PYLADE
à Thébes. On n'a jamais prétendu faisait aussi au son de plusieurs au-
marquer par-là qu'il fût de Thébes , très instrumens , cilkarœ , cimbalo-
ou «ju'il y eût demeuré ayant que de rum , et de certains battemens de
venir en Italie ; et de plus il est évi- pied qui, au sentiment de Saumaise ,
dent qu'il ne s'agit ici que de Thébes servaient à la même chose que le
dans la Béotie , où Bacchus et ses fê- mouvement des mains, qu'on nomme
tes avaient leurs principales stations, aujourd'hui battre la mesure. Le
Au reste It**j»v irfaç. Bv/^ixnv est fort même auteur a observé que ce fut
bien traduit par ad pulpitum Itali- principalement sous Auguste que la
cum , sur la scène ou sur le théâtre danse parvint à sa perfection (7). C'est
d'Italie; mais ceux qui ont traduit un éloge pour Pylade, qui ferebatur
Italicum ad sactificium (a), ont bron- mutâsse rudis illius salyitionis ritum
ché très lourdement. quœ apud majores viguit> et uenustam
(B) // perfectionna par de nouvelles induxisse novitatem (8) . inventions l'art de danser une pièce (C) // avait été chassé. . . , h cause
de théâtre.'] J'ai marqué en gros dans qu'il avait montré au doigt un des
l'article de Bathyllus, le changement spectateurs."] Auguste était donc bien
qui arriva sous Auguste aux danses indulgent pour les siffleurs , car ce
des pantomimes. Mais pour entrer ici spectateur sifflait Pylade. Pyladem
un peu plus dans le détail , je dois urbe atque Itaiid summoverit qubd
dire que Pylade , si nous en croyons spectatorem à ouo exsibilabatur de-
saint Jérôme , est le premier qui , à monstrâsset digito , conspicuumque
Rome, ait dansé au son des flageolets, fecisset (9). Si aujourdhui,à Paris, un
et au chant du chœur $ et qu'avant comédien se vengeait de ces gens-là
lui les pantomimes dansaient et chan- à la manière de Pylade , il n'en serait
taient eux-mêmes tout à la fois ( 3 ). pas repris (10). Les nouvelles publi-
M. de Saumaise ne consent point a ques nous apprennent qu'on a fait en
tout cela ( 4 ) ; il montre que dès le Franpe de terribles réglemens contre
temps de Livius, poète et comédien, les siffleurs, dont l'audace était mon-
on épargna au danseur la fatigue de tée au plus haut point. Le placet
chanter lui-même, et qu'on lui donna «ju'un poète présenta au roi , pour
un garçon qui chantait , pendant faire en sorte que l'on réprimât leur
qu'un autre jouait de la flûte ( S ) ; fureur , est une fort jolie pièce de
mais il demeure d'accord que Pylade poésie. Elle a uaru dans le Mercure
est le premier qui ait fait servir à sa Galant , et puis dans le recueil que
danse le chant du chœur et le son des l'on publie tous les mois à la Haye,
flageolets , ûstulas et chorum sibi sal- L'on a inséré dans le Furetiériana
tanli ut prœcineret curavisse. A quoi une épigramrae sur l'origine dessif-
s'accorde ce qu'il répondit lorsqu' Au- flets. On attribue cette pièce à un
guste lui demanda ce qu'il avait joint auteur fort illustre par ses tragédies ,
a la danse , AùkSv o-upiyyen r ivow»»v , mais la réputation du bel esprit qu'on
0/u.a.fôi t' ctvôf«7Tû»», le son des fiageo- y maltraite est si bien établie, que
lets et des fiâtes , et la symphonie cela ne lui saurait faire de tort (11).
eles hommes (6) ; c'est qu'avant lui il Dans l'édition de Hollande on a mis
n'y avait qu'une flûte destinée à l'u- Historien , au lieu d'Histrion (1a). sage des pantomimes , et pour lui on (D) Il eut un autre concurrent nom-
en lit servir plusieurs. On apprend de mé Hylas. ] Voici comme parle Ma-
Lucien que la danse de ces gens-là se crobe : Hylam discipulum usquè ad
(3) Cette faute est dans l'Anthologie , de ledit, de Labîn,'tn-4°M pxg'
(3) Py Iodes Cilir pantomimus , quttm veteres ipsi carièrent et saltarent , primas Romtm chorum sibi etfistulte prtecinere fecit. Hieronjmas , in Chron. Euseb. , ad ann. igg5.
tq) Salmas. , jn Vopiscum , pa£. 836 , edit. Lugd., Batav. , i'n-8°.
(5) Valer, Maxim., lib. //, cap. IV, pag* m. 161. Voyez aussi Lucien , de Saltatione . pag. m. q»5, tom. I.
(6) Cest le i3*. vers du litre de ïlUade.
(7) OÙ WfltXrtl Ct^et/XfTM Je VOTOUTCV
jtatxxoç Î7nJiJovct< ctxxot xcltÀ tôt 2Et0ct-
çrov /UblXiç-OL... Lucianus, de Salutione, pag. 9*5 , tom. /, apud Salmasium in Vopiscum , pag 836.
(8) Macrob. , Satura., lib. II, cap. VII.
(9) Sue ton., m Auguste, cap. XLV.
(10) On écrit ceci l'an 1696.
(iï) Voyez les Lettres historiques , du mois de> mars 1696, pag. a88, 289.
(n) Furetiériana, pag. 7a.