QUILLET
siècle *. J'ai marqué ailleurs (a) M meilleur emploi , et au refus de l'occasion qui l'engagea à se re- » <H.lcl» qui choisit et prit le mre, AMrt«r t» • * • »' » ainsi que l'événement l'a vérifie ; tirer en Italie. J ajoute ici ««que- » car l'un est mort sans avoir da-
» tant à Rome, et fréquentant » vantage avancé sa fortune, et l'autre
» la maison de l'ambassadeur de » e»t monté heureusement aux pre-
» France, qui était le maré- ». mières charges de l'état (i). «Ces par-
i i 1 ., ticularites sont curieuses , mais je ne
» Chai dLlrees, il y entra pour saispi4s si elles sont exactement vraies.
» secrétaire de l'ambassade (ù) (B) II est sur qu'il parla très-mal » (A). » Je ne sais point par de cette éminence.~\ Vous trouverez
quelle raison il se chagrina con- d*™ J? suit? àvMénagiana (a) ce
.* i ». , P ... qu il dit contre elle.
tre le cardinal Mazarin , mais il ^ (C) Le Q. Mazarin ce contenta si
est sûr qu'il parla très-mal de facilement des excuses de l'auteur ,
cette éminence (B), dans un Çu'd 1™ promit une abbaye. ] Cela
poëme qu'il publia l'an i655 mérite d'être rapporté tout du long
*wx r» i !»• i *el qu on le trouve dans la suite du
H. cardinal reçut l insulte Ménasiana (3). « La Callipédie de
avec la dernière débonnaireté , » M. Quillet, déguisé sous le nom de
et se contenta si facilement des » Caluidius Lœtus , est un très-beau
excuses de l'auteur, qu'il lui pro. » Poèrae Utm. Quelque m&onlente-
'" r » ment qu il eut fit qu'il y insera
mit une abbaye (C). Le poème a quelques vers contre M. le cardinal dont je parle contient des choses » Mazarin et sa famille. Il fit irapriqueM. Bailleta fort condamnées » mer ce livre en Hollande, le car-
(D).L'abbéQuilletcomposad'au- * t^i/'LX^l x. ^ , , » juillet de lui venir parler $ mais
très ouvrages qui n out pas ete „ au lieu dc lui témoigner du ressenpublies (Ë). » timent, il se plaignit seulement ^ -, . . , » avec douceur de ce qu'il l'avait si ♦Il mourut, ditLeclerc, en septembre meWé dans ce poème. Vous 1661, ainsi qu'on l'apprend dans la Musthis- ^ " ' . * ♦? ▼ torique de W. » s*™2 » ajouta-t-il , qu il y a longfa) ZJa/w /«rric/e Grandieh , remar- » temps que je vous estime , et queÇ!L)tom.VtI,pag.\ty). » que si je ne vous ai pas fait du (b) Sorbëriana , page 173 , édition de ffol- » bien , c'est que des importuns l«*de- » m'obsèdent et m'arrachent les grfla {A \v£™uT\ ëdrition ,î° l\ CamP^° « ces: mais je vous promets que la
la troisième en Angleterre en i7o3, in-8>.; » Pour ,vous- ?L Q»""* » touche de
et la quatrième à Leipsic, 1700, i/i-8<\ » tant de bonté, se îeta, aux genoux
quoiqu'il y ait Parisiis apud ThomamJoly-. » du cardinal , lui demanda pardon,
La première eit sous ce titre : CalvidiiLœti » et promit de corriger son poëme
Caliipmdia , sive de pulchrae Prolis habendm „ Je telle manière qu'il eu serait
Batione, Peëma, Lugd. Bala». i655, wi;4°. „ c0ntent: le suppliant dès lors de *.t la derruure est sous celui-ci : Cl. Quilleti •„ „,,>;i i„ 1.,:
/>.//• t- j 11 n i-. 1 t 1 » vouloir bien sounrir qu il le lui
CafUpcedut, seu de pulchrœ Prolts habendee , t 11 •
Batione. Poëma Diàacticon, cum unoet al- » dedlAt ; ce que le cardinal lui per-
tero ejitsdem Autoris carminé Juxtà exem- » mit. En effet , il ht imprimer cette
plarejccussum Parisiis, apud ThomamJoly \ » seconde édition corrige'e , i/1-80. ,
1709, f/i-81. Costar donne beaucoup de » à Paris en i656 , et la dédia à
louanges à ce poëme de Quillet, pag. 860. „ monsieur le cardinal, qui peu de
j£ltre33$ d« tome I«. doses Lettres, mg. , t g auparavant lui avait donné
^ ' 0^ ? TfT i0T* 6t m' 5981 » une abbaye considérable , dont lettre aSo du u>me II. Rem. Ci». ^ ^ mort ^em?ô^a dc |ouir long.
(A) Il y entra pour secrétaire de » temps. La première édition de ce l'ambassade. ] « Cette place fut bri-
» cuée par M. de Lionne sur lequel il (0 Sorbëriana , au mot Qm\W\ pag. m. i73.
. S\ Z » . »» j * • 1 • . (a) Pas. lii , lia , ediUon de Hollande.
» lemporta : et M. dc Lionne se jeta ^p^. lio] l3x; y0je> Costar, Leures, » au service de M. Mazarin , faute de /, pa^. i-fi.
(JUILLET. 3g5
» livre, qui est la plus rare, est im- tion ; mais il est faux que cela ne » primée m-4°. , à Leide en i655. soit point digne d'un homme qui a » Celle de Paris est plus ample. » Quelques sentimcns d'honnêteté; car (D) Son poème. . . contient des cho- 1 abbé Ouillet ne dit rien qui ne se ses que M. B aille t a fort condam- trouve dans plusieurs livres de ménées.~\ Voici ce qu'il dit (4). « Cet decine composés par des auteurs » abbé, voulant apprendre aux hom- graves. Je ne sais point s'il eut d'auto mes à faire de beaux enfans , a tâ- très maîtres , mais ie suis persuadé » ^ché de réduire tous les préceptes qu'on peut apprendre par la seule » de ce nouvel art en quatre livres lecture des écrivains les plus sérieux, >» de vers latins , sous le titre de Cal- tous les préceptes qu'il prescrit. 11 >» lipédie. Quoiqu'il n'ait point dit prend qualité tfAbbas Dudavillœus, * au public où il avait appris tant de a la fin du privilège ; et dUAbbas D. » raretés, on ne laisse pas de remar- S. â l'épître dédicatoire. » quer que pour un abbé (5) , il en (E) // composa d'autres ouvrages » savait plus que les plus exprimen- Qui n'ont pas été publiés. ] L'abbé » tés d'entre les laïcs , et qu'il était de Marolles ayant parlé (o) du poè- » capable de donner des leçons à la me de la Calïipédie, et dé quelques
» nature même (G) On'dit qu'il vers latins et français dont Quillet
» y a des endroits bien touchés , mais lui avait fait présent , continue de » que l'on y trouve aussi des descrip- cette manière : Il avait composé un » tions, sur le sujet de la génération, autre grand poème latin de douze /*- » qui sont tout-a-fait infâmes et in- vres , sous le nom de Henriciados , en » dignes d'un homme qui a quelques Vhonneur du roi Henri IV : mais je » sentimcns d'honnêteté, et qu'il ne sais si cet ouvrage , non plus que » semble par tout s'être fait honneur a« version de toutes les satires de » de la lecture de Pétrone. C'est pour- Juvénal, en vers français , verra ja- » quoi il faut prendre pour de sim- niais le jour , puisqu'il faut aujour- » pies complimens de civilité les d'hui payer les éditions des plus » éloges que M. Costar fait de la grands poèmes qui doivent leur origi- » Calïipédie, dans une lettre qu'il "e o-** plus ex celle ris auteurs. Et » a écrite à l'auteur (*). » ceux de cette qualité qui se sont faits Depuis la première édition de ce de notre connaissance , lesquels sont Dictionnaire, j'ai lu la Calïipédie en grand nombre t même en latin, ne imprimée à Paris l'an i656 (7). En sont presque point lus. Je n'en dirai voici le titre : CL Quilleti Callipœ- point le détail qui donnerait de l'édue seu de pulchrœ Prolis habendœ tonnement. Je crois que c'est de Ratio ne Poëmadidacticon,cumuno et tHenriciade que Costar a dit ce que altero (8) ejusdem Authoris carminé, l'on va voir. « 11 me fâche que vous La préface marque les choses qui fu- M m'ayez pris ces mots de convoiter et rent jointes à l'édition de Paris : elles M de convoitise. Car ie m'en servirais sont en plus grand nombre que celles u Ie plus a propos du monde, pour qu'on retrancha. Cet ouvrage est très- » exprimer la passion que j'ai de voir beau à l'égard de la versiGcation ; la » la suite de votre divin poème latin, lecture de Lucrèce y éclate beaucoup n dont vous m'avez envoyé le complus que la lecture de Pétrone : on w mencement. Si le reste est de mène se trompa point quand on dit à w me force, il est aussi loin au-des- Baillet que l'auteur y parle bien naï- * sus de la belle Calïipédie , que la vement sur le chapitre de la généra- » helle Calïipédie est au-dessus de ,M t n » tous les ouvrages de cette nature que
4) *f««UM «ur le, Poète, art. ,5«i. „ notre siec,e a pr0(luits. Quel r^gal
(51 .Selon le Menagiana , <i-<lrssus. citation (î). « ^ ^ • • r r -v "
fi notait point abbl auand il fit ce poëme. KU * POUr m01> MONSIEUR , SI VOUS me
(6) Baillet, Jugemens sur le» Poêle. , art. x5i 1. M tenez \°\re Parole , «t SI VOUS m'ap-
O C'est la CCL«. lettre du second tome de w portez ici quatre mille vers du méri-
^^/T^;^- , . , , » tcdeceuxquejeviensdelire(io)!»
(-) -w. Bourdelot ma fatt la faveur de me
c/ÔV°v5r' » , „ . (9) DarLS li Dénombrement de ceux qui lui ont
(H) Ces deux poèmes sont une fpltre ad Eu- donné des livres.
î^™ S'^ïerf ^awiitr^etunetf^inobi- (10) Costar, lettre » l'abbé Quillet. C'est la
luiu Peln Gassendi. QCL*. du II*. tome, pag. 598.
QUINTE CURCE * , en latin vécu sous l'empereur Claude, Çuintus Curtius Rufus , a coin- que de dire qu'il a vécu sous posé une histoire d'Alexaudre. Yespasien. En marquant les fau- Elle est belle et bien écrite, et tes de M. Moréri , j'aurai occaainsi Ton a tort de croire qu'un sion d'indiquer quelques autres auteur dû moyen temps l'ait choses (C). Le cardinal du Perron composée (Aj : mais on a raison admirait trop Quinte Curce(Dj. de s'étonner que personne n'en Rien n'est plus capable de guéait fait mention avant le XV". rir les gens de l'admiration exsiècle (à). On doit être moins cessive qu'ils pourraient avoir surpris d'y trouver des faits in- pour lui , que les remarques que croyables , que de n'y en pas M. Le Clerc * a publiées et intirencontrer un plus grand nom- tulées Judicium de Quinto Curbre. L'auteur a eu même la sa- lio. Elles sont à la fin de son ougesse d'aller au-devant du repro- vrage de Arle crilicd, et mettent che de crédulité qu'il avait à dans la dernière évidence plucraindre(B). Il eût encore mieux sieurs grands défauts de ce céfait, s'il eût raconté moins de lèbre historien, son ignorance prodiges, et s'il eût inarqué plus de l'astronomie et de la géoerasouveut qu'il ne croyait pas tou« phic,ses contrariétés, ses aestes les choses qu'il racontait. J'ai criptions irrégulières, son raaudit son un
une très-belle version française se rencontreraient dans presque de son ouvrage (c). Le docte tous les anciens historiens, si Freinshémius a fait de beaux l'on se donnait la peine, ou si commentaires sur cet historien , l'on était capable de les critiquer et composé le supplément des à la rigueur. Je ne sais si l'on ne deux premiers livres , et de quel- pourrait pns dire que l'ignorance ques autres endroits qui se sont qu'il a fait paraître en certaines perdus. La préface (d) du père choses est une preuve qu'il n'a Michel le Tellier, jésuite, mon- point vécu dans ces derniers tre qu'il est plus croyable qu'il a temps; car un homme du XIVe. i * < ... , . . . ... . . ou du XVe. siècle qui aurait été
* Joly dit qu on trouve dans la Btbltothe' . , 1 «.
que latine de Fabricius, presque tout ce capable décrire cette Histoire qu'on peut dire sur Quinte Curce. On peut d'Alexandre , aurait dû avoir
aussi, dit-il, consulter le livre du comte 1 j . \ f»lln.'t Uaguolo, intitule : Délia Gtnte Curzia e pl"5 de talenS qu il n en fallait
delCetàdiQ. Cunio l'islorico , Bologne , polir la composer dans^le I".
j;qi in-8'. siecte . jj aurait dû avoir des
(«) Forez dans la remarque (h\ les pa- ,. , , . ., .
rôles du père le Tellier, et la réflexion que qualités eillinentes ; et il aurait
fy fais. fallu qu'il eût blanchi dans l'é-
$J2*X^S&2;*\ **2 <«de Aurait-il pu ignorer ce que (c) composée par VaugcUs. [Leclerc a tout le moude savait alors , que
donné un article à Vaigei.as. dans ses
Remarques Critiques, quoiqu'il n'en eût pas * Ce Leclerc est Jean, que je cite quelque
dans Bayle.] «i non Laurent Josse , que je cite sou-
(rf) Ad Q, Curlium , iu usum Dclpluni. veut.
îa lune ne s*éclipse point indifle- XIVe. siècle. N'est-il pas sûr que dès
rerament quand elle est nou- ,e si?;c,e de Ptojoméc on a pu parler
. ^i. ^ ^u^ » î • •» des fleuves et des provinces dont il
velle et quand; elle est pleine ? avait fait menti(Jn ? ,„ Pui "
Ur voila l une des ignorances de Quinte Curcc ne s'est point servi du Quinte Gurce (e). mot Sinœ pour marquer la Chine, il
n'y avait aucune raison d'observer (e) Limant defcere cum aut terrant subi- qu'avant Ptolome'e personne n'avait ret, aut sole premeretur. Quint. Curt,/<*. employë ce mot. Notez que la lettre
irycaP. io. de Patin e3t dat(fe tlu l5 de gep
(A) Qu'un auteur du moyen temps Membre i65o , et que dans une lettre l'ait composée.] Citons un passage de du M de juin de la même année , il Guy Patin. « Êtes-vous bien alsuré Park en homme qui avait lu l'ouvrage » que Quinte Curce ait vécu sous de ;os.slus » «« vient donc quM en » Tibère? Il y en a qui prétendent Par,e1 101 comm* d un llvre I"1 est ,» que c'est sous Auguste , poussés à sou* *? V™se* Quant au reste » le r^ » cela par sa belle latinité : d'autres fent d*QuY Patin ne se trompe pas » sous Vespasicn, avec quelque ap- lorsqud assure q,ie nul ancien na- >, parence de raison. J'ai Vu autrefois "a" cA[té Q^-Cune. On ne sau- » un régent qui avait une opinion rait être assez étonné de ce silence : » particulière de Quinte Curce. Il f.?st ""î ""fortune très - particu - »> disait que son livre n'était qu'un ,Iere' ™ï filstortlen * de commun
roman] que le latin véritablement avec plusieurs autres ;, que nous ne sa- » en était beau , mais qu'il y avait de c?10ns nldou ll était, ni quand il
,» grandes fautes de géographie ? ' , ek ^ue son 0»v.ragc ait ete
» Le même maître nous disait que tronquéet corrompu. Mais il est peut- », l'auteur de ce livre était un savant étre le seul auteur de mente que per- » Italien qui le fit il y a environ 3oo 8?.nne ,n.ai£ ?\i6v pendant tant de », ans. Que nul ancien n'avait cité «écles (a). Acidalius s en mit un peu », Quinte Curce, et que c'était un en colère, ///a aaiem, dit-il (3) , „ nom supposé. Qu'il était là-dedans °"tntno q**m™* calamUas extra ,, parlé du fleuve Indus , du Gange , Curtium ajhxit, ut reliquorum senp. „ et autres parties des Iodes qui tor»mnemomentionemejususquam. „ étaient inconnues à ces anciens qui ™l u^o werbo , certam dteo mentio- „ ont vécu devant Ptoloraée, qui est ^em et indubttatam facial y ad unum >, le premier et le plus ancien auteur ommbus tacentibus, quasi de corn- », qu? ait fait mention de la Chine Pacto . ut conspirasse uideantur ad
» sous le nom de Sinœ Tout suppnmendum hominis nomen , ad
„ cela est une controverse dont f^mprorsus oppnmendam. In hoc
>, j'espère d'apprendre la solution ?'"5 non lf0^ ? ?«« \non miretur, », dans l'édition qui se fait en Hollande f ^dtgnetur? Le Pere le Telher s'e- », du beau livre de feu M. Vossius, tonne df ee silence , et le considère „ des Uistoriens latins (i). » Il y a comme la raison pourquoi 1 on a cru quelque chose à critiquer dans ce q«e cette Histoire est l'ouvrage d'un discours. I. Il est très-faux qu'avant raoderne. Hic mirari cum Aculaho Ptoloraée, l'Indus, le Gange, etautres l^tt singulare Curtu fatum quod parties des Indes fussent inconnues. nobdtssimus, et mhilo pn-
Strabonet Pline, qui ont vécu l'un rnis infenor , non solum commum ilsous Auguste , l'autre sous Vespasien, ld temporum injurid duobus truncaparient de ces deux rivières. Or Pto- . Joly observe ^ ,a leMrc du l4 jVm
lomée a vécu 80 US Marc Alirele. II. iGSo, Patin parle de l'ouvrage de Vossiug, de His-
Quelle preuve est-ce que ceci ? Quinte toricis ç™"' qui P°r.te u datc de l6Sl » et non Curce fait mention de quelques riviè- c,\^de ifistoncU launis
...... r»,.; nnt (3) Cela surpasse ce nue t ai dit de Patlrcu-
res inconnues a ces anciens qui ont \' „„„ ,„ - .
t , /. lus, \voye%^ aans ce volume, vag. iat a la
%>t>CU devant PtOlOmee ; donc C est un fin de la remarque (B) de l'article PnÈnat), OUVrage fabriqué Vers le milieu du <•« de Qcintci Calmer. Voyet dans ce volume la citation (-) de son article paç. fa's,
(0 Patin , lettre XLIV , pag. 186, 187 du f«. (3) Valcn* Acidalins, Animadvers., adlib. IF
Curtii.
tus libris, aliis quoque locis mutilas, dreïs, qui bien souvent n'est compoplurimis depravatus ad nos verve nerit: se que des paroles de Quinte Curce verum etiam , quod nulli jortè prœte- mises en vers , et que ce poè te a vécu rea contigit , tam multis œtatibus au XIIe. siècle. Quorum conjecturam ignolus latuerit, sicut antè seculuma vel una refellit Gualleri Belgœ Christo nato decimum nemo omnium Alexandreïs , jam indè us que a duorepertus sit qui vel per transennam decimo cerœ Chrislianœ seculo condi- Curùi historié i f scriptœve ab Mo his- ta , ex unius sœpè Curtii vocibus in torice mentionem injecerit. Quœ res , versum redactis (8). Ne pourrait-on opinor, nonnullos acUhixit ut suspica- pas répondre qu'un auteur moderne reatur non genuinum Curtii ac vêtus- ayant voulu composer une histoire tum , sed supposititium recentioris eu- (f Alexandre , et la de'biter comme jusquam scriptoris fœtum esse, qui l'ouvrage de Quinte Curce , se servit post renatas litteras , felici veterum beaucoup du poème de Gaultier, et imitatione eximiam scribendi faculta- qu'il mit en prose tous les endroits tetnadeptus, opus hoc suum romano qui lui plurent? Pour moi, qui ne sub no mi ne prodire voluerit (4)- On saurais me persuader qu'aucun saponrrait recueillir de ces paroles vant du XVe siècle ait été* capable qu'on a commence' au Xe. siècle à citer d'e'crire en latin avec ce gout, et cet historien , et cependant ce sco- avec cet air d'antiquité que l'on lias te dauphin ne nomme personne trouve dans Quinte Curce, je n'ai qui en parle avant le XVe. siècle; car pas besoin d'autre raison qui me con- Antoine Panormita est le plus ancien vainque que l'auteur de cette Hisauteur qu'il ait allégué dans le ca- toirea vécu avantSuétone. J'approuve talogue des témoignages en l'hon- donc ceux qui censurent Angélus neur de Quinte Curce. Ce catalogue Décembrius d'avoir dit que Quinte est beaucoup plus ample dans Freins- Curce a puise dans la fontaine d'Arhémius; il ne contient néanmoins rien (9). Je sais qu'Isaac Pontanus, saaucun auteur qui ait précûlé Panor- vant personnage , approuvait beaumita (5). Je ne sais pourquoi l'abbé coup l'opinion de Décembrius; mais il de la Roque , dans son Journal des n'était pas infaillible. If os quoque , Sa vans, du 18 d'Avril 16^8, attribue dit-il (10), post Decembrium aliquot au père le Tellier d'avoir dit qu'U ad varios datis epistolis .... idem ne se trouve personne avant le milieu adstruximus ac demonstravimus post du XP*. siècle , qui ait mis Quinte œvum Trajani et Adriani claruisse, Curce au nombre des historiens (6). et Taciti insuper maximi authoris Il est sûr que ce jésuite ne marque imitatofem esse, ejusque non sernel pas le XVe. siècle, mais le Xe. : j'ai verba ac dictionem expressisse , et cité ces paroles (7). La preuve qu'il usum'subindè Us vocibus quœ non nisi a produite contre ceux qui veulent àb authoribus ejus œvi usurpantur. que celte Histoire d'Alexandre ait été C'est dire précisément que Quinte forgée depuis la restauration des Curce a fleuri après le siècle de l'embelles - lettres , n'est pas convain- pereur Hadrien : d'où viennent donc cante. Il dit qtt'un certain Gaultier les efforts que fait Pontanus dans composa un poëme intitulé Alexan- deux autres lettres (11) , pour montrer que les passages de cet auteur
(4) Michael le Tclliw, in prœfat, ad Q. Cur- que les uns appliquent à Auguste tium^nuwmDelpbini. ies autres à Claude, ou bien à Vcs-
(5) Par une lettre de flf . de uCr<*e, Je Berlin pasien , se doivent entendre de Tra-
j ai appris que Jean de Salisben , au XII'. siè- * j> v uc 114
de. et Michel Scot , in Mensâ philosophiez , au J*n * XI II*. siècle , ont cite' Quinte Curce.
(6) L'abbé delà Roque ayant dit ce que je cite, (8) Michâéï le Tellier , in prœfat, ad Quint. et quelques autres choses , continue ainsi : Apre* Curtium.
cette remarque le père le Tellier examine, etc. (9) G racontai et Arriani constat historia, ex
Cela prouve qu'il lui attribue tout ce qu'il venait quorum fontibus hic scriptor... opus suum ejecu-
de dire. dit. Àng. Décembrius, de Poli lia Litterariâ.
(7) Notez que le Journal de Trévoux, mai (10) Job. Isacius Pontanus , epist. ad Wicqne- 1 i^o5 , pafi. 811, fait savoir qu'il r a une faute fortimn. C'est la. LXXV*. de celles que M. Mat-
d impression dans le passage du père le Tellier , tba:us a publiées à Lejrde , l'an 1695.
et qu'il y faut lire antè seculuin a Chvûl© nato (n) Écrites à Voseiu*. Ce\sont laLXXXVIf.
quintum decimum. et ta XCVU\ du même recueil de M. Mattb«u».
Ajoutons à tout ceci un passage de » faisait (t3). Pour faire voir bien Vigneul-Marville. a II y a des cri- » clairement avec quelle circons- » tiques, dit-il (ia), qui croient » pection cet historien a toujours » que le nom de Quinte Curce est un » traite' les choses dont on se pouvait » nom supposé par un bel esnrit » défier, je mettrai ici les termes » d'Italie, qui composa cette lus- » dont il accompagne la narration de » toirc ou ce roman il y a environ » ce chien qui se laissa couper les » trois cents ans. Où en est la preuve, » membres pièce à pièce au royaume » je n'en sais rien : ce qu'il y a de » du Sophite , plutôt que de dfémor- » constant, c'est que nul des an- » dre et lâcher la prise du lion. » ciens n'en a parlé. Mais supposé » Equidem , dit-il (*) , plura transit que cela soit , il est admirable » cribo , quant credo. JYam nec af- » comment un homme qui écrivait » Jirmare sustineo de quibus dubito, » bien en latin , et enfin qui avait » nec subducere quœ ateepi. Il faut » fait un livre capable de l'immor- » appliquer ce passage â l'endroit du » taliser , s'il s'était fait connaître, » même livre, où, sur la maladie de » ait bien voulu sacrifier sa gloire à » Ptolomée,un serpent montra l'herbe » celle d'un Quinte Curce imaginaire » qui le devait guérir à Alexandre, » qui n'en savait jouir. Un savant » dans son plus profond sommeil. En m m'a voulu faire croire autrefois que » effet, lorsqu'on témoigne par de » le nom de.cet auteur, qui était lia- » semblables modérations qu'on ne » lien , se trouve latinisé dans celui » veut rien imposer à la crédulité » de Quinte - Curce. Cela pourrait » d'un lecteur , il n'y a rien qui ne » être : mais qui nous expliquera cet » se puisse écrire, comme nous l'a- » emblème? on y viendrait trop » vons tantôt montré au chapitre de » tard présentement. » » Tite-Live. »
(B) // a eu la sagesse d'aller au- tyEn marquant les fautes de
devant du reproche de crédulité, qu'il M. Moréri, j'aurai occasion d'indi-
auait h craindre.] J'emprunte ceci auer quelques autres choses. ] I. Il
de la Mothe-le-Vayer, au Jugement na P01nt e" de honne raison de
sur les principaux Historiens , à la donner à Quinte Curce le titre de
page ao4 du III'. tome de l'édition chevalier romain. Cette qualité n'est
de ses OEuvres, in-\i. Il dit qu'Ar- point donnée au Quintus Çurtius de
rien est le plus retenu au fait des Cicéron , m au Curtius Ru*us de Ta-
prodiges , mais que Quinte Curce cite> m au Quintus Curtius Fufus de
« l'est encore davantage. Il n'en faut Suétone, trois personnages dont l'un
» point d'autre preuve que ce qu'ils a été notre historien , comme veulent
» ont écrit d'une ou deux fontaines quelques savans. II. L'excellence de
» miraculeuses qui sourdirent de son style est une mauvaise cause de
» nouveau aussitôt qu'Alexandre se douter s'il n'est pas plus ancien qus
» fût campé auprès du fleuve Oxus. Tite-Live] car au contraire c'est une
» Arrian dit que l'une était d'huile , raison de penser qu'il n'a point vécu
» et l'autre d'eau claire, sans faire avant Tite-Live, mais en même temps.
» naître dans l'esprit de son lecteur 11 est Plus aise' de rencontrer un style
» le moindre scrupule d'un tel conte. rude> en remontant au-delà de Tite-
» Quinte Curce (*) , qui ne parle Livc » qu'en s'arrêtant à son siècle.
» point de la source d'huile , rap- lyest-ce pas le siècle d'or du style la-
» porte qu'en creusant des puits on *jn? III. Il n est pas vrai que Quinte
» trouva une fontaine dans la tente Curce, au X*. livre ni ailleurs, fasse
» du roi , et que u'ayant été aperçue une digression sur la facilité de son
» qu'assez tard, on fit courir' le siècle. Il fallait dire sur la félicité. Je
» bruit qu'elle était toute nouvelle, ne remarque cela que pour faire voir » Alexandre même étant bien aise (,3) ConÇêre% ceci avec l'article PRiiati,
n qu'on Crût que c'était une grâce dans ce volume , pag. a, remarque ( B ). tes
» du ciel, et un don que Dieu lui P^les de Q^Cnrcc, lib. VII, cap. X,nu,n.
7 1 14 , sont notables, la ipso tahernaculo régis con-
«pectus est fons , quetn quia tarde notaverant su- (n) Vigneul-Marville , Mélanges, tom. II , biti» cxtitisM Gnxerunt, rexque ipse credi voluit pag. 3oa , édition Je Hollamle. donnm Dei id fuinc.
(") Lib. 7. O Li». 9.
improssioi
sée dans la Mothe-le-Vayer (il), il l'a vent" dans la Mothe-le-Vayer (ao). copiée fidèlement, quoiqu'il fat facile VIII. Radérus n'a point fait de supde s'apercevoir de la correction qu'il plément sur Quinte Curce , mais des en fallait faire. IV. Suétone ne dit commentaires. Je ne dis rien des point que Quintus Curtius Rufus , mauvaises citations (ai). Je dirai par grand rhéteur , ait vécu au temps de occasion que les suplémens de Chris- Tibère. Nous n'avons point ce qu'il a tophe Brunon parurent l'an i545. dit de ce rhéteur -, on n'a su qu'il en Cet auteur enseignait les belles-letait parlé que par une liste qu'on a très à Munich, et dédia son Quinte trouvée dans un manuscrit. Vossius Ciirce au duc de Bavière. Possevin peut-être ne se trompe point en con- (aï), et Jacques Gourdon 0»3), asjecturant par lMge de ceux qui pré- surent queQutntianusStoa avait supcèdent, et de ceux qui suivent ce pléé ce qui nous manque de Quinte rhéteur dans cette liste , qu'il a vécu Curce , mais Freinshémius n'a jamais au temps de Tibère (i5) ; mais il ne vu ce suplément (a4)« D'autres sous'ensuit pas qu'il soit permis d'assu- tiennent que Quintianus Stoa n'en a rer que Suétone l'a placé sous cet point fait (a5). Ajoutons ce que Coempereur. V. Il ne fallait pas pré- lomiés observe sur l'édition de Quinte tendre que le Quintus Curtius Kufus Curce , Lugduni apud Paulum FreU de Suétone soit le même Curtius Ru- lont i6i5, in-ii. <t Cette édition, »>ditfus dont Tacite fait mention (16). il (16) , « qui est peu connue, à ceci Celui de Tacite était fils d'un gladia- » de particulier, qu'outre les supléieur, et parvint au consulat, sans » mens ordinaires , attribués à Chrisavoir jamais enseigné la rhétorique » tophe Bruno , moine de Bavière y (17). VI. On a grand tort de s'étonner » elle en a d'autres copiés sur un de ce que Quintilien qui n'a laissé a » manuscrit de la bibliothèque de nommer aucun historien de considéra- » Saint- Victor, par Jean Masson, tion , dans le dixième livre de ses in- » archidiacre de Baveux, frère de slitutions écrites sous Domitien, ne dit » Papire Masson , assez connu parmi mot de l'histoire de Quinte Curce. » les savans. Ces suplémens , dont les Ce qu'on dit là de Quintilien est faux: » deux Massons n'ont point découil ne parle tout au plus que de quatre m vert l'auteur, sont de François historiens , et c'est pourquoi son si- » Pétrarque , si nous en croyons Scalence ne sert de rien à ceux qui l'ai- » liger dans les seconds Scaligérana : lèguent comme une preuve que » In Bibtiothecd sancti Vlcloris, dit- Quinte Curce n'avait pas encore pu- » il, primus liber Q. Curtii erat , sed blié son livre. Quod argumentum... » deprehendi esse compositum a Pevalidius semper mihi uisum est , quam » trarchd. » Ajoutons encore ceci : quod à Quintiliani silentio petuntad- Vassan écrivit un jour à Goldast , versarii. Quasi vero historicorum ca- qu'on verrait bientôt le premier livre talogum rabius texuerit t qui quatuor de Quinte Curce. Est in manibus admodum ex Us appellavit : supersti- Pap. Massonii liber ille 1. Quint i tes autem , in auibus esse potuit Cur- Curtii hacteniis desideratus , que m tins , consulto prœtermiserit (18). ubi primum publicaverit tibi exhibebo VII. Comptons donc ceci pour une (27).
nouvelle faute , ce qui (19) ne peut
(an) Tonu III de ses OEuvres, pag. iqy ,
(14) Elle est dam mon édition in-ia des Œu- (ai) Moréri cite Pline , epist. 7, il fallait ejpul. ▼res de la Mothe-le-Vayer, a Paris, 1681, a 37; et Vassius, lib. a, il fallait lib. 1.
la page 197 du III*. tome. (m) /" Bibliolh. selectî".
(15) Vossius, de Histor. latinis, pag. x5a. (a3) In Chronol., cap. XX ', num. 3i, apud
(16) Tacîtus, Annal., lib. XI. Freinshcm. , prolog., cap. III. (1-) Avant qu'il parvint aux charges il e'tait (24) Freinshcm. , ibidem.
au service du gouverneur d'Afrique. Tenuis ad- (a5) La Mothe-le-Vayer, Œuvres, tom. III \
hiicetobsourusontinenli Africain cornes hasserat. pag. 199.
Plin. , epist. XXVII, lib. VII. (a6) Colomiés , Bibliothèque choisie , pag. 184,
(18) Mich. le Tellicr , in prafal. ad Q. Cur- i85.
tium. (27) V~oYe% la XXXI*. lettre du recueil des
py) C est a-dire le silence de Quintilien. Lettres écrites à Goldast , publié l'an 1688.
QUINTILIEN. t 4oi
(D) Le cardinal du Perron admi- toute sa constance , et qui l'obli-
raituvp Quinte Curce.]«. Une page de ^„„f j> eA i • j j V
» Quin teturce vaut miiux que trente &r?nl* s? Pendre de la cruau-
» de Tacite... Quinte Curce est lèpre- te du destin (A). Il regretta sur-
» mier delà latinité', si poli, si terse , tout un fils âgé de dix ans que
» et est admirable qu'en ses subtilités la mort lui enleva, et nui M*;*
nomme pourjuger des styles met- produisit son éloquence dans le
» tait Q. Curce au premier rang <a8). t™^., ;i i i .
J'aimerais mieux Wr cet historien £arreaU » ,fl P,aida Pour la «me
avec quelque restriction, comme a Bérénice devant elle-même (y*) •
fait Famianus Strada. Ai Q. Curiio, et il passait pour un si bon avo-
dit-il quamquam Us virtutibus cat, que l'on écrivait ses Dlai-
exomato quibus constat aut heroicis iMrA c i 1 i * ?.
eu//* temporibus vixisse , a«* <%«um ^T*8 a"n <*e ,es v*a<ke aux h-
fuisse qui viveret , non defuére, qui braires(B). Quelques-uns croient
. jprocL. ....
vain moderne , et se sert des mêmes (*')• 0Q ne sait pas bien certai-
mots que ce jésuite. Cela soit dit en nement s'il était fils ou petit-fils
passant pour découvrir un petit lar- de l'orateur dont Sénèque le père
cin.
(38) Perronian., au mot Style., pag. m. 3o?. a ^ <™elque CnOSe(E). Plusieurs
(ao) F»mi«nus Strada, p™,usIon- *cadcm., critiques donnent à cet orateur
lib. II, prolus. III, r>ae. m. a66. \ J' 1 »rr ■»
(3o) Dans une lettrelatine à Jlf. Silhon, pag. ,eS déclamations qu Ugolin de
m' ™tiiw^tt ir-xr /**■ r- x Parme » et ensuite Pierre Pithou
QUINTILIENCMarcFabïus), ont publiées (F) ; mais les insti-
etait de Calagurris en Espagne tutions oratoires passent con-
(a). On prétend qu il fut amené stamment pour l'ouvrage de no-
a Rome par Galba (b) , et il est tre Quintilien. La manière dont
certain qu il y enseigna la rbe- Pogge en trouva le manuscrit
torique avec beaucoup de repu- vaut ia peine d>étre rapportée
tation. Il fut le premier qui l'y (G), La république des lettres
enseigna publiquement , et aux eût extrêmement perdu si les
vingt années (d). Il eut à souffrir tous ceux qui font des livres ne
plusieurs afflictions domestiques, les composassent qu'après avoir
qui pensèrent mettre à bout lu celui-là avec beaucoup d'at-
Adserat usquh licet Fabium Calagurris tention. Je SUIS bien fâché de
aiumnum, , .
(à) Ausoniiu.in Professoribus, pag. 145. savoir connu que trop tard
Cette ville est sur l'Èbre et se nomme pré- l'importance de Cette COndui-
senlemenl Calahorra. . v» J 1 i? * *
{b) ciiroaica Eusebii , sub Olymp. au , ie' ™* ae la r ontame , qui se
q. m. 162. Voyez la rem. (E). connaissait si bien en bonnes
(c) Ibidem, sub Olympiade,2i6,,paff. 164.
(d) Post impelratam studiis meis quietem (e) Voyez la remarque (A).
qnœper viginti annos erudiendis juvenibus (/) Quintillianus , lib. IV. cap. J. vae.
impenderam. Quintill. , Praf., lib. I. m. 168. r . r g