PYTHÉAS
1661 (148). Le cardinal Mazarin était mort depuis huit mois ; et il y avait plus de dix ans que le Portugal avait secoue le joug de l'Espagne.
cette substance qui ressemblait au poumon de mer ; et pour le reste il avoua qu'il n'en parlait
m royt% les Mémoim de Frcmont «TA- *îue Par ouï-dire. Il se vantait u«coart,F«g. 12. aussi d'avoir voyagé par tous les
PYTHÉAS, était natif de Pa7s de J'Europe qui sont sur la Marseille. La plus grande préci- mer océan e , depuis Cadix jussion qu'on puisse donner , ce me 9ues au Tanaïs ; ce que Polybe semble, sur le temps où il a vé- n.e Pavait croire d'un petit pareil, est de le mettre au siècle taulier comme lui, mal pourvu d'Alexandre-le-Grand (A). Il fit d'argent 0). On avoue pour le des ouvrages de géographie (B), moins qu'il n'a pas mal entendu qui apparemment n'étaient au- lef propriétés des terres septentre chose que la relation de ses tnonales , eu égard aux aspects voyages. Il abusa étrangement fu soIeil M : et ce qu'il disait de la maxime, A beau mentir \d) les barbares leur montai vient de loin; car il n'y eut traie»t le Heu où cet astre s'en sortes de fables qu'il ne racontât aIIait dormir, et qu'il y avait là des pays septentrionaux qu'il se des pays où la nuit neduraitque vantait d'avoir vus. Il n'ignorait tr,ois heures; et d'autres où elle pas que peu de témoins ocu- n'en durait que deux, ne sent iaires lui pourraient donner le Point du tout la fable , et lui fait démenti ; mais la postérité pour infiniment plus d'honneur qu'ule moins ne laissa pas impunie ne autre chose que Pline rapson audace. Polybe le poussa ter- Porte après lui : c'est qu'il y avait riblement : Strabon tombe sur «ne île à «ne journée du pays des lui en plusieurs rencontres avec Guttons y peuple d'Allemagne , la dernière dureté (a). Ces deux dans laquelle on se servait d'amanteurs n'étaient point capables ^re au '*eu de bois , pour faire d'endurer qu'il racontât impti- du feu (e). On fera bien de connéraent qu'à l'île de Thule (C) , sulter l'apologie que Pierre Gasà six jours de la Grande-Breta- sendi composa pour Pythéas (E) gne, vers le nord , et dans tous à ïa Prière de M. de Peiresc. Ces ces quartiers-là, il n'y avait ni deux illustres Provençaux furent terre, ni mer, ni air, mais un bien aises de travailler à la gloire composé des trois, semblable au de leur province, en soutenant poumon marin (D) , sur lequel la réputation d'un écrivain né à la mer et la terre étaient sus- ,.% , . „ . .
pendues , et qui servaient comme de lien à toutes les parties de l'univers , sans qu'il fût possible d'aller là ni à pied , ni sur des vaisseaux. Il se vanta d'avoir vu
OC (XTIÇ-O» ittÙ
-TropiUTAyiyotvo. Polybius autem idquoque incredibile ait esse, p rivât um hominem, eumqtte vauperem tantum spatii mari terrâque obivisse. Strabo, lib. 11 , pag. 71.
l48 PYTHÉAS.
Marseille. Gassendi , tout savant «Vt-il pas bien pris la pensée de Marseine. udwc » Polybe. Je croirais volontiers que
qu'il était, na pas laisse de se ^^Ue homme raisonnait comme tromper dans ses conjectures cecj . Di^arque est un auteur fort touchant cet auteur (F) , ce qui crédule , et qui a commis cent faun'empêche pas qu'il n'y ait du tes ; cependant , il a l refusé de croire ncui^iic y » J divers choses racontées par Pythéas:
profit à faire en lisant son apo- ° * a aonc Heu ae fito£ner 4u>Éralogie. Il ne faut pas confondre chênes , qui est venu depuis , ait notre Pythéas avec l'orateur athé- ajouté foi à ces mêmes choses qu'il
niende ce nom, qui vivait du voyait que Dicéarque avait jetées, uicuucvv^ 1?^,^ Or voici le raisonnement que Mraboa
temps de Demosthene (O). impute à Pojybe : Dicéarque est un
(A) plus grande pre^n ^Z^XX%\tf^Uo^ est de le meure ^J'J^^Vt étrange qu'Êratofthène, ait cru Py-
que P"lybe raisonne de cette maniég! ïfôH évalue cette d^na- re ^^S^i^ I7aû «vo^rque laf^^ère annJe Polybe Ivait critiquées dan, les écrits du r ane de ttnfée Philadelphe de Dicéarque j mais, encore un coup du règne ae T""". . l'an de ie ne voudrais pas jurer qu'on ait
tombe «Ion Calvmus sur lan de ^ ^ ^
^^:^rr.Tc. l.,»îl. Je voudrais que nous puissions le 1 Vo«ius à montré qu'Ératosthène. vérifier par une descente ; su, U, .écrit après Pythéas (3) : mais il ne lieu* ; nous apprendrions bien d^u- ^est point ser7i de la preuve la plus très faits que la perte de tant de clatril s'eatTouteut/dele prouver livres de cet auteur nous dérobe. Je naî là rabon que Polybe^ ayant remarquerai en passant une faute P2 •■; .„t™ »i.»re» eéoeranhes Di- dans la traduction latine de Strabon. céa°rq„cCT^rthéne?l Pyînéas , Toute la force de cette reprise pourroniet de ses censures , dit (4) L'*".??" f""*?:"' ZJlt
Fv^s'est étonné qut^tosthenes ait prend la peine d'examiner cette cîyDC sesi eioiiuc 4 u tation. \Ee*«ro«rô*v» cTi tov /uiy EunfAtpot
remar«u\it «u'Ératosthènes ajoutait t*St« (, /*» t^to^X*' t.5-w«»foiTdes choies que Dicéarque n'a- «c.#T. & A. « *«f«W» tait point cruê .*oilà donc^ythéas wfam, V"»». mànffestement auteur avant qu'Éra- «ktosi. **»«. ^««xot «*8 o» «««- Senes et Dicéarque fissent leurs «<, < ^if Interun
hvre de géographie^). Nous en ti- Erato>thenem qui EuenierumBer-
Smentt "les paîo! où StraTon «H* ««
îrô .vTrid cùle la manière dont Po- Die<*archum profert, quasi vero controuve naicme 1a ma ; f norm(Jm
l,be vient de raisonner. Peut être » polrbius iot reprehensio-
(,)Vo«i«.,â«PMolog't,p««.55:«»7r«.B ^bus inecstit{6). Et quoi qu'il en deWM.t'".-.P'g- 4B; .. •! vei cen. ^ < nous y apprenons
TÎ T. r '^P0n pour le moins que les livres de Py-
$ W SrfM ont précédé , non-seulemcnt
(&) JpudStnbon., lib. I, pag> ... »
(5) fV« «-*«oui ^ fwui^m* (F). (6) Str*bo, li*. 7, W 71.
PYTHÉAS. i4g
ceux d'Eratosthènes. mais aussi ceux que Pythéas a parle des conversade Dicearque. On sait que ce dernier tions que le pére de Scipion l'Afria été disciple d' Aristote , et qu'il de'- cain eut avec les députés de Marseildiauu livre à Theophraste , qui fut le, Tan de Rome 53a (i a). Un des le disciple favori d'Aristote. Il y a mensonges de Pythéas, au sentiment donc bien de l'apparence que Py- de Polvoe (i3), e'tait d'avoir dit tlie'as a vécu avant le règne de Pto- qu'aucun habitant de Marseille n'alomécPhiladelphe, puisque ses écrits vait pu apprendre à Scipion rien de ont précédé ceux de Dicearque , qui mémorable touchant la Bretagne. On ne pouvait être qu'un vieux hom- a remarqué dans l'article d'Abbeme sous le règne de ce prince. En ville les autres fautes de San son concflet , le commencement de ce règne cernant cette matière. Il reste à dire tombe sur la dernière année de la qu'il ne devait point entendre par ia3e. olympiade ; Aristote cessa d'en- ce Scipion celui qui vint débarquer seigner avant la fin de la ! 14e olym- à l'embouchure du Rhône, afin <rob-
Siade (7) , et ses écoliers pour for- server les démarches d'Annibal , inaire étaient des gens faits. Nous puisqu'il n'est pas possible que Pyapprenons de Pline que Pythéas théas ait écrit depuis ce voyage de avait publié ses ouvrages avant que Scipion, lui dont les ouvrages avaient Timée publiât les siens (8) $ car ce- été lus par Dicéarque, disciple d'Alui-ci, sur la foi de l'autre, assure ce ristote $ car entre le temps auquel que j'ai dit touchant l'ambre (9). Aristote cessa de tenir école et le Mais Timée , ni Ératosthènes dont commencement de la seconde guerre la plume a été postérieure à celle de punique , il s'est passé pour le moins Pythéas , ne sauraient rien prouver cent ans. Il serait sans doute difficile contre Vossius , parce que leur vie a de marquer quel est donc ce Scipion, été si longue (10) qu'ils auraient pu oui au rapport de Pythéas s'informa voir le* relations de Pythéas, encore de la Bretagne aux habitaris de Marqu'elles n'eussent été publiées cjue seillc , à ceux de Narbomie et à ceux sous Ptolomée Philadelpbe ; et 1 on de Corbilou ; mais il est sûr que ce sait qu'un auteur qui rapporte ce ne fut pas le père de celui qui v^iinqu'il a lu dans un autre peut avoir quit Carthage. Je m'étonne que le plus d'âge que lui , et mourir même père Labbe n'ait pas marqué cette avant lui; de sorte que l'on ne peut chasse à M. Sanson; et je ne crois lien inférer de précis touchant l'âge pas qu'il fût homme à l'épargner vo* de Pythéas, de ce que Timée et Era- lontairement. On eût pu aussi le tosthènes ont écrit plus tard que lui. censurer sur la distance de prés de la meilleure preuve que l'on puisse cent ans qu'il met entre Pjthéas et avoir pour le mettre avant le règne Polybe(i4). Cela ne convient pas à de Ptolomée Philadelpbe doit être son hypothèse , qui porte que Pyprise de ce qu'il a été cité par Di- théas composa ses relations après eéarque. Vossius ne s'en souvenait Tan 53a de Rome; année qui no point lorsqu'il mettait celui-ci de- précéda que de seize ans la naissan- ▼ant Pythéas (11). Si Sanson , l'un ce de Polybe (t5). Il faut même dire, des meilleurs géographes du XVIIe- selon cette supposition , que Pythéas siècle, avait considéré ce petit point n'était point revenu de ses voyages de chronologie , il n'aurait pas dit en 53a ; car s'il en eût été de retour,
J¥v. „ . .. les députés de Marseille auraient eu ^7) Apollodorus, apudlhovnem LaerUam, « ^ répQ?dre ^ questions du corj
(8) Plioia5, lib» XXX m, cap. II* sul romain.
i$ Ci -dessus, au texte , page ifa, cita* J avertis ici mon lecteur que M. San-
Hon(e). son, digne fils du grand géographe qui
(m) Eratosthènes a v feu quatre-vingts ans. Il publia les Antiquités d'Abbeville
naquit en la 126*. olympiade, et mourut en ta r
i4<S'. Voyei Vossius , de Hist. gr*c. , pas. 10$. (ia) Nicolas Sanson , Recherches des Antiquités
Lucien Zut donne quatre-vingt-deux ans de vie , d'Abbeville.
et à Timée quatre-vingt seixe. Or puisque Timée (i3) Apud Strabon. , lib. I V, pag. i3i.
a écrit la guerre de Pyrrhus contre les Romains, (i4) Sansou , Recherches des Antiquités d'Ab-
U a vécu sous Ptolomée Philadelphie. beville , pag. 85.
(11) De Plnlolog., cap. XI , num. Moréri (tS)Jl naquit l'an 548 de Rome. Kojet. Vo»-
«t» mal de Philos. , cap. 1 1, n. 6. nw , «« Hi»t. gr*c. , pag. laa..
i5o . PYTHÉAS.
m'a fait la faveur de m'envoycr une (D) Au poumon marin.-] La Mothc-
copie de la réponse que M. son père le-Vayer(ai) remarque que c'est un
avait pre'pare'e au père Labbe , tou- zoophjrle spongieux , auquel les lta-
chant ces Antiquités. Elle est docte et liens ont donné un nom fort sale;
ingénieuse. J'espère que l'occasion et après avoir rapporté que Pythéas
d'en donner quelques fragmens ne avait soutenu que cette matière était
manquera pas. le lien de l'univers; et qu'il avait eu
(B) // fit des ouvrages de géogra- V impudence d'en parler comme d'une phie.] Le scoliaste d'Apollonius (i 6) chose qu'il avait vue , il nous parle fait mention d'un livre de Pythéas d'un bon anachorète qui se vantait intitulé y h «-ifiodV, le Tour de la d'avoir été jusques au bout du monde, Teme.^ L'abrégé d'Artéraidorel'Éphé- et qui disait qu'il s'était vu contraint tien, imprimé avec les vieux géo- d'y ploy er fort les épaules , a cause graphes , met Pythéas au nombre de de l union du ciel et de la terre dans ceux qui ont décrit le circuit du cette extrémité.
monde , periplum orbis(in). La des- (E) L'apologie que Pierre Gascription de l'île de Thule était ap- sendi composa pour Pythéas. ] En pare ni me nt une partie de cet ouvra- voici l'occasion. Lorsque M. de Peigc. Son livre de (Jceano est cité par resc fit observer à Marseille , en i636, Géminus. Nicolas Sanson (18) n'est l'élévation solstitiale du soleil, on pas le seul qui ait voulu rompre compara la proportion que l'on trouune lance contre Strabon , en faveur vait entre rombre et le style du cade Pythéas Nous verrons bientôt dran ; on la compara» dis-je, avec que Gassendi a pris fort à cœur la celle qu'Hipparque dit (aa) que Pyuefense de cet ancien Marseillais. théas avait trouvée. M. Gassendi fut
(C) Qu'à l'Ile de Thule."] Ayant chargé d'écrire sur cette opération établi par de solides raisons que Py- astronomique , et de justifier Pythéas théas publia ses livres vers le temps en môme temps contre les invectives d'Alexandre, je puis rejeter l'une de Strabon. Voluit rursits (Peiresdes preuves dont le père Vavasseur kius) ut quoniam Strabo multa cons'est servi contre Photius. J'en ai ré- gessit advenus Pytheam , ipse in futé une autre dans l'article Antoine gratiam comprovincialis Apologiam (iq) tome IIe. Photius conjecture conscriberem , purgaremque virum qu i AntoniusDiogènes n'a pas été fort qui primus Thulen insulam demonéloigné du règne d'Alexandre- le- stravit , et quà non habet occidens Grand. Le père Vavasseur dit contre totus quem antiquiorem in doc lis hacela , entre autres choses ,' qu'il ne beat(i3). Ce qu'il écrivit là-dessus croit pas que l'île de Thule fût fort se trouve au IVe. tome de sesOEuvres
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dibilia de insuld Thule. Peu m'im- ayant censuré Eudoxc , qui avait dit porte que cette île ne fût point con- qu'il y a une certaine étoile qui ne nue au vulgaire, ou qu'en général sort jamais de sa place, et qui est elle ne fût pas fort connue \ car pour- le pôle du monde, loue Pythéas d'àvu qu'un voyageur tel que Pythéas voir enseigné que le pôle est un lieu en eût publie une relation , il pou- vide d'étoiles , et qui fait une espèvait venir dans l'esprit de quelque ce de carré avec les trois étoiles les écrivain romanesque de choisir cette plus voisines. Ilipparque , à l'imitaîle pour la scène de ses chimériques tion d'Ératosthènes , enrichit sa géonarrations. Je n'examine point si graphie du travail de Pythéas ; et il Photius a raison j il me suffit de ne faut pas s'étonner nue celui-ci se prouver qu'on ne le réfute pas bien, soit trompé à l'égard du Tanaïs,
(,6) Tn lib. ÎV. (9I) TeUre LXXXrX, tom. XI, de ses OEu-
(i-) Voyez Vobsius, de Hist. grsec. , pag. no. » *5
(ié) Rechcrrh. «les Antiq. d'Abbeville, p. 85. T\ V J c. k ru tt q
U) Faille romaine , Imarnue (B). P M ^ï^y^^f K <W
(au) Suspuio quor/ue estnondttm cogmtam rul- (ai) Oa.Menau«, in nua rares*., uo. r , \rprr*
ro Thulen insulam de quà* ilti feruntur inscripti tom. r,pag. 33^.
libri. Vavassor, de Lud. Dict.j pti£. »48, ifo. (a4) Pag- 5a4 "
PYTHÉAS. ,5i
vu l'ignorance où Ton était en ce force de son raisonnement, combattemps-là des situations du Pont-Eu- tent cette explication. Godefroi Wenxin , de la mer Caspienne , et du Pa- dclin , à qui Gassendi écrivit ces lus-Méotide. Lorsque Alexandre fut choses , lui répondit sur la deraapde, parvenu sur les bords de la mer en quel temps Pythéas avait vécu \ Caspienne , on le crut arrivé au nue c'avait été au temps d'Alexan- Pont-Euxin. Gassendi ajoute plu- dre-le-Grand ; ce qu'il prouva i°. par sieurs autres remarques à celles-là , les railleries de Dicéarque contre Pyen faveur de Pythéas. On a pu voir théas ; a°. par la familiarité que Tidans les Nouvelles de la République mée , ennemi d'Agothoclès , avait eue des Lettres (a5) , qu'Olaus Rudbecks avec Pythéas à Marseille pendant son a pris vivement le parti de ce voya- exil; droù Wendelin conclut que Pygeur- théas a vécu avant Agathoclès (27).
(F) Gassendi n'a pas laissé de Cette conséquence est très-mauvaise ;
se tromper dans ses conjectures tou- car de ce qu'un voyageur contracte
chant cet auteur.-] 11 a cru que les beaucoup de familiarité avec une
Marseillais , confus de n avoir su que personne bannie , il ne s'ensuit pas
répondre aux questions que Scipion qu'il soit plus vieux que celui qui a
Jeur avait faites touchant la Breta- exilé cette personne. Outre cela ,
gne, et animés d'ailleurs par ses con- voici de nos gens qui font dire à un
seils, résolurent d'envoyer reconnaî- auteur bien plus qu'il n'a dit. YVen-
trecepays, et choisirent pour cela delin nous renvoie à Pline (a8), où
Pythéas qui était un bon mathéma- nous lisons seulement que Timée
ticien. La république de Marseille ajouta foi à Pythéas touchant l'am-
était déjà puissante sur mer , et s'ap- bre.
pliquait beaucoup au commerce ; (G) // ne le faut pas confond™
elle pouvait donc avoir envie d'être avec celui qui vivait du temps
instruite si son négoce retirerait de Démosthène.] Le père Hardouin
uuelque avantage de la découverte (3g) applique à Pythéas de Marseille ce
de ces régions inconnues On lève aue Plutarque dit d'un autre Pythéas,
par-là l'objection que fait Polybe : il dans la Vie de Démosthène, à la page
ne faut plus trouver étrange que Py- 855 ; mais il ne faut point douter
théas, simple et pauvre particulier, que Je Pythéas dont Plutarque fait
ait pu fournir aux frais d'un si grand mention en cet endroit ne soit le
voyage. On pourrait sans celarépon- même orateur athénien dont il parle
dre qu'une société de marchands , à la page 849, où il dit que Pythéas
ou quelque riche citoyen aurait pu railla Démosthène de ce que ses ha-
choisir Pythéas pour faire la décou- rangues sentaient l'huile (3o). Dans
verte, et l'équiper de toutes les choses la vie de Phocion (3i) , il parle du
nécessaires. Si M. Gassendi n'en di- même Pythéas comme d'un orateur
sait pas davantage , je n'aurais rien à grand caquet et insolent à lui critiquer ; mais il dit que celui Phocion fut contraint de rabi
, que .abrouer.
qui demanda des nouvelles de la Suidas , qui nous en donne la même
Scipion l'Africain , ou le père ou cedoine. 'Plutarque raconte que Py-
l'onclc de ce Scipion. Cela ne peut théas, fugitif d'Athènes, se retira au-
être vrai, puisque Dicéarque avait près d'Antipater, et lui rendit le plus
lu le voyage de Pythéas. M. Gassen- de services qu'il put avec ses haran-
di, pour éluder cette preuve, dit que gues. 11 eutalors degrosses prises dans
les paroles de Strabon peuvent rece- PArcadie avec Démosthène, qui, tout
voir ce sens; c'est que les relations . . __ , , „
de Pythéas auraient pu déplaire à ^^y^^^^Ou^.um. Vït
Dicéarque : mais il est sûr que Stra- (*8) Lit. XXXVII, cap. IL
bon n'a pas voulu dire cela : son In Indice Plinii.
participe mçtùa-ttç (26), Ct toute la (3°) Voyez, Elieo, Hist. div. , liv. VIT.chap.
* t / ' VU • il P^le aussi de lui livre XIV, vhap.
Mois de février i685, pag. i33. XXV III. r
\t&) Voyez ci-dessus la remarque (A). (3i) Pag. «;5i.