‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 141 sur 142 · ROTTERDAM · texte numérisé non relu

ROTTERDAM

tonnage , allèrent visiter avec rcs- chie la statue d'Érasme fut ôte'e de

pect la maison et la chambre où il sa place comme une chose qui res-

otait né. M. de Monconis (17) n'en sentait le papisme. On la porta dans

dit pas tant j il se contente de mar- une maison publique, et on délibéra

quer la posture de la statue , et de s'il ne serait pas à propos de la fon-

rapporter les inscriptions de la ne- dre. Les magistrats de Baie n'eurent

tite maison; si ce n'est qu'il dit qu rÈ- pas plutôt ouï parler de cela , qu'ils

rasrae a donné l'invention de la tour- chargèrent quelques marchands de

be (18) , et la manière de voiles pour leur ville de prier un correspondant

aller a tous vents, comme vont les qu'ils avaient a Rotterdam d'acheter

banjues et les yachts ; ce qui me sem- cette statue à un certain prix. Le cor-

ble aussi peu vrai que ce qu'il venait respondant entra en traité pour cet

de dire, que VLscaut et le Rhin achat , et il ne tint qu'à peu de chose

joints, passant devant la ville de Ilot- qu'il ne fût conclu. Ayant rendu

teidam , et en côtoyant une partie , compte de sa commission , il reçut

entrent encore par deux grands ca- un nouvel ordre de donner aux ma-

naux en dedans. Mais M. Bulart (19) gistrats de Rotterdam tout le prix

nous confirme le passage de M. Joly ; qu'ils demandaient ; mais ils s'e'taient

car il dit que lorsque Philippe II en- ravisés dans cet intervalle de temps,

tra solennellement en la ville de Rot- et avaient conclu qu'il ne fallait ni

terdam , comme prince souverain du vendre ni fondre cette statue, mais

Pays-Bas , le sénat Jit mettre, pour la remettre en sa place , et cela fut

son plus grand ornement, la statue exécuté quelque temps après. Le mar-

d'Erasme au naturel devant la mai- chand qui avait reçu la commission

son où il était né , vêtu en habit ec- de l'acheter pour MM. de Bâle m'ara-

clésiastique , tenant une plume de la conté cet événement depuis deux

main droite , et présentant de la gau- jours (ao).

che au prince un rouleau dans lequel (C)... Dont elle nçoit un si grand

on lisait, éclat.'] Je ne vois guère d'auteurs

Serenissimo Hispaniarum Principi D. Pbilippo a <I.IU en écrivant quelque chose sur la

Burgundiâ Desiderius Erasmu* Rourodaraus. vie d'Erasme , ne fassent attention à

Foterodamus ego non inficiabor Erasinus , l'éclat qu'il a répandu Sur Sa patrie.

Ne videar cives deseruisse meos. C'est par-là que du Verdier-Vau-

Ipsoruminslinctu,princepsclarissime,salvum Privas(ai), et M. Bullart (aa) débll-

Ingresswnprecoradlimma nottra tuum , . . j W,i «"M^-V*"1""

Atque hune nuo possum studio, commendopo- lent danS 1 éAoge *ïu 1,3 ont fait de Cet

peiltun enfant de Rotterdam. Les paroles de

Maxime prœsidii* , Oetart nate, tuis. Rliénanus à ce suiet sont trop belles

le Dominum a^noscunt omnes . te principe m» j * - 1 4r

gaudenf, ' Frmctpe pour n ôtre pas rapportées. DTatus

Nec qùicquam toto charius orbe tenent. est , dit-il à l'empereur Charles V

Notez que M. Joly aurait pu citer (a9». abavi f." F^riei III. Aug.

un auteur plus authentique dans ce P^tmis imperti anms ad quintum ca-

fait-ci, que ne l'est Sébastien Munster: knAnovemhnM , Roterotlami in Hol-

car il aurait pu citer la relation es- landlj tua infen™s Germaniœ pro-

pagnole du voyage de Don Philippe, umcid > (luam ohm lialm>i Possetle-

çrince d'Espagne , composée par Jean runtl nun? ^agu notam studiosis

CJiristoval Caluété dé Estrella. Notez ommbu* ?b «»"« 'ndtgenœ Erasmi

aussi qu'en 1672 la populace s'étant incunabula, quant velerum incola-

soulevée dans la plupart des villes de mm mem?na 9««»>?tl>et belhco robore

la province de Hollande , Rotterdam Prœst(tnUu^ H<>c alumno Roleroda-

fut quelques iours à la discrétion mum <>PPf«™ "mper jactabit , et

des mutins , et pendant cette anar- d?«»'rU commendatum. lt pourrais

citer bien des auteurs qui , pour re-

(i^Voyagf pan. II, pag. i2{) i3o. Toutes lever la gloire de Rotterdam, ioi-

ces fautes de Moncotiis se trouvent dans un livre ° » J

nui acte imprimé Van »6qa , et qui a pour titre: . . , .

Tlieatro belgico. Voyei^y l'endroit qui concerne (îo> °n ecrU eect le a8 * J^dlet «699.

Itotlerdam. . (11) Prosopogr. , tom. III, pag. a38().

{18) Enéc Si! vit» fait mention des tourbes dans (aa) Académie de* Sciences , tom. If , p. i5o.

unltvret qu it publia l'an i$59. Vojcz Mariions (a3) Epistola prœjixa Operibus Erasmi. Vorex

Schoockius de Turffis pag. 3. aussi Quenstedt , à la page lai de son Dialogue

Àcadeime des bnences , vol. II, pag. 16a. d« Patrus illustrium doctnal et saipUs Virornm.

644 ROVÉNIUS. RUA.

gnent ensemble ces deux choses 1une qu'elle est la patrie du grand suavitatem cœb îrasme; l'autre qu'elle lui a érigé guore, introve

Era une statue

et consume nlem cor ; elevalionem ad cm cœlestem ex inj'emali lanintroversionem super ccelcstemt caliginem, et umbram Dei , allocutiones internas , elevationes in- ROVÉNlUS (PHILIPPE), ar- cognitas , extensiones et applicatio-

ehevêaue de Philippe , et vicaire nés amorosas, animœ suspensiones ,

1 , C* D •„/,ÛC deliquium, suspirta, mortem sensum

apostolique dans les Provinces- et ZimUm affectuumtecstasim contt-

Unies, était né à Deventer («). nuam , justitium ratiocina, cordis

11 a publié divers ouvrages, et contactum et patefactionem, liquefac-

un , entre autres , de Republicâ tionem , infiuxum , inflammationem ,

: . x • r *. ■ ' assultus qui fem nequeant , penetra-

Yhrisliand, qui fut imprime tionts ad\n4ma ^ JneratioAes y conl'an 1648. J'en cite un morceau , afin de montrer l'étrange jargon

de quelques dévotes , qu'il condamne fortement (A).

(a) Valère André , Bihlioth. belg. , pag.

stricliones , alligaliones inseparabiîes , aspectus pénétrantes et obleclantes , uoees tremulas , murmura columbinafgustus suavissimos, odores gratissimos, auditus melodiœ ccelestis y hypermyslicas Dei et animas perichoreses , impudentiam spiritualemy aspirationes mysanUiropicas , ignem (A) V étrange jargon de quelques iine carbone .Jlammam sine corpore, dévotes , qu'il condamne jortement.] holocaustum meridianum in viscerali Voici ce (ju'il dit de certaines reh- et me(iullari penetrabilitate , contacgieusesqui affectaient des pratiques tum mirabilem et suavissimum , obpartiouliùrcs de dévotion et de spi- Scur£e ' noclis gaudia et caliginem. Titualité(i) : Non raro etiam super- H^c €t simUia sesquipeJalia ikrba in biam aliquam conju nclam habent , ut novâ p^fa Schold inter spontè elec ambulent in magtus et mirabUibus tos magistros , et di scipulas curiosas, super se , ut uilescant illis ordinaria adeo fréquenter tenero projeruntur pielatis exercitia approbata ab eccle- paiato j ut intimis in uisceribus seniid , vel a patribus commendata : tfan£ur(a). nihil crepint nisi uniones cum Deo ,

cum uniantUl* vroprio ( si non pejori ) (a) Le docteur Stillingtleet a recueilli des au-

ipirtui :}aCtenU,«,usulstanùaùone, ^Z'^ZV.L^VZ i$'u/~ mjrsticas, cordis concentrais nés po- t pag, rfU ^ 30-, Vorny tom.

tentiarum, imo Oinnis SUÎ esse, anni- IV, pag. 99, remarque (K) de l'article Biacb-

hdationes , connubium essentiœ créa- » un semblable jargon.

Uc et divinitatis : spirituale sacra- t»tta tT>.rnnT- \ r , r\,

mentum inseparabilUatis , somnium R,UA (PlERREj, Savant Espa-

ommiim ajjecùomim , absorptionem gnol , qui enseigna les belles-let-

ct liquefacùonem in amplexu sponsi7 très dans Soria , sa patrie (A) , a

triplicemanimœhteraixlùamy oralio- V(jcu au XVIe. siècle. Il publia

nem in auiete passiua . ebnetatem ,-1, /s 4 ^-

TuirituaÛm, conlis Pentium, medi- tfow lettres (a) contre Antoine

taliones negativas , uniones superes- de Guevara , qui sont tres-doc-

sentiales , puteum et gurgitem anni- tes et très-curieuses , OÙ il réfu-

hilalionisy amorcmdeificum, trans- ta unc infinité de faussetés que Jbptnantem , umentem , stringentem , j

amplexantem , suavitatem cor auj'erentem , sugenlem sponsi ubera , ruminantem collum , absorbentem enthusiasmum, insensibilitatem et oblivionem omnium inducenlem abyssalem cum Deo identificationem, confricationem deificam , incendenlem

(1) Philip. Kovcnius , «le Republ. diriniatw , Lb. /, cap. Xl.III, pag. 278.

cet auteur avait publiées , et le ridicule subterfuge dont il le vit se servir. C'est ce qu'on verra dans le passage d'André Scholtus que je rapporte (B). M. Mo-

{a) Intitulées, Calmas dei Bach Mer Rua. Nicol. Aiitou.,BiMiolli. liisn., to/ny //,

rëri est tombé dans une insigne legibus rom. et legum auciorib. de

bévue (C). legeJulid Poppœd, Corneliâ , Fal-

cidid , aliisque : de Medicind et Em-

^A) Dans Sorîa sa patrie. J II sem- pificd. Epistola lll , ut mole sud ,

hic d'abord qu'il nV ait aucune con- ita J^rum pondère ceteris major est.

formité entre André' Schottus et Cum cnim Ouet*arra omnem anti-

don Nicolas Antonio. L'un dit, Pc- qu\tatL Jùhm derogare niteretur ,

trus Rhua Numantinus primiim Abu- cpûtold quâdam , quo jicta meitda-

, post JYumantiœ in patrid annos Cl,a 'féfene' > velaret , uel tueretur;

/> lu rimas ad extremam usquè œ ta te m cum a sacr's lUteris discesseris , ont-

bonas lilteras docuit(i)', et l'autre , nia incerta fabulisque plena affirmât .

Peints Rua , Sohensis , Abulœ pri- Refellit ^um diserte Rhua ex Atïu-

mùm, mox in patrid urbe juventutem ""§0™ Apologid pro Christianis , ck

humanioribus imbuit litteris ad extre- noc esse om™m artium tractalionemy

... par quelques r uns , et entre autres par André Schot- ^ ™' Moréri est tombé dans une tus. insigne bévue.'} Il a dit que Pierre

et humanitatis satis copiosœ : quibus monslrc 1 ^ V«™ ne dit-U pas

Ant. Guevarrœ(qui tum solul dot- \emtitit » n.°,n (lue R.ua ht trait,-

trinœ ,'e£ eloquentiœ arcem tenere »i- ?c f\ ™ !er,esî mais^uc «a lel"

</eZ,a*nr) em>™ , mendaciaque in Jrc fut drstince a montrer les fauwc-

histonis antiquorum , ueteribusque tce*™ G.ucvara sur plusieurs autres

monunt*ntis Innid,.™ ~t „„„.„,„,.„,.. n™t»-res , et en particulier sur cclles-

manibusque ita tenere solitos , ut pm a?seZ ne «et point de

oravulis cireumfemnt . ™,e «o£ n^n- Vlr8u,e entre et ^<>/7"™-

oraculis cireumfemnt , /jr/tre «of nten-

daciis , ^wof uersibus scatere dicantur. (3) Andr. Schottus , Biblioth. liisp. t w Rhua ilaque de lot millibus multa in-

dicavit, facemque prœtulit, ne quis RUAuUS ( MARTIN ) , ministre

posthac credulus in errorem induce- socinien *, était né à Krempen

TnZ'< F^ *• numismay^!ns^'- (a) en Allemagne. 11 fut infecté

tiones , et confinxisse , et ridicule ex- \ , , , . © . . lv<

plicâsse, in chronologid et magistra- des hérésies sociniennes par Er-

tuumdiznitaleturpiter hallucinatum. nest Sonérus , professeur à Al t—

Epist. Il, errasse in historid rom. , dorf , qui les enseignait secrète-

m?£ZT^ti0n^TrUmque n°~ mcnt- 11 s> «bsti"» de telle sor-

minibus , solenne Ulud suum servan- , ,.. r . ,

^/o , aurJacter o//i«m pronunciet , te»4u l!. aima «nieux perdre sou

quasi posteiis imponere uolens , aut patrimoine que de renoncer ?

credens omnes ei temerè assensuros cette secte. Il se fit estimer et au

auduo illo pytkagoreorum «ùràrtV» Je(Jans et au deI,ors Dar son

cornicumoculos confixit, citans iden- aeaans ei au acno>S, par son

tidem , et prodigiosa nomina propria jugement, par son savoir, et

histoncoj'um,cudcnsqueai^bitratusuo, *.I.-L. Mosheîm avait cnin-pm m>« Vf

ad hanc diem inaudita. De numisma- de Ruai-us, qui n'a pas vu le jour. 11 «:taii

tis inepui et ridiculd lege; ut et de très-mpconlcut d»« l'ariirlc d« Baylc , ainsi

qu'un le voit dans une lettre h l^icrozf , (\ue

(0 Andr. Scliottus, Bibliotli. Jiispan.,^. :>67. >»u,y «"«produit, extraite du Tltesaurus

(a) \i,ol. Anton. , Dibliotli. Scriptor. hispoo. epûtolicus Lacrozianus, Tie ipsic, 1 742, •

u»n. Il, pas. ,8-. ^ Itohtein.

mmu..^ • . . , . Aggressus me est qt

zick , SOÎt dans la ville, soit au N . Ruardus , quocumper duashoras u A„ C^««n . «t il mourut collocutus sum latine , ac detnde

bourg de Strassin; et il mowut ^ suas adeun-

dans cet emploi, l an 10^7 (c), a ^ int,Uat>U. Didiciposteà ab aliquo, l'âge de soixante et dix ans (*/)• eum esse arianorum pastorem ; sunt Il l'exerçait déjà Tan 1 635, corn- quippè Gedani hujusmodi homines ^il paLltpaVle voyagedeJac. ^tZX^ ' "~ ^ #ques (*) Ogier ( A). 1 1 est au teur de n e$t auteur de quelques écrits .] quelques écrits qui ont été impri- u a fait des notes sur le Catéchisme mes (B). Le fameux Calixteem- des Églises ^socinienncs de Pologne : 1 v / 1 „ ;i co ces notes furent ajoutées a 1 édition

ploya tous les moyens dont il se « ^ ^ de £ Cat^chismc yan

put aviserpour le convertir , pen- ,^5 £nes se trouvent aussi à Fédidant le colloque de Thorn, Van tion de 1G80. Il a fait d'autres notes 1646 , mais il n'y put rien ga- sur le même ouvrage qui n'ont pas * ' J r été imprimées On a deux centu-

gner {c). ries de ses lettres : la Ire. fut impri-

. . . - * • me'c à Amsterdam , chez David Rca-

(b) Ob éruditions, }udlcuque prœslan- «"^ * i î V *„..Jr,„ ,r^„ nv*>nnn*» tiam, morumqueintegritatem, in magna RUS fils de 1 auteur,l an iG77,ayec une et apud istos et alios eruditos fuit prelio . préface de JoacHim Kuaros , îicredc Mollerus, Isagoge ad Hist. CUersone*. cim- David. La IIe. fut imprimée 1 an îoei , bric», parte III y pag. iflk chez le môme David , qui y joignit

(c) Idem, ibid. une préface. Ces lettres sont bien cu- (</) Sandius, in Biblioth. Antitriuit. pag, rjeuses(3)*. On Ta cru auteur de la

"4- version allemande du Nouveau Tes-

(*) Il fallait dire Charles Ogier, ainsi que tament f^ £ Racovie , et publiée

M. Bayle le nomme ici je» note .«lat. (i) , p ^ (/v mais c^st UBe erreur.

et dans la remarque (Q) de 1 article U LE- 4\.ijfz};h. m»*tni tUnt e* San-

FELD, tom. XIV D'ailleurs, voici le ti- ?^/7™ V W?fîîîî

tre entier de ces Voyages: Caroli Ogerii dio{*),dtam Johann. Çrellioet /<Wi.

Eplu

cum lustriss

ad Septentrionis reges gati. Lutetim Parisiorum

iraordinarii le- , adornatam eam credih Chistoph. té ZTelé oTiTr Ostorodo ac crv^yw aliquot révisant

- . . IJSlOijjuO aC ruvipyaiç uti'/iwi i isvi-->it-'<

le Petit i636 tn-3°. Ilaeto appelo Oeier ^'«"""«v ^ » ,

£ pinoJ, à cauS de .on Voyîge en Da- «He» es,e « Iota soaetate et m

nemarck. Son frère, le prieur Ogier, s'ap- /mrenfeswo, ac prœfattonem tandem a

pelait François. Rem. Crit. [La date de Crellio adjeclam , vtf. 1084 i«m et/oc-

l636 , donnée à l'édition du voyage d'Ogier, ius (Q, est une faute , comme dit Lecïerc ; mais

ce 11W peut être quune faute d'impression, Ogerius, in Itiner. Poloaico , pag.

dit Joly. L'ouvrage est de i656 , ainsi qu'on ^ ig#

le lit dans b remarque (Q) de l'article Ule- ^ j>iré de Sandius , in Bibliolli. Antitrinit. ,

FELD , tome XIV. ] pag. 11^.

(e) Nulli ut popularem hune suum in [3) Eruditm H Uctu dignissimm. Mollerus , Isa-

Uam revocaret , pepercit opéra , sed peiti- goge ad Hist. Chencm. Ç»mbric* , part, fil

naciam ejns superare non poluit. Mollerus, P *g. W roje* Morhof , Poly-Hut. , c. XXI

Isacoae ad Hist. Chers, cimbriese , parte pag-J^t . , .

lir »rv» -CëTTettres oui cté, dit Joly . réimprimées a

J"' ra6- lo7- !a soiu de rourrage iuUtulc , GusUtvt Georgu

ZeUneri D. P.P. , et P. Hisioria Crrpto-So<:i-

(A) Par le voyage de Jacques nisnii Alto^narauondamacadeimafinfesliarca-

Oxier.l Cet auteur était à Dantzic , na , etc. , Leipsic , i7«) , in>4<».

Pan i635, à la suite du comte d' A- M^^'^^^^1^

, 1 1 . / ^ 1 de Accppljlalione, p«w. 97 et ji , apua jioiic-

vaux, ambassadeur de sa majesté très- rum^i6id.

chrétienne. 11 raconte qn'il fut abor- (*) /« Biblioth. Antitrinit., p. 94, i3L

dé dans une boutique de libraire par (5) Mollerus, ibidem.

RUBÉNUS.

RUBÉNUS (Léoxard), natif «TEssen (a) en Allemagne, se fit bénédictin à Cologne , le 1 1 de juillet 1596 (b). Il avait demeuré plusieurs années en Livonie , en Lithuanie, et en Transylvanie, pour les intérêts de la catholicité. Il était en Transylvanie, Tan i588, et il publia des thèses sur l'idolâtrie , et les dédia au prince Stgismond Battori. Il les exposa à la dispute publique , niais personne ne se présenta pour les attaquer. On le pria en divers lieux d'en donner une seconde édition , et c'est ce qui fit qu'il retoucha cette matière , et qu'il la traita plus amplement (c) , d'où sortit un livre de 327 pages in -8°., qu'il fit imprimer à Cologne, l'an 1 597. Il raconte une chose qui fait connaître que la Livonie était encore infectée de l'idolâtrie des païens (À).

M. Konig ne savait de cet auteur sinon qu'il entreprit de faire un livre de falsis Prophetis , l'an 1600 (d).

{a) Petite ville à trois lieues du Rhin et de Duisbourg.

{b) Voyez Vépîtrc de'dicatoire de son Traité de Idololatriâ.

(c) V oyez son avertissement au lecteur.

(d) Vous verrez dans le Catalogue d'Oxford un livre de Lconardus Ruhéuus , de ialsis Prophetis et Lupis rapacibus , imprime a Paderborn , in-S \ , Van 1606.

(A) II raconte une chose qui fait connaître que la Livonie était encore infectée de l'idolâtrie des païens.'} Ayant reçu ordre de ses supérieurs d aller à Corpat, qui est presque la dernière ville de Livonie, il trouva sur »on chemin les bois sacres des Estoniens. 11 y vit un pin d'une hauteur et d'une grosseur extraordinaire dont les branches étaient remplies de divers morceaux de vieux drap, et les racines couvertes de plusieurs bottes de paille et de foin. Il demanda à un homme du voisinage ce

RUCELLAÏ. 647

ue cela voulait dire : on lui réponit que les habitans des environs adoraient cet arbre , et que les fem mes heureusement accouchées apportaient là ces bottes de foin ; qu'ils avaient aussi la coutume d'y offrir en certain temps un tonneau de bière , et d'en jeter un tonneau au lac de Merienbourg , quand il tonnait; et qu'ils prenaient le tonnerre pour le fils de Dieu , et s'imaginaient l'apaiser par l'effusion de cette liqueur. Il demanda une bonne hache , car celle (ju'il avait dans son chariot était emousséc , et lorsqu'on lui demanda quel était son but, je veux vous montrer, répondit-il , la faiblesse de l'objet de votre culte. Les Estoniens répondirent qu'ils ne pouvaient faire sans un extrême péril ce qu'il sou Imitait, et lui crièrent qu'il se gardât bien de passer sous l'arbre , et que s'il le faisait lui et son chariot seraient enlevés. Il ne laissa pas d'y faire aller ses chevaux , et ayant pris sa hache, il entailla, par dévotion, sur ce pin une figure de croix ; et de peur que cette figure, faite par un homme qu'ils honoraient jusqu'à l'appeler le grand temple de Dieu, n'augmentât leur superstition , il entailla une potence sur le même pin , et se moquant d'eux, leur dit : Voilà votre Dieu (1).

fi) Tirt. de Rnbénus , lib. / de Idololatriâ, cap. Xrlll, pag. 66.

RUCELLAÏ ( Jeav ) , noble Florentin et bon poëte , vivait au XVIe. siècle. J'ai dit ailleurs (a) qu'il composa en 1 5*4 , à Rome, un poëme intitulé le Api ; j'ajoute présentement qu'il était alors gouverneur du château Saint-Ange , et que Palla Rucellaï, son frère, fit imprimer ce poëineà Florence, l'an i539, in-o*°., et le dédia à Gio. Georgio Trissino , auteur de X Italia liberata da Goti , qui fut imprimée à Rome, l'an 1 547 • *'earl Rucellaï fit aussi une tragédie

(«) Van* la remarque ( K ) de l'article . Oricellarius, à lafmtom. Xf,pag. 2^1.

intitulée, Oreste. Léon Àllazzi en naissance ni l'anuée de sa mort z fait mention à la page 6o5 de sa c'est une omission blâmable (D). Drammaturgia (a). Louis Antoine de Ruffi , son fils 7

(b) Tiré de la Bibliotheca Aprosiana , /mg^. a ^U part aux additions de la

458,459. seconde édition de l'Histoire de

RUFFI (Antoine de), con- Marseille.

seiller en la sénéchaussée de Mar-

(A) La délicatesse de sa conscien-

seille , sa patrie, s'acquitta de ce.] On en peut juger « par la resti-

cette charge avec beaucoup d'in- » tution qu'il fît à une personne dont

tégrité , et avec une délicatesse » il *™1 ét° K rapporteur; il crai-

j 0 • . » ami de n avoir pas donne assez de

de conscience bien singulière. » g, à rexaiJn de 80n procès ?

Il S appliqua d'ailleurs aux re- » et d'avoir influé à sa perte par un

cherches historiques avec une » peu de négligence : bien éloigné

diligence et avec une patience " ae des excuses et des rai-

° .,1 ^ r , » sons dont 1 amour-propre ne mati-

merveilleuses. On sait cela par » que jamais dans ces sortes d'exa-

son Histoire de Marseille, qui fut » mens, il se condamna sévèrement

imprimée , l'an 1 642 , et dont " lui-même ; il fit restituer par un

on a fait une édition beaucoup * P^lre- de l'oratoire la somme que

, , r> a j r » cette personne avait perdue, et

plus ample lan ibgb en deux » peut-être que la délicatesse du ju-

volumes in-folio (a). Il n'avait » ge fut plus favorable à ce plaideur

que trente-cinq ans lorsqu'elle * cTue ne l'eut <*te' U1> examen plus

fut imprimée pour la première * riǰ»»»J de. S0Û <?.<>it et de ses

r . 1 1 #» A 1 1 » i» 1 M raisons. Aussi une si crande probi-

fois. 11 fut honore d une charge „ té fut authentîquement reconnue

de conseiller d état en l654; et » par le parlement de Provence, dans

ce fut un témoignage de l'estime » un arrôt qu'a rendit Pan i655, à

qu'on faisait de sa science et de " ^ «qu*e de fureur 6e'-

- » neral du roi.» Voila ce qu'on trou-

son mérite. La preuve que j ap- ve fans peqoge de M de Ruffi (l j f à

{ question wu. et religieuse séance de justice dont le

Chant 1 ignorance qui excuse de prophète royal nous donne l'idée dans

péché , et d'examiner les répon- un de ses psaumes ; Dieu s'est trouve

ses que l'on peut faire aux COm- dans l'assemblée des dieux, étant au

praisons tirées oudes jugesdont

les sentences Sont iniques mal- <feos dijudicat : plein des sentimens gré eux (B) , OU des médecins qu'une telle pensée peut inspirer, il

dont les remèdes en dépit de Pesait toui au poids du sanctuaœe : leur bonne foi et de Jeur science £*t 'TZZZt ?J £ " a 'r"8-%

, . . ~ T les dangereuses séductions de tami-

deviennent mortels (C). Notre tié, la Jorce de l'intérêt, ne l'ont ja-

Ruffi vécut quatre-vingt-deux mais fait écarter des sentiers de la ans. On ne peut connaître , par ^ ^oubliait rien pour con-

l'éloge que je cite,(6) l'année de sa ^{^ù elfe

(a ) Voyez THistoire de» Ouvrages des Sa- était aussi grande que sa pénétration, vans, mois de juin i(kfl. et il n'a jamais dit son avis , ni pro-

(b) Voyez son éloge, à la tête de /Histoire noncé de jugement, qu'il n'ait sérieude Marseille, à t édition de 1696; composé

par Pierre Antoine de Pascal, son neveu, (,) Il est à la ttte de la seconde édition de ixligicux dans l'abbaye de Toronet. t'Huloire de Marseille.

sèment examiné s'il pourrait le sou- car enfin la suite des choses lui avait tenir au tribunal de ce Dieu sévère appris qu'il était possible de mieux qui a la fin des temps doit juger les rapporter ce procès qu'il ne l'avait justices des hommes. rapporté. Puisque sa conscience ne Il n'a pas été inutile que je remar- se tenait point en repos dans cette quasse que ces dernières paroles pré- situation , elle aurait été capable de cèdeut immédiatement celles où l'on s'ioquiéter,quand même il eûtsu qu'il rapporte qu'il restitua une somme n'était guère possible , humainement qu'un plaideur avait perdue. Cela parlant , de mieux faire qu'il n'avait me donne lieu de faire une réflexion fait, et que son ignorance était inassez importante. L'auteur de l'éloge vincible. A quoi bon tout ceci , me prétend sans doute que M. de Ruffi dira-t-on ? Vous l'allervoir. avait apporté dans l'examen de ce II a para en Hollande quelques procès son exactitude ordinaire, mais éexits, depuis dix ans (a), sur les droits que par trop de délicatesse il craignit de la conscience erronée. Les auteurs d'avoir été un peu négligent. Cet au- aui ont soutenu que l'ignorance ne teur, dis-je, a voulu sans doute que disculpe pas, ont allégué des exemnous crussions que le scrupule de ce pies de quelaues saints qui ont eu ju^e était fondé sur des lumières ac- un regret extrême de ce qu'ils avaient quiscs depuis l'arrêt. Voici en un commis dans une bonne intention , et mot comment il faut concevoir la dans la pensée de servir Dieu , et qui chose. Le rapporteur employa toute croyaient avoir besoin de miséricorsa science, toute son application, de , etc. De tels exemples , généraletoute son intégrité ; mais, après le ju- ment parlant , ne prouvent rien; car gement de la cause , il découvrit par une conscience délicate et pénétrée je 'ne sais quelle voie que la partie de l'amour de la vertu, s'afflige môme

aui avait perdu sa cause avait plus d'une faute qui est purement maté-

e droit qu'il n'avait cru. Il pensa rielle ; je veux dire qui a été faite

donc que s'il avait mieux examiné par une ignorance invincible. Un mé-

toutes les pièces il aurait fait un decin qui apprendrait par révélation

rapport plus favorable, et là-dessus qu'un remède qu'il a donné a fait

il jugea qu'il n'était pas innocent, et mourir le malade, quoique, selon

il se crut obligé à restituer. D'où fia- toutes les règles de l'art et selon tou-

raît qu'il eut une conscience très- tes les lumières qui sont du ressort de

délicate et très -scrupuleuse. Il ne l'homme, il ait dû le faire prendre ,

faudrait point la qualifier ainsi , en un tel médecin , dis-jc , s'il était fort

supposant que sa mémoire lui re- consciencieux et fort charitable, a u-

présenta quelque négligence aflectée, rait un regret extrême de sa conduite,

quelque paresse, quelque impatience; H la réparerait de son mieux par des

car eu ce cas-là un rapporteur qui se aumônes distribuées à la famille du

trompe est manifestement criminel : défunt, réduite à la pauvreté pour

soniguorance ne le disculpe pas; et s'il avoir perdu son chef. Il serait uéan-

est troublé par des remords , ce n'est moins très-innocent devant Dieu ; car

pas un signe que sa conscience soit je suppose aue son ignorance aurait

délicate : elle pourrait être dure, été invincible, et telle qu'elle doit

et s'alarmer néanmoins fort vive- être pour disculper, selou les théolo-

ment de ces reproches intérieurs, giens les plus sévères (3) : disons-en

au tan t d' u u i u ge q u 1 a u rait fait perd r e

autant a uinu^e qui aurait tait perure un procès dans des circonstances où

reprocher rien de toute la science humaine n'eût pu dissemblable. Il avait eu une sincère cerner la vérité. Il s'affligerait de la intention de bien rapporter; il n'a- sentence, s'il venait à découvrir le vait rien négligé de tout ce qu'il

avait cru nécessaire ; et il savait qu'en (a) Qn e>cril ceci au mois de septembre 1697 autres causes, Va pplication avec

cent autres causes, l'application aveC {3) On a vu , dans ce vol.,pag. 53 1 , remarque

laquelle il examina Celle-ci avait été (A) de l'article Rimiki, au premier alinéa, au il*

suffisante. 11 ne se reprochait donc que V reconnaissent r^^y^^^J^

. vi •/••«.»* ignorance invincible dans les matières de religion,

d avoir Cru qu'il avait tait tOUt Ce mais ne sont pas si rigides h l'égard des faits,

qu'un bon rapporteur devait faire ; et des disciplines *

65o RUFFI.

droit des parties condamnées ; il s'en les empêcher de condamner un innoaffligerait, dis-je, et il réparerait le cent, ce qu'Us avaient tâché a réparer dommage , si sa conscience et sa vertu par leur arrêt (4). Voilà donc des iue'taient parfaites. L'auteur de l'éloge ges intégres , diligens , qui ont fait de M. de Ruffi nous en a fourni un leur devoir autant qu'ils ont i>u, et exemple. Qu'on ne vienne donc plus qui cependant ont eu regret de leur nous alléguer de pareils regrets ou erreur, et l'ont reparée. S'ils étaient

plus s'a fihge-t-on des fautes matérielles ployé toutes leurs forces à bien disque l'on a commises par erreur. La cerner la vérité . eussent-ils eu rien

pourrait citer mille surmonter des obstacles qu cas où l'homme innocent s'afflige , ré- égard étaient invincibles? Voyez l'aupare, restitue, etc. Un honnête homme teur du Commentaire philosophique, apprend-il que son cheval a estropié (5), qui a tellement montre qu en cerquelqu'un, n'en est-il pas hien affligé? tains cas on peut condamner Piano- Ne paie-t-il pas quelquefois lechirur- cent et absoudre le coupable sans faire gien qui panse ce misérable? et si sa un péché, que le savant ministre d'U-

une telle betc ? Cependant , où sont les aux comparaisons tirées des juges dont casuistes de bon sens qui ne connais- les sentences sont iniques malgréeux.} sent rinnocence de cet honnête hom- Les juges ignorans, me direz-vons, me , s'ils savent que ce n'est point par méritent-ils d'être disculpés , eux qui sa faute que son cheval a rué? Un ora- causent tant de désordre? savez-vous teur qui serait demeuré court, et qui, bien qu'on les punit? Car si Fon s'apar cette infortune très-involontaire, dresse au souverain ou à quelque triaurait cause du dommage à son pro- bunal supérieur, on fait casser leur chain, n'en aurait-il pas une mortelle sentence; on les fait censurer et déaffliction ? S'il en demandait pardon grader même quelquefois. C'est là le à Dieu , et s'il réparait ce dommage , cours ordinaire de la justice liumaine. eu faudrait-il conclure qu'il a péché; Or, si les princes châtient ainsi l'ignofaudrait-il métamorphoser en faute rance de leurs lois , comment oseraitmorale un simple défaut physique on dire que Dieu ne punira pas Tignoqui est aussi indépendant de notre rance de sa parole? Cette comparairaison et de notre liberté , que la fai- son n'est donc pas avantageuse à la 1)1 esse des yeux subitement éblouis doctrine des tolérans. J'ai ù répondre par une lumière trop vive. Je suppose trois choses.

que l'orateur n'a rien négligé de tout ce I. Un juge oui, par une crasse igtto-

qu'il connaissait nécessaire pour bien rance, prendrait le mauvais parti

retenir toute sa harangue. Ne sortons dans une affaire très-facile à bien ju-

point de notre espèce : demeurons en ger, mériterait sans doute la dégra-

à l'ignorance des bons juges. Le pre- dation, non pas en. qualité de mal-

mier président du parlement de Pa- honnête homme, s'il avait suivi les

ris harangua la compagnie à l'ouver- instincts de sa conscience (7) avec la ture des audiences, en ['an i6o3. 11 re-

présenta que lorsqu'on croit avoir mis j4J ^reurc Galanl du "Mm ,le novetnbre ,Gi>3'

tout en usage pour voir clair dans une *"(5) Ju \upph'm*nt . pag. 33 <»t jtcuV. , pas. Gi

affaire, on ne laisse pas défaite des *« ««•»., jusqu'à la p. 81. Forez am<i Us fc****

injustices en croyant ne prononcer que Ae Montaigne, iiV. /// , chap. X///,

des arrêts équitables, ce qui s'est vu fa yoye. le iix,re de y. .wîn, inùtul/:*

dans la cause de feu M. de Langladey flexions sur les Droits de la Conscience, imprunî

oit toutes les lumières des juges et a y**cht • x$Wr, .. - . a% +r on*

tontes celles au ils purent chercher ^SS^^Ke^uTt^^jn

pour eclaircir la vérité n avaient pu ht page 05* , citation (10).

RUFFÏ. 65i

meilleure intention du monde de faire juges dégrades pour le défaut de sadroît aux parties, mais en qualité voir, et reconnus en même temps cond'homme mal propre à cet emploi-là ; sciencieux, incorruptibles et tort apct si ceux qui le dégradent connais- pliqués à l'étude et à l'examen des saient la pureté de son cœur, ils le dé- causes. Je suis persuadé que les puniclareraient boramede bien , conscien- tions des juges sont toujours fondées cieux, amateur de la justice; et ils sur la présupposition qu'ils ont été marqueraient aulbentiquement qu'il corrompus, qu'ils ont agi par passion, ne lui manque que du savoir. C'est ou qu'ils croupissent volontairement comme si un ambassadeur renvoyait dans l'ignorance. Mais voici un exem< un secrétaire dont l'écriture ne serait pie formel pour le sentiment du Compas assez lisible, et dont il aurait re- mentairc philosophique. « 11 ne s'enconnu la fidélité et l'habileté. Il ne » suit pas que nous disions les juges prétendrait pas le flétrir du côté du » iniques, si nous nous disons innocœur ni du côté de l'esprit , mais il » cens , n'estant ebose incompatible ferait seulement connaître qu'il n'a- » auxjugemensdesparquetshumaios, vait pu se servir de lui à cause qu'il » où les nommes peuvent tromper et avait besoin d'une personne qui pei- » estre trompez, que l'innocent soit gnît bien. Comparons ensemble deux » condamné ou le criminel absoult juges , l'unfort savant, l'autre médio- » par un juste juge. En plusieurs jucrement habile , tous deux d'une égale » gemens civils et criminels , se treuintégrité. Qu'ils opinent sur une af- » vent des juges contraires en opifaire, l'un pour l'affirmative, l'autre » nion, et souvent partis, oùledroict pour la négative ; qu'ils fassent cela » est doubteux , et se pouvant faire selon les lumières de leur conscience, m que tous suivent la direction de la et après avoir employé toute Piudus- » loy : il se peut faire aussi q^ue tous trie et toute l'application qui leur est » sont justes, tant ceux qui absolpossible pour découvrir le droit ^ que » vent que ceux qui condamnent, le suffrage du plus savant soit juste , m nonobstant cette contrariété d'opique le suffrage de l'autre soit injuste, » nions , jugeant chascun selon qu'il je soutiens que, par rapport a la » luy semble estre de raison (*). Quand droiture du cœur, l'un ne surpasse » le roy Henry second , vostre predepoint l'autre : il est meilleur juge et » cesseur, eust entendu qucPelisson, plus capable de son emploi , je l'ac- » président au parlement de Chamcorde , parce que les qualités d'un m bery , qui estoit alors à la France , bon juge comprennent les lumières de » avait esté desposé de son estât par l'esprit et l'intégrité delà conscien- » arrest du parlement de Dijon, à la ce ; mais il n'a pas plus de probité, il » poursuitte du procureur du roy Tan'est pas plus zélateur de la justice. » bouet, et que depuis, estant la II. Quant à ce cours ordinaire dont » cause renvoyée au parlement de onnousparle, de punir les juges igno- » Paris, en vertu des lettres de revirans , je ne sais si l'on en pourrait » sion obtenues par luy, avoit esté donner des exemples. Piicn n'est plus m absoult , et iceluy procureur confisquent que de voir gagner des pro- » damné , il justifia en cette contracès, dans une cour souveraine , qui » rieté d'arrest tous les juges, disant avaient été perdus dans une cour infé- » que les uns avoient jugé selon leur rieure, mais cela n'inflige aucunenote » conscience, les autres selon le aux tribunaux dont les sentences ne » droict (8). »

sont point confirmées. Les juges infé- III. Il ne faut point perdre de vue rieurs ne sont ni cassés ni censurés , le vrai état de la question. L'auteur qu'au cas qu'il y ait des présomptions du Commentaire philosophique commanifestes de corruption et de partia- pare ensemble ceux qui se trompent lité , ou pour le moins d'une igno- dans un procès et ceux qui se tromran ce très-crasse ; et dès qu'on sup- pent dans les controverses de relipose que les présidiaux ont jugé selon gionj mais il suppose que ni les uns leurs lumières, quelque bornées qu'on

les trouve , on se contente de rectifier <*> ^ '°y y ' JURe"

. . » i • t • mens contraires.

leurs jugemens. Je voudrais bien que («) Rirheomc , Plainte apriiogcUcp» nu roi

l'on me citât quelques exemples de Henri IV , pour les jéiuiles , pag. m. i8ï.

ni les autres tic sont excusables qu'en gnorance involontaire , et de bonne

cas qu'ils aient sincérement,et de tout toi. L'autre chose que je veux dire, est

leur cœur, employé* toutes les forces que je n'avance toutes ces observade leu véritë.

où

et absolvent un criminel sans être raen taire philosophique. Et pour faire coupables , il a pre'tendu aussi qu'ils voir à mes lecteurs que je n'ai aucune font alors tout ce qu'ils peuvent et enyie d'exténuer les défauts d'un juge tout ce que les lois prescrivent pour qui ne procèdent que d'ignorance , je la découverte du fait, et qu'il n'y a mettrai ici un jugement qui les foueu que les embarras de la cause, qui , droie. « M. le premier président de s'étant trouves insurmontables, les » Lamoi^non aurait cru manquer à ont engages à faire un faux jugement, » la partie la plus essentielle de son conforme néanmoins aux lumières de » e'tat, si, comme il sentait ses intenta conscience et aux procédures juri- » tions droites , il ne les rendait éclaidiques. S'il y a des exemples que de » re'es. Aussi disait-il ordinairement pareils * des supérieur, meut doctes c

gradation paraît légitime aux gens » ses yeux les règles de son devoir et sages, on a quelque sujet d'en tirer » l'image de son injustice; l'autre ne des conséquences en faveur du senti- » voit ni le bien ni le mal qu'il fait : ment qui établit que Dieu punira les » l'un pèche avec connaissance , et il ignorans de bonne foi. Mais si la chose » est plus inexcusable ; mais l'autre se passe tout autrement parmi les » pèche sans remords , et il est plus hommes, que deviendront ces consé- » incorrigible. Mais ils sont égalequences? et n'aura-t-on pas raison » meut criminels à l'égard de ceux d'en craindre de toutes contraires , » qu'ils condamnent ou par erreur celle-ci nommément, puisque les rois » ou par malice. Qu'on soit blessé ne punissent pas ceux qui ne peuvent, » par un furieux ou par un aveugle, avec toute leur application et avec » on ne sent pas moins sa blessure ; toute leur bonne conscience , éviter » et pour ceux qui sont ruinés , il l'abus dans le jugement d'un procès » importe peu que ce soit par un fort embrouille, à plus forte raison » homme qui les trompe ou par un Dieu, qui est l'équité et la bonté » homme qni s'est trompé (i i). » même , supportera-t-il ceux qui ne (C) . . . ou des médecins dont les peuvent démêler le sens d'un passage remèdes, endépit de leur bonne foi et très-obscur de l'Écriture. de leur science, deviennent mortels.] 11 me reste deux choses à dire : Ceci sera expédié en moins de mots. Tune est qu'un juge dont l'ignorance Un médecin, me direz-vous , qui, est très-crasse ne peut presque point s'étant persuadé que l'arsenic est passer pour homme de bien , car elle un bon remède , le donnerait à ses suppose qu'il a négligé de s'instruire, malades, et les enverrait par Jouet qu'il est d'une paresse inexcusa- zaines en Vautre monde , serait châtié blc (9), ou abandonné aux plaisirs. Il justement et dans ce siècle et dans n'est pas possible d'avoir la conscience celui qui est à venir, quoiqu'il aliè-

ne signifie pas que l'on ait puni l'i- imposiblc, moralement parlant; ce

n'est donc point un exemple à allé-

(9) Note* que SU étudiait avec assiduité, et „uer> }\ faudrait qu'un homme qui

nue ncainotns il demeurât trrs-ttrnornnt, ce serait " 1 ■* i>

Le marque de stupidité d'esprit. Il serait donc pourrait se persuader que 1 arsenic.

condamnable de s'être ingéré à être juge : il ne est Un bon remède , fût semblable a

se serait point examine', il se serait mêle' d'une cCUX qui Se persuadent (I u'ils sont rois i hoite qiujpassait ses forces , et il y persisterait 1

depuis même qu'il aurait éprouve l'inutilité de U i) Flécliîer, Oraison funèbre Ac M. le premier

.ws études. président rie La moignon, pa^. 435 du vol. de ses

(10) Voyet citation (7). Oraisons funèbres, édition de Uollatide.

de France, qu'ils sont de beurre, et ^naient-ila qu'une date ncuréjudiqu'ainsi ils ne doivent point s'appro- ciilt à la cadence de la période ? chercher du feu. Les parens ont soin de chaient-ils la brièveté? Que ces excuse» garder à vue de telles gens ou de les seraient vaincs ! Si des motifs ridicules enfermer dans les Petites Maisons, comme ceux-là leur servaient de règle, Personne ne les consulte , ni dans les que ne mettaient ils a la marge ce qiron maladies ni dans les procès , pour se les censure d'avoir omis ? Je suis sûr conduire selon leurs conseils. Si Ton qu'en quelques rencontres, ils ont suppose qu'un chimiste peut croire gardé le silence parce qu'ils ne sadc bonne foi qu'il sait préparer l'ar- vaient pas l'année natale ou l'année senic de telle sorte qu'il en fait un mortuaire de leurs héros. On ne peut bon remède, voici le moyen de bien point excuser sur cette ignorance cejuger de son ignorance. Ou il a éprou- lui qui a fait l'éloge de M. de Ruffi. vé la vertu de ce remède, ou il ne l'a Mais , dira-t-on en sa faveur, ne marpas éprouvée. S'il ne l'a pas éprou- que-t-il pas que l'Histoire de Mar-

rcp<

bonne foi suppose que l'on s'est mis à que non; parce qu'il nya point coté

l'examen des raisons avec un désir que l'Histoire de Marseille fut impri-

sincère de trouver le fort et le faible mée l'an 164?, et qu'on ne voit cette

de chacune, et sans être dirigé par date ni dans l'épître dédicatoirc, ni

l'avarice , par l'orgueuil , par la char- dans la préface, ni dans le privilège du

latanerie. Pour comparer raisonna- roi , ni dans aucune partie des prolé-

blement les hérésiarques à ce méde~ goraénes. On a donc besoin d'un autre

cin imaginaire qui fait mourir tant livfe pour savoir l'année de la nais -

de gens , il faudrait qu'ils eussent vu sance et de la mort de cet auteur,

la damnation éternelle de leurs pre- C'est donc une faute; car, pour de tels

miers sectateurs. Si cela ne les avait faits , il ne faudrait pas donner la

pas convertis , il faudrait de deux peine de recourir à d'autres pages du

choses l'une, ou qu'ils fussent insen- même livre. Combien moins est-il

sés, ou qu'ils parlassent contre leur permis d'imposer la nécessité de con-

conscience ; et dans l'un et l'autre sulter un autre ouvrage ?

dans un hôpital de fous ; au second Ineodose , « était Gaulois de la cas, pour souffrir la peine des blas- » province d'Aquitaine (a), d'uphémateurs du Dieu qu ils connais- „ ne condition médiocre , mais

sent. Ce n'est point pour de telles j> n * 1

u wi rim iiuui uo icuc» n ^ esprit e eve , souple, ingens que "on demande la tolérance. . * ,. ' WMr'1^'1"

Quant aux peines que mériterait n Sinuant , poil, propre à diyer-

devant Dieu le médecin qui aurait >» tir un prince et capable même

fait prendre de l'arsenic , on se peut „ de le servir. Il vint à la cour

facilement déterminer à cette thèse : •» r^c*o«f;«^t« :i *u 7-i » w ue tiOnstantmople ; il sv fit

s il était fou , ses actions seront ju- . . * » " j

gées comme celle des fous. S'il n'était » des amis et des protecteurs ;

pas fou , elles seront jugées selon que » il fut connu de Théodose; il

son ignorance aura été volontaire ou „ |uj plut, \\ ménagea si bien

involontaire. Or par l'ignorance vo- jV „ Pj c

lontaire on doit entendre celle qui * cescommencemens de fortune,

naît de paresse ou de quelque autre » qu " parvint en peu de temps

défaut que nous pouvons corriger. » à des emplois considérables.

(D) C'est une omission blâmable.'] KJ , , . ^, ...

n /T c ' i j c • • ut »i Crt) "e <l Elnse, scion Cliiudieu. Celait

Paul Jovc , Scevole de Sainte-Marthe, alors la UaU du . nmnme aUtm

et plusieurs autres elogistes ont com- jourd'hui V Armagnac, dans la Gascogne mis souvent le même péché. Crai- proprement dite.

» L'empereur lui donna la char- pit qu'il eut de voir Stilicon au- » ge de grand-maître de son dessus de lui , après la mort de » palais (*'), le fit entrer dans Théodose , le porta à des entre- » tous ses conseils, l'honora de prises de trahison qui le perdî- » son amitié et de sa confidence , rent. // abusa de la faiblesse dt » et le fit enfin consul avec son fils son maître; il brouilla les em~ » Arcadius. Cet homme se main- pires et les empereurs , par ses » tintcomme il s'était avancé, par intelligences secrètes avec les » son adresse plutôt que par sa Huns , lesGoths, et les Alains ; î» vertu. Son ambition croissait et il voulut se rendre souverain, » avec sa fortune. Il cherchait ou pour le moins indépendant et >» à s'enrichir des dépouilles de de ses maîtres et de ses ennemis » ceux qu'il opprimait par ses (c). Il fut tué l'an 3g5 (d). Voyez >> calomnies (*2). C'était assez , Moréri. Sa mort fit cesser les pour être son ennemi , d'avoir doutes qui avaient agité Claudien, » un mérite extraordinaire et sur la question s'il y a une Pro- » de pouvoir lui disputer le vidence : il n'en douta plus dès » rang qu'il tenait. Comme il qu'il vit la chute de cet insolent » craignait néanmoins de per— et de cet injuste favori. Je ferai » dre l'amitié du prince s'il ne quelques reflexions sur ses pa- » conservait son estime , il pa- rôles (C); et ce me sera une oc- » raissait modeste et désintéres- casion d'examiner si tous ceux » sé. Il couvrait ses mauvais qui ont soutenu l'orthodoxie »» conseils de prétextes de justi- dans le dogme de la Providence >» ce ou de politique , et savait ont bien observé les règles de la » si bien faire valoir ses bon- dispute.

n nés qualités, et cacher les Naudé assure une chose qui » mauvaises, que l'empereur, est très-fausse , c'est que Rufin a » tout éclairé et tout jaloux qu'il été loué par trois ou quatre cc- » était de son autorite, était bien libres historiens (D). » souvent trompé , et gouverné

m sans s'en apercevoir. Lesprin- (c) idem. % ibidem ,pag. 5oo.

» cipaux seigneurs de la cour ne («" & serait , selon m. Fiéchier , /*) w/-

w purent voir l'élévation de ce fa- me ' p<%8'

» vori sans en être piqués (*s). Ils (A) Leurs efforts n'aboutirent qu 'a

» Conspirèrent ensemble Contre leur propre mine ou a l'ajfermisse-

» lui , et résolurent de le perdre ment âe son crédit.-] Ceux qui conspi-

/ 1\ • i „ ^rrv * 9 rercnt sa perte furent (i) Jimase et

» (b) : » mais leurs efforts na- promoteflquii/enaienl<hcommander

boutirent qu a leurpropre ruine , l'armée, et de rendre des services im- OU à l'affermissement de SOncré- portans.... Taticny qui avait gouverne dit (A). Il se fit baptiser avec un tont l'Orient en l'absence de Tlico- J r 1» i / /D\ t jijl dose.... et Procule, fils de jahen, grand faste, 1 an 3g4 (B). Le de- „0lwerneurfle Conltantinoplc , jeune

nomme hardi et entreprenant. Rttffin Zozim. , /. 4 i Âmbr. ep. 53. averti de tous leurs desseins , prtvint

(*») Claudian. I. i, contm Eufi'. l'esprit de l'empereur f et lui repre-

Zozim.

(b) Fiéchier, Histoire de Thcotlosc , tiv. (,) Fiéchier, HUtoire de Théodose , JiV. TV, P"g- 433 > *^lt- de Paris , ititfo , in-\2. paç. 434, à l'ann. 3$t.

- sert ta (*) , que les grâces qu'il rece- ^uJTtn <k cette trahison. La mort (*')

v *y j 4«c «a grave» qu îi rece- y *>i M-w, nufusvn. mort ( ')

: vait tous les jours de sa majesté le Procule ne fut pas moins funeste.

rendaient odieux à toute la cour; que Ce ministre le fit accuser de plusieurs

quelque soin qu'il eût d'arrêter par crimes, corrompit les commissanvs

sa retenue les murmures des envieux, °**on lui avait donnés, Us obligea

il se formait' tous les jours des fac- sous-nmin de le condamner h mort et

'.ions et des cabales contre lui ; qu'il fitensorte que la grâce que Théodose succomberait infailliblement , si la iui e^ojrait n'arrivât qu'après l'ère- 1 main qui l'avait élevé ne le soutenait^ cutian. Il avait traversé Tatien (*») qu'il reconnaissait son peu de me- dans des affaires de famille ; et Ti-

nemis.... S' étant trouvé dans le con- ^ee " un préambule qui vaut un portai/ avec Promote, ils y eurent di- trait de main de maître ; c'est pourverses contestations (+). L'empereur q«o» je rapporte un peu au long ce en étant sorti, leur dispute se renou- *IU "raconte. « Ruflin, qui gouvervela : Vun et l'autre voulait soutenir * na*fc absolument l'empire en l'abses avis ; ils s'échauffèrent insensible- " 8ence de Théodose, . . . avait lonentent. Ruffin en étant venu a des pa- w teinps couvert sa vanité et son ams offensantes, Promote s'emporta ,} bition sous les apparences d'une

rôle

t irrité. Il protesta hautement qu -- u i ,.,„

las de souffrir ces divisions et ces in- w lui enviaient sa fortune, il devenait

trigues, et ceux qui en étaient les au- * tous les jours plus puissant, sans leurs; qu'il leur apprendrait à vivre " paraître plus orgueilleux. H cher-

unissaient, il le mettrait si fort au- » 80n. avarice retenait son orgueil!

dessus de ses envieux, qu'ils seraient M Mais lorsqu'il se vit assuré clc la

forcés de les respecter, et peut-être de » faveur de son maître, et comblé

lui obéir. Ce prince, qui parlait en » des biens qu'il en avait reçus, ou

maître, et qui savait se faire craindre M qu'il avait lui-même injustement

quand il fallait , prononça ces paroles » acquis, il s'abandonna à son natu-

avec tant de chaleur, que personne » rel, et devint insolent dès qu'il crut

n'osa plus murmurer. Il chassa Pro- » pouvoir l'être impunément. 11 se fit

mote de sa cour, et donna presque en * grand nombre de créatures, mar-

/ cul ncu ne ac venger pius jacuement » yui çurs. un «e ses principaux soins

de ses ennemis. Promote ne suivécut » avait été de faire bâtir près d'un

pas long-temps h cette disgrâce ; car » faubourg de Calcédoine , appelé le

ayant reçu ordre d'aller joindre Uar- » faubourg du Chêne (*3) , une mai-

mée, el de marcher contre les lias- » son de plaisance si vaste qu'on l'eût

tarnes qui pillaient la Tlirace, il fut » prise pour une ville, et si riche en

tué dans une embuscade par un parti « ornemens et en meubles précieux

de ces barbares : plusieurs accusèrent » qu'on avait peine à croire qu'un

« « Pae. . <:;>

( ) Zozun. , l. 4. («3) Zotim. , l 8, c. i7.

>» particulier eût pu fournir à ces de'- « fin. Le patriarche Nectaire le lui

» penses excessives. D'un côte s'éle- » administra ; et le fameux Évagre de

» vait une grande église en l'honneur » Pont, qu'on avait fait venir d'£-

» des Apôtres saint Pierre et saint » gypte avec le solitaire Ammon ,

» Paul; de l'autre paraissait en per- » reçut au sortir des fonts (*) cet

3> spective, sur une éminence voisine, » homme régénéré , qui ne conserva

» un monastère qui devait servir pour » pas long-temps son innoceuce. Ainsi

» suppléer au défautdu cierge de cette » se termina cettesolennité, qui aurait » Église. Dès que ces bâtimcns furent *> été' des plus saintes et des plus ma- » achevés , Kuflin résolut de se faire » gnifiques de l'église d'Orient , si

ijustices

» velle église (3). . . Mêlant avec un » sur les peuples les sommes exces-

3> peu de religion beaucoup d'osten- » sives qu'il semblait avoir employées

j> talion et de faste , il (*) convoqua » pour Dieu en cette occasion (4). » » les évêques de toutes les parties de (C) Je ferai quelques réflexions sur

» l'Orient , surtout ceux qui occu- les doutes de Claudien (5).} Il déclare

» paient les premiers sièges. H sup- que le bel ordre qui règne dans la na-

» plia même, par des lettres réité- ture le portait à croire qu'elle estdi-

» rées, les plus fameux solitaires d'E rigée par les lois très-sages d'un Dien

» gypte de quitter leur solitude pour infini ; mais que le désordre qui régne

» venir assister à cette célèbre céré- parmi les hommes, la prospérité des

» monie. Le rang qu'il tenait dans méchans, le malheur des gens de bien,

» l'empire, dont il avait la princi- le , poussaient à suivre l'hypothèse

» pale direction, sous le prince Arca- d'Epicure, que le hasard avait été

j> dius, fit qu'un grand nombre d'é- l'artisan de toutes choses, et que les

» vêques partirent au premier avis dieux ne se mêlaient pas de la con-

» qu ils reçurent, et emmenèrent duite du monde. Enfin, dit-il, le sup-

» avec eux les plus saints personnages plice de Kuffin a calmé mes inquié-

» de leurs provinces. L'Assemblée fut tudes; je prononce un arrêt d'abso-

>» très-nombreuse. Il s'y trouva trois lution en faveur des dieux ; \e ne me

» patriarches : Nectaire de Constan- plains plus que les méchans aient ac-

» tinople, Théophile d'Alexandrie, quis tant de puissance, ils ne sont é-

» et Flavien d'Antioche. Grégoire, levés que pour tomber de plus haut.

» évêque de Nice , Amphiloque d'I- Il nous dira mieux cela lui-même. » cogne, Paul d'Héraclée, Dioscore c , ... . ,. . , ..

i»if -î » i.i* ' $(*pe mihi dubiam traxit sententia mrnirm ,

» d Helenopole et plusieurs autres Ce- Curarent superi terras , an nullus inesset » lébres prélats, s'y étaient rendus le8 Bector , et incerto Jluerent mortalia casu.

)> premiers. Les principaux de la no- %am cifm disposai qu*jissemf*dera mundt,

fi ■> t • * . t.- rrtrscrivtosniic maris fines , anntque nieatus ,

» blesse et du cierge , et une multi- Et tuci^ v(ctt . \unc nbar

» tude infinie de peuple, y aCCOUru- Consiliofirmata Dei,qui lege moyen

» rent, les uns pour honorer Cette Sidera , qui fruges rfiwro tempore nasci ,

fA*-~ 1 „ . „ c • i „ Qui variam Phœben alieno lussent igne

» fête , les autres pour faire leur cour JÇ ^ > JoZ<?m7„tf mo . poUmtU.

» ace favori, plusieurs pour satlS- Liuora ; tellurem medio libraverit axe.

» faire leur curiosité. Ce fut dans le Sed ciun res hominum tantd caligine volvi

» mois de Septembre que Se fit Celte Adspiceremy lœtosquedmforerenocent^

' ' ■ * w w î • "/ . 1 j Vexarique pios : rursus labefacta cadebat

» Cérémonie. L église Ctait tendue de Belligio, causaque viam non spontè sequebar

» riches tapisseries : l'autel éclatait Altcrius , vacuo qiue currere semina motu

» d'or et de pierreries. La COnsécra- Affirmât, magnwnque novas per inane figuras

. • r . . ii •» r ortutuî , lion arle , régi : tivus JS umina sensu

)) tion se fit avec tout l'ordre et toute Amhi^vel nulla putat, \>el nescia nostr..

» la magnificence qu'on pouvait JbstuUthunc tandem Rufini ptena twnultum,

■» Souhaiter. Après (HIC les Oflices fil- AbsolviUfue Deos. Jam non ad culmina rtrum

». . • „„ ' i„ „ i Injustes creeisse queror : toUuntur in altum,

>» rent achevés , on procéda avec Ja » même pompe au baptême de Huf-

(3) Flérliici , Notoire .le Thûodosc , /iV. ÏV , (4) Fiée »<ïp. 4M» , « l'ami. 3f)4- p«tf. 4^.

(•) Throdoret. , /.* i , c. 3i. Socrat. , Hb. 2, Q>) Ils c

Ut lapsu graviore ruant (G).

(*) Pallad. , in Lausiac.

(4) Fléchier, Histoire de Théodose, b>. IV ,

(•) Thrvdorrt., I. 1 , c. 3i. Socrat. , Hb. a, ' (H) Ils concernent la providence divine, c. 5. l'allad. , in Lausiac, c. 4. (G) Claudian., in Rufin., lib. /, iniU

RDFIN. 65

"VTiT1 ' i'?rtic,t du ma- <*« Ba'wc ces parole» de M MA».™

sëe de Malherbe qui re^Ukl cX * " ^^Ï3»«-- -

de Claudien : je m'acquitte de ma n'est pas originairement d* ri^.A

promesse (8). « il est vrai qu'on par- elle Sslde^^^^^f^1^

» lait ainsi avant que la religion ctré- onléU^t^sd^^Sfr^

» tienne eût reforme le langage. On au livre Y/T* de In *rfU!m,n'

» accusait les dieux de tout fe mal ZW^Diogen^

» crue faisaient les hommes. La provi- cere solebat , Harpalun i a»\

» çlence divine était prise tous les ribus iUis I^rffixTajXt^S"

» jours à parue par quelqu'un qui se tra deos testimonium d ce e «uod Un

» plaignait que îes enoses du monde illâ fortunA tam diù viverct $?enun

» n allaient ma ramm» i *>Af 7 «au viverci. j^ten un

îVuMos csm deos, inane cal «m

, « ^ OA im-

>» gaire dans les vers des poètes

» et de leur destin : Cnmen deo- Fmum , dhm ne^.t h^XttTu

» rum, jatorum crimen, etc. Ciiv c ' • » »

» thia est malade, et si elle meurt, ^7'^ « ^ ^«J ce ie/w , Deorum

» dit le poète amoureux de Cinthia ™CQ Sjr,Ia tam fellx ; €t un

» une si belle mort sera le crime du comt^ 8nc :

» dieu de la ^médecine. ©eo£ <F ôveiJbç, roùç hak^ùç iJ<T*i-

» Tatn formosa tuum mortua critnên erù. f*WHV.

Barthius (i i)a recueilli un tres-graud

>» Kufin n'eût ëtd puni de ses crimes ce . u co,nm«n tous les passages des

» on allait appeler les dieux en jus- anc,ens °« « Fortune est injuriée

» lice comme fauteurs et complices conime n? . . ave"gle, inconstant,

» de Rufln : vagabond injuste, fauteur des indi-

. Jktidit hune tandem Rufini p*na ùnu>. f™* (,3>' Un de. CM passage* suffira

Î5.1. Pour t0us» je l'emprunterai de * ^**>'««f«« Pline (i4) : Invenit internas utrasçuc

» Un de nos poètes a dit je ne sais sententias medium sibi ipsa mortalitas » quoi de semblable : mais en vérité rliun€n* ?uo ™»™ etiam plana de m d'une excellente manière, et sa co- Veo ^JtfçtaUo esset. Toto quippè » pie passe tous ses originaux: je vous ™undo et locis omnibus, omnibusque » la proposecorame un chef-d'œuvre • 5 omnium vocibus Fortuna sot a » dans cette ode qu'on peut opposer lnv>ocatûr : una nominatur, una accu- » aux plus belles et aux plus ache- fa'"r' a§ltur ™a> «« cogitait vëes de l'antiquité. Le dieu de Seine ' *°la ia.udalur» *ola arguitur, et » parle à un favori qui passait sur le *um, conuttus colit«r (i5) ; volubilis, » Pont-Neuf. » Je ne copie point les aPleriSffue ™» <* cœca etiam existé vers de Malherbe que Balzac rapporte; (,0) M«nage, Observations surMalhcrb* pue vous en trouverezles conclusions dan s 43,2,\v »„,,.. . ~, A. l'article de Co.ci,, , tome V, page ^ J^^Zi^ ^ ' ,B **** * ^ remarque (r). Joignons au passage (v^) A«ud n*-gei» Proplictam, nsalm. LXXIH

, . ~ v ■ f ^ elXClII.Hiobuni, rap. XXIII. Ilabacac.B cap. I

8 Balzac , Sorrate chrétien , pas. m. a3;. remarque (H), au W«W «lioéa. ' * (9) nfallmtdirt tumullura. M. Ménage Ob- (i4) Pl«n. , Ub. If, cap. ni, pag. m ,/5

sir ^ * BalMc' ^ ,f /w si- r.c™' ^ 86 ' m

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