‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 59 sur 142 · TOME XII · texte numérisé non relu

TOME XII

qu'il ait été depuis son mari ; cepen" dant on n'en sait pas bien la vérité.." (8). Molière épousa la petite Béjard quelque temps après avoir établi sa troupe à Paris $ U fit quelques pièces de théâtre , et entre autres la princesse d'Élkle, où sa femme, qui joua la princesse , (9) parut avec tant d'éclat , qu'il eut tout lieu de se repentir de l'avoir exposée au milieu de cette jeunesse de la cour. Car a peine fut-elle a Chambord , où le roi donnait ce divertissement , qu'elle devint folle du comte de Guiche , et que le comte de Lauzun devint fou d'elle.

On fit apercevoir (10) a Molière que le grand soin qu'il avait de plaire au public lui ôtait celui d'examiner la conduite de sa femme ; et que pendant qu'il travaillait pour divertir tout le monde , tout le monde cherchait à divertir sa femme. La jalousie réveilla dans son âme la tendresse que l'étude avait assoupie; il courut aussitôt faire de grandes plain-

Suivant l'extrait mortuaire du a décembre 1700, la veuve Molière , devenue femme Guérin , est morte à cinquante-cinq ans : elle était donc née en 1645 ; elle avait donc dix-sept ans lorsque Molière l'épousa , en 1663. M. de Fortia trouve étonnant «pic madame Molière fût plus jeune de sept ans que Françoise , sa nièce, née en iG38, de Raymond de Modène. Cela, sans être trèscommun, n'a rien d'extraordinaire.

Dans cet acte mortuaire la veuve Molière est appelée Arinande-Gresinde-Claire-Elisabcth Béjard. Elle a ces quatre prénoms dans un registre des comédiens , tenu par Lagrange , pour iGba , et dans la liste des comédiens français , pour l'année 1G80. Elle n'est appelée qu' A nnande-Claire- Élisabeth Béjard dans l'acte de naissance de son troisième enfant, en iG^a ; les noms d' Armande Gresinde portés en son acte de mariage sont auss. les seuls qui le soient dans -les actes de baptême1 de ses deux enfans, en 1664 et iGG5. Enfin le prénom de Gresinde est le seul qu'elle ait pris dans son acte de mariage avec Guérin , en 1G7 - .

De tout cela il résulte clairement que les registres des baptêmes, mariages, enterremens, tenus

Sar les prêtres , et qui étaient alors 1rs registres e l'état civil , étaient très-mal tenus. Croirait-on rjue l'acte de baptême du centenaire Fontenellc avait été oublié, et ne se trouve que par erratum ou renvoi à la fin du registre. On conçoit que tout entier à l'acte spirituel , religieux , le prêtre porte peu d'attention à l'acte civil ; mais comme cette négligence peut avoir ici-bas des suites trèsgraves , ce n'est donc pas sans raison «pic, depuis la révolution, on a , en France , confié les actes civils» des magistrats civils. Il est bon de ne pas confondre ce qui est distinct. Or le sacrement ne fait pas plus le mariage que le sacre M fait la légitimité.

(8) Histoire de la Guérin, auparavant femme et veuve de Molière, pag. 12.

Lit même, pag. i3.

(to) L'a mente , pflg. «G.

a58 POQUELIN.

tes h sa femme , en lui reprochant » sa bonté fit un effet tont contraire ; les grands soins avec lesquels il l'a- » et la peur qu'elle eut de ne pas vait élevée; Ui passion qu'il avait » retrouver une si belle occasion de étouffée; ses manières a agir, qui » s'en séparer, lui lit prendre un avaient été plutôt d'un amant que » ton fort haut, lui disant qu'elle d'un mari ; et que pour récompense » voyait bien par oui ces faussetés de tant de bontés elle le rendait » lui étaient inspirées ; qu'elle était la risée de toute la cour, La Molière » rebutée de se voir tous les jours en pleurant lui Jît une espèce de » accusée d'une chose dont elle était confidence des sentimens au elle avait » innocente ; qu'il n'avait qu'à preneus pour le comtede Guiche, dont elle » dre des mesures pour une séparalui jura que tout le crime avait été » tion , et qu'elle ne pouvait plus dans l'intention , et qu'il fallait par- » souffrir un homme qui avait toudonner le premier égarement d'une » jours conservé des liaisons partieujeune personne à quiïe manque d'ex- » liéres avec la de Brie (i3) , qui depérience. fait faire d'ordinaire ces sor- » meurait dans leur maison , et qui tes de démarches ; mais que les bon' » n'en était point sortie depuis leur tés quelle reconnaissait qu'il avait » mariage. Les «soins que ion prit pour elle l'empéclieraient de retomber » pour apaiser Ma Molière furent dans de pareilles faiblesses. Molière, » inutiles : elle conçut dès ce mopersuadé de sa vertu par ses larmes, » ment une aversion terrible pour lui fit mille excuses de son emporte- » son mari ; et lorsqu'il se voulait ment , et lui remontra avec douceur » servir des privilèges qui lui étaient que ce n'était pas assez pour la ré pu- u dus par le mariage , elle le traitation que la pureté de la conscien- i» tait avec le dernier mépris. En (in ce nous justifiât , qu'il fallait encore » elle porta les choses à une telle que les apparences ne fussent pas » extrémité, que Molière , qui coracontre nous ; surtout dans Un siècle » men c'ait à s'apercevoir de ses méou l'on trouvait les esprits disposés à » chantes inclinations , consentit à croire mal, et fort éloignés de juger » la rupture qu'elle demandait indes choses avec indulgence (n). Elle » cessamment depuis leur querelle ; recommença bientôt sa vie avec plus » si bien que sans arrêt du parlc-

a*1 éclat que jamais (la). « Mo- » ment, ils demeurèrent d'accord

» lière averti, par des gens mal in- >► qu'ils n'auraient plus d'habitude » tentionnés pour son repos,. de la » ensemble. Cependant ce ne fut pas » conduite de son épouse , renouve- » sans se faire une fort grande vio- » la ses plaintes avec plus de violen- » lence que Molière résolut de vivre » ce qu'il n'avait encore fait; il la « avec elle dans cette indifférence; » menaça même de la faire enfer- » et si la raison lui faisait regar- » mer. La Molière , outragée de ces » der sa femme comme une person- » reproches, pleura, s'évanouit, et » ne que sa conduite rendait indi- » obligea son mari, qui avait u,n » gne des caresses d'un honnête » grand faible pour elle, à se repen- » homme , sa tendresse lui faisait » tir de l'avoir mise en cet état. Il » envisager la peine qu'il aurait de » s'empressa fort à la faire revenir, » la voir sans se servir des privilèges » en la conjurant de considérer que » que donne le mariage. Il y rêvait » l'amour seul àvait causé son em- » un jour dans son jardin d'Àuteuil , » portement , et qu'elle pouvait ju- i> quand un de ses amis, nommé Cha- » ger du pouvoir qu'elle avait sur » pelle , qui s'y venait promener par » son esprit, puisque, malgré tous les » hasard , l'aborda et le trouva plus » sujets qu'il avait de se plaindre >» inquiet que de coutume : il lui en » d'elle, il était prêt de lui pardon- » demanda plusieurs fois le sujet. » ner, pourvu qu'elle eût une con- » Molière, quieut quelque honte de se j» dùite plus réservée. Un époux si » sentir si peu de constance pour un » extraordinaire aurait pu lui don-

» ner des remords, et la rendre sage : (>3) c était «m comédie** de la troupe que

Molière trouva établie** Ljrou la première fois ,:„.',,-,. . qu'il jr joua. Il devint amoureux de cette fewne,

(i i) Histoire de la Gucnn , pag. 18. et en fut aimé, et l'attira c

{li) Là même t pag. 19. toir« de U Guèrin , pag. 8

POQUELIN. a5j

• malheur si fort À la mode , resta- » pour tous faire comprendre corn-

» ta autant qu'il put j mais comme » bien on est peu maître de soi ,

» il était alors dans une de ces pléni- » quand elle a une fois pris sur

» tudes de cœur si connues par les » nous l'ascendant que le tempéra-

» gens qui ont aimé , il céda a l'en- » ment lui donne d ordinaire. Pour

» l'accablement où il se trouvait. » les jours au public, je demeure -

» Chapelle, qui le croyait être au- » rai d'accord que je me suis étudié

» dessus de ces sortes de choses , se » autant que j'ai pu à connaître leur

» railla de ce qai'un homme comme » faible ; mais si ma science m'a ap-

» lui , qui savait si bien peindre le » pris qu'on pouvait fuir le péril ,

» faible des autres hommes, tom- » mon expérience ne m'a que trop

» bait dans celui qu'il blâmait tous » fait voir qu'il était impossi-

»» les jours, et lui lit voir que le » ble de l'éviter; j'en juge tous 1rs

» plus ridicule de tous était d aimer » jours par moi-même. » Il fait en-

» une personne qui ne répond pas à suite l'histoire de son mariage : et

» la tendresse que Ton a pour elle, après quelques réflexions il ajoute

» Pour moi , lui dit-il , je vous avoue (i^) : Je me suis donc déterminé à vi-

» que çi j'étais assez malheureux pour vre avec elle comme si elle n'était

9 me trouver en pareil état, et que pas ma femme. Mais si vous saviez ce

«• je fusse fortement persuadé que la que je souffre , vous auriez pitié de

» personne que j'aimerais accordât moi : ma passion est venue à un tel

» des faveurs à d'autres , j'aurais point, quelle va jusqu'à entrer avec

» tant de mépris pour elle qu'il me compassion dans ses intérêts ; et

» guérirait infailliblement de ma quand je considère combien il m'est

» passion : encore avez-vous une sa- impossible de vaincre ce que je sens

» tisfaction que vous n'auriez pas si poutrelle , je me dis en même-temps

m outragé , vous peut payer tous les position à la plaindre qu'à la blâmer,

» chagrins que vous cause votre V ous me direz sans doute qu'il faut

» épouse , puisque vous n'avez qu'à être poète pour aimer de celte maniè-

» la faire enfermer : ce sera même re ; mais pour moi je crois qu'il n'y a

» un moyen assuré de vous mettre qu'une sorte d'amour, et que les gens

» l'esprit en repos. Molière , qui qui n'ont point senti de semblables

» avait écouté son ami avec assez de délicatesses , n'ont jamais aimé vérï-

tranquillïté , l'interrompit pour tablement... ( i5). N'admirez-vous

lui demander s'il n'avait jamais pas que tout ce que j'ai de raison ne

été amoureux : oui , lui répondit serve qu'à me faire connaître ma

» Chapelle , je l'ai été comme un faiblesse sans en pouvoir triompher ?

» homme de bons sens doit l'être , Je vous avoue à mon tour, lui dit son

» de faire , et je rougis pour vous dant à vous faire des efforts.

» de tous trouver si incertain. Je Voilà quel était le sort de ce bel

» vois bien que vous n'avez encore esprit. Au milieu des acclamations de

» rien aimé, lui répondit Molièiè , toute la cour , brillant de gloire,

» et vous avez pris la figure de l'a- l'admiration de toute la France et des

» mour pour l'amour même. Je ne pays étrangers, il était rongé de mille

» vous rapporterai point une infini- chagrins domestiques. Son mariage lui

» té d'exemples qui vous feraient ôtait et l'honneur et le repos : ilnV

» connaître la puissance de cette vait pas même la consolation de haïr

>» passion ; je vous ferai seulement Histoire de la Guério, PH. 18.

» un récit fidèle de mon embarras , (i5) Là jug. 20.

POQLELîN

tissez tant le public , divertissez-vous large par de fréquentes répétitions,

vous-même. Vous jouez tout le mon- On ne peut contester légitimement

de ; vous donnez de si bons conseils aux bons auteurs le droit de forger de

aux pauvres cocus ; profitez tout le nouveaux mots , puisque sans cela les

premier de vos railleries. Il a peut- langues seraient toujours pauvres,

frir tant d'inquiétudes, veaux termes les matières du théâtre,

(D) Il se donnait trop de liberté où il avait acquis une si grande répu-

d'inventer de nouveaux termes et de tation : mais ce que Ton peutpréten-

nouvelles expressions."] Prenez bien dre, c'est qu'il abusait de son droit ;

garde qu'on ne blâme ici que l'excès car il faut se souvenir que ces sortes

de sa liberté'; car au fond, l'on ne de matières ne font point sentir à

nie pas qu'il ne s'en servît bien sou- ceux qui les traitent la pauvreté d'une

vent d'une manière très-heureuse , langue , autant que ta sentent les

et qui a été utile à notre langue. Il a écrivains des matières dogmatiques,

fait faire fortune à quelque phrases II faut avouer, dit M. Arnauld (10) ,

et à quelques mots qui ont beaucoup qu'on ressent plus le manquement

d'agrémens ; et si quelque grammai- qu'a notre langue de certains mots ,

rien en jugeait d'une façon toute con- quand on traite des matières de scien-

traire , il mériterait d'être traité ce , que quand on parle ou qu'on écrit

comme celui qui censura le poète Fu- des choses communes de la vie civile.

est

qui n'avaient rien de rude pour

oreilles délicates. Lisez ces paroles phisnte , philosophistes , advertance.

d'Aulu-Gelle. Non herclè idem sentio il est sûr qu'un poète comique n'est

cum Cresellio f indice grammatico , pas aussi excusable que les philoso-

ut mea opinio est, haudquaquam plies qui forgent des mots. Une né-

inerudito. Keritm hoc tamen petulan- cessité indispensabley contraint ceux-

ter inscitèque ; quod Furium veterem ci. Lisez cette plainte de Lucrèce :

poëtam dedecordsse linguam latinam Nec me animi faUU Graïorutn ^cttra ^

scnpsit nujuscemoai vocum Tictiom- perta

bus,quœ mihiquidemnequè abhorrere P$c}le latinis ver'sibus esse.

à poeticâ facultale visas sunt , ne que < ****** ™™ verbi' rnuenim à»n sit

dictu profaluque ipso tœtrœ aul in- PrXfptgr eg"esù!tem Unguœ, et suaves esse ; sicuti sunt quœdam alia tem (ai) ;

ah illustribus poetis ficta duré et ran- • • ,

cidè. Quœ refrehenilit aulem Cœsel- Nunc et J™**™ scnUe,nur

liltS Furiana , hœc sunt ; quod terram Quant Grœci\nemorant , nec nostrd dicere

in lutum pmam'lutescerc dixerit , et , ' H"gud

tenebras in IlOctis modum fadas nOC- ^^itnoBis patru sennonis egestas («).

tescere, etc. (17) Au reste , il n'y a Ce n'était pas à cause des lois delà

point de meilleure forge de nouveaux quantité qu'il se trouvait dans la di-

mots que la comédie ; car si elle pro- (i8) ywAm u^x ^ > ^ jy ^ ^

(16) Prœtulerim scriptor delirus inersque vi- 7' f^*'"'. D

* ' (}eri 7 (19) Théophile Rayoaud , de mahs ac bonis

Piun mea délectent fruda me vel druiquè fal- Lib™ > nwn- 4»7, P «• *48 , en cite un grand

lant nombre.

Çuàm sapere . et ringi (ao) Arnaud, préface de la V*. dénonciatioa

Horat. , lib. II, epist. II , vs. ia5. <*o P«ché plnlosophiqne.

(i;) Auiu* Gellius, lib. XVIII, cap. XI, p. (»0 Lucretius , lib, I, «s. ii-r

W. 4o4 » 49^. (aa) Idem , ibidem , vs. 83o.

sctte ; car ceux qui se servaient delà musc de Molière. C'est donc s'expli-

prose en philosophant , se plaignaient quer harbarement. Voici l'autre eiem"

tout comme lui de manquer de mots. pie.

Quanta uerborum nobis paupertas , , .

imo eSes,as sit, nun^uhn mag)s ,,ubm ^ZZ^JEZfcEZZT'

hodterno (lie inlellexi. Mille res inci- Fous ne mançueriet pas sans dout* par le bec.

derunt , cùm forte de Platone loque- , , „

rernur, quœ nomina desideraiint , Le 8ens, ?e l auteur est que sa muse

nechaberent: quœdam vero cùm fia- ressemblerait a ses sœurs, qui ont

buissem/fastidionostroperdidissent. beaucouP de babil 5 mai» selon la Quis autem ferat m egcsla* dium (a3) ? Notez en passant

Quis autem ferat in eseslate fasti- grammaire cela «gmùe clairement

, ? Notez en passant la dou- et uniquement qu elle ne manquerait

ble source que Sénèque nous indique Pas de ca<l,,et comme les autres muses

de la pauvreté des langues : Tune est en manquent. Remarquez bien que

»icurs uans ic non-usage, mais notez y . — s — ; 7 , Mw » *«*

aussi que les Romains , loi s même française ; j entends un arrangement

qu'ils ne composaient que des ëpi- qui choque les règles , et que nos bons

grammes , se plaignaient de ne trou- grammairiens regardent comme bar

ver pas les mots qu'il leur eût fallu b*™'

(^4) , et concluez que notre Molière a ?n volt «ans le même poëmc mar-

pu sentir les mêmes besoins , et qu'à î"" repoussable ; terme barbare. On

cause de cela il a dû avoir son recours J vo^ prévenant amas ; autre terme

à l'invention . Notez enfin que la nais- barbare : car le mot prévenant n'est

sauce d'un mot est pour l'ordinaire en usaSe qu'ai1 figure , et ne signifie

la mort d'un autre (i5). Cela est vrai Pas un llomme qui a devant

principalement en f rance , et ainsi d'autres.

Tonne peut pas espérer que notre (F) Quelques-uns prétendent... qu'il

langue cesse jamais d'être uisetteuse. profita beaucoup des comédies que les

(E) Il lui échappait... îles barbnris- a™?n[J°Ut$Jl Paris'\ [f

a mise à la tête de ses œuvres dans nereeque j'avance; car j'ai seulement quelques éditions. C'est un remercî- à prouver qu'il y a dessus qui assu-

ouvra«es. Considérez bien ces quatre discours que 1 on prête a Arlequin,

vers : il s'adresse à sa muse. " Sl les comédiens italiens n'eussent

. »» jamais paru en France, peut être

^IT^Z^u^^Uur » <I»e »î ««?* H»

Les surprenans bienfaits, que sans Us mériter w Ce qu il a Cte. Je Sais qu il Connais-

Sa libérale main sur vous daigne répandre. >» sait parfaitement les anciens COmi-

Cela veut dire , selon le sens de l'an- * <lueAV mais enfin. }l a V™ à notl e

tcur, que sa muse avait reçu de * l[i^tre ses premières idées : vous

grands bienfaits, encore qu'elle ne » »veï que son Cocu Imaginaire est

les méritât point: mais selon la gram- * ? A/nri«odesltahens:Scaramouche

maire , cela signifie qu'encore que le * »n*erroimiu dans ses Amours a pro-

roi oe méritât point ces bienfaits , il » dult «es fâcheux ; ses Contre-temps

ne laissait pas le les répandre sur la » 5? so.nt.^u Arlequin Valet etour-

1 » di ; ainsi de la plupart de ses pie

(î3) Senec», epistol. LVHi , init. , p. m. tGG. » ces : etjdans'ces derniers temps, son

lù\ïfoye'' Pline ,e ieune • cpisl' XVUI * M Tartufe n'est-il pas noire Rerna-

,'.çV ' ......... , . . » fiasse. A la vérité il a excellé dans

»"«>. m uies si pleines de sens , qu on dc-

U6) Cestrà-dirc votre compliment. a vrait les lire comme des instryc-

» tions aux jeunes gens, pour leur

» faire connaître le monde tel qu'il * f momsami dupeuple en ses docte, pinte-

» est. Cependant ces excellons Oligi- Il n'eût point fait souvent grimacer set figures,

» naux italiens ne nous produisent Quitte' pour lè bouffon, l'agréable et U fin t

« tl + . Et sans honte a Térence allié Tabarin.

Pli" rien . - 1>m*<* sac ridicule ou Scapin f) s'e

(G) M. Despréaux lui reprocha... pem, d'avoir eu trop de complaisance pour reconnais plus l'auteur du

le partent ; censure raisonnable a Pe "°>'

certains égards , injuste à tout pren- C'est blâmer Molière de ce qu'il a tra-

dre.~\ Molière e'tait mort quand M. vaille non-seulement pour les esprits

Despréaux le loua dans l'une de ses fins et de bon goût , mais aussi pour

épîtres (a8; autant ou plus que dans les gens grossiers. Il a eu ses raisons ,

la satire qu'il lui avait adressée (29). et il eût pu dire ce que l'on suppose

Molière , il y aurait mis la censure » sans savoir pourquoi. Nous jouons que l'on verra ci-dessous. Elle e'tait » souvent devant ces sortes de gens , pour ainsi dire essentielle à son sujet: » et il faut leur donner des plaisanteelle contient une observation trés-lé- » ries de leur portée , faute de quoi gitime , et qui devrait être une règle » on trouverait souvent une grande inviolable , si l'on ne faisait des co- » solitude dans notre théâtre. Je suis me'dies que pour les faire imprimer $ » fâché., lui dis-je, que vous ayez maiscomme cllessont principalement j» presque quitté vos anciennes pièdestinées à paraître sur le théâtre en » ces elles étaient du goût de toutes présence de toutes sortes de gens , il m les personnes de bon sens , on y n'est point juste «^exiger qu'elles » trouvait plusieurs choses utiles pour soient bâties selon le go^ût de M. Des- » les mecurs , et votre théâtre était préaux. Voici ses paroles : » un lieu où j'ose direqu'eny voyant

Étudies la cour, et connaisse» la ville; » le ridicule du viçe , OU Se Sentait

L'une et l'autre est toujours en modèles fertile. » porte, même par la Seule raiSOn , a

C'est par-la que Molière illustrant ses écrits » prendre le parti de la vertu. Si . ,w. ,. . . . .. . » nous ne représentions que nos an -

(97) Livre sans nom , divise en cinq dialogues, ^ ; imprimé h Paris et en Hollande, l'an ititf , à » Cannes pièces , me dlt-ll , notre

la page 6 de l'édition de Holtande. , » hôtel serait peu fréquenté: et je

* Le Livre sans nom est de Cotolendi. Molière, » VOUS réponds ce que Cintnio réreste euit loin de dissimuler les emprunt. a pon(]it autrefois à Saint-Évremont,

i il faisait aux étrangers. « Il n'avait pas fait x .. • 1 e • -i

- scrupule , dit Voltaire, d'insérer dans sa corné— Jue 1 on Verrait mourir de faim de

• die des Fourberies de Scapin deux scènes en- » bons COmédieOS avec tic S COmédieS

• tières du Pédant joué, mauvaise pièce de Oy- ... ,

• rano de Bergerac. On prétend que quand ou ( ) Comédie de Molière. ■ -. i .... j * r.« ,1 ., n-»:i j

au

qu

cepen*:

pris que le fond de* scènes de Bergerac. Sur les Flcbat et abductas Tityrus seger oves, •

imitations faites par Molière on peut consulter les parer nue Tityre est le principal personnage de

III et IV de la seconde édition de V Art de /a fre. éclogue de Virgile, intitulée Titrre , la Comédie , par flaillia va , et les t tudes sur Mo- quoiqu'il soit vrai à la lettre que le vert de Mar-

lière, par le même auteur, ouvrages au reste tial ne puisse convenir qu'à Mélibée, et non à 2V-

que, quant a tout ce qui concerne Molière, a tjrre. Ce tour de Martial et de Despréaux me

rendus inutiles l'édition des Œuvres de M olière , paraît beaucoup plus vif que celui qu'on voudrait

avec un commentaire par M. Auger. y substituer.

(a8) C'est la VII*. (3o) Despréaux, Art poétique , chant HT, vs%

( »9) Cest la IIe. 3yi et suiv.

P0QUEL1N. a63

» excellentes (3 1). » Souvenons-nous monosyllabes les matières les plus que les frais des comédiens sont e'tendues. Qu'ils fassent la réflexion grands, et que l'usage de la comédie que faisait Socrate à la vue d'une foi» est de divertir le peuple , aussi bien re (34); on le veut bien : mais la foire que le sénat (3a). Il faut donc qu'elle sera pourtant ce qu'elle doit être, soit proportionnée au goût du public , (H) Son pencf tant... pour la comédie c'est-â-dire qu'elle soit capable d'at- se trouve avec de nouvelles circon-

tiier beaucoup de monde j car sans stances dans M. Perrault. ] Mo-

cela , ne fût-elle qu'un élixir de pen- lière est l'un des hommes illustres sées rares, ingénieuses , fines au sou- dont M. Bégon (35) a fait graver les verain point , elle ruinerait les ac- portraits , et dont il a procuré au pute urs , et ne servirait de rien au peu- blic l'éloge historique. M. Perrault, pie. qui a écrit ces éloges , assure que Mo-

Ce ne sont pas seulement les criti- lière naquit avec une telle inclination ques de Molière qu'on peut repousser pour la comédie , qu'il ne fut pas pospar de telles réflexions : il y a beau- sible de l'empêcher de se foire cornécoup d'autres livres que l'on censure , dien. A peine eut-il aclievéses éludes, parce qu'on ne songe pas aux divers on il réussit parfaitement bien , qu'il usages à quoi ils sont destinés , et se joignit avec plusieurs jeunes gens parce que l'on y trouve cent choses de son âge et de son goût , et prit la que l'on voudrait que l'auteur eût résolution de former une troupe de retranchées. J'ai bien à faire de cela, comédiens pour aller dans les provindit l'un; que m'importe, dit l'autre, ces jouer la comédie. Son père... le qu'un tel ait été mal marié ; à quoi fit solliciter par tout ce qu'il avait bon tant de citations , tant de pensées d'amis de quitter cette pensée, et gaillardes , tant de réflexions philo- n'ayant pu rien gagner par leurs reftophiques , etc. Cest le langage per- montrantes, ni par les promesses petuel de ceux cjui critiquent ce Die- qu'ils lui firent de sa part t> il lui entionnaire : mais ils me permettront voya le maître chez oui il l'avait mis de leur dire qu'ils ont négligé de se en pension pendant les premières anpourvoir de la chose qui leur était la nées de ses études... ; mais bien loin plus nécessaire pour bien juger de Que le maître lui persuadât de quitter cet ouvrage. Ils n'ont point connu ta profession de comédien , le jeune qu'il doit servira toutes sortes de Molière lui persuada d'embrasser la

ipprendre

uTrc qui icur cui piu a la vcruc , ce que aevuu après ia moit. de Moliè-

mais qui eût déplu a cent autres , et re ta troupe de comédiens dont il avait

qu'on eût laissé pourir dans les ma- été le chef. } Voici ce que j'ai trouvé

gasins du libraire ? La pauvre cb >se sur ce sujet dans un ouvrage de M.

pour lui, que deux gros volumes qui Chappuzeau. Cette troupe, avant que

ne contiendraient que ce qui peut d'être établie au Palais-Royal, avait

plaire à ceux qui se piquent d'un air fait connaître son mérite à Paris sur

grave et d'un goût exquis, et qui les fossés de Pïesle , et au quartier de

voudraient qu'on leur expliquât par Saint-Paul , à Lyon , et en Languedoc.

Elle avait passé avec raison pour \n

[ii) LiTte san» nom , pag. 4 et 5. piU8 forfe de la campagne. Les deux

(3.) Pesé* bien ces paroles de Te'rence , au ^res B(!jar et du J>arc étajent du

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