta mime.
les unes pour inspirer de l'a- (*) G"» , Doctrine «même , p. iSS.
mour aui femmes , les autres » D— '« <D>-
pour faire mourir en langueur (A) // se trouva enveloppé dans
telles personnes qu'on voudrait ^^^^0^
(/). Il commença en l(»4 à Won , frère du roi Charles IX, qui
, v -, . 0 , „ avaient poussé leur maître à des des-
(«)B»l«ct Socrate chrétien . p*g. m. crirainel s, ou qui l'y avaient
253 , le nomme Gome Roger. . , , V . * y1 % J
(i) G,r.Ke , Doctnnc curieu» , ,. .55. »'de- »• ™« Cro«? 1» 0n ,eUr '"P": (c) Là mente.
avaient poussé leur maître à des des-
(«)B»l»act Soc rate chrétien» pop. m.
ta quelques feux crimes ; mais ce qu'il (4 Mercure Français f tom. IV, pag. 46, jr avait de réel dans l'accusation sut-
> l'ann. i6i5. lisait pour les envoyer justement sur
f» foyes *Vi remarque (A). l'échafaud. Citons premièrement Me-
(/) Mercure Français ,iam. ET, pag. fy- wrai j nous citerons ensuite le Labou-
RUGGÉRI.
reur. On avait trouvé chez la Mole une image de cire , qu'un Cânic Rusier , Florentin et grand charlatan , lui avait accommodée pour clutrmer une demoiselle dont il était amoureux.
/m reine mère voulait qu'on crdt qu'elle avait été faite pour dévouer le roi : U le nia toujours fortement ; mais il ne laissa pas d'avoir le cou coupé , et Coconas avec lui. On dit que deux princesses qui en étaient amoureuses firent dérober leurs têtes , et les embaumèrent pour les garder : un autre de leurs complices fut rompu sur la roue , et Ruçier envoyé aux galères» La reine mere , fort crédule en matière de devins et de sorciers , l'en tira quelque temps après pour s'en servir (i). L'auteur que je vais citer nous apprendra que la reine- mère aurait voulu que Ion pendît Cùme, et ce n'est point à elle qu'il attribue la délivrance de ce galérien : je l'appelle ainsi , quoique je sache qu'il ne rama point effectivement. <c Tourtai fut » condamné à être pendu et à souffrir
» auparavant la question Enquis
» si un nommé Côroe, Italien, savait » quelque chose , dit qu'il y a un » Italien , homme noir, qui n'a le vi- » sage bien fait , qui joue des instruit mens, qui a quelquefois clutusses n rondes et quelquefois de taffetas, et » toujours de noir Iiabillé , et est le- » dit Italien puissant homme qui fré- » quente et est chez la Nocle , mais » ne sais s'il sait quelque chose de » l'entreprise (a). » Voici de quelle manière M. le Laboureur commente cela (3) : « Cet Italien est le Cosmo » Rogiéri duquel j'ai déjà parlé (4) , » que la reine elle-même avait mis » auprès du duc son fils , sous pré- » texte de lui enseigner la langue ita- >» lienne , mais en effet pour servir » d'espion, sur l'avis ou sur la peur u qu'elle eut qu'il se dressait un parti » pour le préférer en la succession
ti) Méxerai, Abrégé cbronol. , tom. V, p. 180, à l'ann. \5>]^.
(3) Le Laboureur, Additions à Casteluau, tom.
(3) La mime.
{A) Savoir dans la page f^ot , oit on lit cas pa~ rôle* : Il n'y a guère de criminel* aussi qui ne souffrent toute sorte de géhennes 'si leur vie dé» pend de leur confession. C'est ce que témoignera ici Cosmo Rogiéri duquel nous parlerons ci-après; qu'on savait être l'un des principaux du secret , et qui avait manqué de fidélité à la reine , qui l'avait mis auprès du duc pour lui servir d'espion.
» du royaume, après la mort de Char- » les Ia , au roi de Pologne , son » frère , et pour s'opposer à son reu tour en France. Il avoua depuis à » quelqu'un , qu'après , avoir donne' » quelques avis à la roinc , il décou- » vrit que la partie serait ai forte , » pour la haine qu'on avait conçue » de la Saint-Barthélomi , et pour la » cruauté dont ce prince était suspect, » outre que par ce moyen la reine n et la maison de Guise devraient » encore gouverner, qne ne doutant » pas qu'elle ne dût réussir par nne » mutuelle conspiration des grands , » des secrétaires d'état et de plu- » sieurs du parlement , il se résolut » de suivre la fortune de son maître.
» Il en fut encore plus persuadé » quand , après lui avoir révélé le se- » cret qu'il avait avec la reine, le » duc lui confia tous ses desseins, et u se servit de lui pour amuser sa mè- » re de quelques menus rapports de » peu de conséquence, par lesquels » il s'entretenait avec elle, et péné- » trait dans ses sentimens. Un per- » sonnage de cette importance lui » donna grande part en l'affaire ; » mais la reine, ayant tout découvert, » le fit arrêter prisonnier comme les » autres , et lui fit faire son procès , » avec peu de succès néanmoins , » parce qu'il soutint bravement la » question ordinaire et extraordi- » naire sur plus de quatre-vingts » chefs, et même sur plusieurs. que » lui-même avait révèles , sans vou- » loir rien dire tant de la conspi- » ration que pour les médailles char- » mées qu'il était accusé d'avoir fai- » tes ; l'une du roi Charles pour le » faire mourir , et les deux autres » pour le duc d'Alençon et pour la » Molle, son favori , qui les portaient » au chapeau , et qui devaient servir » à entretenir entre eux une amitié » inviolable; mais qui en effet de- )» vaient faire périr la Molle, qui sur » cette frivole assurance tranchait » du grand incompatiblement avec » tout le monde , et bien loin de trou- » ver des amis dans sa disgrâce , eut » pour témoin contre lui son propre » maître et ce bon ami, comme si » nos fleurs de lis envoyées du ciel , u à ce qu'on dit, n'avaient pas Jtine » vertu d'eu haut contre les charmes.
» S'il est vrai que Côme en . débitât ,
664 RUGGERI.
>» il en garda un fort bon contre la » Étant au Ht, à quatre jours de la » corde, et qui lui réussit de Floren- » mort, le curé de Saint-Mcdard le » tin à Florentine. Catherine de Mé- » visita, et tdcha de lui remontrer » dicis le voulait voir pendre, et il ne » son devoir; mais il ne le voulut » le voulut pas ; et toute la satisfac- » pas écouter ; on a recours aux pè- » tion qu'elle eut fut de le voir à la » rcs capucins , pour voir s'il s en » chaîne , où il n'eut autre peine que » pourrait tirer quelque bonne paît du voyage de Marseille : il y fit des » rôle ; ils prennent la peine de le » amis qui obligèrent le capitaine de » voir par l'entremise de cruelques- » sa galère à le loger chez lui, et ja- » uns de ses amis; ils lui rem on - » mais sa maison ne fut si fréquentée » trent la rigueur des jugemens de » pour sa considération que pour » Dieu ; la force et la malice de Satan » celle de cet illustre forçat, qui en » en ce dernier passage , et qu'il fe- » fit une académie de mathématiques » rait bien de se mettre en bon e'tat : >* et d'astrologie judiciaire, et qui » à quoi prenant la parole, il leur » avait un garde qui semblait plus » dit d'un accent enragé et déses- » lui être donné par honneur que » péré : Foux que vous êtes, allez, » pour l'observer et pour empêcher » sortez de ma chambre , et sachez » qu'il n'échappât. » M. de Thou as- » qu'il n'y a point d'autres diables sure que la Molle avait une figure de » au monde que nos ennemis , qui cire piquée au cœur, et que Kuggéri, » nous causent du mal durant notre ayant été mis en justice comme ma- » vie, ni d'autre Dieu que les roiset gicien , fut sauvé par la reine-mère. » les princes qui nous font du bien : Je rapporterai les paroles de M. de » j'ai vécu en cette croyance , et en Thou dans la remarque (E) , avec les » cette croyance je veux mourir. Ils réponses de la Molle. » n'oublièrent ni douceur de paroles, (B) // avait déclaré hautement et » ni rigueur de menaces pour le reinsolemment qu'il mourait athée. ~] » mettre en bon chemin , mais ce fut Rapportons les propres termes du » en vain , car dès-lors il alla tou- Mercurc Français. Lia vieillesse , les » jours proférant de plus en plus de gouttes et la gravelle l'ayant réduit » très-horribles blasphèmes , comme a deux jours près de la mort , ses • » Lucilio sur le bûcher ; jusqu'à ce amis lui conseillèrent de penser h » qu'enfin il finit sa malheureuse vie Dieu y et firent venir le curé de la » comme Judas, Infelicem spiritum paroisse , qu'il ne voulut voir: on lui » non emisit, sed amisit. Le bruit de mena des capucins , il se moqua d'eux. * son désespoir fut aussitôt répandu Et comme pn lui eut représenté de se » par tout Paris ; il fut chargé des mettre en bon état pour pouvoir obte- » malédictions du peuple, et son nir la grâce de Dieu, et le jugement » corps fut exemplairement jeté à la dernier : Foux que vous êtes, leur » voierie, comme étant indigne de la dit-il, allez, il n'y a point d'antres » sépulture commune (7). » diables que les ennemis qui nous tour- (C) / Ifut accusé d'avoir attenté par mentent en ce monde, ni d'autre Dieu des sortilèges a la vie de Henri If.] que les rois et princes , qui seuls nous Pendant que ce prince était à Nantes, peuvent avancer et faire du bien (5). en l'année 1598, on lui déféra Cônie Si vous aimez mieux la paraphrase Rugcéri comme coupable de ce crime, d'un jésuite que la simplicité de ce On disait que ce personnage, qui était récit, lisez ce que l'on va copier (G), alors ecclésiastique, avait au château
a Les gouttes et la gravelle ainsi de Nantes un cabinet particulier où il
» que deux sergens de la mort, s'é- s'enfermait tous les jours sous le pré-
» tant saisis de lui comme d'un hom- texte de peindre, mais en effet pour
» me de mauvaise et difficile paye, le y donner des coups d'aiguille à une
» consommèrent à pièces , et lui fi- image de cire semblable au roi. Il
j> reotnéanmois la faveur de lui lais- avait fait espérer que par ce moyen
» ser le jugement toujours entier et il causerait à ce prince une langueur
» net pour se reconnaître , s'il eût mortelle qui le consumerait peu à » voulu répondre à leurs semonces. „ ......
(7) Spitehu* , »" Scrutinio Alhctsmi , paç.
(5) Mercure Français , iom. IV\ pas. 4«î- »3o, a tort de le mettre parmi les athées brûles
(6) Camr>c , Doctrine curieuse , paç. i5Ô, i57. iïfs.
RUGGÉRI. 665
pe u . Cosmus Bugerius tune sacris ad- ce n'étaient pas dos choses que l'as-
clic lus ad regem delatus fuerut, quasi trologic Tût capable de découvrir cer-
ipsius vitœ detestandis magiœ ariibus tainement (10). 11 conclut qu'il espé-
perniciem molitus es set. 2Yam in arce rait que sa majesté, se ressouvenant
JYamnetensi specie pingendi cellam d'un si bon service, y aurait beaucoup
peculiarem habuisse , in qud ceream plus d'égard qu'aux accusations mah-
imaginem , quœ régis speciem réfère- enes et calomnieuses de ses délateurs.
bat , diris epodis excantatam quotidiè M. de Thou rapporta au roi toutes
acu figebat, edque re fore spemfece- ces choses : ce prince, après quelques
raf, utrex mox mortifero languore tours de promenade, demeura d'ac-
senslm absumeretur (8). Le roi donna cord que la Noue l'en avait entretenu
ordre à M. de Thou et a un autre d'in- en ce temps-là , et donna ordre que
former de cette affaire. Côme, inter- l'on mît Ruggéri en liberté , et qu on
rogé juridiquement, répondit d'à- ne fît plus d informations contre lui.
bord a l'objection qui lui fut faite, Les dames avaient déjà obtenu la grâ-
et qui' fut fondée sur ce qu'il avait cède ce misérable, qui parut bientôt
souffert la question pour une sembla- à la cour fort familier avec elles. In-
ble cause, l'an i574* il soutint qu'on lemiissa ulteriorin Cosmum inquisi-
l'avait alors calomnié , et que son in- tioy et ipse libertati restilutus fuit ,
nocence fut reconnue par ses juges ; et in arctam famUiaritatem.cum gy-
que les soupçons de magie, dont plu- nœceo venit,cujusfavore h regey ciim
sieurs personnes l'avaient chargé, hœc diceret , jam gralia inarcano
tant de choses, quoique dans le vrai mais un jardinier de même nom il ne les eut devinées que par une qui fut accusé et châtié au temps de
le justifiait du crime dont il se voyait perdit issimus postea ausus est palam
accusé. 11 dit qu'après le massacre dicere quœ ad annum LXXIII. de
de la Saint-Barthélemi , on délibéra Cosmo Rugerio commemorantur , ad
à la cour de France sur ce qu'on fe- se minime pertinere, sed Thuanum
rait du roi de Navarre et du prince olitoris cujusdam cognominis tune
de Condc , et que Catherine de Médi- postulati errore allucinatum esse; eb-
cis lui demanda s'il n'avait point fait que vœsaniœ venitj utemendicato sti-
lenr horoscope; qu'il lui répondit pendio in auld oblinuerit, ut scriben-
qu'il l'avait fait, et qu'il connaissait dœ historiœ munus sibi demandare-
par-là qu'ils ne causeraient aucun tur (la). Admirez l'impudence du
trouble dans le royaume. 11 ajouta personnage. On avait les réponses
que cette réponse ht évanouir les ré- juridiques qu'il fît aux deux com-
solu lions pernicieuses qu'on avait pri- missairesqui l'interrogèrent à Nantes;
ses contre eux : qu'il s'en était ouvert on les avait, dis-jc, bien signées de
à la Noue, et l'avait prié de leur en sa main , et il y reconnaissait qu'il
donner avis, afin qu'à l'avenir ils se était le même Côme Ruggéri qu'on
conduisissent d'une manière à con- avait calomnié dans l'affaire de la
firmer ce qu'il avait répondu à Ca- Molle; mais il soutenait que les juges
therine, et qu'il n'avait répondu que l'avaient absous honorablement. Ce
par l'affection qu'il leur portait; car dernier fait témoigne aussi son irn-
. pudence, car les actes de ce procès
,$™7>«t S? r* ' " *°al foi 1a'oa ,c «nd.mil. au. g.li-
(*)) «utera plerisquc suspeetnm fuisse, (10) Id autem non La m ei artc, quàm ad fer tu
quôd astrologia? pcrilus certiorcm ac .sibi ru m pau- ergà ipso» benè aniunato fecisse , quippè cùna res
os co^nitam natalium horaram conficiendarum rju$môdi esset, ut pt-r astrologie* artis rationem
scirntiam callerct , cujus ope ac duc ta ciim raulta pjrasstari noa posscl. Idem , ibidem t col. 2, A.
multis pr»dixi<<set , in eam venixse opinionem , (it)/7/rm, ibidem, B.
quasi occulta cnm malis spiritibu» familiariute (lajThium., de Vilâ suâ , Ub. VI y ad aimum
htte didicisset. Idem , ibidem. iSçfii , pag. ia34 , col. * , B.
666 RUGGÉRI.
lis ( confessionibus ) eundem se est donc très-vrai semblable que
esse minime diffitetut, sed per calum- tre Côme était depuis fort long-temps
niant accusatum, et posteà honoiificè, tout tel que lorsqu'il mourut. Que
sicutijamdixi, dimissum; inquorur- voulaient donc dire les horoscopes
sus insigniter mentitus est , nam ex qu'il faisait , et ces images de cire
archivis curiœ ilidem constat , eum au'il distribuait comme des causes post quœstionem ad trirèmes damna- d'amour et de maladie ? Voilà des tum esse y sed aulicorum in hoc ho- choses qui s'accordent mal ensemble: minum genus prono favore pce nam tous ceux qui parlent de sa fin y font remissam fuisse , et cùm duceretur, cette réflexion : 11 avait jadis fait vinculis exemptum in auldstatim com- accroire . . . qu'il savait faire, des imaparuisse (i3). Ajoutons encore ceci : ges, etc., et toutefois cet athéiste ne
Pendant - l'interrogatoire de Nantes , croyait pas qu'il y eut des diables on représenta à Ruggéri que l'astro- (19). Les plus sages dès lors (ao) ju-
prêtre. Il s'excusa le mieux qu'il put, ment (ai). Il est sûr que ne croyant
et parla même arec mépris de cette l'existence d'aucun esprit distinct de
science, et fit serment que depuis l'âme de l'homme, il n'a pu regarder
qu'il était prêtre il n'avait dressé au- que comme des fables tout ce que
cun horoscope (1 4)* l'on conte de la magie; ce n'était
(D) Un tel personnage , ne croyant donc que pour attraper ae l'argent ,
ni Dieu ni diable, s amusait néan- qu'il se vantait de savoir faire des
moins à l'astrologie et a la magie."} images capables de donner la mort ,
Remarquez bien quelle fut sa confes- ou de donner de l'amour. Il con-
sion en mourant. Il n'y a point d'au- naissait lui-même la vanité de ses
très diables, déclara- t-il (i 5), que les promesses, et l'inutilité des coups
ennenus qui nous tourmentent en ce d'aignille donnés aux images. 11 n'est
monde f m d'autre Dieu que les rois et pas si certain qu'il reconnût la vani-
princes qui seuls nous peuvent avan- té de l'astrologie : un homme d'es-
cer et faire du bien. Il ajouta selon prit et de savoir connaît clairement
Garasse (16) : J'ai vécu en cette créan- qu'un morceau de cire formé en fi-
ce , et en ceUe créance je veux mou- gure d'homme ou de femme , et
rir. Si cette addition est du cru de ce piquée au cœur, n'est point capable
je'suite, je ne pense pas qu'il ait ex- de produire dans un sujet éloigné,
cédé les droits de paraphrase ; car on ou l'envie de se marier avec une telle
doit tenir pour une chose presque personne, ou quelque autre sorte
indubitable' que tout vieillard qui de passion. Il connaît évidemment
meurt athée a vécu long -temps qu'un morceau de cire qui représen-
athée. Ce n'est point au Ht de la te Henri IV, et que l'on approche du
mort, ni même au déclin de l'âge, feu à Nantes, ou que l'on pique en
que l'on se jette dans ce précipice; divers endroits dans la même ville ,
au contraire, presque tous les esprits n'est point capable de causer une
forts, libertins , mécréans, etc., re- fièvre lente et mortelle à ce monar-
noncent à leurs impiétés dans leurs que , dans Paris. Ainsi tout homme
maladies (17) , et meurent en faisant qui a de l'esprit , du sens, du savoir,
des déclarations orthodoxes (18). 11 et qui est persuadé que ces images
de cire ont la vertu dont on parle ,
(i3) Thnan., d« Vitftsuâ, liv. FI ', ad annum connaît très-certainement que leurs
iSfi\ f** C' *»* «♦* 1 . effets sont produits par un esprit in-
(»4) »P»e »e quibus potuit vertus etiam elevata .... n »
ea.excusavit; et inter alia adjecit «c religiosèaf- visible , qui agit immédiatement et
firmavit se postqaàm sacris addietns esset, qu&d physiquement SUT telles OU telles .diù postes fait , numquàm) natales cujusqoam ho-
ras conferisse. Idem . ibidem, D et É. , . — t rtr Mtm /„
(15) Mercure Français, tom. IV, pag. tfi. JlU> MercUr.e F""Ça»; to"' [ï
(.6) r,.r.Sse, Doctrine curieuse, pag. i57. / ^f,""' U ^ulia"lear de M' de Th°U '
(»7) royn l'article Bioi» Borysthénite, tom. M* ' M , pag. ïS-,
Ill/vag. 448, remarnueÇsl). 1 (^C'est-à-dire au temps que la Molle fut A -
(18) C'est-à-dire orthodoxes «v é^ard a la pro- capitr.
mdence de Dieu , au paradis et k l'enfer. (ai) Oaia*sc, Doctrine curieuse , pag. 1».
RUGGÉRI. 667
nnes, pendant que ces images tes, chaufie, modifie4 , comme il vous
sont réduites en tel ou en tel état, plaira , n'est cause physique de rien
Puis donc que Ruggéri ne reconnais- à Rome ; mais on sait par expérience
sait aucun esprit de cette nature, il que la vertu du soleil produit mille
connaissait clairement que ces ira a- choses sur la terre physiquement , et
g es el aient privées de toute vertu, en qualité Je vraie cause - c'est pour -
lais il ne paraît pas avec la même quoi Ton tombe dans l'illusion , et
évidence que les corps célestes sont in- Ion s'imagine que les autres astres
capables de produire sur la terre une étendent aussi jusque sur la terre
inunité d'effets. On n'ignore point que leurs opérations : et dès lors on ga-
des gens qui ont passé pour athées , gne bien du pays peu à peu ; on se
ont paru très-persuadés'des influences trouve enfin en état de les regarder
des astres, à l'égard même des actions commme la cause de tout,
libres de l'homme , et de ce qu'on Pour le dire en passant , c'est une
nomme fortune ou événemens con- illusion qui devrait être reprimée
tingens. Il n'est donc pas sûr que plus sévèrement qu'elle ne l'est : car
Come Ruggéri ait connu la vanité s'il était vrai que par la voie des ho-
de l'astrologie judiciaire. Je crois roscopes on devinât le bonheur ou le
pourtant qu'on peut dire sans beau- malheur des personnes , les circon-
coup de témérité, vu le tour de stances de leurs mariages et de leur
son esprit (m), qu'il ne débitait mort , etc.; s'il était vrai , par exem-
des horoscopes qu'à la manière des pie, qu'une opération astrologique
imposteurs , sans y ajouter nulle foi, eût découvert à Gauric que le Roi
et pour escroquer l'argent. Henri second serait tûé en duel , il
On m'objectera peut-être qu'il est faudrait mettre l'astrologie au nom-
aussi difficile de s'imaginer qu'un tel krt des arts magiques , et de ces ma-
astre, situe Je te lie sorte dans la figure nières de deviner qui sont fondées
de nativité, est une cause physique sur un pacte avec le démon. La peine
du bon accueil que fait un prince à que prennent les astrologues de dres-
un homme de cinquante ans qui le *er une figure de nativité , et de con-
salueà une telle heure, que de se sulter les règles ou'ils ont établies sur
persuader que des images de cire pi- la distinction des signes , sur les
Suées au cœur produisent un acte propriétés des maisons , sur les diffé-
'amour, à cent lieues loin, dans l'âme rens aspects des planètes, etc.; cette
d'une personne. Je réponds qu'il y a peine , dis-je , serait semblable à celle
beaucoup de gens à qui cet effet de ras- que les magiciens se donnent de tra-
tre paraît ausi chimérique que cet effet cer des cercles, d'y faire plusieurs
de l'image : je suis du nombre de ces postures , de prononcer certaines pa-
gens-là ; mais encore un coup , on se rôles, etc. (a3). Départ et d'autre
Î>eut faire illusion plus facilement à ce que ferait l'homme ne serait qu'un
'égard de l'efficace des astres , qu'à «gQe d'institution , à la présence du-
l'égard de l'efficace de ces figures de quel un mauvais ange agirait d'une
cire. On ne saurait m'alléguer un certaine manière. Il est visible,
homme savant qui ait cru que ces quand on y est attentif sans préjugé,
figures , par elles-mêmes et sans l'en- que les cérémonies magiques , un
peut alléguer des personnes doc- tre pwnts
tes qui ont cru que, sans le secours des certaines paroles prononcées, cer-
anges bons on mauvais , les planètes tains mots écrits sur des morceaux de
de l'horoscope d'un homme sont papier, etc., ne sont pas plus înca-
causedeses aventures les plus for- pables de guérir un homme dange-
tuites. On conçoit très-clairement reusement malade, ou de faire mou-
qu'un morceau de cire, piqué a Nan- rir un homme qui se porte bien,
nue les horoscopes sont incapables
(m) On a vu précédemment , dans la citation de faire connaître si un homme se
(10), qu'il assura que l'horoscope du roi de ïfavarre et celui du prince de Conde promettaient
qu'ils ne remueraient point, et cependant l'as- Bergerac , une longue description des cérémonies Irologie ne le lui avait pas appris. magiques.
(?3) Vojet, dans la XIIe. lettre de Cyrano de
G68 RUGGÉRI.
mariera heureusement , s'il sera ai- de connaître Ta venir. Notez, je> -vous mé des princes , s'il sera exile, si ses prie, qu'il est malaisé de comprenrichesses consisteront en terres ou are qu'on le puisse devenir par le en argent, s*il mourra sur mer ou secours du démon ; car quelque vaste dans un siège de ville. Cela prouve qu'on suppose la science des anges, qu'un astrologue serait d'autant plus elle ne paraît pas renfermer l'enchaîpunissable, que ses horoscopes ren- nement de tous les objets qu'il faut contreraient plus certainement la connaître pour dire certainement que vérité de l'avenir j car la certitude telles ou telles choses arriveront ; et de ses prédictions serait une marque il serait absurde de dire que Dieu qu'il exécuterait exactement les céré- le leur révèle toutes les fois qu'ils monies à la présence desquelles les veulent exécuter le malheureux pacte démons auraient établi par leur pacte qu'ils auraient fait avec l'homme, primitif de révéler l'avenir. Cela L'abbé Furetière expose très-netteprouve encore que l'astrologie judi- ment cette objection (27) 5 mais il ciaire ne saurait être une voie de oublie le principal : il ne dit pas que deviner que comme le sas, le miroir, la liberté de L'homme serait une pure la fumée, et cent autres abominations chimère , si les anges pouvaient de- (^4). D'où je conclus que l'indulgence viner ce qu'un homme pensera d'ici des tribunaux ecclésiastiques et sécu- à dix ans ; s'ils pouvaient, dis je , le liers pour les astrologues judiciaires deviner par la connaissance de la est tres-criminelle. On a de très-bon- liaison qui est entre les causes natunes lois civiles et canoniques contre relies et leurs effets, ces gens-la. Un professeur de Padoue Rien ne serait plus absurde que de les a recueillies exactement dans un demander s'il est possible que Rugouvrage qu'il publia à Venise l'an eéri , ne croyant ni Dieu , ni anges 1662 (a5):mais on ne les exécute bons ou mauvais, ait cru que ses pas. Jean-Baptiste Morin, professeur images de cire fussent de quelque roval à Paris , n'a-t-il pas joui tran- eflicace ; mais il ne serait pas absurde quillemcnt de ses pensions et de ses de le demander à tous les athées. On charges jusques à sa mort, quoiqu'il croit ordinairement que toute pertravaillat à des horoscopes au vu et sonne qui nie l'existence de Dieu , au su de tout le monde, et qu'il se nie aussi par une suite nécessaire vantât publiquement d'y posséder l'existence de tous les esprits, et une merveilleuse habileté (26)? S'il l'immortalité de l'âme. Je ne m'étonavait eu la hardiesse de soutenir que ne point qu'on croie cela ; car je ne
de puissans patrons l'eussent osé pro d'athée qui ait enseigné l'existence
téger, tout le clergé se serait ému, des démons et l'immortalité de l'es-
et ne serait point rentré dans le calme prit humain, ou qu'il y ait jamais
avant la destitution de cet impie, eu d'homme persuadé de la magie ,
Quelle acception d'erreurs! On lui sans croire que Dieu existe. Il se
laissa pratiquer impunément toute sa trouve des chrétiens orthodoxes dan*
vie un art qui dans le fond ne peut tout le reste, mais qui ne sauraient
être que magique, s'il est une voie se persuader que les mauvais anges
se mêlent de rien , et qui rejettent
(î4) rojretgn le catalogue alphabétique dans sans exceptiou tout CC qui se dit de la
le chapitre XXX r a un livre imprime a Paris . • . i i 1 1 ; .. c*ïl-
et puis en Hollande l'an i&p / intitulé : Re- m"SlC *C la sorcellerie. ^ ï> ll> SC
marques ou RéBcxion» criiiqu«s, morales et bisto- contentaient de dire qu il uy a que
rïques,sur les plus belles et les plus aj-«cables l'Écriture qui puisse prouver l'eiis-
V^LA^^1^A|An|^^',e^,^ tericcel l'opération des mauvais an-
4 auteur a pris tout cela dans l owrase de Martin .. A , . 1
del Rio, 0 ges, il ne faudrait pas s étonner de
(i5) Don Joseph Marie Maraviglia , clerc régulier, dans sa P.seudoinanlia Veterum et Ucceo- (27) Voyet le Furctiériaoa , pag. 199 el tuiv.. tiorum explosa , sive de Fide Diviuationibus ad- édition de Brucelles.
Libcndâ. (28) Vote* ci-après , dans la prem. 00L de le
(26) t'oyct l'article de ce Moai», tom. X, paged^o la restriction que l'on apporte a ceci, m
pag. 5*7. parlant des Orientaux. #
HUGGÉRL 669
leur sentiment ; car il est certain que nie l'existence des démons, tous la raison fournit de fortes difficultés verrez qu'il ne répondra rien qui contre l'empire du diable, fondées vaille; et que, si vous le pressez, vous sur les notions que Ton a de la sa- le réduirez bientôt à se taire. Oseragesse et de la bonté de Dieuj mais t-il dire crue l'univers étant infini , c'est une entreprise fort téméraire , étemel , 1 Être souverainement parpour ne rien dire de pis, que de fait, qui existe nécessairement, ne vouloir accorder avec l'Ecriture la contient rien qui surpasse l'homme réjection de tout le pouvoir du dia- en lumières et en connaissance ? bïe. Quoi mi'il en soit , cette consé- Quoi ! parce que l'homme a deux quence est fausse et injuste, V eus ne yeux, un nez, une bouche, un ccrc rayez point qu'il y ait des diables , veau, des nerfs et des veines, il vous ne croyez donc point qu'il y ait doit avoir en partage tout ce qu'il y teu.Quàntàcetteautreconséquen* a d'esprit et d'industrie dans la na-
iDieu. ^
ce, yous ne croyez point qu' il y ait un ture? Partout ailleurs il n'y aura ni Dieu , vous ne croyez donc pouit qu'il volonté, ni entendement, m passions,
Voici une autre conséquence qui pa- êtres qui ont un cerveau , vous m'ar-
raît certaine: Il y a des diables, référiez tout court; mais vous ne
donc il y a un dieu. On est tellement reconnaissez point une telle cause,
persuadé delà justesse et delà néces- Tout existe , tout agit selon vous
si té d'une telle conclusion , qu'on af- nécessairement; vous ne sauriez donc
firme, sans balancer que ceux qui me dire pourquoi la matière impal-
nient l'existence des démons dérobent pable serait moins ingénieuse que
aux orthodoxes une preuve incontes- celle que nous nommons chair et
table de l'existence de Dieu. J'avoue sang, homme, bête, etc. : et si vous
que je n'*ai encore trouvé personne raisonnez bien, vous devez croire qui. ne m'ait paru très-persuadé que que puisque l'Être infini pense dans
me tant soit peu flottant sur cette s'entre-haïssënt , et dont les uns op-
11 y a aussi dans
les composes rpu et des composés
assez de lumières pour voir cette qui le haïssent , qui ont plus d'esprit grande liaison que tout le monde ct plus de puissance que l'homme, aperçoit entre ces deux thèses, Il y Voilà les bons anges ; voila les maua des diables , donc il y a un Dieu. Vais anges. En un mot , puisqu'un Mettant à part l'Ecriture pour ne athée ne peut nier qu'il ny ait des raisonner que par les principes de la êtres méchans (3o), envieux, vindimétaphysique , ne peut-on pas soute- catifs, qui se divertissent du . mal nir que Dieu n'a point créé d'autres d'autrui, qui par l'application des esprits que l'âme de l'homme? Si corps produisent des changemens vous demandez pourquoi un être si étranges dans la nature conformépuissant n'a point donné l'existence ment à leurs passions, il se rendra à d'autres esprits, on vous répondra, ridicule s'il ose nier qu'outre ces c'est qu'il ne lui a point plu i il pro- êtres méchans qui sont l'objet de ses duit toutes choses avec une sou- yeux, il y en ait plusieurs autres veraine liberté; plus de celles-ci, qu'il ne voit pas, et qui sont encore moins de celles-là : sa volonté tou- pi„s malins et plus habiles que jours infiniment sage a été sa seule l'homme. On peut donc dire que si règle- Que pottvez-vous dire contre l'univers n'était pas l'ouvrage de une telle raison? adressez-vous^ à Dieu , il contiendrait nécessairement atli .e y demandez lui pourquoi il (3o) 0fJ Mtmd ici />rtr ces gtrcf^ le gttnrehmm
(39) Cestrh-dirc tur V existent* (le Dieu. main.
670 RUGGÉRI.
de mauvais anges, tout comme il vaiscs répandues partout , auxquelles
contient des loups , et des hommes : ils ont distribué , pour ainsi dire*
mais s'il est l'ouvrage de Dieu , il la toute-puissance divine. Cela signi-
n'est nullement nécessaire qu'il non- fie qu'ils ne reconnaissent aucun
tienne ceci ou cela , et par consé- dieu suprême, mais une infinité de
quent l'existence des démons n'est génies , les uns bons , les autres me-
pas une preuve aussi forte que l'on chans ; ils peuvent donc être tout à
s'imagine de l'existence de Dieu: la fois athées et magiciens. Les savans
'imagine de lexistence de Dieu: la fois athées et magiciens, elle est plus propre à fortifier le ma- de ce pays-là ont mis entre leurs
Voilà comment il serait possible, tre l'existence des esprits et l'i îoique apparemment cela ne soit talité de l'âme. Plusieurs re
quoique apparemment jamais arrivé, que des hommes, aussi de la Chine assurent que les gens de athées à certains égards que l'était lettres, qui sont en ce pays-Ut les ci- Rug^éri , crussent néanmoins que toyens les plus importans , ne regardes images de cire , moyennant cer- dent les cérémonies des funérailles taincs cérémonies, fissent aimer ou que comme des devoirs civils , au xmourir, à cent lieues loin. Ils ne quels ils ne mêlent aucunes prières ; prendraient ces cérémonies que pour qu'ils n'ont aujourd'hui aucun sentiun signal de convention , qui dëter- ment de rèligion, et ne croient ni minerait un diable à produire cer- V existence d'aucun dieu, ni l'immortains effets , par l'application des talité de l'âme-, et qu'encore qu'ils corps dont les forces lui seraient rendent h Confucius un culte ex uconnues. rieur dans les temples qui lui sont Je vous prie de prendre garde que consacrés , ils ne lui demandent pourjusqu'ici je n'ai eu égard qu'aux con- tant Pa* l* science que les gens de naissances que nous avons des senti- lettres du Tonquin lui demandent mens du vieux paganisme , et de ceux (36)- ^e cu*te extérieur de Confucius des Européens modernes; car j'avoue n'est donc qu'une momeriejt lenr que ce qu'on rapporte de la religion égard ; ils ne s'y conforment que par des Orientaux me doit interdire les politique. Lisez encore ceci, vous y expressions générales que j'ai em- apprendrez qu en ôtant l'intelligence ployées. On nous assure (3a) que les suprême, ils ont aussi renverse Pin- Siamois ne reconnaissent aucune di- .telligence des êtres inférieurs. Peu à Vinit*, et que cependant (33) ils P^u les gens de lettres, c'est-à-dire croient le retour et l'apparition des qui ont des grades de littérature, esprits; qu'ils craignent les morts, et aui seul* ont P*rt au gouverneet qu'ils pratiquent certaines céré- ^nt , étant devenus tout-a-fait immonies pour les apaiser. (34) Outre Pics> et Payant pourtant rien changé cela ils font presque en toutes ren- au ^ngagc « leurs prédécesseurs ,
nies ont fait de l'âme du ciel, et de toutes
contres des prières aux bons génies,
et des imprécations contre les mau- les âmes, je ne sais quelles
vais. Voilà des gens fort capables de substances aériennes , et dépourvues
devenir magiciens sans croire de di- d'intelligence; et pour tout juge de
vinité. La relation que j'ai citée ™s œuvres, ils ont établi une fatalité
ajoute, que (35) les Indiens croient aveugle , qui fait , a leur avis, ce que
aujourd'hui , pomme les anciens Chi- pourrait/aire une justice toutc-puis-
nois, des âmes tant bonnes que mau- sanie et tout^ éclairée (37).
- . M . . . , (E) « faudra noter les fautes du
(3i) M. Becker insists beaucoup a reprocher J; „ t t il J '.. jiq\ »
aux théologiens qu'ils introduisent le makiche'is- Pm <**rasse.] I. 11 dit (38) OU ««*><-
me , par Vempire qu'ils attribuent aux diables. «>» quinze jours devant le décès de
Puisqu'ils se fondent sur l'Ecriture, il a tort de n«% *j e » rrrrr « - „
leur reprocher cela. Ici je ne considère les choses 7? F* ' c.haP'^r 11 • num'
que selon la philosophie' (fi m*mtf» chaP' X^Jlf^ *> P' 4<*7, 4;«-
(3i) L. Lonbire , Relation de Siim , tom. /, r WLZàJ*mt > chap. XXIII , num. xj - -
j}^> vvvrr <c L e ' 1 5i4. Confères ce que dessus, citation (Si
(33) La même , thap. IX, num. *o , pag. 48 1 . (38) Gara*e . Doctrine curicuTc , fiVT // .
(34) Là mfme. VIII, pag. iS5.
RUGGÉRI. 671
CArac Ruggéri, l'an 161 5, on fit courir rechef attaché aux boucles et anneaux, dans Pans un petit livret qui portait a dit qu'il ne que sait ce qu'il a dit ; a pour titre - Histoire épouvantable de été remis le petit tréteau, et admonesté deux magiciens étranglés par le diam dédire la vérité, a dit: Messieurshic y la semaine sainte (3<)). Mais dans je ne sais autre chose, sur la damnale Mercure français (4<>)» on assure don de mon âme; je ne sais autre que la mort de ce Ruggéri produisit chose, devant le Dieu, vivant sur ma ce petit livre. H ne faut point douter damnation. Vrai Dieu éternel , mon que l'auteur de ce Mercure ne soit Dieu, je ne sais rien si l'image de cire • plus exact et plus croyable que a été faite pour le roi ou pour la l'auteur de la Doctrine curieuse; et reine. Interrogé oà est ladite image ainsi toutes les moralités de ce der- de cire, et si Câme lui a portée, a ait nier , fonde'es sur le mystère des que ladite image de cire est pour ai' bruits précurseurs » tombent par mer sa maîtresse qu'il voudrait épouterre. N\>ublion9 pas ces paroles du ser, laquelle est de son pays, et Mercure (40 : Le premier de ces deux qu'on la vote, on verra que c'est la fi~ magiciens était ce renommé affronteur gure d'une femme, et que ledit Câ- César, qui a tiré de V argent de tous me a ladite image, et que ladite fi' les curieux de son temps , pour leur gure a deux coups dans le cœur, et faire voir des diables , ou pour leur que ainsi la baillera. Interrogé que faire trouver des trésors, et puis s'est c'est la maladie du roi, a dit : faites moqué d?eux. On le faisait étrangler moi mourir si le pauvre la Molle y a par son diable, et toutefois il est jamais pensé ; et a supplié qu'on encore vivant prisonnier dans la Bas- fasse venir Câme , lequel dira que tille. Et le second cet abbé de Saint- ce n'est autre chose que cela. Inter- Mahc. II. Continuons de faire parler rogé ou est ladite image de cire, a dit Garasse (4a). // arriva, l'an i574, que que Câme l'a , et est faite pour une la Molle et Caconas (43) ayant été femme , et n'a donné charge audit condamnes par arrêt de la Cour , Câme de faire autre chose , et que comme convaincus de sortilèges et ledit Câme lui a baillé ledit coup enchantemens a V occasion de la mort au cœur. Interrogé pourquoi il du roi Charles IX , Câme Rug- lui baillait ledit coup au cœur , a géri fut enveloppé dans leurs accu- dit qu'il ne sait. Lui a été baillé de salions , comme leur ayant prêté la l'eau , et a dit qu'on l'âte , et il dira main forte par ses négromancies. La la vérité. A été mené devant le feu , Mole et Coconas furent punis du der- et admonesté de dire la vérité de cette nier supplice pendant la vie de Char- image decire, a dit :je renie mon Dieu, les IX. il n'est donc pas vrai qu'ils le et qu'il me damne éternellement , si furent h l'occasion de sa mort. Il c'est pour autre chose que ce que j'ai ne paraît point que leurs sortilèges dit{i\). Donnons aussi nn extrait des se rapportassent a la vie de ce prin- confessions que l'on extorqua à Cococe , et Ton ne peut pas dire qu'ils en nas par la question. Interrogé que aient été convaincus. Voici un ex- c'est de l'image de cire, a dit qu'il trait des réponses qui furent faites par n'en sait rien , et que Corne et la la Molle pendant la question : remon- Molles' entretiennent comme les doigts tré qu'il avait des images de cire en de la main. Interrogé s'il sait qu on sn maison*, qui avaient deux trous a la ait fait quelques portraits ou caractéle, a dit que non. Interrogé que tères contre le roi , a dit que non > et c'est de l'image de cire que Ion dit qu'il en parlait en bas'h un capitaine avoir trouvée en sa maison, a dit : Ah! de cette ville, qui lai a dit qu'ils mon dieu, si j'ai fait image de cire avaient rompu toutes les bagues de pour le roi, je veux mourir. Interrogé la Molle , et avait demandé audit des figures d'or qui sont a son char- capitaine s'ils avaient rompu une peau, a dit qu'il n'en sait rien. De- grosse bague comme le doigt, et que
<3q) mfnu. , pag. ,54. Vore* aussi le cou- ^f. avait quelque chose OU U trou-
tisMieur de M. de Ho„; u*. VIII, p. 53;. veraU-la. Il dit encore que quant a
(40) Tom. IV, p*e. 47. attentera la personne du roi , il n'en
(îi) Là même.
(4a) Garawe , Doctrine curieuse , pag. l55. (44) Le Laboureur , Additions à Cartel nau r
(43) Il fallait dire Coconas. tom. II, pag. t(\\.
67a RUGGÉRI.
ent savait
homme qui en sache quelque chose avec des aiguilles; il faut les faire
c'est Cw//«?(45). M. de Thou déclare chauffer à petit feu , etc. , et il en ré-
que la Molle protesta que cette ima- suite de grands changeraens dans les
ce de cire notait destinée qu'à in- personnes qui sont l'objet de ce raa-
spirer de l'amour à une femme. 7 or- ne'ee. Cela ne peut être naturel ; les
tus Mola et interrogatus de ùnagun- influences des astres ne peuvent point
culdcered, quam magicis prœstigiis être la cause de tels effets -y c'est la
ah ipso confictam , et acu in corde magie noire , c'est l'ouvrage du dc-
tactam constabat , quem in rei usum mon. Les païens n'attribuaient cette
îdfacetrt , et cujus operd ad id ute- pratique qu'aux sorciers.
retur; respondit, ut puellam quart- àkttntn% ,;,nttW^tt, cerea ,
dam in prOVMCld , quam ejfUcUm Et miseruftl tenues in jecur urget acus (48). deperiehat , hdc arte ad mutub se
rekmandum accenderet9 idfecisse; J observe que le Mercure Français ne
edaue in re usum opéra Cosmo i?u- <*it P°»n \, c?mme Gara8sc >.que
Jrii Florentini , qui mox compre- promit des images pour charmer /es
hensuset tanquam maie ficus omni- cœurs à l amour ou acharne 49) • «Pro-
no rasus, Reginœ fat*™, quœ illius mettait des images les unes pour J<ure
et hujusmodàomUtum operd perfa- rendre des femmes amoureuses de ceux
miliariterutebatur, peiiculo exemp- les recherchaient et les autres tus est (Û6)' M- Garasse n'est point J>our faire mourir en langueur telles
» de ce mauvais pas par iu larcui w > j ,
» sa maîtresse, s£ laissa chatouiller à fonte touchant les filles de Tamcr-
l cette malheureuse envie d'être te- **n : pn dit que leur pere leur fit ap-
„nu pour grand astrologue judi- F^drc la magie et . qu avec certat-
• • 1 ^«fM^ïiniirp- «es images elles facilitaient la con-
j> ciaire , et savant extraoïuinan e- » . .
* . ,1» f mrtn ii'ïl quête des provinces qu il avait des-
» ment en ce mclier : de iuçon qu u *i . , t. n .
r • -.. * * i„ à truie sein de subiuguer. Audiut ab aliqut-
w faisait état de promettre a tous les . . j t> i
» curieux débauchés des images de 9™ ^Wamm "°~
>, cire, pour charmer les cœurs d'à- verunt,quodhabutttresJîliasquasin
» mouron de haine ; et comme ces aHenvagicd fecit instrut , m 7u« me-
» deuxpassionssontégalementsottes, rabthler projecerunt, quœ mcanta- , il avait pins de pratique dans Paris « exorc««rt,one# , et ihagi»,
que s'il eût promis de donner des contra projetas quas sihi subjiccre
y, pardons ou indulgences plénières wluitfacere consueverunt , 7"*/^-
„ Un) » Voilà un auteur qui , pour r unique effectum sortttœ f uerunt (5i).
|; r™, i vftiiln Vamiio'rir 1". Les paroles suivantes ne sont pas
{trouver crue 1 on a voulu s acquérir .r . i
a réputation d'une grande hakleté oien raisonnées : Ce malheureux
dans F'astrologie judiciaire, dit qu'on rouajusques a anMDCir ence
faîsait état de promettre des images méHer mjame, tout abbe qu\l eUut
Jde cire. Ces images ont toujours pas- "™nt aux passions déréglées de
Sé , OU pour des effets , OU pour des ^ OviAe, parlant de MAie'e, in FpUt. RTp-
forfanteries de la magie, et ne Sont pas sip. ad Jason, Voye-- Frommann, d* Fa.<uia«îjo-
du ressort de l'astrologie judiciaire: «e lib. ni, part. r:€"P:ly(^'m: :,8«
i -m. • * ?. «A«kM licite aussi Horacr, sat. VIII, 1. I, etCmas^ m
on ne les met point au nombre des panrtJt ^ de et mihemiU
talismans : les manières dont On dit (/g) U est pourtant vrai que ces images soat
flll'il s'en faut servir témoignent ma- quelquefois destinées à donner d* la haine.
* Vore*. Scrvius, sur ces parole* de Virgile, erlog.
(45) Le Laboureur , additious à Caalelnau , VIII , vu 80
pae. 4n , 4i3« Limus ut hic darescit et h«c ut cera liqoeaot
(4G) Th'uan. , Hist. , lib. LVII pag. 64 , col. Uno rodemque igni
1, A. Voyei. d' Àubicné, qui n'a fait ici, non (5o) Mercure Français, tvm. IV^paç.^-.
plus qu'en cent autres lieux , qu'abWger M. de yuy e%i aussi le continuateur de M. de Tliou,
Ttiou ; fovr*, dis-je , <fAnbigné , Hiatoire uni- uv." VUI, pag. 53?.
verselle , iom. II, li*>. //, chap . VI, p. m. 688. (5i) Theodoriou à Nie» , de ScbwuU , Ut,
(47) Caïawe , Doctrine curiause, pag. i56. H,TH' m'
tous les courtisans débauchés : depuis de telle sorte dans les abîmes de cette année 1604 , il commença à u 1 «• «Hmue* ae
prendre une autre route , ctf r i7 * W ine°logie mystique , qu'il passe ploya a faire des almanachs ; /e* u/i* pour un des plus grands maîtres 5omj /e/iom de Quelbérus, d'autres de cette science. On l'a nommé sous le nom de Vannérus , ou du Pè- Je seront Dppvc 1» A * / / \
/en/, pleureux de Savoie fa). On ve- 1t 1 Areopag»te(£).
naît de joindre la fabrique «feMima- 11 comPosa en flamand plusieurs gcs de cire et l'étude de l'astrologie , ouvrages dont on garde le macomme des choses dont l'une est la nuscrit dans le monastère de preuve de 1 autre : et puis tout d'un flr<*Anrla1 i^ . .
coup on nous vient d\re qu'aussitôt £roen°al ' avec la version latine que Côme s'employa â faire des al- 9e <iuc,qtK*-uns , faite par Guilmanachs, il renonça à distribuer de laume Jordan , contemporain et ces images aux courtisans débauchés, confrère de l'auteur (c) On con- II y a Ja , outre la contradiction , un Hnt <\p ton iVnnr,„„n ' c . mauvais raisonnement. Rien n'empê- , * ,450n 1gnofance «F* il faut che qu'en faisant des almanachs, on , meltre parmi ceux qui ont ne continue d'être charlatan par rap- écrit par inspiration (d). Ou a port à ces images. Le Mercure Fian- une traduction latine de toute» çais ne s'accorde pas avec Garasse cw. r r
avec celles-ci (53): Depuis l'an iGo^ l'an 1692. Son traité des Noces
U avait fait dan en an des aima- BniriinJU 9wa,» ^îj. ^1 ' •
nacks; les uns sous le nom de Quer- SPl™u™[™ *™\ ™]Z ele impri-
bérusy d'autres sous les noms de fan- me a ^aris, en latin , l'an l5l 2.
nérus et du Pèlerin pleureux de Sa- Jean de Schoonhove a fait une
omteurs latins, P Eondre a, la «"tique de Jean
fce rson. Il n'est pas le seul ciur
fia) <,ar*ssi; , Doctrine cariense , pnc. i5G. J.. ' . . ... 3
(S3)M«curefrMç.i»,to,„./,«', £^.46V ait repoudu a cette critique. De-
RUYSBROECK (Jkan de), en Tjl^Z^ 7 * 1Tndu latin Rusbrochius .porta ce nom (n "J LVl T*"1™1 6 qUe
à cause qu'il éuit né au village „t T?"8
deRuyslîroeckdansleBrabant, t^Ll° °UI?, ?"- C ?X"C entre ^Bruxelles et Hall. 11 fu ^ V ïaUJfU
' 4C3 ^«vau sur
i i , , ses tablettes. C'étaient les seuls
vent de chanoines réguliers de rT,,,^1- „ A
j • P . Jr matériaux des ouvrages au il
J ordre de saint Augustin a Groen- r iu 1
i « jB„0Kf ** j o • 7 , mettait en forme quand il était
dal dans la foret de Sommes, à a* *i"«"u çuuc
deux lieues de Bruxelles f et enfin • ." mon.asUîre- «7»
le réformateur de l'ordre par ^ ^ leS eSt,menl beaa"
tout le Pays-Bas (a). Ce fut un nil ?'?Ti' ^"lî"1»"'"" « <l«
homme ignorant , mais fort dé- (0 Va'- André, Bibiioth. bdg., pag. 55D\
vot (A) et contemplatif . et tout- ^blk v ,
. p • . » . * . V ' (a) y oyez la remarque (K).
a-tait intérieur, et qui s'enfonça (<0 ^q>ez Gotbofr. Arnoidus, Histori.,
in) Val. André, BiMiot, Wg. pas. 555. ^^^ï^.
TOM. XII
coup; quelques protestans me- ligere cdisscrunt (a)? Plusieurs autres
les louent (IJ) Nous pourrons ^cr^vain8 on*- recouru à la même chôme les O U ^ )> ^ 1 sfi j|s on|. pre'tendu que Rusbrochius
connaître le caractère de ce mys- tirait iramédiatcment du Saint-Esprit
tique dans celui que l'on verra toutes ses lumières, et ils remarquent
ci-dessous (C). La résignation de qu'il en a juçé ainsi. Fu
ndamentum et originem horum ejus scriptorum
Ruysbroeck à la volonté de Dieu ? ongmemn
,J ' . . . , leclor, qui illumina Us mentis oeuhs ,
s'étendait jusques aux peiqes de san0(,ue spiriluali gustu , ad discer-
l'enfer (D). H mourut le 2 de nenitum bonum à malo gaudet, facile
décembre ï 38 1 , à l'âge de qua- purum et diuinum cognoscet. Qud
tre-vingt-huit ans. On veut qu'il caus«et f^respromUeuc ferè ,V
n e . * scriptionibus librorum ejus ejusmodt
ait fait des miraclçs , et 1 on a testimonia proposuerunt. Hos nem^
tâché de le faire béatifier (E). librosdivinitate et illuminatiooe ple-
J'indique les fautes de Moréri nos, acà DEO inspirâtes esse. Et in w-
et de l'auteur * des Essais de tœejusHistondnarmtur,cap. VIII,
et uc luutcui , py 4 , quod a Gerardo Ma g no inter-
Utterature (v). Je n explique rogatus, sic responderit : Certum ac
point le sujet de la dispute où firmum habeto, nullum me unquàm
(ierson entra contre le livre des verbum scriptis meis inseruisse , nisi
ex instinctu apintus Sancti , et in
en peu ae mois ce qu connaître là-dessus (g)
squente cap île quod p 1er unique solus in sylvœ abdita se Tempère consueverit , atque ibi •L'auleur des Essais de Littérature est summo silentio, quœ ex Dei spiritu Tablé Tricaud , à qui I on doil aussi les hausisset, in scripta redegerit , hocque Remarques critiques sur la nouvelle édition pacto omtlia sua Opéra conscripseril , du Dictionnaire historique de lfforéri , qui atque ita minimè ex aliis congesseril. font partie du tome XV de cette édition Quippe nulld litterarum eufturd or- (g) Du Pin , bibliolh. lom. XI , pag. b$ , natug ^ ar(em /w/JC nescit,U (3). Ce „„e
édit. de Hollande,
(A) Ce fut un homme ignorant , mais f on devot. ] C'est ce que témoigne l'abbé Trithèmc , Wr, ut ferunt , devotus , sed par km litteratus ( I ) . Denys le Chartreux observe que Rtishrochius étant idiot, a eu néanmoins des
pensées si sublimes qu'elles «vis- imlibros suoi dictarvtt Hàbue-
scnl en adm.rat ™ ; ' W J«- ril /0 consuelul,ine , «t , dura divin* qu'a 1 extase, les plus excellens pro- iH^ationisradinimmadesceret, so-
je m'en vais citer de Valère André eclaircira et confirmera tout ceci. Vir dk'inœ contemplationi addictissimus t et sanctitatis majoris quant doctrinal; ckm ea , auœ scripsil , divino spiritu edoctus %'idealur. Narrât enim Henricus k Pomerio, cjusdem instituti ac ilœque scriptort quod
lo
ci ivligwsus , i>
H]riv iv o,me rue ^^^«'«^ commendans, secum solehat, ad moquod Rusb+chius, cumvliota esset, nastcrium rediens j apporlare . sic(Jue
nihilominus merito sanctitûtis et simplicitatis suœ, tam supernaturales dit'inilks theorias sorlitus est , et in suo quoque vulgari idiomatc ïam subtilissimas t'évitâtes conscripsit , ut excel-
inteipolatis t'icibus edidisse suas libres (4). S'étonnera-t-on après cela de
(1) Dionys. Cnrtlmsianus , serra. I de Gonfessnon Pontif. , apud Gotiiofrcdum Arnaldam , in Uistonn Tl.eolop. mystiew, juig. 3o; , on il du lentissimi sacrœ theologiœ prof CSSOrcs nussi : e\ liinc Dionrsium illum nuornjMvit alt*-
spiritum prq^dmiratione vixhabcant, If11?"™ ^u^utZ^Trln
seque sentcntias ejus non posse intel- u (ïc b0TÏ\s SpiritAsSancti , an. i3.
(3) Gothofr. Arnaldu» , ibidem, j>ag. 3io.
(4) Valor. Andréas, BibliotL. befg., J"Hi- 55>,
(1) Tritlu.ni. , apud Cesner. Biblioth.^ folio
verso.
RUYSBKOECK. 675
la plainte que beaucoup de gens ont » Trime épurée et éprouvée. H monfaitc que les livres de Kuyshroeck sont » tre comment après diverses mortitrès-obscurs (5) ? Comment ne le se- » fications, purifications et épreuves raient-ils pas, ayant été composés par » de l'âme , il se suscite dans elle de un homme sans étude , et sur des ma- » degrés en degrés de nouveaux états tières de théologie mystique , où.l'on » de vie divine, premièrement aérien tend presque rien lors même mie » tive, puis passive, dans les puisles plumes les plus délicates et les plus » sances inférieures de l'âme, après
après
^ o'U il m s 1rs sum-niîiirvs ( !.i
(D) Il y a des getis qui les estiment
savautes y sont employées? » cela dans les supérieures (la mé-
» moire, l'intellect et la volonté) :
louent, et il parle aussi des calvi- » y manifestent leurs opérations ado-
nistes qui en ont jugé favorablement; » rables. C'est le système le plus
mais il ne devait nas mettre (7) de ce » beau , le plus substantiel , et le plus
nombre François Swertius, qui est un » avancé et profond de la théologie
auteur bon papiste. Apparemment ce » mystique,qui se soit jamais vu(io). »
qui l'a brouillé est de s'être souvenu M. Arnold us (f 1) cite des auteurs qui
qu il y a un livre intitulé Athenœ Ba- observent qu'Henri Harphius a em-
tavœ , dont l'auteur était calviniste , pruntédeRuysbroeck presque toute la
et de n avoir pas pris garde à la dif- matière de la contemplation dans son
ber pas quelquefois dans cette espèce tère d'Harphius. d'erreur, avec quelque vigilance que (D)La résignation île Ruysbroeck h 1 on s observe.. U volonté de Dieu s'étendait jusque.
. , ies
(L) D/ous pouvons connaître le eu- aux peines île l'Enfer.] C'est-à-dire
ractère de ce mystique dans celui qu'il ne trouvait rien de meilleur que
qu on a vu adleurs (8) , et dans celui d'être prêt à souffrir tout ce qu'il
que l on verni ci-dessous] On usure plairait à Dieu de lui envoyer, la
dans 1 ouvrage qui nous a fourni le mort, ou la vie , et les peines mêmes
caractère de Taulérus, que Rusbro- infernales. Il s'en expliqua de la sorte
chius, son contemporain, et en quel- un jour qu'on tâchait de lui inspirer
que façon son maître, est a peu près quelque crainte de l'enfer. In llisto-
de mâmecaractère que lui, et va même Ad illitts, cap.^lll, legitur : « Quod
quelquefois plus haut et plus metho- » Gerhardus , chm quàixdbque insoli-
diquement (9). Deux pages après , ,, tam in liusbrochio erga Deum ji-
on assure qu'Henri Harphius appro- „ duciam , non ex te me rit aie , timo-
xisi
. ■ .nfe.. ...
" '«"dans la profondeur des états in - „ Scripturœ commemorandis senten-
» teneurs d'une Ame abandonnée à » tiis attenlaverit. » Sed quanta plus
» Dieu ; en quoi l'on s'aperçoit, bien ei quandam injiccre formidinem con-
» que Juisbrochius ne lui a pas été nitcbalur, tanlo vir plus majori in
» peu a secours. Son caractère est de Deum amore fervescebat ; et tandem
» Proposer la résurrection gradative respondit : Magister Gerharde , fixum
» îles états de vies spirituels dans et certum habe, me ex animo para-
(.".) A,,.oi. , mst. Th«ol. mysiica- , pa«. 3n. tum esse »«1 perferenda omnia , qua;
Ci) Histori* Theol. myslicse, pag. 3o7 et soi. DomillUS lllilli QCcidere Volet , sivo
C) ibitiun , pitg. 3„,j. mors sit , sive vita , sive eliam ipsi
is) ihuit lu lymar'/ue (K) ,lc l'article Taull- intolerabUes cruciatus inferorum. Ne-
:.us , Loin. Ai h . . .....
(u\\„-iirt> ..1 1.1 \ . .■ *IUC cnim «ruicquam mua vei meun-
\\\) iiciirc touchant le* Autcius my.sli.iui> ( un- 1 1 1 •*
>•/">*••' <iv 'i: lu Tliéolo^i»: ;( iiuaui<|uc, pu^. i.i . (m) Là infini' . p(tç. i5. '■•tu. d t n.a .nLun, ,-.,„. Arnold. , jlLstr TLcol. myst. , pag. 3ou.
dius, vci molius , Tel saiubrius ju- traduire: Hœc verba monsirant nobis dico , nec quicquam aliud vel peto , locum debilem theologiœ arcfiiepisvcl dcsidero, quâm ut amantissimus copi Cameracensis. Il y a beaucoup Dominus Deus meus promptum me de différence entre la folie d'un semper atque paratum inveniat , atl hommt et le faible de ses dogmes, suae arbitrium voluntatis. Hoc bre- (E) On veut au U ait fait des miraviter totum viri hujus principium de clés, et Von a taché de le faire héatitegit(ii).M. Arnoldus, dont j'em- fier. ] C'est ce que vous trouverez prunte tout ceci , venait de dire que dans ces paroles latines : Plura de Kuysbroeck s'arrête moins que ne font vilâ et miraculis sancti hujus viri p les autres mystiques à la crainte ser- post Hcnr. à Pomerio, Marcus Mastevile et à l'activité propre qui en ré- linus , ejusdem loci Religiosus 9 in sua suite, et aux exercices inquiets de la JYecrologio ViridisValUs , lib, II, loi -, il ne tend qu'à la vertu libre de cap. I et seq. Descripsit et acta vitœ l'Évangile , et qu'à l'efficace de la nou- ejusdem Thomas de Jesu , carmelita velle alliance, de la manière qu'elle excalceatus, Gregorio Xf^, pro obtise manifeste par l'onction de l'esprit nendd illius beat'ificatione prassenfilial à tout vrai croyant. Character tata(i'j).
mystici hujus doctoris (Rusbrochii) (F) J'indique les fautes de Mbreri, in multis ad Tauleri supra excerptum et de C auteur des Essais de Litléraaccedere videtur. Attamen judico , ture.] I. Il ne fallait pas dire que le Husbrochii propositionem lon^è pu- village de Ruysbroeck est sur la Samliorem et vivœ ac fiduciali ûdei in ^ y ([ans /e Rrabant. Il serait fort nomen Jcsu in nobis conformiorem difficile de trouver sur le rivage de la esse. Deum miniis ac omnes ferè alii Sam bre quelque village qui apparantiquorum mysticorum theologo- tienne au Brabant; mais en tout cas rum, timorem servilem et indè orien- cela ne conviendrait point à la patrie tem propriam activitatem ac légales , Je Rusbrochius. Elle est située sur la anxiasque exercilaûones intendaty etè rivière de Senne , entre Bruxelles et contrario ad liberam Euangelii virtu- Hall. Valère André, et le père Labbe, tem et ejfficaciam novifœderis tan- qU{ ont été les originaux de M. Motummodo ducat , eo modo , auo hœc se réri dans cet article , marquent cela per unelionem filialis Spiritds uni- en termes exprès. Comment, donc ac nique vere credenli révélât {\$). t-il pu croire qu'un lieu situé entre Observons en passant qu'il n'y a ces jcux villes fût sur la Sambre? guère de dogme sur quoi l'on relance \\% Quand on dit que Rusbrochiusjfa* avec plus d'exclamations les mysti- premièrement prêtre et vicaire de l'éoues, que sur le consentement à sa gUse de Sainte-Gudule, on ne fait damnation éternelle. M. Juricu ne pas assez d'attention à ces paroles de s'oublie point là-dessus ( 1 4); maison foriginal qu'on veut traduire, fuit
reproche cela assez fortement, et plu- et curé de l'église de Sainte-Gudule ; sieurs autres défauts , et surtout celui car [\ eut ^ inutile, ce me semble, de
de Cambrai. Il le traduit ainsi: Hœc de Rusbrochius ; il a mis celle de pr«*-
verba monstrant nobis amentiam ar- tre devant celle de vicaire , en dépit
chiepiscopi Cameracensis : il fallait de Valère André qu'il copiait. III. On
ne connaît point de mo/itfi£c!-e</<; Pal-
(,a) Arnold. H»t. Theol. myst. , pag. 3i3. yen au voisinage de Bruxelles : celui
(i3) Idem, ibidem, pas. S\i. , „ , i • r * , „„.
) /\n t •„ „i«Ti»«w. dont Kusbronhius fut prieur se nom-
lia) Dans son Traite historique sur la Théologie » i *r 1 » i i*
mystique, imprim* à Rottenimn, l'an 1691). me Orocndal. Valere Andrc le lau-
(1 5) Arnold., Hisl. Theol. mystic», pag. 543
et srquent. ( 1 7) Valer. Andréas , Bibliolh. belg. , V-
(iG) Hem , ibidem , pag. 537 et se'l' (,S) ttiem > 1 PaS* ^55.
RU YSBROECK. 677
mise par Viridis-Vallis ; mais M: Mo-. Tractatus de*prœcipuis Virtulibus.
réri ne devait pas tourner en français Liber de Fuie et Judicio. De quatuor*
ce latin-là : il devait donner le nom Tentationibus. De septem Custodiis.
vulgaire de ce couvent. M. du Pin n'a De septem Gradibus Amoris. De
pas eu raison de dire que Rusbrochius Profectione FUiorum Dei. Regnum
a e'té prieur du monastère des cha- Amanlium Deum.DeverdContempla-
noines réguliers de ffavre, dons la tione. Epistolœet Cantiones. Il assu-
forét de Soignies (19); car Wavre re que Ruysbroeck fleurissait l'an
n'est point dans cette lorét , et c'est 1 3go , comme l'a remarqué Trithème ,
un prieuré de béne'dictins : et après qui Ca aussi confondu avec Jean Rus-
tout c'est de Groendal, et non pas de bach : néanmoins il venait de dire que
pas de Soignien , comme a fait M. Mo* place sa mort qu'en i3go (a3). H pré-
réri. V. Denys le Chartreux n'est pas tend que plusieurs auteurs ont,ob-
du nombre de ceux qui ont traduit servé qu'il fallait faire cette distinc-
cn latin les ouvrages de Ruysbroeck. tion entre Jean Rusbach et Jean Ruys-
VI.Ruysbroeck mourut à l'âge de qua- broeck. Il ajoute qu'outre cela, u a
tre-vingt-huit ans , et non pas à 1 âçe pour garant Conrad Gesner , dont la
de quarante-huit (10). VII. Au lieu ae nibliothéque est très-estimée , et qui
citer Marc Mastelin in flfecro Viridis* constamment connaissait mieux les
VaMs , il le fallait citer in Necrolo- auteurs de son pays qu'aucun autre
gio Viridis-Vallis. VIII. Il fallait ci- annaliste. C'est faire en peu de mots
ter le IIe. livre , article XIII , de De- beaucoup de fautes : car en premier
nys le Chartreux, de Donis SpiritUs lieu la Bibliothèque ae Gesner ne con-
Sanctif et non pas le Ier. livre, arti- tient quoi que ce soit de Jean Rus-
cle fil. bach , et en second lieu Gesner était
L'Anonyme qui a commencé au Suisse , et non du pays de Jean Ruys-
mois de juillet 1700 de publier à Pa- broeck: et notre auteur ne dit rien de
ris , Essais de Littérature pour la la patrie de son prétendu Jean Rus-
Connaissance des livres, & donné l'ar- bach. Veut-il qu'on le fasse Suisse, et
ticle de Rusbrochius dans les Essais qu'on infère cette conséquence de ce
de novembre de la même année (ai), qu'il a dit de Gesner? Mais en ce cas
Ce n'est presque qu'une paraphrase là il faudrait aussi conclure que Ruy s-
du Morcri; il est tombé dans les six broeck était du pays des Suisses. En
premières fautes que je viens de re- troisième lieu il confond avec Gesner
marquer, et il y en a joint d'autres ceux qui ont abrégé sa bibliothèque ,
qui sont très-grossières. I. Il dit que et qui y ont ajouté de nouveaux ar-
les œuvres de Rusbrochius , impri- ticles : ce sont eux qui parlent , non-
mées à Cologne Tan i55a et l'an 1600, seulement de Johannes Rusbachius,
sont in 4°- Cela n'est vrai que de Fe- mais aussi de Johannes Rus be rus ,
dition de 1600: l'autre est in-folio, comme de deux écrivains distincts de
K. Il ignore l'édition de Cologne, 1693. Johannes Rusbrochius, Ils s'abusent
III. Il dit qu'on a remarqué que Ger- lourdement : ils coupent un auteur son était si prévenu contre teur, qu'il ne pouvait pas entendre parler. M. du Pin
traire , assure que Gerson avoua dont ils marquent l'édition de Colo-
ensuite qu'on pouvait excuser Ruys- gne, i55a, apud hœredes Quenteli ,
broeck (11), IV. L'Anonyme veut qu'il se trouvent dans l'édition des ouvra-
yaiteu un Jean Rusbach, quia etécon- ces de Jean Ruysbroeck , faite à Co-
fondu avec Jean Ruysbroeck. 11 donne loçne l'an i55s, chez les mêmes im-
à ce Jean Rusbach les livres suivans : primeurs. Et pour ce qui est du livre
. \ r» n- „.... . rv a, qu'ils attribuent à Jean Rusbérus , </e
(ii)) Du Pin , Biblioth., tom. IX, pag. m. 84, ^
(10) Cette faute se trouve dans l'édition de Pa- („3) C'est là que Tritfaème pktce l'e'tat Jloris- " ,b9f> ; ™n Vas dan* l" précédentes. Sant , et non pas la mort de Rusbivehius.
(ai) Pag. i3a et suiv. (aij) Lnbbc , de Scriptor. eeelesust., tom. I,
(11) DuP,n, Bibliothèque , tom. XI, pag. 84. pag. G04.
678 RUSSILIEN.
Orna lu spiritualium N*ptiarumy li- gue OÙ il introduisit la Philosobrilll, il est horsded&utc que c'est phie qui représente ses griefs à un ouvrage de notre Ruysbroeck(a5): 4- . V 1 & Fauteur des Essais en convient lux- keon A.
mémc (a6)- (A) Les inquisiteurs trouvèrent
(15) Vojn Valère Audrc, Biblioihcc. belg. , fort étrange qu'il eilt le front de
*TSftF^î.a-iîtt*r.t«* no»™** mVi *0lllenir plusieurs sentimens qui leur (.6) Es-,, de Littérature , nov. ,7o2 , p i36. paraissaient -, |j soutenait que
RUSS1LLTEN (Tibère), en la- Jésus-Christ , eu égard à la com-
tin Russilianus , philosophe très- P!exl°n .?u corPs et A > suite de sa « .•• t , . i j- ' vie> était soumis aux influences des
subtil et ; tres-hardi , a vécu au astres. que le temps et que Ie cicl XVIe. siècle. Il était Calabrois , n'avaient point de commencement ; et il fut l'un des plus fameux dis- que le déluge de Noé n'était point un
ciplescTAugUStinNiphus II était ^cident singulier. Il renouvela plu-
• r • . ° t . , r sieurs des propositions de Jean Pic,
Si prompt et Si brusque , que, qui avaient été condamnées. C'est ce
lorsqu'il disputait avec d'autres que témoigne Gabriel Naudé. Tant
étudians, il en venait quelquefois ardenter Pici Mirandulani vestigiis
aux mains , ce qui fit que Ni- <*rlum > «f non secàs ac
> . i - -i • » proposttiones s un ru quadvinxen-
phus,par une turlupinade qui tas ^ex omni ferntè scientiarum ge-
en ce temps-là pouvait passer nere selectas, publiais inltaliœ gynt-
pour une fort bonne pointe, le nasùs , disputandas proposuerit; sed
nommait Turbérius (a) au lieu wMtanun ac fanuniibu, , quem-
j m.i , . /tx ti u i admodum etiam Pico contiqerat , sa-
de Tibénus [p).\\ eut 1 ambition cris fuei quœsitoribus , qui patienter d'imiter Jean Pic , et peut-être ferre non poterant, ab hoc tant prœînême de bien renvier sur lui ; coc" ut sapientiœ, sic œtatis philoso-
car il exposa à la dispute publi- » Çhristu»' fl™"1 sui corporis j " . . " j,r tempenem, et uttœ morttsque histo-
que, dans plusieurs collèges d 1- naw Ugibus astrorum subjici : temtalie, quatre cents propositions ti- pus, et cœlum , tfarationis œternœ rées de presque toutes les scien- constitui; inundadonem illam univer-
ces {C). L.es inquisiteur* en îre- duntaxat accidisse contendimus, san-
mirent, comme ils avaient tait et dicacibus verbis excipi, quasi
à l'égard d'une semblable démar- certîs temporum inclinationibus re-
Che de Jean Pic , et ils trouvé- **rti soldant ' Cœtcra denique pla-
fu«* '. - d *i cita quœ dudum a Pico in médium
rent fort étrange que Russilien, pnplita > te,„erita,„ , el
dans une si grande jeunesse , eût labis damnaia fuerant, rursum in
le front de soutenir plusieurs scenamacademicarumconcerlalionum
sentimens qui leur paraissaient palœstmmreuocari(x)M. Heidegger
/Avl ti i • lace usa d avoir soutenu 1 opiniou
impies (A). Ils lui suscitèrent d,un ccrtain Heuri MechUnilJ, tîis-
des persécutions qui ne 1 eton- ciplc d' Albertle-Grand , que le délièrent pas, et il eut le courage luge était arrivé par la vertu de la de publier contre les moines conjonction de Jupiter et de Saturne * i ' • t ' • /t>\ a 1 extrémité du si<mc du Lancer, une apologie tres piquante (B). vis à vis Jo la constellation du Na-
J'ai cite ailleurs (d) une haran- vire. Et Mechlinius quidem in Com-
OOCcst-à-Mrc, auteur Je troubles. menlariis, quos edidit in mafias
O Ail;.„si. Niplius.dc Viro aulico, vaV. Albumasans conjuncttones , rejert ,
LIX pag. 3ib*. se invertisse ex astronomicis supputa-
c) f'ojcù Nauio m Judicio île Aug Uonibus , quod Dfoëdcum diluvium
' P,{!>- 4°* prœcess&it conjunctio quœdum ustn>-
^ï* U.ins la remurtptc (B) lu . article %UM1US , to n XI , inig. i (t) Nauil.tus, in J».lui»i de \ipln) . pu*- 4"«
RUTILIE. (i79
vum, generalem, aquarum illuvionem qu'il le fit. Ce qu'il y a de singuinducens r, nimirum Jovis cl Saturai |ie|% est qu»on pr(îtend qu'j| <]c t/i fine Cancn, e regwne Argolicœ • . i
„a4 per feum <f/am ami #oé si- manda a etre instruit Sur des gnificatur. ferum hanc sententiam circonstances qu il avait déjà désuperiori seculo h Tibcrio Calabro bitées dans ses ouvrages (c). Ceci ^/«^«n iW»tow£ ffieronrmus Ar- montrerait que même les grands melhnus domtnicanus , edilo pecu- , /. . . , o ...
/ian adverse eiun volumine, in ç«#^uteurs oublient les choses qu'ils eam tamquhm hœrcticam œstuanle sto* on t publiées. macho damnavit (a).
(B) // eut le courage de publier (c) *'°jr** l*r*marq*e &h contre les moines une apologie très- (A) Séncque Va proposée en exemptante. Continuons défaire parler pUtm j Cest'dans le livre qu'il écrivit Gabriel Naudé. Quamobrem sevenus pendant son exil , pour -consoler sa inillum, et diligentms mqmrere cœ- bonne mère. Il Hiivite à imiter entre perunt, sed eo iamen veluti dubiœ autres dames courageuses, notre Rutipugnœ exitu ut Trberius eduo ad- Ue. RudUa , àit-i\ (1), Cotlam filiurn versus cucullatos Apologetico y talem secuta eH in exsilium €t 'è e6 emm libella suo Utufum esse voluU , fuU indulgentia constricta , utmaUet et opimones suas libgnus quam an- exsilium pati, quhm desiderium : nec tea fecisset propugnâsse , et acnus antè in quhm cum filio ^
ejusmodi censores suos, quam rationi diit. Eumdemjam reducem . et in Reconsentaneum esset , pupugisse vide- pubUcd Jlorenlem tam fortiter amisit, relur (â). quhm secuta est : nec quisquam lacri-
(1) Heidegger. , Histor. patriarch. , exercitat. mas ejus post elatum filium notavit. XVIII, pag. 538, tom. I. Il du la même chose In expulso virlutem ostendit; in amisdans sa dissertation de Signis caîlestibus , p. G79. so prudentiam , nam et nihil illam
(3) Naudiru» , in Judicio de Nipho , Pag. 4,. a pietate déterrait , et nihil in tris-
RUTI LIE , dame romaine , ^ rS^T^i StuUdq™ /* •
j n ir » • nuit' ^um fus te numeran fœminis
sœur de ce Pubhus Rutihus qui v0lo, quarum vitam semper imitata
souffrit si constamment l'injus- « , etc. On me permettra, je m'assu-
j>Il
supporta la perte avec beaucoup M crueHcs peines que la justice ait
de courage Sénèque Ta pro- " uZ^T pour Pun^ ^s coupa-
b w , ,?N n. K » oies : il nous sépare de tout ce ciue
posée en exemple (A). Ciceron » nous aimons, et il semble qu'il soit
avait voulu faire la même chose; » une longue mort qui ne nous laisse
mais n'étantpas assez éclairci du " "n ï,c" ^e vic <lac Pour nous ren-
fait, il s'en informa à Pompo- " fc*1™ fables Cependant il
• a..- • 1» 1 ♦ " sest trouve une mère qui aima
nms Atticus qui ne sut l en bien „ mieux souffrir la rigueur de ce
instruire (B). Comme on n'a w tourment nue la violence du dësir,
point l'ouvrage où il voulait fai- M ct aui voulut accompagner son fils
re entrer notre Rutilie {b), nous " Z'Z^^T 1 K°UT
,., v n pas condamnée a recretter son ab-
ne savons pas s il trouva toutes „ sence, et à souhaiter son retour. »
les lumières qu'il cherchait, et Mais qui avait dit au fperc Sénault
s'il parla d'elle effectivement ; (l,u,en accompagnant son fils , elle
mais il est fort vraisemblable ^ffioS lA^SZ^
(«) Voyez la remarque (A) vers la fin. (|) ^ de ConHO,at,onc ^
J-) Ccst celui de Consolationc. XVI . v.,$. m. '
680 RUTILIE.
de Rutilia s'appelait Caïus Aurélius II voulait savoir si Rutilie était mor-
Cotta. Ce fut un bon orateur (a) : il te avant ou après son fil*. RutUia vivo
fut banni pendant les querelles de ne C. Cotta filio suo mortua sit , an
Marius et de Sylla , et revint à Rome mortuo ? Pertinent ad eum llbrum
lorsque le parti de ce dernier y triom- quem de luctu minuendo scripsinuis
ϻha. Il fut consul Tan de Rome 678. (5>. Dans une autre lettre , il se sert
1 est probable qu'il mourut deux ans de ces paroles : de Rutilid, quoniam
après , d'une blessure qui se rouvrit, videi*is dubitave , scribes ad me ciim ce qui le priva de la gloire du trioméfreics , sed quam primiim (6). La note
phe qu'on lui avait décerné (3). 11 de Corradus est trop curieuse pour
n'est point le Cotta interlocuteur ne devoir pas être rapportée : Alor-
de Cicéron dans les livres de Dfatu- tuo mortua est quod mi ru m Cice-
rd Deorum , comme Glandorp le dé- ronem tjuœsisse , quam in libris (Jm-
bite (4). toriis jampridem scripsisset Coltam
(B) // s'en informa h Pomponius ipsum sibi sermonem illum rctulisse Atticus, qui ne sut l'en bien instruire.] Atticus eliam duhitabat, quum
tamen uterque et Cottam et Ruliliam
Cicero , de Oratore. lib. I cap. VIII; et ^disset (j). mBruto, cap. XXX. Voyt% Corradus, m Bru- "
tum Ciceronis, pag. 3io etseq. (5) Cicero, epist. XX, lib. XII ad Allicuai.
(3) Consultât Sigeaias, in Fastis Consul. , ad (6) Idem, epist. XII ejusdem libri. ann. 678 , 680. (7) Corradu* , in «fût. XX , lib. XII , ad AiU-
(4) Glandorp. , Ononaast. f pag. 144. cuoi , pag. 3a8 , edit. Grœviand.