‹ Dictionnaire historique et critique de Pierre BayleChapitre 71 sur 142 · TOME XII · texte numérisé non relu

TOME XII

322 PRÎÉZAC. PRYNN.

» fois ce n'est point un péché mortel; écrit long-ternes avant qu'il y eût au

» parce qu'il n'est point contre ce monde aucun jésuite. Il fut dédié à

» qu'on doit à Injustice, ni en vrai Léon X, oui mourut Fan i5*ji. En-

a Jugement, mais qui est usurpés dœmon Jonannes (i3) n'a pas oublié

» voire le mensonge ne sera pas mé- de, critiquer là-dessus l'auteur de

» me péché véniel, si en répondant l'Anti-Coton. 11 le censure (i4) aussi

» cauteleusement, et comme Von dit, de n'avoir pas entendu que V. sfc-

» sophistiquement , il dit quelque cusat. signifiait , non ^ pas la cin-

» chose qui est faux selon le sens du quième accusation , mais V oce accu-

» juge> ma*s 1UL est pra* sel°n \e s*en *' sai*° » au mot Accusatio*

v parce qu'en ce cas , vu qu'il n'est {l3) rjem f ibiJgm f pag. „4.

» pas son sujet , il n est pas oblige de (i4) [dem ibidem ^ pag x ia>

» dire la vérité h son intention ( ). nn¥l%„ kn/T. s .7

» Faut entendre que par ce jugement AL f Daniel de), conseil-

» qui n'est pas vrai jugement, ainsi [er d'état ordinaire , né du chd-

» usurpé sur ceux qui ne sont .pas ^ de priézac en Limousin (a) ,

Ww Z iCtViïïvlu »r fotchoui l'an ^ pour remplir

» et principalement sur les jésuites , la seule place qui restait du nom-

» qui ne sont pas môme sujets aux ore de quarante dans l'académie

* evéques (u). » Le jésuite Eudae- françînse tfy \\ est auteur de

mon Johanncs avait allègue ces paro- , J ,. ' , . -, mourut

les de Priérias dans son Apologie de P;usieu.r* ,lvres l ' et 11 m°uriU

Garnet. Or voici ce qu'il a répondu l an 1002.

à l'auteur de l'Anti-Coton. Syl- Pellisson.Hist. de l'Académie française,

vestri veiùa profers non injideli- pag. 33^.'

ter sed gallicà pervertis potius Là mime, pag. *2Q.

ces ou-

véniel? Imh inquit die, non ertt w yra„cs im?r[més 80nt : Les Obser-

etiam veniale si respondendo, etc. lu n contre le /lVre Je Melrose ,

ut mendaciis tolus scates de tuo n in(Uul(: . Philippe le Prudent ; Vin-

Verbisejusmendaciumaddidisti , cum % GalUcœ . lrois ^/^^ des

ita verteris raendacium non ent pec- w pnW/r>es de la Vierge ; DUcep-

catum veniale. Nunauam somnvavit }) ^ u°uima in cont,wersià motd

vir ille mendacium ullum esseposse, w .^^ j(postoi{cœ Camerœ cognito-

quod peccalum minimum veniale non u rftm ^ctorem ^ et eminentissimos

» en compose maintenant (2) un sem cond. » Notez que le Vindiciœ . . |, » GalUcœ est une réponse au Mars

et non pas Eudaemon Johannes. 11 n Qallicus deJansénius. commet en ce cas-la une bévue ; car le livre d'où a été prisle passage allégué dans l'Apologie de Garnet fut W«- ^

(1) PellUson , Histoire de l'Académie française,

Ig. Ml. 354.

(a) M. Pellisson écrivait cela Van »65a.

H Ou ando îuridicè non procetlit , vel quia ac- .,r-T«T , ~ \ • ■

cusatus ei non est suhjectus simpliciter , vel m PRYNN ( GUILLAUME ) , JUriS-

hoccasu%aulqudcunquealiâdecausd,tunch~ lfp anffla;s fif extreme-

cet mendacium sit illieitwn , non lamen est mot-- COUSUlie anglais» , 111 CXU Clixc-

tale, quia nec contra debitum justifia* , nrcestin ment parler de lui durant les

iudicio yen, sed in usnrpato. Iinino non ertt i l Ter . J

etiam veniale si respondendo cautelosh et ut guerres de Charles 1 . et OU par-

aiuntsophisticedùataliquidfalsumapudsen- Jement \\ entrait danS SOn Cajuin judtcis et apuu snuin ve u •

(it) Aoti-Coion,^. »4- ractere beaucoup d inconstance

(ia)Eudamoo JoWe», Anti-Colon, Confu- ct ^y^up d'impétUOSlté. H Se lat. , cap. III, pag. tij. r *

PRYNN. 3*3

déclara d'une manière si violente ministre de Bâle semble dire qu'on le

contre les épiscopaux , que ses «^d**1113 à être exilé hors du * . *~ . ' . • vieux monde, et à être transporté procédures passèrent pour cnini- ^ quelque ,'lede rAfnerique ^

nelles , et 1 exposèrent a une il est plus raisonnable de croire qu'il peiue ignominieuse; car la sen- a entendu qu'on le condamna à pas-

tence de ses luges porta qu'on lui 8er ses iours dans un cachot. Joici i J ° *n ,jK n î ses paroles : Author noster Pryncouperait les oreilles (A) Cela nus f Bastwicus et Burtonus, uLm fut exécute , et lui servit de beau- facultatum doctores , quod contra Coup lorsque les choses furent istamtyrannidemhiscereausi fuissent portées à une rupture totale en- auribus mutilait, extra anni solisque \ i • . i r i . TitfL* *'mm expulsi sunt guo loneâ tabe Dette le roi et le parlement. Il fut nmm,n£,r Voici un passage de

regarde comme un confesseur M. Baillet, qui nous apprendra le illustre de la bonne cause , qui temps et le lieu où Guillaume Prynn

portait sur son corps les flétrissu- eut \es °[eilles c°uP^e?- 0n, v verra 1 , • , r f -i ii aus« piques autres faits : c est pour

res glorieuses du pur Evangile. 11 cel#Ciue je le rapporte tout entier.

fut l'un des membres de lacham- « (a) L'on trouve à la ve'ritë un Aw-

bre des communes , et fit parai- M ti-Arminianisme de Guill. Prin ou

tre beaucoup d'animosité contre' * Prv.nnf 5 mais li}re atîatlue , r. , . » moins la personne des doematisans,

le parti royal : néanmoins , ou „ oue ia nature ct Ja *usfoté dcs

par inconstance , ou pour quel- » dogmes des remontrans. Son ouque mécontentement particulier, " vrage ne, teiQd ç[u'à montrer la péril se radoucit avec le temps, et * Pituite du sentiment de iapredesti- , . » i» • ti w natlon absolue, telle que la tien mérita qu on 1 emprisonnât. 11 „ nent jes contre-remontrans. Il y a

composa un petit livre dans sa » apparence que ce M. Prynne est prison (B) , où il représenta for- * If même que ce fameux adversaire

tement aux parlementaires qu'ils » fe.iIll^n^^'f'T ' V^n . . t . *. • i ' M ticuhercment de linfortune Guill.

ne devaient point faire le procès w Laud,archevéquedeCantorbéri(3). au roi ; et que l'armée , qui op— » C'est le même qui eut les deux primait la liberté du parlement, w oreilles coupées par la main du

Stait dirigée par les conseils des " ^w^^T la, co,ur/ • pal*/S . , . p. » de Westminster , le 3o de juin de

jésuites. Il avait deja tait un h- „ pan 1637, pour sa tragédie du Viovre pour animer le parlement à » lemcntdu Sabbat, et de l'état des exterminer par les lois pénales » evéaucsj et . qui 1 ayant été condamné

tous les sectaires qui formaient » *"^le l «^/Ï'H"*^ - . * n c. » un médecin nomme 15astwick , ct

1 indépendantisme ((j). 5>i ce » un curé de Londres nommé Bourqu'on lui attribue touchant Tau- » ton, fut jeté dans une prison qui teur de l'incendie de Londres M dcvait êlrc perpétuelle. Mais les

(D) est véritable , C'était Un ho m- (1) Wolfgangus Meyeriu, S. Th. D. et Verbi 1 • • • • 11 divini in ecclcsia Baril, minist. senior, episL de-

me bien visionnaire. 11 a com- dicator. FuWmcnti Giadii.

posé une infinité de livres, ou (2) Bai,,et» dans ses Ami, n«m. ss.

- 1 /» - a 1 j 1 (3) Voici un passage de M. Smith, in Vitl

il rait paraître beaucoup de lec- camdeni , pag. 56. nio ( ArcHepucopo Laudo )

lure (E). Il mOUrUt le ?4 d'oCtO- i»5we^";1«tay.M' puliclmn. Primais ob*v

' ' ; ( / «litioso» libc»Uos stijtmate jnustus, mi D. archiepiR-

Ore lofx), à 1 âge de SOIXailte Ct coyi «rrinia , liim ut si quicquam , qnod flclis cri-

r * v minibus ohji;rti» aliqualenainduccretcolorem, oo-

neut aUS {Cl)* cnrrissrt , indè excerperrt, tu m ut quantum ernt

r iv tv iv documenlorum , quod Viro innocent^iinio iisdem

(a) \Vitet in DiarioBiograph. dilurmlia , riim pro tribnnali sistendus css«t , de

. k r . capite dictunis, usui e*sc potnerit, quoque anfer-

(A) La sentence des juges porta re{ anim(> roaifvolo involavit. Voyez l'article qu'on lui couperait les Otvilles.~} Un C*jiDr.r* , tom. IV , paç> 3^6, remarque (M,'.

324 PRYNN.

» troubles du royaume étant surve- Voici le titre de l'ouvrage : CuiVielmi » nus , il fut mis en liberté à la mort Prynn Angli , Armigeri aulœ Lin- » de Charles Ier. et même associe aux colnien$is,FulcimentumGladii Chns- » membres du parlement (4)< H Ht tianorum Regum , Principum et Ma- » depuis un nombre prodigieux de gistraluum : quo ipsorum ffœreticos , » livres, la plupart en langue vul- Jdololatras , Schismaticos , Sectarurn v gaire , et fut fait carde des Archi- Authores , et Blasphemos, pro crimi- » ves de la Tour de Londres. 11 mou- nis gravitate punie ndi authoritas , jus » rut il y a environ #dix-huit ou dix- ac poteslas testimoniis V eleris ac JYo- » neuf ans. » vi Testamenti, edictisetpraxichristia-

(B) Il composa un petit livre dans norum Imperatorum , Regum, S ta-

pour titre : Syllose variorum frac- 7""OT recentioris Ecclesiœ Doctorum,

taluum , anglico quidem idiomate et et Politicorum, contra liodiernos Ec

ab auctoribus anglis conscriptorttm, desiœ Anglicanœ turbatores, vete-

sed in linguam latinam transMlo- rum Donatistarum , et Monastenen-

rum- quibùs Caroli Magnœ BrUan. smm A nabapttstarum œmulos t soli-

Frnnctœ, et Hiberniœ régis innocen- dissimè vindicatur. Tout ce qui se

peiratum, a pseuao-parlamento et • , a«i«i , » w>aHo ,

perduelli exercilu luce clarius de- décision des docteurs, celle des con-

claratur. Accessit responsum per- fessions de foi. Le père de Sain te-Mar-

necessarium ad declamalionem scu *he , bénédictin français , s est fort

pwvocationem M. Johannis Cooke. servi de ce livre pour j .istiher le droit

Auctore I. f. A. R. L'écrit de Guil- de la suppression de l'Êdit de Nantes.

laume Prynn est intitulé -.Brève Me- Voyez sa Réponse aux plaintes des

mento ad prœsens Non-Parlamenta- protestons , ou l'extrait que M. Cou-

rium conventiculum, tangens ipsomm sio en donne (6). Des 1 an 164 3 Prynn

prœsentes intentiones et processus ad s opposa avec beaucoup de vigueur

deponendum et supplicia ajfficiendum indépendans, emi s'imaginaient

CarolumStewardumlegitimumsuum q«e l'abolition de l'épiscopat serait

resem ; per Guilielmum Prynnium , ioutile , ou même préjudiciable , si

Armiserum , membrum domUs corn- après cela l'on devait être soumis au

mnniùm, et captivum sub exercitds gouvernement synodal des puritains.

tyrannide ; qui, ut apparet, arma Voici ce que Vossi us écrivit â Groti us

fert contra domos parlamenti , suos *u mois de septembre i643. Unutn

quondam Dominos : quarum membra est *n Qu<y non sat^s convemat illis ,

nunc violenter tapit et detinet capti- V" episcopis opponunt. Multi om-

va , durante ipsorum illegali licentiâ. nem regendœ ecclesiœ potestatem pe-

Celui qui le traduisit en latin obser- nes pwsbyUsrale collcgium esse vo-

ve que c'est l'ouvrage d'une personne ^unU uei%° aiunt hoejugum gra-

très-peu attachée au roi (5). u\us cpiscopali. Quare conlendunt,

,ns a . - t t - singulisideommittendumeeelesiastisy

(C) A exlcrnuner par les lois pena- # t n . , '

. v { , „ -,r . r r . . ut secu/idum Lfei verbum , nopuLum

les tous les sectaires qui formaient . # ,M . ? . ,

. , . t 11 7i mV „ i:„«« doceant, et guùernent. Atque sic ab

l indépendantisme J 11 dedia ce livre ■'/■; n . » .J* ... , .

nistre suisse nommé Wolfgang Méyer. (6) Dans U Joaroal des Sârans, du »6 d'avril

tGS8. Voyet aussi {'Histoire des Ouvrages des

(4) H avait rte délivré de sa première prison Savans , mois de mars 1688 , pag. 384auparavant, et associé à la chambre des corn- (7) C est sans doute une faute d'impression : mîmes. lise% Prynnius. Les lettres de Vossiua sont lou-

(5) Quam injuste, perfide , perjurè, crudeliter tes pleines de semblables fautes quant aux noms hirc gesla sint in unelum dornini , auclor hujus propres, fous trouverez h la page no des Lettres scripti quamauàm omnium minisnè régi ubnoxius reçues, Thestresaito , pour Mcstretatio. C'était ib'rrimi et Jïdetitsimc rxponit. Mestretat, ministre de Paris.

gna adeb in parlamento est authori- nenlur *. Rapportons quelques pareras , prions esse senlentiœ dicitur , les de Schoockius , qui témoignent sed multi hdc parte ei aduersantur , aue Ton a donne' à Prynn la louange qui cœlerd concentre videntur. Est- d'avoir lu beaucoup , et qui le feront que pluriinorum id jiulicium, utcun- connaître pour un puritain rigide, que infractd omni régis potestate , et qui ne pouvait pas même souffrir que abolito episcoputu , geminum agerent Ton bût à la santé les uns .des autres. triumphum , eos inier sese mox corn- (13) Is est qui augusto elogio ab eomissum iri ; quia multi non a presby* dem ( D. Voetio> condecoratur in disterii potestate minus, Quant epLscopo- put. de Ebrietate , et quidem secunrum abhorreant (8). Voilà une mar- dum ha ne formulant : Diffusa? erudique du penchant des hommes vers tionis Jurisconsulte Gull. Prynn , les extrémités. Une partie des adver- (i3) cùm generis nobilitate, tùm rari saires de l'épiscopat voulait abolir les pietate conspicuus , in Tract. Angîiclasses» les colloques, les synodes co , adversùs salutes conscripto. Aipresbytériens, et prétendait que ce 1er hic Pvynnii{de quo viro ante aliîoug était plus insupportable que ce- ouot annos tam amplus rumor per lui de la hiérarchie. Prynn s'opposa Britanniam ei Belgium fuit ) si resfortementà ces gens-là , et, s'il en eût pondent ejusdem Tractatui de Snece'té cru, on les eût punis corporelle- taculis (nam hune solum vidi) , <//. renient. Voyez son Fulcimentum gladii. rim , diffusant eruditionem Authori

(D) Ce qu'on lui attribue touchant ( licet hic ipse à D. Voelio oslenletur l'auteur de l'incendie de Londres.] Si ut nobilis) nspondere scopis dissolu* ce que je vais dire n'avait pas été un- tis , atque seruirc confirmando dicto primé, je ne le rapporterais point, vulgato, quodeam solam vimfortetn

a Cette pensée me fait souvenir esse agnoscit, quœfuerit unitâ. Fue-

» de l'extravagance de Guillaume ritne verb Prynnius pins soins Deus

» Prinn, anglais Ce fou soutenait novit , quiim D- Voetius quandofa-

» à un gentilhomme de mes amis qui *et , nimis quant liberalis sit in tilufo » me l a redit, que c'était le pape illo concedendo. Certè , hoc non pos- » Alexandre VII, qui avait mis le feu sum cognoscere ex ejusdem libro de » à Londres en 1666 , et qu'il était Spectaculis , nisi pariter Pharisœi » passé en Angleterre déguisé en piifuerint agnoscendi , eo , qubd cu- » charbonnier (9). » minum et anethura decimarent.

(E) // a "composé une infinité de t

livres, OU il fait paraître beaucoup de * Chaafcpié , dans le Supplément qu'il a donné

lecture.] Voici ce qu'on trouve dans tn**1'' ' C°mpri5 h ^U *" °UV^

le Diarium du sieur WittÇ (10) : („) Martin Scnoockius, Exercitat. variarum

Guil. Prynne , Anglus, Swaiitswca- pag. 3oa , edit. iG63, ù»-4°.

Somersetensis , CollegU Oricletisis (»3) L'édition de ce tteZ><.nmte de Ebrietate dont

Oxoniœ Commensalis , Artium Bac i*m0 ur* \ c'est celle der lJf 7 > au 1 yt-

. r-i • J Disput. selrctar: vaç. 5oi), vorW seulement ,

calaureus..... Libnquos vani admo- Dlf£atK leclionia ■ /uSconsulu £ul. Prynne io

dkm, Theologici mmirum , Historici, tractatu, etc. Politici y et Polemici arguments con-

scripsit ad 170, adversaria potius PRIOLO ( BENJAMIN ), en latin

quam opéra muncupari merentur , pri0lus , auteur d'une histoire

^lr/^tr: E^ïTcZ *° «•.»?«

scriptos moriens Hospitio Lincolnien- Louis Al II jusques a I année si quod Londini est , legavit , qui vo- 1664 , naquit à Saint- Jean d'An* luminibus xxxyu. in-fol. et 4°. conti- geli le Ier. de janvier 1602. Il

«) Vossio*, epistou ccccLXii, pag. m. 409, descendait des Priuli , ou Priot\r r a u a n-n,~A maison illustre quia don-

(0) Le Grand , Histoire du Divorce de Henri J t I f ,

VllI, roi d'Angleterre, pag. 8a de la suite de la ne quelques OOgeS a la republl-

7 ooM^U octobr. xG6>). q"e de Venise (A). Il n'était âge

(11) Voila un adeo qui n'indique pas une bon- que de quinze ans , lorsqu il ne conclusion , car let œuvres de Ta stagne res- 1 ' . rn __î-^ 0 1

semblent pas à des Adversaria. PCr.dlt SOn pei C et Sa mere , e t

cela sans doute augmenta les des Grisons. M. Priolo se trouva difficultés qu'il eut à combattre dans tous les combats , et y paya dans le cours de ses études , et de sa personne et à pied et à clîequi ne ralentirent point l'arden- val (b). Incertain de sa destinée te passion qu'il eut de devenir après la mort de ce duc, il se docte. Ce fut une avidité si ex- retira à Genève , marié depuis cessive , qu'il donnait souvent trois mois à Elisabeth Michaéli , à la lecture sàus interruption les d'une très-noble famille (c). 11 jours et les nuits (a). Il étudia acheta une terre à Sacounpt propremièrement à Orthez , puis à che de Genève , et s'y reposa des Montauban , et ensuite à Leyde. fatigues et des agitations de sa Il profita des leçons de Heinsius vie précédente. Le duc de'Lon— et de Vossius , dans cette der— gueville le tjra de ce repos quand nière ville , et , par une appli— il fut nommé plénipotentiaire de cation de trois années, il se rem- France pour la paix de Munster, plit de la connaissance de tous car ayant souhaité de l'y mener les historiens , et de tous lespoë- commeune personne dont l'esprit tes grecs et latins. L'envie de et les conseils lui serait d'un grand voir et de consulter Grotius fut usage , cela fît résoudre M. Priocause qu'il fit un voyage à Paris , lo à quitter Genève , et à s'éla— après quoi il s'en alla à Padoue , blir à Paris (D). Il s'arrêta six attiré par la.haute réputation de mois à Lyon , et y conféra sou- Crémonin et de Licétus , sous vent sur la controverse avec le lesquels il apprit à fond les sen- cardinal François Barberin. L'eftimens d'Anstote et ceux des fet de ces conférences fut que autres philosophes de l'antiqui- lui, sa femme, ses enfans et ses té. Il retourna en France, d'où domestiques, abjurèrent la reliil repassa en Italie pour s'y faire gion protestante , et communiereconnaître parent légitime de rentdela main de ce cardinal à la maison Prioli (B). Il s'atta- la même heure. Il ne goûta pas à cha au duc de ftohan (C) , qui Paris une longue tranquillité ; était alors au service des Véni- car la guerre civile ne tarda guètiens , et il se mit si avant dans re à commencer, et il s'engagea ses bonnes grâces , que ce duc dans la faction des mécontens , n'eut point de confident plus in- et ce fut la ruine de sa fortune time de tous ses secrets que lui (d). Voilà ce que je tire d'un pendant tout le reste de sa vie. écrit latin composé par Jean Il l'envoya deux fois en Espagne ^) in nhœtiâ et Teiiihâ faite, cùm Gai-

POUr des négociations importan- armis prmesset Rohanius , Priotus ont-

f «. 1 • 1 • j/*. â nia pro nutu versavit. Pratliis variis iiiic

tes, et lui laissa le SOin de toutes chm Germanis et Iberis certatum t ubique

Sortes de détails , pendant qu'il interfuit : pugnavit eques et pedes. Joann.

commandait les troupes de Fran- R\f ST" 'J3£

Ce dans la Valtelilie, et au pays sel Elisabelham Micheliam, Ulustri génère,

scilicet alavis éditant princibus Lucensis

(a) Tnnta fuit in Mo discendi intempéries Reip. et Micheliis patriis Vendis , undè

ut noctes diebus continuaret evolvendo quid- Principes non pauci, Joanncs Rhodius , de

quid voluminum edidit Romana ont Graux Vitâ Benjam. Priol., pag. 4»

vetustas. Johannes Rkodius , de Vilâ Benja- (d) Tiré de Rhodius, de Vitâ Benjam i ni

mini Prioli , pag. 3. Prioli.

PRIOLO. 3a7

Rhodius , et imprimé à Padoue , cette particularité que comme Pan 166a. Les particularités qui un exemple du malheur des geus suivent viennent d'ailleurs. Aveu- de lettres. Ce fut pour le plain— clé du brillant de Monsieur le dre et pour accuser les caprices Prince dont il avait pris le parti, et les injustices du temps, qu'ils il ne voulut point répondre aux alléguèrent cela à propos du li— bontés dont la reine mère le vre de Piérius Valérianus , de comblait , ni prêter l'oreille aux Infelicitale Litteratorum , dont grandes promesses du cardinal quelqu'un de la compagnie avait Mazarin. De là sortit son mal— fait mention. J'efface aussi le lieur : il fallut qu'il se retirât passage du Sorberiana que j'a-* en Flandres ; son bien fut con- vais rapporté : j'ai connu par de fisqué , sa famille fut exilée, bonnes instructions que Sorbière Étant rentré dans les bonnes s'est trompé grossièrement ; on grâces de son souverain , il ne n'a qu'à voir les remarques que songea plus qu'à vivre en homme j'indique (e). Je Peusse réfuté privé, et dans la culture des dès la première édition {f)^û lettres , et à s'appuyer sur les dé- j'avais eu sur cela les connaissanbris de la tempête qu'il venait ces nécessaires. M. Priolo laissa d'essuyer. Ce fut dans ce genre sept enfans, qui perdirent par sa de vie , et pour dissiper ses cha- mort les pensions dont il jouisgrins, qu'il composa (E) , avec sait; mais son nom les a souteune liberté fort éloignée de la nus, et ils le soutiennent à leur flatterie , une histoire (F) qui a tour, et se trouvent depuis longété imprimée plusieurs fois , et temps très-bien établis (H). Je dont l'édition de Leipsic, 1686, ne sais si l'on fera voir le jour est la meilleure de toutes (G), aux livres qu'il se proposait de On le fit rentrer dans la carrière publier (ï). C'est dommage qu'ils des négociations ; car en 1667 , n'aient pas été imprimés. Je il fut chargé d'aller à Venise pour rapporterai quelques-unes de ses une affaire secrète. C'est ce qu'on maximes (K) , et je marquerai le a su par la lettre de créance qui jugement qu'il faisait de Cicéron fut trouvée parmi ses papiers, et de Tite-Live , et des autres et que M. de Lionne lui avait plus célèbres écrivains de l'anexpédiée. Il n'acheva point ce cienne Rome (L). voyage; l'apoplexie dont il mou- ^ fa u<a M(Ti)<Uea rut a Lyon l en empêcha. J avais article.

avancé sur un ouï-dire qu'il était (S) v°y^ la remarque (Bj vers lajin. mort à l'hôpital , mais je corrige (A) // descendait des Priuli ou cette fausseté dans cette seconde Prioli , maison illustre qui a donné

édition , et je puis protester sin- d°Ses h {? république de

' 1 . r, . j'i-.' yeniseA Antoine Prioli, neveu de cerement que ]e n avais débite lacreNT et de Jérôme Prioli , frè-

cela que selon l'esprit de ceux qui res , et successivement doges de Veine l'avaient dit à Genève ; gens nise , vint fort jeune en France sous que j'avais lieu de croire bien le règne de Henri 11 avec un ambas- ■ c ' f . j 1» . « sadnur de la ta mille Lauredano , son informes, et qui ayant de 1 esti- oncie maternel. 11 devint amoureux

me pour cet auteur n'alléguèrent de la lîlle d'un gentilhomme de Sain-

tonge qui était a Paris pour un pro- teur, qui était un gentilhomme béar* cés de conséquence. Il l'épousa, et nais nommé M. de la Roque /assure Payant menée à Venise, ils furent tous que les Prioleau [c'est ainsi qu'il ordeux si mal reçus de la république thographie ( 3 ) ] de Saintonge èt et de la parenté, qu'on ne songea pays Rochelois ne sont point sortis de qu'à faire casser leur mariage. Ou Venise, comme quelques-uns d'eux se 1 eût fait casser effectivement selon sont titrés en grand nombre d'actes les lois , si l'ambassadeur qui repré- sous le règne d'Henri III ; mais que sentait en France le corps de la repu- c'est une noblesse ancienne qui a eu blique n'eût pas signé le contrat de volonté de descendre des Vénitiens mariage , de quoi il fut censuré par par la ressemblance de son nom avec un décret de l'an 1 554 > et l'on pro- celui de la famille des nobles Prioli, nonça qu'Antoine et sa postérité se- qui ont donné deux princes. Ce pasraient exclus de toutes les charges du sage, quoiqu'il contienne une faussesénat. Ce mauvais succès le porta à té , réfute invinciblement le Sorbequitter Venise, et s'étant assuré de riana. La fausseté dont je parle paraît ses effets , il revint en France , et fut manifestement par le succès qu'eus'établir dans la province de sa fem- rent les soins de Benjamin Priolo de me, à Saint-Jean d'Angeli. Il sortit prouver son extraction des Prioli de beaucoup d'enfans de son mariage , Venise. Le Mémoire généalogique l'aîné desquels , nommé Marc , fut qu'il présenta ayant été examiné , la père de Jolien , et celui-ci de Benja- république prononça pour l'expédimiit , qui est le sujet de cet article, tion d'une patente qu'il reçut de Julien se ruina par ses quatre ma- M. Grimani , ambassadeur en France riages, et par les dépenses qu'il tit à l'an 1660, avec une chaîne et une la guerre , étant premier officier du médaille d'or de trois cents pistoles. régiment de la Force. Benjamin était Le sénat, par cette patente, le recon* sorti du quatrième mariage. Il a mar- naît pour noble chevalier vénitien, qué le nom de son père au bas de la Les armes de la maison Prioli sont en taille-douce qu'il lit graver par le blason joignant au sceau, et autour, célèbre Pitau , et qui fut mise au-de- Non data, non concessa , sed adnata, vant de son Histoire de France , et senatus decreto. Le titre est aussi laqui se vend encore aujourd'hui chez tin , le reste en italien.. M. Priolo rcles imagers. La souscription porte eut en ce même temps une lettre de Benjaminus Priolus Santo. Juliani conjouissance de Laurent Prioli, pro- F+ Eaues V enetus , Rerum Gallica- véditeur de mer , qui était alors chef rum ôcriptor florentissimus. Ceci fait de la famille.

roir les faussetés de Sorbière à l'égard \\ est à remarquer que la républidu père de Benjamin Priolo. qiie de Venise est le lieu du monde Cette famille s'augmenta considé- ou ies bâtards des nobles soient plus rablement , et fut naturalisée sous rejetés et moins reconnu?. Leurs pè- Charles IX , comme une noblesse res mêmes les méconnaissent et les étrangère, et embrassa entièrement abandonnent ; car ce n'est pas la cousous Henri IV la religion réformée : tlime des nobles Vénitiens d'avoir des elle a donné même plusieurs minis- amours d'attache ; ils s'adressent aux très de renom (i). Elle fut sollicitée courtisanes, et ils s'associent pour

Sar une lettre (a) du doge Léonard en entretenir une. C'est une précauonato de retournera Venise, et se tion qui les préserve de la jalousie, soucia fort peu de le faire, se trou- Mais si ce commerce produit quelque vant bien établie en France. Elle ne enfant,ils le renoncent tous, personne s'embarrassa plus de Venise, mais on ne daigne se l'approprier (4). peut prouver qu'elle a toujours prétendue eu être venue: on le peut, P) Je sait âe honne Part <1W q^lqwts

j • i très de ces quartiers-la écrivaient leur nom Prio-

dlS-je prouver par lin passage du Mais il faut savoir que , la prononciation

livre de< Recherches de la noblesse , e'tant la même dans la plupart de la France soit

imprimé à Montaubail en l6l6. L'aU- qu'on écrive Priolo , soit qu'on écrive Prioleau ,

• et les Français ne pouvant guère s'assujettir a

(t) Un neveu de Benjamin a été ,ninislre de l'exactitude il n'est pas ,'tr ange que l'ortkvgra.

l'église de Niort. ait varie dans cette fatndle.

(a) Datée du i5 d'avril 1608. (4) Tiré d'un Mémoire manuscrit.

(B) II repassa en Italie pour s'y dominatrix ! agnosce tuum civem , faire reconnaître parent légitime de vel solo nomine Prioli tfbi dilectum. la maison Prioli.] C'est ainsi que je Au reste , je supplie ici mes lecnaraphrase ces paroles latines de teurs de bien prendre garde à ce que Jean Rhodius, in Jtaliam revenus est, je m'en vais dire. Il y a une diiïéquaerendis apud Venetos originis suœ rence trés-notablc entre les autres vrimordiis (5). On ajoute que le sénat dictionnaires historiques et celui-ci. de Venise Ht un accueil trés-favora- Je ne me contente pas , comme Ton ble à chevalier ,

Ï>rérogati a république ne le souffrant pas , à que j'ai peut me le permettre , les cause qu'il descendait d'un Antoine faits les plus singuliers, les plus per- Prioli qui avait épousé hors de Veni- sonnels , les iugemens que l'on a «orge une étrangère. Blandè acceptas h tés de ceux dont je parle, et les fausenatu , J'actus eques, sed exclutus tes que l'on a commises sur leur susui prœrogativd, quoniam jet. j'examine, je discute, je prouve, us Priolus ejus avus paternustf je réfute selon 1 occasion. Mais quand qui Princeps fuit Reipublicœ Vene^ je n*ai pas des preuves pour réfuter torumy non potuitlegUimum matrimo- une fausseté, je suis contraint de la nium extra urbem et cum exterd con- laisser sans réfutation , et mon silentraxisse saluis patriae le gibus (6). Cet ce à cet égard-là n'est point un signe auteur a tort de dire qu'Antoine que je me rende garant des faits que Prioli fut doge, et il devait le nom- j'allègue. C'est à ceux dont je rappormer non pas aïeul mais bisaïeul de te les paroles , et <jU>nt je cite les ou- Benjamin. 11 se trompe aussi à l'égard vrages , à repondrp de ce qu'ils ont du temps ^ la patente du sénat, qui avancé. 11 me doit tarare de réfuter recoi

gêner is Anionius

•on éloge , que JJl. friolo s'était tait mes prop ecclésiastique depuis la mort de sa ront de jour en jour. C'est à quoi je femme (7) , c'est une très -grande suis très-constamment disposé, et fausseté. Pon ne saurait me faire un plus grand

Voici deux passages qui peuvent plaisir que de me communiquer les donner du poids aux choses que j'ai preuves et les éclaircissemens néecsexposées dans la remarque précéden- saires , pour rectifier les erreurs (9) te. M. Priolo parlant de la ville de d'autrui insérées dans cet ouvrage Saint-Jean d'Angéli fait cette petite sur la foi de leurs auteurs. On me digression. Ibi mea infantia vagiil , trouvera toujours prêt à faire agréahic aerem primum hausi. Hœc terra , blement ce que la justice et la vériLé mihi atavis f^enetis , iisque illustri- demandent. Je puis parler là-dessus bus , nescio quo casu , primum tacta, positivement : je me suis sondé, et Si décora meœ gentis a me intermissa j'ai des preuves d'expérience et de sunt , forsan nepotibus instaurabun- sentiment. J'ai par exemple été trèstur; etSant.'Angeliumolim mealum- aise d'avoir en main de quoi convainno gaudebit (8). Vous voyez qu'il se cre, ou d'imposture , ou d'illusion , glorifie publiquement de la noblesse l'auteur du Sorbériana , au sujet du de son extraction vénitienne. Il le père de Benjamin Priolo, etc. J'ai fait aussi dans l'épître dédicatoire de une autre observation à proposer.

son ouvrage à la république de Ve- Un mensonge désavantageux à une

nise. O patria ! dit-il, 6 vasti pelagi famille honorable serait méprisé, s'il

(5) JoWe, Rhodio,, de Vit. Bcnjamioi Prio- 5° Çf™*»"4 <Tue tlanS ^ V*™

li p ' J fugitive qui passe comme un éclair ;

(6) /(/rm, ibidem. mais s'il se trouve inséré dans un

(7) ip'cpaterse sacris addixit nnun hurnana- gros volume, et principalement daus Sem^! ^T™'' p€rvicacil > in*rati' Id' cette espèce cVin-folio que l'on nom-

(8) Priolo», de Rebut Gtllicîs, lib. VI , niun. (9) Ceci doit aussi s'entendre des erreurs qui , yag. m. *83. peuvent venir de moi.

33o PR10L0.

me dictionnaires , il devient plus ensuite sous la qualité de secrétaire chagrinant. Car cette sorte d'ouvra- (n) comme on rassure dans le Serges abrègent si fort par leur ordre al- bériana. J'ai appris qu'il n'eut jamais phabétique les recherches des eu- d'autre qualité dans ce poste-là que rieux , qu'on les veut avoir dans les d'être le tout de ce duc, et qu'il n'eut

Setites bibliothèques aussi-bien que jamais d'autre connaissance de la mé-

ans les grandes, lors même qu'ils ne decine que celle qu'on peut acquérir

sont pas bons. Il y a donc lieu de par l'étude générale de la philoso-»

craindre aue ce qu'ils contiennent ne phie.

se répande partout , et ne dure à (D) Cela fit résoudre M. Priolo a

perpétuité. Mais il faut se souvenir quitter Genève , -et a s'établir h Pa-

pour le moins, quant à mon ouvrage, ri?.] Tous ceux qui liront ceci avec

que les témoins d'une chose ne se attention y trouveront du désordre,

multiplient pas sous prétexte que je et seront mal satisfaits d'un récit ou

rapporte simplement ce qu'un autre il y a tant de vide , et si peu de liai-

a dit. Si je le rapportais sans citer son. Ils s'en pourraient prendre à moi

personne , je m'érigerais en nouveau si je n'avais pas le soin de marquer

témoin mais citant comme je fais les la faute de Rhodius , et d'y apporter

propres termes des auteurs dont jje du remède. Cet auteur a fait voir ici

mets les noms en note , tout se réduit qu'il est plus facile de composer en

à l'autorité de ces gens-là. Une pièce bon latin l'histoire abrégée d'un horrt-

fugitive, un livret terminé en ana, me illustre, que d'empêcher qu'il

un ramas de plusieurs recueils indi- n'y ait de trop grands sauts , ou trop

gestes trouvés dans le cabinet de Sor- de lacunes dans la narration d'une af-

bière. et contenant des discours va- faire. Quelle manière de narrer est-ce,

gues de conversation , ne deviennent que de dire qu'un homme fut s'établir

point un écrit de poids sous prétexte à Paris , parce que le duc de Longne-

qu'on les cite dans un gros volume, ville le voulut mener à Munster , et

m continuent d'être tout ce qu'ils que de ne pas marquer s'il accepta

étaient auparavant , et rien davanta- les propositions de ce duc ? Longavil-

fv. Et notez qu'il n'y a point de ma- lanusdux adconventumMonasteritn-

tière sur quoi les discours de conver- sem cum summd potestate de pace

sation soient plus trompeurs, que sur legatus iturus , eb Priolum invitant,

l'origine des familles. Car dès que ejus operd et consilio usurus in tant

quelqu'un s'élève , l'envie de ses voi- arduo negotio, Uinc illi decretum Ge-

sms d'un côté , ou leur flatterie de neuâ relictd irreuoeabilem pedetn Lu-

l'autre , forge bientôt ou des fables tetiœ figere , quo totam familiam

désobligeantes , ou des fables obli- deduxit. Lugauni sex menses i*eman-

geantes, qui courent de bouche en sit Non dia tranquille Lutetiœ

bouche, mais avec cette différence egit, cùm derepentè studia partium

que les mensonges satiriques se ré- exarsére , et bella ciuilia cœpta

pandent plus, et sont plutôt crus, Pour remplir le vide crue cet auteur

que les mensonges flatteurs. a laissé , il faut que je dise que M.

(C) // s'attacha au duc de Rohan.] Priolo partit de Genève pour se ren-

L'expression de Jean Rhodius, incidit dre a Munster selou le désir de M. de

illic in tnfeticem Rohanii ducem ( i o), Longueville. Il y demeura environ un

doit être rectifiée. Elle semble signi- an , et puis il s en retourna a Gene-

fier que le hasard donna lieu aux ve , d'où il passa en France pour s'é-

premières liaisons de ce duc avec tablir à Pans. Il lia à Munster une

n'entra point chez ce duc en qualité une réponse fortdévote, accompagnée de médecin, et qu'il n'y fut point {ix)r>rtnlalni donne. Foyc* ci-dessous la ci-

talion (17).

(10) Johanncs Rhodius, de Vitâ Beojamiui (12) Hhudius , de Vitf Dcnjamiui Prioli , pag. Prioli , fMg' 4- - /ici 5.

» PRIOLO. 33i

de quelques médailles, etc. M le duc sorte, mais plutôt dans le sens con-

de Longueville fut si satisfait de ses traire (18). L'auteur s'éloigna si fort

services , qu'il lui fixa une pension de de la bassesse des flatteries , qu'ayant

laoo livres sur la principauté de obtenu le privilège du roi, il crut

Neufchâtel (i3) , et que peu de temps qu'avant que de s'en servir pour l'im-

avant sa mort il lui donna une ordon- pression de tout l'ouvrage , il fallait

nance de douze cents e'eus comme le voir comment les premières tôtes s'ac-

dernier gage de son affection (i4). commoderaient de sa liberté. Il publia

(E) Ce fut... pour dissiper ses cha- donc d'abord (19) un précis de son

grins qu'il composa. . . l'Histoire de Histoire en un seul livre, où il modéra '

rrance. ] Il s'est représenté comme la hardiesse de sa plume ; et cepen-

un homme qui avait eu a soutenir les dant quelques ministres y trouvèrent

persécutions de la fortune , et il dé- trop d'essor, et firent connaître qu'ils

clare qu'il n'entreprit d'écrire l'his- s'opposeraient à l'impression, a moins

toire, que pour dissiper sa mélanco- que l'ouvrage n'eût été tronqu<j par

lie au milieu des adversités qui l'ac- «es examinateurs qu'ils choisiraient,

câblaient. Inter mazimas œrumnas M. Priolo fit ses remontrances au roi *

natus est lue fœtus , quem lincturus qui lui permit de les faire imprimer

eram, si licuisset. Passim nolabuntur & CharleviHc (ao). Cela fut exécuté

vestigia minus alacris animi. Quid Pan iG65 , et le débit de l'ouvrage fut

respondeam , non habeo. Humanœ permis en France publiquement (ai).

imbecillitatis ingens patrocinium ne- Cette édition est ï«-4°., et n'est pas in-

cessitas. Non Jama, sed requies mihi titulée: Conatus historici, mais Ben-

quœsita ,fallendis innumeris tœdiis ; jamini Prioli ab e.rcessu Ludovici

ipse me aamnavi in hanc arenam (1 5). XIII de Rébus Gallicis Historiarum

qu'il promettait au public , comme Je ne dois pas omettre que cet ou-

on le verra ci-dessous (16). vrage de M. Priolo se trouve cité dans

(F) // composa avec une libertéfort la *iedu cardinal Mazarin par M.

éloignée de la flatterie une histoîle. ] £uberi , et dans la vie du prince de

Ce que j'en ai rapporté, dans l'article \OTl de » eidans quelques autres livres,

de la maréchale de Guébriant , suffit Je 9",s sftr tïue 8 11 eû' éxf ™™V°™

à faire connaître que l'auteur osait en français avec tout le feu et avec

publier des choses qui pouvaient dé- !on»e la ™r.ce q"1 ParaU d?nV.e lat,n'

plaire aux grands iu monde. Après J e?* et.ë '^prune F,us dc d,x. îols'

qu'il a conté de la duchesse dc 11 P^/ait infiniment à ceux qui don -

igueville , on doit être persuadé de fent dans le goût moderne, né depuis

.... jardiesse là-dessus. Patin se fonda la. mor1t de 1 auteur ; car il est tout

sur des vraisemblances qui le trompé- PIc.in dc c?s caractères , et de ces por-

rent lorsqu'il écrivit ceci : M. Prio- lJaltf . 80nt ■ ETcs?nt 81 * la ro.°"

Longu sa h

uvre esc iniuuie conaïus nisrorici : a . ». — . . , r, ' : ^

r aura bien là-dedans de la flatterie; connaissait d original. Il parait par mais ce/a est de l'essence du siècle au- ,,cs ou vrages du comte Galeazzo Gualquel Dieu nous a réservés (17). do ^«orato , et par les mémoires par-

Le sieur Sorel n'en a pas jugé de la ««culiers de la régence qu'il fut employé a des négociations.

(13) Elle a été pajre'e jusque* à la mort Je ce prince. (18) Va jet la Bihliotliéque Française de Sorel t

(14) Tire' du Mémoire susdit. TH* 366 , 36; , édition de Paris , iG%.

(15) Benj.m. Priolu. , Lectori , ad calcem VmTlt Cramoisi , V an

ïlisloria; (ao) V die qui appartient au duc de Maritaux,

fiffl fiant In <Vs ej| Sur la Mtuu% Sedan et

(lO) Uans la remarque (I). Charlemont.

(>:) P*t'n , lettre CC , pag. iqo du //«. tome: (ai) Du Mémoire susdit

elle est datée du 14 de septembre 1660. (aa) L'an i66y , in-ia.

33a PRIOLO.

(G) L'édition de Leipsic 1686 (a3) que l'auteur ne s'étonna point de ce est la meilleure de toutes. ] Car on y que l'avant-coureur de son ouvrage détrouve quelques lettres que l'auteur plut à quelques esprits sévères , et avait supprimées dans 1 édition de même aux dévots $ il prit cela pour Gbarlcville , et de fort bonnes tables une marque du mérite de sa producalphabétiques , et outre cela des notes tion : Procul tetrici et morosi , dit-il bien instructives et bien curieuses (29), immo devoti. Taies me carpse- (*4). On y trouve aussi une traduction runt lecto primo meo libro. Eorum latine , de ce gui fut dit de cet ou- flagello patienliam indulsi , boni ar-

. nul bou prétexte de se p lai a- naît-il dans son énître dédicatoi re au dre ; tant il est vrai qu'ily a des rail- doge et au sénat de Venise, cju'il est leries qui fâchent , dont on n'oserait redevable de ses meilleures înstrucparaître fâché : celles-là sont bien in- tions à l'académie de Padouc ? llla commodes ( 26 ). Le traducteur latin vestra Antenorea altrix met , dulcis

n'a pas conservé partout la finesse de artium parens me suis prmeeptis

la raillerie : j'ose même dire que non- imbuil. . . hœc me docuil a celsd mentis seulement il a énervé la dernière pé- arce despicere errantes , et ex veris riode, mais aussi qu'il l'a falsifiée, causis scire , sub quanlis tenebrisja- Mon lecteur en va juger. Voici les pa- ceret morlaliumdies. Je réponds qu'il rôles du journaliste : si je ne m'étais ne se contredit pas ; son sens est qu'il point proposé de m' abstenir de dire a appris de lui-même tout son latin , mon sentiment des livres dont il est sans l'aide d'aucune école ; mais pour parlé dans ce journal , le style de les sciences il ne prétend point cela j cette Histoire serait peut-être la chose il reconnaît que les professeurs de a laquelle je trouverais le moins h re- Padoue ont été ses maîtres. dire (27). Comparez cela avec ce latin : La contradiction paraît plus réelle Ita ut nisi omnino propositum esset entre lui et Rhodius : on peut néauabstinere a libro rum judicio , de qui- moins les concilier, supposant(3i) que bus in his ephemeridibus nonnullœ Priolo fut bien envoyé à Orthez , et à (a8) soient proferri,dicereturfortassèf Montauban , pour faire ses classes, stjlum hujus, Uistoriœ ejus esse gène- mais qu'il ne voulut jamais s'assujetm, in quo vix quicquam occurrat tir aux règles de ses régens , et qu'il

Suod correctionem mereatur. Ce tra- apprit le latin par d'autres routes, ucteur suppose que M. Gallois a dit (H) II laissa sept enfans qui perdique le style de M. Priolo est d'une rent... les pensions dont il jouissait... telle nature, qu'on n'y trouve près- et qui se trouvent., très-bien établis.'] que rien qui mérite d'être corrigé. Il Le cardinal Mazarin lui avait laissé . s'en faut bien qu'il n'ait| dit cela : sa par son testament (3s) unepension de pensée est que l'histoire dont il parle quinze cens livres affectée sur le legs mérite moins de censures quant au universel du duc Mazarin: et le roi, style , qu'à l'égard du reste. 11 eût lui accordant le privilège de son Hisfallu donc traduire, ira stylo hujus toirc en 1661, lui donna une pension historiœ pauciora quamin cœteris om~ de deux mille francs. L'état de la nibus forlassè reprehenderem. Notons France de ce temps-là en fait foi à la . . . , liste des gens de lettres. Si sa famille

' " ' CeUa Perdit avec lui ce revenu glorieux ,

Vojn, tom. VII, pag. '19. la remar- elle trouva d'autres ressources. La

<fue (/) de l'article GdLbkia.nt. * cour en prit soin. L'aîné des deux fils

(i5) Du 21 de février iGGG.

(26} lieu ! quam miserumest, ab eolœdidcquo (ag) Dans son avis au lecteur , a la fin du

non possis queri l livre.

Publ. Syras. (3o) Etsi nullas scholas nec academias unquàm

Journal des Sa vans du aa février 1666, p. viderim, et nullo nisi me yrœccptore usus sim ,

m. i5g , 160. nemo tamen me temerè débet arbitrari nisi lalim

(a8) On tic sait a quoi se rapporte cet adjectif, sermonis benè peritus. Ibidem.

et . quelque sens qu'on lui donne, ce ne peut être On m'a assuré que la chose se passa ainsi,

celui de l'original. (3a) C'est une pièce imprim'e.

fut placé dans les finances par M. Col- petub imminere : adulte ri no s theoloeos

d nui exempt de la première compa- pnarmaca noxia , cùm rusticatio

gnie (33). Des cinq filles il y en a trois cfcet/z , et mens kilaris, sola morbil

de religieuses, les deux autres tien- opitulentuv: bonis rabulas forenses ,

lient le premier rang près de deux per litium articulos et formulas , cùm

duchesses des plus considérables de la per arbitras idoneos amputandœ sint

cour. L'dtnée des religieuses a été radiées , crescentibus sine fine fami-

f>rieure au monastère royal de Chail- liarum malis (36;. Un homme sage ne

ot , et fut nommée par le roi , Tan doit point aller fort vite , s'il veut

i6qi , pour aller établir la règle qui réussir à la cour : la patience, le ju-

se voit aujourd'hui parmi les dames gement et la soumission sont les

de la maison royale deSaint-Cyr pro- seuls moyens d'obtenir les'choses. Il

che de Versailles. Elle en est la fonda- ne faut se rendre trop familier à qui

tricc spirituelle (34). que ce soit , c'est-à-dire qu'il ne faut

vitâ , seu de stultitid humanœ gen- *a c°ur on se donne garde des pièges

tis , lib. IF; Ouœstionum natura- "u sexe. Cayendum prœserùm in au-

liumf seu de re plantarid veterum et afallacibus fœminarum uinclis :

recentiorum , lib. III ; Opus Emunc omnfs nugaces , esse , infidas , etjn-

tum, triginta annorum meditatio , diciimodicas , nunquameodemtenore

quod jam celebratur sub apertiori jpenûs et animi (38). L'impudici té est

lilulo , et falsb nonnulli sibi ascrip- Je comble de tous les maux ; elle

serunt ; de vitâ et Gestis Henrici Ro- olesse l'âme , le corps , la réputation,

knnnii Ducis ; de Vitâ, et Moribus et> ce *ïu^ *°uche le plus les gensdé-

Cœsaris Cremonini ; Vita Benjamini bauchés , elle fait brèche à la b ourse.

Prioli ; Judicium de Scriptoribus c est une que de se marier 5 l'on

gnecis et latinis ; Epistolarum Seni- e*cepte ceux qui ont une obligation

lium ad maximos Europœ proceres Particulière de prévenir l'extinction

Centuriasingularis. <* une famille : à peine est-on sufli-

11 y a beaucoup d'apparence qu'on MntA 8e c<Jn,J"ire 8?i:même , et Ton

publiera la vie de cet auteur â la téte ?e crr8e conduite de ce qui est

d'un ouvrage dressé (35) sur les maxi- le P.8 ma,aise a gouverner. Rhodius

mes qui ont été trouvées parmi ses exPrim<: t(l}lt ceci beaucoup mieux

papiers, et qui forment une image ?ue moV *™rtationem ultimum ma>

naturelle du cœur de l'homme selon lorum » lndec0ram » noxiam , probro-

les divers événemens de la vie. sam] animum , corpus , famam , et ,

(K)/e rapporterai quelques-unes K^ïïï^

de ses maximes.^ L'homme, disait- C±ZJÏÏ *T * 6m- 9uœatn<l^

il , ne possède que trois choses : l'A- ?" corP°™JUm > ^

me, le corps etles biens. Elles sont ff"™*?C™^aui C°Pl™ facit'

perpétuellement exposées à trois sor- %™*m ducere > insafm S « eos ex-

tes S'embuscades ; l'âme a celles des / PnP*S*»*> f^nguini hoc

théologiens , le corps à celles des mé- *J™£ suispenatibus : vix potenshu-

decins* et les biens à celles des avo- m<ma m *C ^ere > adscisclt d^ci£'

catsetdesprocureurs. Voici comment (3G] Joh. RWiu*, de Vitâ Benjamini Prioli

nllOdlUS exprime Cela : Cùm tribus P«g- à. Forez le Courtisan de Châtillon, Uv. ff\

lantUm homo constet , animd , corpo- m- aî>5-

et bonis : très insidiatoves illis vet^ "S sefa?ere nimis *o<talem opoitere ,

***ca^/cf fj estf mhtl reyelare , nisi quod public i jurù

{%\\ On • •# es,e veliu ï*um <7l"<i ineptius quant putare ait-

m n^ZZ^T- A- Ji m.,

(35) Par motuieur ton/ils, (38) Tdem , ibidem.

Limum quodregat, ut qui renûgiis w'z majestati (43). 11 est certain qu'il y a

lemburn subigit , remulcum aajungit de la disparate dans ces sortes de jn-

(39). Il abhorrait de telle sorte le gemens; car selon l'ordre il faudrait

mensonge , qu'il ne pouvait en enten- qu'un homme qui a plus d'admiration

dre faire mention sans entrer dans pour Tite Live que pour Tacite, mît

une grande colère , et qu'il ne recom- Cicéron fort au-dessus de Sénéque ,

mandait rien à ses entans avec plus et Virgile fort au-dessus de Lucain.

de soin que la fuite de ce de'faut , et L'e'loquencc de Cicéron , et de Tite-

la piété. Tout chrétien, disait -il, Live, et de Virgile, leur caractère et

doit s'éloigner du mensonge , et un leur esprit sont à peu près de même

gentilhomme doit en être exempt , genre (44) Ce sont des auteurs qui ne

quoiqu'il ne soit pas chrétien. Il se piquent point de briller, ils répan-

haïssait mortellement ceux qui se mo- dent sans affectation une lumière qui

quaient de l'Écriture. Menaacium ita embellit tout l'ouvrage conformément

aversabatur , ' " 1 - • excandesceret pietate in Deu

(Jmnem christianum à mendacio alie- vains q

num esse debere ; nobilem autem , chaque rayon par son chemin , rc-

eliamsi chrislianus non sit. Inderiso- courent à une espèce de dioptrique

rus scri pturœ sacras (horumhoc secw pour réunir une infinité de rayons,

lu m feracissimum) inexpiabili odio afin de jeter un grand éclat. C'est leur

flagrabat (40). 11 était grand observa* principale étude. C'est ainsi que Sé-

teur de la justice , mais peu attaché nèque, les deux Pli nés et Tacite en à l'extérieur de la reli

pour le mensonge (4?)* fort grands esprits , il faut l'avouer;

(L) Je manjuerai le jugement qu'il et peut-être auraient-ils suivi une

faisait île Cicéron, et de Tile-lÂve , route plus naturelle s'ils avaient

et des autres plus célèbres écrivains fleuri en même temps que Cicéron ,

de l'ancienne Rome. 3 H n'était pas et que Tite Live, et que Virgile; mais

grand admirateur de Cicéron : il ad- ils commencèrent à étudier sous les

mirait Tite-Live , et il le trouvait si premières dépravations du goût. Il

inimitable , que , desespérant de se arriva aux Romains ce qui arrive à

pouvoir conformer à ce modèle , il ceux qui se sont trop accoutumés aux

prit le parti d'imiter Tacite. 11 était excellens vins : leur palais s'émoussc,

si passionné de Sénèque que rien plus: ils ne peuvent plus le piquer qu'en

il préférait Lucain à Virgile , et les buvant de IVau-de-vie ou des li-

tendresses de Catulle à la majesté queurs aromatisées , les plus fortes

d'Horace. Vous allez voir que Rhodius que l'art de l'homme puisse inventer,

son bon ami, son panégyriste, trouve L'éloquence majestueuse , naturelle,

quelque chose d'étrange dans ce goût- uniforme , commença d'être insipide

ïà.Senecamdeperibat: nescioquomalo dès que l'on y eut été accoutumé; on

genio M. Tullium ingentem virum , demanda des traite d'esprit et des

ttomanœ eloquentiœ palrem,non admi- saillies d'imagination ; on voulut

ratus est, cœteros adunguem tenebat. marcher , non pas à la lumière du

Tit. iÀuiuminwùlabilcm prœdicabat , jour, elle n'était pas assez vive ni

ideoque despemns , nobis posterisque assez perçante * mais à la lueur de»

Tacitumreprœsentavit Lucanum prœ- éclairs. Les Français commencent à se

ferebat Virgilio : quis hoc credat ? et sentir de la même maladie. Sénèque

teneras Calulli amaliones Horatianœ et Tacite s'acommodêrent à ce goût-

. v. , n . „ . ,. r là; ils craignirent de n'être point

(ty) Joli. IUiodins , de Vitâ Benj. Pnoli, p. Cl ' ° r

Idem , ibidem , paf>. ~. 4

et trqui servantissimus , reliçionis (43) Jonannes Rhodina , de VKa

Miicm ,

(4.) Justi .

par'um, ijuar quitte m in ex ternis actibus versatur, " » ld«n , ibidem , yae. 5. (44) MeUn à part la dijpTtnc* oui dépend,

(4«») forez le chapitre XVII du II*, livre de i°. du caractère des sujmts qu'il* ont traites; a°. se s E»ai$ ', pag. m. 5~fj , 5So. f'««* et des vers.

PRlSCILLiEH. 335

estimés, s'ils roulaient écrire comme stjrlum animes in desitd lingud , quid

les auteurs du siècle d'or. Quoi qu'il nisi languidum et emortuum expec-

en soit, leur langage fut directement tandum (48) ? Son style fut critiqué

opposé à celui de Tite Live. D'où par le jésuite Cossaru, et c'est à lui,

vient donc que l'on a pu être si char- si je ne me trompe, que s'adresse

me de ce grand historien, et de Se- cette répartie. piquante (4o) : Meum

nèque en même temps ? Comment a- stylum abruptum, inœaualem, immb,

t-on pu admirer Lucain plus que Vir- ( ut verbis ejusdem scwli utar) nul-

gile, et Sénèque plus cjue Cicéron ? lum; seatere paginam centonibus et

Il n'y a point d'uniformité dans cette furtis. Scias , 6 blenne , quiquis es,

conduite. Mais personne ne saurait familiares mihi h puero antiquos

répondre des variétés de son goût , et scriptores , in aulà et in castris ali-

c'e6t presque une matière dont il ne quando lectos, nunc sese offerte non

faut pas disputer. Contentons-nous vocatos , et abhinc quadraginta annis

donc du fait , et confirmons , par le nequidem eos libdsse , et dictâsse to-

1>ropre témoignage de M. Priolo, ce- tam hanc historiam inter ambulanuiae son elogiste. Voici ce qu'il nous dum, ne liturâ quidem imperatd; apprend de son goût pour Tïte-Live tantiim abest , ut bis aliquid unquam (4 o) : De me equidem dixero, si quis scripserim. Vous apprenez à la On de œvi prisci injlexit sensus, fuit Me ce passage la manière dont cette His- Liuius , quem unicum scrijptorem ro- toire de France fut composée. L'aumanum imperium lulit majestate sud teur la dicta en se promenant, et ne dignum. Ita spiràus et quasi voces fit aucune rature. Cela est bien extra representabat , ut et agere eadem et ordinaire. loqui credas dicendi génère non anxio, sed limpido , et quod me tor- {fî^'/S* S' quet , non imitabilL... Ego despera- W»> Idem > lbtdgn,> mfi» Wn' Cc 4 •**>• tione Livianœ imitationis «6) nulli pRISG I LL I E N , hérésiarque me addicerc decrevu Ce qui suit con- . 1 -+.u cerne son admiration pour Sénèque. espagnol, Vivait au IV. siècle. Ego M. Tullium ma g ni semperjeci; Il avait de fort belles qualités sed si hodiè vivent, stylum immuta- (A), l'esprit vif , beaucoup d'ère*. Seneca,auieumingenioetjudj- |oquence et d'érudition : il était cio longissimè superavit, usus est di- . . , . cendi génère auribus sui temporis laborieux , sobre et sans avance. accommodato, nec de imitatione Tut- L'envie de trop apprendre , qui liand unquam cogitavit, jactatœ pu- \e porta dans sa jeunesse à étudier

ritati arenam suam sine calce prœfc- , ; ( } , d[ * >

rens. Certè miran satis non possum „ ..p v /\ ^1.1."

eomm ingénia, qui quicquid altum 1 oreille au rhéteur HelpidlUS, et à

spirat,infiatumettumidumappellanu une dame , qui avaient embrassé

Taies Lucanum, taies Statium suœ quelqUes erreurs des gnos tiques

censuras subjiciunt (47). Rapportons 77 v Ai » 1 • :„ï*

aussi ce qu'il avoue Je l'imitation de («• s en la,ssa infecter, et

Tacite. Profiteor me furem esse notas employa toute son adresse à les

vapacitatis,habeopiceatasmanus,om- répandre. Il attira plusieurs per-

niàrapio.Tacitieialiorum-audaxprœ- sonnes . l'autre sexe surtout do, crudasejus paginas inopus meum -, < 1 : fm. -, .

propello. Poteram adscitofuco dissi- courait après lui (K) , il y eut

mulare, non curavi. Nisi centonibus même des eveques qui s attachè-

(45) Priolus , ad lectorem , in limine Hi»tori«, ( ) Utm vanissimus et lu$ • f . -

folio m. c. 3 verso. . ' . -d

(A6) Notez qu'il dit que Buchanan tâcha en tior profanarum rerum scient 1a, quin et Ma*

vain de se mouler sur Tite Live, Bucbananu» gicas artes ab aJolescentia eum exetxuisse

Titum Liviura prestare nobis conatu» est; certè credilutn est. SulpicitU Sevcrus, Sacr. llût.,

vigesie* à capite ad calrera antequàm ad suam Hb. // , pag. m, l63.

optu se wcingeret^iii lecUtisMî perbibetur.... ^ Ce rheteur et cette dame furent in-

Bucbananiui , illiu» equidem .smna est , tantum ,.^.;t. . *w . -ùZ. n

ab en dirtaiw, quantum simia ab hominé. Idem, st™JS far ^ certain Marc , Egyptien On

ibùiem. dit faussement dans Mortfn, que cm Marc

(47) Idem , ibidem , folio c. 4. instruisit Priscil/icn.

336 PRISCILLIEN.

rent à sa secte, Ce venin s'étant glissé en plusieurs villes, on travailla vigoureusement à l'arrêter.

On assembla un synode à Sarragosse (c), où les évêques aquitains se trouvèrent (d). Priscillien y fut condamné par contumace avec tous ses adhérens ; et l'on recourut au bras séculier pour les chasser de toutes les villes. Cette condamnation étonna si peu ces hérétiques , qu'ils conférèrent le caractère d'évêque à Priscillien. Il sortit d'Espagne avec Instantius et Salvianus , deux prélats de son parti , et prit le chemin de Rome , pour s'aller justifier auprès du pape. En passant par l'Aquitaine ils y firent beaucoup de disciples. Euchrocia , femme du rhéteur Delphidius (e) , les reçut dans sa maison de campagne , et fut si charméedePriscillien, qu'elle le suivit partout. Plusieurs autres femmes furent séduites par ces genslà , et quittèrent tout pour être de leur voyage (C). Le pape refusa de les ouïr : saint Ambroise en fit autant; mais la cour impériale fut plus indulgente. Ils y obtinrent un rescrit qui ordonnait qu'on les rétablît dans leurs églises. Ils retournèrent en Espagne , et y trouvèrent tant de crédit, qu'Jthacius,leur accusateur , appelé à rendre compte de sa conduite comme perturbateur de l'égl ise , s'enfuit dans les Gaules. Il y aigrit de telle sorte le tyran Maxime contre ces sectai-

(c) L'an 38l.

(d) Entre autres Delphinius, évêque de Bordeaux. Vide Altescrranii rcrum Aquitanicarum, libro V ^cap.F, pag. 323.

(e) De tpto vide Altcserratu. Ibid. f cap. III , pag. 3 16 , 3 1 7 , et Ausonium in Profcs., num. 5.

res , qu'ils reçurent ordre de se trouver au concile de Bordeaux.

Instantius y fut condamné. Priscillien , ayant vu la condamnation de son camarade , demanda d'être renvoyé à Maxime. On y consentit. Ses accusateurs le suivirent à la cour, et poussèrent si chaudement cette affaire, qu'ils le firent condamner (f) au dernier supplice (g). Je rap-

Î porterai le caractère d'Ithacius, e principal promoteur de la mort de Priscillien (D) , et quelles furent les suites de cette rigueur (E). Saint Martin , évêque de Tours , refusa de communiquer avec les évêques qui avaient poussé Maxime à ces violences : et s'étant enfin laissé extorquer un acte de communion avec eux, il en fut très-affligé tout le reste de sa vie ; et il crut même que ce fut pour cette raison que la grâce des miracles ne battit plus que d'une aile en sa personne. Il y eut d'autres évêques qui l'imitèrent (F) dans le dessein de ne pas admettre à leur communion Ithacius et ses adhérens. Il s'en consola sans peine pendant la vie du tyran Maxime , son protecteur et l'objet de ses flatteries ; mais , lorsqu'il eut perdu cet appui , il reçut le châtiment de sa faute. Le pape Léon ne fut pas aussi délicat que saint Martin ; il approuva le supplice de Priscillien (G). M. Maimbourgsesert d'une distinction qui n'est pas fort loin du ridicule (h). Je n'examine point si ces hérétiques croyaient et faisaient tout ce

(/) L'an 385.

(?) Tiré de Sulpice Sévère , HUl. sacr., lib. II.

(h) Voyez la rem. (G).

PRISCILLIEN.

imposteur.

que 1 on a canonise en la person- » homme ne parut plus dégagé du

ne de saint Augustin (H). » monde dont il aflectait un trés-

v grand mépris de toutes choses , en

(0 Voyez le MoréVi de. Hollande , dans » ses habits simples et pauvres , en

Vaddiiion à l'article de Paiscillien. » son maintien , en ses paroles , en

fk\ n •* j s »i ti ~ 1 4 n M son air modeste , humble et mor-

(A) // avait de fort belles qualités.'] to , . T \ ,T \ l T j«rc i • o> » ai. " tiiie , en sa manière de vivre fort Voici ce qu'en dit Sulpice Se vere. Ab „ . *

m * s a n ai r • i •!• * austère , et en ses aumônes, au il

fus ( Aeape quidam non ignobili f . ,?, , , ma " , » M" 11

i- b * j. u î *j* \ n„ w taisait libéralement de ses grands

muhere, e rhetore Helpidi u) Pris- „ w ne , 8

ciUianusestinsUtutusJamihânobdis, » ptînitencef de jeft de ^

prœdives opibus acer, inquiétas fa- h £oraison 'et J ^ ^ dc ^

cu/ui«5, multalectioneeruditus, dis- M j j d ^

«eremfc acdispulandi promptissimus : „ faitemeQt à Dieu. De sorte quTl

pro/^o « ~?Jf^^ » acquit bientôt dans toute l'Espagne

corrupisset optimum ingemum pror- 9 imputation d>un grand homm*de

sus ™l'«l"%a™™%?V°™l>o™ » Dieu, etdWfortstiblime sainteté,

cerneres. Vigilare multum famem „ quiluiattiralav^érationdetoutl^

sitimferre poterat, habendi mirumè n m0nde. Surtout les femmes, qui se

cupJus uundipa^issimusiiy^^ w laissent surprendre plus facilement

(B) // employa toute son adresse a , * „o / .

les répandre J. L'autre sexe surtout *A™\ aPp^" *7mPei»ses.>

r ... r» ' ^ J) dont la curiosité, qui leur est si na-

courait après lui Desevéques , turelle,leurfaita^mer la nouveauté,

s'attachèrent a sa secte] Citons en- „ rextraordinaire et VécUt

core Sulpice Severe. Is ubidoctnnam ior„ . an w,at, ' j0 j!f \-

j./^ » paiement en matière de dévotion ,

eocitiabilem asaressus est. mullos mo- %, r . r i « i • »

cjiuwii»» c*55 # * „. #ï.aw couraient en foule a lui pour se

bilium, pluresque populares autnon- „ malfM^„0«, • vi

persuadent et arte blandiendi 9 mettre sous sa direction , quoiqu'il

, ,. T . . . . ^.../.^ » ne fut encore que laïque. Et comme

~J "<,,"7m rem™ -'"^f ' » l«t bien et qu'il savait admin.W

l iïfeUmZfj?«&2?:Z ' «nueradroitement dan.'les écrits, fiumuitatis sveciem ore etnabilu prœ- , « . , »

r v » en les liât tant d une manière fine et

le.^ïS'£"™?\ttr™iïZ » spirituelle , il se. vit en peu de

cuncuj injecerat J 'an.au, Pa»U*n ^pTXef^uo for granlpart

^ j ^ . /L o » vinces de l Lspague, non-seulement

co/ton»» ^7^tVcmp^,X«™ » de femmes et de%euple, mais aussi

tantius et Saluianus, Pnscillianum d d * a'Vcclésiasti-

itoii«o/tecoiueiuioiie,sec{#u6^- 8 a lesauels il v avî t

dam etiam conjuratione susceperant J eW,,iel1 y. avaiî

(a). Citons aussi l'ample paraphrase » même quelques évéques , qui aussi

rueM.Maimbourgafaiteâece^tin: » b.ien fous ^s au r€S» 8attaT

?Commecethérésgiarquevoyaitd'une » ^««J - J« comme a un gra^

» part, et savait par son expérience r „) i^n„;„ fomnta a.. .. .1 ~ « i...Ai'|1Mmm»anlAtnrAllpmf.ntliPali. (C)Luchrocia , femme du redieur

principalement des femmes , qui se ^ . r j.^^ fut d,abord charmée

>, laissent prendre aisément a une ^ ^ extdrieure de ^ hë

(1) Sulpicio» Serenu , Histor. s«cr. , //, (3) M»imbourg , Histoire du Pontificat de saint

pag. 16a , i63. Léon , Uv. /, f>««. 44» 45 » édition de Hollande :

(3) Idem % ibidem , pag. iG3 . if ci te en marge les paroles dc Sulpice Scvire.

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