IX. Il prit le nom de Soubise . .
lorsqu'en ,568 il épousa Cathe- v^^m,' Sot""<j«° d«
374 QUELLENEC.
ge, et comment il se défendit Mais d'autres personnes non contre les massacreursde la Saint- moins éclairées m'en ont d é tour- Bar thé lemi (b) , sous lesquels en- né , et m'ont dit que les raisons fin il succomba. La curiosité de que j'ai données de ma conduite quelques dames de la cour par étaient une bonne excuse , et rapport à son corps nu , qui fut qu'il suffisait déclouer ici l'Aporangé avec plusieurs autres de» logie que l'on a pu déjà voir en vant le Louvre , a déjà été mar- feuille volante. Je me conforme à quée(c). Le procès d'impuissance cet avis , et je mettrai ci-dessous qu'on lui avait intenté (À), et ces raisons- là (E). J'y joindrai qui me donnera lieu de citer une instance tire'e de l'approquelques passages d'un livre pu- bation que Juste Lipse donna à bliélan i6i2,fut la véritable l'écrit d'un avocat qui, dans cause qu'on voulut être si eu- une cause où il s'agissait de disrieux. M. de Thou ne débite solution de mariage (F) , se troupoint que la reine-mère ait vou- va contraint de rapporter des lu voir sur le corps nu du baron obscénités , et qui même s'égaya si ce procès était bien ou mal un peu plus que la nécessite du fondée. Nos autres célèbres hi- sujet ne l'eût requis. Ceux qui storiens ne le disent pas non ne se contenteront pas de ce que plus. Il pourrait être pourtant j'allègue pour ma défense sont véritable qu'elle jeta les yeux sur priés de considérer , qu'il aurait ces nudités dans le même esprit , été fort inutile d'ôter de ma se— et il y a des livres oii elle en est conde édition les passages de accusée (B) , et d'avoir même fait Tagereau ; car son livre n'est chercher entre tous les autres point rare , et se trouve tout encadavres celui du baron du Pont tier dans une compilation alpha- (C). Je dirai dans une remarque bétique , et par conséquent dans pourquoi je donne à ce gentil— un ouvrage qui ressemble extréhomme le nom Quellenec (D). mement à un dictionnaire. Lau- Les passages que j'ai rapportés rent Boche 1 , avocat au parledans la première remarque de ment de Paris , l'a insère tout cet article ont fait murmurer du long au troisième tome de sa beaucoup de gens > et les ont Bibliothèque du Droit Français , portés à soutenir avec beaucoup à la lettre S , sous le mot Séparade chaleur qu'il y avait là des lion (d). On ne trouve point mauobscénités insupportables. J'ai vais qu'il eût adopté tout le livre toujours été persuadé qu'ils ne de Tagereau : pourquoi donc me prenaient pas la chose comme il blâmerait-on d'en avoir cité quelfa] lait : néanmoins , j'étais près- ques endroits? Serait-ce parce que résolu à supprimer ces pas- qu'on est aujourd'hui plus déli— sages dans cette seconde édition ; cat qu'en ce temps-là ? Je réfuet c'était l'avis de quelques per- terai cette objection dans un sonnes que j'estime infiniment, éclaircissement à la fin de cet . . ,u , „ ouvrage ; et je dis ici par avance
(b) Ci-dessus citât. (8) de Varl, ParthenàI O » I r (Catherine de ), tom. XI, pag. (d) Tai été averti de cela par M
(c) Là même. avocat au parlement de Paris.
QUELLENEC. 3?5
que j'ai averti que le livre que je «n tel procès sans qu'U y aille de
citais fut imprimé Tan 1612. son honneur il est néanmoins vra*
. , , r , , qu elle est plus louée de ne le pas în-
Doit-on S etonuer ou se choquer tenteT) ct surtout lorsqu'elle est aussi
de ce que le Style d'un tel ou- jeune q«e Tétait alors l'héritière de vrace n'est pas à la mode ? J'a- Soubise. 11 y a certaines actions (2)
ioute qu'encore aujourd'hui les qui ^ ^nt pas un péché, et qui nW
I ^ , aujwuiu uui m» priment pas une note d mfanue m de
obscénités ont heu dans lespro- fcùt nl de droit ; cependant, parce
ces de cette nature en pleine au- qu'il vaudrait mieux ne les point
dience(G), et que les juges, faire que de les faire, elles ont je ne
^,.,^.^.,',1^ <UnJ«„:L, sais quoi qui ternit la réputation : et
quoiquils soient théologiens, ainsiqun iJi8torien doit prendre gar-
ne relorment pas cela. Ils ne de de ne point les imputer à ceux qui
sauraient le faire, et ne profite- ne les font pas; il ne lui est point
ront point de l'observation d'un permis de manquer d'exactitude, et
n . •» • f \ xr^,.A„ 1^ de confondre la mtre avec la fille, la
auteur que j ai cite (e). Voyez la sœur avec la sœur p]us un histor'ien
note (f ). Au reste , comme 1 e- est célèbre , plus doit-il être circon -
poque des coutumes qui ont spect; car lorsqu'il est fort célèbre, il
quelque chose de singulier et devient une source publique, il tient
J, * 9 .. i lieu d archive lui seul a je ne sais
d extravagant est un fait dont combicn d'écrivains répandus sur la
les curieux sont bien aises d être face de la terre. Combien se trouvéinstruits , j'ai cru qu'il ne serait ra-t-il d'habiles gens qui ne croiront
pas inutile de marquer ici ce que Pa!/aiJJ.ir en suivant Si. Mézerai (3)? f ,tt v * * J ai dit ailleurs (4) quelque chose
les auteurs (H) nous apprennent - rtt gervir J'excuse à la dame
touchant celle du congrès. de Soubise, et sans doute ce qu'elle lit
contre son gendre a besoin d'apolo- (e) Dans la rem. (G). • Un te de persécution, comme
(/) La Bibliothèque du Droit français , Jelui où elle vivait , n'était point procomposee par Bouchelt/<* réimprimée à , , «.mMahlei «rooédtires Une
Paris Van 1677. Voyez le Journal des sa- Çf. a de senflDiaDies procédures. Une
vans , du 16 mai 1667 , pag. m. 196. sou8 la cr0lx et s0u.s le* ^P1^
en même temps, et qui n'est dans
(A) Le procès d'impuissance qu'on cet état que pour maintenir la réfor-
lui avait intenté.'] M. de Thou dit mation de la doctrine et celle des
expressément que ce fut la belle-mè- mœurs , ne doit point traîner devant
la te
Alc'zerai, ne songeant pas assez à la temps et en tout pays les procès de
conséquence , a dit de la femme ce cette nature font très-peu «rhonneur
que M. Thou n'avait dit que de la à celles qui les intentent, et soit
belle-mère *. Je l'ai relevé là-des- qu'elles parviennent à obtenir un au -
sus (1) pour l'honneur et pour la tremari,jsoit qu'elles n'y arrivent pas,
gloire de Catherine de Parthenai; car elles sont pour l'ordinaire un on jet
encore qu'une femme puisse intenter de raillerie et de mépris tout le reste
de leur vie. C'est avec quelque rai-
Lcclerc trouve cette remarque (À) d'une Ion- car Jes démarches qu'il faut
gueur prodigieuse, et il en fait lui-même une très- . - • . 1 • « 1
longue. 11 pense que la belle-mère n'avait pas qu «Ues fassent sont si contraires a la
qualité pour intenter le procès d'impuissance , et
que c'était à Catherine de Parthenai à le faire , (7) Dans l'école on nomme certaines qualités:
ainsi que le rapporte Mézerai. D'après une Bêla- perfectio simpliciler simplex. Toute qualité me-
tion (lu procès de Ch. de Quellenec , imprimée à lior ipsa quàm non ipsa , est de cette espèce.
la suite du Traite de la Dissolution du Mariage (3) Francise iu Quelletriu» dux è BriUumidcui
(par le président Boubier), il paraît t dit Leclerc, afr uxore Cathariaâ Partheniâ Subizia impotentia
que Catherine de Parthenai agit de concert avec accusato divortium intentabatur. Ulr. fluber t
»a mère. Hist. Civil., tom. II,pae.. 353.
(1) Dans la remarque (C) de l'article PaaTOK- (4) Tom. XI, pag. 4«3 , remarque (C) de Var-
kai (Catherine de), tom. XI, pag. 4>3. ticle PaaTahaat (Catherine de).
376 QUELLENEC.
pudeur *, cette vertu qui est l'orne- Car s'il se trouve obligé de faire de
nement et la couronne de leur sexe , longs voyages, ou s'il lui survient
et sans quoi elles ne sauraient avoir une longue maladie , quel fond fera-
de part à la gloire humaine , qu'on t-il sur la vertu d'une femme qui s'est
ne peut avoir de l'estime pour une confessée de son incontinence , au vu
personne qui est capable de les faire, et au su de toute la terre?
Nous pouvons dire de ces femmes- II. L'interrogatoire qu'il faut subir
là, sans sortir des bornes de l'indul- devant les juges est si délicat et si
gence , ce que l'on a dit avec un peu gênant pour une femme d'honneur ,
trop de rigueur contre les veuves qu'on ne peut avoir bonne opinion
qui se marient. Je me servirai des a une fille qui est capable de franchir
termes de M. du Vair (5). Hierosnie cette barrière et de répondre sur de
ad Marcellam dit que, secundas nup- tels faits. Je dis d'une fille , parce que
tas non appetimus , sed concedimus, presque toujours celles qui accusent
par une certaine indulgence qui n'est leurs maris se vantent d'être pucel-
point entièrement exempte de quel- les ; et il faut bien qu'elles s'en van-
que note. Comme s'il aisoit avec la tent lorsque c'est leur premier ma-
loi , Indulgentia quos libérât no- riage , comme il arrive ordinaire-
tat. (6) En quelque terme que ment. Un avocat embarrassa étrange-
soit conceu ce dire de V Apostre ju- ment une fois la complaignante. 11 niores viduae nubant , il faut Centen- lui demanda en présence de plusieurs dre estre dit par forme d'indulgence personnes si son mari l'avait caressée, accordée a l'incontinence de quelques baisée, embrassée: elle dit qu'oui. femmes , ut maritum potiùs accipiant Et qui vous a dit que cela ne suffit quàm diabolum , et sciant sibi non pas , lui demanda-t-il ? où avez-vous tara maritos dato3 quàm adulteros appris le reste? Si vous avez votre puimputatos , comme dit sainct Hieros- celage , comme vous le prétendez , me ad Salvinam. Or comme dit sainct vous ne devez ' pas savoir que votre Orprian , aliud est ad veniam stare , mari est impuissant j et si vous le saaïiud est ad gloriam pervenire. // y vez , c'est un signe que vous avez a bien différence de dire que leur in- éprouvé ce que d'autres hommes peucontinence ne leur soit point imputée vent faire. * 11 la pressa de telle a péché, ou qu'elle leur soit imputée sorte qu'il la fit rougir, et avouer à grâce. Voilà le jugement le plus qu'elle ne pouvait repondre à des mitigé que l'on puisse faire de ces questions si embarassantes. Rapporplaideuses en matière d'impuissance, tons en latin tout ce narré. Erumpit vu la manière de procéder qu'il faut interdum iwerecunda intempéries .. qu'elles suivent. mulierum.... Erumpit , inquam, im- I. C'est déjà beaucoup que de con- pudens, et infacie erubescentium pofesser publiquement qu on ne peut se pulorum, genialis tori révélât et decontenir. Or toute femme qui intente nudat arcana, et de maritifrigiditate de tels procès déclare devant tout conqueritur , allegans kanc suffi 'dénie monde qu'elle a ce défaut : elle en tem et evidentem repudii vel divortii livre un acte (7) qui demeure dans causant, quod semivir est et inutilis les greffes, et qui fournit un sujet de malrimomo , qui non estpromptus ad raillerie à tous les plaisans, et même coitum. Eleganter quidem Gaufridus un sujet de crainte au nouveau mari, de Heroum villâ , familiaris meus ,
unius talium in causd kujusmodi con-
* Leclerc remarque que la pudeur souffre du fudit audaciam. Cum enim ei patro-
congris; ma.» il ne trouve pas que demander le " fat et > • celebraturo
congres soit un péché. La, pudeur «ouOrc-t-clle , e*»w. « insy-muiu
moins, ditil, ciim virgo calcula laborans se Ut pulabatur divortium , et mulierge-
exponit nudam Uthotomo ? nerosa audientibus amicis et suffra-
(5) Du Vair , pag. 820 de ses Œuvres , édition
'kJïw*'" / r * Le président Bouhier dit que ce trait, qui ponr-
(6) La même , pag. 814 > 8»5. rait se souffrir dans la bouche d'un plaisant , est 7) Notez qu'on ne veut pas dire qu'elles font déplacé dans celle d'un homme grave. Il eût été
un tel aveu en propres termes : on sait bien que aisé de la lui fermer , continue Bouhier , par ces
pour l'ordinaire elles ne parlent que de l'envie paroles de saint Basile : nul! a adeb infans est
louable d'avoir des enfans; mais te publie ne se virgo , modo pubens sit corpore , ut q'uidquam
pai?yns de cela; il interprète la chose au sens ignoret ad naturam illius aUinens , cujus e late-
que je marque* re avulsa est.
QUELLENEC. 377
gatoribus , advocato ut fit diligentiùs qu'elle est incertaine. C'est aujour-
merila causât suœ exponeret, scruta- d'huy, dit-il (9), la première chose
tus est ab ed vir prudens , an alium que L'on ordonne en ces procez le
jnaritum quandoque habuerit. Quod mariage ayant esté contracté avec
cùm illa negdsset , quœsivit iterum an une fille, de laquelle Visitation la
adhùc virgo esset , dicens : hoc sibi femme estant rapportée vierge et non
inquisitu , et scitu pernecessarium , ne corrompue , on tire toute la preuve de
h aiscreto judice caveretur occasione l'impuissance de l'homme , et lefon-
aliqud in sermone. llla verb hoc ( ve- dément de sa condamnation. . , . (10)
recundè tamen , eb qubd sibi non benè telle Visitation est des-honneste , et
credebatur) asseruit. Et Me, an si- contre la pudeur qui doit eslre au
mul de noctu dormire consueverint , sexe féminin , partant odieuse et à
et se invicem osculari et amplexari éviter ; ni ayant rien plus recom-
maritus et ipsa, inquisivit. Quas om- mandable en la femme que ceste pu-
nia cùm illafateretur: Undè ergb, deur. Gratia verecundiœ mulieris
inqtkit patronus, nôstri virgo pudicis- super aurum , dit l'Ecclésiastique au
sima y prudentissima , pudoratissima , VII. chapitre , en celle mesmement qui
coitus , ut eum tecum coiisse neges , tolâ citatâ ad Laetam. De institutione inter tôt otcula, tôt amplexus, qui filise,et sainclAmbroisecnsonepistre te pro libitu quoties volait pertracta- LX1V. Nihil sanctius in virgine quàm vit licentid maritali? JVam et quas- verecundia, et au livre premier des dam animantia certum est se invicem Offices , Est pudicitiae coq) es vereosculando misceri. Alia se tenuiter cundia, et encore au livre de l'Institutangendo concipiunt. Et sunt qui suo tion delaVierge, chapitre premier. In gvavidante colore , ab aëre tempe- virgine est dos quœdam verecundia , rato imptxegnantur, et pariunt. Hic quœ taciturnitate cognoscitur , de illa tandem erubuit , hoc solum di- sorte que celle qui se plaint de l'imcens, se quid ad hujusmodi captio- puissance de son mary, et permet nés hisceret , nonhabere (8). pour parvenir à la séparation que
III. II faut se résoudre à souffrir la des hommes la descouvrent, voyent Visitation des parties les plus secrè- et manient les parties que nature tes: les autres preuves sont trop in- veut qu'elle cache, doit estre estimée firmes, c'est pourquoi les juges ont impudente et sans honte* ... (11) La recours à celle-là, et ordonnent Tins- femme ( dit Hérodote au commencepection des pièces : on fait visiter la ment de son Histoire ) despouille la femme par des experts pour savoir honte avec sa chemise. Et sainct Cysi elle a été déflorée. Où est la pudeur prian , De habitu virginem tractatu de celles qui osent faire des procès II. Simul cum amictu corporis, puqui doivent avoir de telles suites ? De dor ponitur. Pline au livre \ Il chapiquelle impudence ne doivent-elles tre XVII de son Histoire naturelle, dit pas être armées ? Il y eut un avocat* que l'on trouve les corps des hommes au parlement de Paris , au commen- noyez, tousjours sur le dos et la face cernent du règne de Louis XIII, qui en fiaut, ceux des femmes au conécrivit fortement contrôla Visitation, traire sur le ventre et le visage contre et qui se servit de deux argumens , bas , comme voulant nature , soi- Vun qu'elle est honteuse, l'autre gneuse de leur honneur, cacher ce ,os r , c . • Que l'on ne peut voir honnestement en
(H) Johan. barcsbericnsis, in Pobcratico , sive *», *\ j • j /r
d« Nnjtis curiaiium, et Vertigii» philosopherai» , elles. Quasi pudon denunctarum parlib. v III y cap. XI, pag. m. 5o4, 5o5. cente natura , mesme que ce depouil-
La qualité d'avocat donnée à Tagcrcau par lement et denudation a esté autjvfois
Bayle et par le» continuateur» de Moréri est con- un£ espcce (Je supplice, comme dit
testée par bouhicr, qui observe ijue sur les deux * r' éditions de son livre, l'auteur ne prend que la
qualité d'Angevin. Il paraît par la préface qu'il (9) Vincent Tagereau, Discours de 1 Impun-
n était pas medecin : il v a donc crandc apparence rtnce de l'Homme et de la Femme, chap. i
n'était pas médecin ; il y a donc grande apparence rtnce 4e. ,,Hommc de la Femme, chap. IV.p-
que c'était un homme qui prenait quelque ,intérct édition de Paris , 1612 .
à quelques procès de la nature de celui d'Etienne (»<>) La mtmc, pag. 58.
Dcbray. (11) Là inrme, pag. Go.
378 ' QUELLENEC.
Nicepho™auUtnre\Udiapitre\U\de ni visitast. Quà matronale déçus, son Histoire, et Tacite, libro Moribus munimento verecundiae tutius esset , Germanorura , parlant de la peine in jus vocanti corpus ejus a t tin gère des femmes adultères. Pour ceste non permisernnt), ut inviolenta maseule raison plusieurs ont trouvé nus alienae tactu relinqueretur. En mauvaises et reprouvé ces visitations. quoy ne leur ressemblent pas ceux Sainct Amhroise en la mes nie epis- qui ordonnent incontinent en ces protre LXIV reprenant Syagrius evesque cez de séparation , que la femme sera de f^erone, d'avoir ordonné qu' une visitée, encore qu'us pourroient cornreligieuse accusée aVimpudicité servit mancer plus honnestement , et avec visitée, use de ces mots : Quid sibi plus de raison par la Visitation de velit, et qui) spectet cjuôd ohstetri- l'homme, sauf à ordonner celle de la cem adhibendara credideris non pos- femme par après si besoin estoit, sans sum advertere; itanc ergô liberum aller si viste ny les faire visiter en erit accusare omnibus , et cùm pro- mesme temps et sans intervalle , pour
batione destiterint, petere genita- plustost parvenir à la séparation, lium secretorum inspectionem ? et comme si c estoit chose fort pressée , addicentur semper sacrae virgines ad et qui ne se peut différer que le public hujusmodi ludibria , quae et visu et n'enfust grandement intéressé. auuitu horrori et pudori sunt? Quae- IV. 11 faut se résoudre au congrès, que in alienis auribus siné dam no car presque toujours lesautreamoyens pudoris resonari non queunt , ea de découvrir 1 impuissance sont in-
Sossunt sine ejus tentari verecun- suflisans. Or on ne saurait compreniù. (ti)? Air où se void que ce grand dre qu'une femme qui n'a point perpersonnage avait horreur d'ouir seu- du toute honte, puisse penser sans lement parler de ces visitations , tant horreur aux circonstances d'un cons'en faut qu'il les approuvait, adjous- grès; car après que les parties ont tant n'avoir jamais leu que l'on visi- prêté serment (i4) qu'elles tascheront tast les filles, il ne se trouve point de bonne foy et sans dissimulation aussi que les Romains , qui n'ont d'accomplir t œuvre de mariage sans lien ignoré de ce qui est de la raison y apporter empeschement de part ny quant au mœurs , se soient servis de aV autre , après aussi que les expers ce moyen pour convaincre leurs ves- ont juré qu' ils feront Jid elle rapport taies suspectes et accusées d'inceste, de ce qui se passera au congrez , les combien qu'ils fussent fort sévères en uns et les autres se retirent en une la recherche et punition de ce cri- chambre pour ce préparée , oh l'homme (i3) Dont se peut colliger me et la femme sont derechef visitez,
et conclure que les Romains en ces l'homme afin de scavoir su a point
doubles ne faisoient pas visiter les de mal JLa femme pour consi-
femmes pour s'en esclaircir et tirer derer Vestat de sa partie honteuse , et preuve parla de leur virginité ou cor- par ce moyen cognoistre la différenruppion , comme l'on fait aujourdhuy, ce de son ouverture et dilatation avant soit qu'ils estimassent telle preuve et après le congrez, et si l'intromis-
trop incertaine et non suffisante pour siony aura estéfaicte ou non
y asseoir jugement , soit qu'ils la reje~ En {*) quelques procez ( comme en tassent pour estre des-honneste et con- ecluy de Bray (10), les parties sont traire à la pudeur féminine , qui leur visitées nues depuis le sommet de la estoit en telle recommandation , que teste jusques a la plante des pieds le mesme f^alere dit au livre II en toutes les parties de leur corps, cluipitre I , parlant de Spurius Car- etiam in podice , pour scavoir s'il y vilius, qui répudia sa femme parce a rien sur elles qui puisse avancer ou qu'elle estoit stérile , qu'ils ne vou- empescher le congrez , les parties lurent pas permettre qu'on la touchast honteuses de l'homme lavées deau
tiède ( c'est a sqavoir à quelle fin ) et
(11) V ous trouverez dans M. Du Pin , Bibl. , tom. II, f>ag. 378, édition de Hollande, lyi (iÇ) Là même y pag. iii.
abrégé exact et beau de ceUe lettre de saint Àm- («) Cela se voit par le rapport du dernier conbroisc à Siagrius. gres f daté du ai avril i5^8.
(t'i) Tagcreau , Discour» de l'Impuissance, (i5) C'était un trésorier. Voyct Brantôme, au
pag. 63. /«. volume des Dames galantes , pag. nu 97, 9».
QUELLENEC. 379
la. femme mise en un demy bain , où femmes usent pour se restrecir et réelle demeure quelque temps (16). Ce serrer, ils n'en font nulle estime, difait l'homme et la femme se couchent sans , que par le moyen d'un laveen plain jour en un lict, et les expers ment que Von faict en la Visitation p resens , qui demeurent en la cham- tout s'en va , et la vérité paroist. On a hre ou se retirent ( si les parties le re- veu neantmoins de nostre temps qu'uquierent ou l'une d'elles ) en quelques ne femme de médiocre qualité, ayant garde-robe ou gallerie prochaine , mis en procez son maiy V accusant l'huis entre-ouvert toutefois , et Quant d'impuissance , et s'en estant désistée aux matrones se tiennent proche du parce quelle se trouva grosse, s'estoit lict , et les rideaux estans tirez ; c'est artificiellement si fort restrecie pour a l'homme h se mettre en devoir de l'instruction de son procez , quelle faire preuve de sa puissance habitant eut besoin de chirurgien a son accoucltarnellement avec sa partie et fai- chement, El Prepositus in cap. consant intromission : ou souvent (17).... sultationis de frigidis et malef. et Enfin les parties ayans esté quelque après luy l'autlteur du livre intitulé temps au lict) comme une heure ou Sylva Nuptiatis, lib.II, ampliatione V, ileux, les expers appelez', ou de leur rapportent qu'une femme d'Italie se propre mouvement quand ils s'en- resserra si fort pour plaire à son
nforment de ce qui s est Voici encore un passage passé entre elles, et visitent la fem- de Paris (20): De Bray, dont on parle me derechef, pour sçavoir si elle est tant et du procez duquel se voyent plus ouverte et dilatée que lors quelle desfactums de part et d'autre impris'est mise au lict , et si l'intromission mez , sinistrum tantùm habebat tesa esté faite ; aussi an facta sit émis- ticulum ex defectu naturali , et au sio , quid , et quale emissum. Ce qui prémier congrez (y estant allé par ne se fait pas sans bougie et lunettes deux fois a divers jours ) arrexerat a gens qui s'en servent pour leur sufiîcienter ad coeundum, ac subvieil âge, ny sans des recherches fort stantiam scrosam et aquosam extra sales et odieuses : et font leur procez vas emiserat , quaj non poterat dici verbal de ce qui est passé au congrez, verum sera en , sed non intromiserat, ou ( pour mieux dire ) de ce qu'ils selon nue le rapportèrent (+J) trois veulent, qu'ils baillent au Juge estant médecins , trois chirurgiens et trois au mesme logis en une salle ou cham- matrones présens : les juges toutefois bre a part avec les procureurs et pra- sans s'arrester à ce défaut naturel, ticiens en cour d? église attendans la ny a l'imperfection de la semence , fin de cest acte. Ce n'est pas le tout , ordonnèrent auparavant que de proil est permis au mari, s'il réassit, de noncer définitivement , que (*3) De faire venir les experts. Antoine Hot- Bray viendroitde rechef au congrez, man observe que le docteur Hostien- si bon lui sembloit ( comme voulans sis a conseillé aux sages-femmes d'u- dire qu'il n'y avoit pas assez fait ser d'eau chaude pour laver le corps manquant l'intromission ) , et ayant de celles qu'elles visitent , a celle fin déclaré qu'il n'y vouloit plus aller , qu'elles ostent toutes choses restrteti- et que sa partie V avoit empesché aux ves. Ce que répète Panorme : in cap. deux fois qu'Uy avoit esté, il fut se- Fraternitatis de frigid. et malef. (18).
Les protecteurs du congrès se préva- (*°) Tagerean , Discours de l'Impuissance , p. lurent de cette pratique, mais An- 3°.'T3l}.3a' D j »
tome Hotmau la SOUtient Sujette a Marie de Corbie, de,nanderesse en nullité' de ma-
rillusion. Quand On leur parle , dit- riage contre maître Etienne Debray , défendeur,
il (IQ), des artifices dont aucunes ■ été réimprimé en i735, a la mite dnTVaiViiir
•* la Dissolution du mariage , etc. Ce factura , que
(16) Voyez- en ht raison ci-dessous, citation le président Bouhicr appelle curieux, apprend (18). que Charles de Quelleuec, malgré ses prétendues
(17) V oyez la suite ci-dessous, citation (3i). signes de virilité, fut condamné au congres par un
(18) Antoine Hotman , pag. fy] du /•«". Traité arrêt du grand conseil.
de U Dissolution du mariage. (**) Ce rapport est du 1 1 d'avril 15*8.
(,9) Le menu , au II*. Traité, pag. 34- Voyez (•*) Cette ordonnance est du i£*. jour de mai lr aussi, pag. 47 du Traitr. et suivant.
38o QUELLENEC.
paré a faute seulement d'avoir fait trimonialium prœscripta tabula rum l'intromission au congrez , n'y ayant procreandorum fit causa liberor%tm\? preuve au procez de la virginité de sa nonne et ipse , quamvis sit licitus et partie : est à noter que quand il (*) honestus , remotum ah arbitris cubile alla au congrez pour la deuxiesme conquirit ? nonne omnes famulos , atfois les juges V advertirent s'ilfaisoit que ipsos etiam paranymphos, et quosl' intromission , d'appeller les expers cumqu* ingreai quœlibet necessitudo a fin qu'ils la veissent , et en peus- vel blanrat , ante mitlit foras quant sent tesmoigner. Par où se void que permisediri conjux conjugi possit ? Ion ne considère pas en ces procez la JVec ipsifilii, si qui jam indè nali qualité de la semence ny si l'homme suntt testes fieri permittuntur. arrigit , etiam sufficienter ad coeun- Voilà les procédures qu'il fallait dum , mais que l'on veut et demande subir, loAque l'héritière de Soubise une intromission oculaire (chose très- était en procès avec le baron du Pont,
deshonneste ). Ce jurisconsulte n'a- Elles feraient tort à l'illustre mère t-il pas raison de soutenir (31) que le du duc de Rohan , à cette héroïne
deshonneste et brutal? R a-t-il pas rai- plus grande jeunesse, la puideur ne
son d'opposer à l'impudence de celles l'empêcha pas de susciter à son mari
qui le demandent , ce reste de honte une affaire où il fallait qu'elle jouât
qui se voit dans les lieux publics? un tel personnage. C'est pourquoi
Ia:s femmes publiques mesmes , dit- j'ai en grand soin de la disculper,
il (2a) , s'enferment et cacfient. Est en rejetant sur sa mère toute cette
aliqua etiam prostitutis modestia machination : j'ai tâché aussi d'ex-
( dit le mesme Seneque ) et illa cor cuser la mère. Quand j'ai dit qu'en
pora publico objecta ludibrio ali- ce temps-là il fallait passer par ces
quid , quo infœlix patientia latent, procédures, j'ai eu égard à l'arrêt
obtendunt, adeo quodammodo lu- du parlement de Paris qui fit defen-
panar verecundum est : et Ovide : se , le 18 de février 1677 > aux Ju8ei
Ignoto meretrix corpus junctura Quiriti , civils et ecclésiastiques , d'ordonner à
Oppoaltâ populum submovet ant« sert. l'avenir la preuve du congrès dans
Il allégua (a3) aussi ces belles paroles les causes du mariage 0>4). Il est sur-
de saint Augustin. Opus ipsum quod prenant qu'une compagnie qni a
libidine peragitur, non solàm in qui- été toujours composée de têtes si sa-
busque stupris ubi lalcbrœ ad subter- ges , se soit avisée si tard d'abolir
fugienda hominum judicia requirun- une coutume comme celle-là. « Il y
tur : verum etiam in usu scoHorum » a beaucoup plus de dissolutions de
(quam terrena civitas licitam turpitu- » mariage depuis environ cent ans
dinemfecit) , quamvis idagaturquod » que le congrès est introduit en
ejus civitatis nulla lex vindicat, devi- » France , qu'on n'en avait vu aupa-
tat tamen publicum etiam permissa et » ravant. C'est pourquoi le parlement
impunita libido conspeclum : et vere- » de Paris, ayant enfin jugé que le cunditî naturali , habt lupanaria ipsa secreti potuil impudicitia non
prohibitionis , quajn impudent ia remo- » défense, le 18 février 1677 » par un
vere latibula illius fosditatis. Quid con~ » arrêt solennel , etc. (q5). » Ces pa-
CubitUS C0njugalist qmsecundàmma- W) Venette, Tableau de lW.r conjugal.^
\t V?V ' r fP,grTm' XXXV( et to'RochelU, pag. 5:8 . 5^, du Tab&u de l'A-
, pas XCI , comme U marque) : mQUr J ^ ? ^ ^ ^
^t meretn* abigit testera vclo<pje scraque, Uon est pitts amplc et plus correcte' nue les prt-
Raraque Summemi formée rima patet. clientes. L'auteur y a joint une préface qui don
„fc XI ". ' Faf • ,&4 » »55 * «*»»«« te chap. tUelue.Je l'ai citée dans l'article JôuamT , 0»*.
XV III tlu XIV. livre de la Cité de Dieu. VIII, pag. ïçfi , re,nanfue (C).
QUELLENEC. 38i
rôles sont d'un fort habile médecin venir. Il observe qu'il y avait bien qui venait de dire, « (a6) que le des gens qui favorisaient ces dissolu- » congrès, qui fut autrefois aboli tions de mariage. Ne pouvans croire » par Tempereur, Justinien, comme qu'il y ail tant d' impudence et si peu » opposé ù la pureté du christianis- de conscience en celui ou celle qui se » me, n'a été rétabli que par quel- plaint, que sans raison il demande la » crues curieux de uotre siècle. Car séparation, tellement qu'aussitost que m il est Tinfamie des sexes et le dés- tels procez se présentent , ils precipi- » honneur de nos temps : et je ne tent leur jugement k la condamna- » sais si dans l'histoire l'on en pour- tion de l'accusé d'impuissance , et t* rait trouver des exemples qui ne si c'est l'homme , etilixfuse par pu- » soient ridicules. C'est une loi qui deur, et pour autres considérations » blesse la pudeur. Elle est trop dure d'aller au congrez , ou ne fait Vin- » et trop injurieuse à l'homme. 11 tromission , y allant, ils le tiennent » y faut faire voir à tout le monde pour impuissant, nonobstant qu'il ne » des parties que la nature a cachées paroisse autre défaut en lui , dis ans » avec tant de soin ; et chercher si c'estoit eux qu'ils y feroient bien j> même aux témoins d'autres témoins paroislre leur puissance et valleur, » que nous fuyons , lorsque nous à quoy ils seraient (peut-estre) bien » suivons les ordres de la natûre. empeschez s'ils estoient en semblable » Car quelle honte est-ce de mon- peine , pour la honte , la crainte , la » trer en plein midi ce que nous fascherie, la haine, et autres diffi- » avons soin de cacher même pen- cultes qui accompagnent nécessaire- » dant la nuit. Ce n'est qu'un pré- ment un tel acte et en empeschent i> texte de divorce , et au'un effet de l'exécution (28) . Il donne un détail » la lascivité et de l'auaace des fem- sur cela qui est fort curieux , et fort » mes. Ce sont elles - mêmes qui ont raisonné. Je le copie sans craindre » fait naître dans l'esprit des juges la que les personnes sages le trouvent » pensée d'une épreuve aussi peu mau%ais ; car pourquoi s'oflenscroit- » sûre qu'elle est déshonnétc. De on de trouver ici ce qu'un auteur » mille hommes il n'y en a peut-être grave a publié dans Paris avec pri- M pas un qui puisse sortir victorieux vilége , il y a plus de quatre-vingts » du congrès public.» Il y a long- aus(ao), et qui n'a pour but que temps qu'on s'est nlaint de cet abus, d'inspirer de l'horreur pour des cou- L'avocat que j'ai cité, et qui vivait tûmes malhonnêtes, et illégitimes ? au commencement du XVIIe. siècle , « (3o) Et est chose estrange et quasi montra fortement l'injustice de cette » incroyable , qu'un tel acte blasmé coutume. Voyant croître le désordre, » par des payens pour sa turpitude il tâcha de s'y opposer. Et d'autant , » et pour estre contre nature ( c'estdit-il(37), que les séparations pour » à-dire contre la pudeur qui est na- V impuissance des hommes sont au- » turcllemcnt en tous hommes selon jourd'huy plus fréquentes quelles j> sainct Augustin ), ait été receu cnn'ont jamais esté, encore qu'il n'y » tre les chrestiens , et par des gens ait pas davantage d'hommes impuis- » d'église ausqucls de voit paroistre sans que par le passé , ayans esté » une honnesteté plus grande qu'aux rares de tout temps {ceux au moins » autres hommes : il est vray qu'il ausquels Von n'en puisse apercevoir » n'y a pas fort long-temps qu'on a quelque signe en les visitant, soit » commencé à se servir de ce moyen, que le défaut soit naturel ou acci- » introduict premièrement (comme dentaire ) , et que de dix séparations » il est à présumer), parce que quelqui se font a peine s'en trouvera-il » que impudent poursuivy en sepaune où l'on ait peu remarquer quel- » ration , aurait demandé le congrez : que deffaut en l homme par la visita- » se vantant d'y faire paroistre sa tion ; ce qui fait esbahir et murmurer » puissance , ce qu'on luy auroit beaucoup de gens : fay avec plus de
soins recherché d'où cela pouvoit pro- (*8) T;à m(me ; W 9 '« »<>•
0 (29) La seconde édition du livre de Tagercau ,
(t»6) Lit mtme , pag. 5"^. de laquelle je me sers , est de l'an 1617 ; la
(a7) Tagereau', Discour» de l'Impuissance , '"irn? est de l'an 1G11. pag. 7 et 8. (3o) LU même , pag. i5g. cl suiv.
QUELLENEC
» permis, y ayant à cela plus d'apj> parence que de raison : à fin aussi » ( peut-estre ) de destourner les fera- » mes d'entreprendre tels procez , » pour n'en venir jusques à un acte » si des-honneste : mais ce moyen y» n'a servy ny pour découvrir la ve- » rité et la puissance des hommes, 3> ny pour destourner les femmes de >» ces poursuites : au contraire elles » en ont esté rendues plus hardies , » sçachans bien que l'intromission, » requise au congrez pour erapes- » cher la séparation , dépend d'elles, » ne pouvant estre faite par quelque » homme que ce soit, sans leur conn sentement volontaire ou forcé (3i), » et que c'est un moyen certain et » infaillible pour gaigner leur cause » à estre séparées. Et si ( qui est le » pis ) on a fait coustume et stile » d'ordonner le congrez aux procez » de séparation pour impuissance » des hommes , les formes antiennes » obmises ou négligées à son occasion, » jusques à là que l'on contrainct par » prison les hommes à aller au con- » grez,s'ilsny vont deleur bon gré,ou » ne consentent la séparation : chose » si absurde que l'on ne croiroit » jamais qu'elle se fist , si l'on ne » la voyoit. Or ceste coustume ayant » esté introduite sans valable rai- » son , ne debvoit estre suivie ny » continuée. Quod enim non ratione » introductum est , sed errore priu mùm, deindè consuetudine obten- » tum est , in aliis similibus obtinere » non débet. I. Quod non ratione.
i> De leeibus et senatûs - consultis, » Outre la honte qui accompagne le » congrez suffisante pour en empes- » cher l'exécution , ces circonstances » le rendent impossible : asçavoir la » crainte qu'un homme a de tant de » gens qui le voient , visitent et ma- » nient , du rapport desquels dépend » sa réputation et sa ruine ou con- » servation : aussi de faillir à execu- » ter ce qu'il a entrepris et qui lui » est de si grande importance. La
(3l) H dit, pag. ia5, qu'au congrès souvent adviennent des altercations honteuse» et ridicules, r homme se plaignant que sa partie ne le veut laisser faire, et empesche l'intromission : elle le niant, et disant qu'il y veut mettre le doigt et la dilater , et ouvrir par ce moyen... encore ne sauroit-il quelque érection qu'il fasse , si sa partie veut l'empescher , si on ne lui tenoit les mains et le» genoux , ce qui ne se fait pas.
» fascherie en laquelle il est a l'oc- » casion du procez honteux , et le » rendant la fable et risée d'un cha- » cun. La haine aussi qu'il porte à sa » partie luy procurant cela , au lieu » qu'elle luy devroit procurer son » honneur et son bien. Joint la con- » trainte dont on use en son endroit, » le mettant en prison s'il ne va de » son bon gré au congrez , ou ne con- » sent la séparation : toutes lesquelv les choses pour estre les vrays re- » medes d'amour et formellement » contraires à son œuvre et action » principale , qui requiert un secret, » une asseurance , une amitié , et nn » esprit non traversé de honte , de » crainte , de haine , et de fascherie, » rendent indubitablement l'efTect et » exécution du congrez très-difficile, » voire impossible , ainsi qu'a re- » marqué Ambroise Paré au livre » XXVIII. de ses OEuvres , de la sixié- » édition , ou il traicte , du Rapport » de l'impuissance de l'homme etdeU n femme , ce qui n'est pas aux pre- » mieres éditions , à fin que le lec- » teur ne s'y abuse. Et faudroit qu'un » homme fust sans honte ny appre- » hension , pire qu'aucunes bestes , » pour exécuter le congrez nonob- » stantees empeschemens : veu mes- » me ( comme dit saint Augustin au » mesme livre XIV de la Cite de Dieu, » chap. XXIII. ) que la copulation ne » dépend pas de nostre volonté, etc.»
M. Venette est trop galant homme, pour trouver mauvais que je croie qu'il se trompe sur ce qu'il dit de Justinien. J'ai ouï dire à de fort savans jurisconsultes qu'il ne paraît aucune trace de congrès dans l'ancienne jurisprudence; et crue c'est une abomination inventée dans ces derniers siècles. Citons encore Vincent Tagereau. « (3s) Or nonobstant » que le mariage de sa première in- » stitution et par la loy evangelique , » soit inséparable sinon par la mort n de l'un des eonjoincts , au moins » en sorte que les parties séparées se w puissent marier à autres , et qu'il » ne se trouve point que les Juifs , » les Grecs , ny les Romains , entre » lesquels le divorce estoit en usage, » eussent loix touchant les mariages » des impuissans , sinon les Athe-
(3a) Tagereau, Discours de l'Impuissance* pag. 4 et 5.
QUELLENEC. 383
» niens une faicte par Solon , par qu'ils ne le fussent pas : il regarda » laquelle estoit permis à la femme comme un usage trés-malhonnete ce » marie'e à un homme inhabile à qui s'était pratiqué jusques alors. 11 » charnellement habiter avec elle , se crut obligé de renchérir sur l'hon- » d'habiter avec qui il luy plairoit n été te des Romains , qui défendirent » des parensde son mary. Et les Ho- à l'égard des filles de régler l'âge de m mains une autre faicte par Tempe- puberté par l'inspection (35). Mais ils » reur Justinien prez de treize cents ne le défendirent pas â l'égard des mâ- » ans après la fondation de Rome les.
» ( ne s'en trouvant aucune faicte Théodoret a fort crié contre les » auparavant ) par laquelle il permit lois de Platon , qui ordonnaient non- » le premier aux femmes, plus par seulement que les jeunes filles et » faveur que par raison , ny selon le que les femmes âgées pratiquassent » droict divin , de faire divorce avec nues les exercices propres aux hom- » leurs maris impuissant, et de les mes, mais aussi qu'il y eût des in- » répudier , comme il fit plusieurs s pecteurs qui pour juger de l'âge nu- » autres lots en faveur des femmes, bile de l'un et de 1 autre sexe fissent » à la persuasion de l'impératrice dépouiller les gens (36). Ta» <fi <ro£ » Theodora qui le possedoit et luy v»t yojunv Xpw*u ÇufA&vrpî*1! i\**.çrw » faisoit faire tout ce qu'ellevouloit, nwrotv x/>i»«r» , yvpuuuc pur roùç *ftt-
» ainsi qu'a escrit le mesmc Bodin en v*ç , yvp.^Âç efi pAXP1 6»»a«w
» sa Republique, au lieu cité (33) , t*ç yui&7itcti. Judex vero inspiciens » el au chapitre deuxiesme du cin- judicetquœnamœtascelebranaisnup- » quiesme livre : les canonistes tou- tiis concernât ; eamque ob rem nudos » tefois , à l'imitation de Justinien , mares , nudasque umbilico tenus fe- » ont donné semblable permission minas inspiciatty). L'équité aurait » aux femmes , en cas d'impuissance voulu que Théodoret n'eût point » de leurs maris, en sorte qu'elles se passé sous silence le ménagement du » peuvent marier à un autre homme législateur par rapport aux filles, qu'il » après la, séparation ; ayans aussi ne faisait dépouiller que jusqu'an » permis le mesme aux hommes ma- nombril (38) : Théodoret, dis-je, au- » riez à femmes trop estroictes , ce rait dû combattre cette loi de Pla- » que n'avoit pas faict Justinien , ne ton en tant qu'elle était ainsi limitée; » se trouvant aussi quasi point de mais il la combat comme si elle n'eût w telles femmes.» rien limité. Il allègue d'abord ce qui
Les avocats qui plaidèrent pour.... fut dit par l'épouse du roi Candaule , en 1677, soutinrent que le congrès Qu'une femme qui se dépouille de sa n'a aucun fondement ni dans l'auto- chemise se dépouille de la pndeur té des lois , ni dans l'opinion des doc en même temps, d'où il conclut que teurs ; que dans le droit civil, ni dans ce philosophe législateur enseignait le droit canonique, on ne voit ni la aux fiancées à se défaire de toute visite , ni le congrès ; qu'il n'est pra- honte. Koryatpowv 9 91X00^05 taç wptiqué qu'en France , et seulement de- *
puis environ six-i'ingtS ans ; que les (35) Pubertatem aittem veteres qyidem non so-
livres des anciens ne nOUS en four- luni ex annis, sed etiam ex habitu corporis in , m »„ majeulu œshmari volebant. Nustra autem nia-
mssent que deux exemples ridicules jejlas dignUm esse eastitatc nostrorum temporum
qui puissent l'appuyer (3£) • existimans beni> putavit , quod in fa>minis etiam
L erreur de M. Venettc doit appa- antiquis impudicum esse visvm est id est, in- . .:..„„„„A«„„L,««tMn« speetionem hubututinis corporis , hoc etiam ut
remment sa naissance a quelque trans- exlendere. Et id£ lw/trd sanctii con,
position d idées qui a confondu la sttlutmne promulgatd , pubertatem in masculis
connaissance de la loi de Justinien. post decimum quartum annwn completwn illico
Il ne Voulut plus SOUflVir que l'on tnttium accipere disposuimus : antujuitatis nor-
* ... , . ». »»j \i mam in fœmuusbene positam, 1/1 suo oraine re-
decidât de la puberté des maies par unqtieni.s, „, post duodecim annos complétas
l'inspection de leurs parties honteu- rirtotentes esse credantur. Institut. , lib. I, tit.
ses. Il la fixa à l'âge de quatorze ans, a*1/- , a m ^ ,., r„
Soit qu'ils fussent vigoureux, Soit J*>) Theodor. , de Gr*c. Aflect.,^. IX\ pag.
(33) Cestr-a-dir* au chapitre III du f». Iwre. (3;) Idem , ibidem , pag. 616.
(34) Journal des Savans, du 5 juillet 1677, pag. (38) Iljaut sous-entendre que e était a corna 08 , édition de Hollande. mencer par la tite.
384 QUELLENEC.
<t>tv<Mti*.çyvfAW t»ç tLlhuç. Jtflti «£»*i- » me quand nous étions chez-nous , JWv iMÀa-KU. Quarè philosophus » nous n'aurions pas eu la peine de pudore sponsas exuit, et im puden- » venir ici (43) ? » tiam docet (39). La manière de rai- (B) lira des livres ou elle en est ac sonner de Tbéodoret n'a pas ici toute cusce.'] .
sonner la justesse rigoureux
Jean Laetus, professeur àlFra-
ou les uuui »w« i'"" ' — ~« '11 " j j
sans habit, est juste ; il prétend que parties naturelles avec de grands
c'était la ruine de la pudeur , et une éclats de rire, en présence d un grand
école de lascivité. Où y*\? ™ pton nombre de ses dames. « Aubisu nobx-
tk iitiliutr fovtorpCàrr* yup»wpt%- » lis qui frigidae et minime ad pro-
iL ttiWiw» AJ>« fli-Awnu, » creandam sobolem apte natune
ÀxxÀxAi^xxàc ÀxxjJxoyçÀ^o^c^oa- » esse dicebatur cadaver jussit in-
ftwt **ox*«'«. «Si y*t « W»»' » vestigan regina , mventum (45)
l*u**n » W* , **i toJc *»<l>*ç, **J » /""fe/wfc illius,cum suarumpedis-
rrL yufàuu •« tfmw i^ot/ç ipiOi- « ^«amm numerpso comitatu non
Non modo enim ad impudentiam » sine magno et effuso nsu inspexit.*
erudiebanturnudatœynudosqueviros Un fait de cette nature aurait-il été
svectantes, sed mu lias invicem in- inconnu a Daubi^ne?et s il lavait su,
Ltinentiœ occasions prœbebant. *Z^^^^J*™W
tïnien ôtât les abus que ce père de le roi son fils dans les forts , aus-
1 église a condamnés. sitôt au ils eurent ete pns, comme
Finissons cette digression par un si elle eût eu dessein d accoutumer
passage du Ménagiana, qui nousap- au carnage les yeux de ce jeune
tirenJra mie cet abus du congrès prince; et que Ion trouva mauvais
avait cessé d'être si fréquent. Ceux quelle eût regarde trop curieuse-
am aiment la diminution des seau- ment le corps nu d une fille morte
lies apprendront ceci avec édifica- qui s était travestie en homme pour
lion « Un officiai du temps de M. de augmenter le nombre des défenseurs,
» Gondi de qui le nom ne me vient tant on est jaloux de ne rien pardon-
» pas à 'la mémoire , m'a dit que neraux grands. Un autre professeur
* pendant quarante ans qu'il avait de Franeker soutient que a reine
: Lrcé sa charge, il n'avait ordon- ^^^^X»™" llmPU1S" » né le congrès qu'une seule fois, sance de Soubise (40).
» C'était à un meunier. Commeil fai- r (43) Ménagïana, pag. ag» , 29a de la première
» sait fort bien son devoir dans la Union de Hollande.
» sait lui* « . . ¥„„l. (44)Compcnd. Histonas univers. m. 414.
» preuve , sa femme lui dit . J»eob, i£ J?2?ae s£t« Rriig. i« G«m«.JVbwA2U»«* 3««*
» pourquoi ne faiSaiS-tU pas de me- la remarque suivante les paroles de l'auteur qu'il
cite.
{£) £• G«S? Afl'ect., lifr. VA, pv. 0 1 5. (48) Cu/» cada cwn rclu,uu ami re^am
QUELLENEC.
(C) et d'avoir même fait cher- Thou : si Ton y changea l'ortbogra-
cher entre tous les autres cadavres phe, c'est apparemment que Ton se
celui du baron du PontJ] Voilà une souvint que plusieurs familles nobles
circonstance aggravante, je ne la de Bretagne mettent un K dans leurs
garantis point j la foi en soit chez noms. Un célèbre auteur a dit depuis
Fauteur qui la débite. C'est un écri- peu Francisais Quelletiius dux è
vain protestant. Hex , regina,fratres nritannidfii).
et regius coinitatus frequens sub ves- (E) Et je mettrai ci-dessous ces
peram Lupard egrediuntury stragis raisons-Vu. ~\ Je ne sais si personne se
illius per urbem ejfusœ conspiciendœ souvient encore de deux petits im-
causd. SubiziuSyvir nobilis yfrigidœ primés qui parurent Pan 1697, l'un
et minimè ad procreandam s obole m sous le titre de Jugement du Pu-
aptœ naturœ esse dicebatur : illius blic , sur le Dictionnaire Criti-
cadaver jussit investigari regina , et que ; l'autre sous le titre de Reflc-
pudenda illius , cum suarum pedis- xions sur le Jugement du Pu-
sequarum numeroso comitatu , in- blic , etc. C'est dans le dernier de ces
spicity non sinè magao et ejfuso risu deux écrits que se trouve l'apologie
(4S))« , qu'on m'a conseillé d'insérer ici , et
(û) Le nom Qucllenec. ] Cest ain- que l'on a crue capable de guérir
si que M. Varillas le nomme dans la tous les scrupules de mes lecteurs,
seconde édition de son Charles IX. Je souhaite passionnément qu'elle
Or comme cette édition a été recti- produise un si bon eflet. Voici ce
fie'e sur les remarques de 51. d'Hosier, que je répondis à mon censeur,
le plus grand généalogiste de Fran- « ( 5i ) On peut joindre aux trois
ce (00), il n'y a point de doute qu'il » exemples qu'il a cotés , ce qu'il a
ne faille ainsi nommer le baron du » dit contre l'article où je rapporte
Pont, marié avec l'héritière de Sou- » des passages d'un livre de Tase-
bise. Ce nom est tout défiguré dans » reau. Il ne pouvait pas choisir plus
la plupart des historiens, ce qui ap- » mal un sujet de plainte , car je fe-
paremment doit son origine à une » rai voir en temps et lieu, que tou
faute d'impression. Les imprimeurs » tes sortes de droits m'ont autorisé
de M. de Thou mirent Quellevetum » à insérer dans mon ouvrage ce que
Pontium(*); au lieu de Quellenecum » j'ai dit du congrès. J'ai pu dire en
Pontium; de là vint que M. de Méze- » qualité d'historien, quo Quellenec
rai nomma ce baron Quellevé-Pon- » fut accusé d'impuissance, et que
t uy : c'était faire deux fautes, car » ce fut sa belle-mère et non pas sa
Pontivy était un seigneur de la mai- » femme qui lui intenta ce procès. Je
son de Rohan. Cette dernière faute n devais à la vérité cette remarque
ne se trouve point dans l'Abrégé n en faveur d'une héroïne de notre
Chronologique, mais seulement dans >■ parti. Comme historien fidèle , j'ai
et la seconde édition de Varillas » que je ne crois point qu'il soit glodonnent le nom de Charles au baron » rieux à une femme de s'engager du Pont. C'est donc à cela, ce me » à de telles procédures. Tout auteur semble , qu'on s'en doit tcuir. M. Va- » a droit de faire voir les raisons do rillas dans la première édition se ser- » ses sentimens. Ainsi, en qualité de
» commentateur de mon propre tex- » te, j'ai pu, et j'ai du étaler les w preuves de l'opinion que j'avançais, » et rapporter par conséquent ce que » Tagereau a publié contre la prati- :> que de ce temps-là. Nous voulons
première
vit du terme de Kuellevê. C'était encore la faute des imprimeurs de M. de
projectum a regind ejusque pueltis diligenter , si nota irnpotentiat a.}j)areret, intpestabatur. Hub., Hist. civil. , tom. Il, pag. 353.
(4g) Commentai-, de Stalu Religion!» et Reip. , in regno Galliae, part. IV , folio m. verso.
(5o) Vojet la lettre publiée par M. de Larroque , dans sa Critique de Varilla».
(*) Ii' Index Thuaniy dresse sur l'éilition de GtMicve, lit : Quellinccus Pontius. Rem. cbit.