TOME XII
(5i) Hubert., Hist. civil., tom.IÏ ,pag. 353 , imprimée a Franeckery l'an i(x>3.
(5?) Réflexions sur un imprimé qui a pour litre : Jugement du Public, efc, pag. 3 et 4-
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» paraître plus sages que nos pères , » ridicule de Peu censurer , pufs- » et nous le sommes moins qu'eux. » qu'en qualité de médecin il a eu le
es
ïur q
» toutes les ordures du congrès j et » narre et qui commente a tou3 1
» Ton fera en Hollande cent criaille- » droits d'un médecin et d'un avo-
» ries contre un auteur qui copie » cat , etc., selon l'occasion : il se
» quelques endroits de cet ouvrage. » peut servir de leurs verbaux et
* N'est-ce point là une acception de » des termes du métier. S'il rapporte
jj personnes fondée ou sur des tra- » le divorce de Lot ha ire et de Tct-
» vers d'esprit, ou sur le dérégie- » berge, il peut donner des extraits
» ment du cœur? Mais , dira-t-on , » d'Hincmar, archevêcrue de Reims,
cet avocat ne donna cet étalage, » qui mit par écrit les impuretés
» que pour obliger les juges à faire » que l'on avéra pendant le cours de » cesse] » pude » moi » moigner
» que cette pratique était interne , » du commentaire. Si ces messieurs
» parce qu'elle énervait les principes «avaient lu celui d'André Tira-
„ île la honte, la source la plus pré- » queau sur les lois du mariage, ils
„ cieuse de la chasteté? Peut-on pren- » y auraient vu des saletés bien plus
dre le bon parti avec plus d'ardeur „ entassées. C'était pourtant un con-
>, une procédure qui a subsisté long- » voir que par sa vertu. » » temps dans le ressort du parlement (f) L'approbation que Juste Lipse „ de Paris, et qui n est pas abrogée jonna a /Vcm d'un avocat, qui, „ partout ailleurs? La manière de dans une cause où il s'agissait de disprocéder dans toutes les causes ci- solution de mariase.~\ Sébastien Roulviles et criminelles appartient sans iiarjj pun des plus doctes avocats du
» livre qui l'eût instruit d une cou- missaires du saint siège apostolique
„ turae bizarre , aussi bien que Ta- pour jugcr ja cause ea dernier res-
„ gereau le pouvait instruire sur le 80rt, Roulliard , son avocat, publia
» céréraoniel du congres f Je deman- un capitulaire auquel est traicté qu'un
» de si les procès verbaux des jurés homme nay sans testicules apparent,
» et des matrones dans certaines eau- et aui ?ia neantmoins toutes les autres
d ses, sont des pièces à rejeter quand marqu
» sait pas un dictionnaire historique l'accuser d'impuissance. Il soutint
» commenté, mais un dictionnaire de qu'il avait consomné le mariage,
» grammaire, s est servi de ces ver- non parles moyens ridicules quelle
» baux. Qui est-ce qui en a murmu- supposoit, mais par l'effort naturel
„ ré? M. Menjot, .... qui était r m
dans son traité de la
pour cause d'iinvuit- Koulliard. Lcclerc désigne
m uuc m», s» - Bouhier sans le nommer. Joly indique son livre
» rine , et sur la stérilité. On serait et nomme l'auteur. j h
QUELLENEC. 387
#/<s son sexe (53). Il demanda qu'on V arrone hoc dicam , modo scœnatili ]a visitât, et />our comble de toute tetigerim ? OùF mtïieip. Jocifuerunt preuve et la plus fréquente qui se innoxii , jmri , et niveos dicam , puisse çractiquer a ceste occurrence , et frigus , credo , habuerunt. De mail s'offrit au contres, pour demonstrer ribus tuis ne mihi verbum , scio sancà l'espreuve qu il avoit l' arreclion , tos esse ; aut scripta tua mihi menintromission , et ejaculation h luy tiuntur, cha/racter ille interioris mencontroversées (54) Les juges n'avaient tis (58). Notez que Lipse faisait déjà ordonne' ni la visite, ni le congrès, la profession de bigoterie, et néanmoins femme ayant dit que l'une et l'autre il jugea ti/és-sainement et très-équide ces deux choses choquaient sa tflblement du Capitulaire de Rouipudeur (55). Roulliard tira de ces of- liard. Je ne sais point si l'avocat de très du mari les conséquences qu'il la femme publia ses écritures ; mais trouva le plus à propos, et discourut quelque prude qu'il eût été, il n'eût amplement de la fonction des testi- pu se dispenser de dire cent obscénicules selon la doctrine des philo- tés tout-a-fait grossières. Son factum sophes et selon les observations de ou sa réponse à Roulliard apprendrait l'anatomie. 11 ne s'amusa point à des plusieurs circonstances de ce procès, périphrases et à des locutions voilées; Je n'en sais guère. Voyez la note il se servit des termes de l'art avec la (5q).
dernière liberté , et il mêla très-sou- 11 faut que je remarque que Rouivent à son discours quelques vers la- liard et Tagereau n'avaient pas les tins fort sales, mais dont l'application mêmes principes. L'intérêt de la cause était fort ingénieuse. Il ne semble pas que Roulliard avait en main le porta qu'il sorte jamais du sérieux, et néan- à soutenir aue la pratique du conmoins toute la pièce est parsemée de grès et de l'inspection des parties plaisanteries et de traits gaillards. Il était juste. « Tellement, dit-il (Go) , en envoya un exemplaire à Juste » que toutes ces circonstances con- Lipse , cjui lui répondit de cette fa- » currentes, c'estoit assez de motif çon. Ita, ita , venit ad nos libellus » aux juges pour ordonner le coniuus , Deum immortalem ! venustus, » grés auquel ledit appellants'oflroit, lepidus , et pro ipsd re libellus (56)... » puis qu il soustenoit avoir eu la Sed 6 te ( ausim dicere ) ? nequam ! » compagnie charnelle de sadicte JVovios y Pomponios , Titinnios , Pe- » femme , et qu'en ce cas , standum tronios , quidquid hoc genus atella- » est verbo uiri , qui dicit se uxorem nas , mimos , satjrras scripsit , uincis » cognovisse cap. continebatur de
quod Qrrœci necessarium vacant , ne- » elle, joint qu'il ha lapresomptic
cessario , atque id apudjudices, agis, » légale pour luy, qu'il ait cogneu
Meum et meorum risum ! qud fronte, » son espouse, gloss. cap. inspicimus
quant substricld aure , Cassii et Ca- » de regul. in 6. cap. littera se de pre-
tones vestri hœc audiunt ? Extra » sumpt Du moins pour repous-
jocum , argutus tuus libellus et in re » ser ceste Présomption faut-il que serid , nec séria , serib doctus (S'y). » les obstetriecs ou sages femmes de- Dans une autre lettre il proteste qu'il » posent le contraire , et que par a loué le Capitulaire de Roulliard » l'inspection des parties secrettes de sans ironie , et qu'il n'a nullement » la femme ils l'ayent trouvée viersongé à porter le moindre coup aux » ge : cap. proposuit ë de probat. Or mœurs de l'auteur, et qu'il savait assez qu'elles étaient sans reproche, et (58) Iilgin, «p»»*- I-XXV ejusdem Ccntur.,
de la dernière pureté. Ego te y cûm ^V/parrfi^^^ieitmAi-w^
(53) Roulli.nl , Capitulai™ , pag. 8. ^tt^u- *T;? f
v ' ' r » r~o sa cause. Je conjecture que ce fut dans cette ren-
(54) Là même, pag. 9. contre que Julien Péléus, avocat au parlement
(55) Là même , pag. 4o. cfr Paris , fit le Traité de Solutionc Matriroonii
(56) Lipains, epist. LXVI centaritc ad Germa- ob défection Testium non apparentium. Voya le nos et Gallos , pag. m. 697. dernier alinéa de celle remarque (F).
(57) Idem , ibidem , pag. 698. (60) Roulliard, Capitulai™ , pag. 3g.
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» tant s'en faut que cela se die au » un divorce illicite. Autrement sc-
» procès, qu'au contraire l'intimée » roit -ce chose absurde que pour la
>• aurait recogneu après plusieurs » vérification d'un adultère on ad-
» feintes, avoir este' déflorée par son » mist la preuve de celuy qui diroit
» marv, et sur ce qu'elle auroit » avoir veu &pQp& h etrôfoic, que
» voulu supposer que Ce n'estoit par *> pour éviter à la supposition du
» effort viril, dont l'inspection eust » part, les loix civiles permissent
» peu juger, elle ne l'auroit voulu » l'inspection du couvert de la fem-
» consentir, ny les juges l'ordonner, » me, et que pour justifier de la
» quelque instante requeste que ledit » validité d'un mariage (qui est
» sieur appellant en ayt peu faire.... » chose beaucoup plus importante)
» (6i)Aresgard du congrès que la- » on eust à contre -cœur de voir
» dite dame se dit rejetter par pu- » impactum thyrsum horto in cu/u-
» deur. » dinis ».
. ...Ah ! si cubitum locus exigit, omnibus iU 11 s'^n faut bien <*S raisons-là
lum et plusieurs autres qu'il allègue soient
. Delidis impie, etsitprocul indh pudor. comparables aux argumens de Tage-
>» Car le duel est bien deffendu par reau. Je m'imagine que si Roullîard » les edits, pour romnre la vengeau- eût plaidé quelques mois après pour » ce des armes offensives, mais non une femme, qui par un motif de pu- » celuy d'entre le mary et la femme, deur eût refusé de se soumettre à » dont l'aigre-doux effort ne tend l'inspection et au congrès, il eût étalé » qu'à les réintégrer en paix et bon les mêmes maximes que Tagcreau , » amour. Tant y ha qu'au cas de et se fut très-bien réfuté lui-même. » présent, bellum jus tu m , comme C'est le destin des avocats : il faut i> disoit Tite Livc, quia necessarium, qu'ils raisonnent tantôt d'une manic- » et la nécessité rend licite ce qu'au- re et tantôt d'une autre, selon la
» trement seroit de soy illicite variété des causes qu'ils ont à défen-
» (6a). Le congrès est la preuve ordi- dre (64) ; et notez que sur des matiè- » naire et plus certaine qui se puisse res directement opposées ils citent » practiquer en telles matières de les mêmes autorités. Vous avez vu » procès d'impuissance, tesmoin Lu- (65) comment Tagereau combat, par » cian en son Eunuque. JYec inimi- l'autorité de saint Cyprien et de » cum videri débet probationis genus saint Ambroise , la pratique de l'ins- » quod solum est , disait Quintilian pectioni et vous allez voir que Roul- » en sa déclamation VII. Du moins les liard cite les mêmes auteurs pour » officialités de France l'ont receu , soutenir cette pratique (66). « Et ne » et la cour l'auroit authorisé par M fait rien au contraire ce que sa » plusieurs arrests , notamment ce- »» femme, revestant trop tard la pu » luy du ao janvier i5j)7 donné con- » deur en lieu où elle n'est plus ne- » tre un qui argué du défaut de tes- » cessaire, objecte que la visite de >» ticules ne s'y vouloit soubsmet- » ses parties secrettes et ledit congr^z
» tre (63). Toute la plus seure » lui seroit à honte, car force luy est
» précaution qu'on y puisse appor- » de la boire puisqu'elle est cause du » ter est d'en venir à 1 espreuve ac- » niai.
» tuelle : JVec enim de ueritate dubi- n , , .. ... ...
, M ... . " Kfuam bene rfispoutum terris ut rfignu.t inuiui
» taîl potesty quoties cum incerllS , Fructus cousilii , primis authoribus insteL
» expérimenta conveniunl, œquum-
« que est non semper auribus sed et n Ajousté qu'en tel cas la visite est
» oculis credere, spécialement quand * ordinaire, et partant ne peut on
» nous v sommes portés pour un bien M dire (ïu'^ Y du dol à requérir ce
» de paix qui sert plus à excuser une * 9"* est de l'usance du droict com-
» couple licite, bien que faite à » mun; car nous apprenons de saint
» l'ouvert, que toutes les hontes M Cyprian en ses Epistres , de saint clandestines ne scauroient pallier ,r„ „ r. .
1 (Ity) Con fer** ce qu/t dessus , remarques (F) et
(<^) de l'article Antoine (Marc) l'orateur , iotn. (6i) Roulliard , Capitnlaîre , pag. //, pag. i35 et suiv.
(6a) Là même , pag. 43. (65) Ci-dessus , remarque (A), num. III.
-1 Là uufme, pag. 44. (66) Roulliard , Capitulais, pag. 40.
QUELLENEC. 389
» Augustin et saint Ambroise , qu'en » honncste de taire , quam protinùs >» matière de défloration de vierges, » urbi.
» on a tousjoui'S eu recours à Pin- • Pondère res alto" sjtvd etcaligine menas.
î> spection, mesmes qu'il nous est „ Toutefois le malheur auroit voulu
* rapporte par Clément Alex. Vil „ pour ledit sieur appellaTît , que
» strom et par Suidas in verbo Jésus, M comrae la corruption du siècle ha
» que la vierge Marie la souflrit , „ donmr le cours à lelle8 e.
» ayant este ordonne par le Sync- M jures
» drion du grand prestre et sacrifi- \ # Dedit hanc contagio labem p
» cateur qu'elle seroit visitée pour . Etdabitinplures,
» sçavoir si elleestoit demeure'e vier- » au lieu qu'en douze cens ans que la
» ce , et si nostre seigneur qu'ils vou- « pudeur auroit possédé l'ame et cou-
» loient coopter en leur ordre, seroit ,> vert le visage des matrones de Fran-
» immatricule' dans leurs registres „ Ce, à peine se seroit-il autant meu de
» en qualité de (ils de Joseph , ou de „ procès en telles matières qu'ils sont
» fils du Dieu vivant et d'une vierge w aujourd'hy frequens et journa-
» mere. Chassanée *» (67) en recite Je » Hers.. . (70) Seulement le sieur ap-
» discours tout du long, IVe. partie M pellant par un regret du malheur
» Catalogi gloriœ mundi , distinct. » de ce siècle auquel les femmes
» VI.» Roulliard s'est servi d'une ruse „ 80Uz légers prétextes se divorcent
du métier. Les pères qu'il citent con- M et soubstrayent ordinairement d'a-
damnent l'usage de la Visitation „ vec leurs maris, vous représentera
ils témoignent donc qu'on la prati- „ Ceste pleinte de Tertullian : Ubi
quait. Il les cite pour la preuve de „ est Ma félicitas matrimoniorum , l'usage, et supprime le reste. Gela qUd per sexcentos fermé annos
n'est pas bien. Il ne faut point cou- » nulla repudium domus scripsit? al
per en deux l'autorité d'un témoi- „ nunc in fœminis prœ auro nullum
gnage, et c'est ici qu'on peut appli- „ est levé membrum , prœ vino nul-
quer la maxime du jurisconsulte „ lum est liberumosculum, repudium
Celsus : Incivile est nisi totd lege „ verb quasi votum est, et malrimonii
perspectd, und aliqud parliculd ejus „ fructus. Chose de tres-pernicieuse
propositd judicare uel respondere „ conséquence tant pour le public
(68). » que particulier. » Voilà ce que dit
ce que I on intentait aux maris. fci l'on me demande a qu
« (69) Ses parens l'auroient injus- ici tous ces passages de Roulliard, je
» tement stimulée à ceste pour- réponds : i°. Qu'ils prouvent que les
» suite de dissolution de mariage tribunaux les plus vénérables ont
w de son espoux et d'elle, fondée souffert que les avocats s'exprimas-
» sur la prétendue impuissance d'i- sent naïvement sur des matières obs-
» celuy et autres faicts purs fabu- cènes. a°. Qu'ils font connaître jus-
» leux qu'il luy eust esté plus qu'où s'étendait l'approbation d'un
grand critique (ni) que j'avais don-
•« Son nom était Cl.asseneu*. VoyM la note née pour exemple. 3°. Qu'ils confir-
snr l'article Héler s , ton». VII , pag. 5a8. ment quelques-unes des observations
(6t) // est certain que Chassanée, pag. m. 8*4, (|e Tagercau , OU q u'ils servent à don-
faity^ong ^'cu sur cela; mah prenez garde ner c\a iour à cette matière par le
aue Clcment Alexandrin , lib. V il atrom. , pag. . J , 1 ,
In -56, ne parle point de Sjne'drion ; il dit sel- Conflit des arrimons du pour et du
lement fxiTct to TtKw a. pAioùQurcLv , contre. Que si l'on réplique que je ^etsri Tim ^flQiyov 6wp»6)ïv«t> Quidam di- n'ai pas eu le môme droit que ces ctmt eam pofUfuàm peperisset , inspectant ab ayocats , je répliquerai à mon tour
obstetrice, inventant fuisse virginem. uJj] me £Qfa £tre aUSsipcrmis qu'aux
aM PT aiv°ir lc. pUUir de prrtîn?M»r;^ arrestograpbes de rapporter les rai-
n^faut, Leclerc rite un passage de saint t .vprien S 1 » ltt> > i
qui, loin de condamner u visiuùon , la oom- sons qu'un avocat a alléguées, ta na-
inande. J,a même , pag. 46.
(68) Leg. incivile ^4» D* ^c Legibus. (Ai) Citation (2*).
((i)) Roulliard , Capitulaire , pag. 5 et 6. (7a) Juste Lipsc.
39o QUEL!
ture de mon ouvrage , compose' de narration et de commentaire critique, le demande. Un compilateur qui donnerait aujourd'hui , ou un journal des audiences , ou un journal du palais , et qui voudrait remonter jusques aux causes célèbres qui furent plaidées au commencement du XVIIe.
siècle , pourrait fort bien donner le précis du Capitulaire de Koulliard dans les mêmes termes de l'auteur. 11 trouverait peut-être plus à propos de substituer au vieux gaulois le st vie moderne. Mais personne ne peut blâmer justement ceux qui allèguent en preuve les propres paroles des originaux,
{>référablement à une version. C'est a méthode que je me suis prescrite.
Depuis l'impression de ceci, une personne de mérite (7 3) m'a fait savoir, i°. Que le baron d'Argenton, marié avec Magdelaine de la Châtre, était celui pour lecjuel Roulliard publia son Capitulaire (74)- On peut connaître par-là ce que signifient ces paroles de la lettre de Juste Lipse à cet avocat : Quid autem ille baro ?
te patrono vir erit, aut fiet?
Unum tanien etiam quœro , uel le augure Cominœos (n5) nobis radicula hœc propagabit ? Cui tamen f avère mefateor , ob sacrum illud nobis nome n. Jllius autem misereor, quas tua opéra fortassè Taniali aliquo fato contabescet. i°. Qu'il y a une édition du Capitulaire de Roulliard, laquelle est plus ample que celle dont je me suis servi. La mienne est m-8°., et ne contient que 47 pages ; l'autre est en grand in-11, et contient i3o, pages. // y a sur la page 1 39 un sonnet de la J'açpn de l auteur, et sur une autre page, qtti n'est point chiffrée, il y a celte épigramme :
Ad Lectorcn*
Hme si scripta putes parum severè , Frustra te mihi prœbeas severwn.
If a m qui s schemate ni Thalassionis Inumbrare queat Tnalassionem ?
Ergb quamlibct, obstrepente Momo , F as sit porrigier manu pudied, Quod solum datur aurions pudicis.
(G) Les obscénités ont lieu dans les procès de cette nature en pleine audience.] Voici un passage d une lettre écrite par M. Eoursault à AI. l'évé-
(^3) M. Marais, avocat au parlement de Paris.
(74) Lipsius , «pi st. LXVI centurie ad Genn. et Gallos, pas. 698.
(^5) Tout te monde sait que Pliilippe de Comme* était baron d'Argenton.
ENEC.
que de Langres. « Je me suis bien des » fois étonné de ce que vous autres, » nos seigneurs les prélats, vous » souffrez que les juges des officiai i tés » soient des prêtres , ou de ce qu'on » n'y plaide pas à huis clos , a cause » des naïvetés qu'il y faut entendre , » qui dégénèrent presque tous en » obeénités. Je n'ai jamais eu la cu- » riosité d'y aller ; mais j'en ai ouï » parler par tant de personnes difle- » rentes , et tout ce qu'on m'en a » dit m'a paru si libre , qu'appa- » remment c'est un tribunal d*où » l'on a exilé la pudeur. Je n'en veux » point d'autre témoignage que la » matière qui a donné lieu à ces vers.»
» Dans une officialisé m Ces jours passés une soubrette • Passablement belle et bien faite , » Et d'une robuste santé,
• Avec la bienséance ayant fait plein divorce, » Dit qu'un vieux médecin l'avait prise par
force;
• Qu'il' fallait ou U pendre, ou qu'il fût son
mari.
m comment, dit 'le juge , Ort-il pu vous y prendre ?
• Vous êtes vigoureuse , il fallait vous défen-
dre :
• L'avoir égratigné, dévisagé, meurtri.
m Tai, monsieur, lui rrpondil-elle , » De la force quand je querelle ; > Mais je n'en ai point quand je ru
» Cette fille n'avait-ellé pas été bien » prise par force , puisqu'elle riait » (76). » Tout cequ on peut faire ne saurait aller qu'au retranchement des excès; mais pendant qu'on plaidera une cause d'adultère , ou d impuissance , ou de nourriture de bâtards , ou de réparation d'honneur féminin, il faudra nécessairement que les oreilles des juges soient frappées d'obscénités. Un avocat de Paris (77) a fortement déclamé contre la coutume que l'on tolère au palais, de plaider au temps du carnaval la cause que l'on appelle grasse ; mais si l'on était cet abus , il resterait beaucoup de causes qui ne diffèrent de celle-là que du plus au moins *.
(r6) Boursault, Lettres nouvelles, pag. 173,' 1^4 1 édition de Hollande,
(77) Nommé Martin Ilusson. V oye% son livre de Advocato , imprimé à Paris , l'an 1G66. Le Journal des Savans du i5 avril 16GG en parle , pa#. 178 , édition de Hollande.
• Ce Martin Hiuwon a un article dans la Bibl. de liichelet, par Leclcrc; niais Lcolerc y dit qu'il est mort en iB|5. Dans ses Remarques sur Bayle. Leclerc se corrige , et dit que Martin Husson , né à Paris ( et non à Montmirel , comme on lit dan» le Mercure Galant), mourut en 1693,
QUELLENEC. 39i
(H) Ce que les auteurs nous ap- » première. . . .La seconde. . . . qu'aprennent touchant l'époque du con- » près la visite, si elfe est favorable grès. ] Nous avons vu (78) celle de » a l'état du mariage , on n'a plus son abolition pour le ressort du par- » besoin de la confirmer par aucune lement de Paris. On la peut uxer m autre preuve. C'est la décision de certainement au 18 de février 1677. » la glose sur le chap. proposuUli de Mais celle de son introduction est » probationibus , et encore pour cetincertaine. Il y a des auteurs qui di- » te visite , voici comment on y prosent que c'est une chose qui n'a com- » cède. Le mari est visité le premier : mcncé que vers le milieu du XVIe. » s'il parait puissant, il n'en faut siècle , et que les anciens ne s'en ser- » pas davantage ; on impose silence vaient pas. Nous avons réfuté le mé- » a la femme, malgré elle on épardecin oui s'était imaginé que Justi- » gne sa pudeur , à laquelle la ténien 1 avait abolie. Cet empereur » mérité de sa prétention n'a déjà « (79) au Code (*) de répudiés , dit » que trop donné d'atteinte. Mais » une si un mari et une femme ont u quand par la visite du mari on a » demeuré deux ans ensemble sans » quelque doute de sa puissance , la » consommer le mariage (80) , il en » femme est visitée , pourvu qu'elle » faut prononcer la dissolution. Dans » n'ait point été dans un mariage » la novellc as (81) , il prolonge ce » précédent. Le canon requisisti » terme de deux ans à trois , à comp- » passe plus avant, il décide qu'a- » ter du jour de la célébration du » près la visite avantageuse du mari, » mariage. Cette novelle ajoute une » on ne le saurait démaricr , avouât-
» raison remarquable qui nous peut » il lui-même son impuissance
» faire connaître que l'on ne doit » Ce sont là toutes les preuves que
» pas forcer la nature par une épreu- » nous trouvons dans les lois civiles
» vc non-seulement honteuse, mais » et canoniques sur les accusations
» quelquefois précipitée, edocti nam- » d'impuissance. Dans le droit civil ,
» que sumus ex Us quœ ante /toc » le triennium : dans le droit canoni-
» pi*ovenerunt , quosdam amplius » que , l'affirmation des parties avec
» quàrn bienniumtemporis non valen- » celle de sept parens; et à tonte
» tes, poslea polentes ostensos mini- » extrémité, l'inspection des person-
» strare filiorum procreationi. C'est » nés : les lois n en demandent pas
» là tout ce que nous remarquons » davantage. Il n'y est parlé en au-
» dans le droit civil touchant l'ac- » cune manière du congrès
» cusation d'impuissance , on n'y » (83) Le congrès ... ne doit sans
» voit ni la visite, ni le congrès. Le » doute son origine qu'à la témérité
» droit canonique s'est conformé » de quelque jeune homme , qui
n au droit civil , et toutes ses déci- » l'ayant demandé en justice, les
» sions sur cette matière se renfer- » juges, surpris de la nouveauté de
» ment en deux espèces difleren tes... » cette demande, s'imaginèrent d'a-
» (8a) Il s'y est pourtant mêlé une » bord qu'elle ne lui pouvait être rc-
» autre sorte de preuves , qui est la *> fusée ; de sorte que comme un
» visite : elle a été reçue par plu- » exemple donne lieu à un autre ,
m sieurs constitutions, et parliculiè- » l'erreur du congrès s'est établie in-
» rement par le chapitre Ut te ras de » sensiblement. C'est ainsi qu'en par-
» frigidis : mais on doit faire sur ce- » leut tous les auteurs qui ont trai-
» la deux réflexions importantes. La » té de cette matière (*■) , et en-
» tre autres Antoine Hotman , fa-
C'-de ' f i\ i} meux avocat du parlement de Pa-
(U Journal!' £SL™ V^part. , pag. a3. » ™ > SUI" ,a fi" *U de™ier si*cJ?/ \\
Uj L IO r r^ » assure que cette pratique ne s était
(80) Lrs 'paroles de U loi sont: si marftu» coire » établie au temps qu'il écrivait , mie
minimè propter naturalctn imbccillitalem valeat. )) quarante ans auparavant. . . . Le»
(81) La novelle appelle cela agere qua; à na-
turà viiïs date sunt, et en grec irpATTUV Ta. Qutest. 33.
ITAp*. TÎÏÇ qÛTtUÇ ÀvépxT, M/XtVA. Je (*4) Là mê,ne , pag. i5.
tietu ceUe remarque tle M. Marais. («») Vincent Tagcrcau. Antoine Holniau. Pê-
(8a) Journal du Palais , V*. partie , pag. 2^. Uus. Anne Robert.
39i QUELLENEC.
» livres des anciens ne nous fournis- » autre lieu ( 85 ) , introduict de- » sent que deux exemples qui puis- » puis trente cinq ou quarante ans , » sent 1 appuyer; et encore ces deux » Encores qu'il semble de prime face » exemples sont également ridicules. » pouvoir servir à resclaircissement » L'un est dans Lucien , qui rapporte » de la vérité en ces procès d'impuis- » qu'un nommé Bagoas, voulantêtre » sance de l'homme, et (par manière » admis dans une assemblée de phi- » de dire) reparer la faute crui nour- » losophes , comme on doutait qu'il » roit avoir esté faicte en la vîsita- » fut homme , quelqu'un dit qu'il » tion , sans lequel (peut estre) on >* fallait lVprouver par cette voie. » ne l'eust si tost ordonnée : Neant- » Proposition certainement digne de » moins cet acte estant bien consi- » l'impudence que cet auteur re- » deré,nonàla volée ou avec pas- » proche tant de fois aux faux philo- » sion : Outre ce qu'il est deshon- » sophes. L'autre exemple est dans » neste, voire brutal, est aussi in u- » Pétriu Ancharanus, sur le chapitre » tile, à cause de ses circonstances » Littcrœ, (*) où il dit qu'un cer- » qui en rendent l'eflect et exécu- » tain oflîcial déVenise voulant éprou- » tion impossible.» L'auteur qui » ver un impuissant, le fit enfermer parle de la sorte mourut l'an 1596. 3» avec une femme débauchée , sur Mais je ne sais point la vraie date de » le rapport de laquelle il le déma- son ouvrage , (86) je n'en ai que l'é- » i*ia. Ancbaranus n'a pas dit quecet dition de Paris 1610 *». C'est pour- » exemple fut à imiter; aussi ne l'a- quoi je ne puis fixer l'époque que » t-on point suivi dans son pays , ni nous cherchons. Tout ce que je puis » dans le reste de l'Italie, non plus dire est qu'en admettant le témoi- » qu'en Espagne et dans les Pays- gnage de cet avocat , on ne peut la » Bas. Toutes les nations ne re- faire monter au delà de Pan i54o **. » connaissent que la visite dans Vous avez pu voir qu'il soutient la » les accusations d'impuissance j et même thèse crue Tagereau a soute- » nous ne voyons noint, par les nue. Il se déclare hautement con- » écrits de leurs jurisconsultes , que tre le congrès , et il allègue bien des » le congrès soit en usage parmi choses qui se lisent dans le Traité de » eux. » Tagereau. 11 le surpasse même à l'é-
Le calcul chronologique que l'on gard des obscénités; de sorte aue vient de nous donner comme pris nous avons ici un nouvel exemple , d'un livre d'Antoine Hotman, y est et fort illustre, de la liberté que l'on lus vague qu'on ne le rapporte, a de s'exprimer salement lorsque la roici les paroles de cet auteur (84) j matière que l'on traite Je demande , L'argument que l'on prend pour au- et lorsque l'on tâche de faire cesser thoriserle congrès, sur la practique un abus impur, et très-contraire à du passe t ne se peut tirer de plus l'honnêteté publique. On dit qu'Hotloin que de trente ou trente cinq ans. man composa ce livre pour servir à fit y a bien apparence qu'il ail este in- un parent qui était appelant du controduit, non tant de l'ordonnance des grès (87) , et qui perdit sa cause. juges, que par apointement des par- C'est Roulliard qui lui a fait ce reties , quand elles mesmes s'y sont of- proche dans l'édition i/j-ia de son fertes , auquel cas on dit nullas esse Capitulaire. La perte de ce procès dejudicis partes 1. si convenerit. Dejud. vait être reprochée aux juges, et non Et ceste pratique (sous correction de pas à l'avocat qui allégua tant de meilleur ad%>is) ne doit point tourner raisons contre le nouvel usage , qu'il en coustume pour estre authorisée ,
ains au contraire si elle a esté tolérée (85) Le mfme > au «*cond Tiaité 1 Pae- 58« parle passé, il est meilleur de la (8C> *r°-re* (B) de l'article Ro-
' 1 .» , r- ■ bkrt , dans ce volume.
corriger , comme il a este fatet en Lc pr.sJdcnt Bouliîer dil ■ la premJ.(.c
beaucoup (le semblables affaires, édition est anonyme cl de i5<*i. La .«ronde porte
« Quand au Congrès, dit-il en un le nom de l'auteur et la date de i5j)5. Celle de
1G10 est la troisième. *
(*) Aux décrétâtes de frigidis. •» Bouhier «'appuyant sur nn passage du Factum
(84) Antoine Hotman, Trakte premier de la de Pasquier , la l'ait remonter beaucoup plus haut,
DisM>lution du Mariage pour l'impuissance et "ns en assigner l'époque précise,
froideur de l'homme ou de la femme , pag. 5ç). (87) Journal du Palai» , F*, part. , pag. ao.
QUÉT1F.
méritait bien que Ton prononçât conformément à ses conclusions. Il n'oublia point de dire que la procédure du congrès est la matière d'une infinité' de sots discours dans toutes les compagnies. « Les mieux avisez » ont tousjours recherché les plus » doux et moins honteux remèdes, au » lieu qu'il semble qu'aujourd'huy , » oublians et l'honneur et la pudeur, » et toute espèce d'honnesteté , on » vueille favoriser les brutales impu- » dences ; et qui est encores plus a» honteux , c'est que en quelques » procès les hommes ont visite la » femme, et au contraire les femmes » ont esté admises à visiter l'homme : » qui a esté cause d'une si grande ir- *• rision et moquerie , que telles pro- » cedures ont servy de comptes " j°yeux, et plaisans discours en » Beaucoup d'endroits , au lieu que » ce qui est du fait de la justice doit » estre traité sérieusement, et avec » crainte et révérence (88). » Entre plusieurs autres raisons, il allègue celle-ci (89) , qu'on n'a point vu que les experts aient rapporté mulierem fuisse carn aliter à viro cognitam au congres : bien dit-on , esti*e arrivé en un ou deux , que la femme crioit comme si son mary luy eust faict grande douleur , et que les assistons oyans cela , conseillèrent aux parties de s' accoixler et retourner ensemble , ce quelles firent , et oneques puis la femme ne se plaignit : qui est à dire que les parties s'estant accordées depuis le pix>cés intenté, et la Visitation faicte , on leur enseigna cest expédient, par le moyen du quel il parut que la femme ne s'estoit plainte sans raison estant encores vierge et rapportée telle , et que le mary aussi navoit tord d'avoir soustenu qu'il nestoit impuissant , et le rapport de l'intégrité de la femme estoit sauvé et tenu pour véritable, et ainsi chacun fit contant. 11 ne condamne pas moins fortement la visite que le congrès, sans pourtant faire mention des atteintes infinies que l'édit du préteur de ventre inspiciendo avait reçues dans la suite (90).
(88) Àutoine Hotman , Traicté premier pag. 63.
(89) Là même au second Traicû , pag. 63.
(90) Journal du Palais , V. part. , pag. 20.