‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 17 sur 142 · Boulogne, par la chute d?un pont. On · texte numérisé non relu

Boulogne, par la chute d?un pont. On

PIGHIUS. g.

observe que Paul Jovc est le premier vainc Guicciardin d'une nouvelle qui a conte ce mensonge et que Su- bévue; car il accuse Paul Jove d'anus et quelque» autres l'ont copié voir accusé Pighius de luthérlnisme

P««L îa^ei, ^^""^S^ , P»»que ce char-

, , JOi/j}ts » *ccw/i treux copie fidèlement Paul Jove (Â\

sunt postmodum frajer Laurentius et qu'il dit de plus en un aXe en'

Sunus et alu andam scnptorm , droit que Pighius ne mourut ou'en

7m /ïo/i institutd pnàs collatione. l'année i543 I'aî«„»l V ^

^eMU ult/consMU KLïïE g U ^dJ±

fia ( digni sane hoc nomme oui re- 1*» ,,,-,.'0/»^,,., i - rignius

«bo. seseperpetub ,-Jerunt : Paulus Hiérarchie ) JZX^T L™

, vtScslTno sexto, yilbertum Dei maximi numen eriouit Hn»n„;~

W mufio tempore «nn? emm fn celeberri^Jompf ZZZ

sciUcet Chnsti i53o. etinivsd Caroli , jumpa , quum

gfe. Oh* ,536, etinipsd Caroli ^^ToZTo C'fi

imtd portos ru,ndBononiœ mortuum sarvm turiœ ponde- comiisset AL pcrhibcl (1). Voilà une censure bien hertn. i;annS„. „, c7ru'?*«> placée ! Guicciardin condamne aigre- ndZ oS^^^^ZT^ ™ ment ceux qui adoptent les relations ?nsiuuuFP^! mè^2 ^ "?

ES ™ w' il îfr'ïï^' df Je; Ade wrdotiis a Clémente, et Paulo lihaut en bas, et il fait lui-même très- beraliter konestatus (6. Hosp"nien

* *Z*rec^ il art/aUtGi d°nt 2 lf ^Pondant à ceux qui Sraie^n^f! âme Car s il eût voulu prendre la Ugé contre la doctrine de Zuinde de

ine de consulter Paul Jove et frère ce que l'auteur périt de mort vio?en te

ureul . Surius, il eût vu qu'ils ne emploie entre Autres raisons™ î de'

sent point que Pighius perdit la la récrimination. Il nomm^quelques

■ 1 an i53o. Il faut donc qu'il ait personnes zélées pour le panlme au

copie aveuglement quelques écri- avaient fini leurs Urs traX^meut

vains qui attribuaient cette fausseté II met Pighius de ce nomnTîa™ De

P,.Tw< VUtT% rCOnSVltë PiSllio sciant, dit il ( 7 )

Paul Jove a 1 endroit que Guicciar- fuisse iUun\ in tumuhu ' 11 ^ in

dm cite, et je n'y ai rien trouvé qu Jmagn4 hominumfrenueZTuntcu^

1 endroit ou il fait la description du nalibus propter operam suam in caùcouronnement de Charles-Ouint. et *À i.*L j A am tn cau

dise vie

o- •ourg

«ùkûF , minW ^ >ro ^ T-TT û «ospmien.

încHto (1). Un homme qui ( ] ■ laideur effroyable et la marqne que la chute de ce pont fit maUi"alse prononciation de Pighius.]

S lus de bruit que de mal , et qui ne it pas que Pighius , le seul qu'il Liitheranitmi insuper , etti injurtissimè

nomme de ceux qui tombèrent v fut %umJns.i'»u^ • cum («t dirimus) à

tue déclare assez nettement que ce ^«.«oIk, hostisetantagonist*. Ludor.Guic docteur en réchappa. Notez qu'il le c,anL » D"criPt. BelgU , pag. ^7. nomme Eutheromastix , ce qui con- l5'|j SuriBS ' Comm{nUr- . % of

(1) Lndovicnt Guiccurdinu» , in Descriptione (5) Idem. , ibid., pag. 4gt , ad ann. i5A3 Be^ii Pcwmcitnun , wy. m. ,3?. (6) Joritu 4 i/i Elogiis , cap. CV , pag. a46

68 PIGHIUS.

Paul Jove prétend que la nature se du huitième ciel (11). III- Cette auioua de Pighius avec quelque sorte tre expression , il écrtvit,en\5S&, une d'impudence ; elle lui couvrit d'un Apologie du concile général que le visage affreux le savoir illustre et l'é- pape Paul troisième avait publiée , loquence chrétienne qu'elle lui don- est absurde ; car ce pape ne publia na. Magna herclè naturœ illudentis point une apologie du concile , mais inverecundia, excellente™ doctrinam une bulle pour la célébration d un cum illustri eloquentiâ sonjunctam cofteile. IV. Cette apologie de Pighius

tant t m siioeriu x-tgiuu . — » ^ Vr—

mus /„ disserendo quitus Scythi- que Pighius reçut ces deux gratitica-

co morè contusu»et enormis , et aspe- fions l'an i535 , (12), trois ans avant ro eutture vox educta , et graviter re- la publication de l'Apologie. V. Dire soSantis nasi tumultus , totamferè qu'il mourut à Utrecht le ai décemsapientiœ gloriam deformabant (8). bre 1 543 n'est pas bien traduire Va- (C) Les péchés de commission de 1ère André qui a dit obiit, vu. /la- M, de Moréri sont assez considéra- Und. Januarii , anni ineuntis c\o^ fc> bles] I. Je ne décide point sur la xliii* Ce Latin veut dire que Pighius question si le père de Pighius était décéda le 16 de décembre i543 gentilhomme ; mais j'ose bien assurer Valère André ne se trompe point , et que M. Moréri prend l'affirmative un ainsi M. de Sponde a fait une faute peu témérairement. Le mot patri- lorsqu'il a dit que Pighius et Eckius dus sur quoi il se fonde est équivo- moururent l'an i543 , dans l'espace que \ il signifie ordinairement, quand d'un mois. Il met la mort d'Eckius au on s'en sert pour les familles moder- i0 de février (i3). Swert met celle de nés un homme dont les ancêtres ont Pighius au 29 de décembre i543 eu les charges de sénateur, ou de (tj), en quoi Bullart le copie (i5). bourguemestre,etc.Les familles patri- \U se trompent ; car une lettre du ciennes dans les villes impériales et cardinal Sadolct, datée du 17 de juin en quelques autres endroits, sont 1 54 3, fait mention de la mort de Piquelquefois nobles , mais qu'elles le ghius (16). Voyez la remarque (F) soient ou non, on les nomme patri- (D). Bèze a dit aue Pighius fit un ciennes pourvu qu'elles aient possé- iivre contre Calvin pour être promu dé de père en fils les magistratures au cardinalat.'] Les gens de bien , pendant quelque temps. Voilà peut- ajoute Bèze, méprisèrent cet ouvrage être en q*oi consistait toute la gen- de Pighius**, et Satan trompa l'auteur. tilhommerie du père de Py ghius (9). Je Voilà quelle fut sa récompense. Ado'ienore pas que Pighius possédait plusieurs belles seigneuries (10), et quW (11) Les paroi» de Valère André Bibboth.

Sieui a uexita © v ' 7 Jï- BcIk c. , pas. 3ck que Moren a cru traduire, sont :

dinairement c'est une marque d ex- ™^lA\vÙLn** de œotu ocuvi orbi, detraction noble i mais comme ce n en

pravantem.

est pas Une preuve démonstrative , je („) Valer. Andréas , ibidem.

ne prononcerai rien positivement. 11 « Leclerc rapporte que dans l'Eloge de Pi-

«i^ Ruffit d'avoir remarqué le Sens ghius, imprime en i 54 3, on lu pour date de sa

me SUliH urt»wu *^ • ji morl : ad iiuarlwn calrndas januarii m mgresru

ambigu du mot qui a Servi d Ongl- anfj. v £ XLI1I, ce. qui est le *9 décembre,

nal à M Moréri. 11. C'est Une exprès- Mais Leclerc ne conçoit pas comment on a pu dire

sion condamnable que de dire, Marc in ingressuanni 1543, puisqu'aUm JWe com-

Siou tuuuaiuu» n mcnrait à Tnaues. Leclerc aurait du remarquer

de Bénévent avait corrompu les sen- MM> celle d** de a9 décembre est détruite

timens <f Alphonse touchant la situa- ^T ^ lettre &t j. Vorstius de Lombéca , mention-

tion du huitième cercle. Il y a là deux née parBayle dans sa remarque (B).

\ i il folUit A\r>* rfiii» re lier- (> *) Spondanus , Ann. eccle.i. , ad ann. i543,

bévues; car il fallait dire que ce per ^JJ m. , na copié cela de Surins, sonnage avait corrompu 1 hjkpothese excepl,> Uiolr delà mort déchius , que Suriut d'Alphonse touchant le mouvement ne marque point.

^ f./\ Cn...i A

(i4) Swert., Atb. Belg., pae. n5.

(8) Jovius, in Elogiis , cap. CV , pag. ^5. (,5) Bullart, Académie des Sciences, lom. It,

ir.\ Jtbertus Pighius Campensis Transisalanus pag. i4- J?ricio sa^uinî natu, Valer. Andréas , Bi- (16) Fore» la page 686 des Lettre, de Sadolct, r 'u Bjff nflJf î8. édition de Ljon , i55&.

^r^Stow- (*>• - «- dt c*lïin ' **

PIGHIUS. ■ 69

venus Albtrtum Pighium Campen- tatur, sententiam suant se è lecttone sem, sophistam illius cetatis Jacilè Scripturarum hausisse : O Cal vin uni pnnctpcm , h quo etiarn fuerat pro yd adversariorum testimonio beaantagonistd delectus , ex quo videli- tuml cujus scripta tantitm cum Sacet reportatd insigni viclorid , gale- Cris Scripturis, consensum rétine nt , mm mox , à ponlijice consequeretur. si quod pontificius doctor celeberri- At ille hoc suo labore frustmtus , id mus Jatetur se ex Sacrae Scriptur» unum assequutus est quod tnerentur lectione habnisse , id alii pontificii vtritatis hosies , nempè ut et doctis Uctioni librorum Calvini tribu ant. sanisque hominibusfœteret , et ab ip- Profecto nisi scbolasticorum sentenso Satand deciperetur (17). tia cum manifeslis scripturis pugnas-

(E). La lecture des ouvrages de set , nunquam illam deseruisset Pi- Calvin donna diverses atteintes a ghius (ao). Joignons un ministre l'orthodoxie de Pighius.] Théophile français à ces deux Anglais : « Le car- Raynaud ayant posé qu'il y a des hé- >, cl in al Roffensis, et Pighius, qui rétiques qu'on ne saurait lire sans » écrivirent aussi contre Luther, quelque danger lorsqu'on n'a pas une » prirent le parti de la grâce ; et mêérudition profonde $ mais qu il y en » me le dernier soutint que nous a d'autres qui débitent si grossière* » n'étions point justifiés par aucune inent leurs erreurs , qu'on n a rien à » justice inhérente qui fut au-decraindre lors même qu'on n'est pas » dans de nous : mais il tut violerafort docte ; cet auteur, dis-je, ayant » ment repoussé par le (*) doyen de pote une fois ce fondement, met en » l'université de Louvain, qui lui jeu Luther et Calvin. 11 met celui-ci » reprocha qu'il avait abandonné lâdans cette première classe des héré- » cbement la doctrine qu'ils avaient tiques, et celui-là dans la seconde, et » reçue ensemble dans l'école d'A- Pighius pour un exemple parlant. » drîen VI. Et qu'il s'était laissé Qud ratio ne Lutherus , qui ubique » corrompre enlisant l'Institution de stercora , etcœnum crepat , suamque » Calvin (21). » J'ai parcouru tout à animi impotentiam ubique prodit, mi l'heure le traité de Hde et Justificanorem iegentis peritiam exposcit , tione , qui est la deuxième des neuf quant Caïvinus, cujus in scribendo controverses que Pighius fit imnrivafrilies , etiam mediocriter doctis mer à Cologne, l'an k>4î, sous le titre fraudi esse queat , ut in Alberto Pi- de Controversiarum prœcipuarum in ghio est deprehensum , quem constat Comitiis ratisbonensibus tractatarum, ex lectione librorum Calvini impac- et quibus nunc potissimùm exagitatw tum non raro esse in scopulos ; tametsi Christi Jides et religiOj diligens et homo erat non ineruditus , quod édita tuculenta explicatio , et l'y ai trouvé ab eo volumina testatum Jaciunt (18). des choses qui ne me permettent Das Uo protestant anglais assure que Pi- de comprendre que 1 on ait pu dire ftbius est tout-à-fait orthodoxe dans que son sentiment sur la justification Particle de la justification (19). Un est entièrement semblable à celui des autre protestant du même pays ob- protestans. 11 emploie toutes ses forserve nue les papistes accusent Pi- ces à les réfuter , et il dit en propres ghius de s'être glté à la lecture de termes que les bonnes oeuvres sont ce Calvin : mais que Pighius a soutenu à quoi Dieu prend garde principaleuu'il n avait puisé sa doctrine que ment en justifiant et sauvant les (Uns l'Écriture Sainte. Dicunt ponti- hommes. Ad amorem nostrum atque ficii Pighium , alioqui catholicum opéra prœcipuum a Deo et majorent doctorem , seductum ex lectione li- quam fidei respeclum haberi in dobrorum Calvini. At Pighius, ipse tes- nando nobis justificationis et salutis

«le par personne antre que Bère. Le titre n'en est gratUim. C'est le sommaire qu'il a donaé par aucun auteur. Leclerc observe que le mis en marge au feuillet Oi verso , et

témoignage du seul Bèxe n'est d'aucune autorité. . . -, . ~ . . r , ...

i î» j r/o (20) Episc. Carlcton. , Con»cn«. ecties cathol.,

(i:ï Beia , m ViU Calvini , ad ann. i543. contri Tridcntin. , cap. Il f, apud Pope Blount ,

(18) Theophil. Raynauldus , de malis ac bonis ibidtm num. 453, /><*#• m- 363.

(iq) Mortonu» , Antidot. contra mérita , cap. y II, sect. /, apud Pope Blount, Cens, aulhor.,

r«f. 418. in-ta.

(*) Tapperus.

Basiiagc , Histoire de la Religion de» Egli- » réforutées, tom. 77, pag. 3g , édition de ibp*» ,

7o PIGHIUS.

il a mis au feuillet suivant celui-ci : mens de l'église , et avec uue très-

Opera nostra coram Deo esse meri- grande présence d'esprit, le 36 de dé-

toria. J'ai vérifié que la doctrine du cembre i5 \i , dans une maison ma-

texte s'accorde parfaitement avec le gnifique qu'il possédait à Utrecht.

sommaire de la marge. Nous verrons ultrajecti in œdibus claustralibus ,

ci-dessous (aa) que Calvin et les jan- quas m immunitate collegiatœ Eccle-

sénistes l'accusent d'être un vrai pé- siœ Diui JoJiannis magnifiées possi-

lagicn. débat (a5). Cette date du jour et de

(F) Je rapporterai quelques remar- l'an est contenue dans la lettre que

ques qui ont été faites contre Jean Jean Vorstius de Lombéca , doyen de

Gérhard, et qui contiennent des par- la cathédrale d'Utreclit, et l'un des

tieularités assez propres a cet article S\ exécuteurs du testament d'Albert Pi-

JL'autcur de ces remarques était d'U- ghius, écrivit le 29 de décembre i54a,

trecht , et avocat de profession , et se à Gérard Hamont, prieur de la Char-

nommait Gisberlus Lanpius à Wa- treuse de Cologne. On donne un

veren. Il les envoya à Nihusius , cjui extrait de cette lettre. J'y trouve une

les inséra dans son Uypodigma , im- particularité considérable. C'est que

primé Tan 1648. Elles sont une criti- Pighius se sentant piqué au vif par un

que piauante d'un passage de Jean ouvrage de Bucer , en fut si ému.que,

Gérhard , professeur en théologie à nonobstant sa maladie , il travailla

lè'ne. Le passage est au tome V des tous les jours à sa justification , sans

Lieux Communs de ce professeur, à la que les remontrances de personne

section XIV, où l'on réfute la XIVe. gagnassent sur lui qu'il eût plus d'é-

marquc que Bellarmin a donnée de gard au mauvais état de sa santé. 11

la vraie église , savoir que ceux qui ne voulut jamais interrompre la

la combattent meurent misérable- composition de sa réponse à ce livre

ment. Jean Gérhard rétorque cela de Bucer, et cela fut cause qu'il

contre Bellarmin, et parle de la mort mourut plustôt. L'ouvrage demeura

infortunée des persécuteurs de lare- imparfait, et fut imprimé pourtant

ligion protestante, et met Pighius en (20). Voici les termes de la lettre du

ce rang-là. Eodem anno CHH1ST1 doyen (a8) : Hoc adjiciam , prœfatum

cId lo xliii, dit- il , mortuus est Al- prœpositum , D. Pighium , libello bertus Pighius , papatûs defensor quodam , nomine Buceri emisso , quo

non postremus ; de quo scribunt , eum acriùs punxit, ita, durante sud

fuisse illum in tumultu oppressum, cegriludine, fuisse commotum, ut

in magnâ hominum frequentiâf una nullâ persuasione induci potuerit , ut

eum pecunid, quant a papd, et car- aliquâsuœ valeludinis habitd ratione,

dinalibus pmpler opérant suam, in Apologiam quandam responsivam.

causd ponlijicid defendendâ colla- eaere , et indies scriberef foluerit

tain, acceperat. Le critique prouve omittere. Quant quidem, inchoatam

par les paroles de Paul Jove dont je tantùm , morte prœventus , reliquil ,

me suis servi (a3), que cette chute quœ certè indubitata fuit causa ce-

d'un pont appartient à l'an i53o , et lerioris ejus decessûs. Eandem Apo-

qu'elle ne fit point périr Albert Pi- logiam, sic inchoatam, curabo visita-

ghius. On ajoute que la libéralité du ri, ac deindè typis excudi. Sur ce que

pape envers lui est postérieure à l'an Gérhard débite que les cardinaux

i53o , de sorte qu'au pis aller il n'au- donnèrent bien de l'argent à Pighius,

rait pas pu être écrasé sous les ruines on répond qu'il y a beaucoup d'ap-

de ce pont avec son argent, comme le parence qu'ils ne lui marquèrent

suppose le théologien d'Iëne. On fait qu'en belles paroles leur estime et

voir après cela qu'Albert Pighius, leur bienveillance. On cite deux

prœpositus et archidiaconufi eccle- lettres , l'une du cardinal Sadolel ,

siœ Divi Jokannis , liber dominus in écrite l'an i539, et l'autre du cardi-

Midrecht, Wilnes, Cudclsteert,Ze- M) Gisb,rtu. Lappm* i w.vercn, apudKi-

vennoven , Jamen ; dominus in Ach- husium, in Hypodigmate , pag. 339, 340.

tienhoven , Blochlant , Nurthoorn ibidem,

MJi mourut bien muni de, sacre- ^^f^'^.' " *~ ' "

(aa) Dans la remarque (G), à lafn. Aptid Nihuùam , m Hypodigmate , p«g

(»3) Fojret. la remarque (A). 340,

PIGHIUS. 71

nal Marcel Cervin, écrite de Rome le lion de CaKin , et il s'en servit sans an d'octobre i54*. Sadolet assure reconnaître d'où il l'avait prise. Cal- Albert Pighius qu'il le recommande- vin le blâme d'en avoir usé de la ra au pape et aux cardinaux. Cervin sorte , et ne comprend pas le fondepromet de représenter au pape les ment d'une si grande familiarité. 11 services et les besoins de Pighius , et n'en trouve point d'autre que le droit proteste que s'il pouvait lui fournir de prescription , vu qu'il y avait de quoi satisfaire ses créanciers, il le long-temps que Pighius exerçait cette ferait de bon cceur : Quantum vero pillerie. Miror qud jronte au s us niant { ad œs alienum tuum , si ejus juerit , nulld met mentionc factd , d'issolvendi facultas in med potestate tant familiariter sumere de meo tibro, esset posita, non laborares. Et ta- quod in suum transcriberet. Neque men , quamvis S. S. D. N. multis enim quo jure id faciat , video : nisi magnisque hoc tempore impensis si- fofiè prœscriptionem oblendat , quia MU gravelur , non deero, tua mérita siefacere p ride m solitus sit. iVam in at que nécessitâtes commemorare , et magno illo libro , quem adversùs nosjuvare rem tuam familiarem, quan- tram confessionem edidit, intégras tùm potero (28). "Enfin on remarque sœpè ex institutione med paginas , que Pighius s'était appauvri dans la ubi uisum est, infercit, ac suo comnoursuite de plusieurs procès , dont modo sic adaptât , quasi aliundè non le principal fut celui qu'il soutint sumpsisset. retint nunc scire quo juvigoureusemeut contre 1 empereur et re aut titulo mea sic pro suis usurpet. contre la cour de la province , qui Si qua magna esset inter nos necessilui contestaient la haute juridiction tudo, ego nanc conjidentiam anneitiœ de la prévôté de Saint- Jean. non difficulter concédèrent. Sed nunc Quand on suit de près toutes ses huic veniœ non est locus. An quia démarches, on ne peut s'empêcher hostis sum, se jus direptionis in om~ de dire que c'était un homme qui nia mea habere putat? At hoc prœdœ s'intriguait, et un assea grand ja- genus nullo , nec jure, nec more, ciendaire (*). Je me sers de ce vieux defendi potest. Unus ergo prœtextus mot, qui me paraît expressif, et que restât, homini docto potuisse non mij'ai trouvé dans de bons auteurs qui nùs ventre in mentem quœ dixeram , vivaient au commencement du XVIIe quam mihi prius vénérant. Sed lectosiècle (39). Je voudrais qu'on l'eût res obsecro , si tant ù m habeant otii, conservé, et je m'étonne qu'il ne soit ul caput primum libri Pighiani cum

Sas dans Nicot, ni dans Monet , ni primo Institutions meœ capite conans Furetière. Mais il y a plusieurs feront. Nihil dico : nisi quod non sine autres mots aussi notables que celui- risu ac stontacho perspùient nimi* là qu'ils n'ont point connus. perditamhominis impudentiam. Quod (G) Pighius est accusé de plagiaQ. « uitejiùs pergere Ubeat, percunxint C'est Calvin qui l'en accuse. Les listes de justijicatione tractât in aUero qu'on a vues jusqu'ici des plagiaires ULo °pere, et ad sextum Institutions n'en disent rien. Pighius commença meœ caPut exigant : mirum si bilem son livre du Franc Arbitre par laliai- contmei-e queant. Neque enim clanton de la connaissance de Dieu et de culu™ faratur aut carptim . neque la connaissance de l'homme. 11 avait arujicio tegere ita studet suas rapitrouvé cette méthode dans l'institu- nas ut amul se natum videatur ,

quod apud me legit , sed ita palam

(>8) Ibidem, po£. 34a, 343. me ad verbum récitât, ut videatur

f) Ce mot vient de ViuYieofacenda , d'ob/a- paginas ipsas totas pigritia us suisse,

crnJaro . autre mot italien qui répond au Iran- V » J -, »• * » „ r>-

ça., fiudendaire. De la vient qu'encore que ce %UO descnbendl laborem fugevet. Si

mot ne te trouve ni dans Nicot, ni Jans Monet, Jateretur authorem , eum dlcerem

ni dan» Fnretière , on trouve pourtant /«uWe mutuari : nunc quid catisati potest ,

dansOud.n plus nouveau que l« deux premier: - minus plagiants palhm VOcetUf

facienda. dans le Dictionnaire espagnol-français .... r n r

et italien, imprimé in-^o., « Genève, 1671. Du (3o) ? VOUS Voyez qtl On 1 aCCUSe d a-

reate, le mot même de faciendaire se trouve dans voir volé mot M mot des pages entiè-

Pasquier, Ur. 6, chap. 13 de ses Recherches. res Je l'institution de Calvin , pour

RtM. CUIT. *

(59)3/. Dn Ple»MS Mornai s'en sert qwslqiir- (3o) Calvin., Respou». contra Pigbinm,de Libero

fou. Arbitrio , pag. 1^0 Opuscul. Theolog.

72 PYGMAL10N.

les coudre à son ouvrage, sans cacher giennes sur cette matière ; qui parle ou sans déguiser son vol. C'est une contre la prédestination divine et consécurité étonnante • mais on ajoute tre la grâce efficace et gratuite d'une

§our l'excuser , qu'il se contentait manière fort indiscrète et fort ignoe plaire à ceux oui ne consultaient ranle , pour ne rien dire de plus , jamais les écrits de l'autre parti , et quoiqu'il reconnaisse que c'est l'opiqui recevaient pour bon tout ce qui nion de saint Augustin ; un homme se publiait contre la secte protestan- qui prend pour règle de la foi les te : Mirabitur quicunque leget, undè écrits d'un dcmi-pélagien , tel quétantus homini stupor : qui nihil veri- tait Gennade de Marseille , et la contus sit, in ipso statim vestigio depre- fession de foi de Pélaçe pour un ouhendi. Ego verb dum omnia bene re- vrage de saint Augustin. Enfin , puto , habeo quod pro kominis ex'cu- après avoir si maltraité sa doctrine , satione dicam : eum securitate m/xgis il n'épargne pas sa personne , le vou- Quàm socordiâ, idfecisse. Satis enim lant faire passer pour un chicaneur : habuit, si modo us placeret , qui non déclinât , ftieit , dissimulât ; aliquid minori religione a nostris abstinent , quaerit quod cavilletur; pour un quàm facuitate omnia laudant ac écrivain dangereux dans ta matière mirantur , quœ nos quovis modo ira- du libre arbitre , et qui le combat pugnant (3i). Notez que Calvin ne avec dessein; studio iniquissimus lireconnaît pas que ses ouvrages aient bero arbitrio : lui donnant le moins communiqué à Pighius quelàue por- qu'il peut , lui otant toutes ses forces, tion d'orthodoxie , et qu'il le traite usant de dissimulation et d'artifices de pélagicn. Hoc totum non modo pour V abaisser et l'affaiblir. L'auteur PeL agii scholam redolet , sed mera janséniste conclut (3n) :« Qu'il ne faut est pelagianœ impietatis magnd ex » pas s'étonner après cela que la fa-

parte pivfessio (3a) Quod au- » culté entière de Louvain , dans sa

tem toties cum pelagianis nihil se » célèbre censure de 1587, traite

habere commune jactat , nescio quos » Pighius de fauteur et de collègue hic pelagianos comminiscatur. Ne- j. des demi-pélagiens ; que la faculté que enim tantum cum iis , auos de- » de Douai, dans la sienne, le mette scribit Augustinus , multa habet si- » au rang des disciples de Fauste de

milia , sed eorum quibusdam multo >» Riez ; que le savant Es tins

est deterior (33). Ergà , ut » en ait parlé à peu près de même

aliquando claudqtur hic liber, frus- » que le docteur Jean Molanus dise tra , aut se à Pelaçio disjungere co- » qu'il est blâmé par les plus habiles natur Pighius, cujus societate eum » théologiens d'avoir abandonné la teneri implicitum tant apertè démon- » doctrine de saint Augustin, qui stravimus ; aut nos Manichœo, aliis- » est cellb oe l'église , dans la ma^ que kœreticis adjungere, à quibus » tière du péché originel , de la prénon minus dissidemus, quàm ipse ab j> destination, et de la grâce du me, orthodaxo ecclesiœ sensu (34). » diateur : à quoi Aubert le Mire

Le janséniste , dont j'ai rapporté » souscrit. »

Quelques paroles (35), le traite aussi . . . „ . . .

e pélagien. C'est un homme , dit-il ^J?" gWUn J , (36) , qui nya eu garde de comprendre

la doctrine de saint Augustin , ni PYGMALION , roi de Cypre > celle de l'église, touchant la grâce et vivait avant la guerre de Troie , le libre arbitre, n'ayant pas bien s{ QWS eQ croy0ns ceux qui di connu la comuption de La nature, m c x * Tkg'.rr

le péché originel , qui est la clef de sent <IU ll fu.1 perede Metharme, cette doctrine; un homme qui est plein femme de Cinyras, dont elle eut en effet d'erreurs tout-à-fait péla- Adonis (a); car Cinyras régnait

(30 rjem, ibidem., Pag. 163 , 164. en Cypre lorsque les Grecs fai-

^SziSSzi^t 2:3L saient la suerre aux Tr°yens

ffllïfà'l^ttStâ?' " W Apollodor., lib III, pag. m. a3p.

<3f>)Saio» Àu8u»tin justifié de CalTÎnirae , (*> v<Kfe*, tom. V , pag. 202, la re~. pag. ito. marque (B), de l'article Cikyra*-

PYGMALION. 73t

Quelques-uns assurent que Pyg- na , et il en fut exaucé selon le mal ion succéda à son père Delus vœu de son cœur. Il ne fut pas (c) , et qu'il était Phénicien de plutôt retourné chez lui , que nation (d). Un prêtre qui avait renouvelant ses caresses à cette mangé de la chair d'une victime fille d'ivoire , il éprouva que peu immolée, et qui en avait fait à peu elle y devenait sensible , et manger à sa femme, fut puni de qu'enfin ce fut une fille vivante la peine du précipice lui et son qui vit aussitôt son amant entre épouse (e) , par les ordres de ce ses bras que la lumière du jour, prince , qui d'ailleurs ne se mon- Au bout de neuf mois , elle actra pas fort dévot , puisqu'il ai- coucha d'un garçon que l'on ma criminellement une statue nomma Paphus , et qui fut père de Vénus (A) , et qu'il la faisait de ce Cinyras qui sans le savoir mettre dans son lit pour conten- eut affaire avec sa fille , et en eut ter sa brutalité. Selon Ovide , le bel Adonis (/) , comme je l'ai qui ne le fait point roi de Cypre dit ailleurs (g). Quelques-uns (B) , il fut si scandalisé de voir confondent ce Pygmalion avec dans cette île la prostitution de celui dont je vais parler (D).

quelques femmes, et il fut d'ail- (/) Tiré d'Ovide , au livre Xt , (et non leurs si rebuté des défauts qui pas III*.,comme dans ChzrUs Etienne, et . »•! dans Llovd ) des Métamorphoses , chap.

sont naturels au sexte, quil se vm,»ers.il$,etseq. -

Consacra au célibat (C); mais il (g) Dans les articles Cinyras et Myrrha.

fit une statue d'ivoire dont il de- t0Hl- v et x

vint si amoureux, qu'il employait (A) *} ?jma ™^u?%?} une j» 11 a i statue de Kenus.] Clément trAlexan-

aupres d elle tous les moyens dHc allègue cela pour faire voir aux dont on se sert pour gagner le Païens la vanité des idoles. O Kw^ioç, ccear des filles. Il la caressait, il ô nvyp&xim î*«*Voç, ixt^Arrhou la louait, il lui faisait des pré- ^Jy^*****i*y**f**rrf™»>

., , , « Kttt yvuit, »». mctfAi o K</?rp»oç ta» con-

sens , il la chargeait de bijoux. ^ ^ „^xmi ^ dy^w. **i

11 passait beaucoup plus avant, toi/to $<xoç*<<pctvoç îç*opt*. Pygmalion

il la patinait , il la baisait et il Ute Cyprius eburneam amauit sta-

COUchait avec elle. La grande tuam : erat ea simulaehrum Teneris,

fête de Vénus étant venue il se et?rat nudlim' M^rfi^rdCy: iere ae venus eiani venue , u »e ^nM<J f et c0u Cum imagine : quod qui-

Srosterna devant l'autel de cette dem Philostephanus'testatur(i). Aréesse ; et il la supplia d'une voix nobe a fait un pareil usage de cette

tremblante de lui donner une avc.n/tu^e: P^docent :( Dii; [«'P*™*

" se tna ( simulacra ) m quibus spretos

temme qui ressemblât a la statue seuitionein aliqud signifie are non

qu'il aimait. Son intention fut curant. Philos tephanus in Cypriacis

de demander que cette Statue de- auctor est , Pygmaleonem regem Cy-

vînt sa femme; mais il n'osa si- pri simulachrum rene^a^ja**-

. n , titatis apud Cyprtos et religioms na

gnifier sa pensée. Venus la devi- hebatur anliquœ , adamdsse utfœmi-

, v « i- j *v.- m ,r o- nam , mente , animo lumine rationis

^Xlo^t T'ù^X^ coatis : solitude Jemen-

Bochart., Geogr. «cr* , part. Il , lib. 1 1 tem , tanquam si uxoria res essel ,

cap. III, pag.m. 370. sublevalo in lectulum numine copula-

(d) Porphir., ibid., apud Meursium, in rier amplexibus atque ore , resque Cypro, pag. 12k

(e) Porphyr., idem., ibid., libt. IF, (i) Clero. Alexandrin. , Admonil. ad Gente», apud Meursium , in Cypro , pag. 126. pag. 38, C.

PYGMAL10N.

alias gerere , libidinis uacud imagina- Uonc fruslrabiles (a).

(B) Ovide ne le fait point roi

de Crpre.'] Je m'étonne qu'il n'ait pas eu plus de soin d'empêcher que ses lecteurs ne prissent Pygmalion pour un simple statuaire qui gagnait sa vie à ce métier-là. 11 est vrai qu'en le nommant Paphius héros (3) il fait entendre que ce n'était pas une personne dn commun , et il est certain qu'il y a des princes qui savent faire un tableau ou une statue ; mais enfin il eût mieux valu ne laisser nul doute sur la souveraineté de Pvgmalion.

Elle a été attestée par Apollodore et par divers autres auteurs (4)> -Ajoutez qu'il fut fondateur de la ville de Carpasia dans l'île de Cypre (5).

(C) Il fut si scandalisé de.. la

prostitution de quelques femmes,

et « rebuté dès défauts qui sont

naturels au sexe , qu'il se consacra au célibat. ] Je ne fais ici que copier le texte d'Ovide :

Quas quia Pygmalion tevitm per crimina agentes

Viderai , offensas vitiis , qua plurima menti Fa mine a natura dédit, sinè conjuge ceelebs Vivebat, thalamique di'u cotisorte carebat(p).

Ce poète venait de parler des Propsetides que Vénus avait poussées à se prostituer , à cause qu'elles n'avaient pas voulu convenir qu'elle fût une déesse (7).

(D) Quelques-uns confondent ce Pygmalion avec celui dont je fais parier. ] MM. Lloyd , Hofman et Moréri , sont de ce nombre, et Mcursius aussi ; car il applique à Pygmalion , roi de Cypre , plusieurs choses qui ne conviennent qu'à Pygmalion roi de Tyr, frère de Didon. Il cite (8) Lutatius , qui a dit dans son Abrégé des Métamorphoses d'Ovide , que Pygmalion , roi de Tyr, choqué de l'effronterie des Propaetides , résolut de ne se point marier. Pygmalion , continue-t-il , tua Sichée , mari de Didon , et étant ensuite devenu roi de Cypre , il établit le siège royal à Pa-

(a) Aroobius, lib. VI, pag. ao6.

(3) Ovid. , Metam. , lib. X, vs. 200.

(4) Voyez le$ citations du texte de cet article.

(5) Stepfe. Byxant. , in K«tf Av/oict.

(6) Oyid. , Metam. , lib. X, vs. it&, p. m. 140. I7) Voyez la Continuation de mes Pensées di-

▼erwe , pag. 748.

(8) Meursius , de Cypro , pag. ia4.

phos, et c'est à cause décela qu'Ovide le nomme Paphius héros. Il devint amoureux du simulacre de Vénus, ou selon d'autres, d'une statue qu'il avait faite; il eut une fille qui fut femme de Cinyras ; il punit un prêtre qui avait mangé de la .chair d'une victime ; il régna quarante-sept ans , et en vécut cinquante-six , comme l'assure Jospéhe : ce fut donc par rapport au règne plutôt que par rapport, a la vie que Vénus le conserva fort Ion g- temps Tout ceci fait voir que Meursius n'a connu qu'un Pygmalion (9) , et qu'il n'a pas pris garde à la différence des temps ; car s'il l'eût fait , il eût vu qu'il n'est point possible que le frère de Didon ait été beaupère de Cinyras, ni celui auquel il a appliqué ces vers de Nonnus ,

OJ* Àtto nvyfxtt>j*v<>c yhoç, S

MnHtfctyh £iôtwo 7rcxt/^por«o»o ttopéinv.

Non à Prgmalione habes,genus , eut dédit Venus

Longum vitœ diuturnm transitmm {10).

Nonnus parle là d'un Pygmalion <jui n'a pas été postérieur à l'expédition de fiacchus.

Je remarquerai par occasion que le même Meursius applique au roi Cinyras le Paphius héros (u), qi*i ne concerne dans Ovide que le Pygmalion amoureux d'une statue , aïeul paternel de Cinyras. Il lui attribue aussi d'avoir aimé une statue qui , ayant été convertie en une fille, lui donna un fils appelé Paphus

(9) Excepté qu'il parie d'un Ptohaliow, l'un des rois de Cypre que Ptolomée fit mourir, comme nous l'apprend Diodore de Sicile en traitant des guerres des successeurs d'Alexandre.

(10) Nonno», Dionysius, lib. XXXI t, pag. m. 8i3.

(n) Utears., de Cypro, pag. «06.

Idem , ibidem , pag. 107.

PYGMALION, roi de Tyr, devait régner conjointement avec sa sœur par le testament de son père; mais le peuple lui conféra à lui seul le commandement souverain. Sa sœur, qui était trèsbelle , et qui se nommait Élise , est infiniment plus connue sons le nom de Didon. Elle fut rna-

riéeà Sicharbas (a), son oncle (C). On a prétendu que -c'était

maternel, qui possédait la se- trop s'écarter de la vérité des

conde dignité de l'état (c'était faits historiques. Je rapporterai

la prêtrise du temple d'Hercule), les pièces de ce procès (e), et

et qui avait de fort grands tré- (D) j'y joindrai quelques no-

sors. Pygmalion affamé de s'en tes.

emparer Je fit mourir (A), et ~ , tn,

n'obtint pas cependant la proie M ^'1"™^^

qu'il désirait : les trésors de son U^^^\AJiS^

beau-frere étaient enterres, sa gae (i), et selon Ovide mais

Veuve trouva le moyen des'éva- Eustathius.sur Oenrs le séoeranhe

prie;

mère, et parles menaces qu'on comme Sichée poursuivait un sanlui fit de la part des dieux (b). S^r PjrgmaUon le frappa par de,ti *î* •* i *j it i rièred un coup de javelot, et jeta son

Il était alors dans J an 7 de son corps du haut d'un précipice en bas ;

règne. Il mourut à l'âge de cin- puis étant de retour en son palais , quante-six ans , dont il en avait il Puhlia q™ Sichée poursuivant trop régné auarante-sept (c) Ceux t^T^ïi^' ** qui sounaitent de connaUre en (B) Qn lui dome ums aiUn

l . .1 , , \»i ""««c une uuire sœur

quel temps il a vécu n ont qu a nommée Anne, et on dit au' d la per>

prend regarde que, selon Josèphe, técuta après la mort de Didon.} « Il

la ville de Cartilage fut bâtie » y * Peu d'auteurs qui parlent de

^4 • - • 0 » t j* cette sœur de Didon, Virgile au IV«.

cent-vingt-six ansapres le tem- „ de TÉnéide raconte que le fuselle

pie de Salomon (d). 11 ne faut » oui voyant Didon en doute si elle

pas oublier qu'on lui donne une » devait s'embarquer en l'amour

autre sœur nommée Anne , et * <*'Enée > lui conseilla de n'en faire

„ » J:* ri 1 ' » point de difficulté pour plusieurs

qu on dit qu il la persécuta après » ^os qu'elle lui aL'gua* et de"

la mort de Didon (B). II s'est » pui» elle servit souvent à ces deux

élevé une dispute sur ce qu'on a » amans de fidèle messagère »

censuré le célèbre auteur des Se™"5 dit <l*>!lu rapport de Var-

Aventures de Télémaque d'avoir ran* :yy cen? P«* *>Uon ,

, . ^ 1 » ruais Anne qui , étant amoureuse

représente Pygmalion comme un oVEnée, se donna la mort sur le bu scélérat plongé dans toutes SOr- cher quelle avait fait construire. tes de crimes, et nommément 0vide, au Ill^des Fastes, raconte quV-

dans les excès de l'incontinence ffi^^tZfâZ'^Z

(a) Virgile, le nomme Sichœus. donnée , le roi de Mauritanie larbas

(b) Ex Justino, libr. XriII , cap. IF , s'empara par foire de la ville de Car- H thage. Anne , avec un bon nombre de

Joseph., contra A pion., libr. /, pag. Tyriens, s 'enfuit par mer, et se retira

(</)ldem, ibidem, libr. 7, pag. loâ3 ; W Voyez ci-dessous la citation (li). mais notez que dont son texte , suivi par <3> °cctdlt in terras conjux mactatusad ara ,*

le traducteur latin et par Génebrard , , , * ' eP,,t* D,don'

dans sa traduction française, il y a cent , entuluf.t /«* «u'aulieu dé in

~..~mni^sr.,i. ...t...-. - • J . t«rm, on Use Herculea*, les autres interna* , les

VZt r , „ > t huU.m0l'< "V"1 ne «u^xinfem... Voyez Mexiriac, Sur les Epùres

rctulte nullement des nombres particuliers d Ovide , pag. -43 , 'LL.

ou'tl assigne au règne de chaque roi. (3) Méairiac *ur lés Épittf s d'Oridc , p. :45.

d'abord en l'île de Malte, où le roi » pour se venger de ce cm'ils nV Battus, qui était son hâte , la reçut » vaient pu le réduire sous leur empifort courtoisement , et lui promit son » re, le rendirent amoureux d'une assistance. Mais depuis redoutant le » statue, et que pour le châtier de pouvoir de Pygmalion , qui le mena- » l'horreur qu'il avait pour les vi- • çait de lui faire la guerre , s'il ne lui M vantes et animées idoles de chair, remettait sa sœur, il supplia son hô- » ils le rendirent furieux et passiontesse de chercher une autre retraite , » ué pour une idole de pierre. On si elle ne voulait être cause de sa rui- » peut voir sur ce sujet , et sur toune. Anne se remit do ne sur mer ,crai- » tes les autres particularités de la gnant sur toutes choses la fureur de v vie et des qualités de Pygmalion son frère , et appréhendant extrême- w les auteurs suivaus , Trogus-Pomment de tomber entre ses mains. » péius , ou Justin son abréviateur /. Son vaisseau, agité d'une cruelle tem- » XVIII., c. V; Velléius Paterculus, péte ,fut porté au côtes d'Italie (4) , M M>- I- » caP- H- > Silius Italicus , au où Enée lui fit un très-bon accueil. » 1er- et IIIe. livres de la Guerre Pu- Voyez la suite du narré dans Ovide » nique; Aristote, dans son Traité même : elle est curieuse , mais appa- » des Choses merveilleuses ; Josèphe, remment une fiction de ce poète. Son » contre A pion , livre Ier ; Samuel autorité en tout cas n'est pas suffi- " Bochart, dans son Chanaam /.I., santé pour faire croire que Pygma- n c- III j Saint Théophile d'Anthio lion ait voulu persécuter sa sœur M cne > dans son IIIe. livre contre Anne. » Antiloque; le Servîus de Daniel,

(C) On a censuré le célèbre auteur » sur Ie livre de TÉnéide ; et endes Aventures de Téléma que d'avoir * "n parallèle de l'histoire a" Es- "represente Pygmalion comme un M Pa8ne > Par ^ean » évéque de Giscélcrat plongé dans toutes sortes de " ronne. On verra par tous ces aucrimes , et nommément dans les excès * teurs <Iue ,e Pjgmaiion du roman de l'incontinence.] «Il nous le dé- » de Tclémaque ressemble aussi peu » peint comme un homme passionné » au Pygmalion des anciens histo- » pour les femmes , comme idolâtre " "en8 et noè'tes , qu'à un moulin à » de la beauté d'Astarné , comme le " vent et a un crocodile. L'auteur » plus grand débauché, et le plus *> <*u roman nous le représente » transporté de tous les hommes pour * comme un tyran effrayé par l'hor- » les plaisirs sensuels , et comme un * reur de ses crimes , et craignant à » monstre d'incontinence. Mais ce w tou* moment d'être assassiné ; » prince n'était rien moins que cela. * comme un homme que tout agite , » Il avait en horreur les femmes. Il » inquiète et ronge; qui a peur de » ne pouvait les souffrir. 11 né vou- * son ombre , qui ne don- ni jour ni » lut jamais se marier et partager M nuit; comme un loup- garou qui fuit » sa couronne avec une épouse légi- M ^e jour. . . . Les anciens historiens » time , et encore moins avec une il- w au contraire , nous représentent » légitime, et une concubine. Vénus M Pygmalion comme un homme doux, » eut le chagrin , aussi bien que l'A- * paisible et tranquille. Son nom » mour son fils, de ne pouvoir ja- w même le marque: car, comme » mais l'asservir sous son empire. w l'observe le savant Éochart, ce mot » L'amour de l'or et de l'argent fut » de Pygmalion signifie , en langue » son vice dominant. L'avarice étouf- M phénicienne, le repos de Dieu. U » fa chez lui toutes les autres pas- » nV eut jamais de meilleur frère. » sions, et le rendit insensible à l'at- » Il voulut partager sa couronne avec » trait des belles de sa cour. Les his- M Elise, ou Didon sa sœur, et fit » toriens prétendent que ce fut uni- » tous ses efforts, n'ayant point de » quement pour le punir du mépris M femme , pour la faire déclarer et » et de l'insensibilité qu'il avait pour "reconnaître reine. Après la mort » les femmes , que les dieux le firent » <*u r°i leur commun père , il voud mourir. Les poètes de leur côté }> *ut 1«" remettre le gouvernement » assurent que Vénus et l'Amour, M entre les mains; mais le peuple ne

» voulant point être gouverné par

(4)/rfmi, ibidem , pag. 760. » une femme, s'y opposa et déféra la .

»» couronne au seul Pygmalion, quoi- dre, les devins lui assurèrent que c'é-

» qu'il fût extrêmement jeune , et tait la volonté des dieux qu'on ne

» que Didon eût été instituée he'ri- fit pas le moindre obstacle a Fexécu-

» tière du royaume conjointement tion des desseins de Didon, et qu'elle

v avec lui par leur père , que les uns devait fonder une ville à laquelle

» nomment Murgon , et les autres ils prenaient grand intérêt. Victus

>» Agénor fils de Bélus : au lieu que minis deorum quievit , cui cùm ins-

» l'auteur du roman suppose que pirati vates canerent, non impuné

)> Pygmalion avait toujours été en laturum, si incrementum urbis toto

» horreur et en exécration au peu- orbe auspicatissimae , interpellâsset ,

w pie; il en était au contraire Ta- dit Justin (*»). Aussi voyons-nous que

»» mour et les délices. Le peuple le toutes les injures que les poètes et les

)> fit seul roi par force contre la dis- historiens ont dites contre Pygmalion,

» position testamentaire de son père, se réduisent a dire de lui' qu'il était

a contre les lois de l'état , et avant avare.

>» qu'il eût atteint l'âge de régner. Port4ntur avari

» Intérim rex Tyn decedlt , JIUO PygmaHonis opes peUgo : dux forain* foc-

» Pygmalione et Elisâ filid insignis ti ("*).

». forma virmnehœndi&usinstitutis. c était là tout son vice , qui certaine-

» Sedpopulus Pygmalioniadmodum ment est un léger fondement a l'au-

»> pueroregnumtradidu, dit Justin teur du roman pour le peindre d' aussi

>, (♦»)• H servit toujours de pere a noires couieurs au'U afaitm

» sa sœur Didon ; et 1 avant mariée Voici ce qu'un anonyme répondit

», à Acerbas, ou Sicharbas, ou Si- a cette censure. « L'auteur de la cri-

» chée souverain oontife des Pheni- „ tiquc prétend ici nous prouver que

» ciens, et grand prêtre du dieu „ Pygmalioti, roi de Tyr, n'était pas

>. Hercule des Tyriens , qui était la „ débauche , parce qu'il y a eu envi-

». seconde dignité du royaume , et „ ron ^QO an8 avant ]uj ull fameux

»» la première personne après le roi , „ sculpteur dans l'île de Cypre , qui

», il ne nommait jamais ce dernier-ci „ portait le même nom , et qui était

» autrement que son gendre , au heu „ fort continent. En effet ce Pygma-

» qu'il était son beau-frère, et en „ Hon dont il parle , et qu'il confond

» même- temps son oncle maternel, „ avec ic roi je jyr^ UQ ctqe-

», frère de sa mère. Avunculumsuum, M bre sculptcur de l'tle de Cypre,

» eundemque generum , dit Justin „ „u£ avait fait lui-même la statue

», (*a) (5). » » dontildevintamoureux.Vénus,tou-

Le critique trouve étrange en par- » chée de sa passion , métamorphosa

ticulier, que l'on ait dit que Pygma- » le marbre en une femme aussi belle

lion était un impie. Au contraire , » que l'était l'ouvrage de Pygmalion.

répond-il (6) , c'était un prince très- » Ce fut de cette femme qu'il eut

religieux y et si dévot envers les dieux, » Paphos , qui donna son nom au

que quelque grand sujet qu'il eut d'é- » pays de sa naissance. Paphos fut

tre irrité envers sa sœur, qui lui avait » père de Cinyras , et Cinyras eut ,

volé tous ses trésors , et s en était en- >, die Myrrha , sa propre fille , Adonis

fuie en Afrique ; et auelque grande M qui fut favori de Vénus. Toute

facilité qu'il eût de Uatteindre et de » cette fable est si connue , qu'on ne

la faire arrêter dans C île de Chipre, » peut trop admirer l'ignorance de

ou elle alla d'abord descendre, avant » l'auteur , qui se pique d'une gran-

quede passer en Afrique , il ne vou- » de érudition, d avoir embrouillé

Lut pas faire le moindre mouvement » des choses si claires. Cette erreur

contre elle , parce qiC ayant consulté » n'est pas la seule où il soit tombé au

les dieux dans un sacrifice qu'il leur » sujet de Pygmalion : il prétend que

offrit avant que de rien entrepren- » ce prince , que monsieur de Cam-

»> brai nous dépeint comme un im-

(•«) Jtuu , j«^8 • c« *• „ pie, était un homme très-religieux ,

^V ^F.,ydÛ',Télém«eo««nie, pag. m, » et que son avarice insatiabfe, et

1*6 et tuiv. Je me Mers d'une tdition de 1700, ou

le lieu de V impression est nomme' Elentérople. (•') Justin. , lib. 18, cap. 5.

(6) Téléaucoinâoie , pag. 1*9, i3o. C») ^irg., /En. 1.

qu'il commit dans la » personne de Siehee mari de sa » sœur Didon , n'était qu'une baga- » telle , et n'empêchait pas qu'il ne » fût honnête homme et les délice»

» de son peupJe. Voilà de beaux sen-

PYGMALTON.

de Tyr , tnti ne le fut jamais , non plus que le sculpteur ou le tourneur Pygmalion, et dont tout le plaisir au contraire était à invectiver contre le sexe (9).

(D) Et j'y joindrai quelques notes.]

tlmens» pour un homme qui nous Apparemment j'en ferai moins qu'on

veut faire un crime de la composition d'un roman quin'inspirc que la vertu (7). »

Voyons la réplique du Censeur (8):

U apologiste anonyme du roman de Tétémaque , dans sa préface sur la

n'en pourrait faire : n'importe j viendra glaner qui voudra.

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