RAU
(D) De la force.'] Voici une manière assez plaisante et même très-rare de s'acquérir unefemme, dontil n'a sans doute jamais été fait mention dans aucun roman. Car quoique les romanistes disent que les héros d'autrefois avaieut accoutumé de s'acquérir des maîtresses par des tournois , des duels , des combats avec des géans et des dragons, et cent autres fantaisies de cette nature , la manière dont Rauber se servit n'a pourtant jamais été connue de personne. Car, lorsqu'il demanda la fille de l'empereur en mariage , il se trouva à la cour un cavalier espagnol de grande ciualité , qui tâchait pareillement de devenir le gendre de l'empereur. La réputation de la valeur de cet Espagnol , aussi-bien que la longue taille de son corps , oui surpassait celle de Rauber , le rendaient tort recommandable. L'empereur , ne voulant les rebuter ni l'un ni l'autre par un refus, leur accorda leurs propres forces pour arbitres. Il fit donc donner à chacun un sac , selon la longueur de son adverse partie , et promit que celui qui mettrait l'autre dans le sac épouserait sa fille. Ces deux amans s'engagèrent donc en présence de l'empereur dans un combat où il employèrent leurs plus grandes forces , qui étaient redoublées par l'amour ; et chacun d'eux , poussé d'un ardent désir d'épouser la fille de l'empereur , s'efforçait de fourrer son adversaire dans le sac. Enfin Rauber l'emporta, de' sorte que la force et la valeur de l'Allemand mirent la bravoure de l'orgueilleux Espagnol dans le sac. Par ce moyen Rauber posséda sa belle Hélène ; mais l'Espagnol ayant reçu un si grand affront se retira de la cour (4).
(E) Sa seconde femme. ] Elle était Hongroise, nommée Ursule de Tschillack en Niemptschitz.
Elle fut perdue à la prise de Niemptschitz par une sortie secrète, et fut retrouvée par un capitaine allemand , qui la garda par pitié quelque temps chez lui. Mais après cela il en fit présent à l'empereur Maxim ilien II , qui la fit élever daus l'appartement de ses femmes j et quand elle
(4) Yalvasor, pag. G34.
fut devenue grande , il la fit épouser à Rauber (5).
(F) Dans la main. 3 Cela se passa à Gratz , à la réquisition de l'archiduc Charles à la cour duquel il se trouvait un juif baptisé qui, par sa longueur et sa force , ressemblait à un géant. L'archiduc Charles voulant donc savoir si sa force surpassait celle de Rauber, il les obligea tous deux, pour éprouver chacun sa force, à recevoir un coup de poing l'un de l'autre : toutefois il leur permit de jouer lequel des deux frapperait le premier. Le juif baptisé eut la préférence, donna à Rauber un si rude coup, qu'il fut obligé de garder huit jours le lit, et encore davantage la chambre. Quelque teras après qu'il se fut remis, il fallut aussi que te Juif reçût un coup de lui : tellement que Rauber le prit par sa longue barbe et l'entortilla deux fois autour de la main gauche , après quoi il frappa si fort dessus , de la main droite , que non-seulement sa barbe , mais aussi la mâchoire de dessous, lui restèrent dans la main $ ce qui fit bientôt perdre la vie au Juif (6).
(G) Jusqu'à la ceinture. ] Elle était encore plus longue - car il l'entortillait outre cela autour d'un bâton. Il en était si glorieux , qu'il allait rarement à la cour en carrosse ou à cheval , mais presque toujours à pied , pour faire voir sa longue barbe , qu'il
f>ortait déployée comme un drapeau, a laissant flotter au gré du vent. Lorsqu'il mourut , elle lui fut coupée en deux touffes.
(H) Les Lombards par sa longueur.] On dérive ordinairement le nom de Lombard de celui de longue barbe :
mais c'est une fausseté. Ce nom tirant
f du tôt son origine du vieux mot alemand borde ou bœrde, qui signifie une espace ou étendue de pays : et cette étendue de pays, qui s'étend le long de l'Elbe, depuis Torgau en Misnie et par Magdebourg , jusque dans le Lunebourg , s'appelait autrefois la Longue-Bœrde , c'est-à-dire la longue étendue de pays, ou le long espace ; et les habitans se nommaient les Longs- Hards.
(I) Pétronel. ] Le château de Pé-
(5) Id. , ibid.
(fi) Là mime, pag. 34.
RECKHEIM. m
KbCKHhlM, comte , fief, et ;°™rae Herman, acauit le comte dé état immédiat ou souverain de ™c*h<;lm environ Tan i55o. II était l'empire, a voix et session dans ^t%^A\^!Z%t le collège des princes, tant aux vire ^Ernest comte d'Aspermont ët diètes générales qu aux circu- dc «eckhcim, qui naquit l'an i583 laires. Il est du cercle de West- et aéte'<;l>ambellan et colonel de» phalie , et comprend une ville et iT^lî^L^SW l plusieurs villages. 8on terroirest Henri marquis de Gouflier-Bonnivct très-fertile , et sa situalion très- de laquelle il eut un fils qui se nom' agréable dans un beau et bon ?ait FEJJ>,wf «-Celui-ci, l'an 1611, pfvs fort peuplé aux bords de «^'.^ £&« la Meuse , a deux lieues de Maes- Princesse de HoGenzolleren , et en eut trient entre les terres de Juliers , quatre fils et huit filles , qui' sont : de Liège et de Fauquemont. Il , François Gobert, comte de Becka droit de péage sur la. Meuse, ™.m » «*éque de Cheur (1), et chaet .'ou y bat de la monnaie d'or, Z^tïïgSgfâ* d argent et de cuivre. Le château thédralc de Strasbourg (i). qui sert de demeure aux comtes Ferdinand , général des armées est un des plus beaux, des plus e S* M* L > 5*" de son premier macrands ~* 1 ' ria-« avre ch.nimt,. ch.. .1,. \ ...
d'Allemi
dent au jv — ........ iJ1<L,i- ,u ,m ,me !jlle
son d'Aspermont- (a) Linden , nomm«e Çharlotte-Gobertine , cha-
maison très-illustre et très- an- h^^^^J^ ' do»nt \€S 1 j j » Ult quartiers sont Asnermont-Reck-
cienne, et descendent des corn- heim , Gouffier Furstemberg , Hohcntes d'Aspermont en Lorraine, des- «olleren , Nassau , Savn , ifrunswick quels la comté consistait en près et Danemark. Il a épousé en se- 3e trois cents vi.lages. Noos don- JS»
lierons ci-dessous un petit détail et petite-fille Se George le jeune de de leur généalogie, et de l'état George le vieux, et de Sigismond , présent de la branche des com- tous princes de Transit vanie. II en a
tes de Reckheim (A). frï^V"'^ Jo?EPH;G?BERT-
v ' Charles, chanoine de la métropolite) Les auteurs français disent Asprc- tame de Cologne , et des cathédrales
mont ; c'est une corruption de la véritable de Strasbourg et de Liège
orthographe. Fridbric , grand-croii de l'ordre de
(A) Un petit détail de leur genta- ? a,.tef » et commandeur de Tobel ,
logie , et de l'état présent de la bran- Ste*Uï°rt et Munster.
chede* comtes de Keckheim.^e pre- a* extr.vg.ncc, de, généalogiste, , article d«
mier dCS COmtCS d Aspcrmont S appe- Puiet , remarque (C) , ci-dessus pag. rp, et dan, lait SlGISFRIDT , et Vivait Fan 660 *. remarque (A) dc l'article Rohsard .'ci'-apre*. Il était issu de la maison des princes W °u Choire; les Français écrivent et pro-
d'Este en Italie. Un cadet de cette "Z't ^dîaZnYZt' eL"V7\?s Gri~
•» «. . - . lt . *?n* y et su J/ ta gant de l archevêché de Marence.
maison, ISSU de ce SlglStridt, et nom- L'éveaue est dans l'alliance des Suisses; mais il mé ARNOUL, vint s'établir en Hollan- ne laisse pas de conserver* sa voix et sa séance
de Tan laao, et y posséda la terre }° co"^f **s princes de l'empire. Vore*
J * * Histoire de l Empire, par M. Hei*s, tom. II \
* Leclcrc est étonné que Bayle adopte sans ré- VH' 365 * l'édition de la flaire, i685. flexion cette généalogie, après tout ce qu'il dit (a) Vojei l'article Tilli , tom. XI V.
48o REtfUGE. RÉGIUS.
Anne-Marie, épouse du comte Wen- ployé, et ou il s'était si sage" ceslasd'Althann,conseiller de S. M.I., ment et s{ heureusement corn-
Sïïf£S& SSEE porté , qu'ils ne gèrent ja-
dcur extraordinare en Suède et en mais rien a redire a sa prudente Pologne. conduite. Il mourut sous le rè-
Éléonore , princesse abbesse de gne de Louis XIII , et Ton trou-
Munsterbilsen. Aiaî • va dans son Cabinet diverses
AsNESALOME,epousedeLouis,comte î,^' " ,1
de Souches , maréchal de camp géné- pièces d Etat qu il avait compo-
ral des armées de S. M. I., et son con- sées , et dont ses parens firent seiller d'État. espérer la publication. Voilà ce
JÏÏZ^.ZSXtïïSZ qu'oa Ht dans une Petite préface nitsch , chambellan de S. M. 1., et en qui fut mise au devant de la secondes noces d'Octave comte de troisième édition de son Traité Cauriani, chambellan et conseiller de ja Cour Gette édition fut
a'État de l'empereur. faite à Paris l'an 1618.
Anne-Antoinette, épouse de Claude îaite a r*ans , 1 an IOIO.
comte de Tilly lieutenant général A R ^ auteur ^ Um donf Qn
des armées des Provinces-Unies des aKp/usieurs Mitions.] La. première
Pays-Bas. fut faite en Hollande , et la seconde
Ûarie-Francoise, épouse de Charles, à parig Elles fureat suivieg de ceUc
d'Aspermont-Linden , conseil- Pondonnaâ parbPan i6i8,in-8<>., 1er d'Etat du pays de Lieçe , et bou- ^ mort de raute et 8ar ga
verneur du marquisat de Franchi- d^rmère rdvision. Cette troisième mont. édition est augmentée, et distinguée
Alexandrie et Fetronille, pre- chapitres avec sommaires et sec mièrement chanoinesses a ™mire- £ ^ais on en otaies notes mar-
^ A«eitil-o fnti rripiicpc I rSlllinCS .« .... i
point rais à l'édition ue ioio. On cien ou Este (3.) voyait seulement à la fin les lettres
m Tir ' d'un Mémoire com^^à] W D. R. après quelques vers de Sénèque
cï LTdoù ï "entendre aussi du texte de cet or- „ui neSOnt pas dans 1 édition de l653.
ticl'e. Cet ouvrage est rempli de très bonnes
v choses. Il fut imprimé en anglais, à
REFUGE ( du ) gentilhomme pan ^
f^nraîs auteur d'un livre dont
trançaiS , «»uic & l'avertissement au lecteur, au-de-
On a plusieurs éditions {A)y Cl vant de V édition de Paris y 161S.
intitulé , d\!°%Ure2 RÉGIUS ( Urba.n ), a été l'un
fTÇta A^TdSSSïTu des savans Lnu.es du XVI«.
1 it uS pratique ; car il siècle. Il naquit à Langenargen , théorie et par la 4 , Constance , et ayant
avait 1U beaucoup , rt> ^avaU sur le , ^
une 8^**^%?%?, il les continua à Fribonrg , dans des cours et ajfaires at* ryi* , ^ ^ ^«t^t nln.«