‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 66 sur 142 · TOME XII · texte numérisé non relu

TOME XII

clament dans la page 10 du premier » résie et nourri dans les armées , libelle contre le concordat qui fut fait » qui ne laissa pas de répondre à entre le rot François /er. et le pape » cette remontrance du clergé*, comf.ron X. C'est ce bon prélat , disent- » me M. de Paris le rapporte ensuite, ils , parlant du chancelier du Prat , » qu'il reconnaissait que ce qu'ils lui cardinal et archevêque de Sens , au- » avaient dit touchant les nominaquel on attribue d'avoir ôté la prag- » tions des bénéfices était véritable , matique sanction, c'est-à-dire la » mais qu'il n'était pas fauteur de pure observation des anciens canons, # cet abus. » Ajoutons encore ceci

etc Ils en veulent a ce grand «(7) . // n'est point vrai que les écri-

homme , parce qu'en un concile qu'il vains de Port-Royal aient sujet d'en tint dans sa province de Sens, en vouloir au chancelier du Prat, à cause l'an i5a8, il défendit les traductions qu'il a défendu les traductions en de la Bible en langue vulgaire. Ces langue vulgaire, dans le concile de paroles furent critiquées ; on s'étonna Sens de l'an i5a8 , « parce qu'il n'a (5) qu'il parlât du concordat d'une » jamais fait cette défense , s' étant manière si peu digne de son carac- » contenté simplement de défendre tère. « Il devait apprendre des histo- a qu'on imprimât les livres sacres » riens les plus célèbres et des procès » sans l'autorité de l'ordinaire, ce » verbaux du clergé de France, de » «ni ne regarde point la traduction » qu'elle manière les évéquos , les » de Mons, qui a été approuvée par » parlemens et les gens de bien ont » l'ordinaire du lieu où elle a été » toujours regardé ce traité. Il ne de- » imprimée. H n'est pas véritable » vait pas ignorer que l'on a fait » non plus qu'on ait tort de ne par- » long-temps en plusieurs églises des » 1er pas du cardinal du Prat comme

1» d'un grand homme, et qu'on doive » faire un crime à l'auteur des Diapour ie retaous- » logues de ce qu'il en a parlé comme » sèment des élections canoniques » il a fait , puisqu'il faut n'avoir a u- » ( 6 ) ; ainsi, comme on peut voir » cune connaissance de notre histoi- » par divers rituels , comme par ce- » re , pour ne savoir pas qu'il a été » lui de Vannes, imprimé à Lyon , » plus décrié que personne par les » et par un autre de Clermont , im- » écrivains de son temps. Belcarius, » primé en i(k>8 par l'ordre de feu » évéque de Metz, l'appelle bipedum » monseigneur le cardinal de La Ro- » nequissimus, et l'accuse d'avoir fait i, chefoucaut. Et enfin , puisauc Tau- » condamner à la mort le sieur de » toritéde monseigneurTarcbevèque p Semblancai par des juges corrom- » de Paris lui est sans doute fort » pus. C'est apparemment de lui que » considérable, il devait au moins » Cudé fait 1 .étrange éloge qui est « en parler comme fait ce prélat » au commencement de la page a6o » dans la Vie de Henri IV , où il » (*) de son livre intitulé Forensia » » rapporte , page »q , cjuc l'assem- Il est certain que le concordat ame- » blée générale du cferge se tenant à na d'horribles abus dans la collation » Paris, l'an i5cfè,fit une grande re- des bénéfices, et de là vint que sur » montrance au roi, par laquelle les les plaintes des trois états du royau- » prélats le priaient de ne point char- me, assemblés à Orléans l'an i56o, il « ger sa conscience des nominations fut fait un règlement qui aurait pu » aux évéchés, abbayes et autres bc- remettre les choses en fort bon tram, » néfices ayant charge d! tîntes. Et il s'il eût été observé. En voici la teneur. » ne devait pas faire paraître moins « Tous archevesrmes et eveaques se- » de lumière qu'un prince comme » ront désormais si tost que vacation » Henri -le -Grand , élevé dans l'hé- » aviendra , deui et nommez , à sça-

nt j Rc u..tc Ac varchevê ac w vo*r *es arcneves(Iues Par les evesd'AmbrÛr/^" de c,S LiT °VeqUC » ques de la province et chapitre de

(6) QuinUn, haranguant pour le clergé aux l'cgllSC eplSCOpale : lesevesquCS

Élau-GeWraux durojawnc, l'an i56t , parla „ par parebevesque , et evesques de

avec une extrême force pour le rétablifscmcnt

de* élections. Voyev le président de la Place , (7) Remarques sur la Requête de l'arcbevequc

Hi*loire de l'état de la Religion et République , iTAmbrun, pag. 971.

Jolio m. i43 verto et suiv. {*) 3.

» la province, et chanoines de l'edise » murer, se voyant conduits par telle

» episcopale, appeliez avec eux doit- » manière de gens , ou par leurs

» ze notables gentils-hommes qui se- » suffragans, lieutenanset vicaires de

» ront eleuz par la noblesse du dio- » mesme farine que leurs maistres :

» cese, et douze notables bourgeois. » lesquels imposoyent témérairement

» qui seront aussi eleuz en l'hostel » aux nations de Dieu , charges et

» de la ville archiépiscopale, ou epis- » faix insupportables , et qu'ils ne

» copale. Tous lesquels convoquez à » vouloyent eux mesmes toucher du

» certain jour par le chapitre du sie- » bout du doigt : jusques à ce que

» ge vacant, et assemblez, comme » le Seigneur a ouvert les yeux , les

» dit est, s'accorderont de trois per- » cœurs, et les bouches du pauvre

» sonnages, des*suffisances et qualitez » peuple esperdu, pour voir, parler,

» requises parles saints décrets et » et se plaindre, des princes, pour en-

» conciles, aagez au moins de trente » tendre , et du roy , pour juger en

» ans, qu'ils nous présenteront : pour » équité' etdroicture.il me semble que

» par nous , faire élection de celuy » nous avons occasion d'espérer de

» de trois que voudrons nommer à » CharleslX,nostreroy,cequelesau-

» Parchevesché ou evesché vacante. » » cures, mages ou prophètes humains

Afin que mes lecteurs connaissent les » disoyent d'Auguste César , sous le-

maux à quoi l'on crut que cette or- » quel la monarchie fut si bien poli-

donnance remédiait, je rapporte les » cée, et florit en toute félicité , et

paroles d'un commentateur (8). « Si » prospéra en tout accroissement et

» les loix tant divines que humaines » grandeur. Par cest article-cy nous

» eussent esté observées par ceux qui » voyons que les gens de bonne vie,

» en font estât et profession , ou en » honneste conversation, et bien ver-

» sont ministres et exécuteurs , cest » sez aux lettres recevront le preme

» article seroit véritablement estimé » et guerdon de leurs labeurs ; les

» et tenu pour superflu. Car les loix » ignares seront rejetiez et reculez,

» et saintes ordonnances anciennes » les jeunes meus et incitez de tra-

» avoyent baillé règlement és choses » ▼ ailler à monter au théâtre excel-

» y comprinses tout tel qu'il est icy » lent de vertu : les enfans de la

» arresté. Mais la calamité du temps, » mammelle ne seront plus ( comme

» l'audace humaine , l'avarice .la » au passé ) élevez és dignitez qui » faveui » altéré

» gement cfe nostre prince ou "de » mach , et mesmement en ce que

» ceux qui luy assistent, n'y eust enfin » touche la religion , où fault ordon-

» obvié. Par faveur, amitié et argent » ner des gens exquis, de grande

» les idiots et ignorans asniers te- » probité , chasteté et sanctimonie ,

» noyent et possedoyent les gros be- » mortifiez, despouillez de leur vieil-

a nefices,lcs haultes dignités etgran- » le peau , et desquels les esguillons

» des prelatures. Et efautant qu'ils » charnels soient estenits , ou par

» n'avoyent ne la capacité ne l'expe- » Taage, ou pour l'amour du Sei-

» rience de discerner le mal du bien, » gneur. Car commettre au régime

» et au contraire , et ne savoyent » de l'église des ignorans et des en-

» constituer différence entre la vertu » fans qui ne savent régir, gouverner,

» et le vice, ils en usoyent tout ne » ne conseiller eux mesmes, est chose

» plus ne moins qu'ils l'entendoyent : » estrange , exorbitante, et autant

» et le plus souvent estoyent créez » répugnante à tout droict divin et

» evesques encores non à plein façon- » humain que qui feroit tuteur un

» nés dedans la matrice de leurs >» pupille à un autre pupille , mener

» mères. Dont s'est largement et à » l'aveugle â l'aveuglé.... Ce bon roy

» bon escient ressentie toute la chres- » Loysdouziesme, voyant telle faute

» tienté. Et ne se sont peu tenir les » estre entre les ecclésiastiques de

» peuples désolez d'asprement mur- » son temps, disoit que les asnes

» avoyent meilleur temps , que les

(8) Jo»cli,m du Chalard , avocat au grand co»- teJaux . car les cnevaux ( disoit-

setl. Sommaire Exposition tics ordonnances du roi . , \ v V .

Charles IX Jolio fvrso , édition de Pans, i563. » il ) VOUt en poste a Rome COUriT les

•joo

•» bénéfices , et dont plusieurs asnes » qui estoit le meilleur compagnon , •» sont pourveuz. Par cela on ne s'est » qui aimoit plus les garces, les » peu tenir de les vesperiser par mille » chiens et les oyseaux , qui estoit le » pascpûlles et libelles fameux : et a » meilleur biberon , bref, qui estoit * on jette' ces vers au regret de l'élec- » le plus débauché , afin que Payant ">} tion perdue, contre les usurpateurs » fait leur abbé, ou prieur, par •» d'icelle, et les proveuz indigne- » apre's il leur permist faire toutes » ment des dignitez ecclésiastiques. » pareilles débauches, dissplutions

» et plaisirs , comme de vray l'en » faisoyent auparavant très-bien obli- » ger par bons sermens , et faloit » qu'ils le tinssent par amour ou par » force. Le pis estoit quand ils ne » se pouvoyent accorder en leurs » eslections , le plus souvent s'entre- » battoyent , se gourmoyent à coups dons. M de poing , venoyent aux braque-

- Trop mieux vauldroit les eslïre à trois » mars et s'entre blessoy en t , voire

• Au temps passé V esprit sainct eslisoit m Ceux, dont souloit l'église estre servie. » En ce tempS'lh , vertu fruit produisoit :

• Car les eleut estoyenide sainte vie.

. Mais maintenant les mondains par envie

* Ont usurpe' la saincte eslection ,

» Dont s'en ensuy humaine affection :

- Et par ainsi tous vices procèdes

• Sont despa . Par les chevaux, par la poste, et par

des pasteurs : qui nous sont concèdes.

de* :

»« Car h l'hazard ils pourraient estre bons.

Si je fais un iour l'article de Gc'nc-

» s'entretuoyent $ bref, if y avoit plus » de tumultes , ligues et brigues qu'il » n'v a en la création du recteur de brard, comme je 1 espère, je n ou- „ l'université de Paris, que j'ay veu blicrai pas le livre qu'il publia pour „ autrefois; je ne sçay si cela dure, faire voir la nécessité de rétablir les w ])e pius aucuns esïisoyent quelque élections canoniques (c>). Il appelait „ simple bon homme de moine qui •le concordat un mystère d'iniquité. „ n^ust osé grouiller , ny comman- (B) Du temps des élections l'église n der faire autre chose sinon ce qui était aussi mal servie qu'elle le fut „ ieur plaisoit , et le menacoyent s'il jous le concordat.] Nous avons vu „ vouloit trop faire du galant et ro- .dan* les remarques précédentes la w guc supérieur, d'autres esïisoyent raillerie de Louis XII. 11 y avait donc „ par quelque pauvre here de

bien des abus sous la pragmatique M moine, qui en cachette les dérosanction et avant le concordat. L ar- M })(nt ou faisoit bourse à part , et chevêque d'Ambrun soutient (10) que „ mourir de faim ses religieux , dont le concordat a retranché les abus , „ s'en trauvoyent de grandes plaintes les simonies, et. les cabales qui se f ai- „ et ai,tant d'appauvrissement de

saient autrefois dans les élections. „ pabbaye Bref, une infinité

Mais voici un abbé commendatairc „ d'abus se commettoyent en ces qui s'étend beaucoup sur ces désor- „ élections et créations , que je taidres. « J'ay ouï conter à une grande „ rav p0ur Ce coup. De plus ce grand » dame , d'avoir entendu dire autre- „ rov considérant les bons services » fois à ce grand roy François que le „ que 8a noblesse luy faisoit ordi- » sujet qui le porta le plus à foire le „ nairement, et ne la pouvant re- » concordat avec le pape Léon, pour „ compenser des finances de son do- » abolir du tout les eslections des w maine 9 et deniers de ses tailles , » evesques , abbez et aucuns priorez, » car y faloit le tout convertir aux » et s'en prévaloir des nominations , M frais de ses longues et grandes » futles grands abus qui s'y faisoyent M guerres , il trouva meilleur de re- » en telles élections parmy les moi- » compenser ceux qui l'avoyent bien » nés ; car sans aucun égard à la „ Servy de quelques abbayes et biens y> suffisance, bien que de ce temps-là „ d'églises , que les laisser à des moi- » ne s'en trouvoit gueres dans les nés clostraux, gens inutiles, disoit- » cloistres , ny de savoir non plus.... „ qUj ne servoyent de rien qu'à » ils esïisoyent le plus souvent celuy „ boire et manger, taverner, jouer, (9) Il fut brûlé par le bourreau, forez la Dis- » ou à faire des cordes d'arbalestes ,

nerUtion XI de NaUlis Alexandre , 'in Select* » des poches de furet , à prendre des

Hi»tori« ecclcsiastic» capiu , sec. XV et XVI. }> conniis de siffler des linottes , voi- Ae{ïïlZalZa?T\Vl Sïïï » là le»" exercices , et faire une de-

de Mens, vag. ara, ar3 au Ier. tome des vicies . . » , ,

concernant cette version. » bauche que l OlSlVete leur appor-

PRAT. 3oçy

» toit; aussi disoit-on en proTerbe » mis, car nul n'eust ose leur rc— » commun alors , il ne fait rien non » monstrer ny censurer , tant ils- » plus qu'un prestre ou un moine : » cstoyent craints et ne craignaient » aussi disoit-on , avare et paillard » nullement d'estre scandalisés. J'en » comme un prestre et un moine, » dirois davantage, mais je ne veux » ainsi que dit l'italien , pretri ,fra- » pas scandaliser. Nosevesques d'au- ?» tri monachi et pulli , mai non son » jourd'huv sont plus discrets , au

» satulli (u) Or il faut noter » moins plus sages hypocrites, qu*

» que s'il y a eu des abus en ces cslec- » cachent mieux leurs vices noirs » tions et créations monachales , il y » ( me dit un jour un grand person- >» en a bien eu autant e's canoniales » nage ) : et ce que j'en dis des uns » et celles des evesques, qui pour » et des autres, tant du vieux temps » avoir les voix des chanoines et de » que du moderne , et de leurs » ceux qui en tenoyent les principa- » abus , ce n'est pas de tous , à Dieu » les dignités, on les gagnoit et ache- » ne plaise ! car de l'un et de l'autre » toit à purs deniers, les autres on » temps il y en a eu force gens de » les corrompoit par presens et pro- » bien , tant de réguliers que secu- » messes de force bien pour l'avenir. » liers , et de très-bonne et saincte » De sorte que cela s'appelloit plus- » vie , comme encore il y en a for- » tost une vraie simonie , qu'une le- » ce et y aura , moyennant la grâce » gitime et sainte élection , prenant » de Dieu , qui aime et n'abandonne » exemple sur plusieurs papes de ce » jamais son peuple (12) »

» temps-là , qui gagnoyent ainsi les (Q // concerne la confidence

» voix etlcs suffrages des cardinaux. de Venrie d'être p*pe.\ MM. de Port- » Bien souvent aussi faisoyent-ils en Royal n'oublièrent pas de représeu- » leurs chapitres des tumultes , se- ter à l'archevêque d'Ambrun ce que » ditions , ligues et brigues, jusques Laurent Capclloni conte touchant la » à s'en trebattre, se frapper, se tuer, mort d'Antoine du Prat. « Clément » s'eotreblesser , comme cela s'est » Y1I , dit cet auteur, étant mort , » fait autrefois en Allemagne que » le cardinal du Prat se laissa telle-- » j'ay ouï dire , car les chanoines es- » ment posséder par le désir déréglé w toyent mauvais garçons , comme » de devenir pape , qu'il osa se pré- » encore ils sont, et s'aydoyent aussi » senter devant le roi pour hii dire » bien de l'espée que du bréviaire. » que le temps était venu qu'il le » Les evesques élevez et parvenus à » pouvait faire pape. Le roi, voulant » ces grandes dignitez, Dieu scait » voir jusqu'au bout où son ambi- » quelles vies ils menoyent, certaine- » tion ïe porterait, s'arrêta pour lui » ment ils estoyent bien plus assidus » laisser dire tout ce qu'il voulait. » en leurs diocèses qu'ils n'ont esté » Le cardinal ajouta donc, que si sa » depuis j car ils n'en bougeoyent ; » majesté le voulait favoriser de son » mais quoy? c'estoit pour mener » autorité auprès du collège des car- » une vie toute dissolue après chiens, » dinaux afin d'obtenir qu'ils le fis- » oyseaux , festes , banquets , cou- » sent pape , il n'en aurait que le » frai ries , nopees et putains , dont » nom ; mais que ce serait le roi qui » ils en faisoyent des sérails, ainsi que » en aurait reflet. Le roi voyant » j'ay ouï parler d'un de ce vieux » l'ambition excessive de cet hom- » temps, oui faisoit rechercher de » me, et considérant les diflîcultés » jeunes, belles, pe ti tes- filles , de » extrêmes de cette entreprise qui ne >» l'aage de dixans, qui promettoyent » se pouvait exécuter qu'avec de » quelque chose de leur beauté à » grandes sommes d'argent , répon- » 1 avenir, et les donnoyent à nourrir » dit: Par ma foi, monsieur le chan- » et élever qui ça qui là parmy leurs » celier , l'appétit des cardinaux est » paroisses et villages , comme les » si grand que je n'ai nulle envie de » gentils-hommes , de petits chiens , » le contenter. Le cardinal répartit , » pour s'en scrvirlorsqu'ellesseroyent » que si le roi était dans ce dessein, » grandes. Tout cela leur estoit per- » il aurait bien le courage de Irou-

(11) Brantôme, Mémoires, lom. I, au Disconr* (n) Brantôme, Mémoire», tom. /, au Dijconr* de François Ier. , pag. a5i et suiv. Ac François Ier. , pag. a55.

3io PRAT.

» ver quatre cent mille éous peur » de juillet 1 535 (17); et pour faire » l'exécuter. Mais le roi lui répartit : » une espèce de réparation a son égli- » Vous pouvez bien , monsieur, avoir » se cathédrale de Sens, dans laquelle » la somme que vous dites j mais pour » il n'était jamais entré, quoiqu'il » moi, je n'ai nulle envie d'entrer » en eût été long-temps archevêque, » dans cette entreprise. Cette répôn- » il voulut y être enterré, après Pa- » se du roi fit venir a lui le cardinal , » voir négligée durant sa vie.» On » et lui fit reconnaître la faute qu'il fait un autre conte beaucoup plus » avait faite , non tant d'avoir té- désavantageux à François 1". que ce- 1» moigné son ambition , que d'avoir lui de Capelloni. Je le rapporte, afin » découvert ses trésors. Il en entra de faire connaître le peu de cas qu'il » donc dans un tel déplaisir, qu'il en faut faire de ces sortes de récits ; car » devint malade ; et son mal , qui il n'y a guère de plus sûres marques » était léger au commencement, s'ac- de fausseté que les différentes ma- » crut extrêmement, ayant appris niéres dont on rapporte certaines » que le roi sachant qu'il était au lit, choses, tantôt appliquées à un tel » avait commandé qu'on saisît ses temps , et à une telle personne , tan- 3» meubles et son argent, ajoutant à tôt a d'autres. « C'était une pecca- » à ceux qui lui en firent des plain- » dille de la cour telle que celle du j) tes de la part du cardinal , qu'il le » roi François Ier. pour attraper les » traitait comme il lui avait conseillé » écus du cardinal Marcellus(*). Le » de traiter les autres : de sorte, dit » roi avait besoin d'argent. Mélanch- » cet historien , que le cardinal en » thon, qui dit avoir très-bien connu » mourut , Dieu sait comment ( Dio » le cardinal , le raconte ainsi. Le » sa corne ), tfèu content et peu satis- » rot fit courir le bruit , par les dé- » fait ( 1 3). » Il est bon de ne pas omet* » pèches que son courrier lui apportée que ces messieurs firent sentir au » ta de Rome , que le pape Paul y prélat qu'il ne pouvait pas douter de » était mort. Il manda ce cardinal ce conte , après l'approbation qu'il » qu'il connaissait être ambitieux asavait donné au livre qui le contient. » pirant au papat , et lui raconte ce Voilh , disent-ils (i4) , la mort de ce » faux bruit. Voici son frait. // mongrand homme dont il n'est pas per- » tre au roi le grand intérêt qu'il y mis de parler désavantageusement » avait pour le roi et son état , qu'un sans offenser M, d' Ambrun, Et ce- » tel y serait élu qui lui ftU bon pendant il est remarquable que cette » ami. Oui , dit le roi , et si on t'y histoire est rapportée dans la fie des » pourrait pourvoir? Le cardinal Cardinaux du sieur Auberi, imprimée » y transporte ses désirs. Il faut de chez Soli en i645 , a la tête de la- » * argent pour cela , dit le roi, et quelle on voit une approbation au- » pour le présent je n'en ai point» thentique de Messies Geoxge d'Au- » L'autre présente deux tonneaux bussov, où il déclare que la vérité de d'or, Cest assez, dit le roi; j'y l'histoire y est exactement représen- » ajouterai aussi du mien. Les autres tée ; de sorte qu'il est assez étrange » lettres puis après , disent que le que ses grands emplois lui aient sitôt ^ Vautettr Je, N(mvelle, de u j^oWi fait perdre le souvenir de ses pre- de» Wtt t mois d'août 1684 , art, vùi ,

mières études. P*g' 639, inarque l'an i534, *e réglant sur la

M. VariUaj CS) rapport, la mura- ^Zv^t^^r^,^

tion du Capelloni sans le citer, et il Oh- far Frison , pag. 5rf , 575 du Gallia purpûrata , Serve que Du Prat était devenu si >q*f™tà qu'il mourut le $&)iUlUt\&i5,dgé de

soixante-âouic

ans.

fpo$, qu'il fallut échancrer sa table ,. . n , r.

pour/ai* place h songent* lUjou- J^lV^Aj^i k££V&

te { ÎO) que ce Cardinal, « après avoir Le même conte se trouve dans les Joco-seria de

» langui 8ix mois, mourut le neuf Mélander, n. 34 ^n |er. tome de l'édition de

Francfort , i6i5 ; il y est rapporte d'après D. Pé-

(x3) Remarque sur la Requête de l'arclievêmie v*"1* > P<>'till. MA., part. 3, pas. 170. Appa-

d' Ambrun , pâg. 17a. H " «renevêque nmmnt q„,id le cardinal MarieUus n'est antre

(i4) Là même ' q°« du Prat lui-même, dont on fait à peu près

,r\ tT: . - / — . « »c narine conte , et dont le nom la lin Prateltus ,

JïJ.lL I ^anfOUJ 1 \,liv- Vlî< V<*> P«t-Étre , dans MélancLtl.on , anra été métamor-

* BollanJr. * Ehosé en Marcellus , par l« ï.braire* allemands.

(lOj .La même , pag. ^ , ,43. CRIT. ^

PRAT. 3n

» tait fait ; la réponse fut : Je repren~ bliant un récit où les personnes sont » drai mon ambassadeur : pour Par- designées si mal. Je laisse au lecteur » gent,5i/e pape n'est pas mort il le soin de chercher les différences qui » mourra : cette repartie fit la triste se trouvent entre les trois contes que » départie (18). » L'auteur <rui me j'ai rapportés.

fournit ces paroles cite un livre de (D) Quelques auteurs disent qu'il Mélanchthon que je n'ai point (19) : feignit une rétention d'urine pour se je ne puis donc pas répondre de tirer d'un péril. ] «c Combien d'un son exactitude ; mais je trouve dans » autre côte en pourrions-nous nomun autre ouvrage de Mélanchthon » mer a qUi la maladie seule a sauvé un fait qui semble tenir le milieu v la vie , comme autrefois à Augusentre celui-là et celui de Capelloni. >, te? Et combien y ena-t-il qui iront Le voici tout de son long : Rex Gai" » évite la mort, que parce qu'on lias , pater Francisci , indigebat subi- » croyait, vu leur infirmité, qu'ils to pecunid. Itaque ver alium auem- » en étaient à la veille? (*) Muldam ad suum cancellarium ex Romà, » torum mortem distulit morbus , et et per postam mittit ei litleras , signi- » saluti Mis fuit videri perire. La Jicans papam esse mortuum. Lectis » crainte qu'on eut que le cardinal litteris, mox properat cancellarius » du Prat ne mourût d'une fausse ad regemy ei nunciaturus tanquam u rétention d'urine , dont il abusa aliquid novi. Rex legit litteras , si- » ses médecins , buvant secrètement mulans se nescire, et interrogat quid » celle qu'il rendait, le fit sortir iL; sibi sit faciendum? respondit cancel- » prison, du règne de François l'r. larius , consultissimum esse mittere v Et nous avons vu un favori de Romam legatumf et aliquem consti- » Henri 111 faire si à propos le morituere papam , qui sit a partibus régis » bond , pour copier quelque fA- Galliœ. Al rex : ad eam rem opus M cbeux temps sous Henri 1 V , qu'il est pecunid , skut dieilur : Nulla » a depuis vécu trente ans sous le pecunia est satis magna , aspiranti „ feu roi en parfaite santé (ai).» J'ai ad pontificatum. Cancellarius dicit quelque soupçon que les idées de la se adhke habere duos thonnas auri t Mothe - k-Vayer se brouillèrent. On utrùm sufficerent ? respondit ne* ; ne parle point , ce me semble , d'aubenè est ; et ego aUquid pecumœ CUn emprisonnement de notre du addam. Cura igitur unam thonnam pj.at ; mais on dit que le cardinal de auri perferri ad me. Postquam eam fa Balue se mit à boire son urine , rex accenerat , subornât alium nun* afin qU$ sur l'apparence d'une rr tium afferentem ei litteras > papam tention de cet excrément, Louis XI le adhuc vivere, et non esse mortuum. tirât de captivité {11). Ce sont les pa- Egregium sanè inventum, quo quasi roies de la Mothe-le-Vaycr j il cite la cornicum oculos confixit , et avarum yje <Je Louis XI , composée par Picr-

juste î que emploient en

'est un autre roi de France , pere de divers temps la même ruse pour se François. Or , comme le ^ père de garantir d'un mai, je ne crois pas que François. Ier. n'a r»as été roi , il fau- \es deux histoires rapportées par cet drait 'dire que Mélanchthon parle de Henri II , père de François II ; mais (*) episL 79. François if estrU un prince que l'on ^^^^^

(18) Jérémie de Po«r8,divi«e Mélodie du saint W »85 , 186. palmiste, V, pag. .090. <"> L* MoU.e-le-V.y« ta*. XUI, au X<.

(,o) H cite Don». , «g. 3, folio iV. *»»* * OEuvrea, pag. 33g. (ao) Jobanocs Manlius, in Looorum Commu- (*3) Voici les paroles de Pierre Matthieu, liv.

uium Collectaneis ex Lectionibus Pbiljppi Me- X, num. 3 , pag. m. 5^4 : 11 urinait et buvait si

lanrbtbonis excerptis , pag. 3^5 , edit. Francof., secrètement son urine , que I on crut que telle rc-

Ce livre pourrait en quelque façon ctre'in- tention le forait mourir. Le roi le fait viuler , le»

tiluU : Mtlaoclithoniana. méaeciu* disent que sa vie est désespérée , rte.

3i7. P&AT.

auteur soient véritables : il est encore » Bèze , n'était qu'une pure calom-

plus facile qu'il ait confondu le temps » nie(a5). »

et les personnages. Bien d'autres l'ont Je ne sais point si Théodore de

fait , et le feront à l'avenir. Bèze parle de cela dans quelqu'un de

(E) // n'y a point d'apparence qu'il ses ouvrages ; mais je sais qu'on

ait ignoré la langue latine au point trouve ce conte assez au long dans

que Jonston l'assure.] Cet auteur a é- un livre de Henri Etienne (26).

crit un petitlivre, intitulé :deJYaturœ (j-) Qn a remarqué qu'il aimait

qu En

e-là. Pullos earum ( asinarum ) epudu Prat, qui crut que ntôlossus si- iari primus Mœcenas instituit, magnifiait un mulet, et qu'en latin un tum e0 tempore prœlatos onagris : mulet se nomme muletus. Placet hic p0st eum interiit auctoritas sapqris adjicere , dit-il , et exemplum (27). Après la mort de ce favori, on du Prat episcopi et cancellarii Gai- 8e dégoûta de la chair d'ânon ; elle liœ , qui cùm in litteris ab Henrico retourna â son ancien prix. Méibo- VUl, Angliœ rege , ad Franciscum observe que l'on vit le même I, Galliarum regem scriptis,istat>er- flUI et reflux au temps d'Antoine la , mitto tibi duodecim molossos, du Prat. (28) Simile quidde Antonio offendisset7mulos per molossos intel- pratense , Galliœ cancellario refert ugi existimavit; et post , animadver- Johannes Bruyerinus , lib. xxm. de so errore , molossos se pro muletis ac- j(e Cibarid , cap. xx. £tate nostrâ , cepisse, duplicata inscitia subjunxit. inqUit , Antonius Pratensis , Galliae Notez que Jonston ne cite personne , cancellarius , imitator exstitit Maecequoique d'ailleurs, pour les moindres natis in eo génère escœ (carnis nembagatelles, il soit fort exact a citer pèasininœ) quàm avidissimus : verunt les livres d'où il les a prises. Il y a ej cum îpgo gratia quoque ilhus cardes gens qui attribuent à Théodore njs sepUïta est (29). L'ouvrage de de Bèze cette médisance : lisez ce qui Méibomius étant assez rare , j'espère suit. « Il sera peut-être deligno- qu>on ne trouvera pas mauvais que » rance du cardinal deBirague com- :e ne me borne point à avertir mon » me de celle du cardinal du PrMy lecteur que l'on y voit divers exem- » lequel fut accusé par Bèze, de ce pies de la servitude du goût. Plusieurs » que le roi François I".. ayant re- geront bien aises de lire ici les faits » eu de Henri VIII une douzaine de mêmes, qui témoignent que la flat- » dogues d'Angleterre, la lettre por- fait renoncer l'homme au tem- » tant duodecim molossos , il lui de- «brament de son palais , et qu'un fa- » manda un des mulets qu il avait vorj ^ capable non-seulement de » reçus de ce pavs-là , et apprenant mettre a la mode les habillemens aui » de la bouche du roi , que c étaient plaisent , mais aussi les viandes » des dogues , il s'excusa disant , qU'if trouve bonnes (3o). Pvtuit verb » qu'il pensait avoir entendu lire f Maecenas ) et gulœ tantum aut pecu- » duodecim muletos . Mais après itout, /lariJ appetitûs gratiâ cibo isto » M. Auberi, très-fidèle et diligent ^escicœpiSSefamiliariùsyquemdeindè » historien des cardinaux ( ) , jus- ob auctoràatem alii , quasi as- » tifie fort bien par les témoignages

» de Féron qui le qualifie très-doc- (a5) Naudé, Dialogue de Maâcurat, pag. 416.

» te et fameux jurisconsulte, de ^«irfbfiftGiwie^faw^*

» Sadolet qui le choisit pour cen- ^"^^rApologied'H^

» seur de ses œuvres latines , et p^ 'm> 33^

» tfAuton qui le loue d'avoir ha- piin. , 1*4. VIII, cap. XL1II.

» rangué très-éloquemment en latin (a8) Job. Heoricus Meibom., in Yitâ M«ecena-

» devant l'empereur Maximilien, que tis , cap. XX FI ,pag. 16 5.

, cette ignorance présupposée par Jfâ^^ffitlZSTSL

H) Joh. Jonstonu., de N.tune Constant* , ™" ' f^J1"' , c XXVI

f4 edit' Amst*L> l63î' (3o) Me,bom,o», «n V»tf M.cenaUs, c. XXVI,

( ) Tonu 3 , pag. 355. l65 1 lW>«

PRÉTEXTÂT. 3i3

sentatione quddam, cariorem et in » jusqu'à dire , voila que c'est d'a-

pretio habuére , donec ah obîtu Mœ- » voir servi le roy et de corps et

cenatis rursùm t>ilcscerett quod usu » d'âme. Or ce du Prat avoit esté le

venire in ejusmodi rébus ferè solet. » premier qui avoit déféré au parle-

Sic acipenserem Plinius refert. , lib. » ment la cognoissance des hérésies ,

ix cap. xvn. nullo in honore fuisse suo, » d'autant qu'il disoit qu'il y ha du

id est , Trajani tempore ; quem ta- » blasphème meslé parmi. Ce fut luy

nien Serenus Sammonicus apud Ma- » aussi qui donna les premières com-

crobium Saturn. , lib. m , cap. xvi. , » missions pour faire mourir ceux

docet, tùm apud antiquos fuisse in » qui contredisoyent à la religion

pretio, tùm post Plinium suo œuo » rommaine, estant ennuyé des lon-

gratiam eius ad epulas quasi postli- » eues procédures tenues au procès

minio remisse. Sic Horatius rhom- » de Berquin. »

bum et ciconiam nullo in cibis usu dpïïtitytat /tj n

fuisse scribit, antequam id docuisset fiŒlLÀIAT (PaPYRE), en

vir prœtorius , sive is fuerit , dubi- latin Paj>ynus Pretextalus , se

tantibus Âcrone et Porphyrione , rendit célèbre à Rome dès son

AseUius siue Rufus , aut Sempro- enfance , par la force de taire un

mus. JLt audit , mercos , vile alias r , ,

cibi genus ; si quis assos dixerit futu- secret que «a mere ™ulait sa™ir-

7-os suaves , juventutem Romanam H est parle de cela dans le Sup-

pravi docilem id facile credituram. plément de Moréri; mais on y

Versus suntSerm. , lib. n., sat. n. a ôté tout le §el dfl c<mte Cest

Tut« ent rhombn, , tatoqne ciconi* nido , ce qm* m'ODii«e à narrer la chose

Donec vo% anctor docuit pretonus. Ergà ^ * Z~ ■ . * . 1? .

Si qnis nanc mergos saavei.1 edixerit «moc, DlUS fidèlement (A). J indiquerai

Parebi«pr.VidocUi,Rom.n.j«Tent«5. même un peu mieux

Nec dissimile quideontigit suçeriori que yon n»a fait . cela est ici (B)

seculo Jtiomœ. De nadnano VI emm i 1

Pontif. Max. narrât Paulus Jovius de quelque importance.

(3i) , etc. (A) A narrer la chose plus fidèle-

" (G) Quelques-uns disent qu'en pu- ment. ] Le sénat , n'ayant pu con-

nition qe cela il mourut désespéré. ] clure une grande affaire qui avait été

Henri Etienne , ayant parlé d'un lieu- agitée , la renvoya au lendemain , et

tenant criminel qui était mort aliéné recommanda le silence jusque* à ce

de son sens , après avoir par plu- que l'arrêt eût été formé. Le jeune

sieurs jours renié et blasphémé Dieu , Papyrius , qui avait suivi son pere au

ajoute (3a) : a Le chancelier et légat sénat selon l'usage du temps, fut

» du Prat n'eut pas meilleur marché, auestionné par sa mère sur ce qui

» nonobstant son brave hostel-Dieu s'était passé dans la compagnie : il

» ( duquel le Roy François premier répondit qu'on avait recommandé de

» de ce nom disoit qu'il n'estoit pas n'en parler pas , et qu'ainsi il ne lui

» assez grand pour loger tous les était pas permis d'ouvrir la bouche.

» povres que ledit du Prat avoit faits); La curiosité de la dame devint plus

» car il mourut en sa maison de impétueuse par cette réponse. Le

» Nantouillet ayant l'estomach rongé jeune garçon se trouva plus impor-

» et percé de vers, non sans mau- tuné qu'auparavant, et il fut con-

» gréer et despiter Dieu d'une extre- traint de recourir à un mensonge

» me impatience, occasionnée tant pour se délivrer de cette persécution,

» par la douleur qu'il sentoit, qu'aussi sans désobéir au sénat. 11 dit à sa

» ( comme quelques-uns racontent ) mère qu'on avait délibéré sur la

» d'un grand despit qu'il avoit de ce question , s'il serait plus important à

» qu'il voyoit qu'on scelloit desia la république de donner deux femmes

» tous ses coffres, tellement qu'il vint à un mari , que de donner deux maris à une femme. La dame consternée

(3i) Méibomiiu rapporte ici l ce que j at cité par ce discours , sort brusquement

dans la remarque (n) de l article d luofcjtn * 11 11

vi, tom. Pour donner lallarme aux autres

(3i) Henri Etienne, Apologie d'Hérodote, cha- fcmnies. i de sortc <IUC le lendemain

pitre XXVI \ pag. 3 10. on en vit une grosse troupe à la porte

3i4 PRETEXTAT.

du sénat , qui suppliaient la larme à Le continuateur de Moréri s'est l'œil , que l'on ordonnât plutôt le trompé ici deux fois. I. Il suppose (4) mariage d'une femme avec deux que Papyrius dit à sa mère que le hommes, que le mariage d'un homme sénat a voit ordonné qn'un homme se avec deux femmes. Les sénateurs ne marierait à deux femmes. 11 fallait comprenaient rien au tumulte de ces dire qu'il lui fît accroire qu'on avoit femmes attroupées; mais le jeune Pa- examiné si cela serait plus a van tapyrius les tira de peine en leur racon- geux à la république, que d'ordonner tant de quelle manière il lui avait qu'une femme épousit deux hommes, fallu éluder la curiosité de sa mère. II. Il suppose que ces dames deman- II fut admiré de la compagnie , et dèrent au sénat que les femmes eusl'on ordonna qu'à l'avenir il serait le sent le même avantage que celui seul enfant qui assisterait au Sénat, qui on avait accordé le jour précédent Voilà l'origine "du surnom de Prœ- aux hommes, et qu'il fût permis a textatus (i). Nous sommes redevables chacune d'elles d'avoir deux maris* de ce récit à Aulu-Gelle , dont je ne C'est affadir le conte ; il n'y reste rapporte que ces paroles : Secretum plus aucun agrément : c'est même rei et silentium deberi puer ajjirmans aveugler ces dames sur leurs intéanimum ejus ad inquirendum everbe- réts ; car que pouvaient-elles sur les rat. Quœrit igitur compressiùs vio- fins de leur requête ? N'est-il pas vilentiùsque. Tum puer, maire urgen- bible que, tout bien compté, leur conte , lepidi atquefestivi mendacii con' dition eût été plutôt empirée qu'amésilium capit. Actum in senatu dixit, liorée, si chaque homme eût eu deux utriim videretur utilius magisque è femmes, et chaque femme deux marepublicd esse, unusne ut duas uxo- ris? Le mieux qu'elles pouvaient esres haberet , an ut una apud duos pérer était de se retrouver aux raênupta esset. Hoc illa ut auaivit, ani- mes; car si chacune eût pu dire, fai mo compavescit ; domo trepidans deux maris , elle eût pu aussi dire je

lias caterva, laciymantes atqueobse- vers cas où ce leur serait un avan-

crantes orant una polius ut duo- tage ; mais par d'autres endroits , et

bus nupla fieret , quam ut uni duœ. en divers autres cas qu'il est facile

Se na tores ingredientes in curiam , d'imaginer , le désavantage balance-

quœ illa mulierum intempéries et rait 1 avantage , et peut-être même

quid sibi postulatio isthœc vellet , mi- qu'il le surpasserait.

rabantur. Puer Papirius in médium (B) Il est ici de quelque importance

curiœ progressus , quid mater audire <f indiquer la source, j La seule au-

institisset , quid ipse matri dixisset , torité d'Aulu-Gelle ne m'empêche-

rem, sicutifuerat, denarrat. Senatus rait pas de m'imaginer que c est un

fidem atque ingenium pueri deoscula- conte fait à plaisir ; mais je n'ose me

tus consultumfacit, ut posthac pueri persuader cela , quand je considère

cum paUibus m curiam ne introcant , que c'est une chose que le grave Ca-

nisi ule unus Papirius (a). Macrobe a ton le censeur à débitée dans une

copié cela presque mot à mot; mais harangue. Afin donc que les lecteurs

il y a joint une circonstance qui soient mieux en état de bien juger de

n'est point dan s Aulu-Gelle : il dit que ce fait, il ne se faut pas contenter de

les sénateurs regardèrent comme un leur apprendre que Macrobe le ra-

prodige de mauvais augure , qui les conte (5) ; tout collecteur de bons

étonna , la hardiesse dévergondée de mots et d'historiettes comme lui est

ces femmes (3). fort sujet à caution. Les bons mots et

o heo omentu honoris rOr ^es Dons contes 8°°^ très-SOUVent des

iti'lrtiS^^ chosei forgées dans le coin d'un cabi-

in a- une pra-irxid prudentiam. Aulus Gelliiu, net. Ceux qui les inventent, ne vou-

lib. I, cap. XXI If. lant point perdre leur peine , les font

{*) Idem , ibidem.

(3) lh non parvtv rei prodigium illam verecun- (4) Sous le mot Papyrius.

di sextu imptulicam imaniam pavescebant. Ma- (5) Dans le Supplément «le Movéri on ne titc

crob. , Saturu. , lib. /, cap. VI. pag. m. an. que Macrobe.

PRÉTEXTÂT. 3i5

courir dans le monde , et pour s'en dames romaines , ne dit rien de cel mieux divertir', et les faire mieux le-ci ; mais il est facile de répondre passer , ils les attachent à certains à cette objection , qu'il en a parlé lieux , et à certaine personnes , avec peut-être dans les livres de son histoutes les circonstances les plus ca- toire qui sont perdus. Disons en paspablesd'en persuader la vérité. Quand sant que cette autre mutinerie fut ces inventions divertissent , et offrent excitée contre la loi qui défendait une manière de médisance , elles les ornemens. On parlait de la sup- 8*im priment dans la mémoire facile- primer. Quelques tribuns voulaient ment, et passent de bouche en bou- qu'elle subsistât; quelques autre* en che. H s'en fait des recueils que l'on demandaient la cassation. Notre Caim prime souvent ; mais les connais- ton, qui était consul cette année (8), seurs se contentent d'en louer l'es- harangua vigoureusement (9) pour prit et le sel, s'ils y en trouvent; le maintien de la loi , et contre la ils ne prennent point cela pour des liberté que les femmes avaient prise faits certains. Voilà ce qu'on doit in- de s'attrouper , et de faire mille vager de plusieurs contes et de plu- carmes dans toutes les rues. Néansieurs pointes qui se lisent dans Ma- moins on cassa la loi : les tribuns qui crobe. C'est donc un témoin neu va- s'y opposaient furent obligés d'y conlable à l'égard de cette émotion des descendre , voyant leurs maisons asdames Romaines. Aulu-Gelle , qu'il a siégées par ces mutines. (10) Capitocopié, mérite d'avoir plus de crédit : lium turbâ hominum faventium adil n'est pas si éloigné du temps où la versanliumque legi complebatur. Machose serait arrivée : mais tous ceux troncs , nulld nec auctorilate, nec qui se contentent de le citer en cette uerecundid , nec imperio virorum , rencontre , manquent de discerne- contineri limine poterant omnes fias ment. C'est Gaton qu'il faut citer ; urbis , aditusque inforum obsidebant : car c'est de Caton qu'il a tiré cette viros depeenaentes ad forum orantes, histoire : il n'allègue point les pro- ut florente republied, crescenUt inpres paroles de ce censeur , il n'avait dies privatd omnium fortuné , matropas alors sous sa main l'original ; ni* quoque pristinum ornatum reddi mais il en rapporte le sens. Historia, pateivntur. u4ugebatur hœc frequendit-tl (6) , de Papifio Prœtextato tia mulierum indies ; nam eliam ex

scriptaque est a M. Catone oppidis conciliabulisque conveneranU

in oratione , quâ usus est ad milites Jam et consules prœloresque, et alios

contra Galba m , cum multd quidem magistratus adiré etrogare audebant.

venustate atque îuce atque munditiâ Cœterum minime exorabilern alterum

verborum. Èa Catonis verba huic utique consulem M. Poràum Cato-

prorsus commentario indidissem, si nem habebant; qui pro lege , quœ

libri copia fuisse L id temporis , quitm abrogabatur, ita disseruit.... (11).

hœc dictaui. Quod si non virtutes Ilœc quitm contra legem proque lege

dignitatesque verborum , sed rem ip- dicta essetUy aliquanto major firequen-

sam seine quœris , ferme ad hune mo- tia mulierum postera die sese in pu-

dum est* Il y a quelque apparence blicur* effudit , unoque agmine omnes

que cette aventure est vraie, puis- tribunorum (la) januas obsederunt ,

qu'un homme de ce poids , le grave q*i collegarum rogationi intercede-

Ca ton , c'est tout dire , la débita dans bant : nec antè abstiterunt y quant

une harangue qui fut publiée. Je sais remis sa intercessio ab tribunis esset,

bien que ce censeur raillait quelque- NuUa deindè dubitatio fuit , quin

fois (7) ; mais ce n'était point le lieu omnes tribus legem abrogarent, anno

ni le temps où une personne comme vigesimo postabrogalaest,quamlata.

lui aurait voulu plaisanter. On m'ob- (8x c/tait Van & nomê 558>

jectera peut-être que Tite Live , qui (9) Voje% sa harangue dam U XXXI F*. U-

n'oublie pas une autre mutinerie des *"* Ïit«-Live » au commencement. .

r (io)Tïuu Lhrius , lib. XXXI F, iniu, pag.

(6) Aulus Gelliiu , lib. /, cap. XXII I. (Xl) Jdem^ ,„»>. , pas. m. 6»5.

(l) Voyt* Baliac , OEnvres diverse» , au Dis- (ia) C'est-à-dire de Marcus et de Publius Brucours de U CoaTersation des Romains , pag. m. tus , tribuns du peuple , qui s'opposaient h la 4q. J'ai rapporté ses paroles , dans ce volume , proposition que leurs collègues voulaient faire , pag. 284 , citation (77) de l'article Po&cms. d'abroger la loi Oppia.

3i6 PR1

Disons aussi en passant qu'il se corn- ' met tant de fautes clans la manière de citer, qu'il serait bon que Fou en donnât des règles. Les plus petites choses peuvent être réduites en art : si celle-là y était réduite, elle remédierait à quelques abus. Je voudrais qu'en donnant ces règles, on marquât jusqu'où les auteurs doivent porter la licence d'ajouter du leur aux faits qu'ils rapportent. Nous avons vu que Macrobe amplifie un peu la narration d'Aulu- Gelle.Uu jésuite espagnol l'a beaucoup

Î>lus étendue : il affirme que ce jourà les sénateurs revinrent plus tard de l'assemblé? , et que ce fut la raison pourquoi la mère de Papy ri us lui demanda quelle affaire les avait tant occupés. Como et negocio era pesado , y los votos no se concertavan , salieron aquel dia los senadores algo mas tarde de su consejo de lo que solian : lo quai fue occasion para que la madre del Papyrio le preguntasse , porque causa se havian detenido tanto en el senado (i3). 11 suppose que cet enfant lit réponse

3ue l'affaire que l'on avait agitée evait demeurer sous le sceau d'un grand secret . jusques à ce qu'elle eût été terminée un autre jour. Ces circonstances ne sont pas dans Aulu- Gclle ni dans Macrobe; je crois pourtant que s'il y a quelque faute à les avancer , elle est petite , et je trouve l'auteur espagnol plus inexcusable d'avoir cité non-seulement ces deux écrivains anciens , mais aussi Alexander a\> Alexandre» , Volaterran et Charles Etienne.

(i3) Juan de Torrr» , primera parte de la Pbilosophia moral de Principes, Ub. I, pag. 5g, édition de Barcelonne , 1598.

PRICE (Jean) , en latin Pricœus , a fleuri au XVIIe. siècle.

// était Anglais de nation , d'une littérature vaste et d'un grand jugement. Apres avoir longtemps voyagé il se relira à Florence, où il se fit catholique

(a) // mourut à Rome , Van

1676 (b). Il avait donné au public plusieurs ouvrages très-doctes

>«) Colomics, Biblioth. choisie, pag. 1^2, édition d'Amsterdam 1600.

I*) Là meme% pag. i{3.

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