partie, et qu après que de choses di8pute qui a daré quelques années
égales Ion a ôte choses égales les entre un ministre dJ Rotterdam et
restes ne sont pas égaux, il n eût un ministre d'Utrecht. Le premier (54)
persuade a personne que sa cause fût avoue qu^ncore qu'il croie uue fa
soutenante : puis donc que lui et mztàvïne peut m sentir ni connaître,
plusieurs autres grands philosophes il n>a poinrt de celte vérité une
qui n'est oas évidemment vraie : elle danSf dit.n est confus et indistinct....
a donc des obscurités ; elle para t (55) M.Saurin, et ses collègues ra-
vraie a quelques-uns, fausse à quel- tionaur, peuvent-ils dire en conscience
ques autres: comment pourrai-je , qu'ils ont une perception claire, et
moi qui n'ai aucune étude, ni aucun une idée distincte de V immortalité de
usage de la dispute , me déterminer Vdme ? Ne scnt^e ici de$
sûrement? Les uns ou les autres de tions ctaires en a/parence qrue torut
ces grands génies se trompent ; ainsi, ce qui commence doit finir , qu'un
quelque parti que 3 embrasse Recours étre dont la durée se divise par mo-
nsque de me tromper. Voilà un i rai- menSf par jours et par années , ne
sonnement que le peuple devrait fai- peut étre éternel; parce qu'il serait
re lorsqu'il voit que les savans sont infinif et que dans cette dw-ée infinie ,
partages. Maiss il le faisait, comment U y aurait un nombre infini de mo-
se tirerait-il de 1 incertitude? En voici ^ns , et pourtant il n'y aurait qu'un
ul?.b,01î m,°/en 3 î egaid de 1 immor- nombre infini de jours et d'années : tahté de l'âme c'est de recourir aux ainsi U y aurait autant de mois que lumières révélées. Ainsi un cartésien d années, que de morne ns , ce qui est qui imiterait Pomponace devrait nas- une absurdité sensible. L'impie apser pour un homme sage et chanta- peue ceta des perceptions c/af^ ret ble envers son prochain II fera bien U les trowe telles% u but de cc 'mi desoutenirjusquesauboutlaverité ni8tre ressemble un peu à celui de de son principe; il fera bien de ré- Pomponace ; il veut que l'on se défie pondre tout ce qu il pourra a ceux de sa raia0n> ct que l'on recoure à «mi objecteront que les substances rautorité de Dieu (56). Voici la rédistinctes du corps sont peut-être poose de son adversaire (5n) : Je lui d'une nature a pouvoir retenir leur "
existence sans avoir aucune pensée , (53) C'est ainsi que je traduis un peu librement
et qu'ainsi la Spiritualité n est pas ces paroles : Csetcrom es»e altcrum esse ad hoc
une preuve nécessaire de Pimmorta- f8se ad,eî> nesci?lu? ut quotidjani» vd «uspicioni-
... , * . . . ... . bus vel pevstiasionibus res ctiammim «t contro-
llte; Car SI \T\ie de lâme Consiste verga> W|S fide res agatur. Scaliger, advenus
dans la pensée , il est sûr que la ces- Cardanum exerciu CCCVII, cap. XXXHI, p.
sation totale de la pensée serait une »• v99°- S0^?,* cet\M, dessus, citations (@y ,
vraie mort de l'âme ; c'est pourquoi ^w^f* (1N,cola,)' tom*
Pâme pourrait mourir sans cesser ^ JarieU) ReUgîon du Utf tudinaîre , p. 3g3.
d'être une substance spirituelle , (55) Là même , pag. 394.
comme les chiens meurent Sans Ces- (56) Notât qu'il n'exige pas que l'on connaisse Ser d'être Une Substance Corporelle : Par une ul/e distincte et claire cette autorité, • «, *~..«. :i o„«„ l^.,„kl« «'il c'est-a-dire que l on sache évidemment que Dieu
mais après tout il sera louable s il MUJ a ^éceci ou cela, *
avertit son prochain de se fixer a la ^ Sanria f justiC«»tîon de *a Doctrine , pag.
parole de Dieu. Notez que Scahger le 46;.
a38 POMPONACE.
réponds que j'ai cette perception claire évidente que celle qui nous fait coûet cette idée distincte de l'immortalité naître les propriétés des nombres , de Pâme ; je sais que Vdme est une et la liaison de la présence locale substance spirituelle et indivisible , qui avec l'étendue de la matière. Croyezne peut être détruite que par annini- vous que Platon admît l'immortalité laiton. Je sais qu'il y a une provi- de l'Ame par une idée aussi claire dence, une souveraine justice, une que celle-là ? Quand un homme désou ferai ne félicité, une morale natu- clare qu'il se conduit comme le peurelie; enfin un grand nombre de vé- pie, cW-à-dire que sa persuasion va rités , qui sont nécessairement liées plus loin que son évidence , c'est lui avec Vimmortalilé de Vdme, et qui faire un faux procès que de l'accuser seraient par conséquent des chimères de ne pas croire. Son orthodoxie est si Vdme était mortelle. Faut-il qu'un à couvert , puisqu'enfin il croit ce philosophe chrétien soit moins ortho- qu'il faut ; on peut seulement 1 ui con doxe que Platon , et qu'en faisant le tester que sa conduite soit philosop ami le le des anciens philosophes il phique. IV. La distinction entre les donne la préférence a Epicure.... (58) idées claires en apparence et les M. Jurieu se réfute lui-même , en di- idées claires en effet est nulle j car la sant que ces perceptions sont claires clarté des idées enferme essentiel-
pour celles qui sont c est toujours de 1 apparence qu claires en effet. empruntent le caractère ou la deno-
Faisons quelques petites remarques mwation de claires. Il n en va pas „.r ce discours de M. Saurin. I. M. Ju- ain?1 de la vente. Un objet peut être rieu suppose manifestement qu'afin Trai et paraître faux } mais une idée que nous connaissions par une idée «ÇJ1 I.,aratt obscure n'a m la clarté distincte et par une perception claire effective, w » ?«rté aPParcnte- De la spiritualité de l'âme , Il faut clai- 80rte ?"e s] les idées claires de 1 imremcntcomprendrefiie /ampère ne mortalité de 1 âme sont combattues peut ni sentir ni connaître. D'où vient J>ar des idées apparemment claires, donc que M. Saurin ne répond rien 1 objection de M. Jurieu est bonne ; à cela? Ne devait-il pas déclarer qu'il tant s en faut qu'il se réfute luia une idée distincte, une perception mômet c<ïmm° le P^tend son antaclaire qui lui apprend qu'il est gomste. V. Enfin on a grand tort de impossible que la substance étendue °e ,Pas répondre à 1 objection : c est ait du sentiment? II. Ce n'est pas as- "-dessus qu on pouvait confondre sez que de savoir que l'âme ne peut M* Juneu : » «oppose très-faussement être détruite que par annihilation. 1ue ceux °sai. dL8Cnt que tout ce qui Cela convient à l'étendue, et néan- commence doit finir, se fondent sur moins les arbres et les animaux sont Ja rïso.n q« une durée infinie con-' mortels. Il fallait donc dire: Je sais tiendrait autant de mois et d années que Vdme ne peut subsister sans la ?ue de momcns « suppose que cela pensée; Vidée distincte que j'ai de la l*u7 .s1emblc .une 6rande absurdité. substance spirituelle et indivisible Mais d devrait savoir que les athées m'apprend que si on la dépouillait de enseignent que la durée de la matière la pensée , elle n'existerait plus. na Point eu de commencement , et 111. Platon et Épicure sont allégués n aura jamais de fin. Ils ne regardent mal à propos : cette allégation ?up- d°nc pas comme une bonne raison pose que M. Jurieu est moins ortho- d? reJeter une doctrine , la nécessite doxe que Platon, et qu'il préfère la ?u eUe engage d admettre un nombre doctrine d'Épicure à celle des autres ™nj dc m.omen8' et «n «ombre inanciens philosophes. Tout cela est de mois > et d annëes > et de g,c" faux. 11 admet l'immortalité de l'âme; cle,8 > e*f* .
mais il n'en a point une idée claire , <G> Q"™!*? l on Putss° se setv,r
une perception distincte, c'est à- utilement de l opinion que Pompov&ce
dire, selon son sens, une idée aussi ? combattue , et quoiquon doive
louer.... les philosophes qui s atta-
(58) La mfm* , pag. 468. chent à fortifier les raisons humaine*
POMPONACE. 239
(h T immortalité âe tdme. ] Ce que » sion où ils sont , qu'il y a de la j'ai à dire ici ne saurait être exprimé » faiblesse d'esprit à croire que notre ni plus clairement , ni plus noble- » âme survit à notre corps. Or n'araent que par les paroles d'un the'o- » t-on pas sujet de croire que Dieu logien sectateur de M. Descartes. » qui se sert de ses créatures comme C'est pourquoi je n'emploie point » il lui plaît, et qui cache sous des d'autre commentaire. <c (5g) On dit » moyens humains les ordres admi- » qu'on à découvert a lyaples des » rables de sa providence , a eu pour >» gens que la lecture des ouvrages » but la guérison de ces malades, en >» de M. Gassendi a jetés dans Ter- » les forçant d'entrer dans de justes » reur d'Epicure sur la mortalité de » défiances de leurs fausses lumières , » l'Ame. Il faut avouer que le livre » lorsqu'il leur a suscité un homme » des Instances de ce philosophe, con- » qui a eu tant de qualités naturelles » tre les Méditations métaphysiques » si propres à les toucher : une péné- » de M. Descartes, est très-capable » tration d'esprit tout-à-fait extraor- » d'inspirer cette erreur pernicieuse » dinaire dans les sciences les plus » à des jeunes gens qui ne seraient » abstraites ; une application à la » pas fermes dans la toi; parce qu'il » seule philosophie, ce qui ne leur » y a employé tout ce qu'il avait » est point suspect ; une profession » d'esprit a montrer qu'en s'arrêtant » ouverte de se dépouiller de tous les » à la raison , il n'y a point de preu- » préjugés communs , ce qui est fort >» ves solides qui nous empêchent de » à leur goût; et qui par cela même » croire que notre âme n'est distin- » a trouvé moyen de convaincre les » guée de notre corps que comme » plus incrédules , pourvu qu'ils » un corps subtil 1 est d'un corps » veuillent seulement ouvrir les » grossier. Je sais au contraire qu il » yeux à la lumière qu'on leur pré- » y a des personnes de piété qui » sente, qu'il n'v a rien de plus con- » croient regarder ce que M. Des- » traire à la raison que de vouloir » cartes a écrit sur ce sujet comme » que la dissolution de notre corps » un effet de la providence de Dieu, » soit l'extinction de notre âme. Et » qui a voulu arrêter la pente que » comment l'a-t-il montré? En éta- » beaucoup de personnes de ces der- » blissant par des principes clairs, et » niers temps semblent avoir à l'ir- » uniquement fondés sur des notions » religion et au libertinage, par un » naturelles dont tout homme de bon » moyen proportionné à leurbusposi- » sens doit convenir , que l'âme et le » tion. Ce sont des gens qui ne veu- » corps , c'est-à-dire ce qui pense » lent recevoir que ce qui se peut >* et ce qui est étendu , sont deux » connaître par la lumière de la rai- » subtances totalement distinctes ; de » son ; qui ont un extrême éloigne- » sorte qu'il n'est pas possible, ni que » ment de commencer par croire ; à » l'étendue soit une modification de » qui presque tous ceux qui font » la substance qui pense , ni que la » profession de piété sont suspects de » pensée en soit une de la substance » faiblesse d'esprit; et qui se fermeut » étendue. Cela seul étant bien prou- » toute entrée à la religion par cette » vé (comme il l'est très-bien dans » prévention , qui dans la plupart est » les Méditations de M. Descartes ), il » est une suite de la corruption de » n'y a point de libertin, pour peu "leurs mœurs, que tout ce qu'on » qu'il ait l'esprit juste, qui puisse dc- » dit d'une autre vie n'est que fable , » meurerpersuade que nos âmes meu- » et que tout meurt en nous avec le » rentavec nos corps. Car, etc. (60). » » corps. Il semble donc que ce qu'il Nous voyez dans ce long passage de » y avait de plus capable de lever le M. Arnauld en quoi l'hypothèse que » plus grand obstacle au salut de tous Pomponace a combattue peut être » ces gens-là, et empêcher que cette utile par rapport à la religion, c'est » contagion ne se répandît, était de qu'on peut la faire servir contre » les troubler dans leur faux repos , certains libertins qui veulent voir » qui n'est appuyé que sur la persua- avant que de croire , et qui méprisent
(5g) Difficultés proposées à M. Stéyaeit, IXe, (60) M. Arnauld ajoute ici une couru et tri-tparut pag. 81 et sulv. bonne explication de ce qu'il voulait prouver.