PICCOLOMINI
• A PhUosoph,d , q». fut admiré : mosctiam spiritus haJst fc intérim
Tonus ommumcanuum laudibuscx- pluribus ai magnum F.trfrim du?!
ceptum, cummhtl eo , veladeffor- legaUonibus (S? pcrfunctûsnlurïZZ.
mandas mores utiliu* , ucl ad rcmpu- aSe honoribus ' au/t^Zœ,7"ma
bhcam rtctè gcrsndam accommoda- Platoni, philosopha Paca^ cœvù
Uus^eladomncmbonorum, malo- auam etiam commenta*, JorVn-
rumque notttiam suavius cxcoailari dam suscenernt iWm
possitC*). Le père le Moine (3) avarié i^S^^Œ^^
de cet ouvrage avec estime et en a totelcsphUosophiamduos aTa^tZs
critique quelques endroits Prenez un humani aciem intellect,?* drUerï
peu garde a ce titre : Francisai Pic- quorum alterutro si quUcareTcr
colomjnetSenensis unwersa Philoso- clopis instar in hdc rerum uniue/sl
phmde Mortbus nunc primiim in de- tate labatur necesse est ; Ted
commucona~
cem gradus redaeta i et expltcata, niafata prœclaros hosce illius renetus,in-foliof}m .11 semble si- tu, interïulemnt. Voyez aVnoïe Srnfier que la première édition est de les paroles du Tomasini M e t fait™ Tan 1583. En ce cas-là l'Impérialis vous-même les comparaisons aU'i nous trompe lorsqu'il dit que cet faut. 1 «raisons qu il
professant la philosophie * (C) Je dirai aUU g
i publia ce livre- et mérita nar ^ , „ . 1.7 f1 V*0» «
s il faut inférieur ondissait
par les matières comme lui . il volfiuoueai age a environ trente-sept ans. ««ai* A*a » ' .i TOly~
cV.t-â-dife 1> ,55, Pour Louù pL^t^Zl comme per cet historien , il faudrait que ce toir*» mi/~*™"L . . "n Yln à Philosophe eût publié sa Mouvant Voila 'ce me ™mble l7n/ **UÎ' Tannée i557 , et qu'ensuite il l'eût n^téM^ J£™/L? ^ rédigée dans un autre ordre inconnu ( q ) oràtion e ïuiï^?,?™ 9 " J1 jusques alors. La publiant en cet état $L ^^ZS^T ^reXpeAtti 9 i Venise l'an i583 il aunit nu mettra ? * tllaboratd , cœterum sentena venise,i an idm, u aurait pu mettre ttarumnexu frequentior quhm fortè au titre ce qu'on a vu , quoique ce mn^nint JL» Y««"*/07«e nefûtqu'une4secondeéaitionqNotez TV?
qu'U inséra dans sa Morale, imprimée doo^T^lsT^? «tsublndè l!an .583 , un traité de la Me hode , ^^117^/3 ' '•Wa où il combattit son collègue et son KoKS^ ^rf0!""!
mais Piccolomini revint â la charge ,cn>te TOÛ -, pro»ectioruT auril us par un livre qu'U intitula : Cornes insetvire , SliJ autemjuniorum pohucu, adversus Jacobum Zabarel- Je renonça aui fonctions de
ÇB) Il tâcha de phie platonique. ]
U ne s'appliqua a cette étude "qu'après avec Jean împériaHs qui VouTeon te
avoir renoncé aux fonctions de pro- que ce professeur demeura un an i
fesseur; mais selon le Tomasini, il y Macérata, dix à Pérou se , et vinet-
trayailla et par ses leçons et par ses deux à Padoue. Cela ne fait que treri-
ecrits a Padoue même Voici les pa- te-troîs ans. Ne m'allez pas dire qu'il rôles do 1 Imperialis (5) : Hac igitur ^
egregiè navatd V eneÙS Operd per an- Il fait mention de l'une de cet députationt
nos duos et viginti patriam sibi lan- Çf^fr* ^j™!0'™ <*? *on livre de Rerum
° r UchnitioDibus, datée de. Sienne, l an 1600.
..... . .. . . . é (;) Platonicam disciplinant ferè collapsam et
(1) Job. Imper.»lu> , m Mnsao h.stor. , p. 114. l,gendo et scribendo in integrJn restitue!* cona-
(i) Dans tes Peintures morales. tus est, illud in primis enitens ut Platonem cum
(4) Hoc unum eff'eeit postea ut gravissitno Ve- Aristotele in pluribus conciliareU Tomasin.
nrtorum judicio ad Patavinum Kvntnasium fue- Elog. , part. I, pag. aoy.
nt convocatus. Imperialis , in Musxo historico , (8) Dans la remarque (A) de l'article Zaia-
i«4« nin.ï.k , tom. xy.
(5) Imperialis, in Muswo historiro, pag. 11S. (r,) Imp., in Musaso hislorico , pag. n5.-
a oublié la profession en logique ne du connétable Ànne de Monlerercée « Sienne i car elle n'a nu du- morenci. }\ lui fit une promesse rer vingt ans. puisque Piccolomini , „ • * 1* *
n'en avait que vingt-cinq lorsqu'il de mariage sans en rien drre ni fut pourvu de la profession en philo- à son pere m a sa mere (A) , tant sophie à Macérata. Le GbiKni adopte il craignait qu'ils nes'oppbsassent les cinquante-trois ans de Tomasin à son dessein. Il n'y a point d'ap- (10) : il est en tout cas plus digne ,., * „ •
d'excuse que Paul Fréher(Vi), quiles parence qu ils y eussent jamais adopte après avoir assuré que Fran- consenti , quoique cette demoicois Piccolomini fut fait professeur à selle fût d'une naissance très-il- Macérata a l'âge de vingt-cinq ans, luslre et que sa beauté et sa
qu il ne carda qu un an cette protes- * j« .
sion, qu'il n'exerça celle de Pe'rouse vertu la rendissent recommanque dix ans , et celle de Padouc que dable j mais il y eut une raison vingt-deux. Voilà les égaremens où particulière qui les poussa à forl'on tombe quand on incorpore en- mer des opposiiions éclatantes à semble des narrations opposées. 11 , ,lT ..
(E) Il mourut fort âgé.] Tomasin cet engagement, cest qu Henri et l'impérialis s'accordent à lui don- II voulut bien que sa fille natuher quatre-vingt-quatre ans de vie : relie , veuve du duc de Castro , ils ont oublié de marquer l'an raor- ^pousât l>amant de la demoiselle
tuaire : mais nous rapprenons par la S n. T, i ^ ,
date de son épitaphe dans le Gbilini ™ Pienne. L ambition du conne- (1a), c'est l'an 1604. L'impérialis ob- table trouvait trop son compte serve que ce vénérable vieillard eut dans cette alliance pour lui perle honneur de n'avoir jamais besoin meUre de souflyir que langagede lunettes (i3). s , m a * *?•
(F) Sixte f ..... se glorifia toute sa ment de s°n nls aine Passât Pour vie d'avoir pu répondre a ses objec- bon. Il mit donc tout en œuvre tions dans une thèse publique.] Je pour le faire rompre ; et se trouvons donnerai ce fait tout tel qu on yant au . de H j n dans , le trouve dans rlmperiahs. JLtquidem . . r % m
fœlix adhuc minorita qubd semel Vlns haute faveur ou jamais supropositarum in templo tJiesium ex jet se soit vu auprès de son roi , utrdque philosophid publicum impu- [\ porta ce prince à employer gnatorem sortiluserat Franciscum tQUS ,e§ ens imaginables pour sœpius pom> pontifex ejus aiei mémo- c . j * 1 11 1
riam rïcolebat, s'ibi dignissimum re- *aire déclarer nulle la promesse
putans cum acerrimo , ut ipse aîebat , que la demoiselle de Pienne pou—
ingenio in celebri consessu haud se- vait alléguer. Cette affaire devint
gniter doctrin* atque ingénu gloriam ;a lm ^ d& /fl chrestierUé
sustinuisse (i4)« ri 0 ■ >
(..) GbiUni, Teatro , ton. /, pag. 6,. Le h COTiCOUTS des desseins que
sieur Witte, in DiarioBiogr. , ad ann. i<x>4, ne le pape Paul IV aVOit de prati-
^)^£r'TThe«t«iTp^,i4o8. quer Vaillance de cette fille de
(») Tbeatro. part. Pri,n4, w Henri II , desia vefve d'un Ita-
(i3) Ex eofmlix in tanto semo embd oeulorum * y» 7 j J
vim nullo tauftùtm chrjriuUi,ut,iJiojmii. imp., lien, petit-fils de pape , avec un
fawMiSSÎTâfiK.w "4- autre Ilalien ' son neveu Ce
PIENNE (Jeanne de Halluin , ^'"/'T? *tP*P*& toute la Demoiselle de), fille d'honneur difficullé de la dispense quon de Catherine de Médicis , fut bu demanda, et que François
. * 1 u de Montmorenci lut solliciter en passionnément aimée de rran- /f. T . ,
çois de Montmorenci (a) , fils aî- Person,le (*>• Le r01 ne c'ul Pas'
(«) Qui fut fait maréchal de France Van (b) Lo Laboureur, Additions à CastcU i559. uau, tom. H y 4*9*
PIENNE. 53 que le pape deut rien refuser à ses du pape (c). La maison de sa considération y dans un temps Guise contribua puissamment n favorable que celujr de la li- aux oppositions que François de gue quils tr ai ttoient ensemble Montmorenci rencontra à la cour contre F Espagne. Néanmoins , de Borne (I). Paul IV se montra si difficile , que le roi fut obligé de recourir (c) Fcjt* la rem' (C)* à d'autres expédiens (B). II pu- (A) U lui fit une promesse de mablia un édit qui déclarait nuls les sans en tien dire ni h son père
raariagesclandestins,etilfitmet- âvait'L"«w/ ] M le,,abourT >
, j ° 11 . . ava,t tes originaux de toutes les nro-
re dans un couvent la demoisel- cédures , raconte (i), qu'elles corn-
le de Pienne , et l'on extorqua macèrent par C interrogatoire des
d'elle une déclaration de désiste- îeux fût au Louvre le 5 octo-
ment, et enfin on brava le ua™ • - 5 lue/eawie deUalluin. la
r*r 11 A v V Pj ' ^entière appelée, dit être âgée de m
car le mariage de François de a ao ans, et qu'il y avait 5 ou 6 ans
Montmorenci et de la fille de <l.ue Messire François de Montmorcn-
Henri II fut célébré avec pom- Cl " }u.1 ï™1 Parle' dc mariage au
pe, quoique la dispense n'eût M Pf^ls de Paris ou à Saint-Germain ,
l , jwi^ue m uispeow neuc }> ou leurs propos furent Qu'il ta nre-
pns ete accordée (C). Le pape fit « nmthfeL£sJeiU^^!^gSi-
un aveu qui mérite d'être rap- » /e & prenaithmari. Bien dit qu'au-
porté (D). Il entra'beaucoup de " P/rai/ant il l™ en avait plusieurs
Mauvais fm danc m wn*£A » " J0lsPartc y mais «e /e eou/att aceewnauvaise tm dans Ces procédures » ter, parce qu'elle le voyait bien
(i-j , et le fais du connétable en » fort jeune, et aussi qu'elle craignait
sentit quelques remords de con- 8 nue M- le connétable le trouvât
science qui l'obligèrent de deman- M mawf*i/atluoi il répondait qu'il
der absolution au nane Pïp IV * attendraiKs\long-temps , et qu'il lui t ausoiuuon au pape Fie I V w serait Sl obéissant qJil le lli ferait
{* ). La demoiselle Se maria quelr » ttvuvcrbon . et qu'elle ne l'eut point
que temps après avec un homme 8 d^laré si ledit S. de Montmorenci
très-inférieur au galant qu'elle * n, e\f\ P,arl£ h caus* du maria8*
avait M1J„ naj? ^ • 8 de MaJ' de Castre. El e dit encore
Naît perdu (G). Nous voyons ici , „ Savoir reçu aucun don ni présent
par un grand exemple , que les » en nom de mariaee , et que tout
passions d'un prince , qui sont 8 s'e'lait passé en parole , sans témoin
cause très-souvent de plusieurs » "! î""" eût parlé à aucun
abus servent quelquefois de l Ea gl^^^S
remède aux desordres de l'état. » brûlé les lettres , qu'il en avait con-
L edit qui déclara nuls les ma- 8 tinu<- ies propos depuis son retour ,
nages clandestins amena dans le " î£ dément f« l'abbaye de fan-
« i 8 luisant dernièrement ou il r était •
ovaume une très-bonne et une , et même le Jour d bieï aulgTsde
tres-saluUire jurisprudence (H) ; » M. le connétable il lui répéta en-
mais ce ne fut point par la con- 8 Jorf lesdits propos , et la pria ne se
sidération du bien public aue » fdche,r Point> Elle ajouta ne savoir
Henri II fit naître Je loi si jV : JfSt,T^&
Ce tut pour les intérêts par- » qu'il se pUt marier quoiqu'il eût
l'culiers de son favori , et pour 8 Pèret* mère , parce que le mariage
'ûvoir pas l'affront de succom- * V'.J? Dïu> et [es ^rémonies de
l^r sous les intrigues artificieu- ^ Au 8urI'1- «»e s'en rap-
(i) Le Laboiirrm , Additions aux Mémoire* dt> Caslclnau, tom. II, pag. 419.
» porta au S. de Montmorenci et si- pérances, et remisa une congrégation » gna sa réponse. Celle de ce seigneur de dtéologiens et canonistes appelés
» promis le soir précédent de l'épou- mais en effet , comme il aurait appris » ser , en lui parlant de la peine où de bonne part , pour nuire a son des- » il était ; sinon qu'étant enquis si , sein, contre les promesses du pape , » ayant père et mère, il ne savait pas qui aurait favorisé les opinions pour >» qu'il ne pouvait contracter mariage sa partie adverse quoique non requé- » sans leur consentement , il dit que rante , fait mauvaise mine et maltraité » quand il fit celte folie, il ne considé- ceux qui concluaientàson absolution p » rail pas toutes ces choses-là , et que et donné toutes sortes de preuves de » V âge ne te portait pas ; et s'il avait lui être contraire. C'est pourquoi, » a le faire a celte heure, il y pense- ayant avis de la renonciation de la
» rait davantage (a). Ces déposi- demoiselle de Pienne , il proteste
» lions furent envoyées à Rome avec contre tout ce que le pape pourrait » tout ce qu'on put ramasser d'auto- ordonner a l'avenir contre là liber- » rités de l'Écriture Sainte et des pè- té qu'il prétend de se pou voir marier, et » res, contre les mariages faits sans le demande l 'enregistrement des suppliât consentement des parens , et le pa- ques par lui présentées à cette fin à S. » pe reçut le tout assez benignement S., comme aussi de la dispense par lui » d'abord , lit grand accueil au S. de accordée en cas pareil (3). Les plain- » Montmorenci et lui promit toute tes qu'il fait de la conduite du pape » sorte de satisfaction : mais il fei- sont fondées sur les choses que l'on » gnait, ou bien il n'avait pas encore verra ci-dessous (4). . » pensé à cette occasion d'allier sa (B) Paul se montra si difficile, » maison à celle de France , qui lui qjte le roi fut obligé de recourir a. » fit tirer l'aflàire en longueur pour d'autres expédiens.] Voyons la suite » en favoriser les moyens. » Dans un des paroles de M. le Laboureur (5). acte de protestation que M. de Mont- Le pape retint long-temps à Rome morenci fit dresser chez le cardinal François de Montmorenci, le rcmetdu Bell ai , à Rome , le a3 de mars tant de congrégation en congrégai557 > *1 déclara : Que , depuis cinq tion , tant que le jeu étant découvert , ans et davantage, s' étant par chaleur et le roi et le connétable frustrés de de jeunesse engagé d'amitié envers leur espérance de son côté, ne voudamoiselle Jeanne de Halluin, dite de lant pas avoir le démenti d'une chose Pienne, et contracté mariage par qui n aurait tant éclaté qu'à leur désparoles de présent , sans consentement avantage, ils firent dresser un édit du roi et de ses père et mère : depuis fait exprès et qui fut publié et vert" ce temps-là le roi et son père ayant fié , par lequel les mariages clandesrésolu son mariage avec Diane de tins furent déclarés nuls : et d'autiy; France, il serait venu à Rome par part 041 se servit de V autorité pour leur ordre pour avoir absolution et faire quitter prise à la pauvre demoidispense du pape , depuis quatre mois selle , qu'on enferma au couvent des qu il en aurait toujours sollicité S. S* Filles- Dieu, à Paris , et laquelle , et même justifié sa demande par une dans la crainte d'être plus mal traidispensé par elle accordée en cas pa- lté , et dans le désespoir du succès de reil. Surquoi il aurait été amusé d es- ses espérances, se laissa encore per- . x ..... » 1 • , suader que le S. de Montmorenci
(?) Le Laboureur, Additions aux Mémoire* de ' ». »
CaVetnau , fom. //, pag. 4»o. Notes ces paroles <*U dispense du pape,
de Brantôme, dans l éloge du connétable de Pour bien Connaître le pouvoir
Montmorenci, lom. II de ses Mémoires, pag. q^eiirent sur Ce pape les intérêts
,37. Ainsi qM M. le connétable luy avoa J famme ne faut point perdre
moyenne... le mariage entre luy et... la iille na- : > *m ^ j * ^
tnrellc du roy Henry... comme le pere le luy au- de vue ce point capital , c est que nonça, et le jour des nonces, M. de Mnntmo-
ry luy fit responte, qu il ne pou voit entendre (3) Le Laboureur, Additions à Castelnau, lom.
à cela, d autant qu'il avoit promis â mademoiselle //, pag. 43a. de Pienne. Qui fat estonne ? ce fut le bon homme, (4) Dans la retnarque (B). qui eut plus de recours à ses larmes , etc. (5) Additions à Castelnau , lom. II, pag. \io.
déclarant nulle la promesse qui avait et après avoir propose le fait , il dit été' faite à la demoiselle de Pienne. (11) : « Nous demandons si le maria- Rous verrons qu'il souhaita en cette » ge contracté par paroles de présent, rencontre que l'autorité papale fût » qui est vrai mariage , vrai sacreamoindrie , et qu'on lui ôtlt un droit » ment selon l'avis des plus saints dont il eût été fort jaloux dans un » théologiens , peut être délié et autre cas. Le bien particulier de sa » rompu par nous , j'entends où la famille lui tint plus au cœur que les » conjonction charnelle n'est point privilèges du papat , soit qu'il crût » intervenue. Puis ajouta ceci : Et ne que ses successeurs sauraient bien se » vous amusez , je vous prie , aux relever du préjudice qu'il leur vou- » faits et exemples de nos prédélait faire , soit qu'il ne considérât » cesscurs , que je proteste ne que le temps présent , et qu'il pré- » vouloir ensuivre , sinon d'autant férât absolument les avantages per- » que l'autorité de l'Écriture et la sonoels à ceux du saint siège. L'af- » raison des théologiens vous induifaire était poursuivie de la part de la » ra à ce faire. Il dit encore ce qui France avec beaucoup de chaleur : » s'ensuit : Je ne fais doute que mes onn'v oubliait rien. On présenta l'acte » prédécesseurs et moi n'ayons pu par lequel la demoiselle de Pienne » faillir quelquefois , non seulement renonçait à ses prétentions , et l'édit » en ce fait , mais en plusieurs audes mariages clandestins (6). On re- » très, et toutefois nous ne sommes coavra (7) le double d'une dispense » du tout à condamner : car Dieu que le pape avait concédée en sem- » conduit tellement son église , qu'il blablejait. Voici un passage de la re- » lui cache pour un temps plusieurs lation que le docteur de la Haye en- » choses, lesquelles puis après il révoya au connétable (8) ; la chose est », vêle : ce que Christ lui-même nous curieuse : Paul IV envoya (9) quérir » a assez insinué, comme quand il dès l'heure M. le d ai aire pour en- » disait à saint Pierre : Ce que je fais tendre comme celle dispense avait été » maintenant tu ne l'entends pas , expédiée ; s* émerveillant de cela , et » mais tu l'entendras puis après. Et encore plus de ce qu'elle était tombée » en un autre lieu il disait : J'ai beauen nos mains ; a quoi fut répondu » cour» de choses à vous dire , lespar le dit S. datairet qu'elle avait » quelles vous ne pouvez comprenété accordée en pleine signature f et » dre pour cette heure, mais l'esprit par S. S. même : dont se pouvait sou- «qu'enverra mon père en mon venir, étant de telle nature S. S. » nom vous enseignera tout. Qui qu'elle voyait et voxdait entendre plus » sait donc maintenant si ce que Dieu que nul de ses prédécesseurs ce qui se » a laisse inconnu par le passé aux faisait en sa signature. Dont demeu- » autres , touchant l'indissolubilité
que ledit S. dataire lui dit ne se pou- » que vous m'aidiez en cette affaire ; voir faire, d'autant quelle était déjà » et sans vous arrêter à ce qu'a fait entre les mains des parties , et quen » un tel et tel de mes prédécesseurs , vertu d'icelle ils étaient mariés. Don- » comme j'ai déjà dit , voyez s'il uons anssi quelques extraits du résul- » n'est point vrai qu'ils n'aient assez tat de la première congrégation qui » entendu ce que nous voulons mainfut tenue pour la dispense de ce ma- » tenant rechercher touchant cette
» indissolubilité de mariage. Ceci » achevé , il adressa sa parole à l'ar- » chevéque Cousance, autrefois nonce
(6) Le Laboureur, Additions * Ca>telnau, toin
I (, pdf. 4x4*
(7) Là tnéme , pag. \iS.
(9) Là même , pag. 4^4.
(<>) Là mr»u , pag. 43G. f'ojn aussi ta rc~ H> P<W- 4*7- •• arque (D). (il) Là mémt
(10) Le Laboureur, Additions k Casteloau, tom .
» en la cour de l'empereur , et lui j» comme de l'autre , et non qu'il
» commanda de délibérer, lequel » voulût défendre son opinion, le » fit tout son effort à montrer que . » «pape, comme déjà offensé de sa dé-
» tel mariage ne se pouvait aucune- » libération , se courrouça fort con-
» ment défaire, auquel le pape fit » tre lui, comme s'il eût été au-
» plusieurs démontrances d'avoir » teur ou défenseur de l'erreur
» très-agréable son opinion : qui » de Durant. Et où ledit sacrislc
m poussa ledit archevêque à dire en- » se voulut excuser envers S. S. il
» core beaucoup plus qu'il n'avait » lui ferma la bouche avec injures
« pas délibéré , comme il appert as- » et grandes menaces , disant par
m sez tant par ses écritures que par » plusieurs fois qu'il méritait être
» les conférences qu'il en avait te- » châtié, et qu'en particulier il lui
» nues, par tant ae souris, de cli- >» dirait davantage. Ce qui intimida
>» gnemens d'yeux, de tête, et par » tellement les autres, que plusieurs
» certains frappemens de mains : » d'eux pensèrent de changer du
ajouta encore de dire ceci tout » tout leurs délibérations.
-, Après - ■ j
» toniellus, nomme fort ancien et une autrefois (12.) Les cardinaux en
î> vénérable , lequel fut d'avis tout sortirent très-mal contens , et l'on
» contraire à l'autre , et en peu de pouvait comprendre , sans autre in-
» dire ceci , que
! ne , lesquelles il avait puis après Bellay et "M. de Montmorencî ayai » rétractées étant venu à meilleure fait savoir au conservateur de Naples,
part. Et pour ce que ledit évêque /'cet/ l'un dech Vautre delà, sans pous'était aidé de quelques lieux de voir dire ou réféi-er a quelque ami oti
saint Thomas, le pape ajouta de serviteur qu il piit avoir , comme ee dire ceci , que saint Thomas avait fait était passé et quelle résolution y pu dire plusieurs choses étant jeu- avait été prise (i3). Le cardinal du Inerniplles il avait nuis après Bellay et M. de Montmorencî avant
connaissance; ajoutant cette au- qu'attendu l'édit du roi, Ton se pou rtorité de saint Paul: Quand j'étais rait bien passer de la dispense du
rame un petit \ pape, et qu'il eût à se souvenir qu<i
Ce n'est pas sans cause que je vous taient au S. Siège (i4)>. ce conser-
» donne cet avertissement , mais afin vateur fit dire par le dataire aux car-
i> que nul de ceux qui auront à dé- dinaux Carafie et de Pisc , « qu'il
» libérer ne fasse fondement de tel- » s'ébahissait grandement de la im\-
» les autorités dudit saint Thomas , » nière de procéder de S. S. , et qu'il
m ses preuves qui furent assez Ion- » eeux auxquels commandait parler î> gues et non moins doctes , il lui » et donnait commission de libre-
» avint de dire quelque chose du
» docteur Durant , touchant l'affaire ('*> L? Laboureur Add.Uon» aux Mcmo.ro
de Cnslclnau , loin. II, pag. 4"-"J.
» du mariage , que nous ne recevons ^hm^. » pas; ce qu'il récitait
seulement (14) La mrme, pag, /|3o, 43i.
» ment dire ses vœux sans mal res- pourraient-Us avoir fuit , et ce siè- M pect ou faveur aucune , et que cle*lh pourrait n'avoir bien connu ce * pour moins d'occasion que la pré- 7MC ?es autres siècles vont ouvrant , » sente, par la pertinatie du cardi- sçt°n l& parole de Jésus-Christ : Scie- » nal Gaétan, l'Allemagne était ès ^s autem posteà , etc. non potestis » termes tels qu'un chacun voyait, om ma portare modo, etc. VenietPa- » sans grande espérance d'amende- racletus , etc. Et pour ce qu'il se dit » ment, si ce n'est par la seule grâce de aue ) ai donné une dispense en cas » Dieu. Et qu'ils considérassent bien semblable, je ne voudrais pas que cela w la teneur dudit e'dit, en vertu du- f*1 Pour porter préjudice a la main quel, avec la censure de la Sorbon- itère ; car Dieu sait que je n&l'ai^ja- » ne, et l'autorité de l'ordinaire, ma*s entendue. En signature y a une m sansautredispensedeS.S.monditS. tourbe de gens , prélats, nférendai- » de Montmorenci pourrait se ren- ns tet autres , qui cric qui deçit qui » dre libre , et prendre telle femme delà. Un pape décrépit ne peut en- » que bon lui semblerait (i5). » Cela tendre bien jjar le menu h toutes chofut représenté au pape , et ne le fit ses, •' fjuant « moi , je proteste ne Vapoint changer de conduite. D'où l'on voir jamais entendue, et si y a plus , peut conclure que la cour de France aue t quand j'aurais comme liommc traitait cette négociation comme la er?le' en une chose ou autre , je ne voulus grande affaire : mais que le pape drais y persévérer. Voilà un morceau ne trouvait pas moins important à dune relation du cardinal du Bellay; ses intérêts de ne rien conclure là- 3UC *e Laboureur a insérée dans dessus. Si l'on avait deux ou trois ses Additions aux Mémoires de Casvolumes in-folio qui continssent des telnau , et voilà aussi un homme qui relations semblables à celle du doc- se fondait sur une dispense bien intcur de la Haye, et à celle du cardi- firme i car le pape même qui la lui nal du Bellay (16), ce serait l'un des fya^ accordée déclara au sacré colplus curieux ouvrages que l'on pût *e8e > flu'^ n'avait jamais entendu mettre dans une bibliothèque. cette question-là, et qu'à son âge il
(C) On brava le pape; car le ma- 2* Çomrait pas prêter l'oreille aux
riage fut célébré , quoique deta"s parmi les clameurs qui retentis-
la dispense n'edt pas été accordée. ] ??nt a" lleu °u 1 °" "g™ ,es expédi- « Le roi et le connétable ne crurent tl1ons- CePcodanl 1 homme qui avait » pas se pouvoir mieux venger du obte°u cette dispense se croyait bien » peu de cas que le pape avait fait J"?"?» mais 81 e,lc olait nu,le > 11 m; » de leur recommandation, que de *alsait que commettre des adultères » passer outre mariage en vertu de ,outes lgs. fois qu U Jouissait de sa » l'édit contre les mariages clandes- Bien ne paraissait honteux à
» tins , et la fête ne s'en lit qu'avec 1 au/ 1V » V°UrVU q.u ll trouVi1t des » plus de magnificence etdecérémo- Prtitex»cs de ne pas invalider le ma- » nie à l'arrivée du S. de Montmo- ™£« de M. Montmorenci. » renci » étant
i, au mois de mai i55;, la cour - 11 cntra beaucoup de mauvaise -t à Villers-Cotcrets (17 ). » f°l dans ccs procédures. ] Rien n'était
fT\\ i- a* ' ' •< plus propre au dessein du pane que
{U) d^e pape fit un aveu qui mente a* . * • v 1 , 1 . * » , 1 1
grégation dont j'ai parlé ci-dessus.
Je n'ignore pas* dit-il (18) que les >■ , 1
n„n»< T ..'l./r;^!. me^ de ce cote-la, on se munit d'un
accomplissement Afin donc de le désar-
papes mes prédécesseurs niaient don- jjon acte ne assez de dispenses là-dessus ; ils sont devant Dieu pour en rendre compte. S'ils ont d'aventure failli, je ne veux les ensuivre; par ignorance
par lequel il paraissait qu'elle n'avait nulle prétention sur M. de Montmorenci Mais pour obtenir d'elle une semblable déclaration, il fallut lui faire accroire que
T. a même.
(iG) Al. le Laboureur la rapporte toute entière SC. C'est pourquoi SOO galant ne lit
ffi™^^k^™>*»«>">l»V- point scrupule de lui écrire cette
(17) F à même , pag. 43-.
(18) Là mêtnc,fMg. 433. sèche que les billets qu'il lui écrivait
le pape avait déjà expédié la dispense. C'est pourquoi son galant ne lit point scrupule de lui écrire cette fausseté. Voici sa letlrc : elle est aussi
auparavant étaient doux et tendres, firent venir la demoiselle , et après « Mademoiselle de Pienne, ayant qVelle^ eut lu tout haut la lettre de
» le pape comme les choses sont pas- et donné charge d'ainsi le faire, y ous » sées entre nous deux , et demandé avez vu par sa lettre, que maintenant » de cela pardon à S. S. , lequel m'a vous avez lue , combien il estime avoir » de sa bonté' et cle'mence accordé, grandement offensé Dieu. . . . (ai) a » et en tant qu'il était besoin, dispen- supplié très-humblement S. S. de lui 9 se, pour me remettre en ma pre- pardonner l'offense au il avait com- » miére liberté : dont je vous ai bien mise par lesvropos de mariage d en- » voulu avertir. Et aussi pour nous *re ^ous » et <c dispenser et lui et vous » ôter tous deux hors des malheurs de vous pouvoir marier ailleurs quand » et peines où nous sommes, je me bon vous semblera ; ce que notre saint » dépars de toutes les paroles etpre- père le pape a fait, et par ce moyen » messes de mariage qui sont passées remis M. de Montmorenci et vous en » entre nous deux , desquelles parla- vos premières libertés, comme il vous » dite dispense nous demeurons dé- écrit par sa lettre que vous ai présentera chargés, et vous en quitte; vous ment baillée et a cette cause; et lui étant » priant bien fort faire le semblable dispensée, et par sa dispense libtie » en mon endroit, et prendre tel et en sa piwuere liberté de se marier » autre parti pour votre aise que bon ailleurs qu avec vous , quand bon lui
re'80ju semblera, je vous déclare par son com-
■ telligcnce avec vous : non pas que - » je ne vous aie en estime de sage et conque, avoir été entité vous deux; et » vertueuse demoiselle , et de bon- ™us prie et requiers de sa part , que » ne part: mais pour satisfaire à mon vous ayez pareillement a me déclarer
» devoir et éviter les malheurs et in- Sl/°US 2C / en ?'""fS f** J"1*»'
i» conveniez qui nous en pourraient ^In. i* %u°l Par ladlte de P^ne >
» avenir : et surtout pour donner oc- ofantles larmes aux yeux et enpleu-
» casion à sa majesté et à mesdits S. rant) a eteditet repondu en telles
» et dame d'oublier l'offense que \e Paroles : M; de la P,orte » J aimc
» leur ai faite : tant pour le réparer, beaucoup mieux que la rupture des
» qu'essayer me rendre digne de leurs promesses de M de Montmorenci et
bonnes grâces ; que pour satisfaire de. m°l "f?™ de ^ part que de la
» de. De Rome, ce 5 Février. Celui tant de fois du, au il perdrait plu- « que trouverez prêt à vous faire Zf "c ?"e changer de #>lonte
» service, Montmorenci (ic)). «Fran- U ma bien abusée, je vois bien qu il
coisdelaPorte,gentiUiommedeM.de aime mieux être riche qu homme de
portèrent au couvent où la demoiselle ^nt sur la dispense papale, et vou-
avait été enfermée. L'ouverture leur lutA <lu on 8 «phquât nettement,
en fut faite (*o) en vertu d'une let- « \ I1101 par ladite demoiselle , eo
(,„)l«Ul».ra,r,AadiU<,»s,« Mémoire, de " réponse voulez-vous que je
CMteln»n,to»n. //, Pag. jjai. *assc • M- de Montmorenci a-t-u
(ao) Là même. (21) IÀt même , pag. foz.
P1ENJSE. 59
» bien eu le cœur de m'écrire une Rome, il donna une déclaration par » telle lettre? -Seconde réponse ans- écrit, par-devant les premières persi vague que la première ; mai» la sonnes du conseil du roi , comme il troisième question fut si précise, n'y avait point entre lui et la demoiqu'il fallut que la demoiselle vînt au selle de Pienne de mariage véritablehit. M. de la Porte, dit-elle (aa) , ment contracté par paroles de prépuisque le vouloir de M. de Montmo- sent, mais seulement une stipulation rend est de me quitter des promesses entre eux de le faire croire , pourtdde mariage d'entre lui et moi , et que cher par ce moyen de te faire agréer maintenant il me quitte , je neveux au connétable son père («4). Il affirma et neDuis empêcher qu'il ne fasse ce par serment que cette déclaration , au il lui plaira , et ne puis avoir vo- écrite de sa propre main , contenait lonté contraire a la sienne. Le sieur mérité (a5) , et que s'il avait demandé de la Porte ne fut pas assez content une dispense au pape en lui avouant de cette troisième réponse ; il insista plU8 qu'il „e fallait , c'avait été dans encore, et obtint ce qui suit: «M. l'espérance de l'obtenir facilement, » de la Porte, puisque M. de Mont- au «moyen de quoi il n'eût pas paru » morencime quitte maintenant des qu'il cût d'abord fait accroire une » promesses de mariage qui ont été » faites entre '.
» de roi , ou
» ce qu'il m'a écrit par sa lettre que majesté et au connétable la vérité de
» VOUS m'avpz maintrn.int ha i 1 l<*n î« 1 1 m » - ~ «A*. Aii- C
que .
» te lettre que me venez de bailler nous étions donné une promesse re- » présentement, et ne puis bonne- ciproque : nous n'avions point d'au-
» style (*3). » On lui répliqua que plusieurs fois cette fausseté, il me VJJ avait vu écrire de sa propre main fâchait de m'en dédire , et pour n'êa M. de Montmorenci toute cette let- tre pas contraint de varier , j'aimai tre. En se retirantla demoiselle fit juieux demander au pape une disquelques efforts de courage pour pense y et jc persistai à mentir auexcuser les pleurs qu'on lui avait vu pres du saint père ; mais n'ayant pu verser. Mais il lui fut impossible de éviter les variations par cette voie , paraître fière : tout ce qu'elle dit ie reconnais enfin que mes discours sentait 1 humiliation, la douleur, et le étaient faux, et je jure devant les recret de n'épouser pas cet amant principaux membres du conseil du volage. On dit ordinairement par roi f et l'atteste par écrit, que i'ai
T , I II i. 1 r i f ( . Y- 1 . . fini\i» (ril jrili.ii,. , . ! i '. i n 4» . • 1 I / • {Jg
pa-
. , ! . .'ambition
loit repondre a la question . consen- sojt hjcn tyrannique pour engager les
tez-vous à être la femme d'un tel ? gens a de telles confessions ? Et y a-
raais il est fort vraisemblable que ia- t ii aucune apparence que cet amant
mais un oui de cette nature ne fut n>ajt pris avec sa maîtresse, si jeune
plus pénible que celui que la de- et 8[ belle , qu'un engagement si
moiselle de Pienne répondit à la mince? Les scrupules dont il fut ron-
question , consentez-vous que M. de „é, comme on va le voir, justifient
Montmorenci ne vous épouse pas ? mon opinion (*6) .
11 se passa une autre chose ou, selon c'est ici que je veux examiner une toutes les apparences , il se parjura.
Voici ce que c'est : étant revenu de (iQLh mêine, pag. 437.
(i5) Là même, pag. £3g.
(11) M. le Laboureur, Addition* à Castcln«u, (16) Ajoute* h cela les discours que tint la iom* H-, JMtg* 4'3« demoiselle de Pienne ah sieur de la Porte, comte) La même , pag. 4*3. me on l'a vu ci-dessus.
Go Î>IENINE.
ces paroles : J'ay ouy quelques au- j» messe du mariage , qui est de per-
tres ramener de plus loing la mau- m sonne à personne , sera nulle si le
vaise volonté dudict sieur mareschal » père n'y consent. Et combien q ue
île Montmorency , et du temps mes- » la Grèce ait été trop vague et in-
mes au'il se trouva perplex et em- » certaine en ces mariages , si est-ce
brouillé de son mariage avec la da- » qu'elle n'a point tellement été pri-
moiselle de Pienne, lequel il auroit » vée de la lumière de nature , que
confesse et advoué par ledict seigneur » la fille ne réponde à celui qui la
cardinal et autres seigneurs députés » poursuivait , ces vers d'Euripide ,
sur cefaict par le feu roy Henry , et . Marier}* ne me nuis
tost après dénié , et juré au pape n'a- • s"ns le vouloir de mon père
voir donné a ucune promesse h la dicte " A "t"*1 suielu >e suil'
damoiselle, tellement que ledict sieur » Or, d'alléguer cjue l'authorité de»
de Montmorency s'hontissoit d'estret » pères n'est pas si grande sur les (ils
par ledict seigneur cardinal , recon- » que sur les filles , toutes les lois y
nu pour parjure , reprochable enju- » résistent : par lesquelles les pères
gementy et degradable de tout point »• mêmes les peuvent vendre en leur
d'honneur (a8) Voici ce que répondit » nécessité (39). » Après cela l'au-
le protestant qui réfuta cette lettre : teur allègue l'Écriture , les conciles ,
« La seconde cause de l'inimitié de les pères, les jurisconsultes , pour
w monsieur le maréchal de Montmo- prouver que le mariage des enfans
» renci procède, comme vous le dites, doit rHre soumis à la volonté de ceux
» pour ce que vous le tenez pour dont ils ont reçu la vie. Mais tout ce
/> parjure, à cause du mariage de la longdiscours n'est qu'un faux-fuyant;
» demoiselle de Pienne. Devant que c'est donner le change , c'est passer
» de purger cette calomnie par té- de génère in genus. 11 n'était pas
» moignages et autorités véritables , question de savoir si le mariage du
» je supplie très-humblement la ma- maréchal de Montmorenci avec la
» jesté du roi de considérer votre au- fille naturelle de Henri II était lé-
que le mariage de madame la ma- uu seulement que v réchalc sa sœur est illégitime, parjuré par l'aven et le désaveu so- » Est-il possible de tirer votre pro- Jennel d avoir promis mariage à la » pos en autre conséquence? Je par- demoiselle de Pienne. Ces deux faits » donnerais volontiers à votre igno- sont une preuve manifeste de parju- » rance , si elle n'était accompagnée re , soit que la promesse n'obligeât » d'aucune malice. La promesse (en- pas, soit qu'elle obligeât j car si un x> core que votre accusation fût au- liomme promettait de faire un crime, » tant véritable qu'elle est fausse ) il obtiendrait bien devant tous les » des enfans de famille , peut-elle tribunaux le dégagement de sa pro- » avoir aucune force pour l'accom- messe ■ mais s'il jurait devant les » plissement de leurs mariages , si uns qu'il avait promis , et devant les » elle n'est approuvée par le consen- autres qu'il n'avait point promis , il » tement de leurs parens , sous l'an- serait coupable de parjure. Voilà le m torité desquels ils vivent? Les cas où l'on prétendait trouver le nia- » exemples d Abraham et Isaac nous réchal de Montmorenci : c'était le » montrent assez que c'est aux pères point de l'accusation. On ne s'infor- » de marier leurs enfans selon leur mait pas s'il eût du tenir sa promesse » volonté. Que si le vœu (qui est la de mariage , ni si elle était légitime
ou illégitime ; et néanmoins le pro-
(i*) Remarque (L) dr l'article Lorrain t. (Char- testant qui répondit à la Lettre du
,CtaÎT\; ! a?"*' 3U> , « 1 cardinal de Lorraine supposa que
(a») Lettre d un seigneur du pais de Haynault, , j i *
envoyée à un sien voisin et amy , suyvanl la Réponse à IT.pîhe de Charles de Vaudo
»nur d'Espaipne , par,, m. 5 et (). mont , cardinal de Lorraine , folio lî iij verso.
P1ENNE. 6t
tout le reproche étaitfondé sur ce que » cesseur n'y apporta point tant de cette promesse légitime n'avait pa9 été » façon , et lui envoya une bonne et tenue. Ayant fait cette fausse sup- » ample dispense (3o) Cette disposition, il battit bien du pays $ il se » pense mit sa conscience en repos , jeta sur les lois divines et sur les lois » et ne changea pas le sort de son naturelles 5 il traita le lieu com- » mariage , qui continua d'être stémun du droit paternel; il dit cent » rile(3i).» M. le Laboureur, par choses inutiles , et ne dit rien qui des raisons de famille , e'tait fort enfût à propos. C'est la pratique ordi- clin à justifier, autant qu'il e'tait posnairc de ceux qui n'ont rien de bon siblc , ceux de la maison de Montmo- A repondre , et qui craindraient de renci ; néanmoins il semble croire faire tort à leur cause s'il se taisaient, qu'il n'était pas véritable que la pro- Jls changent l'état de la question, messe dont il s'agit n'eût été faite que afin de se faire uue ouverture pour sous condition : Si ce mariage de courir à travers champs. Je crois Diane de France avec le maréchal (|u'il y eut beaucoup de lecteurs qui duc de Montmorenci , dit-il , fut s imaginèrent que l'apologiste du ma- avantageux et glorieux tout ensemble rcchal de Montmorenci triomphait , selon le monde , on a justement douté et qui furent fort édifiés de voir au'il qu'il ait été agréable a' Dieu , pour intéressait à sa cause la fille d'Hen- avoir été contracté avec plus de viori II. Ruse de guerre trop fréquente lence que de justice , au préjudice dans les écrits polémiques , et qui est d'un engagement d'affection et de an fond une pure supercherie. parole de la part du maréchal avec (F) Quelques remords de conscien- Jeanne de Halluin (3a).
ce l'obligèrent de demander une (G) La demoiselle se maria quel'
absolution au pape Pie //^.] «< Il n'en que temps après avec un homme très - * fut autre chose tant que le pape et inférieur au galant qu'elle avait périt le roi vécurent ; mais soit que le du. ] C'est Brantôme qui me l'ap- » maréchal de Montmorenci en fît prend , et c'est une parenthèse qu il » depuis quelque scrupule , et qu'il a insérée dans la narré qu'il nous » attribuât le peu de succès de plu- donneNde la restitution des places du » sieurs grossesses de sa femme , qui duc de Savoie. Ce qu'il dit est une » n'eut qu'un enfant vivant de plu- preuve que l'amour se fourre par- » sieurs qu'elle conçut , et qui mou- tout , et sert de ressort aux affaires » rut incontinent après , ou pour les plus importantes de l'état. Il y » quelque autre raison , il eut de re- avait au conseil du roi quelques tê- » chef recours au saint siège, et en- tes sages gui étaient d'avis cju'on ne x » voya une supplique au pape Pie IV rendît point au duc de Savoie toutes » après la mort de Paul, dont j'ai le les villes qu'il redemandait. Le roi » mémoire original,par laquelle il ex- de Navarre (33) débattit qu'il fallait » posa comme par surprise d'amour faire cette restitution résolument ; » û s'était ci-devant engagé de parole autrement il n'aurait point le royau- >» de mariage avec la demoiselle de me de Sardaignc tant compromis : » Piennc , à condition néanmoins d'y et. que M. de Savoie lui avait mandé » Caire consentir son père et non au- et promis qu'il lui aiderait beaucoup » trement : ce que n'ayant pu obte- a l'endroit du roi d'Espagne.... Pour » tiir, ladite demoiselle l'aurait li- fin, après force altercations , le plus » brement quitté de sa promesse , faible parti emporta le plus fort : et » tant de vive voix que par déclara- pour ce fut dépéché en Piémont , du » tion en justice, signée d'elle, en bois de rincennes , après la prise de 0 présence de témoins, en laquelle Bourges , comme je vis le seigneur » elle aurait persisté jusques aujour- d' Alluye {Florimond Robertet) l'un » d'hui : et lui se serait marié , et des quatre secrétaires des commandc- » néanmoins , à cause des assertions mens : lequel était fort amoureux
» par lui faites, demandait absolu- (3o) Le Laboureur, Additions à Castclnau, tom.
» tion à cautèle, et que la commis- //, p<»£. 439.
» sion fût adressée à Vévéque de Pa- 00 * ?? > P°s- 44°.
» m. Le pape Pie IV qui n'avait pas $ t^Z'^L M „ w ...<.„„-
w les mêmes intérêts de son prede- r« ur , Addition* à Casuinau, tom. iyyaç. 843.
pour lors de mademoiselle de Vienne «pies provient ordinairement des
(34) » choses qui furent autrefois saine-
qu'il désirait fort » ment et sainctement ordonnées ,
épouser. Et lè roi de Navarre lui » qui se tournent avec le temps en
promit que s' il faisait bien le négoce » abus. Au contraire, jamais ne fut
a son contentement, qu' il la lui ferait n bonne loy , qui ne soit pro venue
épouser; où il n'y avait nulle appa- » de quelque scandale. 11 faut que la
rence autrement sans cette faveur : » maladie soit venue avant que Ton
d'autant que cette demoiselle était » trouve le remède. Quant à cest
fille de l'une des meilleures maisons » edict, chacun s'en esiouït comme
de France, et des plus honnêtes t et » beau et digne d'un roy. Moy seul,
qui avait refusé en son temps de si » comme un autre Timon et Misan-
hauts et si grands partis , qu'il n'y » thrope , je pleure , gémis et lamen-
avait point de raison au un petit se- » te , non que je ne sois bien aise de
crétaire des commandement l'épou- » l'authorité que Ton donne aux pe-
sât : qui l'épousa pourtant après plus » res dessus leurs enfans, mais parce
par humeur et caprice qu'il en prit à » que je suis marry que Ton ne leur
" ' ' e tout
estant des-
du roi de Navarre ; car il était mort » nouer les entre-las du nœud Gor-
plus d'un an avant : mais ce fut lui » dien , comme les autres princes
pourtant, qui premier lui tint le men- » qui y avoyent passé devant luy ,
ton a cet amour, et l'y encouragea , » ains pour en venir plustost à chef
et l'y assista le plus qu'il put, ainsi » le coupa tout à fait : aussi que Ton
qu'en ces choses a la cour les grands » eust franchy le pas , et que par
y peuvent et servent beaueoup , mê- » une ordonnance faicte du commun
me leurs compagnons et amis parti- » consentement de l'église çallicane,
cuiiers. Le roi de Navarre sut très- » on eust déclaré tous mariages des
bien choisir ses instrumens , puis- » enfans nuls, esquels il n'y auroit
qu'il se servit d'un homme très- » que les simples paroles de présent,
amoureux qu'il remplissait de l'espé- » sans l'authorité et consentement
rance de posséder l'objet aimé. » des pères et mères. En cest endroit
(H) L' édit qui déclara nuls les ma- » j'ay pitié de nostre France , qui ne
riagés clandestins amena dans le » fut jamais lasse de réduire toutes
royaume une très-bonne et une très- » les choses ecclésiastiques en une
salutaire jurisprudence.'] Un des plus » bonne et louable discipline , et
habiles avocats du parlement de Pa- » qu'en ce faict-cy elle n'ait osé y
ris raisonne très-bien là-dessus dans » mettre la dernière main (35). » Ce
sa Lettre à Robert et à Fournier , qu'il ajoute contient des remarques
professeurs en droit à Orléans , et il de fort bon sens ; mais sa conclusion
se fâche de ce que la loi n'était pas est trop rigoureuse ; car il voudrait
assez sévère. Il aurait voulu qu on qu'on punit de mort ceux qui par
n'en eût pas fait à demi , et qu'abso- belles paroles auraient attiré quel-
lument tous les mariages contractés qu'un ou quelqu'une aux pièges du
à l'insu ou contre le gré des pères, mariage. Nos ancestres, dit-il (36) ,
eussent été annulés. Voici le com- cognoissans combien c'estoit chose de
raencement de sa Lettre. « L'eoict mauvais exemple , qu'un enfant au-
» des mariages a esté publié en nos- dessous de vingt-cinq ansfust estimé
» tre cour de parlement , grand cer- marié par les paroles de présent au
» tes et magnifique , mais plus grand préjudice de lauthorité paternelle ,
» si vous entendiez le motif. Parce introduisirent en l'action de rapt (que
» que quelques-uns de ceux qui tien- nous appelions vulgairement rajptum
» nent des premiers lieux de la in parentes) qui est incogneuë a tou-
» France en ont esté cause. L'on dict tes autres nations. Par laquelle on
» que la plus part des mauvais exem- permettoil aux pères et mères , voire
(34) Tout cet espace que je laisse unie contient (35) Paaquier, Lettres, liv. HT , pag. ni du
une parenthèse dans le texte de M. le Lnbonrçur, J'r« tome.
laquelle ne servirait à rien ici. (36) Là même , p ag. ita , n3.
aux tuteurs, d'accuser devant le juge consenti , un tel aveu sauvait la vie royal celuy ou celle qui par telle «/• à un homme , on ne voulait point se feterie de paroles auroit attiré et reprocher de ne l'avoir point sauvée suborné a un mariage l'un de leurs à une personne qui protestait que enfans : et est ceste poursuite de telle l'amour l'avait poussée à recourir à puissance et effect que pendant le l'enlèvement : on se voyait flétrie , cours (Ficelle, elle suspend et arreste chargée de mille soupçons, en danger toutes les procédures que l'on pour- de ne plus trouver un bon parti , et roit faire par devant un officiai et de n'être considérée que comme le» juge d'église pour la validité du ma- restes d'tifl autre après avoir été quelriage. Mais quel fruit avez-vous fa- que temps au pouvoir d'un ravisseur mais rapporté de ceste accusation ? ( 37 ) : et tout cela bien considéré Non autre, sinon que comme vrays tant par la fille que par les parehs> François nous sommes du commen- faisait résoudre à éloigner le supplicement plus forts que les hommes , ce , et il ne fallait pour cela que se mais enfin plus fbibles que femmes, déclarer consentante : l'affaire se ter- Oiacun sur la première pointe de minait donc tout comme celles dont ceste poursuite se remue chaudement, parle Pasquier (38) ; et ainsi les enlèles juges nies me s semblent infinie- vemens étaient une chose trcs-ordiment favoriser ceux qui en font naire : l'ancienne loi devint inutile , plainte. Mais au partir de là , vous il en fallut faire de plus rigoureuses, ne veites jamais que ton en ait fait qui n'eussent aucun égard aux déclaune punition exemplaire, et que pour rations que feraient les filles d'avoir fin de compte celuy-la qui a commis consenti â être enlevées. Il fut trouvé le rapt ne demeure victorieux, et de à propos de punir leur consentement; la justice f et de la famille affligée ; car l'impunité n'est propre qu'à muldemeurant avec le temps en pleine tiplier ces mauvais exemples : les possession de celle qu'il a ravie. De premiers qui réussissent encouragent ma part j'estime, ou que du tout il les suivons, et enfin l'on n'a plus de nefalloit introduire entre nous ceste honte de passer par un chemin que accusation, ou qu'il estoit de besoin plusieurs autres ont tenu , et dont ils de la terminer par la mort de celuy se trouvent bien. Conférez avec ceci quiavoit forfait, h fin qu'en la dis- ce que l'on a dit dans la remarque solution de sa vie , se trouvast aussi de l'article A most a. la fin et dissolution de son mariage. Notre avocat examine la permis- Peat-être n'écrivit-il pas tout ce qu'il sion que donnait l'édit aux pères et pensait , peut-être voulait-il parler mères d'exhereder leurs enfans lésât ceux qui ne se contentent pas de quels auront esté si mal advisez que séduire un jeune cœur , mais qui d'entrer en ce lien de mariage sans l'engagent aussi à se laisser enlever, leur vouloir (39). Il montre que ce S'il a omis par inadvertance cette n'est pas un remède ni une consolapartie de la définition du rapt , et tion , mais une nouvelle calamité que néanmoins il l'ait eu dans l'es- (40) : et il soutient que le véritable prit , sa conclusion ne peut point (3 } Confére% ce dessus ^ (E) Je passer en France pour trop sévère ; l'article Hélène, u>m. VII, pag. 53o.
Car les Français punissent de mort (38) Dans Us cas d'enlèvement on fait bien du
tous ceux qui enlcvent une fille, soit ^"/r^
quelle y consente , SOlt qu'elle n'y Von ^fc,^,' la proie demeure au ravisseur.
Consente pas. Je croîs que cette juris- elle est déclarée de bonne prise. Le pis est qu'il
prudence n'était pas encore établie arrive assez souvent qu'il se fait craindre. On
«... J n ■ $ • I appréhende qu après s être bien diverti avec sa
quand Pasquier écrivait sa Lettre ,Zhress \a quitte, et ne laplant*4àpour
ailX . IV».. I. :•<.-.:• !.. r 7 : ,• 1
de rien. Elle était facilement élu- «ue pour tout* consolation je naj e recours qu'à
A' -î . * \ . , i * • le rendre du tout misérable, par une exheredn-
dee , d n'était point malaisé de faire tion qui. ta lor tnet enlre tnains ? Li mème t
avouer, après coup, qu'on y avait pag. 114.
remède est qu'une ordonnance de La critique que Pasquier a faite est
concile déclare ces mariages du tout au fond un grand éloge de l'édit de
nuls (40« Il allègue l'Ecriture , les Henri H; car puisque ce savant avo-
pères, le droit romain, le droit fran- cat voudrait que l'on eut puni plus
çais sous le roi Charles-le-Chauvc , et se'vèrement la rébellion des enfans
i l dit qu'il ne tJX>uve qu'il y ait eu mineurs , il loue , et il approuve les
depuis concile qui ait ostc ceste belle nouveaux degre's de peine à quoi on
jurisdiction aux pères à l'endroit de l'avait soumise. Et de plus il faut sa-
leurs enfans. Bien sçai-je, continue- voir qu'il déclare que ce qui manque
t-il, « que depuis quelques centaines là-dedans doit émaner de l'autorité
» d'ans , quelques moines rapetas- ecclésiastique , et non pas de la
» seurs de vieilles gloses nous ont royale.
i» insinué ceste barbare et brute opi- Qu'on ne dise pas que cet édit est
» nion , que de droict canon le con- préjudiciable aux personnes dont les
» sentement des pères et meres n'es- pères sont si avares, ou si capricieux,
» toit requis aux mariages de leurs qu'ils ne veulent jamais consentir au
» enfans que par honneur, et non mariage de leurs enfans. Cette objec-
» de nécessité. Ceux-cy firent perpe- tion n'est point raisonnable ; il n'y a
» tuelle profession de célibat. Et à point de loi qui soit commode abso-
» la mienne volonté que tout ainsi lument à tous les particuliers (45) , il
» que ce sage roy de sparte , Agesi- faut donc se contenter que les édits
a laus, estant par quelque sien amy remédient aux plus grands maux. Or
» surpris faisant l'enfant avec ses en- il y a infiniment plus d'enfans qui
» fans , le pria de suspendre son ju- par chaleur et folie de jeunesse se
» gement de ce qu'il avoit veu jus- veulent marier mal à propos , qu'il
» ques à ce qu'il fust pere : aussi que n'y a de pères qui veuillent s'opposer
» tous ces moines ne se fussent em- à des mariages bien assortis- 11 vaut
» peschez d'interposer leur opinion donc mieux que les lois refrènent la
» sur le fait des mariages , puis que liberté des enfans , que si elles dimi-
» leur vœu et reigle les dispensoit nuaient l'autorité paternelle. Outre
» d'estre pères. Cela a fait qu'ils ont qu'après un certain âge l'édit de Hen-
percs
m'étonne qu'il ait oublié de dire que une occasion de faire fortune pour
la permission d'exhéréder n'inspire d'honnêtes gens qui n'ont point de
pas assez de crainte à de jeunes bien. C'est ce que j'ai ouï dire à
amoureux $ car il y a tant de pères quelques Anglais , qui tâchaient de
qui ont pardonné facilement la faute faire l'apologie du privilège de quel-
d'un mariage contracté en dépit ques temples de Londres , où les pré
témoigné par leur testament , que là les mariages les plus clandestins,
l'on se flatte de l'espérance de ren- On a vu par ce moyen, me disait-on,
trer bientôt en grâce. On compte que le patrimoine d'une très-riche
beaucoup sur la force que la nature héritière est fondu dans une famille
a donnée à l'amitié paternelle (43), et qui rampait , et qui a fleuri depuis
l'on sait bien qu'une courte mortifi- glorieusement , et a fait honneur à la
cation expie de grandes fautes auprès patrie. On pourrait justifier par une
d'un père , semblable raison l'impunité des en-
Pro peccato magno pauliun supplicii salis est lèvemens. Mais ce ne sont que de
pain (44). mauvaises apologies ; car il n'y a
(40 Panier , Lettre* , tom. / , pag. , 1 14. p0int de si grands abus qui ne puissent
(4a) La mente. , tout. /, pae. if. î4 °, , , n »• !•
«3) .i O nimiivn poi-n, être commodes a quelque particulier.
Quanta parentes sanguinis vinclo tenes Faut-il pour Cela Se donner garde OC
Natura\ quam te colimus inviti nuoaiiel \0& abolir? Peut-on être véritable-
Seocca, in Hippolyto, aet. ir, »>». 1114. (44)Tcrent., in Amlriâ , qr|. IF,<t. ///, m fini'.
(47) Vorrz , fmn. XJ , pag. 4*»5 , la remarque (E) .h l'article Patin , citation (*).
PIGHIUS. 65
ment honnête homme, peut-on avoir avec la demoiselle de Pienne, comme un vrai me'rite , lorsqu on cherche à M. le Laboureur le montre, auon s'enrichir en ôtant aux pères le droit doit être très-certain qu'ils firent que les lois divines et les lois hu- tout le manège dont cet auteur parle} maines leur donnent sur leurs en- et s'ils n'eussent point pousse à la fans? Si l'on compte bien, l'on trou- roue , et prévenu Paul Iv , il n'y a vera que pour un homme de me'rite point d'apparence que ce fin et rusé qui a fait fortune par cette voie , il y pontife eût été si peu le maître de en a vinçt qui n'ont eu que l'art de ses passions. Vous avez vu (47) de se faire aimer par un extérieur et par quelle manière il témoignait sa parties cajoleries qui ont ébloui une jeu- tialité par des brusqueries et par des ne fille ou trop simple , ou mécon- emportemens contre ceux qui n'opitente de la sévérité d une mère , d'un naieut pas selon ses désirs. (Test tuteur, etc. Et il faut bien que l'on au'en laissant à un chacun la liberté ait compris la fausseté des apologies des suffrages , il ne voyait aucun du privilège de ces temples , puis- moyen de parvenir à son but , c'estqu'il n'y a pas long-temps crue les à-dire à l'exécution des projets que
{'azettes nous ont appris que le par- MM. de Guise lui mettaient en tete.
ement d'Angleterre travaillait à le Sans cela il se serait possédé , il au-
casser. rait caché son jeu, et aurait persuadé
(I) La maison de Guise contribua à beaucoup de gens cpi'un zèle de
puissamment aux oppositions de discipline l'obligeait a ne donner
la cour de RomeAtt La présence du point d'attein te aux saints canons,
» duc de Guise à home , et la jalou- lors même qu'il s'agissait d'obliger le
» sie d'autorité qui était entre lui et roi très-chrétien , et de donner à la
» le connétable, donna d'autant plus puissance papale une étendue que
» de lieu de douter qu'il traversait ses prédécesseurs lui avaient donnée
» de sa part cette dispense, que c'é- plus d'une fois. M. Esprit eût trouvé
» tait pour faire un mariage trop en ce cas-là , dans la conduite de ce
» avantageux à la maison de Mont- pape , un exemple de la fausseté des
» morenci pour les intérêts de la vertus humaines. m sienne* Lui et le cardinal son frère
» avaient une étroite alliance avec le (fy) Dans la remarque (B). » pape Paul IV et toute la maison
» des Caraffesj ils avaient été les PIGHIUS ( Albert) , né à
>» principaux auteurs de la rupture Campen dans l'Over-Issel , est
» de la trêve avec l'Espagne en leur cnmntA narmi 1m hahilpc hrtm
» faveur, et le connétable y avait ré- comPte P*rml |f8 .habjieS ,h?m~
» sisté. C'est pourquoi il y avait ap- mes au XV 1 . siècle; Moreri en
m parence qu'ils faisaient agir le pa- a parlé amplement, niais il n'a
» pe , et que si d'eux-mêmes ils ne point observé une erreur gros-
» fui avaient proposé de demander v d L is Guicciardin (A)
» Diane de France pour quelqu'un 9. , . ,
» de ses neveux , qufts lui firent es- qai va être censurée , ni la lai-
u pérer de la pouvoir obtenir par le peur effroyable , et la mauvaise
» moyen des difficultés cru'il ferait à prononciation d'Albert Pighius
» la dispense, et qu'ils lui firent goû- ,fi) L . ^ d commission
» ter l'appui que ses parens en rece-^, , Zr r, . * , ,
» vraientfAinsiilsn'eusscnt pas seule- de M. Moreri sont assez conside-
» ment rompu un mariage de grande rables (G). Bèze a dit que Pighius
» importance à la maison de Mont- fit un Jivre contre Calvin , pour
» morenci, mais ils en auraient fait *t mu au cardinalat m,
» valoir un autre avec une maison f v**v
» très-noble, mais inégale en biens et D autres attiraient que la lecture
v en grandeur (46). » Les Guises des ouvrages de Calvin donna
trouvaient tant d'utilités dans le di\erses atteintes à l'orthodoxie
mariage de François de Montmorenci dg (£) gur ,e mérite deg
r/(4^e ^Trear,AdditiOT,'kC"'le1o"'eom' œuvres et sur la justification du