POR
et La Grange , très - bon comédien se joignirent avec eux. Klle occupa quelque temps la salle du petit Bourbon , en s'accommodant avec les comédiens italiens que Ton y avait déjà établis. Ensuite le théâtre du Palais- Royal lui fut ouvert, et elle y représenta jusqu'au commencement du carême 1673. Molière étant mort en ce temps-là , il y eut quatre comédiens de sa troupe qui prirent parti dans celle de l'hôtel de Bourgogne , et comme ceux qui restaient ne furent pas en état de continuer , il plut au roi de réduire en un seul corps la troupe du Marais (5n) et la troupe du Palais-Royal. M. Colbcrt fut chargé de faire choix des plus habiles acteurs qui restaient dans la troupe du Palais-Royal , et des plus habiles de celle du Marais , et d en former une belle troupe sous le nom delà troupe du roi. Elle fut établie dans l'hôtel du roi à la rue Mazarine (38), et commença à se montrer en public le dimanche 9 de juillet 1673 : le théâtre du Palais-Royal et celui du Marais furent interdits aux comédiens. Notez que Molière , qui fut le premier orateur de la troupe du Palais-Royal, résigna cette charge six ans avant sa mort au sieur de La Grange (3q).
(37) Elle fut établie l'an t6ao, sous le titre Je la troupe du roi.
(38) Dite autrement des fossés de Nesle,
(39) Tiré d'un livre intitulé: Le TbéâUe français. M. Chappuzeau en est l'auteur.
PORCIE , fille de Caton dytique, eut l'âme si bien tourne'e, qu'elle évita la contagion des mauvais exemples de sa mère et de ses tantes (A) , et qu'elle n'imita que les vertus de son père.
Elle s'appliqua beaucoup à l'étude de la philosophie, et donna de fortes preuves d'un grand courage; car ayant conjecturé que son mari Brutus se préparait à une haute entreprise , elle se donna un coup de couteau afin d'avoir lieu de faire voir, par sa fermeté à soutenir la douleur , qu'elle était capable de se taire, et digne par conséquent que son
époux lui communiquât son secret (B) : il le fit, et par-là elle connut qu'on se préparait à tuer César. Mais si alors elle s'était élévée bien au-dessus de son sexe , elle se trouva au niveau des au— très femmes le jour de l'exécution. Ses inquiétudes furent si vives, et l'agitèrent si étrangement , qu'elle tomba dans des défaillances qui la firent passer pour morte (C). Nous ne savons point ce qu'elle fit , ni ce qu'elle dit après avoir su le succès de l'entreprise , et pendant la guerre que son mari eut à soutenir contre les amis de César ; mais nous savons que , l'ayant accompagné avec de grands témoignages de constance jusques au bord de la mer, elle ne put retenir ses larmes à la vue d'un certain tableau
(D) , et qu'elle se fit mourir avec beaucoup de courage quand elle eut appris que Brutus s'était tué
(E) . Notez que quand elle l'épousa elle était veuve de Bibulus dont elle avait eu des enfans (a).
Si le président du Vair avait su cela , il ne lui eût point attribué une réponse qu'il lui a donnée
(F) , et qui appartient apparemment à une Porcie qui était sœur de Caton d'U tique , et femme d'un Domitius .fenobarbus (b) , et qui avait sans doute de trèsbelles qualités , puisque Cicéron (c), Lollius et varron, écrivirent son éloge. Elle mourut avant que l'on eût tué César.
(a) Voyez la remarque (D) , à la fin.
{b) Plut., in Calone Utic, paç~ 778 , F. (c) Voyez Gicéron, Epist. ad Aiticum XXXV II et XLVI1I, libn XIU.
(A) Klle évita la contagion des mauvais exemples de sa mère et île ses tantes.] Les relations de Caton
d'Utiqueau beap sexe furent malheu- et réussit dans son dessein (7). m De
reuses : son étoile eut en cela quel* 1» quoy Caton fut si fort indigné et
que chose de fort malin et de fort » courroucé, qu'il fut entre-deux de
bourru. Il avait deux sœurs utérines » l'en poursuivre par justice : mais
nommées Servilia : Tune fut mère de » ses amis l'en destournerent. A cestc
firutus , et se laissa débaucher à Jules » cause pour contenter un peu sa
César (1). Toute la ville en causait (1). » colère et l'ardeur de sa jeunesse,
L'autre fut mariée à Lucullus, et s'a- » il se mit à escrire des vers iambi-
bandonna de telle sorte à Pim pureté, » ques à Pencontre de Scipion , es-
queson mari la chassa. Elle se retira » quels il luy dict toutes les injures
chez son frère ainsi perdue de répu- » qu'il peust, usant bien de Paspreté
tation : il eut la bonté de la recevoir , » et amertume qui est és vers d7 A r-
et de la traîner avec lui dans ses » chilochus : mais non pas des im-
voyages. Il ne lui était pas glorieux » pudiques, sales, ny aussi puériles d'avoir chez lui un tel objet d'infa- » reproches qui y sont. Depuis il esmie, ni commode de prendre garde » pousa Attilia, fille de Soranus , et qu'elle ne continuât son mauvais 3» lut celle qu'il cognut la première , train. Elle diminua beaucoup le mau- » mais non pas seule , comme avoit vais bruit qu'elle avoit auparavant, » fait Laelius Pami de Scipion qui fut , quand on vid quelle s1 es toit volon- » plus heureux en cela , d'autant lairement sousmise a la garde et a » qu'ayant vescu longuement , jal'estroicte façon de vivre de Caton , » mais il ne cognut autre femme Raccompagnant en sa fuitte : toute- » que celle qu'il espousa premierefois pour cela César ne laissa pas de » ment (8). » La dernière partie de luy reprocher encore cette sienne sœur ce passage est superflue , eu égard au (3). Attilia, femme de Caton, futsiim- texte que j'avais à commenter; mais pudique, qu'il fallut que son mari se elle contient un fait si notable, que séparât d'elle, après en avoir eu deux j'ai cru qu'on me saurait gré de ne enfans (4). Il prit en secondes noces l'avoir pas omis. Où sont aujourd'hui une femme qu'il céda depuis à Hor- les gens de la qualité de Laelius , et fensius par forme de prêt; il l'épousa dans une liaison intime avec le généde nouveau quand eue fut veuve, et ral d'une armée ; où sont, dis-je, de héritière d'Hortensius (5). Cela four- telles gens qui, comme lui, pendant nit à César une ample matière de une longue vie , n'aient jamais eu critiquer la vie de Caton (6). Ajoutez commerce avec d'autre femme qu'aque Caton, se voyant à l'âge de se vec la leur? Où sont même les jeunes marier, jeta les yeux sur une fille hommes de la qualité de Caton, qui qui avait été fiancée à Me tell us Sci- entrent vierges dans le lit nuptial ? pion. Elle s'appelait Lépida. Ses fian- Voilà donc des singularités qui paraîçailles furent rompues : ayant donc tront tout-à-fait extrordinaires , et la liberté de se marier , elle répondit qui méritaient qu'on allongeât une a la recherche de Caton, et se fiança citation.
avec lui. Mais ensuite Métellus Sci- (B) File se donna un coup de coupon , s'étant repenti d'avoir rompu teau afin d'avoir lieu défaire voir
son engagement, mit tout en œuvre qu elle était capable de se taire, et di-
pour renouer la partiejavec Lépida , gne que son mari lui communiquât son
#,\ vn 1 • t j v secret.'] Si l'on ne veut rien perdre de
(i) LUe lui (Uiatulonaa ausn sa fille. Vorn r. i i ^ !, . .
tom. ir, Pag. 5oa , citation (i) dt à arùcU Ca«- ce <lu eU.? de grand en cette rennes LoHotsct (C«ïus). contre , il faut lire tout ce narre de
(1) OJt» pih Sv ô irpoT Ketîtrctpa. Htpfa- Plutarque. « Porcia estant sça-
fc'aç tfù$ç ?rfp»/2oi»Tof. Usquè adeb Servilia » vante en la philosophie , aymant
fuit in Cmsarem pervagatus amor. Plutarck. , in >, son mary , et ayant le C03Ur grand ,
. oe » ioinct avec un bon sens et une pru-
\ï)Idem, m Catone minore, pag. «85, version , * . . £ .
rfimyou ï) denec grande , ne voulut point at-
(4) Unjils etnotre Porcie. » tenter d'interroqer son mary de ce
(b) y0jet tom. Fin, pag. aa3 , la remar- » qu'ii avoit sur le cœur, que pre-
aue (N) de VarUcle du premier Horthuio» n , „
(Quintus). (5) Plut. t ibidem , pag. 763.
(6) Tiré dm Plutanjue , in Catone minore, pag* (8) Idem , ibid. Je tnc sers de la version <f A-
77° * 7»4- myot.
» mierement elle n'eust faict une » il reconforta le mieux qu'il peut (o,). » telle espreuve de soy-mesme. Elle Valère maxime (10) fait un récit bien m prit un petit ferrement avec lequel plus court , et suppose d'autres cir- » les barbiers ont accoustumé de ro- constances; car il assure qu'elle sait gner les ongles , et ayant fait sortir vait le dessein de son mari avant » de sa chambre toutes ses femmes et qu'elle se blessât. Il ajoute qu'elle se » servantes , elle se fit une playé bien blessa le jour même que César fut » profonde dedans sa cuisse , telle- assassiné , et qu'elle en usa de la sorte » ment qu'il en sortit incontinent afin d'éprouver si elle aurait le cou- » une grande effusion de sang, et rage de finir ses jours, en cas que l'en- « tantost après pour l'aspre douleur treprise de Brutus fût suivie d'un » de ceste incision, la grosse fièvre la mauvais succès. Observez un peu les » commença à saisir : et voyant que variations des historiens sur les avan- » son raary s'entourraentoitforteten tures les plus me'morables.
» estoit en fort grand esmoy, au plus (C) Ses inquiétudes r agitèrent
» fort de sa douleur elle lu v parla en si étrangement, quelle tomba dans » ceste manière : je ( dit-elle ) Brutus des défaillances qui la firent passer » estant fille de £aton , tay esté don- pour morte."] Plutarque en donnant le » née, non pour estre participante détail de cet accident n'a point d'à 11- » de ton lict et de ta table seulement, tre but que de faire voir 1 intrépidité » comme une concubine , ains pour de Brutus. Voici ses paroles : « Sur » estre aussi personniere et compagne » ces entrefaictes accourut à grande » de toutes tes bonnes et mauvaises » haste l'un des domestiques de Bru- » fortunes. Or quant à toy il n'y a » tus pour luy dire que sa femme se » que plaindre ne reprendre de ton » mouroit , à cause que Porcia pas- » costé en nostre mariage : mais de » sionnée du soucy de l'ad venir, et » ma part quelle démonstration puis- » n'estant pas assez puissante pour » je faire de mon devoir envers toy , «supporter une si grande agonie » et de combien je voudrois faire » d'esprit , à peine se pouvoit conte- » pour l'amour de toy, si je ne scai » nir dedans la maison , ains tressai 1- » supporter constamment avec toy » loit de frayeur à chacun bruit ou » un secret accident, ou un soucy » cry qu'elle entendoit, ne plus ne » qu'il soit besoin de celer fidelle- » moins que font ceux qui sont es- » ment? Je sçay bien que le naturel » pris de la fureur des bacchantes , » d'une femme semble communé- » demandant à tous ceux qui reve- » ment trop débile pour pouvoir seu- » noient de la place que faisoit Bruit rement contenir une parole de se- » tus, et y envoyant continuelle- » cret : mais la bonne nourriture , » ment des messagers les uns sur les » Brutus, et la conversation des gens » autres pour scavoir de nouvelles. » vertueux, ont quelque pouvoir de » A la fin , la chose allant en lon- » reformer un vice de la nature, et » gueur , sa force corporelle ne peut » quant à moy , j'ay cela d'avantage » plus résister , ains se laissa aller et » que je suis fille de Caton , et femme » défaillir tout à coup : tellement » ae Brutus, à quoyneantmoins je no » qu'elle n'eut pas seulement loisir » me liois pas du tout par cy-devant » d'entrer en sa chambre, car il luy » jusques à ce que maintenant j'ay » prit une foiblessc ainsi qu'elle es- » cogneu que la peine mesme et dou- » toit assise emmy la maison, dont m leur ne me sçauroient vaincre. En » elle se pasma incontinent, et per- » disant ces paroles, elle luy monstra » dit la parole entièrement; ce que » sa blessure , et luy conta comment » voyant ses servantes , se prirent à » elle se l'avoit faite pour s'esprouver » crier , et les voysins y accoururent » elle mesme. Brutus fut fort esbahy » à la porte , au moyen de quoy le » quand il eut ouy ces paroles , et le* » bruit fut incontinent respandu par- » vaut les mains au ciel fit prières aux » tout qu'elle estoit tresoassée : tou- » Dieux de luy faire tant de grâce » tes fois elle se revint bien tost de » qu'il peust mener â chef son entre-
» prise, si bien qu'il fut trouvé digne </.i9iP01t,;U^cl,•' m Brul0' w 989 : verston
» d'estr'c mary d'une si noble dame (l ™yVaicrîuS Maximus. lib. lit, cap, II .
» comme Porcia, laquelle pour lors n«m. i5, paS. m. a54.
» ceste pasmoison , et fut couchée et » traittee par ses femmes. Quant a » Brutas , ayant ouy ceste nouvelle , » il en fut bien troublé , comme on » peut estimer; mais toutes fois il » n'en abandonna point le public .
»rn'y ne s'en retira onc en sa maison » pour chose qui y fust avenue (n). » Bientôt après César fut tué.
(D) Ayant accompagné son mari jusques au bord de la nier, elle ne put retenir ses larmes h la vue d'un certain tableau.] Le récit que fait Plutarque contient des choses qui font honneur à Porcie; il est donc juste de le mettre ici. « firuj^uj deses- » perant que les affaires se peussent » bien porter , délibéra de sortir d'I- » talie, et s'en alla à nied par le pays » de Lucanie en la ville d'Elea, qui » est assise sur le bord de la mer , là » où Porcia estant sur le point de se » partir d'avec luy pour s en retour- » rier à Rome , taschoit le plus qu'elle » pouvoit à dissimuler la douleur » qu'elle en portoit en son cœur :
» mais un tableau la descouvrit à la » fin , c|uoy qu'elle se fust aVdqraeu- » rant jusques là ttfusiours constam- » ment et vertueusement portée. Le » subjet de la peinture estoit pris des » narrations grecques, comment An- » dromache accompagnoit sou mary » Hector, ainsi qu'il sortoit de la » ville de Troye , pour aller à la » guerre , et comment Hector luy re- » hailloit son petit enfant : mais elle » avoit les ieux et le regard to,usiours » fichez sur luy. La conformité de » ceste peinture avec sa passion la fit » fondre en larmes, et retournant » plusieurs fois le jour à revoir ceste » peinture , elle se prenoit tousiours » a pleurer. Ce que voyant Acilius, » l'un des amis de Brutus , recita les » vers qu'Andromachc dit à ce pro- » pos en Homère :
• Hector, tu tiens le lieu et de pire et oc m ère
• En mon endroit de mary et de Jrere.
» Adonc Brutus en se souriant. Voire » mais, dit-il , je ne puis de ma part » dire à Porcia ce qu'Hector res- » pondit à Andromache au mesme *> lieu du poè'te,
• line te faut d'autre chose mesler,
• Que d'enseigner tes femmes a filer.
{11) PlnUrch. , in Brato, pag. 990. Version d'kmyot.
» Car il est bien vray que la natu- » relie foiblcsse de son corps ne luy » permet pas de pouvoir faire les » mesmes actes de prouesse que » nous pourrions bien faire, mais » de courage elle se portera aussi » vertueusement en la défense du » pays, comme l'un de nous. Bibu- » lus, le fils de Porcia, l'a ainsi escrit » en son histoire (ia). » Ce Bibulus , né du premier mariage de Porcie, composa un petit livre des faicts et gestes de Brutus (i3). Il était sorti pour le moins un autre enfant de ce mariage 04).
(E) Elle se fit mourir avec beaucoup de courage quand elle eut appris que Mrutus s'était tué.'] Ceux qui n'entendent pas le latin verront ci-dessous, dans le passage de Plutarque , le sens de cette apostrophe de Valére Maxime : Tuos quoque castissimos ignés Porcia, M. Catonis filia, cuncta sœcula débita admiratione prosequuntur : quœ cùm apud Philippos victum et interemptum virum tuum Brutum cognosceres , quiajerrum non-dabalur, ardentes ore carbones haurire non dubitdsti, muliebri spiritu virilem patlis exitum imitata.
Scd nescio an hoc jortiùs, quod ille usitato, tu novo génère mortis absumpta es (i5). Plutarque rapporte le même fait, et allègue Valère Maxime, et un autre auteur; mais il dit aussi qu'il avait couru une lettre sous le nom de Brutus, de laquelle on pouvait apprendre que Porcie se laissa mourir , parce qu'on ne la secourait pas dans sa maladie. « Quant
» à Porcia Nicolaus le phiïoso-
» phe, et Valerius Maximus , recitent » qu'ayant pris en soi resolution de » mourir, ses parens l'en voulurent » engarder, et en eurent soigneuse- » ment l'œil à la garder, et qu'à » ceste cause clic tira du foyer des » charbons tous ardans , et les jetta » dans sa bouche, qu'elle tint si » estroitement fermée qu'elle s'en » estoufa. Toutcsfois on trouve une *» lettre missive de Brutus à ses amis ,
fia) PlaUrcfo, . in Bruto , pag. 99}, version fPAmyot.
(13) Idem , ibidem , pag. 989.
(14) Idem , in ViU Catoni* miooris , pag.
(i5) Valcr. Maximus , lib. IV, cap. VI, pag» «• 394,. 3g5.
j6S PORCIE.
» par lacruelle il se plaint de leur Terreur pour n'avoir pas été assez » nonchalance d'avoir si peu tenu de attentif aux paroles de saint-Jérôme. » conte de sa femme, qu'elle avoit Elles ne sont pas exactes , et contien- » mieux aimé mourir, que de lan- nent même une fausseté, et ainsi elles
ï> SUIT
pluslongucment malade. Ainsi sont plus propres à jeter dans l'éga- » sembleroit-il que ce philosophe n'au- rement; mais enfin elles n'attribuent » roit pas bien cogneu le temps : car point à Porcie femme de Brutus , la » l'epistre, au moins si elle est verita- réponse en question. Saint Jérôme » blement de Brutus, donne assez à ayant parlé de Marcie, fille cadette de » entendre la maladie et l'amour de Caton (ao), laquelle ne voulut jamais » ceste dame , et aussi la manière de se remarier, ajoute que Brutus épousa » sa mort (16). » Porcie qui était fille (ai), et que Ca-
(F) Le président du Vair. ne ton épousa Marcie cjui ne Tétait
lui eût point attribué une réponse point (aa) 5 qu'aussi vit-on que Marqu'il lui a donnée.] L'un des arrêts , cie fut capable de quitter Caton pour prononcés en robe rouge par ce pré- se marier à Hortensius , et que sident, concerne un procès qui s'é- Porcie ne voulut point vivre sans tait mu au parlement de Çrovence, Brutus. Ensuite de cela saint Jérôme entre une femme remariée neuf mois fait mention d'une Porcie la- jeune, après sa viduité , et les parens du qui répondit ce que l'on a vu dans le premier mari. L'arrêt la priva des passage de M. du Vair. Marcia Catochoses a elle laissées par le testa- nis fUia minor, cum quœretur ab ed, ment de son mari, ensemble de ses cur post amissum maritum denub nonavantages nuptiaux, pour s' être rema~ nuberet, respondit, non se invenire riée dans l'an du deuil (17). M. du virum , qui se magis vellet , quant sua. Vair cite quantité de belles senten- Quo dicto ostendit divitias magis in ces tirées des auteurs païens, et des uxoribus eligi solere, quant pudicianciens pères, contre les secondes no- tiam, et multos non ocuus , sed digitis ces (18), et il dit que notre Porcie uxores ducere. Optima sanè res , déclara qu'une honnête femme ne se Quam avaritia conciliât. Eadem cum marie qu une fois. La Didon d'Énée, lugeret virjim, et matronœ ab ed étant sollicitée d'un second mariage, quœrerent, que m diem haberet luctds
souhaite plutôt mourir. Et néan- ultimum : ait, quem et uitœ. Arbi-
moins depuis s'étant laissée persua- tror, auœ ita virum quaerebat absender, déplorant son infortune dit, tem, de secundo matrimonio non co-
Et <rao solo aidera adibam , gitabat. Brutus Porciam virginem
Extinctus pudor duxit uxorcm , Marciam Cato non
Comme jugeant avec grande et jus- uirginem : sed Marcia inter Hortente raison que celles qui étaient ma- sium Catonemque discurrit, et sine riées deux fois , n avaient de reste Catone vivere Marcia potuit , Porcia ni honneur, ni bonlieur. Occasion sinè Bruto non potuit. Magis enim pour laquelle, comme nous appre- se unicis viris applicant fœminœ, et nons de Tertullien, fortunaa mulie- nihil aliud nôsse, magnum artioris
bri coronam non imponebat nisi uni- indulgentiœ vinculum est Por-
vira. Ce qui se doit rapporter au dire cia minor cum laudarctur apiul eant de cette célèbre Porcie, femme de quœdam benè morata, quœ secun- Brutus , fœlix et publica matrona dum habebat maritum, respondit : non nubit nisi semel (19). Cette Por- Félix et pudica matrona, nunauam cie n'eût pu parler de la sorte sans prœterquam semel nubit (a3). On ne
il cn- Porhistoire ne
<; r , p t parle pas de deux filles do Caton
jioj nat, m Bruto, m Jine pag 1009, version * i/'Amyot.
(17) OEuvres du sieur du Vair , pag. 85q, édit. ^ °a. nc troave T°int unc de Ca-
de. Genève, 1017, in-8®. ton dans les auteurs païens.
f (18) Confère» ce que dessus , remarque (E) de Ccla estfattx : elle était veuve de Bibulus.
l'article Ôoiuaoub (Lucrèce de), tom. Fit \ (aa) C'est ce que Plutarquc nc dit point.
(19) OÉurres du sieur du Vair , pag, 8ao. pag. m. 36
(a3) liieronyiu., lib. /, advers.
iVUtlque ; et si elle parle de deux mariée une fois , qu'il ne m'en faut Porcies, c'est pour nous apprendre pas davantage. Valérie se contenta que ce Caton était le frère de Tune de répondre que son premier mari et le père de l'autre. Sur ce pied -la vivait encore pour elle. (a8) Ancelle-ci aurait dû être Porcie la jeu- niant cùmpropinquus moneret, Malne, Poi*cia minor; mais elle n'eût teriviro nuberet; esse enim ei et œtapoint pu se déclarer contre les se- tem intégrant , et Jaciem bonam : conds mariages avec la sévérité rap- nequaquam, inquit, hoc faciam. Si portée par saint Jérôme. Quelques- enim virum bonum invenero, nota uns prétendent qu'ils veut parler timere , ne perdant : si malum , quid de l'autre Porcie, sœurde Caton. Me- necesse est post bonum pessimum s usmini t Hieronymus (Porcia? Domitio tinere ? Marcelin major ro-
nuptae ) adversus Jovinianum , qui gala a maire sud, gauderet-ne se taie ejus dictum célébrât : Cùm apud nupsisse, respondit : ita valdè , ut eam etc. (a4)« Mais de quel droit la amplius nolim. Paleria, Messalarum nomraerait-il Porcia minor? Il y a. soror, amisso Servio viro , nulli volebien plus d'apparence qu'il voulait bat nubere. Quas interrogata curhoc parler d'une Porcie, sœur cadette de faceret , ait sibi semper maritum Séria femme de Brutus, et peut-être que vium vivere (^9). brouillant un peu ses idées il a nom- Notez que , si ces maximes donnemé Porcia minor celle qu'il avait rent un fort beau champ aux avocats nommée Marcia peu auparavant. Il qui plaidèrent contre la veuve dont faut se souvenir que Marcia , femme il est question dans l'arrêt de M. du de Caton d'Utique, était grosse lors- Vair, elle leur fournit encore une que son mari la céda à Horten- plus ample matière de déclamation , sius (?5). Rien n'empêche que ce ne par l'impatience qu'elle eut de confût d'une fille que l'on nomme indif- voler en secondes noces au neuvième féremment Porcia minor, ou Mar- mois de son veuvage, et sans attenant (26), quoique ce ne fût pas la dre la fin du carême. Elle ne viole coutume que les filles portassent le donc pas seulement, dirent-ils (3o) , nom de leur mère. Saint Jérôme peut- ce deuil privé et domestique , elle ne ôlrc, n'y prenant pas assez garde, a néglige pas la révérence de son feu converti en deux personnes les deux mari , elle ne méprise pas la mémoire noms d'une seule femme. Ce qu'il de son bienfaiteur ; mais elle contay a de certain , est que la réponse mine le temps de la pénitence publiqu'il attribue à Martie, est du même que, elle enfreint les lois de l'Église, caractère que celle qu'il donne à elle scandalise tout le monde. Et Porcie la jeune. Il lui était avanta- pourquoi si précipitamment ? Si vous geux de les distinguer ; car il ne ne pouviez attendre la fin dune ancherchait qu'à grossir le nombre née déjà si avancée, que nattendiezdc pareils exemples. Il a cité celui vous au moins la fin du carême , déjà d'Annia, et de Marcel la, et de Valé- demi-passé. L'ardeur peut-être de la rie. La première répondit qu'elle ne jeunesse vous a transportée : et comme se voulait point remarier} car, di- dit Tertullien , despumare istisnupsait-elle , si je recontre un bon mari tiis sanguinis fervorem oportuit. A
ter cette rude condition après les major^pn in virçinibus patiatur fabons traitemens de mon premier mem , dum dulcius putat omne quod homme. Pour Marcella , elle répon- Hi ,„ , m. / , «w j<mnUn„». dit, je suis si contente d'avoir ete p^ 36.
(ag) Aussi un ancien disait-il, que vidas loc-
04) Glandorp. , Onomast. , pag. 716. tus pro marito erat. Ce aue Lucain a depuis
(»5) Plut. , m Catone minore , pag. 771. transfère' à la louange de la femme de Pomper ,
(a6) L'auteur des Scolies sur saint Jérôme ad disant :
locara saprà relatum , eroit que cette Marcia fut Perfruitur lachrymis , et habet pro conjuge
ainsi nommée a cause de sa mère. lectum.
(17) rayez, tom. VII, pag. 146, remarque D» V^ OEtwrcs, pag. 8ao.
(A) Je l'article Gqmaooi (Julie de). (3o) Là mtme , pag. 818.
a7o PORCIUS.
nescit. El une vieille l 'osera-t-elle thagoricîen (£), qu'il entendit & alléguer .après avoir demeuré vingt- Tarente lorsque cette ville fut cinq ans mariée aux cotes a un nom- . r» 1 • »*• • ■•
Ja-j j s- j: i .1 renrise nar rabius Maxirnusdans
ci m/ u/*a rmtt icc uuj. cistes t* u.11 imttr- • C l * nr * 1
m« Je soixante-dix ans quand il reprise par Fabius Maximusdans e*« mort? Comment vous dies-vous 1 armée duquel il servait, forti— donc contenue pendant la vie de vo- fièrent extrêmement son inclître mari, lorsque le nom de femme nation à Ia tempérance. Valérius et la couverture du mariaze vous r,, 1 . T donnait plus de licence , et l'objet * laccus , qui avait des terres prod'un vieillard plus d'irritation. On la che de celles de Caton , fut cufoudroya de lois civiles , mais elle rieux de voir ce jeune homme leur opposa le droit canon, et Fin- dont Qn ,ui t t d fc . dulcence des décrets des papes (3 1). . • ^ Chose scandaleuse qu'il y ait des lois particulières ; et comme il troudans le droit civil que le droit canon va que c'était une bonne plante ait énervées pour favoriser les abus qui n'avait besoin que d'être un du mariage (3*). peu cultivée , et transplantée en (30 Du v.ir 0Eavr« pag. 8*6 , 8^. meilleur terroir , il lui persuada
(li) Voyn dans ce volume, pag. 64 , la ci- j . , 7 -, * .
tionfr) de l'article Pibbii*. de venir a Rome. Caton s y. fit PORCIUS (Marc), l'un des estimer bientôt, et ayant un plus grands hommes de l'anti- protecteur très-officieux en la quité , connu ordinairement sous Personne de ce Valenus Flaccus , le titre de Catox le Censeur, ll s avança promptement. \\ fat naquit l'an de Rome 5iq (A) Premièrement choisi tribun midans la ville de Tusculum (a). Il I\taire Par. les suffrages du peucommença à porter les armes à Ple : en*uit/ on, le fit questeur , l'âge de dix-sept ans, et il fit et. Pmsde deSre en degré il parparaître non-seulement .beau- vint au consulat (c), et à la cen-
.... qui. ..
commodités de la vie (B). Il était le,s Revoirs. Il employa toute & d'une sobriété extraordinaire , et s,everite , toute la force de son il n'y avait point d'exercice cor- éloquence et tout le poids de sa-
' réprimer le luxe
lemens des 'est pour cela ne fut pas
ger pourtant la culture de Tes- mo.ins uti,e a la république roprit , surtout par rapport au don maine .Par la guerre qu'il fit aux de parler, vu qu'il s'attachait mauvaises mœurs, que Scipion beaucoup à plaider des Causes Par ses ▼wtoires sur les ennemis dans les villes du voisinage ; et C/)- On savait fort bien qu'il il faisait cela avec tant de désin- exercerait la censureravec la dertéressement qu'il n'en voulut ja- (b) n s'appelait NéarcW mais recevoir nulle récompense. (c) £ de Bome 558. Les discours d'un philosophe py- {f} L'an * 569-
r r IV (?) Tire de Plutarque, in Vitâ Catoois
(a) Cornélius Nepos , in Fragmente Vît» majoris.
Catoois. Plut., in Catone majore , init. pag. (/) Voyez Us paroles de Séoènue dans la